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JAMAÏQUE.

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dans le zèle dont ils nous donnaient la preuve, nous nous rendîmes à la grande maison (c'est ainsi que, sur chaque propriété, on appelle le logement du planteur ); c'est une habitation propre et riante, élevée au sein des montagnes, et d'où l'œil peut embrasser une vaste étendue de mer; j'ai rarement visité une plus jolie résidence. Il nous suffît d'exhiber notre lettre de recommandation, pour être accueillis et traités avec une bonté parfaite par le propriétaire, à qui, cependant, nous étions entièrement étrangers. Cette habitation entretenait ordinairement cent soixante-dix esclaves ou apprentis; aujourd'hui notre ami n'emploie que cinquante-quatre travailleurs libres, qui lui donnent quatre jours de la semaine et s'en réservent deux, l'un pour la culture de leurs jardins , l'autre pour aller vendre leurs denrées au marché. Il ne lui faut pas une plus grande somme de travail pour faire face à la même étendue de culture qu'autrefois ; aussi reconnut-il, sans que nous l'en pressassions, les avantages supérieurs du système actuel. L'économie qui en résulte frappe les yeux les moins exercés. D'après notre ami, l'entretien d'un esclave coûte par an, terme moyen, 5 l. st. Cent soixante-dix esclaves reviennent donc an11 .

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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