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LA

DOMINIQUE.

pourvus de tout moyen de calculer la longitude, nous finîmes par être fort embarrassés pour déterminer, même d'une manière conjecturale, notre véritable position. Suivant l'estime du capitaine , nous étions encore très-loin à l'est ; mais d'après nos propres calculs, nous devions nous trouver sur le parallèle de Sainte-Croix, et la suite nous prouva que nous avions deviné juste. Un matin, en effet, à la pointe du jour, nous nous vîmes dans les eaux de cette île, et quoique en route pour Saint-Thomas, nous jugeâmes à propos de changer de destination ; quelques heures après, nous entrâmes sains et saufs à West-End , au milieu des cordiales félicitations de tous nos amis. Fatigués d'une vie assez active et d'une suite d'émotions diverses, nous trouvâmes dans leur société pendant quelques jours,tout ce qui peut procurer au corps et à l'âme un calme dont nous avions grand besoin. Depuis sept semaines que nous avions quitté Sainte-Croix, il s'y était opéré un changement bien remarquable : au moment de notre première visite, on osait à peine toucher à la question de l'esclavage ; c'était un sujet qu'on n'abordait qu'avec crainte; mais alors nous pouvions à peine trouver le temps de répondre aux mille questions qu'on nous adressait de toutes parts, sur les effets qu'avait produits l'émancipation

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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