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LA JAMAÏQUE.

beaucoup, comme on le voit, qu'il ne fut désintéressé dans la question de l'ancien système, et cependant, malgré sa position, il se montra un des amis les plus fermes de la liberté, tant était grande sa confiance dans les effets qu'il en attendait; puis, lorsque autour de lui tout le monde avait à la bouche les mots de ruine, de désolation, sans inquiétude sur l'avenir, il employa ses apprentis à la construction de la magnifique maison où il a établi sa résidence. Il est marié et père d'une jeune et nombreuse famille. Nous fûmes rejoints chez lui par notre ami Palmer, demeurant autrefois à Surrey, et par Ramsay, custos de Sainte-Catherine. A. Bravo ne voyait nul péril à craindre dans l'établissement de la liberté, et cette confiance dont il fit preuve en commençant, dès l'époque de l'apprentissage, la belle maison dont je viens de parler, il l'a manifestée avec plus d'éclat encore depuis l'émancipation, en prenant à ferme deux grandes propriétés appartenant an marquis de Sligo. Il les administre maintenant avec bénéfice,indépendamment de plusieurs cafeiries et sucreries qui lui appartiennent, et j'apprends qu'il étend encore ses cultures de sucre, en formant de nouvelles plantations de cannes sur un terrain où, jusqu'à ce jour, il n'avait poussé que de l'herbe. C'est là un témoignage pratique de

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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