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LA JAMAÏQUE.

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se trouve dans les montagnes, il nous sembla qu'un courant venait de terre, et roulait sur nous avec violence. Remarquant à certains signes qui, suivant moi, annonçaient le port que nous cherchions (car je m'étais mis exprès à étudier mon pilote côtier), j'invitai le capitaine à jeter l'ancre pendant la nuit, et le lendemain matin, une scène magnifique se déploya devant nos yeux. Les montagnes, qui s'élevaient à une hauteur considérable , étaient enveloppées de nuages, mais à travers leurs intervalles, je crus apercevoir clairement une ouverture que je pouvais prendre pour un port. Le gisement des terres s'accordait avec les indications de mon livre, et lorsque , pendant un moment, les nuages venaient à se diviser, je voyais distinctement cette masse de montagnes entassées perpendiculairement l'une sur l'autre, et que je savais être un signe de reconnaissance annonçant le voisinage de Jaquemel. Mais le capitaine, le second, et mes compagnons de voyage en jugèrent autrement, de sorte que l'ordre fut donné de changer de direction, et nous profitâmes d'une belle brise de l'orient pour filer à l'ouest. Peu de temps après, il fut évident pour tous ceux qui étaient à bord que nous avions manqué Jaquemel. Notre instruction était d'y prendre quelques mulets , de nous rendre au Port-au-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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