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ANTIGOA.

les plus déterminés du maintien de l'esclavage. Les circonstances doivent l'avoir bien convaincu aujourd'hui, qu'en ce qui le regarde personnellement, l'émancipation est loin d'avoir été une cause de ruine. Nous pourrions, à peu de chose près, appliquer la même observation à un respectable membre du parlement, dont les propriétés à Antigoa étaient, sous le régime de l'esclavage, dans un état de décadence, et, si nous en croyons tous les rapports, plutôt une charge ruineuse pour lui qu'une source de bénéfices. Aujourd'hui il tire un très-beau revenu de ces mêmes propriétés. J'ai eu le plaisir de visiter ses plantations de cannes, et je ne puis que le féliciter de leur excellente culture, de l'ordre qui y règne et de l'argent qu'elles promettent de lui rapporter. J'ai entendu dire à notre ami Gilbert que, sous le régime de l'esclavage, il n'y avait jamais que la moitié de ses gens en activité, tandis que l'autre moitié, qui ne faisait rien , était pour lui un fonds mort , une charge absolument improductive; quand vint la liberté, le taux des salaires fut réglé par les planteurs, de telle sorte que la somme payée à la moitié active des esclaves, devait égaler précisément les frais qu'on était obligé de faire auparavant pour l'entretien de la totalité. Ainsi, par exemple, vingt esclaves

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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