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LA DOMINIQUE.

de la Martinique, bien supérieure sous tous les rapports. Une preuve que l'esclavage, dans ces colonies françaises, est loin d'avoir dépouillé toutes ses rigueurs, c'est que, depuis l'émancipation anglaise, plusieurs centaines d'esclaves se sont enfuis à la Dominique, le plus grand nombre appartenant, je crois, à la Guadeloupe. Ces pauvres gens courent des périls inouïs en s'aventurant, pour passer la mer, dans de petites embarcations ouvertes; et nous avons appris qu'il en périt au moins un tiers avant d'atteindre le rivage. On cite, entre autres, un de ces intrépides fugitifs qui, après avoir couru les plus grands dangers, atteignit la côte de la Dominique sur les débris d'un petit radeau qu'il avait construit des tiges résineuses du grand aloès. A notre arrivée à la Dominique, on nous rendit le compte le plus satisfaisant de la conduite et de l'activité de ces déserteurs. Deux cents d'entre eux environ sont restés dans l'île; les autres ont passé à la Trinité, dans l'espoir d'y gagner davantage. Prions le ciel que les mesures déjà prises par le gouvernement français, en vue de l'émancipation des esclaves dans ses colonies, reçoivent sans délai leur définitive et complète exécution. Une circonstance bien remarquable, c'est que la commission nommée pour l'examen de cette question, après en avoir fait une étude

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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