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ANTIGOA.

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et que ses bénéfices ont plutôt augmenté que diminué ; mais quel chiffre pourrait représenter le bonheur qu'il éprouve en pensant à ce qu'il peut appeler sa propre émancipation , en se voyant débarrassé lui-même de cette pesante chaîne qui, attachée par un bout au pied de l'esclave, se rattache toujours par un autre au cou du maître? Il a fait construire, sur sa propriété , une jolie chapelle dans laquelle nous avons eu le soir une réunion religieuse composée de ses paysans noirs. Le sujet qui se présenta d'abord à notre esprit, fut le repos du Ciel. Les nègres écoutèrent le sermon avec une attention respectueuse, et au moment de terminer le service, guidés par leur bien-aimée maîtresse, qui leur donnait le ton , ils chantèrent en chœur une hymne de la plus douce mélodie, et analogue au sujet que nous venions de traiter. Sir Bethel Codrington , un de ces propriétaires qui ne paraissent jamais dans la colonie, et dont l'habitation confine à Gilbert, tire, diton , 20,000 l. st. par an de ses sucreries d'Antigoa. Je ne puis dire s'il y a ou non exagération dans ce rapport ; mais ce qui est bien constant, c'est que les revenus coloniaux de sir Bethel sont immenses. Dans les derniers débats qui eurent lieu en Angleterre sur la question de l'affranchissement, il se signala comme un des champions

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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