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LA JAMAÏQUE.

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leur continuât les salaires exorbitants qui leur avaient été alloués l'année précédente, en raison de circonstances particulières et tout à fait exceptionnelles. Notre ami sentit toute l'injustice de cette prétention , et y résista avec calme , mais avec fermeté en même temps. Qu'en arrivat-il? c'est que, très-peu de jours après, tout son monde se remit à l'ouvrage d'aussi bon cœur qu'auparavant. Suivant lui encore, il en est des nègres comme de tous les autres ouvriers du monde, qui demandent une surveillance active et continuelle. D'après la nature même des choses, leur service exigera plus ou moins l'œil du maître, jusqu'à ce qu'ils soient bien pénétrés de leurs obligations morales et religieuses, comme cultivateurs du sol. Après déjeuner, nous nous rendîmes à Kelly, une des habitations de lord Sligo. Là tout prospère, grâce aux soins d'Alexandre Bravo, et le propriétaire a donné des ordres pour la construction d'une centaine de bonnes chaumières, à chacune desquelles sera annexée une acre de terrain, et qu'on louera aux travailleurs, de manière à les mettre dans la situation de locataires indépendants. Au moyen de cette disposition, à la fois sage et libérale, le marquis parviendra , je n'en doute pas, d'abord à se faire un très-beau revenu en locations, ensuite à s'assurer une

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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