Page 181

LA

JAMAÏQUE.

165

la complaisance de nous expliquer en détail les procédés de la culture du café. On commence par placer chaque plant ou bouture avec sa racine dans la fosse qui lui est destinée; sa crue est ordinairement de cinq ans, sur un espace de cinq à buit pieds carrés, suivant la nature du sol; l'arbuste ressemble alors à un joli laurier, couvert, dans la saison, de fleurs blanches du parfum le plus suave; ses baies ou cerises sont rouges, d'une saveur douce, d'une pulpe assez épaisse, et contiennent chacune deux fèves ou noyaux. Le produit annuel moyen d'un cafier sur ces montagnes est d'une livre de graines; la hauteur de l'arbuste varie de trois à dix pieds. Au bout de cinquante ans environ, il cesse de rapporter ; le sol s'épuise, et n'est plus propre à la culture du café,opinion du moins reçue dans l'île, mais très-contestable. Les principales opérations, lorsque l'arbuste commence à produire, sont l'émondage et la cueillette, opérations peu pénibles pour les travailleurs. Vient ensuite le grageage, au moyen d'un moulin qui dépouille la fève de la pulpe qui l'enveloppe et de sa pellicule extérieure. Un autre moulin lui enlève sa pellicule intérieure, dont on le sépare en le vannant, comme on fait pour le blé. On étale alors le café au soleil sur de grandes plates-formes ou claies enduites d'argile, et lorsqu'il est entière-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Profile for scduag
Advertisement