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ANTIGOA.

les frais d'un chemin , à moins qu'il ne conduisit à quelque sucrerie; triste reste, comme on le voit clairement, de l'ancien système. Une course de huit milles à cheval, sur une plaine unie, parfaitement cultivée, partie en provisions, partie en cannes, nous mena à Gilbert, ancienne et spacieuse habitation, et une des sucreries de notre ami Nathaniel Gilbert, qui, avec l'empressement partagé par sa pieuse et aimable compagne, nous invita à passer dans sa maison une partie de notre séjour à Antigoa. Il est impossible de voir une propriété mieux tenue que la sienne. L'année dernière, ses mélasses ont suffi pour payer tous les frais de son établissement ; d'où il suit que le produit considérable de ses sucres, vendus à très-haut prix dans les marchés de l'Angleterre , ont été pour lui un bénéfice net. Notre ami est d'ailleurs un chrétien trop conséquent dans ses principes pour ne pas s'interdire la fabrication du rhum. Nous savions qu'il avait reçu 25,000 dollars d'indemnité pour ses esclaves, et il nous assurait que cette somme était de l'argent tombé dans sa poche, un purcadeau, une gratification à laquelle il n'avait aucun droit réel. Et en cela notre ami raisonnait juste, puisque sa propriété, sans les esclaves, a aujourd'hui la même valeur au moins qu'elle avait avant l'émancipation, les esclaves compris,

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

Un hiver aux Antilles en 1839-40  

Auteur : Joseph-John Gurney / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Ant...

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