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LA

JAMAÏQUE.

et ils offrent les résultats respectifs de deux modes d'administration opposés. A Dawkin-Caymanas nous fûmes témoins d'un spectacle qui nous intéressa vivement. Ce jour-là, les travailleurs de l'habitation, avec leurs femmes, leurs fils et leurs filles, s'étaient réunis dans un dîner à frais communs. La table, d'une longueur immense, avait été placée dans l'enceinte d'un bâtiment en planches, construit tout exprès pour la circonstance; et à six heures du soir, c'est-à-dire, lorsque le travail de la journée fut fini, nous la vîmes chargée de mets variés et de la meilleure qualité: soupes, poissons, volailles, porc et autres pièces de viande y figuraient en abondance. Environ cent cinquante convives, hommes et femmes, tous de race africaine, vêtus avec la plus grande propreté, vinrent s'asseoir à ce banquet, où tout se passa avec une harmonie et un ordre parfaits; toute espèce de liqueur fermentée en avait été bannie: l'eau était la seule boisson permise dans ce repas frugal mais substantiel, dans cette fête de la paix et de la liberté. Ce dîner avait dû avoir lieu le premier jour de l'an; mais il arriva que, dans un autre quartier de l'île, une salle de réunion des baptistes venait d'être la proie des flammes; et sur l'invitation que leur en fit leur ministre, ces bonnes gens se décidèrent à re-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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