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LA

JAMAÏQUE.

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la plus grande portée en faveur du système actuel, auquel se lie, dans mon opinion, un fait bien décisif, savoir: que dans le compte courant de l'exploitation coloniale, le côté du débit offre un total bien moins formidable, si l'on se borne à payer des salaires à un nombre comparativement petit de travailleurs libres, que si l'on a à entretenir un millier d'esclaves, avec toutes les charges pécuniaires, accessoire inévitable de ce genre d'établissement. Notre ami Bravo a eu le bon esprit de séparer les deux questions des loyers et des gages. Il exige des nègres un loyer équitablement calcule sur la valeur en argent des chaumières et des jardins qu'ils occupent; et, d'un autre côté, il leur alloue de bons gages et les laisse parfaitement libres de porter leurs bras ailleurs que chez lui, s'ils y trouvent leur avantage. Il en résulte cette conséquence, qu'ils sont généralement heureux et contents, et qu'ils travaillent sur ses habitations avec autant de vigueur que de bonne volonté. Voici en deux mots ce que lui a appris sa propre expérience et la connaissance parfaite qu'il a de celte colonie : c'est que les nègres émancipés travaillent on ne peut mieux sur les propriétés de leurs anciens maîtres, partout où ceux-ci les traitent avec équité, bonté et sagesse ; et ce n'est pas sans intention que ces trois mots

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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