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ANTIGOA.

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coûtant annuellement 5 l. st. par tète, et dix travailleurs libres étant payés à raison de 10 l. st. chacun, on a, de part et d'autre, la même somme de 100 l. st. La seule économie résultant de ce changement devait se trouver dans cette circonstance,que chaque travailleur libre, excité par l'appât d'un équitable salaire, ferait plus d'ouvrage que l'esclave mû seulement par la contrainte, surtout lorsque cette contrainte, comme sur l'habitation de N. Gilbert, était douce et tempérée par l'humanité. Mais si la portion active des esclaves n'eût été que d'un tiers, au lieu d'une moitié, et si l'on suppose égal à la première fraction le nombre des travailleurs libres qu'il emploie aujourd'hui , il en serait résulté pour lui une économie de 33 1/3 pour cent. Or, des recherches subséquentes et assez approfondies nous ont conduits à la conviction que, sur la plupart des propriétés d'Antigoa, et en général dans toutes les Antilles, la portion active des esclaves ne s'élevait pas à plus d'un tiers. Si l'on réunit tous ceux que l'enfance, la vieillesse, les infirmités, les maladies réelles ou de commande, et tant d'autres causes réduisaient à l'inactivité, on peut regarder comme fonds mort les deux tiers au moins de la population noire. Il y a plus; il est constant qu'aujourd'hui le nombre des travailleurs

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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