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LA

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On

DOMINIQUE.

y jouit d'une vue délicieuse dans laquelle s'en-

cadre à distance la belle île de la Martinique. Je visitai toutes les parties de la sucrerie, et je ne crois pas avoir jamais vu réunion d'ouvriers qui annonçât plus de vigueur et d'activité que ceux de cet établissement.

Leur maître m'assura qu'il

n'avait qu'à se louer de son monde, et qu'il obtenait tout le travail dont il avait besoin sans aucune espèce de difficulté. En gravissant la haute colline qui sépare Genève de la Soufrière, nous passâmes

à coté de

plusieurs habitations. Dans celle de la Coulerie, entre autres, « c'est plaisir de voir travailler les nègres, » nous dit le gérant. « On ne saurait travailler, nous dit celui de Berraquoir, avec plus de bonne volonté, et de plus à meilleur marché, en comparaison de ce qu'il en coûtait à leur maître du temps de l'esclavage. » Un troisième établissement, démonté avant l'émancipation, venait de reprendre ses travaux pour la culture de la canne. C'est ainsi qu'à chaque pas les preuves s'accumulaient en faveur du système

actuel.

Arrivés au sommet de la colline, nous ne pûmes nous empêcher de nous y arrêter pour contempler dans toute sa beauté, dans toute sa sublimité, le tableau qui

se déroulait devant nous:

d'un coté la grande baie, creusée par la mer, avec les rochers et les collines qui bordent de

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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