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LA

JAMAÏQUE.

qui, avant midi, ont fait de la besogne pour leurs deux shellings, et peuvent, si cela leur convient, en gagner encore autant avant le coucher du soleil. D'un autre côté, ils payent à leur maître, pour leurs chaumières et leurs jardins, un loyer généralement fixé au taux modéré d'un demi-dollar par semaine. C'est un arrangement dont on ne saurait attaquer la justice et la convenance; et il n'y manque, pour le rendre complet, qu'un acte ou formalité quelconque qui, dans un délai raisonnable, assurerait au locataire un droit absolu sur sa petite location. Devenu propriétaire, il se trouverait du moins à même de porter au marché le plus avantageux sa propre denrée, c'est-à-dire son travail, libre de toute contrainte autre que celle que lui imposerait un contrat volontaire par lequel il pourrait s'engager à travailler sur telle ou telle habitation, et sur le pied d'un salaire fixe et déterminé. Partout où l'on a montré cette confiance aux nègres de la Jamaïque, partout où on les a traités honorablement, il est rare qu'ils n'aient pas donné la préférence à l'habitation de leurs anciens maîtres, et qu'ils n'aient pas mieux aimé travailler là où tout, hommes et choses, leur est familier depuis longtemps et dans leur voisinage, pourvu toutefois qu'ils fussent assurés d'un juste salaire et

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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