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LA

DOMINIQUE.

sortent, nous a-t-on dit, d'un lac sans fond, espèce de réservoir encaissé dans le sein des montagnes, et considérablement élevé au-dessus du niveau de la mer. Le sol de cette île est par conséquent très-humide et d'une merveilleuse fertilité; mais quelque productif qu'il soit naturellement, il y en a les neuf dixièmes qui sont inoccupés et absolument sauvages. De plus, Antigoa, longtemps avant l'époque de l'émancipation, était le théâtre des travaux et du zèle des missionnaires chrétiens, et l'instruction avait fait d'assez grands progrès parmi les esclaves. A la Dominique, au contraire, la population, qui parle un patois français barbare, a été jusqu'à ces derniers temps totalement privée d'écoles, et de tout autre moyen d'instruction; c'était entin une race ignorante et brute. Et cependant, chose vraiment prodigieuse, l'expérience de l'émancipation marche à la Dominique avec tout autant de succès qu'à Antigoa. On ne voit pas les nègres de la Dominique passer leurs journées nonchalamment accroupis sur quelque terrain inculte; ils ne montrent plus en eux rien de sauvage. Un léger désordre s'était manifesté au moment de la liberté absolue et définitive, mais il n'a pas tardé à s'apaiser; ils sont aujourd'hui calmes et inoffensifs, et travaillent sans y être contraints, et même avec zèle, sur les pro-

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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