Page 1

§ 2302

20

e

LECTURE

VINGTIÈME

Memorandum

( 261 )

LECTURE

Portugais

de

1699.

§§ 1233, 1234, 1789, 1864.

2302.

Quanti le Cabinet portugais adressa au président

R O U I L L É , Ambassadeur de France à Lisbonne, sa réponse du mois de janvier 1699, le Portugal s'était déjà expliqué trois fois officiellement sur la position qu'il assignait à la rivière de Vincent

Pinçon.

Le 14 juin 1637, les lettres patentes du roi P H I L I P P E IV, créant en faveur de B E N T O M A C I E L P A R E N T E la capitainerie brésilienne de la G u y a n e , avaient déclaré que la rivière de Vincent P i n ç o n se trouvait éloignée du Cap d u Nord de trente-cinq à quarante lieues portugaises, ce qui iden­ tifiait le V i n c e n t

Pinçon

avec le fleuve

du C a p

er

d'Orange. (Lecture 17, titre 1 .)

Le 9 juillet 1645, les Lettres patentes du Roi J E A N IV avaient confirmé textuellement la déclaration royale de 1637. (Lecture 17, titre 5.)

E n juin 1688, le commandant du fort brésilien d'Ara-


e

( 262 )

20

LECTURE

§§ 2303-2306

guari avait fait à F E R R O L L E S lui-même, au promoteur de l'ambassade du président R O U I L L É , cette contre-notification on ne peut plus explicite : Qu'en vertu des Lettres patentes de 1637,

la limite septentrionale du Brésil était à la rivière

du

L ' O R A N G E ,

C A P

V I N C E N T

P I N S O N ,

appelée

par

les Portugais

et par

les Français

rivière

O Y A P O C .

de

(Lec­

ture 17, titre 21.) 2303.

Le m e m o r a n d u m

de 1699 ajoute deux fois au

n o m de Rivière de Vincent

c o m m e synonyme,

Pinson,

celui d ' o y a p o c , en disant Rivière de V I N C E N T d'oYAPOC,

Rivière

d ' O Y A P O C

OU

de

P I N S O N

V I N C E N T

OU

P I N S O N .

(§ 1233.) Quand bien m ê m e le n o m de Rivière de Vincent serait amphibologique, celui d'Oyapoc

son

Pin-

ne l'était nulle­

ment : Car,

avant le C a y e n n a i s D ' A U D I F F R É D Y ,

née 1731,

avant l'an­

personne n'avait jamais appliqué le n o m d'OYAPOC

à aucune autre rivière que celle du C A P D ' O R A N G E . (§ 1986.) 2304.

La rivière réclamée pour limite du Brésil dans

le M e m o r a n d u m de 1699, pouvait-elle donc être une autre que celle du C A P 2305.

D ' O R A N G E ?

M. le B A R O N

D E

BUTENVAL

oppose au Brésil

cette indication directe du M e m o r a n d u m portugais : « La rivière d'Oyapoc trouve située à deux

ou de V i n c e n t - P i n s o n

degrés

cinquante

minutes

se

du côté du

Nord. » 2306.

L'honorable Plénipotentiaire de F r a n c e tient

pour incontestable, pages 52 et 135 des Protocoles, que la position astronomique du Cap d'Orange et de sa rivière, par le travers du quatrième 16

me

degré et demi,

et au 17me siècle, L ' O B J E T

D'UNE

N ' A J A M A I S É T É au

ÉQUIVOQUE.

Il fait observer : Que le M e m o r a n d u m de 1699,

dans lequel le Cabinet de

L i s b o n n e assigne officiellement à l'Oyapoc la latitude


e

§§ 2307-2309

20 L E C T U R E

septentrionale de deux

( 263 )

degrés cinquante

fait partie

minutes,

de la négociation m ê m e du Traité fondamental de 1700 : Que la rédaction du Traité de 1700 fut l'œuvre exclusive du m ê m e cabinet qui avait rédigé le M e m o r a n d u m : Que la rivière fixée définitivement pour limite dans le Traité d'Utrecht, est la m ê m e dont il est question dans le Traité de 1700 et dans le M e m o r a n d u m de 1699. Et il conclut, avec l'apparence la plus séduisante de toute la rigueur mathématique, que, malgré l'identité du n o m , l ' O y a p o c du M e m o r a n d u m de 1699, du Traité de 1700, et du Traité d'Utrecht, n'est point la rivière du

Gap

d'Orange; et que l'article 107 de l'Acte de Vienne a commis une grande erreur, quand il a dit que le Portugal a TOUJOURS trième

considéré c o m m e la limite d'Utrecht le

grand

celui dont l'embouchure est située entre le qua-

Oyapoc,

et le cinquième

2307.

degré de latitude septentrionale.

M. le B A R O N

L EB U T E N V A L

trouve m ê m e dans

le passage précité du M e m o r a n d u m de 1699, une preuve matérielle

de la légitimité des droits de la F r a n c e à la

rive gauche de l ' A r a g u a r i , en regardant c o m m e branche Nord de cette rivière le 2308.

Mais M. le V I C O M T E

une

Carapapori.

D E L'URUGUAY

a déjà dé­

montré (§§ 1234, 1237) : Que, s'il fallait prendre pour règle le M e m o r a n d u m de 1699, il s'ensuivrait seulement l'obligation réciproque de partager le différend ; Car la latitude de D E U X

degrés C I N Q U A N T E

minutes

marquée dans ce document, n'est pas celle du pori,

situé par M. le B A R O N

D E B U T E N V A L lui-même, page

174 des Protocoles, à U N degré Q U A R A N T E - C I N Q viron de latitude

Nord, Carapa-

minutes

en-

Nord.

C'est celle du Conani,

un degré cinq minutes au Nord

du Carapapori. 2309.

Et nous allons voir maintenant que le M e m o -


e

( 264 )

20

LECTURE

§§ 2310-2312

randum portugais ne renferme rien qui infirme la décla­ ration solennelle de l'article 107 de l'Acte de Vienne, rien qui nécessite le partage du territoire en litige. 2310. V A L

Le

pèche

grand

par

2311.

argument

de M.

le B A R O N

D E B U T E N -

la hase.

Nous savons déjà (§§ 1630-1646), que

en 1529, M E D I N A

en 1545, O V I E D O

RIBEIRO

en 1548, M E R C A T O R en

1569, situaient l'embouchure de l'Amazone trop au Sud. Les projections trop

méridionales

de

la côte

de la

G u y a n e , au xvi et au xvii siècle, feront le sujet spécial de la lecture 24. Et voici, dès à présent, des témoignages nombreux, prouvant de la manière la plus irréfragable, que, non-seu­ lement au xvi et au xvii siècle, mais encore au siècle xviii, encore

après

fleuve

le Traité

d'Utrecht,

le C A P D ' O R A N G E

et

son

ont été souvent situés à des latitudes très inférieures

à celle de quatre degrés et demi Nord, très inférieures m ê m e à celle de

deux

degrés

cinquante

minutes(*).

E n 1599. 2312. avri

« Brevis

abvndantissimi,

Æquinoctiali 1594,

1595

T H E R V M jussu

&

catione

1596.

duobus Tabvlam

Belgico

descriptio

in America,

siti : Quod &

R A L E G H ,

ejus

H O N D I U S

admiranda

nuper

Per

eqvitem

admodum,

Generosum Anglum

scripta

: Ex

adornavit, : Nunc

G U I A N Æ , svb

Annis

detectum

Geographicam

Orbe,

Dominum

libellis comprehensa

sermone

Regni

sev Novo

verò

Linea nimirum

Dn.

G U A L -

est : paulò quibus

post

IODOCVS

addita

expli-

in Latinum

ser-

(*) E n 1598 : Carte de la G u y a n e par J O D O C U S H O N D I U S , A m s t e r d a m ( N i e u w e caerte van het wonderbaer

ende

goudrijcke

de la C o n d e ( C a p d ' O r a n g e ) 3° 40'.

landt Guiana...).

Cap


§ 2313

20

monem

e

LECTURE

( 265 )

translata, & ex variis authoribus

Noribergæ,

Impensis

LEVINI

HULSII,

hinc inde

M.

D.

declarata.

XCIX.

»

In-4°,

6 pages non chiffrées, 12 chiffrées; six planches, et une carte. Bibl. Imp. de Paris, Dép. des Cartes. C. 5914. e

Chapitre 3 . « Soient etiam incolæ lintribus suis seu Indicis navigiis ex magno hoc lacu

per fluvium

[Parime]

W a i a b e g u m , seu W i a p a g u m (qui versus septentrionem juxta promontorium de la Corde, alias C o n d e decto, sub 333 Gr. long. et 3 Gr. lat. in mare se exonerat) spacio viginti dierum in Oceanum navigare. » —

« Les Indiens

se rendent en vingt jours du lac P a r i m e dans l'Océan en descendant dans leurs pirogues le fleuve W a i a b e g o ou W i a p a g o , qui débouche dans la mer sous le Cap de la C o r d e ou C o n d e , par la longitude de 333 degrés et par la latitude septentrionale de T R O I S D E G R É S . » L'identité du

Cap

de

Conde

et

du

Cap

d'Orange

est

attestée par cette inscription de la carte de S A N S O N repro­ duite par M. D E S A I N T - Q U A N T I N C. Cecil

Anglis,

: « C. de

C. d'Orange

Batavis(*).

Conde

Gallis,

»

En 1600. 2313.

«

The

Nauigations, Nation,

and

of strangers, hundred rica,

and

Traffiques, in some

last

and

few

performed

Volume

Discoueries

places, within

where

and

yeeres, to all parts of the New or

the West

57. of Southerly Preacher,

London,

third

and

Indies, from

latitude

sometimes

73.

of of

the the

they haue

before the time fond degrees

Voyages,

world

English not

been,

of these of

Ame-

of Northerly

Collected by R I C H A R D student of Christ-Church

to

H A K L U Y T

in

Oxford.

1600. » In-folio.

(*) E n 1599 : Nova

ete x a c t adelineatio A m e r i c æ partis australis... Noribergæ,

per L E U I N U M HULSIUM. C a p d e la C o r d e ( d ' O r a n g e ) 3° 30'.


e

( 266 )

20

LECTURE

§§ 2314-2315

Bibl. Imp. de Paris, Fol. O. 1189. Page 693, note marginale au voyage de M A S H A M Guyane

en 1596-1597 : « Cape

halfe. » —

« Cap

Cecil,

Cecil

in 3 degrees and a

à TROIS D E G R É S E T DEMI. »

N o u s savons par K E Y M I S , page 673 du m ê m e de H A K L U Y T , que Cape

Cecyl

fut le n o m

en mars 1596, au Cap Oyapoc, de SIR R O B E R T MAJESTÉ

à la

CECIL,

membre

volume

donné par lui,

sans doute à l'honneur

du

Conseil privé

de S A

B R I T A N N I Q U E , et grand protecteur de la coloni­

sation anglaise de la G u y a n e (*).

E n 1606. 2314.

«

GERARDI

MERCATORIS

phicæ Meditationes

de fabrica

tandem

perductus,

ad finem

Hispaniæ,

Africæ,

Asiæ,

&

à I U D O C O HONDIO. Quibus

&

opera

Atlas

quamplurimis

Cosmogra-

æneis

auctus

additæ

tabulis

MERCATORIS)

descriptiones in

Iam

ac illustratus

(præter

tabularum

PET. M O N T A N I . Excusum

HONDIJ Amsterodami.

sive

et fabricati figura.

Americæ

etiam

dilucidæ & accuratæ omnium studio

Mundi

ædibus

novæ, IUDOCI

1606. » In-folio.

Bibl. du Dépôt Général de la Marine à Paris, 3881. Carte excudit

à

la page

Amsterodami

C. de la Conde

345, « America.

JODOCUS

HONDIUS

» : et

Wajabego

R., à la latitude septen­

trionale de TROIS D E G R É S E T D E M I . Carte à la page 351, « America C. de la Conde

et R. wajabego,

Meridionalis

» :

à la m ê m e latitude de

TROIS D E G R É S E T D E M I . E n 1607. 2315.

« GERARDI

MERCATORIS

Atlas

sive

Cosmogra-

(*) E n 1603 : Traduction allemande de la relation latine de 1599 (§ 2312). Texte C a p d e la C o r d e o u C o n d e , 3°; carte (citée dans la note précé­ dente) : C. d e la C o r d e , 3° 30'.


§§ 2316-2317 phicæ

20

Meditationes

tandem

ad

Hispaniæ, IUDOCO

L E C T U R E

de fabrica Mundi

finem

perductus,

Africæ,

HONDIO.

e

Asiæ

&

Quibus

et opera

pliores

etiam

runt. Sumptibus

&

additæ

Tabulæ

tabulis

ac illustratus à

(præter

tabularum

novæ

æneis

auctus

P E T . M O N T A N T . Editio

descriptiones

rodami,

et fabricati figura. Iam

quamplurimis Americæ

dilucidæ & accuratæ omnium studio

( 267 )

MERCATORIS)

descriptiones Secunda

novæ,

qua et am-

Geographicæ

accesse-

CORNELIJ NICOLAI & IUDOCI HONDIJ,

Amste-

1607. » In-folio. Bibl. Imp. de Paris, Dép. des

Cartes, 272. A u x pages 347 et 355, les deux m ê m e s cartes de 1606, avec C. de la Conde R. wajabego, E T

et Wajabego

R., C. de la Conde

à la latitude septentrionale de T R O I S

et

D E G R É S

DEMI.

E n 1610. 2316.

« Atlas Minor

plurimis rodami

æneis Excusum

« Dordrechti

tabulis

G E R A R D I

M E R C A T O R I S

Amste-

in ædibus I U D O C I H O N D I J . . . . » A

la fin,

Adrianus

atque

a I. H O N D I O

illustratus.

Excudebat

auctus

Boltius, Anno

clo lo cx ».

In-4. Bibl. du Dépôt Général de la Marine à Paris, 3882. Carte à la page 18, « A m e r i c æ descrip. » : C. de la Conde

et Wajabego

R., D E U X

D E G R É S

Nord.

E n 1613. 2317.

« GERARDI

Cosmographiques De nouveau Derniere

reveu et augmenté.

Edition.

Amsterodami

M E R C A T O R I S

de la fabrique

Sumptibus

L'Atlas

du Monde Excusum

&

typis

ou

Meditations

et figure d'iceluy. sub cane

æneis

vigilanti.

IUDOCI

HONDIJ,

An. D. 1613. » In-folio.

Bibl. du Dépôt Général de la Marine à Paris, 3883. A u x pages 363 et 371, les m ê m e s

cartes de 1606 et


e

( 268 ) 1607,

20

avec

Conde

L E C T U R E

C. de

la Conde

et R. wajabego,

§§ 2318-2319

et Wajabego

à T R O I S

D E G R É S

R., C. de la E T DEMI(*).

E n 1625. 2318. sixth,

« P U R C H A S

Contayning

His Pilgrimes.

English

of America

Voyages,

South

parts

sions

and Victories against

the Spanish

Ilands,

and

tations in Guiana, men

amongst

: Many

In five Bookes. to the East,

Sea and Land

the Spaniards

Coast

Townes

and many

strange

STANSBY

Fights,

and Inua-

in these parts, on this side;

aduentures

theA m e r i c a n s . . . .The Fourth

by W I L L I A M

The

West,

of

and Plan-

English-

Part...

London

for H E N R I E F E T H E R S T O N E . . . . 1625. »

In-folio. Bibl. du Dépôt Général de la Marine à Paris, 4072. Page

1250, texte du

Guyane

en

« Wee

voyage

de C H A R L E S

L E I G H

à la

1604 :

arriued in the Riuer of W i a p o g o , in the lati­

tude of three degrees and a half to the North of the Line. » —

« N o u s arrivâmes à la rivière de

latitude de T R O I S

D E G R É S

E TD E M I

Wiapogo,

dans la

au Nord de la ligne. »

E n 1630. 2319. phicæ Primum H O N D I O

« G E R A R D I

Meditationes

de fabrica

à G E R A R D O Piæ

Mundi

Atlas

ad finem

et de novo

perductæ,

in lucem

sive

Cosmogra-

et fabricati

M E R C A T O R E inchoatæ,

memoriæ

in locis emendatæ,

M E R C A T O R I S

deinde Iam

figura.

à IUDOCO

verò

editæ. Editio

multis decima.

(*) En 1614 : P E T R U S K ΠR I U S (P. K E E R ) , America,

gr. à A m s t e r d a m . —

C. d e

la C o n d e , 3°. E n 1616 : F. BERTIJ, Tabvlarvm tem, A m s t e r d a m . — —

Geographicarvm

contractarvm

Libri sep-

Carte de l ' A m é r i q u e , C. d e la C o n d e , 2°.

Carte de l ' A m é r i q u e M é r i d i o n a l e , C. d e la C o n d e , 2°.


e

§§ 2320-2321 Sumptibus

20 L E C T U R E

&

( 269 )

typis æneis H E N R I C I H O N D I J ,

Amsterodami

An.

D. 1630. » In-folio. Bibl. Imp. de Paris, Dép. des Cartes, C. 4084. Aux pages 380 et 388, les m ô m e s cartes de 1606, 1607 et 1613, avec C. de la Conde Conde

et R. wajabego,

et Wajabego

à TROIS

D E G R É S

R., C. de la

E T D E M I (*).

E n 1634. 2320.

«

Francofurti &

Decima

Tertia

ad Mœnum,

Chalcographi

Pars

Historiæ

sumptibus

Francofurtensis.

M A T T H æ I

Americanæ... M E R I A N I

M. DCXXXIV.

ciuis

» In-folio.

C'est la continuation du travail de T H É O D O R E D E B R Y . Bibl. Imp. de Paris, Réserve. e

Carte 3 , au commencement du volume : « Die Landschafft Guaiana Inhaltende Alle die Prouincien zwischen d e m fluss A m a z o n u m und d e m wasser Yviapari oder Orinoque. » Cap

d'Orange

nale de T R O I S

et R. Wiapoco,

à la latitude septentrio­

DEGRÉS CINQUANTE

MINUTES.

En 1635. 2321.

« Atlas

et des parties amples,

ou Representation

et exactes : Divisé en deux

Augmenté Description Pays-Bas.

du Monde

Universel,

d'icelui, faicte en tables et descriptions

d'un Appendice de

diverses

Italie

en ordre. A Amsterdam

tomes.

de plusieurs Régions

très-

Edition

nouvelle.

nouvelles

Tables et

d'Allemaigne,

France,

et de l'une et l'autre Inde,

le tout mis

chez H E N R Y H O N D I U S

: A°. D. 1635. »

In-folio. Bibl. Imp. de Paris. Dép. des Cartes, 251.

(*) E n 1633 : H. HONDIUS, Nova

totius terrarum

orbis Geographica

graphica Tabula. — C. d ' O r a n g e , 2°. D u m ê m e : A m e r i c æ Pars Meridionalis. —

ac

Hydro-

C. d ' O r a n g e , 3° 30'.


( 270 ) A

20

la page 49, « Nova

ac Hydrographica

à

la

L E C T U R E

§§ 2322-2323

totius terrarum

Tabula.

C. d'Orange,

e

Auct

:H E N R

latitude

orbis

Geographica

: H O N D I O A° 1630 » :

septentrionale

de

D E U X

D E G R É S (*).

En 2322. nant

« Nouvel

1652.

Atlas,

ou

Les Tables & Descriptions

Universel,

Premiere

IANSSONIUM,

Theatre

du

Monde,

de toutes les Regions

Partie,

Amstelodami,

An. clo I O C L I I .

compredu

apud

Monde

I O A N N E M

» In-folio.

Bibl. Imp. de Paris, Dép. des Cartes, 247. Première phica

ac

carte, « Nova

Hydrographica

totius Tabula.

terrarum Auct

orbis

: H E N R

Geogra-

:

H O N D I O

A° 1641 » : C. d'Orange,

à la latitude

septentrionale

de

D E U X

D E G R É S . D a n s la m ê m e 2323. nant

« Nouvel

Les Cartes&

Asie,

Afrique

dami,

apud

Atlas

ou Théatre

Descriptions &

année 1652. du Monde

de l'Espagne,

Amerique.

Troisieme

I O A N N E M I A N S S O N I U M .

Anno

:

Compre-

Italie, Tome.

Grece, Amstelo-

clo I O C L I I . » In-folio.

Bibl. Imp. de Paris, Dép. des Cartes, 250. Carte à la feuille b, vers la fin du volume, « Septentrionalis.

Excudit

C. d'Orange, D E G R É S

à la

I O A N N E S

latitude

America

IANSSONIUS » ;

septentrionale

de

TROIS

E T DEMI.

Carte à la feuille k, vers la fin du volume, « A m e r i c æ Pars

Meridionalis,

S O N Y

sumptibus

IOANNIS

IANS-

»:

C. d'Orange TROIS

Amstelodami

D E G R É S

et R. Wiapoca, E T

latitude septentrionale de

DEMI.

e

(*) E n 1646 (2 édition, 1661) : D U D L E Y , Dell' Arcano re

la 1

del Mare, e

Florence. —

Livre II (p. 25 de

édition, p. 9 de la 2 ) : Capo Cisel (Cecil ou C. d ' O r a n g e ) 3°45'.


§§ 2324-2326

2324.

e

LECTURE

En

1655.

20

« Relation

historique

grande

riviere des Amazones

COMTE

D E P A G A N . . . A Paris.

( 271 )

et dans

géographique,

de

la

l'Amerique.

Par

le

» In-8°.

Bibl. Mazarine à Paris, 33545. Carte en tête du volume, « Magni in America

Meridionali,

noua

et Viapoco

C. d'Orange

Amazonii

Fluvii,

delineatio » :

à la latitude septentrio­

Fl.,

nale de T R O I S D E G R É S E T U N Q U A R T (*). E n 1666. e

2325.

L A B A R R E , dans le livre constituant le 12 titre

du Brésil (Lecture 17).

Page 16, citée intégralement au

§ 1929 : La G u y a n e Françoise, proprement France Equinoctiale, qui contient quelques quatre-vingts lieuës Françoises de Coste, commence par le C A P D ' O R A N G E . . .

Il gist par

les T R O I S D E G R E Z , Q U A R A N T E

M I N U T E S Nord de la Ligne,

quoy

les Q U A T R E

qu'aucuns

le mettent

par

D E G R E Z .

»

En 1679. 2326.

« Verloren

vertoogh

van

de

kuste

vaste

t'Amsterdam.

de

Arbeyt

Colonie

van

ofte

in de

America,

op

Klaar

Lantstreke de

en'kortbondigh Guiana,

Revier

aan

Wiapoca...

» [Par Gerardus de M Y S T . . . ] . In-4°. 4 pages

non chiffrées, 60 chiffrées; une planche avec les mots Verloren poca,

Arbeyt,

une carte intitulée De

et un plan de la ville d'Orange

Rivier

Wia-

sur la rive gauche

de l'Oyapoc.

(*) E n 1664 : Carte : L'Amériqve avtrement le Novveav Monde Occidentales, par P. D u V A L d'Abbeville, Géographe du Roy. A Paris. — C. d'Orange, 3°30'.

et Indes Ordinaire


e

( 272 )

20

LECTURE

§ 2327

En m a possession. Page 1.

« D e Rivier W i a p o c a , leggende op

hooghte van 3 ½graat ». — gît à la hauteur de T R O I S

« La rivière Wiapoca,

D E G R É S

de qui

E T DEMI(*). »

En 1683. «

Description

rents systèmes

2327.

du Monde,

de la Geographie principales

Ancienne

Villes &

la Terre; avec leurs

Par

Chez

des autres

Titres

&

Major

Thierry,

Ville de Paris,

: Les Plans

& Profils des

plus

considérables

qui y

les Mœurs,

de chaque

M A L L E T ,

Religions,

Nation.

Maistre

Dédiée

au

de

Mathema-

de Sa Majesté,

cy-devant

S. Jacques,

la ruë du

de

commandent,

d'Artillerie en Portugal.

ruë

devant

particulieres

: El

de la petite Escurie

les diffé-

&

lieux

Livrées

M A N E S S O N

& Sergent

Denys

contenant

des Souverains

& divers habillemens

ALLAIN

tiques des Pages Ingenieur

l'Univers,

& Moderne

les Portraits

Blasons,

Gouvernemens Roy.

de

les Cartes generales

à

A

Paris,

l'Enseigne

de

Plâtre. M DC.LXXXIII.

la Avec

» 5 volumes in-8°. Bibl. du Dépôt Général de la Marine à Paris, 3264. Privilege

du Roy.

e

T o m e 5 , page 351, « Guiane

Figure

CLI. Pays

des Caribes

et

»:

R. Wiapoco,

à la distance de 38 1/2 lieues portugaises

du C. de Nord, DEGRÉS

et à la latitude septentrionale de

CINQUANTE

D E U X

M I N U T E S (**).

(*) E n 1679 : Carte : La mer ride,

d'Amerique. A

de Nort

la Nouvelle

Paris.

ou sont la Nouvelle

Espagne,

les Isles

Par P. D u V A L , Géographe E m b o u c h u r e d u Viapoco,

France,

et la Terre Ordinaire

du

la FloFerme Roy.

2° 50'.

(**) Vers 1650 : Carte de l ' A m é r i q u e , par C L E M E N T D E JONGHE. — Conde,

C. de la

3°.

E n 1684 : Carte de V Amérique,

par P. D u VAL. — C. d'Orange,

3° 30'.


§§ 2328-2330

20

e

LECTURE

( 273 )

En 1698 et en 1699. 2328.

e

FROGER, dans le livre constituant le 22 titre du

Brésil (Lecture 17). «

Carte

du

Gouvernement

Æquinoctiale.

Echelle

de

de

20.

Cayenne

Lieuës

ou

France

», faite

[marines]

à C a y e n n e , en 1696, sur les mémoires du MARQUIS DE FERROLLES. Cette carte n'est pas graduée ; mais, au m o y e n de l'échelle qui l'accompagne, on voit que le Cap et l'Oyapoc la Ligne

d'Orange

R. s'y trouvent situés à QUARANTE LIEUES de Æquinoctiale,

c'est-à-dire, à la latitude Nord

de DEUX DEGRÉS (*). E n 1730. 2329.

e

LABAT, dans le livre constituant le 41 titre du

Brésil (Lecture 17). e

Tome 3

page 75, suite du texte cité au § 2131 :

« Ils ont toujours gagné du terrain, & nous ont à la fin poussés jusqu'au CAP D ' O R A N G E qui est par les DEUX DEGRÉS de latitude septentrionale.

»

En 1732. 2330.

MILHAU, dans le manuscrit constituant le 42

titre du Brésil

(Lecture

e

17).

er

T o m e 1 , page 70, suite du texte cité au § 2134 : « Ils ont toujours gagné du Terrain, et nous ont à la fin poussés jusques au CAP D'ORANGE, qui est par les DEUX DEGRÉS de latitude septentrionale.

En

»

1687 :

NICOLAS W I T S E N , Carte générale C. d'Orange,

des costes de l ' A m é r i q u e , —

3°30'.

(*) E n 1 7 0 0 : D E L'ISLE, Globe terrestre dressé sur les observations de l'Académie Royale des Sciences, à Paris.

Embouchure du

3°45'. T II.

18

Wiapoco,


e

( 274 )

20

LECTURE

§ 2331 er

Le texte suivant, page 40 du m ê m e tome 1 , montre de la manière la plus convaincante que le Cap d'Orange, placé par M I L H A U à deux degrés, était bien le Cap d'Orange d'aujourd'hui, à quatre degrés et quelques minutes : Le douze [août 1724] nous reconneumes le Cap d'Orange, où nous c o m m e n ç a m e s à uoir dans les fonds, les montagnes

2331.

d'argent. »

BARRÈRE,

E n 1743. dans le livre constituant le 44 titre e

du Brésil (Lecture 17).

Texte complet des pages 10-12, citées au § 2141 : « Toute la G u i a n e est arrosée par u n grand nombre de rivières, dont la plupart ne sont navigeables que par des petits bâtimens. La plus considérable qu'on trouve après avoir doublé le Cap de Nord, est celle de Cachipour. Cette riviére naît des montagnes qui sont bien avant dans les terres, & vient se jetter dans l'Océan par les D E U X degres de latitude septentrionale. Vers sa source habitent des Indiens Palicours, & des N o r a g u e s . Ces derniers sont, de tous les Sauvages, les plus grands Antropophages. Au-delà de Cachipour, on ne voit plus rien sur la côte que quelques Criques. Mais après cela, en côtoyant u n peu avant, on reconnoît le C a p d'Orange, qui est une terre assez élevée, & qui s'avance fort peu dans la mer. Tout près de ce cap, on trouve une petite riviére qui ne mérite pas beaucoup d'attention, & que les Indiens appellent Coupiribo. E n rangeant ensuite la côte de l'Est à l'Ouest, on entre dans l'embouchure d'Ouyapok. Ouyapok est la plus grande riviére de toute cette côte : elle se rend dans la mer par les T R O I S D E G R E S E T D E M I de latitude Nord (*). »

(*) E n 1766 : Carte: Guyane,

Terre

Ferme

Isles Antilles,

lle

et N

Es-


e

§§ 2332-2333

2332.

20

LECTURE

( 275 )

Récapitulons ces faits.

D'après la carte de M. D E S A I N T - Q U A N T I N , la latitude du Cap d'Orange est de 4 degrés 22 minutes Nord, et celle du fleuve Oyapoc proprement dit est de 4 degrés 4 minutes. Et toutefois, ce m ê m e Cap d'Orange et ce m ê m e fleuve O y a p o c ont été situés (*) : En

1634,

à trois degrés cinquante

En

1666,

à trois degrés quarante

minutes; minutes;

En 1600, en 1606, en 1607, en 1613, en 1625, en 1630, en

1652,

en

1679,

en

1743,

à trois degrés trente

En

1655,

à trois degrés quinze

En

1599,

à trois degrés;

minutes;

minutes;

E n 1683, à D E U X degrés C I N Q U A N T E

minutes;

E n 1610, en 1635, en 1652, en 1698, en 1699, en 1730, en 1732, à D E U X 2333.

DEGRÉS!

Il faut distinguer, parmi ces témoignages :

Celui de L A B A R R E ,

gouverneur

de Cayenne,

qui situait

le C a p d'Orange par 3° 40', en ajoutant « quoy qu'aucuns le mettent par les quatre degrez » ; Celui de F R O G E R ,

qui, travaillant sous les yeux du

MARQUIS D E FERROLLES,

gouverneur

de Cayenne,

Cap d'Orange et l'Oyapoc à D E U X

situait le

DEGRÉS;

Celui de M I L H A U , naguère magistrat à

Cayenne,

qui,

dix-neuf ans après le Traité d'Utrecht, situait encore le Cap d'Orange à D E U X

DEGRÉS ;

Celui de B A R R È R E , ancien médecin-botaniste du Roi à Cayenne,

qui, trente ans après le Traité d'Utrecht,

situait l ' O y a p o c à 3 degrés 30 minutes, et mettait le Cachipour à 2 degrés, tandis que M. D E S A I N T - Q U A N T I N

pagne,

par M . BRION, Ingénieur

Géographe

du Roi. A Paris...

Cap à l'E. de l'embouchure du C a m o p i ( O y a p o c ) , 3°50'. (*) Les cartes citées dans les notes précédentes ne sont pas c o m ­ prises dans ce r é s u m é de l'auteur.


e

( 276 )

20

LECTURE

§§ 2334-2336

donne à cette dernière rivière la latitude de 3 degrés 45 minutes. 2334.

Il faut distinguer tout spécialement le témoi­

gnage de M A N E S S O N

MALLET,

ancien

ingénieur

P O R T U -

en

G A L , qui, en 1683, seize ans avant le m e m o r a n d u m por­ tugais, situait le fleuve du C a p d'Orange

à la m ê m e

distance de 35 à 40 lieues portugaises du C a p d u N o r d que les Lettres patentes portugaises de 1637 et de 1645 avaient assignée à la rivière de Vincent même

latitude de D E U X

et à la

Pinçon,

CINQUANTE

degrés

Nord

minutes

que le m e m o r a n d u m portugais assigna en 1699 à la rivière d'Oyapoc

ou de Vincent

2335.

Pinson.

Rapprochons de la carte de M A N E S S O N

ancien ingénieur en P O R T U G A L ,

MALLET,

celle du Père

dressée en 1690 sur les renseignements des

FRITZ,

P O R T U G A I S

(Lecture 17, titre 30).

Nous verrons que le Rio

de

Vicente

diatement à l'est du Rio Aperuaque tugaises du Cabo

de Norte,

tude juste de D E U X

degrés

et à 46 2/3 lieues por­

est situé par F R I T Z à la lati­

CINQUANTE

sément c o m m e le Wiapoco MALLET,

minutes

Pinson

Nord, préci­

sur la carte de

précisément c o m m e le Rio

Vicente

immé­

Pinçon,

de

MANESSON

Oyapoc

ou

de

dans le m e m o r a n d u m portugais de 1699. e

Et nous en conclurons qu'à la fin du xvii siècle, les Portugais,

se trompant

sans

moins que le Français F R O G E R coup moins que le

doute, mais

beaucoup

à la m ê m e époque, beau­

Français M I L H A U

e

au xviii siècle,

attribuaient au fleuve du C a p d'Orange la fausse latitude de D E U X

degrés C I N Q U A N T E

2336. 1683,

minutes.

A côté de la carte de M A N E S S O N

MALLET

en

du m e m o r a n d u m du Cabinet de L i s b o n n e en 1699,

et de la carte de F R I T Z , construite en 1690 et publiée en 1707,

considérons maintenant la dépêche des plénipoten­

tiaires de Portugal à Utrecht constituant, dans la lec­ ture 17,

e

le 36 titre du Brésil.


§§ 2337-2341

e

20

LECTURE

( 277 )

U n mois avant le Traité du 11 avril 1713, en conférence avec les plénipotentiaires de France et avec ceux d'An­ gleterre, les plénipotentiaires de Portugal situèrent la rivière de Vincent P i n ç o n à une latitude S U P É R I E U R E à celle de T R O I S

degrés Q U A R A N T E - C I N Q

minutes.

Les signataires du Traité d'Utrecht savaient donc par­ faitement que la latitude assignée au

Vincent

Pinçon

dans le m e m o r a n d u m de 1699 était fausse. 2337.

Le m e m o r a n d u m de 1699 renferme encore une

autre indication directe, à laquelle ne se sont arrêtés ni M. D E B U T E N V A L ni M. D ' A V E Z A C , je ne sais pourquoi. C'est la finale du passage allégué par M. D E

BUTENVAL:

« La rivière d'Oyapoc ou de Vincent Pinson se trouve située à deux degrés cinquante minutes du côté du Nord, et de là à Cayenne

2338.

il y a environ

SOIXANTE

L I E U E S de côtes. »

La distance du fleuve du Cap d'Orange à l'île

de C a y e n n e n'étant, d'après la carte de M. D E

SAINT-

Q U A N T I N , que de V I N G T - H U I T lieues françaises, on dirait, en vérité, que cela tranche la question en faveur de la France. 2339.

Et toutefois ce ne serait encore qu'une conclu­

sion illégitime. Trois raisons le démontrent. Première

raison

2340. Les Portugais ne fréquentaient point la côte française de la G u y a n e ; La distance de l'Oyapoc à l'île de C a y e n n e ne pouvait leur être aussi bien connue que celle de l'Amazone à l'Oyapoc. Deuxième

2341.

raison.

e

A u xvii siècle, il n'y avait pas plus d'unanimité

sur la distance du Cap d'Orange à C a y e n n e que sur la latitude du C a p d'Orange.


e

( 278 )

20 L E C T U R E

§ 2342

Car en 1683, dans sa carte citée tantôt, l'ingénieur M A N E S S O N M A L L E T mettait entre le fleuve du C a p d'Orange et l'île de C a y e n n e la distance de plus de

quatre-vingt-sept

lieues portugaises (*). Troisième

raison.

e

e

2342. A u xvii siècle, et m ê m e au siècle xviii on esti­ mait généralement la distance de l ' A m a z o n e à C a y e n n e à cent lieues environ, c o m m e le prouvent les textes sui­ vants : B I E T , en 1664, dans le livre constituant le 11 titre du Brésil, page 330, en décrivant l'île de C a y e n n e : « Elle est... éloignée de cent lieuës ou enuiron du grand et fameux Fleuve des Amazones » ; (**) L A B A T , en 1730, dans le livre constituant le 41 titre du Brésil, tome 3 , page 134 : « L'isle (de C a y e n n e ) est éloi­ gnée de l'embouchure de la riviere des A m a z o n e s , d'environ cent lieues au Nord » ; e

e

e

e

M I L H A U , dans le manuscrit constituant le 42 titre du Brésil, tome 1 , page 52 : « Il y a enuiron cent lieues de cette isle, a la riviere des A m a z o n e s ». Dans les lettres patentes de 1637 et de 1645, le Gouver­ nement Portugais avait fixé au m a x i m u m de quarante le nombre de lieues qu'il fallait compter de l ' A m a z o n e au fleuve du G a p d'Orange. E n retranchant ce nombre de celui de cent environ, il restait pour la distance du fleuve du C a p d'Orange à C a y e n n e environ soixante lieues. er

(*) L a distance d u C a p d ' O r a n g e à C a y e n n e est de 62 lieues marines sur la carte de 1664 de P. D U V A L (l'Amérique, autrement le Nouveau Monde), d'environ 49 lieues sur celle de 1679 (La Mer du Nort...). (**) M O R E R I , Le Grand Dictionnaire historique, Lyon, 1681. A u m o t Cayenne. — « ... L'isle que ce fleuve embrasse, a seize o u dix-huit lieues de tour, elle est b o n n e et fertile, environ à cent lieues de la rivière des Amazones, qui lui est à midi.... »


§§ 2343-2345

21

VINGT

ET

e

LECTURE

UNIÈME

( 279 )

LECTURE

Berredo.

§§ 957, 1065, 1095-1101, 1128, 1221, 1233, 1788, 1866.

2343.

Il est inutile de nous arrêter à D O M I N G O S

TEI-

X E Y R A (§ 1865). Quoique rédigé en 1725,1e livre de ce biographe revient au memorandun de 1699 ; car il a été fait sur les général G O M E S

FREIRE

papiers du

D E A N D R A D A , mort en 1702,

et qui

fut l'un de ceux qui fournirent des matériaux au ministre P A I M , pour la première réponse du Cabinet portugais à l'ambassadeur R O U I L L É . 2344.

Mais il n'en est pas de m ê m e de B E R R E D O .

2345. Voici, dans son intégrité, le paragraphe 13 des Annales

historiques

de l'État de Maragnan

:

« Il y a bien des années que la capitainerie de Seará a été détachée du gouvernement général de M a r a g n a n , lequel commence

aujourd'hui au-dessous de la chaîne

d'Hypiapaba; mais il est hors de doute que la véritable démarcation

de l'État est à soixante-dix lieues du cap


e

( 280 )

21 L E C T U R E

§§ 2346-2351

Saint-Augustin, au voisinage des basses de S. R o q u e , quatre degrés trente minutes au Sud de la ligne, cent vingtcinq lieues au-dessus du fort de N o t r e - D a m e do

Amparo,

qui est celui de Seará; et la côte se prolongeant de l'Est à l'Ouest pendant le long espace de quatre cent cinquante lieues, le domaine de l'État se termine, avec celui de toute l'Amérique çon,

Portugaise, à la rivière de V i n c e n t Pin­

que les Français

appellent

U N

Wiapoc,

D E G R É

T R E N T E M I N U T E S au Nord del'équateur.» 2346.

Ceci paraît beaucoup plus redoutable que le

m e m o r a n d u m de 1699. La latitude septentrionale d'un D E G R É T R E N T E

MINUTES

m è n e en dedans de l'Amazone, entre le C a p N o r d et le véritable Araguari. Et cette latitude est assignée à la limite septentrionale du Brésil par un Portugais éminent, qui avait été gou­ verneur du Brésil septentrional cinq ans après le Traité d'Utrecht, et qui,

en cette qualité, avait eu pour un de ses

premiers devoirs l'observation rigoureuse de ce traité. 2347.

Mais ce n'est qu'un fantôme.

2348. écrit un

Quand bien m ê m e

BERREDO

eût positivement

pour la latitude douteuse du

degré trente minutes

V i n c e n t P i n ç o n , cela n'aurait nullement que l'on s'imagine; car Mr. en 1858,

l'importance

J O Ã O F R A N C I S C O L I S B O A a révélé

dans son Jornal de Timon,

l'incroyable négligence

de B E R R E D O sur la topographie m ê m e la mieux connue de l'État qu'il avait gouverné. 2349.

Mais il est impossible que B E R R E D O

ait voulu

assigner à la rivière de V i n c e n t P i n ç o n la latitude sep­ tentrionale d'un degré trente 2350.

minutes.

Cette impossibilité est

intrinsèques, tirées de B E R R E D O Première

2351.

démontrée par despreuves lui-même. preuve.

Dans ce m ê m e paragraphe 13, si souvent invo-


e

§§ 2352-2354

21

LECTURE

( 281 )

que contre le Brésil, B E R R E D O déclare que les Français donnent à la rivière de Vincent P i n ç o n le n o m de Wiapoc(*).

A voir avec quelle indifférence M M . L E S E R R E C , D E S A I N T - Q U A N T I N , D E B U T E N V A L et D ' A V E Z A C transcrivent euxm ê m e s cette déclaration, on jurerait qu'il n'existe rien de c o m m u n entre Wiapoc et Oyapoc. Cependant M. D E S A I N T - Q U A N T I N , page 315 de la 68 du tirage à part, compte

Coloniale,

variations du mot

Wiapoco

Revue

parmi les

Oyapoc.

Et M. D ' A V E Z A C , page 333 du Bulletin

de la Société de

245 du tirage à part, range parmi les nom­

Géographie,

breuses variantes des deux types généraux Oyapoc Yapoc,

non seulement Wiapoco,

mais encore

et Wiapoc,

justement le mot de B E R R E D O . 2352.

Or, jusqu'à l'année où B E R R E D O se retira du

Brésil, jusqu'en 1723, et encore pendant huit ans, le mot indien Wiapoco,

Wiapoc,

Oyapoc,

Yapoc,

Japoc,

partenait à aucune autre rivière que celle du Cap

n'ap­ d'Orange.

(§ 1986). 2353.

Cela est si vrai, que, pour F E R R O L L E S lui-même,

en 1694 et en 1699, le n o m d ' O y a p o c ou Yapoc gnait que la rivière du Cap

d'Orange

ne dési­

et une ILE de

l'Ama-

zone. (§§ 132, 171).

2354.

Cela est si vrai, que, lorsque les gouverneurs

de C a y e n n e , développant le germe jeté par le C H E V A L I E R D E M I L H A U , songèrent pour la première fois, vers l'année 1729, à placer près du Cap N o r d

le Japoc

du Traité

d'Utrecht, ils n'avancèrent point qu'il y eût dans ce parage une rivière portant réellement le n o m de Japoc, Yapoc,

ou

(*) « Rio Wiapoc.

»

Oyapoc.

ou

Ils se bornèrent à prétendre que le

de V i c e n t e Pinçon,

a q u e os Francezes c h a m a m


e

( 282 )

21

LECTURE

§§ 2355-2357

n o m consigne dans le Traité d'Utrecht était une corrup­ tion du Warÿpoco

de V A N K E U L E N .

(§§ 352-357).

Encore en 1796, trente-trois ans après BELLIN, le géo­ graphe

cayennais S I M O N

autre explication Warÿpoco

du

MENTELLE

ne trouvait aucune

d'Utrecht

Japoc

que

ce

même

de V A N K E U L E N . (§ 620).

Et ce m ê m e Warÿpoco,

avec

l'Iwaripoco,

de K E Y M I S ,

était encore en 1850 la seule ressource du consciencieux M. D E S A I N T - Q U A N T I N . (§ 1128). 2355.

La première, et longtemps la seule orthographe

du n o m indien de la rivière du G a p d'Orange, ce fut Wiapoco,

avec le w anglais, répondant à l'ou français et à l'u

portugais. Introduite par K E Y M I S et par H A R C O U R T , en 1598 et en 1613,

cette forme fut généralisée, en 1599, en 1600, en

1625, par les recueils de T H É O D O R E D E B R Y , de P U R C H A S ;

de H A K L U Y T et

en 1625 et en 1630, par les éditions hollan­

daises du Nouveau

Monde

de J E A N D E L A E T ; et surtout par

les éditions latine et française de cet ouvrage, en 1633 et en 1640. 2356.

Les Français abandonnèrent, à leur tour, la

dénomination espagnole et portugaise de Rivière de cent

Pinçon,

Vine

qui, pendant la presque totalité du xvi siè­

cle, avait été la seule dont les E u r o p é e n s se servaient pour désigner la rivière du C a p d'Orange; et ils n'em­ ployèrent plus que le n o m américain, sous l'une ou l'autre de ses formes nombreuses. 2357.

Wiapoco

se trouve, c o m m e n o m exclusif de la

rivière du C a p d'Orange, dans u n grand nombre de pro­ ductions françaises antérieures au Traité d'Utrecht. NICOLAS

SANSON,

en 1652, en 1656, en 1657; D U V A L ,

en 1654, en 1664, en 1677; P A G A N , en 1655; G U I L L A U M E S A N S O N , en 1669, en 1679, en 1680, en 1689; D E L I S L E , en 1700 : inscrivaient sur leur carte cette forme primitive. Elle figurait, en 1683, sur le globe monumental du


§§ 2358-2359

e

21

LECTURE

( 283 )

père C O R O N E L L I , ouvrage d'un Vénitien, mais c o m m a n d é par Louis XIV, placé d'abord au palais de Versailles, et depuis longtemps à la Bibliothèque Impériale de Paris. Encore en 1708, T H O M A S C O R N E I L L E avait dit, à l'article de son Dictionnaire

Wiapoco

Universel :

« Le Cap qui barre

vers l'Orient la Baye dans laquelle la rivière de Wiapoco

&

d'autres petites se détachent, est appelé par les Anglais Cabo

de Conde,

dois Cape

autrefois Cabe-Cecil,

d'Orange.

2358.

Wiapoc

et par les Hollan-

»

ne diffère de

Wiapoco,

que par le

retranchement de la voyellefinale;c'est une apocope de l'espèce la plus simple, c o m m e Pernambouc

pour

Per-

nambouco. e

Or, depuis la fin du xvii siècle, les Français de C a y e n n e employaient ce léger métaplasme, pour empêcher la prononciation fautive de Wiapocó,

forcément commandée

par le génie de la langue française. F R O G E R , qui avait touché à C a y e n n e en 1696, écrivait Oyapoc,

sans l'ofinal.(§ 1964).

B A R R È R E , qui avait habité C a y e n n e depuis 1720 jus­ qu'en 1723, écrivait Ouyapok,

sans l'ofinal.(§ 2141).

M I L H A U , qui avait été juge à C a y e n n e depuis 1724 jusqu'en 1727, écrivait Ouiapok,

sans l'ofinal.(§ 2135).

M. D E C H A R A N V I L L E , gouverneur de C a y e n n e , s'adressant au gouverneur de Para le 10 août 1729, écrivait Ouyapoc,

sans l'ofinal.(§ 2074).

Et encore en 1757, L A C O N D A M I N E clopédie

:

la riviere d'Yapoco,

C a y e n n e n o m m e n t Oyapoc 2359.

Le n o m

Wiapoc,

disait dans l'Ency-

que les Français

de

». (§ 2142). que B E R R E D O

attribue aux

Français, et qui offre l'avantage de représenter à la fois et la prononciation française et la prononciation portugaise, était doublement français : Français, relativement aux Portugais et aux Espa­ gnols, parce que les Portugais et les Espagnols conti-


e

( 284 )

21 L E C T U R E

§§ 2360-2362

nuaient à ne se servir que du n o m de Rivière de V i n ­ cent P i n ç o n . (§ 2032). Français, relativement aux peuples qui avaient adopté le n o m américain, parce que les Anglais, les H o l l a n ­ dais et les A l l e m a n d s n'employaient jamais que la forme complète Wiapoco, avec l'o à lafin.(§ 2355). 2360. La phrase de B E R R E D O est donc la m ê m e que celle du commandant du fort d'Araguari, en 1688 : « Les limites des possessions portugaises sont à la rivière du G a p d'Orange, appelée par les Portugais Rivière de V i n c e n t P i n ç o n , et par les Français

Oyapoc.

»

2361. Il ne manque, chez B E R R E D O , que l'identification expresse du W i a p o c avec la rivière du C a p d'Orange. Mais qu'était-il besoin d'une telle précaution, lorsque la rivière du C a p d'Orange était la seule qui eût jamais porté le n o m de W i a p o c o ou W i a p o c ; et lorsque le Gouvernement Français, d'accord avec le Gouvernement Portugais, laissait la limite d'Utrecht à la rivière du Cap d'Orange! Deuxième

preuve.

2362. C'est justement B E R R E D O qui a publié, le pre­ mier, u n extrait des Lettres patentes du 14 juin 1637. C'est lui qui a fait connaître le premier, au paragraphe 674 de ses Annales, que, depuis 1637, le Gouvernement Portugais avait déclaré officiellement que la rivière de V i n c e n t P i n ç o n , la limite septentrionale du Brésil, était de trente cinq à quarante lieues portugaises au NordOuest du C a p Nord(*).

(*) Les Lettres patentes de 1637 avaient premier Memorandum

été citées déjà dans le

portugais, remis en 1699 à l'Ambassadeur de

France à Lisbonne

(voir § 1875). L e M e m o r a n d u m

disait q u e les

Lettres patentes de PHILIPPE I V faisant donation de la du

Cap

de Nord

à BENTO

Capitainerie

M A C I E L P A R E N T E , déclaraient

expressé­

m e n t q u e cette Capitainerie aurait « 30 ou 40 lieues de district et de


§§ 2363-2365

e

21

LECTURE

( 285 )

G o m m e n t admettre alors, qu'au paragraphe 13 du m ê m e ouvrage, le m ê m e écrivain ait voulu placer la m ê m e rivière au Garapapori, c'est-à-dire à quelques milles seulement du Cap N o r d ; et encore moins à Araguari, c'est-à-dire au Sud du Cap Nord, en dedans de l'Amazone? 2363.

Lisons B E R R E D O

complètement;

voyons s'il ne

dit pas ailleurs quelque chose qui mette son article 13 d'accord avec son article 674. 2364.

Nous n'avons pas à essuyer une grande fatigue.

Tout au commencement du volume, au paragraphe 5, nous trouvons le passage suivant, négligé par M . D E

SAINT-

QUANTIN,

mais

par M. D E B U T E N V A L ,

par M. D ' A V E Z A C ,

fidèlement traduit par M. L E S E R R E C : « En courant la côte à l'Ouest, ils entrèrent [ P I N Ç O N et les siens] dans la formidable bouche du

fleuve des

A m a z o n e s , auquel, dans leur juste admiration, ils don­ nèrent le titre de mer

douce;

découvrirent, à la hauteur

et repassant la ligne, ils de deux

degrés quarante

minutes Nord, le cap auquel ils donnèrent le n o m qu'il porte et qui est connu aussi aujourd'hui sous celui des en le doublant encore à l'Ouest, à la distance de

Fumos;

quarante lieues, ils entrèrent dans une rivière à laquelle VINCENT YANEZ PINÇON

donna son premier et son dernier

n o m , qu'on lui conserve encore. » 2365.

Ceci est de toute clarté.

Pour le gouverneur B E R R E D O , c o m m e pour le Gouver­ nement Portugais en 1637, la rivière de Vincent Pin­ çon,

la limite septentrionale du Brésil, se trouve située

sur le littoral atlantique de la G u y a n e , à Q U A R A N T E lieues portugaises

du Cap

Nord.

côte, depuis le Cap de Nord jusqu'à la rivière Vicente Pinson, où c o m m e n c e n t les I n d e s d ' E s p a g n e » (« expressando que lhe dava as 30 ou 40 legoas de districto e costa, que se contam do C a b o do N o r t e até o R i o d e V i c e n t e P i n s o n , aonde entrava a repartição das I n d i a s d o R e i n o d e Castella... »).


e

( 286 )

21

LECTURE

§§ 2366-2368

Et B E R R E D O place le G a p N o r d trionale de D E U X D E G R É S Q U A R A N T E

à la latitude septen­ MINUTES.

Le V i n c e n t P i n ç o n de B E R R E D O Garapapori, par U N degré N E U F

lieues portugaises

du

n'est donc pas le

QUARANTE-CINQ Cap

Nord

minutes,

;

Et encore moins l'Araguari, par U N degré —

au

S U D du

Cap

dix

minutes,

Nord. Troisième

2366.

et à

preuve.

A u paragraphe 14, immédiatement à la suite du

texte que l'on oppose au Brésil, B E R R E D O continue en ces termes : « La m ê m e rivière sert aussi de limite aux possessions espagnoles, par une borne de marbre quefitériger en u n lieu élevé, à son

embouchure,

l'empereur

ChARLES-

QUINT. » 2367.

Ce passage est transcrit par tout le m o n d e : en

français par M M . L E S E R R E C

et S A I N T - Q U A N T I N ,

en portu­

gais par M M . D E B U T E N V A L et D ' A V E Z A C . Mais aucun de ces messieurs n'a fait attention à la petite phrase « em sitio A L T O » , — « dans un endroit É L E V É » , c o m m e traduit M. L E S E R R E C ,

« en un

lieu

ÉLEVÉ »,

c o m m e traduit M. D E S A I N T - Q U A N T I N . 2368.

Que C H A R L E S - Q U I N T ait fait ériger, ou non, une

borne quelconque pour marquer la limite maritime des possessions guyanaises de l'Espagne et du Portugal, il subsiste toujours u n fait. C'est que le V i n c e n t P i n ç o n de B E R R E D O présente à son embouchure une

ÉLÉVATION.

Or, depuis l'Amazone jusqu'à l'Oyapoc, la moindre élévation n'existe à aucune embouchure. Ce n'est que de l'autre côté du C a p d'Orange

que

s'élèvent, à l'embouchure stricte de la rivière d'Oyapoc le mont montagne

Lucas,

et à l'embouchure de la baie d'Oyapoc la

d'Argent.


e

§§ 2369-2371

21 L E C T U R E

( 287 )

Donc, le Vincent P i n ç o n de B E R R E D O est nécessaire­ ment la rivière du Gap d'Orange. Quatrième

2369.

preuve.

A u m ê m e paragraphe 14, B E R R E D O dit encore :

« Cette borne n'était connue depuis plus d'un siècle que par les traditions anciennes successivement trans­ mises; mais elle a été retrouvée, en 1723, par J O A Õ P A E S DE

AMARAL,

capitaine d'une des compagnies d'infanterie

de la garnison de Para. » Et ce texte est encore répété par M M . L E S E R R E C , D E SAINT-QUANTIN, 2370.

D E B U T E N V A L E T D'AVEZAC.

M. le B A R O N

D EBUTENVAL

découvre dans ce

passage une confirmation de l'interprétation française du Traité d'Utrecht; car il dit, à la huitième séance : « Dès 1723, dix ans après Utrecht, nous trouvons un de nos gouverneurs, M. D ' O R V I L L I E R S , demandant compte, c o m m e d'une usurpation, à un gouverneur du Para de certains coups de main opérés sur la rive gauche du P i n s o n dans

2371.

les eaux

du Cap

du Nord.

Vincent

»

Mais cette assertion est convaincue d'inexacti­

tude par deux documents officiels, publiés par M. B A E N A , sous les n

os

VI et VII, dans son Discurso ou Memoria

du

§ 1953 : « Procès-verbal que le major F R A N C I S C O

D E MELLO

P A L H E T A a fait dresser de la visite aux bornes de séparation sur la montagne

d'Argent

le 13 mai 1727. —

Le treizième

jour du mois de mai de mil sept-cents vingt-sept, se sont rendus le major commandant la troupe garde-côte F R A N C I S C O D E M E L L O P A L H E T A avec toute sa troupe, et un souslieutenant d'infanterie de la garnison de C a y e n n e avec deux soldats siens, lequel était venu avec un détachement à un fort que les Français de C a y e n n e ont présentement sur les terres du Roi de France, situé sur la rivière Oyapock;

et ledit chef commandant, le lieutenant de la


( 288 )

e

21

LECTURE

§ 2372

troupe F R A N C I S C O X A V I E R , le sergent João F R E I R E , quelques soldats, et le père missionnaire et aumônier B E R N A R D I N O D E

S A N T A T H E R E Z A , ensemble avec ledit sous-lieutenant,

sont tous montés au haut de la montagne d'Argent, se trouve à l'embouchure de la rivière Oyapock,

qui

à main

droite en entrant, où avait été le capitaine J O Ã O P A E S

D O

A M A R A L , et où il avait dit que se trouvaient les armes du Roi de Portugal gravées sur des pierres, lesquelles armes servaient de démarcation ou séparation de l'une et l'autre couronne.... » (§§ 329-335) : « Procès-verbal que le capitaine commandant PINTO

DIOGO

D A G A I A a fait dresser le 10 juin 1728 de la visite

aux pierres du m o n t appelé d'Argent, l'embouchure de la rivière de Vincent

qui se trouve à Pinçon.

Le

dixième jour du mois de juin de l'an de la Naissance de Notre Seigneur Jésus Christ mil sept-cents vingt-huit, le c o m m a n d a n t se trouvant sur le m o n t appelé d'Argent,

se trouvent les pierres rayées, il s'est adressé aux soldats qui avaient accompagné le capitaine J O Ã O P A E S D O

AMARAL

et F R A N C I S C O D E M E L L O P A L H E T A , chefs garde-côtes, venus les dernières années au m ê m e m o n t où se trouvent les pierres qui ont été l'objet de la visite, et il leur a demandé si c'étaient bien là les m ê m e s pierres qu'ils avaient vues; à quoi ils ont répondu qu'oui.... » 2372.

Et la fidélité de ces deux documents brésiliens

est garantie par des témoignages français irréfragables : Par le C H E V A L I E R D E M I L H A U , rembarqué à C a y e n n e en 1727

avec le parti pris de nuire aux Portugais (§§ 337-

348); Par le docteur B A R R È R E , reparti de C a y e n n e en 1723, et qui aida de son mieux l'œuvre du C H E V A L I E R D E M I L H A U (§ 666); Par B E L L I N , ingénieur hydrographe du dépôt général de la marine, et qui, dans son aveuglement contre les Portugais, prit le Pirée pour u n h o m m e . (§§ 441-446).


§§

2373-2376 2373.

MILHAU,

e

21 L E C T U R E

( 289 )

dans le manuscrit du m u s é u m d'his­

toire naturelle de Paris du § 2132,

er

tome I , pages 71-73 :

« Notre Borne du côté de l'Est est donc a present le Cap d'Orange,

pays noyé pour la plus grande partie, et qui ne

commence à valoir quelque chose, qu'à la riuière pok.

d'Ouia-

Encore nous en dispute-t-on la proprieté, sur ce que

le n o m de cette Riuiere, a été mal marqué dans le dernier traité de paix. O n auoit m ê m e planté une Borne où estoient grauees les armes du Roy de portugal à l'endroit qu'on suposoit être les limites des deux colonies pour etablir r

cette pretention. Mais feu M . D ' O R U I L I E R S qui estoit dans ce tems là Gouuerneur de C a j e n n e , la fit enleuer, et fit retablir le fort qui estoit dans cette riuiere où le roy entre­ tient une petite garnison, qui est un demembrement de celle de Cajenne, pour conseruer nos droits. » 2374.

B A R R È R E , dans le livre du § 2140,

pages 28-29 :

« Les Portugais font toujours de nouvelles courses jusques auprès de C a y e n n e , & s'emparent insensible­ ment de toutes nos terres. Ils se sont avisés de venir en 1723 faire un abaty à Ouyapok,

où ils ont érigé sur un

poteau, les armes du roi de Portugal, & les ont m ê m e gravées sur des rochers. » 2375.

B E L L I N , page 22 : « E n 1723, ils [les Portugais]

sont venus faire un abbatis sur les bords de la riviére où ils ont érigé sur un poteau les armes du

d'Oyapoko,

roi de Portugal, et les ont m ê m e

gravées sur des

rochers. » 2376.

Donc,

BERREDO

déclare que la rivière de Vincent

porte chez les Français le n o m de Wiapoc; Wiapoc

est exclusif à la rivière du Cap

Pinçon

et le n o m de d'Orange.

Il déclare que la rivière de Vincent P i n ç o n offre à son embouchure une élévation; et, en allant de l'Ama­ z o n e vers l'Orénoque, le premier cours d'eau ayant une 19


e

( 290 ) élévation

21 L E C T U R E

§§ 2377-2378

à son embouchure, c'est la rivière du

Cap

d'Orange.

Il déclare que l'élévation existant à l'embouchure de la rivière de Vincent P i n ç o n fut visitée en 1723 par les Portugais du Para; et deux documents brésiliens offi­ ciels, pleinement confirmés par le témoignage le plus posi­ tif de trois Français notables, prouvent que le théâtre de cette visite fut la Montagne de la rivière du Cap

sur la rive

d'Argent,

gauche

d'Orange.

Il déclare que la rivière de V i n c e n t P i n ç o n se trouve à quarante

lieues portugaises du C a p N o r d , en allant de

l'Amazone vers l'Orénoque; et cette distance ne con­ vient qu'à la rivière du Cap

d'Orange.

Il déclare que la rivière de V i n c e n t P i n ç o n est située au Nord-Ouest du C a p d u N o r d ; et il place le C a p d u N o r d à la latitude septentrionale de deux

degrés

quarante

minutes.

2377.

La latitude d'un degré trente minutes,

la rivière de V i n c e n t P i n ç o n dans le livre de

donnée à BERREDO,

est donc évidemment fautive. Et ce n'est pas,

c o m m e dans le m e m o r a n d u m de 1699,

une faute de l'auteur. C'est évidemment une faute d'impression. Indépendamment de toutes les autres raisons qui font nécessairement du V i n c e n t P i n ç o n de B E R R E D O la rivière du C a p d'Orange, il est impossible qu'après avoir déclaré en détail, au paragraphe 5, que le V i n c e n t P i n ç o n se trouve quarante

du

Nord,

lieues portugaises

au

Nord-Ouest

que cette m ê m e rivière est située au Sud 2378.

du

Cap

le m ê m e auteur vienne dire au paragraphe 13,

S'étonne-t-on

que

de ce même

l'on n'ait pas

cap.

corrigé le

chiffre de 1°30', qui conduit à cet absurde? L'éditeur de BERREDO,

dans son Avertissement,

nous en explique la

cause, en ces termes : « L'impression de ces Annales aurait


e

§ 2379

21 L E C T U R E

( 291 )

été plus parfaite, si Dieu lui avait conservé la vie plus longtemps. » 2379.

Sans doute, il ne faut pas subordonner les

textes aux caprices de la fantaisie. Mais il ne faut pas non plus en faire des idoles et leur sacrifier l'évidence. Tout récemment encore, dans un excellent article sur l'expédition génoise de 1291 vers l'Inde, inséré dans les Nouvelles Annales

des Voyages

de Septembre 1859,

M.

D'AVE-

Z A C lui-même, faisant usage de la rectitude habituelle de son esprit, a montré que, pour mettre un texte de P I E R R E D'ALBANO

d'accord avec le témoignage fondamental de

J A C Q U E S D ' O R I A , il faut lire chez A L B A N O de

au lieu

tredecimo

trigesimo(*).

(*) L'auteur aurait p u citer u n autre exemple dans le passage sui­ vant de D'AVEZAC, Les Voyages

d'Améric Vespuce(Paris,

1858,

p. 179)

:

« M . D E V A R N H A G E N , qui lui-même a relevé des erreurs typographiques dans quelques chiffres de ENCISO, se montrera à coup sûr disposé à reconnaître que là o ù nous voyons le M a r a g n a n indiqué par u n e latitude de 7° 1/2, l'erreur est manifeste; et il est remarquable que les affinités paléographiques nous indiquent la restitution la plus plausible eu 2° 1/2, qui convient parfaitement à la latitude réelle d u fleuve M a r a g n a n . » Et D'AVEZAC ajoute : « Peu importe, il est à peine besoin de remarquer que ces chiffres soient traduits en toutes lettres dans les exemplaires où nous les trouvons rapportés : et il est évident que les n o m b r e s ainsi énoncés offrent simplement en pareil cas u n e lecture erronée des chiffres équivoques à l'égard desquels aura eu lieu la confusion. » Nous

trouvons d'autres erreurs de ce genre dans l'Instruction

nautique n° 574, G u y a n e

Française

et Fleuve

des

Amazones,

publié par le service des Instructions, sous le Ministère Amiral

GICQUEL DES TOUCHES, Ministre

de la Marine

du Vice-

et des Colonies

(Paris, Impr. Nationale, 1877, dernière édition). La Table des Positions de quelques points de la côte Nord Française

(p. 109)

du Brésil

et de la

Guyane

d o n n e les fausses latitudes suivantes :

C a p d ' O r a n g e , extrémité Nord 2°20'45". Ville de P a r a , quai

0°26'54".

Voici maintenant les latitudes vraies d'après M O U C H E Z (Positions


e

( 292 )

21

LECTURE

§§ 2380-2382

Or, s'il est permis de corriger u n auteur par u n autre auteur, à plus forte raison doit-on faire une correction impérieusement réclamée par l'auteur m ê m e . 2380.

Mais quelle pouvait être la latitude réellement

assignée par B E R R E D O 2381.

BERREDO

à la rivière de Vincent P i n ç o n ?

nous

dit, paragraphe

1421 : « A u

c o m m e n c e m e n t du mois d'avril 1701, A N T O N I O

D E

ALBU-

Q U E R Q U E reçut à M a r a g n a n des lettres de Portugal, avec la nouvelle de la renonciation conditionnelle de la F r a n c e aux vastes prétentions du M A R Q U I S

FERROL,

gouverneur

de l'île de C a y e n n e , sur la démarcation si disputée de nos limites, par un Traité provisionnel du 4 mars de l'année précédente; la m ê m e couronne ayant été convaincue par les preuves irrécusables de deux mémoires extrêmement érudits du comte D ' E R I C E I R A , F R A N C I S C O X A V I E R D E M E N E Z E S , et de G O M E S grande

FREIRE

vénération,

D EA N D R A D A , au

moment

que je lis avec une

même

que

j'écris ces

lignes. » Et d'autre part, D O M I N G O S T E I X E Y R A nous apprend que G O M E S F R E I R E D E A N D R A D A avait épousé une fille d ' A M B R O sio P E R E I R A 2382.

D E

BERREDO.

Il paraîtrait donc naturel de supposer

que,

pénétré de vénération pour le général A N D R A D A et uni à sa personne par les liens de la parenté, B E R N A R D O DE

BERREDO

PEREIRA

adoptait de confiance les indications de son

illustre prédécesseur dans le gouvernement du Para. Or, la latitude faussement attribuée par A N D R A D A

à la

rivière du G a p d'Orange, est indûment consacrée dans le m e m o r a n d u m de 1699, était celle de 2°50' Nord. (§ 1865).

géographiques

de la côte orientale de l ' A m é r i q u e du Sud,

Paris,

1868) : C a p d ' O r a n g e , 4°20'45"; Ville de P a r a , 1°26'54". Ces erreurs dans u n e instruction nautique et officielle rendent bien excusable la faute d u copiste de B E R R E D O O U de son i m p r i m e u r .


e

§§ 2383-2384 2383.

21 L E C T U R E

( 293 )

Mais le chroniste du Para fait acte de person­

nalité. Quoique A N D R A D A donne à la rivière du Gap d'Orange le n o m d'Ojapoc, Traité de 1700,

consacré dans le texte portugais du

B E R R E D O préfère la forme Wiapoc,

qui.

en

outre de l'avantage déjà remarqué de convenir également à la prononciation française et à la prononciation portu­ gaise, présente encore celui de rattacher le n o m de la rivière du C a p d'Orange à la forme primitive de K E Y M I S et de H A R C O U R T , longtemps unique en France. Quoique le m e m o r a n d u m de 1699 situe le C a p N o r d à peine à deux degrés

degrés, B E R R E D O

quarante

minutes,

le place à la latitude de deux

qui ne peut être que celle du

C a p N o r d portugais, c'est-à-dire la pointe Nord de l'île Maracá. 2384.

Or, en ajoutant à cette latitude de 2°40' Nord la

valeur de quarante lieues portugaises vers le Nord-Ouest, nous s o m m e s amenés à conclure que la latitude réelle donnée par B E R R E D O

à la rivière de V i n c e n t

Pinçon

était, non pas 1 degré 30 minutes, mais bien 4 degrés 30 minutes, —

c'est-à-dire la latitude si souvent assignée

à la rivière du Cap d'Orange par M. le B A R O N D E B U T E N V A L .


e

22 LECTURE

( 294 )

§§ 2385-2388

VINGT-DEUXIÈME

Intention

du

traité

LECTURE

d'Utrecht.

§§ 1793-1802.

2385. Les objections qui essayaient de détruire l'in­ terprétation brésilienne de l'article huitième du Traité d'Utrecht, sont toutes renversées. 2386. Terres du Cap du Nord, c'étaient celles de la G U Y A N E , m ê m e pour les marins français, m ê m e pour les auteurs français, m ê m e pour le Gouvernement Fran­ çais. (§§ 58-61, 187, 359-362, 1128, 1137-1141, 1220, 1231, 1232, 2073-2085). 2387. Terres du Cap du Nord c'était la partie de la G u y a n e du

confinant

à l'Amazone,

côté de l'Amazone,

opposition à la partie de la G u y a n e du côté de

par

l'Orénoque.

(§§ 1994-1995). 2388. Japoc est la forme proprement portugaise de YAPOC, introduite dans les deux textes du Traité d'Utrecht par les rédacteurs de ces deux textes, les plénipotentiaires portugais. (§§ 297-305, 2066-2070, 2099-2102).


§§ 2389-2394

e

22 L E C T U R E

Et le n o m de Yapoc

( 295 )

appartenait exclusivement au

fleuve du C a p d'Orange, et était plus connu en E u r o p e qu'oYAPOc. (§§ 306-317, 441-446, 960-966, 1143-1145, 21032107). Et l'étymologie du mot indien prouve que le fait de son application exclusive au fleuve du C a p d'Orange, est fondé sur le droit le plus légitime. (Lecture 18). 2389.

Si les Demandes

du Roi de Portugal,

spécifiques

présentées au Congrès d'Utrecht en 1712, ne donnaient à la rivière limite que le n o m de Vincent

Pinçon,

c'est

que ce n o m était le seul dont les Portugais se servaient pour désigner la rivière du Cap d'Orange. (Lecture 17, titre 34).

2390. le Vincent

Des Portugais Pinçon

et des Brésiliens

d'avec l'Oyapoc.

ont distingué

Mais, outre que leur

témoignage est très postérieur au Traité d'Utrecht, outre qu'ils n'ont fait une pareille distinction que par pure con­ fiance dans les auteurs français, ces Portugais et ces Bré­ siliens soutiennent formellement que la limite d'Utrecht est à l'Oyapoc, au fleuve du C a p d'Orange. (Lecture 19). 2391.

B E R R E D O dément lui-même l'opinion qu'on lui

prêtait. (Lecture 21).

2392.

Le fameux Memorandum

de 1699 ne paraissait

formidable que par l'oubli complet d'une foule de docu­ ments imprimés. (Lecture 20). 2393.

Le désistement des Portugais en 1732, est nul.

D'abord, ce ne fut pas le fait du Gouvernement, mais celui d'un simple gouverneur de province. Puis, ce désistement se bornait au Cachipour, tout à côté de l'Oyapoc. Et puis, il fut retiré immédiatement par son propre auteur. (§§ 371-374, 1128, 1164-1167.) 2394.

Le silence des Portugais et des Brésiliens

durant l'occupation du territoire en litige, à la fin du siècle dernier, n'est pas à invoquer.


e

( 296 )

22 L E C T U R E

§§ 2395-2399

Ce fut une occupation clandestine,

et dans de telles cir­

constances que, pour l'honneur de ceux qui l'ont conseillée, et de ceux qui l'ont ordonnée, il faudrait garder là-dessus u n silence éternel. (§§ 485, 489, 498, 542-546, 588-589, 1128,

1169-1170.)

2395. 17

e

La longue suite de faits concordants établie à la

lecture subsiste donc. Il demeure certain, inébranlablement certain, que le

sens

de l'article huitième

précis

du Traité d'Utrecht, est

que la F r a n c e se désiste, en faveur du Brésil, de toutes ses prétentions à la portion la rivière des Amazones

2396.

de

la Guyane

et la rivière du

comprise

entre

C A P D ' O R A N G E .

Or, l'article 107 de l'Acte de V i e n n e , l'article 2

de la Convention de Paris, et l'Accord de 1841, prescrivent d'effectuer la délimitation définitive de la G u y a n e F r a n ­ çaise et du Brésil conformément

au

ticle huitième

(§§ 858,930, 1050, 1051.)

2397.

du

Traité d'Utrecht.

SENS

PRÉCIS

de l'ar-

Mais on trouve maintenant que l'article hui­

tième ne suffit pas. Dès le début de sa conférence avec M . le V I C O M T E D E L ' U R U G U A Y , M. le B A R O N D E B U T E N V A L Protocoles

:

a dit, page 26 des

« Ce n'est pas le sens de l'article 8 seulement,

c o m m e on a coutume de le répéter, mais bien le sens et l'esprit du Traité d'Utrecht tout entier que les Plénipo­ tentiaires sont chargés d'interpréter. » 2398.

Eh bien, étudions également le sens et l'esprit

du Traité d'Utrecht tout entier. Ce ne sera pas long. Et ce sera très fructueux. 2399.

La Réponse Préliminaire

çais à M. le V I C O M T E

du Gouvernement Fran­

D E L'URUGUAY,

s'exprimait en ces

termes, pages 13 et 14 des Protocoles : « Les terres cédées


§ 2400

e

22

LECTURE

( 297 )

ou abandonnées par la France, en 1713,

à la couronne de

Portugal...., sont cédées à l'effet, plusieurs fois rappelé dans les articles suivants du Traité, de mettre un certain espace entre les possessions françaises de la G u y a n e et la rive septentrionale ou rive gauche de l'Amazone, dont nous avons reconnu, par le m ê m e Traité, que la navigation nous était interdite

Il existe aux environs du C a p d u

N o r d une Baie de Vincent Pinson

Or, on le demande,

n'est-il pas raisonnable et naturel de chercher la rivière de Vincent Pinson dans le voisinage de la Baie de Vincent Pinson? Cette limite ne remplit-elle pas l'objet que le Portugal avait en vue; n'éloigne-t-elle pas suffisamment les possessions françaises de la rive gauche de l'Ama­ zone; ne prévient-elle pas amplement le contact, les col­ lisions, les empiétements que les deux gouvernements se proposaient d'éviter? Et faut-il chercher péniblement ail­ leurs, contre toute raison, contre toute vraisemblance, une ligne de frontière qui dépasse le but? » 2400.

M. le V I C O M T E

D E L'URUGUAY

a répliqué avec

une grande solidité, page 24 des Protocoles : « E n admet­ tant c o m m e véritable l'intention qu'avaient les négociateurs portugais, et cette intention transpire dans tout le Traité, un cours d'eau qui se trouverait dans les parages du C a p d u N o r d ne la satisferait d'aucune manière. —

Il est re­

connu, par des explorations faites dans ces parages, qu'il y a (principalement dans la saison des pluies) une très facile communication par eau des rivières qui sont au Nord du C a p d u Nord, avec l'Araguary et avec l'embouchure de l'Amazone, par une succession de lacs et d'inondations formées par le débordement des rivières. Ainsi, une limite posée sur une des rivières qui sont près du Cap d u Nord, aurait ouvert pour le moins à de grands bateaux une navi­ gation que le Traité voulait fermer. C'est seulement l'Oyap o c k qui pouvait remplir les vues des négociateurs d'U­ trecht. » (§ 1232.)


e

( 298 )

22

2401. TENVAL

LECTURE

§§ 2401-2402

A cette puissante objection M. le B A R O N D E

BU-

a opposé les paroles qui suivent, page 142 des

Protocoles

:

« L'honorable Plénipotentiaire du Brésil a dit : « L'Araouari c o m m u n i q u e , dans ses crues, avec l'A« m a z o n e ; on n'a pas pu, pour consacrer votre exclusion de « l ' A m a z o n e , vous laisser pour limite un cours d'eau qui « vous y conduisait; donc l'Oyapoc du quatrième degré « et demi est votre limite. » « Le Plénipotentiaire de F r a n c e répond : « L'article 12 du Traité d'Utrecht porte que les «

çais

qui arriveraient

«

en seront

àl ' A m a z o n e ,du

Fran-

côté de C a y e n n e ,

exclus.

« Or, la navigation de l ' A m a z o n e appartenant seule« m e n t aux

riverains,

d'une part; de l'autre, la F r a n c e

« venant, par les articles précédents, de renoncer aux deux « rives de l ' A m a z o n e , — ou l'article 12 n'a aucun sens, ou il « se rapporte au cas de communications accidentelles entre « le fleuve limite et l ' A m a z o n e . —

Donc, on a pris pour

« limite, à Utrecht, u n fleuve qui a nécessité l'insertion de « l'article 12. —

Donc, le fleuve limite est, aux termes

« m ê m e s du Traité d'Utrecht, en communication « avec l ' A m a z o n e . —

possible

Donc, c'est et ce ne peut être que

« l'Iwaripoco, l ' A r a o u a r i », c'est-à-dire la prétendue « branche Nord de l'Araguari, le C A R A P A P O R I . 2402.

Et dans u n article sur les Protocoles,

décembre 1857

aux Nouvelles Annales

inséré en

des Voyages, M.

D E C I R C O U R T a ainsi apprécié, pages 265 et 266,

ADOLPHE

les efforts

de l'honorable Plénipotentiaire de F r a n c e : « Le point le plus solide de son argumentation consiste dans les précau­ tions que, de tout temps, le Gouvernement Brésilien voulut prendre pour empêcher les navigateurs français de pénétrer, en partant de leur frontière, dans les canaux qui forment le vaste système de l ' A m a z o n e ; n'était-ce pas implicitement reconnaître que cette limite, à laquelle s'ac-


e

§§ 2403-2407

22

LECTURE

299 )

cordaient les Portugais, se trouvait voisine des bouches de ce grand fleuve? car celles de l'Oyapock sont mani­ festement trop éloignées pour prêter matière à ce genre d'inquiétude. »

2403. solide

Mais voici la réplique du Brésil au point le plus

de l'argumentation de l'honorable Plénipotentiaire

de France. 2404.

Ce n'est pas seulement

le

Garapapori qui est en

communication

possible avec l ' A m a z o n e . Cette possibilité de

communication

s'étend, et de la manière

qu'à l ' O y a p o c , jusqu'au

2405.

fleuve du G a p

la plus facile, jus-

d'Orange.

Gela était extrêmement probable, d'après la pre­

mière partie de ces lectures, consacrée à la véritable défi­ nition de l'Oyapoc, et d'après la note de Pays

noyez

inscrite de l'Araguari au Cap d'Orange dans la carte de F E R R O L L E S . (§§ 9-13, 2215.) 2406.

Et c'est un fait, positivement constaté par des

témoignages irrécusables. Premier

2407.

KEYMIS,

Relation

témoignage.

de son

voyage

à

la

Guyane

en 1596, publiée à L o n d r e s en 1598. L'édition originale de ce travail doit être d'une grande rareté, puisqu'elle ne se trouve pas à Paris. Mais on en trouve la reproduction intégrale, — titre de « A Relation of the second Voyage to Guiana, and

written in the yeere 1596, by L A U R E N C E

KEYMIS

sous le performed Gent. »,

dans le troisième volume, pages 666-689, de la col­

lection de H A K L U Y T ,

imprimée à L o n d r e s en 1600, et

existant à la Bibliothèque Impériale de Pari s, Fol. O. 1189. (§ 2313.) K E Y M I S termine sa Relation par une

Table des rivières

de la G u y a n e , dans laquelle les cinq premiers n o m s sont


e

( 300 )

22 LECTURE

ceux-ci : Arowari,

Iwaripoco,

§ 2408

Maipari,

Caipurohg,

ARCOOA. Et par Arcooa

il entend le Ouassa,

affluent oriental de

la baie d'Oyapoc. M . D E SAINT-QUANTIN reconnaît cette identité, page 321 de la Revue Coloniale, 74 du tirage à part, en donnant le n o m de Ouassa

c o m m e s y n o n y m e de celui d ' A r c o a .

M . D'AVEZAC la reconnaît également en ces (page 220 du Bulletin

de la Société

de Géographie,

tirage à part), à propos de K E Y M I S précisément rivière Arcooa

termes 132 du : « Sa

de H A R C O U R T ) est celle qui, formée

(Arracow

de l ' A r a c o a et du Ouassa

des cartes nouvelles, tombe

aujourd'hui sous ce dernier n o m , dans la baie d'Oyapoc. » E h bien, K E Y M I S applique aux rivières Maipari, purogh

deux rivière

et Arcooa,

Cai-

la note suivante : « Celles-ci, avec les

autres, semblent être des branches » —

des Amazones.

de

la

grande

« These with the other two

seeme to be branches of the great riuer of A m a z o n e s . »

Deuxième

2408.

témoignage.

D'AVITY, en 1637, dans l'ouvrage constituant, à e

la lecture 17, le titre 2 du Brésil. Voici au complet le passage cité alors : « PAIS des CARIPOVS ou d'YAPOCO. Ce pays porte le n o m de ses habitans n o m m e z C a r i p o u s , & celui d ' Y a p o c o , à cause de la riuiere qui l'arrose. C'est celle que H A R C O U R T appelle W i a p o c o , par laquelle IL E N T R A dans l ' O r e l l a n e , ou

la Riuiere

des Amazones.

Nos Cartes l'appellent Vaja-

b o g o , dont l'embouchure est enuiron les quatre degrez du costé d u Nord. » Il n'est pas exact que H A R C O U R T ait pénétré l ' A m a z o n e par l'Oyapoc.

dans

Mais l'assertion de D'AVITY montre que de son temps on croyait à la possibilité du fait.


§§ 2409-2410

e

22

LECTURE

Troisième

2409. vations

témoignage.

« L ' A m é r i q u e Meridionale s

de Mr . de l'Académie

autres, & sur les Memoires Geographe.

( 301 )

Royale

dressée sur les Obserdes Sciences &

quelques

les plus recens. Par G. D E L ' I S L E

A Paris, chez l'Autheur, Rüe des Canettes p r é z de

t

S . Sulpice. Avec Privilege du Roy pour

20 ans. 1700. »

Bibliothèque Impériale de Paris, Département des Cartes, Chemise I. w . Légende à l'embouchure du Ouassa, de la baie d'Oyapoc : « Arcoa bras de celle des Amazones.

affluent oriental

R. que l'on croit être un

»

Quatrième

témoignage.

2410. M I L H A U , en 1732, tome second du manuscrit constituant, à la lecture 17, le 42 titre du Brésil. Pages 61 et 62. « Sans m'amuser a vous faire un eta­ lage des droits que nous auons sur la riuiere des ama­ zones je passe tout dun coup aux autres et je ne m e atta­ cherai qu'a celles qui sont les plus considerables du gouuernement de C a y e n n e et qui se trouuent a l'Ouest du e

cap

du nord.

La Riuiere de majakaré

est la premiere

qui se presente... La seconde est cachipour... La Riuiere de Corripi est la premiere qui se présente après le cap dorange... Outre ces trois riuieres principales on trouue celles de arricari,

Corassune,

mariee

Banare,

Clape-

et coanauuini qui n'ont point de sources particu­ lieres, ce ne sont que des Branches des trois premieres que jay n o m m e e s et a qui elles ne seruent que c o m m e des canaux par le m o y e n de qui le superflu de leurs eaux secoule dans la mer. »

pour

Or, la plus septentrionale de toutes ces rivières, celle de Corripi,

est l'affluent oriental de la baie d'Oyapoc

n o m m é par K E Y M I S Arcooa, d'hui

Ouassa.

par D E L I S L E Arcoa,

et aujour­


e

( 302 )

22 L E C T U R E

§§ 2411-2412

Gela est constaté par cette note du R. P. D E M O N T É Z O N , page 442 : « Les géographes donnaient jadis le n o m de Coripi au fleuve qui se jette dans la baie d'Oyapoc, vis-à-vis de l'Ouanari; l'Ouassa n'était qu'un affluent du Coripi. Parmi les modernes, on regarde plus c o m m u ­ n é m e n t le Coripi c o m m e u n affluent de l'Ouassa. » Cinquième

2411.

témoignage.

Vers l'année 1758, le père B E N T O D A F O N S E C A ,

procureur général des Jésuites de M a r a g n a n b o n n e , dans sa Chronique

à Lis­

citée au §2151.

de Maragnan,

Page 215 du tome second de M. M E L L O

M O R A E S : « On

peut dire que toute cette côte, depuis la rivière O y a p o c k jusqu'au fort de M a c a p á , n'a point de terre-ferme. Elle consiste entièrement

en

lacs immenses , émaillés de

quelques îles, et séparés les uns des autres par des terres noyées; de sorte que celui qui aura connaissance des criques, pourra faire route par lesdits lacs, sans sortir à la mer. » Sixième 2412. Guyane

« Observations Française,

les Indiens

sur

et sur

de cette colonie;

habitant

de Cayenne,

ture

département

du

témoignage. les nouvelles

le meilleur par

correspondant de

la Seine.

moyen

limites

de

la

de civiliser

JEAN-BAPTISTE

L E B L O N D ,

de la société

d'agricul-

» Dans le Moniteur

du

5 vendémiaire an XI, c'est-à-dire 27 septembre 1802 : « Des Portugais, bien instruits, n'ayant nul intérêt à déguiser la vérité, nous ont assuré que les navires du commerce de toute grandeur peuvent y entrer [dans la rivière d ' A r a g u a r i ] indifféremment par les deux bras [c'est-à-dire la grande embouchure de Ponta

Grossa,

et

le grand furo, plus au Sud] ; que cette rivière c o m m u n i q u e dans l'intérieur avec le M a c a p a par d'autres rivières et par des lacs. La m ê m e chose a lieu de notre côté par la


§§ 2413-2414

e

22

LECTURE

( 303 )

rivière de M a y a c a r é et autres. Le capitaine qui fut chargé de l'expédition dévastatrice dont il a été parlé plus haut, nous a raconté plusieurs fois, que lui et ses détachements avaient pénétré de l'Arouari jusqu'à l'Oyapoc, sans voir la mer et sans quitter leurs pirogues. » Septième 2413. ou

témoignage.

« Description abrégée de la Guyane

Tableau

des Productions

cette colonie, expliqué au moyen graphique

dressée par

d'une

Sa

dans

Majesté Louis la Guyane,

de

carte géologico-topo-

M. P O I R S O N , ingénieur-géographe;

M. L E B L O N D , Médecin-naturaliste, de

Française,

naturelles et commerciales

XVI,

pour

la recherche du

correspondant

par

pensionnaire-commissionné quinquina

de l'ancienne Académie

Sciences et de l'Institut, etc. Paris, A L E X I S

EYMERY,

des

et L E

N O R M A N T . 1814. » In-8°, 91 pages. Bibl. Imp. de Paris, Dép. des Cartes, B. 1546. Pages 29 et 30 : « Depuis la rive droite de la baie de l'Oyapoc jusqu'à l'Arouari, on peut aller en canots ou même

en pirogues d'une rivière à l'autre, à travers de

grands lacs dont cette vaste contrée est remplie, sans avoir aucune connaissance de la mer, dont les bords sont cou­ verts de forêts de mangliers. » Huitième 2414. de

La Guyane

« Journal

d'un

française,

témoignage. voyage

par

goëlette la Béarnaise. Février,

Dans les Annales Maritimes

sur la Côte

méridionale

C H . P E N A U D , commandant Mars

et Avril

et Coloniales

1836.

de 1836,

la »

seconde

partie, tome second. Page 460, décrivant l ' A r a g u a r i : « Parmi les nom­ breuses criques de la rive gauche, il en est probablement plusieurs qui doivent aboutir dans les hauts de M a n a y e et m ê m e arriver jusqu'à l'Oyapock. »


e

22

( 304 )

Neuvième 2415. tend

entre

cation

de

§§ 2415-2416)

LECTURE

témoignage.

« Mémoire

sur

l'Oyapok

et l ' A m a z o n e , et sur

l'Amazone

la partie

avec

de

le lac

la Guyane

Mapa

qui s'é-

la

par

communila

rivière

», signé par M . R E Y N A U D ,

alors enseigne

de vaisseau, aujourd'hui contre-amiral. —

Dans le Bulle-

Saint-Hilaire

tin

de la Société

Page

de Géographie

de Janvier 1839.

de Paris,

10, se rapportant aux terres comprises entre

l'Oyapoc et le C a p d u N o r d : « A partir de la rivière de le pays tout entier est si peu élevé, que dans le

Roucaoua,

temps des pluies il se transforme en u n lac i m m e n s e sur lequel les canots des I n d i e n s circulent sans difficulté dans toutes les directions. » Or,

à la portugaise Rucauá,

Roucaoua,

rèse d'Arucauá,

c o m m e Yapoc

est une aphé­

l'est d'Oyapoc.

La forme

complète a été employée en 1795 par le pilote portugais J O S É L O P E S D O S S A N T O S , dans la brochure de M . B A E N A du § 1953, doc. XXIII. M . D E S A I N T - Q U A N T I N M . D ' A V E Z A C , Aracoa.

écrit

Arocaoua,

Et chez les uns et chez les autres,

c'est le m ê m e n o m que l'Arcooa

de K E Y M I S et l'Arcoa

de

D E L I S L E ; avec la seule différence que jadis ce n o m dési­ gnait le Ouassa

actuel, l'affluent oriental de la baie

d'Oyapoc, et qu'aujourd'hui il est restreint au bras occi­ dental de ce m ê m e

Ouassa. «

Dixième 2416. trionale M.

« Instructions du

Brésil

L. T A R D Y

Brésil

pour

et dans

ordre du

et Coloniales

naviguer

sur

la côte septen-

le fleuve des Amazones.

D EM O N T R A V E L .

(Inséré par

Maritimes

témoignage.

Pour

faire suite au

ministre.)

Par

Pilote

» — Dans les

du

Annales

d'avril 1847, tome 100 de la col­

lection; tiré à part, en juillet de la m ê m e année.


e

§§ 2417-2418

22 L E C T U R E

( 305 )

Page 591 des Annales, 47 du tirage à part (*) : « Parmi plusieurs rivières qui se jettent dans l'embouchure

du

fleuve [des A m a z o n e s ] entre la pointe Pedrera et le cap d u Nord, la principale est celle d'Araouary, que l'on croit communiquer par des canaux intérieurs avec celle d'Oyapock (**). »

Onzième 2417.

«Considérations

l'élude et la colonisation M. le

TARDY

générales de

D E M O N T R A V E L ,

12 septembre

niales

témoignage. sur

la Guyane capitaine

la

délimitation,

Française de

1845. » Dans les Annales

;

corvette. Maritimes

Paris, et Colo-

de 1847, tome 103 de la collection; et dans la

Coloniale

par

Revue

d'août 1847.

Page 174 des Annales,

412 de la Revue. « Il est démon­

tré, par une expérience presque journalière, que les In­ diens de la G u y a n e communiquent avec l'Amazone par la rivière d'Oyapock. » Douzième 2418.

« Recherches

Guyane

Française

sur

avec

tions qui s'y rattachent

la fixation le Brésil,

», par

T I N . Publié dans la Revue 1858,

témoignage. des

limites de

et sur quelques

la

ques-

M. A L F R E D D E S A I N T - Q U A N -

Coloniale

d'août et septembre er

avec un avant-propos daté de C a y e n n e le 1 no­

vembre 1850; tiré à part, avec un autre avant-propos, daté de Versailles le 14 septembre 1858, et sous cet autre titre : « Guyane zone,

par

Française.

Ses limites vers

A. D E S A I N T - Q U A N T I N , chef de bataillon du

Avec huit cartes explicatives. Paris,

Imprimerie

l'Amagénie.

administra-

(*) Pages 58-59 de la dernière édition (1877) de l'Instruction, n° 574, Guyane Française et Fleuve des Amazones. (**) Et avec le lac M a p a au Sud de la G u y a n e (éd. de 1877). T.

II

20


e

( 306 )

22

tive de Paul

Dupont,

LECTURE

§§ 2419-2420

Rue de Grenelle-Saint-Honoré,

45. 1858.

»

In-8°, 112 pages. Page 304 de la Revue

Coloniale,

57 du tirage à part. « E n

arrière de la zone des palétuviers du territoire contesté, l'on rencontre la partie peut-être la plus couverte d'eau de cette G u y a n e si marécageuse. Pendant la saison des pluies, les issues que les eaux se sont frayées ne suffisent plus à l'écoulement du trop-plein des lacs, qui forment alors par leurs débordements une nappe presque continue. E n sorte, dit L E B L O N D ,

que depuis l'Oyapock jusqu'à

l'Arouari l'on peut aller en pirogue sans avoir connais­ sance de la m e r (*). » 2419.

Concluons maintenant.

2420.

Le but essentiel du Traité d'Utrecht, —

proclamé par le Traité m ê m e , dans les articles x, xi et xii,

but —

proclamé par le G o u v e r n e m e n t Français, dans la Ré­ ponse Préliminaire de 1855, —

proclamé par l'honorable

Plénipotentiaire de F r a n c e , dans la conférence qui suivit cette réponse, — tugal,

aujourd'hui

la rivière

des

a été d'Assurer au Brésil,

L A

exclusivement

N A V I G A T I O N

au

E T L'USAGE

Porde

Amazones.

Dans les vastes déserts de la rive gauche de l'Ama­ z o n e , ce but ne pouvait être atteint en 1713, ne peut être atteint aujourd'hui encore, qu'en arrêtant les C a y e n n a i s en dehors des communications aquatiques qui mèneraient clandestinement dans le beau fleuve ambitionné par eux

(*) ÉLISÉE R E C L U S , Nouvelle 1894,

page 26 : —

Géographie

Universelle, t o m e X I X ,

« A u n e é p o q u e relativement récente, cette zone

des eaux douces se prolongeait b e a u c o u p plus au N o r d , jusqu'à l ' O y a p o k , et les bateliers pouvaient faire u n voyage de plus de trois cents kilomètres c o n s t a m m e n t par les lacs, les rivières et les b a y o u s entre l ' A m a z o n e et la G u y a n e Française.... »


e

§ 2421

22 L E C T U R E

( 307 )

avec tant d'ardeur et de persévérance depuis le M A R Q U I S DE

FERROLLES. Persuadé que le Carapapori est le terme d e ces com­

munications, l'honorable Plénipotentiaire de France tient pour incontestable que le fleuve limite stipulé à Utrecht est

et ne peut étre que le

Carapapori.

Mais il est avéré, par le témoignage de K E Y M I S e n 1598, par celui de D ' A V I T Y en 1637, graphe D E L I S L E en 1700,

par celui de l'illustre géo­

qu'à l'époque du Traité d'Utrecht

on croyait que le fleuve du C a p d'Orange était e n com­ munication possible avec l'Amazone. Et il est avéré également, par les témoignages d e M i l h a u , de Fonseca, de L E B L O N D , de M. P E N A U D , de M . R E Y N A U D , de M. D E M O N T R A V E L , de M. D E S A I N T - Q U A N T I N , que cette croyance était fondée. Tout le territoire au Sud

de l'Oyapoc

facilité à des communications l'Amazone,

aquatiques

prête la plus clandestines

grande avec

sinon par des voies permanentes, du moins par

des voies périodiques se renouvelant chaque année. 2421.

Donc,

Le sens et l'esprit du Traité d'Utrecht tout entier jus­ tifient, de la manière la plus éclatante, l'interprétation brésilienne de l'article 8. Le fleuve stipulé à Utrecht pour assurer exclusive­ ment

au Brésil la navigation

et l'usage de

n'est, Ni le Carapapori, Ni le M a p á , Ni le M a y a c a r é , Ni le C a r s e v e n n e , Ni le Conani, Ni le Cachipour. C'est et ce ne peut être que

l'Oyapoc.

l'Amazone


23

( 308 )

e

§ 2422

LECTURE

VINGT-TROISIÈME

LECTURE

Wilson.

§§ 1752, 1790, 1836.

2422. bien

Restent

encore

trois

arguments

français,

et

considérables :

L'ancien

lequel la du G a p rivière

témoignage

rivière

de

de V i n c e n t P i n ç o n

d'Orange, attendu du

l'Anglais W I L S O N , d'après

G a p d'Orange

n'aurait p u

être celle

que le n o m e s p a g n o l aurait

de la

été Rio d e C a n o a s ;

L'opinion de L A CONDAMINE, d'après laquelle la rivière

de V i n c e n t

Pinçon

n'aurait

p u être

d ' O r a n g e , a t t e n d u que d ' a n c i e n n e s

nations,

et d'anciens a u t e u r s

celle du C a p

cartes de t o u t e s les

Espagnols

placent la rivière de V i n c e n t P i n ç o n tout

et Portugais à

côté du C a p

du Nord; Le v o y a g e d e V i N C E N T

du

découvreur

rivière

espagnol

P I N Ç O N , d'après lequel le n o m n'aurait

du C a p d'Orange,

attendu

p u être

appliqué

à

la

que cette rivière n'au­

rait pas été visitée par V I N C E N T P I N Ç O N .


e

§§ 2423-2426 2423.

23 LECTURE

( 309 )

O n a voulu tirer parti de ces trois objections

pour justifier l'interprétation française du Traité d'Utrecht. Mais ces nouveaux chefs d'argumentation se trouvent, en réalité, dans le cas des plaidoiries sur l'Amazone, auxquelles ont été consacrées une grande partie de la septième lecture (§§ 656-704), une grande partie de la onzième lecture (§§ 1075-1094), et la totalité des lectures 14 et 15. La véritable, l'unique portée de ces arguments, ce serait d'établir que le Traité d'Utrecht, en identifiant la rivière de Vincent Pinçon avec l'Oyapoc, a fait une erreur énorme, au détriment de la France. Leur but n'est pas

d'interpréter,

mais de

déchirer

le

Traité d'Utrecht, afin d'obtenir un nouvel instrument, qui rapproche définitivement de l'Amazone la limite de la G u y a n e Française. Ils sont donc, au fond, un h o m m a g e rendu par la France à l'interprétation brésilienne du Traité d'Utrecht. 2424.

En ce qui regarde la limite

maritime

STIPULÉE

A U T R E C H T , la tâche d'un simple m e m b r e de l'Institut Historique et Géographique du Brésil est donc achevée. Soit par l'étude du sens précis de l'article 8 du Traité d'Utrecht, soit par l'étude du sens et de l'esprit du Traité tout entier, il demeure établi que Traité d'Utrecht

est la rivière du

le Vincent

CAP

Pinçon

du

D'ORANGE.

2425. Mais pour la satisfaction complète de la science, et c o m m e chapiteau de la colonne, déterminons également quelle était, avant le Traité de 1700, base de celui d'Utrecht, la véritable rivière de Vincent Pinçon. 2426. L'honorable M. D'AVEZAC, dans son travail de 1857, page 226 du Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 138 du tirage à part, a imprimé en toutes lettres, qu'en donnant à la rivière du Cap d'Orange le double nom

de

Rio

Oyapoc

ou

de

Vicente

Pinçon,

les

Bré-


e

( 310 )

23 LECTURE

§§ 2427-2428

siliens se rendent coupables d'un « mensonge phique

géogra-

».

Et dans sa seconde carte, intitulée « Esquisse des bouches de l ' A m a z o n e et des côtes voisines pour servir à la recherche de la situation véritable de la rivière de V i n c e n t P i n ç o n », le docte critique prodigue le n o m de

Vincent

Pinçon

au P a r a n a h i b a , au bras occidental

de l'Amazone, à l'Araguari, au Carapapori, au Carsev e n n e , au Conani, au M a r o n i , —

à tout, excepté à

l'Oyapoc.

Nous nous convaincrons que l'honorable critique fait en cela c o m m e ceux pour qui tout était Dieu, excepté Dieu lui-même. 2427.

Débarrassons-nous d'abord de WILSON, de cet

Anglais produit avec tant de confiance par M . D'AVEZAC. 2428.

W I L S O N était u n des colons arrivés à l'Oya-

p o c le 15 janvier 1605, pour renforcer le petit établis­ sement fondé le 22 mai 1604 par CHARLES LEIGH. (§§ 16, 1600.) Il habita la rive gauche du fleuve du C a p d ' O r a n g e jusqu'au 31 mai 1606. De retour en Angleterre, il écrivit l'histoire malheu­ reuse de la colonie dont il avait été m e m b r e . Son récit fut inséré, en 1625, dans le tome quatrième du recueil de PURCHAS (§ 2318), pages 1260-1265, sous ce titre : « Essex, Wiapoco

The Relation

of Master

one of the last ten that in Guiana

1606. ». —

IOHN WILSON returned

of Wansteed

into England

in from

« Relation de maître JEAN

WILSON, de W a n s t e e d dans l'Essex, l'un des dix der­ niers qui sont revenus en A n g l e t e r r e du

Wiapoco

dans

la G u i a n e , 1606. » Et on lit dans cette relation que CHARLES LEIGH et ses premiers colons firent route « vers le

Wiapoco

sur la


e

§ 2429

23

LECTURE

( 311 )

côte de la Guiane, que les Espagnols appellent Ri­ vière de of Guiana, 2429.

Canoas.

»—

« towards

Wiapoco

on the Coast

which the Spaniards call Riuer of

Canoas.

»

M. D'AVEZAC, en 1858, page 256 du Bulletin,

128 du tirage à part, conclut de ce témoignage

direct et

« que le n o m indigène d'Oyapoc avait, pour les

formel,

E u r o p é e n s , une synonymie connue et certaine, exclu­ sive du n o m de Vincent Pinçon. » Mais une pareille conclusion dépasse les prémisses. A u lieu de pour ment pour

maître

les Européens,

il fallait dire simple­

JEAN WILSON.

Or maître JEAN WILSON peut bien avoir été u n habile ouvrier; mais, en histoire et en critique, il était loin d'être maître. Il dit que le bâtiment sur lequel CHARLES LEIGH se rendit à l'Oyapoc s'appelait

le Phénix;

et CHARLES LEIGH

déclare lui-même, dans PURCHAS, que ce navire s'ap­ pelait

the Olive Plant,

l'Olivier.

Il dit que CHARLES LEIGH mouilla dans l'Oyapoc le 20 mai; et CHARLES LEIGH déclare lui-même que ce fut le 22. Il dit que CHARLES LEIGH et ses premiers colons arri­ vèrent à l'Oyapoc le vingt

mai suivant;

et il n'indique

ni le mois, ni l'année de leur départ d'Angleterre. Il dit que, de retour d'une expédition à la rivière de C a y e n n e , les Anglais de l'Oyapoc apprirent des In­ diens, que trois navires hollandais étaient mouillés dans l'Amazone, et que l'un de ces navires visiterait leur colonie dans deux mois environ, ce qui se trouva vrai ; et il ajoute : « Mais je n'ai pu m'imaginer par quel m o y e n ils l'avaient su; à moins que ce ne fût au m o y e n de leur démon, qu'ils appellent Payé.

» —

« But by what

meanes they k n e w it J could not imagine, except it were by their diuels meanes, which they call

Peyar.

»

Dans de telles conditions, il n'y avait pas à attendre


e

( 312 )

23

LECTURE

§§ 2430-2432

de maître JEAN une parfaite exactitude sur un point qui n'était pas du ressort des yeux. Et en effet, le témoignage

direct et formel

sur la valeur du n o m de Rivière de

de WILSON, est faux,

Canoas,

c o m m e le sont tant et tant de fois les témoignages directs et formels des ignorants. 2430.

E n voici la preuve.

2431.

Le capitaine KEYMIS, dans sa liste complète des

rivières du littoral de la G u y a n e , publiée en 1598 et réimprimée par HAKLUYT en 1600 (§ 2313), nous offre, sous les n

os

6, 7 et 8, ces trois n o m s :

Wiapoco, Wanari, Capurwacka.

M. DE SAINT-QUANTIN, page 321 de la Revue Colo­ niale, 7 4 du tirage à part, reconnaît que ces trois n o m s correspondent à Oyapoc, Ouanari, Approuague.

Et dans toutes les cartes de la G u y a n e , y compris le n° 2 de M. DE SAINT-QUANTIN, on voit qu'entre les rivières O y a p o c et A p p r o u a g u e il n'existe que celle de Ouanari.

2432.

Consultons maintenant la carte suivante, gravée

dans l'année intermédiaire à la première édition de KEYMIS et à sa reproduction dans HAKLUYT, et appartenant à l'opus­ cule du paragraphe 2312 : « ricæ

Partis

regnum

Australis.

novum,

et Peru.

Et

Patagonũ

&

sub

Quæ

Nova

et exacta

est Brasilia,

Fretũ

Capricorni

Magellainũ.

Guiana

Insulæ

Antillas

Chile,

Noribergæ

Ame-

Caribana,

Castilia del Oro, Nicaragua, Tropico

Delineatio

Rio

per

della

LEVINUM

Plata, HUL-

SIUM, 1599. » A la place des trois n o m s de

KEYMIS rapportés ci-

dessus, LEVINUS HULSIUS nous donne ceux-ci :


§§ 2433-2435 Waiapago Rio

e

LECTURE

est

évidemment

23

( 313 )

Fl.,

de

Canoas,

Caperwacka.

Caperwacka

le

Capurwacka

de

KEYMIS, c'est-à-dire l'Approuague. Waiapago,

que nous avons déjà vu à la lecture 18,

paragraphe 2261, est évidemment le Wiapoco

de KEY-

MIS, c'est-à-dire l'Oyapoc, puisqu'il se trouve sous le Cap

de

la Corde,

ancien n o m du Gap d'Orange (§ 2312.)

Qu'est-ce donc que

Rio

de

C'est, nécessairement, le Ouanari

2433.

Canoas? Wanari

de KEYMIS, le

actuel. Rio

de

Canoas

n'était donc pas

l'Oyapoc.

Le témoignage de WILSON, tout direct et formel qu'il est, ne prouve donc pas que l'Oyapoc ne fût la véritable rivière de Vincent Pinçon. 2434.

Nous pourrions en laisser là maître WILSON.

Mais il ne sera pas inutile d'expliquer la méprise de ce brave h o m m e . 2435. Dans une lettre adressée par CHARLES LEIGH à son frère OLAVE LEIGH le 2 juillet 1604, et publiée également par PURCHAS, tome quatrième, pages 12521255, le chef de la première colonie anglaise de l'Oya­ poc décrit lui-même, en ces termes, la position de cette colonie : « La situation de nos maisons est dans le lieu le plus agréable et le plus fertile de tous ceux qu'habitent les Indiens. Et c o m m e c'est un petit village de six ou sept maisons, et le premier lieu de notre établissement, je l'ai n o m m é Principium. Il se trouve sur une colline appartenant à la montagne à l'Ouest de l'entrée du fleuve [Wiapoco]; et j'ai donné à cette colline le n o m de Mont Howard

A l'Ouest du M o n t H o w a r d coule la rivière

Iotrameleighe, appelée par les Indiens Wanarie ». — « The situation of our Houses is in the pleasantest


e

( 314 )

23

LECTURE

§§ 2436-2437

and most fruitfull place of all their habitations. A n d because it is a small Village of six or seuen houses; and the first place of our setled aboad J haue n a m e d it Princ i p i u m : the Hill on which it standeth being part of the Mountaine

on the W e s t

side of the entrance of the

Riuer, I haue n a m e d M o u n t H o w a r d side of M o u n t H o w a r d

runneth

O n the W e s t

the Riuer Iotrame-

leighe, by the I n d i a n s called Wanarie. 2436.

»

Comparons cette description avec une bonne

carte de ces parages, avec la carte n° 2 de M . DE SAINTQUANTIN. Et nous découvrirons que la colonie de LEIGH trouvait établie à l'extrémité occidentale entre l'Oyapoc

et le Ouanari,

du mont

mais

se

Lucas,

plus près

du

O u a n a r i , plus près de la rivière portant alors sur quel­ ques cartes le n o m espagnol de Rio 2437.

de

Canoas.

La petite colonie anglaise se trouvait donc,

dans la stricte vérité, sur le bord droit de la rivière de Canoas.

Mais elle n'était qu'à une lieue de l'Oyapoc;

pour y

parvenir, il fallait parcourir en entier la baie d ' O y a p o c ; et l'Oyapoc

était une grande rivière, connue de tout le

m o n d e , tandis que le Ouanari,

jusqu'alors obscur, était

si peu de chose que HARCOURT ne lui accordait que le n o m de crique. Dans le langage ordinaire, on plaçait donc indistinc­ tement la colonie de CHARLES LEIGH, tantôt sur la rivière de Canoas,

tantôt sur

l'Oyapoc.

Et maître JEAN WILSON, se réglant uniquement sur ses oreilles, sans se préoccuper du contrôle des cartes, s'imagina qu'Oyapoc

et Rivière

seule et m ê m e rivière.

de

Canoas

étaient une


§ 2438

e

24 LECTURE

VINGT-QUATRIÈME

Les anciennes

( 315 )

LECTURE

cartes et les anciens

marquant de la rivière de

ta

auteurs

situation

Vincent

Pinçon.

§§ 382-391, 1233, 1789, 1816-1835, 1856-1863, 2142.

2438.

Nous voici face à face avec LA CONDAMINE.

Ce fameux académicien prétend que dans le Traité d'Utrecht la rivière d'Oyapoc « fut mal-à-propos confon­ due avec la rivière de Vincent Pinçon, qui est beaucoup plus au Sud » ; et il invoque en faveur de son opinion les anciennes cartes et les anciens auteurs. Voyons en détail ces graves documents, c'est-à-dire les cartes et les auteurs marquant la situation de la rivière de Vincent Pinçon avant le Traité primordial du 4 mars 1700 (*).

(*) La relation que donne l'auteur est très intéressante et témoigne des recherches qu'il a dû faire pour présenter, le premier, de si n o m b r e u x documents. Mais il n'a p u visiter toute l ' E u r o p e , son travail a été terminé en 1861, et, depuis cette date, les études sur la cartographie américaine ont fait des progrès remarquables, u n grand n o m b r e de documents manuscrits d u xvi et d u xvii siècle e

e


( 316 )

24

e

LECTURE

§ 2439

E n 1529. 2439.

DIOGO RIBEIRO, Portugais au service de l'Es­

p a g n e , où l'on donnait à son n o m la forme espagnole DIEGO RIBERO. Grande m a p p e m o n d e de 2 mètres de long sur 87 cen-

ont été découverts, catalogués o u décrits, et plusieurs ont été m i s à la portée de ceux qui s'adonnent à ce genre d'études, soit à

l'occa­

sion d'expositions géographiques, soit par des reproductions répan­ dues par les

différents procédés graphiques. U n e des plus belles

expositions de cartographie américaine est celle qui a été organisée en 1892, à la Bibliothèque Nationale de P a r i s , par M . G A B R I E L M A R C E L . Plusieurs des cartes exposées alors ont été réunies en Atlas. M . H E N R I HARRISSE, de son côté, a publié u n grand n o m b r e de cartes améri­ caines de la première moitié d u

e

xvi

siècle et des travaux

d'une

grande valeur sur l'histoire géographique d u N o u v e a u M o n d e . P a r m i les cartes qu'il a fait connaître, il s'en trouve u n e de 1523, de la Bibliothèque

Nationale

de T u r i n , o ù

la rivière de Vic

( P i n z o n ) est placée e n b o n n e position p o u r

tianes

la cause brésilienne.

M ê m e l'énumération de cartes i m p r i m é e s q u e fait ici l'auteur pour­ rait être considérablement a u g m e n t é e . O n peut affirmer q u e presque toutes les cartes, manuscrites o u gravées, antérieures au Traité d ' U t r e c h t , placent la rivière de Vincent

Pinson

à de telles distances de l ' A m a z o n e , n o m m é

les premiers t e m p s Marañon, Vincent

Pinson

dans

qu'il est impossible d'identifier ce

avec l ' A r a g u a r y , affluent d u grand fleuve.

D'ailleurs, la question d u

Vincent

Pinson

primitif

n'a pas

u n e importance capitale d a n s ce débat. L'important est de détermi­ ner la position d u Vincent

Pinson

Traité de 1713. L e B r é s i l

maintient q u e ce Japoc

Pinson

est l ' O j a p o c

p o c o u Vincent

ou Vicente

Pinson

ou Japoc Pinson

de l'Article VIII d u ou

Vincent

(texte portugais), O y a ­

(traduction officielle française) d u Traité

de 1700; q u e ce ne peut être a u c u n e autre rivière, et m o i n s encore l ' A r a g u a r y , dont le n o m

est répété quatre fois dans le Traité de

1700 et cité u n e fois dans le Traité de 1713, à propos d u fort portu­ gais situé sur sa rive gauche. Quelle que fût primitivement la situa­ tion d u n o m Vincent

Pinson

sur les cartes de la G u y a n e , le roi

d ' E s p a g n e et de P o r t u g a l , souverain de toute cette région, avait fixé ce n o m , en 1637, sur u n e rivière débouchant dans la m e r séparée

du

Cap

du

Nord

par u n e côte maritime

40 lieues portugaises de 17 1/2 au degré.

de

et

30, 35 o u


e

§§ 2440-2441

24 LECTURE

timètres de haut : «

Carta

todo lo que del mundo

se ha descubierto

DIEGO RIBERO cosmographo Sevilla.

( 317 )

Universal

en que se

contiene

fasta agora.

de Su Majestad

anno

Hizola

de 1529,

»

Conservée aux archives de la propagande à R o m e , et à la bibliothèque grand-ducale de W e i m a r . Publiée, quant à la partie américaine, dans l'opuscule suivant : « Ueber J. Ribero's atteste Weltcharte von M. C. SPRENGEL. W e i m a r , in Verlage des Jndustrie-Comptoirs. 1795. » In-8°, 77 pages. En m a possession. En 1544. 2440. SÉBASTIEN CABOTO, dont le n o m se prononçait GABOTO, à la vénitienne. Grande mappemonde de 1 mètre 47 centimètres de long sur 1 mètre 12 centimètres de haut; sans titre, mais garnie de notes marginales, dont la 17 porte cette décla­ e

ration : « Sébastian S. C. C. m. nuestro

Caboto

del Imperador

sennor

capitan, Carlos

y piloto mayor

quinto

de nombre,

hizo esta figura extensa en piano,

n a s c i m ° de nrõ saluador

Iesu Christo de M.D.XLIIII

dela y Rey

anno

del

annos.

»

Construite en E s p a g n e dans l'année 1544, c o m m e il est constaté par la note ci-dessus; mais publiée pour la pre­ mière fois en novembre 1553, à Londres.

Exemplaire, peut-être unique, à la Bibliothèque Impé­ riale de Paris, Département des Cartes, Rouleau 2. Reproduit en fac-similé, en 1856, dans les « ments

de la Géographie

Monu-

» de M. JOMARD.

Entre 1547 et 1559. 2441. Henri

Mappemonde

peinte

sur parchemin

par ordre de

II, Roi de France (*)

(*) Cette carte porte l'inscription suivante : « Faictes à par

PIERRE DESCELIERS,

presb

re

Arques

1546. C'est M . CHARLES H . COOTE,


e

( 318 )

24 LECTURE

§§ 2442-2443

E n la possession de M . JOMARD. Publiée en fac-similé par le m ê m e savant dans ses « Monuments

de la Géographie.

»

E n 1559. 2442.

A N D R É H O M E M , Portugais.

Atlas en dix feuilles, dont la dernière porte cette inscription : « faciebat

Andreas

Antverpiæ

quagessimo,

nono.

Homo

Anno

Cosmographus

millessimo

Luzitanus

quingentessimo

me quin-

»

Inédit. Dépôt géographique et topographique du ministère des Affaires Étrangères, à Paris. E n 1569. 2443.

GÉRARD MERCATOR, F l a m a n d .

Grande m a p p e m o n d e de 2 mètres de long sur 1 mètre 24 centimètres de haut, avec ces trois inscriptions : — « Nova

et aveta

orbis terrae descriptio

ad vsvm

nauigantium

d u British M u s e u m , qui a p u découvrir e n 1 8 7 7 cette légende, assez effacée, dans u n recoin de la carte, dessinée, c o m m e o n le voit, sous er

FRANÇOIS I , et n o n pendant le règne d'HENRI II, c o m m e

le croyait

JOMARD. Le DESCELIERS de 1 5 4 6 est, depuis quelques années, la propriété de L O R D C R A W F O R D D E B A L C A R R E S , qui vient de publier (1899), avec u n e savante introduction de M . C O O T E , des fac-similés de cette pièce et de d e u x autres oeuvres d u m ê m e cartographe : — monde

Une

Mappe-

a n o n y m e et n o n datée, m a i s qui parait être de 1536, selon le

Catalogue d u British M u s e u m , o u , plus probablement, de 1542, selon M . H E N R Y HARRISSE (n° 5 4 1 3 d u Cat. d u B. M . ) ; et u n e autre

Mappe-

monde,

Desce-

avec cette légende : « Faicte re

liers, Pb ,

lan 1 5 5 0 —

a Arqves

(British M u s e u m ,

par

Add.

Pierres

M s . 24.065).

Le

cours de l ' A m a z o n e figure déjà sur cette dernière carte, et sur la côte de la G u y a n e o n voit, dans u n e position qui serait plutôt celle de l ' O y a p o c q u e de l ' A r a g u a r y , la rivière de

Vincente.

Il y a encore u n e autre M a p p e m o n d e de DESCELIERS, datée de 1553, laquelle se trouvait à V i e n n e d a n s u n e collection privée. O n ignore ce q u e ce d o c u m e n t est devenu.


e

§§ 2444-2445 emendatè

24

accommodata

cipi ac Domino, Comiti hoc

». —

D: Wilhelmo

Marchiae

felicibus

LECTURE

« Illustriss : et elementiss : PrinDuci

et Ravensbvrgi, eivs

auspicijs

hoc Duysburgi

Jvliae Clivorvm Domino

an : D :

»—

1569

et Montis,

in Ravenstein,

inchoatum

GERARDUS MERCATOR dedicabat. opus

( 319 )

atque

« Aeditum mense

autem

est

» Bibl.

Augusto.

Imp. de Paris, Dép. des Cartes, Collection

opus

perfectum

Klaproth,

N° 147. Exemplaire peut-être unique (*).

En 1570. 2444. «

ABRAHAM ORTELIUS, F l a m a n d .

Theatrvm

Orbis Terrarvm.

l'avant-propos, « ABRAHAMVS —

»—

ORTELIVS,

A la fin du volume, « Auctoris

absolutumque

apud

Aegid.

A la dédicace et à Antverpianus.

ære &

Coppenium

cura

Diesth,

»

impressum Antverpiae

» In-folio. Bibl. du Dépôt Général de la Marine

M.D.LXX.

à Paris. 3875. Bibl. Mazarine, 4897; superbe exemplaire. re

Carte 1

e

:«Typvs

Carte 2 : «

orbis terrarvm

A m e r i c æ sive novi

orbis, n o v ã descriptio. »

En 1575. 2445.

ANDRÉ THEVET, Français.

« La Cosmographie graphe

Universelle d ' A N D R É THEVET

Cosmo-

du Roy. Illustree de diverses figures des choses

remarquables

veuës par l'Auteur, & incogneuës

&

Paris,

Modernes.

de noz

plus

Anciens

1575. » 2 vol. in-folio. Bibl. Imp. de

Paris, Dép. des Cartes, C. 2195; Collection Gosselin, 145. Carte au tome second, en tête du livre X X I : « LE

(*) Il y en a u n autre exemplaire à la Bibl. de Breslau, publié en 1891, en plusieurs feuilles, par la Soc. de Géogr. de Berlin.


e

( 320 )

24

NOVVEAU TEMPS. »

MONDE

LECTURE

§§ 2446-2448

DESCOVVERT ET ILLUSTRÉ

D E NOSTRE

Vers 1584. 2446.

GIOVANNI BATTISTA MAZZA, Italien.

Carte avec cette inscription : « Regionum

MAZZA

oræ

fece.

Descriptio, Donati

A m e r i c æ et

Proximarum

Rasciotti formis.

Gio.

BAT.

» Bibliothèque Royale de la H a y e .

Entre les années 1570 et 1598, puisque c'est alors que florissait le graveur RASCIOTTI.

E n 1587. 2447.

GABRIEL SOARES D E SOUZA, Portugais.

Manuscrit publié en 1825 par l'Académie Royale des Sciences de L i s b o n n e , mais sans n o m d'auteur, et sous le titre de « « Collecção

Noticia

do Brasil

de Noticias para

Ultramarinas

».

», dans le tome III de sa

a Historia

e Geografia

das

nações

Bibl. de Sainte-Geneviève, à Paris.

Réimprimé à Rio d e Janeiro en 1851 par M . D E VARNHAGEN, dans le tome XIV de la Revista de l'Institut Brési­ lien, sous ce titre : «

Tratado

descriptivo

do Brazil

1587, obra de GABRIEL SOARES D E SOUZA, Senhor da

Bahia,

Camara,

n'ella residente etc. Edição

tos codices manuscriptos Hespanha

e França,

dezesete annos,

castigada

pelo estudo

engenho

seu vereador e exame

existentes no Brazil, e accrescentada

em

de

em

de alguns

de

da mui-

Portugal, commen-

tarios á obra por FRANCISCO ADOLPHO D E VARNHAGEN. » Bibl. Imp. de Paris, Dép. des Cartes.

E n 1592, 1594, 1596. 2448.

THÉODORE D E BRY, A l l e m a n d . Bibl. Imp. de

Paris, Réserve. In-folio. « Americae

tertiap a r s . . . .Studio

&

diligentia

THEODORI


e

§ 2449 DE

24

BRY

LECTURE

Leodiensis,

MDXC1I.

atque

civis

( 321 )

Franco

furtensis

« Americae

pars

quarta

« Americae

pars

sexta

MDXCIV. MDXCVI.

» »

Carte en tète du volume de 1592 : « lis &

opulentæ

à decimo

Peruanæ

ad quintum

Aequatorem

&

Provinciæ,

patere,

est : ex Auctorum,

trarunt,

scriptis recens

Cæsariæ

Ma

tis

à

privilegio

Brasiliæ,

quam ultra

Tabula

DE

quadriennium,

Geographica.

Europæorum

BRY

perlusconcĩnata.

MDXCII

»

Occidentalis

Ame-

»

Carte en tête du volume de 1596 : « respectu

observatione

qui eas Provincias

Carte à lafindu volume de 1594 : « ricœ partis

nobi-

feré gradum diligenti

THEODORO

ad

Chorographia

atque

quinquagesimum

in longitudinem

deprehensum

Orbis

anno

»

Inferior

America

Globi

sive

Novus

Terrestris

Pars.

1596. » En 1595. 2449.

RUMOLDUS MERCATOR, et MICHEL MERCATOR, héri­

tiers de GÉRARD MERCATOR : « Atlas mvndi dano,

sive

cosmographicæ

Jllustrissimi

grapho

Autore.

Atlantis Pars Gerardo

Ducis

Cum

Indices

Mercatore

Cliviæ

Juliæ,

hæredum

nova

Duysburgi

de

Cliuiæ,

fabrica Rupelmun-

&c.

Cosmo-

clivorvm.

Totius Mundi.

Albertus

Montis, Mercatoris

»—

Authore

Illustriss. Ducis Cliuorum.

Excudebat

Gerardi

& Mõtis

Dvisbvrgi

Rupelmandano,

: « Dusseldorpii

Ducis

tibus

Juliæ

Privilegio

altera. Geographia

liæ &a. Cosmographo.

simi

meditationes

et fabricati figvra. GERARDO MERCATORE

Ju-

A la fin des

Busius

lllustris-

&c. Tipographus,

Sump-

Rupelmundani,

Anno

1595. » In-folio. Bibl. Imp. de Paris, Dép. des Cartes, C. 13342. re

Carte 1 ex Magna Geographiæ

Orbis terrae compendiosa

Vniuersali

Gerardi

Mercatoris

ac c æ t e r a r u m bonarum

tori summo,

T. II

in veteris

amicitiæ

artium

descriptio

Quam

Richardo

Gartho,

amatori

ac fau-

ac familiaritis

21

memoriæ


e

( 322 )

24

RUMOLDVS burghi

LECTURE

MERCATOR fieri curabat

Cliuorum.

Typis

e

Carte 5 : «

Aeneis.

America

§ 2450

M. D. LXXXVII.

siue

India

nova.

imitationem

dium

MERCATOREM

gensem.

Per

MICHAELEM

GE-

ad m a g n æ

RARDI MERCATORIS aui Vniversalis redacta.

Duys-

»

in

compenDuysbur-

»

E n 1596. 2450. PIERRE PLANCIUS, et ARNOLDUS FLORENTIUS VAN LANGREN, F l a m a n d s . «

Itinerario,

VAN

Voyage

LINSCHOTEN

t'Amstelredam.

als Nova

Oost

van America,

Francia,

I u c a y a , Cuba,

ofte

van

JAN

Portugaels

HUYGEN

*Jndien

cic. ic. xcvi. » A lafind u volume :

Anno

« Beschryvinge

ofte Schipvaert,

naer

mitsgaders

Florida,

Iamaica...

de deelen

der selver,

diemen

Antillas,

de Eylanden

» In-folio. Bibl. Royale

noemt...

de la H a y e . Bibl. Imp. de Paris. Carte en tête d u volume : « integro

multis

in

Orbis

locis emendatus

terrarum

auctore

typus

PETRO

de

PLANCIO

1594. » Carte en tête de la description de l'Amérique : « neatio

omnium

dictæ

Peruvianæ,

Caslellam

cum

item

Panamam

&

del

fuego,

&

Chilæ, vulgó

portuum,

vadorum,

Jnsulis

Terræ

& cõmodissimo

freti inter Estrecho

terram

emendata,

& scalptor. »

&

usque

: Jtem Peru

ad

Jsthmi auriferæ,

Limæ

: Ora-

&

Magallanes.

ex optimis

atque

RENTIUS A LANGREN, Author

Pariam

Antillas dictis,

portu

scopulorum,

ventorum,

Deli-

Americæ,

Patagonum,

de Fernando

Jnsularum,

delineata

Brasiliam,

de la florida

de Dios,

Cusco,

partis

comprehendentis,

cabo

Nombre

tractusque

hydrographicis

Australis

omnibus

Cubam

vulgò

ejus metropoli etiam

nium

unà cum

: floridæ,

rum

totius

à R. de la Plata,

auream,

Hispaniolam, promont inter

orarum

terram Et om-

pulvinorum, Lusitanicis

& cartis

A R N O L D U S FLO-


§§ 2451-2454

( 323 )

e

24 LECTURE

E n 1597. 2451.

CORNELIUS WYTFLIET, F l a m a n d .

« Descriptionis

Ptolemaicæ

Notitia brevi commentario

Domini

Siue

Occidentis

illustrata studio et opera

WITFLIET Louaniensis. Anno

Avgmentvm.

Lovanii.

M. D. XCVII.

»

CORNELY

Typis IOHANNIS BOGARDI.

In-folio. Bibl. Imp. de Paris,

O. 1133 double. Carte 8 : « Residuum continentis c u m adiacentibus insulis. » En 1602. 2452.

JODOCUS HONDIUS, Hollandais.

Carte avec cette inscription : « Descriptio.

Nova

Universi

I. HONDIUS sculp. I. LE CLERC excus.

Orbis

1602. »

Bibl. Imp. de Paris, Dép. des Cartes, C. 10846. Carte avec cette autre inscription : « sima

Descriptio,

vero

iuxta

Authore

recentiores

I. HONDIUS

Cosmographos

I. LE CLERC

sculp.

Orbis

Terræ

GERARDO MERCATORE, aucta

excus.

Novis-

nuperrime

et

recognita.

1602. » Bibl. Imp. de

Paris, Dép. des Cartes, B. 1707. En 1624. 2453. «

SYMÃO ESTACIO DA SYLVEIRA, Portugais.

Relação

pello Capitão

svmaria

das covsas

do Maranhaõ.

SYMÃO ESTACIO DA

pobres deste Reyno

de Portugal.

Escrita

SYLUEIRA. Dirigida

Em

Lisboa. Anno

aos

de 1624. »

In-folio, 23 pages non chiffrées.Bibl. Nationale de Rio de Janeiro. En 1630. 2454. «

Catolica

Mundo. Orden

MARCOS DE GUADALAXARA Y XAVIER, Espagnol.

Quinta

Parte

de la Historia

de Don Felipe Quarto

Por Fray de Nuestra

Marcos Señora

Pontifical. A la

Rey de las Españas

Magestad y

Nueuo

de GUADALAXARA Y XAVIER, de la del Carmen

de la Obseruancia

de lu


e

( 324 )

24

LECTURE

Prouincia

de Aragon.

Año

Barcelona,

Por SEBASTIAN

1630.

§§ 2455-2457

Con

licencia. Impresso

en

D E CORMELLAS. Y à su costa. »

In-folio. Bibl. Imp. de Paris, Fol. H. 216. E n 1640. 2455. JOÃO TEYXEIRA, Portugais. Atlas inédit : « Descripção de todo o ta

de S

Crvs.

Chamado

XEIRA Cosmographo

vulgarmente

maritimo

o Brazil.

de sua Maiestade

anno

Por

da

terra

IOÃO TEY-

1640. » In-folio,

62 feuilles, comprenant 3 2 cartes avec leurs explications. Bibl. Imp. de Paris, Dép. des Cartes, FA. 321 (*). re

Carte 1

Terra

de Santa

Crvz

a qve chamão

Brasil. »

Carte dernière, sans inscription, mais contenant la côte septentrionale du Brésil depuis R. Tury jusqu'à R. de

te

V

Pison.

E n 1661. 2456.

ROBERT DUDLEY, Anglais.

« Arcano

del Mare

NORTUMBRIA E CONTE da...

In

Fiorenza.

di D. RUBERTO D U D L E O DUCA DI DI WARWICH...

Impressione

secun-

1661. » 2 vol. gr. in-folio. Bibl. du

Dépôt Général de la Marine à Paris, 1876. T o m e second, Carte 14 de l'Amérique. E n 1663. 2457. «

SIMÃO DE VASCONCELLOS, Portugais.

Chronica

da Companhia

de Jesu

do Estado

do Brasil :

e do que obrarão seus filhos nesta parte do Novo M u n d o . T o m o primeiro da entrada da Companhia de Jesu nas partes do Brasil. E dos fundamentos que nellas lançârão, & continuarão seus Religiosos e m quanto alli trabalhou o

(*) Cet exemplaire de P a r i s est u n e copie faite par u n F r a n ç a i s peu habitué à transcrire les textes portugais. Elle doit dater d u siècle dernier o u d u c o m m e n c e m e n t de ce siècle. Voir note a u § 2500.


e

§ 2458

24

LECTURE

( 325 )

Padre Manoel da Nobrega Fundador, & primeiro Prouincial desta Prouincia, com sua vida, & morte digna de memoria : e algũas noticias antecedentes curiosas & necessarias das cousas daquelle Estado, pelo Padre SIMÃO DE VASCONCELLOS da m e s m a Companhia. Natural da Cidade do Porto, Lente que foi da sagrada Theologia, & Prouincial no dito Estado. Lisboa. Na Officina de HENRIQUE VALENTE DE OLIUEIRA Impressor del Rey N. S. Anno M. DC. LXIII. » In-folio. Bibl. Nationale de Rio de Janeiro.

2458.

Ces vingt-et-une autorités se classent en trois

catégories : RIBEIRO ; VAN LANGREN et WYTFLIET; Tous les autres. RIBEIRO, en 1529, plaçait la rivière de Vincent Pinçon hors de la G u y a n e , à l'Est de l'Amazone, à l'Est m ê m e de la baie actuelle de M a r a g n a n . Mais l'article 8 du Traité d'Utrecht porte que Sa Majesté Très-Chrétienne « se desiste de tous droits & prétentions qu'Elle peut ou pourra prétendre sur la proprieté des terres, appellées du Capdu-Nord, & situées entre la riviere des Amazones, et celle de Japoc ou de Vincent Pinson » (§ 859). Et nous savons que Cap du Nord était la Guyane, et que le bord septentrional de la rivière des Amazones a été de tout temps, c o m m e aujourd'hui, son bord guyanais. Donc, quand bien m ê m e le Traité d'Utrecht aurait tort d'iden­ tifier la rivière de Vincent Pinçon avec celle du C a p d'Orange, toujours serait-il évident que la confusion n'aurait pu se faire qu'entre deux rivières situées, l'une et l'autre, dans la G u y a n e . Nous n'avons donc pas à nous occuper, dans ce travail, de l'opinion curieuse de RIBEIRO. VAN LANGREN, en 1596, WYTFLIET, en 1597, situaient la rivière de Vincent Pinçon à 130 lieues espagnoles du


e

( 326 ) Cap

24

Nord

LECTURE

§§ 2459-2462

continental, tandis que la distance du

d'Orange

au C a p

Nord

Cap

continental, mesurée sur la

grande carte de M. DE SAINT-QUANTIN, est de 56 lieues espagnoles. Tous

les autres,

soit par le n u m é r o d'ordre, soit par la

latitude, soit par la distance en lieues, plaçaient le V i n ­ cent P i n ç o n dans le voisinage immédiat du C a p d u N o r d , beaucoup au Sud du C a p d'Orange. 2459.

Donc, de vingt anciennes autorités marquant la

position du Vincent P i n ç o n , aucune ne situe cette rivière sous le C a p d'Orange, et dix-huit la placent tout près du Cap du Nord. Telle est l'apparence. 2460.

A ce point de vue, l'argument de LA CONDAMINE

est imposant. Il a régné et il règne encore sur les savants les plus profonds de tous les pays, sur les Portugais les plus ins­ truits et les plus intéressés dans la question, sur les Bré­ siliens les plus éclairés et les plus patriotes. (Lecture 19.) 2461.

Depuis cent quinze ans, on croit universelle­

m e n t que le V i n c e n t P i n ç o n est beaucoup au Sud de l'Oyapoc. C'est long. Mais tout le m o n d e , sans excepter les plus habiles astronomes, a cru pendant bien plus longtemps que c'était le soleil qui tournait autour de la terre. 2462.

« MERCATOR, ORTELIUS, DE BRY..., ont indiqué

au Nord du C a p d u N o r d , après l ' A m a z o n e ,

comme

le premier

cours

d'eau

le V i n c e n t P i n ç o n . »

Ainsi s'exprime M. le BARON DE BUTENVAL, page 130 des

Protocoles.

Et le premier cours d'eau au Nord du C a p d u N o r d étant

le Carapapori, l'honorable

Plénipotentiaire

de


e

§§ 2463-2465

24

LECTURE

France en conclut que c'est au

( 327 ) que le n o m

Carapapori

de Vincent Pinçon était appliqué par les géographes du xvi siècle. e

2463. Mais cette conclusion ne serait légitime que si MERCATOR, ORTELIUS et leurs élèves avaient indiqué tous les cours d'eau de la G u y a n e au Nord du Cap d u Nord. Or le littoral de la G u y a n e , depuis le Cap du N o r d jusqu'au golfe de Paria, est découpé par plus de quarante rivières; et de ce nombre de rivières, MERCATOR, ORTELIUS et leurs élèves n'en signalent que quelques-unes. G É R A R D MERCATOR: r. de Vincente r. Salado,

r. Verde, r. de la Barca,

Pinçon,

r de la Barca,

r. Dulce, r. de

Auiapari.

ORTELIUS, dans sa carte de l'Amérique, et DE B R Y en 1592

et 1594

Verde,

R.

: R. de S. Vincente

Pincon,

R U M O L D U S M E R C A T O R : R. de Vincente Barca,

R.

Pinçon,

r. de la

Auiapari.

MICHEL MERCATOR Barca,

R. Salado,

Dolce.

R.

: R. de

Vincente

Pinçon,

R. de la

Vincente

Pinçon,

Dolce.

PLANCIUS, et DE B R Y en

1596

: R. de

Auiapari.

ORTELIUS, dans sa mappemonde : R. de S. Vin. 2464. Des quarante et quelques rivières qui existent entre le G a p d u N o r d et le golfe de Paria, G É R A R D M E R CATOR en signale seulement sept; ORTELIUS, dans sa carte de l'Amérique, et THÉODORE DE B R Y en 1592 et en 1594, seulement quatre; RUMOLDUS MERCATOR et M I C H E L M E R CATOR, seulement trois; PLANCIUS en 1594, DE B R Y en 1596, seulement deux : et dans chacun de ces différents groupes, la première rivière est toujours celle de Vincent Pinçon. ORTELIUS, dans sa mappemonde, ne signale m ê m e , sur toute l'étendue du littoral de la G u y a n e , qu'une seule rivière; et c'est le

Vincent

Pinçon.

2465. La conclusion à tirer de ces faits, c'est que le Vincent P i n ç o n était, pour les géographes du xvi siècle, e


e

( 328 )

24

LECTURE

§§ 2466-2469

le fleuve de la G u y a n e le plus considérable du côté du Cap d u N o r d , le plus considérable m ê m e

de toute la côte

guyanaise. 2466.

Était-ce donc le Carapapori, ou quelque autre

rivière entre le Cap d u N o r d et le G a p d ' O r a n g e ; ou n'était-ce pas plutôt l'Oyapoc? Était-ce donc

une rivière innavigable, inhabitable,

c o m m e le sont toutes celles qui existent entre le G a p d u N o r d et le G a p d ' O r a n g e ? O u n'était-ce pas plutôt l'Oyapoc, toujours navigué, toujours habité, et dont l'embouchure, mesurée à sa baie, ne le cède en largeur, sur toute la G u y a n e , qu'à celle de l'Esséquèbe? 2467. MERCATOR, ORTELIUS, et tous les élèves de ces deux-maîtres, situaient le V i n c e n t P i n ç o n par une latitude INFÉRIEURE à celle de DEUX DEGRÉS Nord. Et cette latitude convenant beaucoup mieux au papori,

Cara-

par 1° 45', qu'à l'Oyapoc, par 4° 4', on en conclut,

avec une nouvelle assurance, que c'est bien la rivière du C a p d u N o r d , et non pas celle du G a p d'Orange, qui e

était pour les géographes du xvi siècle la rivière de V i n ­ cent P i n ç o n . 2468.

Mais cette conclusion ne serait légitime que si

MERCATOR et ORTELIUS avaient marqué

exactement

les posi­

tions astronomiques des lieux voisins du V i n c e n t P i n ç o n . Or cela n'est pas. 2469. aux

ALEXANDRE DE H U M B O L D T a dit, dans son

régions

équinoxiales

du

Nouveau

Continent,

page 322 de l'édition in-4°, et dans son

Examen

l'histoire de

Continent,

la géographie

du

Nouveau

Voyage

tome I, critique

de

tome V,

page 59 de l'édition in-8° : « Pendant trois siècles on traça toute la côte de la Terre-Ferme par u n parallèle trop méri­ dional » : « Les anciennes cartes [de l ' A m é r i q u e Méri­ dionale] placent tous les lieux trop au Sud. »


§§ 2470-2473

24

e

( 329 )

LECTURE

Et rien n'est mieux fondé que cette remarque générale de l'illustre savant. 2470. La pointe orientale de la rivière du Para, la pointe aujourd'hui n o m m é e Tigioca, et plus c o m m u n é ­ ment Tijoca, gît par la latitude méridionale de trentequatre minutes seulement; et toutefois R I B E I R O situait cette pointe par un degré quarante minutes, O V I E D O par deux degrés trente minutes,

M E D I N A par

quatre

degrés.

(§§

1631,

1633, 1645). La pointe de Paria, la pointe Nord-Ouest du golfe de ce n o m , gît par la latitude septentrionale de dix degrés quarante minutes; et cependant H E R R E R A en 1601, page 18 de sa « Descripcion de las Indias Ocidentales » faite sur les documents existant aux archives royales de Castille, donnait à la pointe de Paria la latitude de sept degrés. L e M a r o n i se trouve situé par la latitude septentrionale de cinq degrés trois-quarts; et cependant, en 1633, le Gou­ vernement Français assignait au M a r o n i la latitude de quatre

degrés trois quarts.

(§ 1906).

Le Gap d'Orange et l'Oyapoc se trouvent situés à de quatre degrés de latitude septentrionale ; et cepen­ dant, J O D O C U S H O N D I U S en 1610, H E N R I H O N D I U S en 1635, J A N S S O N I U S en 1652, et encore F R O G E R en 1698 et en 1699, encore L A B A T en 1730, encore M I L H A U en 1732, plaçaient le Gap d'Orange et l'Oyapoc à deux degrés. (§§ 2316, 2321, 2322, 2328, 2329, 2330). 2471. Malgré leur mérite immense, M E R C A T O R et O R T E ­ L I U S n'ont pu éviter, au xvi siècle, une erreur qui persis­ tait encore au siècle xviii .

plus

e

e

2472. Mais les cartes de ces grands maîtres nous four­ nissent clairement le m o y e n de faire nous-mêmes la correction nécessaire. 2473. M E R C A T O R , dans sa mappemonde de 1569, situe la rivière de Vincent P i n ç o n par la latitude septen­ trionale de un degré vingt minutes; mais dans cette m ê m e


e

( 330 )

2 4 LECTURE

§§ 2474-2476

m a p p e m o n d e la pointe orientale de la rivière du Para se trouve placée

par

de latitude méridionale,

trois degrés

tandis que la vraie latitude de cette pointe est de quatre

minutes

trente-

Sud.

ORTELIUS, dans sa m a p p e m o n d e

de 1570, situe la

rivière de Vincent P i n ç o n par la latitude septentrionale de un

degré;

mais dans cette m ê m e m a p p e m o n d e il place

la pointe orientale de la rivière du P a r a

par

quatre

degrés

Sud. La pointe Tigioca est donc placée par MERCATOR 2°26' trop au Sud; elle est donc placée par ORTELIUS 3°26' trop au Sud. Donc, chez MERCATOR et chez ORTELIUS, la rivière de V i n c e n t P i n ç o n est aussi trop au Sud, tout autant que l'est chez l'un et chez l'autre la pointe orientale de la rivière du Para. Donc, ajoutons 2°26' à 1°20', et nous aurons, pour le V i n c e n t P i n ç o n de MERCATOR, la latitude septentrionale de 3°46'; ajoutons 3°26' à 1°, et nous aurons, pour le V i n ­ cent P i n ç o n d'Ortelius, la latitude septentrionale de 4°26'. 2474.

Est-ce le Carapapori, ou l'Oyapoc?

Est-ce le Carapapori,

à un

degré

quarante-cinq

mi-

nutes?

O u n'est-ce pas plutôt l'Oyapoc, dont l'embouchure stricte est

à quatre

degrés

quatre

minutes?

N'est-ce pas

plutôt la rivière du Cap d'Orange, du cap situé par la latitude septentrionale

de quatre

degrés vingt-deux

minutes?

2475. Mais voici une curieuse condamnation du fameux système de LA CONDAMINE. 2476.

Après avoir lu dans les Protocoles de Paris la

savante argumentation de l'honorable Plénipotentiaire de F r a n c e , dans laquelle M . le BARON D E BUTENVAL, se basant sur la latitude du V i n c e n t P i n ç o n chez MERCATOR et chez


e

§ 2477

24 LECTURE

( 331 )

ORTELIUS, s'est obstinément efforcé de réduire au

Cara-

le Vincent P i n ç o n de ces grands géographes,

papori

M. D'AVEZAC a imprimé deux fois une opinion bien con­ traire : en 1857, page 221 du Bulletin de la Société de Géographie, 133 du tirage à part; en 1858, pages 252-254 du Bulletin, 124-126 du tirage à part. Le docte critique soutient que le Vincent P i n ç o n de MERCATOR et d'Ortelius est, non pas le Carapapori, à un degré

quarante-cinq

cinq

degrés

minutes

quarante-cinq

l ' E s s é q u è b e , par

sept

Nord, mais bien le Maroni, minutes,

et peut-être

à

même

degrés.

J'en témoigne à l'honorable critique la plus vive recon­ naissance. Puisque les latitudes si basses données par MERCATOR et par ORTELIUS au V i n c e n t Pinçon, —

minutes,

un degré tout juste, —

un degré

n'empêchent pas d'y

voir une rivière située par la latitude vraie quarante-cinq

minutes,

de cinq

degrés

d'y voir m ê m e une rivière située

par la latitude vraie de sept

degrés,

pourquoi empêcheraient-

elles d'y reconnaître l'Oyapoc, à la latitude vraie degrés quatre

vingt

de quatre

minutes?

2477. Mais sur quoi M. D'AVEZAC se base-t-il pour justifier sa manière paradoxale de rejeter le Vincent Pin­ çon loin de l'Oyapoc? Le docte critique se base sur la distance qui sépare de l'Amazone le Vincent P i n ç o n de MERCATOR et d'ORTELIUS. Il se base sur la parité qu'il trouve entre les cartes de MERCATOR et d'Ortelius et les cartes de VAN LANGREN et de WYTFLIET, dans lesquelles le Vincent P i n ç o n est visiblement situé à

cent trente

lieues espagnoles du G a p

N o r d continental. M. D'AVEZAC prend pour le

C. do Norte

de VAN LAN-

GREN et de WYTFLIET la pointe anonyme où se termine,


e

( 332 )

24

LECTURE

§§ 2478-2479

chez MERCATOR et chez ORTELIUS, la rive guyanaise de l'Amazone. Et en commençant à compter de cette pointe, il conclut que le V i n c e n t P i n ç o n de MERCATOR et d'ortelius est trop éloigné du G a p N o r d continental pour ne pas être, pour le moins, celui de V A N LANGREN et de WYTFLIET. Approfondissons ce point. 2478.

Le Cap N o r d continental est considéré depuis

longtemps c o m m e la borne véritable de la rive guyanaise de l ' A m a z o n e . Mais il n'en a pas toujours été ainsi. KEYMIS et HARCOURT, en 1596 et en 1608, bornaient la rive occidentale de l ' A m a z o n e

à

Ponta

Grossa,

c'est-

à-dire à la pointe méridionale de l'Araguari, au Sud du C a p d u N o r d . (§§ 395-415, 1174-1188). Et avant KEYMIS, et après HARCOURT, la borne guyanaise de l ' A m a z o n e a été souvent placée encore plus au Sud. 2479. veau

Monde,

E n 1640, dans l'édition française de son

Nou-

livre XVII, chapitre 3, consacré à la rivière

des A m a z o n e s , dont la borne orientale était pour lui le Cap Maguari,

JEAN DE L A E T disait : « Tous les Autheurs

qui ont fait mention de cette riuiere, donnent vne fort grande largeur de son embouchure, prenant l'espace d'vn Cap à l'autre, les vns lui baillans cinquante lieuës, les autres soixante, d'autres encore plus : combien que ceux de nostre natiõ, qui ont navigé de son C a p Oriental, le long duquel passe Para, iusques à la riue de main droite d'icelle riuiere [en entrant] y en ayent trouuè beaucoup moins, de sorte qu'il faut que l'emboucheure en soit plus estroite ; toutesfois puisqu'il est manifeste que la latitude de l'vn & de l'autre Cap differe beaucoup, & que l'Orien­ tal est à enuiron demi degré de la ligne vers le Sud, &

l'Occidental

à deux degrés d'icelle vers le Nord; on

pourra aisement accommoder

ensemble l'vne & l'autre

opinion ; car ceux qui lui donnent la plus grande largeur,


§§ 2 4 8 0 - 2 4 8 3

e

24

LECTURE

( 333 )

semblent la mesurer d'vn Gap à l'autre, & ceux qui la font plus estroite suiuent la ligne droite du Cap Oriental à la rive opposite. »

Or la ligne droite qui continue, de la pointe Maguari, ou de la pointe Tigio ca, vers l'Ouest, la m ê m e direction gardée par le littoral brésilien depuis la baie du Turyaçú, c'est celle qui longe les bords externes des îles M e x i a n a et Caviana, et qui va se briser, dans le continent de la G u y a n e , à la pointe Jupati. Cette ligne marque l'embouchure de l'Ama­ zone de la manière la plus distincte, en arrêtant une limite bien prononcée entre les canaux du fleuve et une masse d'eau à perte de vue. 2 4 8 1 . Aussi, dans toutes les cartes du xvi siècle, c'est la pointe Jupati qui sert de borne à la rive guyanaise de l'Amazone. Cela se voit clairement, en 1 5 1 1 , en 1 5 2 9 , en 1 5 4 4 , en 1 5 5 9 , dans les cartes de M A R T Y R , de R I B E I R O , de C A B O T O , 2480.

e

D'ANDRÉ

HOMEM.

Et tout aussi clairement chez M E R C A T O R , chez O R T E ­ L I U S , et chez leurs élèves. 2482. Dans la mappemonde de M E R C A T O R , dans les deux cartes d'Ortelius, dans toutes celles des élèves de ces deux maîtres, l'embouchure de l'Amazone est déli­ mitée par la pointe Tigioca, par les bords externes de certaines

grandes

îles rangées

presque

directement

de l'est

à l'ouest, et par une pointe anonyme du continent de la G u y a n e , faisant la borne Nord-Ouest du canal qui sépare de ce continent la dernière de ces îles. Que peuvent être ces îles? Que peut être cette pointe ? 2483. Les cartes de M. D E M O N T R A V E L nous l'appren­ dront. Deux groupes d'îles se présentent à l'embouchure de l'Amazone :


e

( 334 ) Les

24 LECTURE petites

îles de

Curuá

§§ 2484-2487

à Bailique, longeant la

côte guyanaise entre la pointe Jupati et l'Araguari, et suivant, c o m m e le continent, la direction Nord-Nord-Est; Les grandes îles Marajó, M e x i a n a et Caviana situées entre la pointe Tigioca et la pointe Jupati, presque

directement

de

et

rangées

l'est à l'ouest.

Le premier de ces deux groupes forme le côté oriental du canal d'Arapóco, regardé depuis longtemps c o m m e une

branche

de l ' A m a z o n e ,

mais que personne n'a

jamais pris, et ne prendra jamais, pour

l ' e m b o u c h u r e totale

du grand fleuve. (§§ 1182-1188). Les bords externes de l'autre groupe, au contraire, délimitent, on ne peut plus naturellenent, l ' e m b o u c h u r e totale

de l ' A m a z o n e , soit que l'on préfère pour borne

orientale de cette embouchure la pointe Tigioca, soit que l'on préfère le cap M a g u a r i . 2484.

Chez MERCATOR, chez

ORTELIUS, chez leurs

élèves, les îles délimitant l'embouchure de sont donc forcément,

celles de Marajó,

l'Amazone

Mexiana,

Caviana.

La pointe a n o n y m e , formant, chez tous ces géographes, la borne occidentale de l ' A m a z o n e , est donc, la pointe

2485.

Jupati.

Mais où est donc, chez MERCATOR, chez ORTE-

LIUS, chez leurs élèves, 2486.

forcément,

le Cap

du

Nord?

M. le BARON DE BUTENVAL l'a déjà indiqué au

juste, page 27 des Protocoles. C'est le Cap

2487.

Blanco.

Ce qui empêche de reconnaître le C a p d u N o r d

dans le C a p B l a n c o de ces géographes, c'est la direction donnée par eux à la côte guyanaise depuis la pointe a n o n y m e de l ' A m a z o n e . Cette direction, au lieu d'être vers le Nord-Nord-Est, est vers le Nord-Ouest, c o m m e le gisement général de la côte océanique de la G u y a n e depuis le C a p d u N o r d . Mais c'est là une erreur manifeste, provenant

de


e

§§ 2488-2489

24

LECTURE

( 335 )

l'obstacle opposé aux observations astronomiques par la pororoca,

dont les sauts montagneux, si bien décrits par

m o n illustre compatriote M . DE MAGALHÃES, dans son poëme « A

Confederação

», s'étendent précisé­

dos Tamoyos

ment, c o m m e l'atteste M. CARREY, depuis l'île de Maracá, au-dessus

du Cap

face de la pointe

2488.

jusqu'à l'île de Caviana,

du Nord,

en

Jupati.

Malgré cette erreur, l'identité du Cap Blanco

et du C a p d u N o r d est prouvée par les cartes m ê m e s de MERCATOR, d'Ortelius et de leurs élèves. 2489.

Puisque la pointe anonyme, délimitant, dans

toutes ces cartes, la rive guyanaise de l'Amazone, est la pointe

Jupati,

il s'ensuit que le

Cap

Blanco,

au Nord

de cette pointe anonyme, ne peut être que le Cap du Nord,

ou, tout au moins,

Ponta

Grossa;

car la pointe

méridionale de l'Araguari et le Cap d u N o r d sont les seules avances qui existent entre la pointe Jupati et l'île Maracá. Or deux faits décident la question en faveur du C a p d u Nord. D'après l'exploration

exécutée en 1791 par MANOEL

JOAQUIM DE ABREU, et consignée dans la Revista de l'Ins­ titut Historique et Géographique du Brésil, tome second de 1848, on compte entre la pointe Jupati et le C a p d u N o r d quarante cours d'eau, dans l'ordre suivant : La rivière G u r u j u ,

Le furo(*) du Guruju. Huit criques, Le petit furo de l'Araguari,

Deux criques, Le grand

furo de l'Araguari,

Dix-sept criques très rapprochées,

(*) Furo, cours d'eau.

dans l'Amazonie, canal de communication entre deux


e

( 336 )

24

La

rivière

grande

LECTURE

§ 2489

Araguari,

Cinq criques, La petite rivière

Piratuba,

U n e crique, La petite rivière

Sucuruju,

Ce sont donc, d'après leur importance : 1° La grande rivière A r a g u a r i ; 2° La rivière Gurujú,

entre la pointe Jupati et l'Ara-

guari ; 3° et 4° Les petites rivières Piratuba

et

Sucurujú,

entre l'Araguari et le C a p d u N o r d . E h bien ! de la pointe a n o n y m e de l ' A m a z o n e au C a p Blanco, GÉRARD MERCATOR indique : 1° Rio

de

Arboledas,

d'une grande étendue;

2° Entre la pointe a n o n y m e de l ' A m a z o n e de A r b o l e d a s , Rio de Pascua,

et le Rio

seulement représenté à

son embouchure; 3° et 4° Entre le R i o de A r b o l e d a s et le C a p Blanco, deux

à peine indiquées.

petites rivières anonymes,

ORTELIUS et MICHEL MERCATOR, dans leurs cartes de l'Amérique, n'indiquent sur cette m ê m e côte que deux cours d'eau : rio de Arboledas,

très grand: rio de

Pascua,

très petit. Et RUMOLDUS MERCATOR indique uniquement rio de Arboledas.

Cette importance donnée au Rio de Arboledas

suffit à

elle seule pour montrer que la rivière de ce n o m ne peut être que l ' A r a g u a r i .

Mais une autre considération le prouve d'une manière péremptoire. Rio

de Arboledas

veut

dire Rivière boisée.

Or l'Araguari, le véritable Araguari, au Sud du Cap Nord

continental,

est la seule rivière de ces parages qui

ait pu porter le n o m de Rivière boisée. ABREU, en parlant de la troisième crique au Nord de


e

§§ 2490-2492

24

LECTURE

( 337 )

l'Araguari, fait cette r e m a r q u e : « Ici o n p e r d de v u e la forêt q u e p r é s e n t e l ' e m b o u c h u r e d e l'Araguari. » Et M. le B A R O N D E B U T E N V A L , p a g e 139 des Protocoles, rappelle q u e « u n e forêt à l'entrée d u fleuve est u n p h é n o ­ m è n e particulier et distinctif de l ' A r a g u a r i . » 11 est d o n c indubitable q u e , d a n s les cartes d e M E R C A T O R et

d'Ortelius, Rio de Arboledas Et p u i s q u e c e s g é o g r a p h e s

estl ' A r a g u a r iactuel. placent le Cap

Blanco

au

Nord d e l'Araguari, il s'ensuit q u e c e cap était p o u r e u x , n o n la pointe m é r i d i o n a l e d e l'Araguari, m a i s le Cap Nord

continental.

2490.

Donc, c'est d u Cap Blanco

qu'il faut c o m m e n c e r

à m e s u r e r , c h e z M E R C A T O R et c h e z O R T E L I U S , la distance du

C a p N o r d continental à la rivière de Vincent Pinçon. 2491.

M . D ' A V E Z A C déclare insuffisantes, p o u r des m e ­

s u r e s r i g o u r e u s e s , « les cartes à trop petit point d ' O R T E L I U S et de M E R C A T O R . »

Mais, q u a n d le docte critique portait c e j u g e m e n t , il e n connaissait e n c o r e d'autre carte de M E R C A T O R q u e celles de R U M O L D U S M E R C A T O R et de M I C H E L M E R C A T O R , q u i s o n t e n effet, ainsi q u e

les d e u x cartes d'ORTELIUS, à trop petit point :

Amérique d ' O R T E L I U S

m i l . 2 7/10 par degré.

Amérique d e M I C H E L M E R C A T O R . ...

2 5/10

Mappemonde d e R U M O L D U S M E R C A T O R

2 2/10

Mappemonde d'ORTELIUS

1 5/10

Mais la m a p p e m o n d e d e G E R A R D M E R C A T O R , l o n g u e de 2 m è t r e s , h a u t e de 1 m è t r e

24 c e n t i m è t r e s , p r é s e n t e u n e

échelle d e six millimètres p a r d e g r é , et p e r m e t facilement des m e s u r e s r i g o u r e u s e s (§ 2443).

2492.

E h b i e n ! le g r a n d

plus savant d u à-dire d u

MERCATOR,

le g é o g r a p h e le

e

xvi siècle, mettait, d u Cap Blanco, c'est-

C a p N o r d continental, à la rivière d e Vincent

Pinçon, cinquante-deux la distance d u T. II

lieues espagnoles,

tout

Cap N o r d continental à l ' O y a p o c . 22

juste


e

( 338 ) 2493.

2 4 LECTURE

§§ 2493-2496

Le V i n c e n t P i n ç o n de MERCATOR n'est donc

pas le Maroni,

c o m m e le pense l'honorable M. D'AVEZAC.

Il n'est pas non plus le

c o m m e le pense

Carapapori,

l'honorable M. DE BUTENVAL. C'est, avec toute certitude, lefleuvedu 2494.

Cap

d'Orange.

Or les cartes d'ORTELIUS, de THEVET, de MAZZA,

de RUMOLDUS MERCATOR, de MICHEL MERCATOR, de THÉODORE DE BRY, de PLANCIUS, de JODOCUS HONDIUS, ne sont, sur ce point, que des réductions de la m a p p e m o n d e de MERCATOR. Donc, pour ces anciens géographes, c o m m e pour le c o m m a n d a n t portugais d'Araguari en 1688, c o m m e pour le cosmographe portugais PIMENTEL en 1712, la rivière de V i n c e n t P i n ç o n était

l'Oyapoc.

2495. O n doit m ê m e réduire à l'Oyapoc le V i n c e n t P i n ç o n de VAN LANGREN et de WYTFLIET. e

Ces deux géographes de la fin du xvi siècle ont fait c o m m e notre honorable contemporain M. D'AVEZAC. Ils ont pris pour le C a p d u N o r d , chez MERCATOR et chez ORTELIUS, la pointe a n o n y m e de Jupati; et de cette manière, ils ont nécessairement exagéré la distance du C a p d u N o r d à la rivière de V i n c e n t P i n ç o n . 2496. Trois faits donnent à cette conjecture la force de la certitude. 1° Chez VAN LANGREN et chez WYTFLIET, la latitude du V i n c e n t P i n ç o n n'est pas de huit degrés, c o m m e le dit M . le BARON DE BUTENVAL, page 140 des Protocoles; mais bien de trois degrés quarante-cinq minutes. Cette latitude est plus faible que celle du M a r o n i de deux degrés ; elle est plus faible que celle de l'Oyapoc de 19 minutes seu­ lement. Elle convient donc à l'Oyapoc beaucoup mieux qu'au M a r o n i .

(*) Voir toutes ces cartes dans l'Atlas qui a c c o m p a g n e le présenté par le Brésil à l'Arbitre (1899).

Mémoire


e

§§ 2497-2498

24

LECTURE

( 339 )

2° A partir du Vincent Pinçon, la côte suit, dans les cartes de VAN LANGREN et de WYTFLIET, une tout autre que celle qu'elle avait gardée depuis le Cap

direction

du

Nord. Cela convient parfaitement à l'Oyapoc, et nulle­ ment au Maroni. 3° Le premier cours d'eau à l'Ouest du R.

de

Vincent

c'est chez VAN LANGREN et chez WYTFLIET

Pinçon,

R. de

Or PIMENTEL, dans sa table des positions astro­

Lagartos.

nomiques, page 209, après avoir situé à 4° 6' Nord le « Rio Oyapoc

ou

de

« Aperwaque

Vicente

», ajoute immédiatement

Pinson

por outro nome

Proaque

ou Rio

de

Lagartos

— 4° 28' N. » 2497.

Donc, pour WYTFLIET et pour VAN LANGREN, en

1597 et 1596, la rivière de Vincent Pinçon était inten­ tion nellement celle du Cap d'Orange, c o m m e pour MERCATOR en 1569. 2498.

Mais VASCONCELLOS, en 1663?

Mais DUDLEY, en 1661? Mais TEYXEIRA, en 1640? Mais GUADALAXARA, en 1630? Mais SYLVEIRA, en 1624? Mais GABRIEL SOARES, en 1587? Mais ANDRÉ HOMEM, en 1559, dix ans avant MERCATOR? Mais le cosmographe anonyme de HENRI II, vers 1550(*), environ dix-neuf ans avant MERCATOR? Mais CABOTO, en 1544,

vingt-cinq

ans

avant MERCATOR?

CABOTO était pilote major du Roi d'Espagne; et il pla­ çait la rivière de Vincent P i n ç o n tout à côté de l'Ama­ zone. ANDRÉ H O M E M était un cosmographe portugais(**); et

(*) Cette carte est de P. DESCELIERS, et de 1546 : voir note au § 2443. La carte de 1550, au British M u s e u m , est plus que celle de 1546 qui ne porte pas encore

intéressante

l'Amazone.

(**) A N D R É H O M E M était né en P o r t u g a l , mais il habitait l'étran­ ger. E n 1565, dans une lettre datée de P a r i s , il se déclarait c o s m o -


e

( 340 )

24

§ 2499

LECTURE

il plaçait également la rivière de V i n c e n t P i n ç o n tout à côté de l'Amazone. G A B R I E L S O A R E S , S Y L V E I R A , T E Y X E I R A , V A S C O N C E L L O S , étaient portugais; G U A D A L A X A R A était e s p a g n o l ; et non-seulement ils situaient la rivière de V i n c e n t P i n ç o n tout à côté de l ' A m a z o n e , mais ils déclaraient encore, bien expressément, que c'était là la limite septentrionale du Brésil. (§§ 1821, 1487-1497, 18601863, 2440, 2442, 2447, 2453, 2455, 2457, 2454). 2499. Avant tout, prenons acte de ce fait : qu'en 1587, en 1624, en 1630, en 1640, en 1663, les Portugais et les Espagnols

donnaient

à la limite septentrionale

du

Brésil

le nom de Rivière de Vincent Pinson, — c'est-à-dire le m ê m e n o m employé en 1637 dans Les lettres patentes du

graphe d u R o i d e F r a n c e (Voir S O U Z A VITERBO, Trabalhos cos dos Portuguezes,

Nauti-

L i s b o n n e , 1 8 9 8 , p. 1 6 1 ) .

S a carte de 1 5 5 9 est u n des rares d o c u m e n t s présentant, c o m m e la carte espagnole de DIEGO GUTIERREZ, u n e rivière de Vincent çon

près

de l ' A m a z o n e . P a r m i

é p o q u e qui d o n n e n t le Vincent pondant mornes

à l'Oyapoc, ou montagnes

d'Argent

à

les cartes

Pinson

l'Est de

«

Pin-

portugaises de cette

en b o n n e position, corres­ Montanhas

» dont « le plus

»

( « plusieurs

saillant est la

Montagne

» ), citons celles de DIOGO H O M E M , de 1 3 6 8 (Bibl. Royale

de D r e s d e ) , et F E R N Ã O V A Z D O U R A D O , de 1568) Bibl. d u Roi, L i s b o n n e ) , 1 5 7 1 (Torre d o T o m b o , L i s b o n n e ) et 1 5 8 0 (Bibl. de M u n i c h ) . Voir sur ce dernier Atlas le § 2529. P o u r ce qui est de la carte de DIEGO G U T I E R R E Z , de 1550, u n

homme

c o m p é t e n t l'a jugée, c o m m e le m o n t r e n t les passages suivants : « ...elle ne décèle pas la main découvertes

accomplies

dans

d'un cosmographe

les quinze

la construction.... » (HENRI HARISSE, Jean

années

au courant

qui en

des

précédèrent

et Sébastien Cabot, P a r i s ,

1882, p. 233). « ...DIEGO G U T I E R R E Z senior, an (H. HARRISSE, John son Sebastien

Cabot

incompetent

cosmographer....

the discoverer of North

America

and

»

his

Cabot, L o n d r e s , 1896, p. 3 2 1 ) .

« N o v e m b e r 5, 1 5 4 4 , he w a s prohibited

f r o m constructing naval

charts a n d naval instruments, w h i c h prohibition w a s renewed, n o ­ v e m b e r 2 8 , 1 5 4 5 » ( H . HARRISSE, The L o n d r e s , 1892, p. 7 2 0 ) .

Discovery

of North

America,


e

§§ 2500

2 4 LECTURE

( 341 )

Roi d'Espagne et de Portugal c o m m e étant celui d'une rivière de la G u y a n e située de 35 à 40 lieues portugaises du G a p d u Nord, — le m ê m e n o m employé en 1700 dans le Traité de L i s b o n n e c o m m e synonyme d ' O y a p o c , alors que ce n o m d ' O y a p o c était encore exclusif à la rivière du C a p d'Orange, — le m ê m e n o m employé en 1688 par le commandant du fort brésilien d'Araguari c o m m e étant le n o m portugais de la rivière du Cap d'Orange.

(§§ 1874-1901,

1975, 1954). Cette identité de n o m est un indice véhément de l'iden­ tité d'objet. Donc, si, malgré l'apparence, le Vincent P i n ç o n de GABRIEL SOARES, est réellement le fleuve du Cap d'Orange, il s'ensuivra que la prétention du Portugal à la limite du G a p d'Orange remonte, pour le moins, à 126 ans avant le Traité d'Utrecht.

2500.

O n croirait que TEYXEIRA s'oppose invincible­

ment à cette démonstration, attendu qu'il n'était pas u n simple amateur, c o m m e

GABRIEL SOARES et son copiste

VASCONCELLOS, c o m m e SYLVEIRA et son copiste GUADALAXARA, mais

cosmographe

du Roi de Portugal,

et qu'il

émettait son opinion en 1640, trois ans après les Lettres patentes de 1637. Mais d'abord, les Lettres patentes de 1637 étant restées inédites jusqu'en 1749, il n'est pas probable que TEYXEIRA en eût connaissance (§ 1874). Et ensuite, les indications royales de 1637 furent renouvelées en 1645 par d'autres Lettres patentes (§§ 19121913). L'opinion officielle du G o u v e r n e m e n t Portugais en 1637,

maintenue en 1645, cinq

ans après

l'atlas de TEY-

XEIRA, annule donc l'opinion particulière de ce cosmo-


e

( 342 )

2 4 LECTURE

§ 2500

graphe, et nous laisse pleine liberté pour la discussion suivante (*).

(*) E n ce qui concerne le premier des João TEIXEIRA, n o u s avons fait r e m a r q u e r (note au § 2455) q u e son Atlas de 1640 à la Bibliothèque Nationale de P a r i s n'est pas u n d o c u m e n t original, m a i s bien u n e copie française. Il est cependant probable q u e cet Atlas a été copié exactement d'un

original, aujourd'hui disparu, c o m p o s é de cartes

sur p a r c h e m i n . D a n s u n rapport de M A N O E L P I M E N T E L , c o s m o g r a p h e royal, sur u n autre Atlas de J. TEIXEIRA, daté de 1642, o n lit le pas­ sage suivant : « ... Et en c o m p a r a n t

ce livre (l'Atlas de 1642) avec

les cartes et les routiers m o d e r n e s , j'ai vérifié qu'en général les dis­ tances et les directions qu'il d o n n e ne sont pas exactes, quoique sur certains points il concorde avec ces d o c u m e n t s . » (« ... E conferindoo c o m as cartas e forme c o m

com

os roteiros m o d e r n o s acho n ã o estar con­

a m a i o r parte das distancias e r u m o s , postoque esteja

c o n f o r m e e m a l g u m a s cousas... »). Et après avoir m o n t r é les fautes c o m m i s e s par J. TEIXEIRA dans la première carte de l'Atlas de 1642, M A N O E L P I M E N T E L ajoute : « J'ai vu u n grand n o m b r e d'autres cartes de ce m ê m e João TEIXEIRA, et a u c u n e d'entre elles n e présente la pré­ cision et l'exactitude de celles q u e font maintenant Joáo TEIXEIRA A L B E R N Á S , c o s m o g r a p h e de Sa Majesté... et d e u x autres qui ont étudié par ordre de Sa dite Majesté, et qui dressent déjà des cartes avec per­ fection. Ce João TEIXEIRA A L B E R N Á S , qui est petit-fils de l'autre João TEIXEIRA, a v u aussi ce livre, et a reconnu toutes les fautes qu'il con­ tient, quoique ce livre soit l'œuvre de son grand-père.... » L e Rapport termine ainsi : « En peintures

somme,

je dirai que

et enluminures.

ce livre ne contient que

de

bonnes

»

C'est la dernière carte de l'Atlas de 1640, de João TEIXEIRA, q u e le P l é n i p o t e n t i a i r e F r a n ç a i s , e n 1856, et le savant D'AVEZAC, aussi­ tôt après, ont présenté c o m m e u n d o c u m e n t écrasant contre le B r é ­ sil. Sur cette mauvaise carte des b o u c h e s de l ' A m a z o n e , o n voit en effet le « Rio cação

das duas

do

V

te

Pison

conquistas

per donde

passa

a linha de

demar-

» à 13 lieues 1/2 d u C a p d e N o r d . 11

suffirait de rappeler ici q u e le R o i d ' E s p a g n e et de

Portugal

avait plus d'autorité que personne p o u r attribuer des

noms

aux

rivières de ses possessions en A m é r i q u e , et q u e , par Lettres P a ­ tentes d u 14 juin 1637, il avait déclaré q u e la rivière de Pinçon,

limite septentrionale de

Vincent

la Capitainerie qu'il venait

de

créer au C a p d e N o r d , se trouvait à 30, 35 ou 40 lieues de ce cap. Voir § 1874 et note à ce §.) Mais u n

rapide e x a m e n

question m o n t r e q u e la position du

Vincent

fausse que celle du

En

Cap

de

Nord.

de la carte en

Pinson

y est aussi

effet, sur ce cap le carto-


e

§§ 2501-2503 2501.

24 LECTURE

( 343 )

Le cosmographe anonyme de HENRI II (*), dans

sa mappemonde, assigne à la

Rivière

de

la lati­

Vincent

tude septentrionale de 2 degrés 20 minutes; mais il place cette rivière

à moitié

distance

de l'équateur et de

Parya.

Il s'en faut de beaucoup que ce soit là, c o m m e le dit M. le BARON DE BUTENVAL, page 79 des Protocoles, la position du Cap

du Nord.

Une circonstance enlève d'ail­

leurs à cette mappemonde toute valeur : c'est que, ainsi que nous l'avons vu au § 1734, son auteur ignorait tence même

2502.

l'exis-

de l ' A m a z o n e .

SYLVEIRA et GUADALAXARA, dans leurs textes,

attribuent au Vincent Pinçon la latitude septentrionale de 2 degrés; mais ils ne disent rien sur la distance de cette rivière au Cap d u Nord, ou à un point quelconque de l'Amazone. Ces deux auteurs ne se prêtent donc pas à une analyse rigoureuse, et on les réfute suffisamment en les rangeant parmi ceux qui traçaient la côte de la G u y a n e par un parallèle trop méridional. (§§ 1734, 1861). 2503.

CABOTO, ANDRÉ HOMEM, GABRIEL SOARES, TEY-

XEIRA, DUDLEY, VASCONCELLOS, ceux-là oui : A une latitude du Vincent Pinçon trop basse pour l'Oyapoc, ils ajoutent, avec toute clarté, une distance tellement courte entre le Vincent Pinçon

graphe a écrit : « Cabo do Norte em

et le

Cap

atlura de 2 graos do Norte »,

c'est-à-dire « C a p d e N o r d à la latitude de 2° Nord ». Avec l'échelle de lieues portugaises, de 17 1/2 au degré, tracée sur la carte, on vérifie que ce cap, qui devrait se trouver à 2° Nord, selon l'auteur, n'a été dessiné qu'à 12 lieues au Nord

de sa « L i n h a

Equino-

cial. » 11 se trouve donc par 0°41'08", c'est-à-dire, 1°18'52" plus au Sud qu'il ne devrait être. Il n'est donc pas étonnant que l'auteur, dans le seul but d'encadrer la rivière dans sa carte, ait fait subir à la limite du V i n c e n t P i n s o n , établie par son Souverain, u n déplace­ m e n t du m ê m e genre, qui confirme pleinement le jugement par M A N O E L PIMENTEL sur les travaux de ce dessinateur. (*) Voir note au § 2441.

porté


e

( 344 )

24

§ 2504

LECTURE

N o r d continental, qu'elle ne peut nullement convenir à la rivière du G a p d'Orange. C'est là l'argument le plus fort que l'on produira jamais contre l'assimilation de la rivière de V i n c e n t P i n ç o n à l'Oyapoc. Si cet argument restait sans réponse, la F r a n c e triom­ pherait

dans

la partie

spéculative de la question de

l'Oyapoc, c'est-à-dire dans la détermination du V i n c e n t P i n ç o n primitif. Mais voici la réponse du Brésil : 2504.

TEYXEIRA

(*),

DUDLEY, VASCONCELLOS

(**), ne sont

pas des autorités primitives. Ils n'appartiennent pas au xvi siècle, mais au siècle xvii, —

aux années 1640, 1661, 1663.

Ils sont postérieurs à MAZZA,

MERCATOR,

de

GÉRARD

à trois éditions de

à quatre éditions de

PLANCIUS

et V A N

MERCATOR,

à

RUMOLDUS MERCATOR

LANGREN,

WYTFLIET,

THEVET,

et

à

MICHEL

à cinq éditions

à six éditions de

THÉODORE e

D E B R Y , à douze éditions d'ORTELIUS, qui, au xvi siècle,

(*) Q u a n t à TEIXEIRA, voir la note au § 2500, surtout la partie finale de cette note. (**) L e P. SIMÃO D E VASCONCELLOS, de la S. de J., n'a jamais visité le N o r d d u B r é s i l . A ce Religieux le B r é s i l peut opposer u n autre, le P. JEAN PHILIPPE B E T T E N D O R F F , supérieur des missionnaires jésuites de la province d u M a r a n h ã o , laquelle comprenait l ' A m a z o n i e . D a n s sa Chronica

da

Companhia

de Jesus

no

Maranhão,

terminée en

1697, il place la rivière de V i n c e n t P i n s o n à 40 lieues d u C a p N o r d . L e Père JOÃO D E S O U Z A FERREIRA, d a n s son Noticiario hense, de 1685, et dans l ' A m e r i c a Abbreviada,

de 1693, place le C a p

d e N o r d à 2° 40' de latitude septentrionale, et le « ryo de Pinsão,

de

MaranVicente

por outro n o m e t a m b e m r y o F r e s c o », 40 lieues a u delà

de ce cap. e

U n autre Jésuite, le P. JOSÉ D E M O R A E S , celui-ci d u xviii siècle, donne

le Yapoco

N o r d . (Historia da Maranhão,

ou

Vicente

Companhia

liv. V I , chap. 5).

Pinçon de

Jesus

à 40 lieues d u na

Cap

extinta Provincia

de do


e

§§ 2505-2506

24

LECTURE

(

345 )

ont tous situé le Vincent Pinçon loin du Gap d u Nord, à la distance du Gap d'Orange. Ils sont m ê m e posté­ rieurs à

JODOCUS

HONDIUS,

qui au commencement

du

e

xvii siècle, en 1602, dans deux cartes différentes, donnait encore au Vincent P i n ç o n la m ê m e position que

GÉRARD

MERCATOR. GABRIEL

SOARES

mappemonde de

e

écrivait au xvi siècle; mais après la

MERCATOR,

après la cosmographie de

après huit éditions d'ORTELIUS,

THEVET.

Nous n'aurions donc à nous occuper que de d'ANDRÉ H O M E M ,

Mais

ANDRÉ

copiste) de

plus anciens que HOMEM

CABOTO

et

MERCATOR.

est un copiste (et très mauvais

C A B O T O (*).

C'est donc dans l'argument de L A

CABOTO

que réside la vraie force de

CONDAMINE.

C'est le crédit du pilote major d'Espagne qui en a imposé aux Portugais. Eh bien, prenons le taureau par les cornes. 2505.

SÉBASTIEN

avant

CABOTO,

GÉRARD

MERCATOR,

situait la rivière de Vincent P i n ç o n tout à côté de l'Amazone, à la place m ê m e du Carapapori? Mais cela ne serait concluant qu'à deux conditions : 1° Que, pour tous les autres points de l'Amérique, CABOTO

se distinguât par son exactitude :

2° Qu'avant

CABOTO

aucun géographe estimable n'eût

situé le Vincent Pinçon à la place de l'Oyapoc. Or, ces deux conditions manquent à 2506.

1° La mappemonde

de

CABOTO.

CABOTO

fourmille de

grosses erreurs. Sans parler de la baie de H u d s o n , dont M. M.

TYTLER

attribuent la découverte à

BIDDLE

SÉBASTIEN CABOTO

que celui-ci défigure monstrueusement, tandis que e

(*) Voir note sur A N D R É H O M E M (2 note au § 2498).

et et

GÉRARD


e

( 346 )

24

LECTURE

§ 2507

MERCATOR représente cette baie avec une exactitude mer­ veilleuse, probablement d'après le tracé de ses véritables découvreurs, les Portugais CORTE-REAL; sans parler du golfe de Saint-Laurent, découvert par JEAN CABOTO, accompagné de sonfilsSÉBASTIEN, alors tout jeune, et que celui-ci trace incorrectement, le bassin de la Plata, que SÉBASTIEN CABOTO avait exploré lui-même, déjà revêtu depuis longtemps de la charge de pilote major d'Es­ p a g n e , est représenté par lui d'une manière incroyable. Sa configuration du Paraná et du P a r a g u a y a besoin d'un commentaire; et la position qu'il donne au Rio de San

Salvador

et au Rio N e g r o , décèle chez lui une

négligence scandaleuse, pour ne pas dire une honteuse impéritie. CABOTO fait du S a n Salvador et du Rio N e g r o des affluents

directs

de

l'estuaire de

la Plata,

tandis que

ce

sont, avec l'évidence la plus matérielle, des affluents de l ' U r u g u a y ; et cependant CABOTO avait séjourné sur les bords de l'Uruguay, à l'embouchure du S a n Salvador (*). 2507.

2° Huit

ans avant

CABOTO, une grande autorité

espagnole situait le V i n c e n t P i n ç o n à la place m ê m e de l'Oyapoc. C'est ALONSO DE CHAVES.

Ce

géographe, longtemps laissé dans l'oubli, vient

d'être révélé par deux ouvrages posthumes : «

Disertacion

sobre

la Historia

de

la Nautica,

por

DON

MARTIN FERNANDEZ DE NAVARETE ». Madrid, 1846, in-4°; et «

Historia

General

y

Natural

de

las Indias,

Islas

y

(*) M . H E N R Y H A R R I S S E a détruit à jamais la fausse réputation de SÉBASTIEN C A B O T c o m m e cartographe, dans le chap. XI de John et Sebastian Cabot ( L o n d r e s , 1896). E n e x a m i n a n t cette m a p p e m o n d e de 1544, il est arrivé à cette conclusion : « Considered as a graphic exposition of geographical positions and forms, this planisphere must rank as the most imperfect of all the Spanish maps of the XVI century which have reached us. » (Ouvr. cité, p. 288). t h


e

§ 2507

24 LECTURE

Tierra-Firme

del Mar

Océano,

( 347 )

por el Capitan

NANDEZ DE OVIEDO Y VALDÉS, primer Mundo. con

Publicala

el códice

la Real Academia

original....

GONZALO FER-

Cronista

del

Nuevo

de la Historia, cotejada

TOMO PRIMERO de la Segunda

Parte, Segundo de la Obra.... Madrid. Imprenta de la Real Academia de la Historia.... 1852 ». In-folio, VII — 511 pages. Bibliothèque de l'Institut de France. Biblio­ thèque Impériale de Paris. NAVARRETE nous apprend, page 134, que ALONSO DE CHAVES était ment

de

professeur royal

de Cosmographie

à l'établisse-

Séville.

Et OVIEDO, écrivant en 1548, déclare, pages 149 et 150, que sa description détaillée du littoral américain est faite d'après la carte du cosmographe en

ALONSO DE CHAVES, construite

1536. La carte de CHAVES, encore inédite, perdue peut-être,

se supplée donc avec le texte d'Oviedo. Eh bien, OVIEDO, pages 122-124, 129, s'exprime en ces termes : « Cabo de los Esclavos, c'est la pointe de l'embou­ chure de la rivière Marañon, deux degrés et demi au Sud de la ligne. Mais l'entrée du M a r a ñ o n dans la mer n'est pas u n seul bras, c o m m e nous le dirons en traitant du voyage que fît sur cette rivière FRANCISCO DE ORELLANA.... La carte donne à cette embouchure vingt lieues...; dans laquelle embouchure il y a u n grand nombre d'îles.... Cette embouchure, qui est une des choses les plus remar­ quables que Dieu ait faites dans ce monde, a porté quel­ que temps le n o m de Mar dulce, parce que, à la basse mer, on puise de l'eau douce loin de la terre, le nombre de lieues que j'ai dit, et encore plus, à en croire VINCENT PINÇON, qui est celui qui a découvert cette rivière.... — C o m m e nous venons de le dire, le cap oriental de l'em­ bouchure du Marañon, appelé Cabo de los Esclavos, est


e

( 348 )

24

LECTURE

§§ 2508-2509

à deux degrés et demi au Sud de la ligne. Dans cette m ê m e latitude se trouve la pointe occidentale de la rivière; et d'une pointe à l'autre il y a, selon la carte moderne, u n e embouchure de vingt lieues, ou davantage. D e la pointe occidentale

de l'embouchure

du M a r a ñ o n

au

Cabo

situé sous la ligne, dans la partie occidentale d u

Blanco,

continent, il y a soixante lieues au Nordouest-Sudest.... —

Du

Cabo

Blanco

à la pointe n o m m é e del Placél

[du

banc étendu], située à 1 degré de ce côté-ci de la ligne, il y a u n e cinquantaine de lieues.... D e la pointe del Placél

au rio

Baxo,

situé à deux degrés et demi de ce

côté-ci de l'équateur, il y a soixante lieues, à l'OuestNord-Ouest; et dans ces soixante lieues, vingt lieues en deçà du cap, se trouve la rivière de Vincent —

Pinçon.

»

« Pero en estas sessenta leguas, veynte desta parte del

dicho C a b o , esta el rio de Vicente 2508.

Pinçon.

»

Les références d'Oviedo à la découverte par

VINCENT PINÇON et à la navigation par ORELLANA, et sa synonymie de Marañon Marañon

et Mer

douce,

montrent que le

de CHAVES était, c o m m e celui de MERCATOR,

l'Amazone. Et les latitudes égales

qu'il donne aux deux pointes

délimitatives de l'embouchure de l'Amazone, combinées avec les îles occupant cette embouchure, montrent que la borne guyanaise de l ' A m a z o n e était pour CHAVES, c o m m e pour MERCATOR, la pointe Jupati, Donc, le Cabo

Donc, le Cabo Cachipour,

était pour CHAVES, c o m m e pour

Blanco

MERCATOR, le Cap Nord del

portée trop au Sud.

continental. Placél

était pour CHAVES le C a p

de qui BELLIN nous dit, page 272 : « Proche

de ce Cap il y a u n banc de vase qui s'étend l'espace de cinq à six lieues au large. » 2509. çon

vingt

Or ALONSO D E CHAVES situait le V i n c e n t Pin­ lieues espagnoles

au Nord

du

Cap

Cachipour,


e

§§ 2510-2513 soixante-dix

24 LECTURE

lieues espagnoles,

( 349 )

environ, au nord du Cap

du

Nord.

Et il agissait de la sorte en 1536, huit ans avant CABOTO. 2510.

Donc, le Vincent P i n ç o n primitif n'était pas

le Carapapori,

à neuf

lieues espagnoles

du

Cap

Nord

continental. C'était, nécessairement, l'Oyapoc,

la rivière du

Cap

d'Orange.

2511.

Veut-on que le Cabo

del

Placél

soit le Gap

d'Orange, où il se trouve aussi un grand banc, et que le Vincent P i n ç o n de CHAVES soit Alors le Traité d'Utrecht une grande erreur, —

l'Approuague?

aurait commis réellement

mais au détriment du Brésil.

Alors, si l'on devaitfixerla limite franco-brésilienne, non au Vincent Pinçon d'Utrecht, mais au Vincent P i n ç o n primitif, il faudrait étendre la frontière du Brésil quelques lieues au Nord de l'Oyapoc. 2512.

Mais il n'y a pas à toucher au Traité d'Utrecht.

Le Vincent P i n ç o n primitif porte en lui-même la marque la plus distinctive de la rivière du C a p d'Orange. Ce sont ses MONTAGNES.

2513.

Après avoir n o m m é

la rivière de

Vincent

Pinçon, OVIEDO, page 129, faisant sa description à SaintD o m i n g u e , au Nord de l'Oyapoc, selon la carte d'ALONSO

DE CHAVES, ajoute immédiatement, avec la seule inter­ position d'une virgule, « y mas acá estan las MONTAÑAS », « et plus en deça se trouvent

les MONTAGNES. »

Or, rappelons-nous que LAURENT KEYMIS, au mois de mars 1596, explorant la côte de la G u y a n e depuis l'Ama­ zone, n'aperçut des montagnes

qu'à la hauteur du C a p

d'Orange. (§ 1176). Ouvrons la relation

de FROGER, et nous y lirons,

pages 152-153 : « Le 27 [août 1696]. à la pointe du jour, nos Pilotes se faisant encore à plus de 60. lieuës de terre, nous vîmes les eaux jaunes, bourbeuses; & ceux


e

( 350 )

24

LECTURE

§ 2513

qui furent curieux d'y goûter, nous dirent, qu'elles étoient tant soit peu douces : ce qui nousfitjuger que nous devions être à l'embouchure du fameux fleuve des A m a z o n e s , qui par sa rapidité conserve la douceur de ses eaux prés de vingt lieuës en Mer. Nous courûmes sur la terre jusqu'à trois heures aprés midy, que nous vîmes u n e Côte plate, unie & boisée, où nous mouillâmes vers les six heures du soir. —

Le 2 8 & et le 29. nous suivîmes la Côte à trois &

quatre lieuës de terre, sans trouver jamais plus de cinq à six brasses d'eau. —

Le 30. sur les sept heures du matin,

nous reconnûmes le C a p d'Orange, à voir dans

le fond

Consultons la

où nous

commençâmes

des terres des MONTAGNES. » Description

géographique

de

la

Cuiane

par BELLIN ; et nous y lirons, page 273 : « E n approchant du C a p d'Orange, on découvre par dessus le bout qui fait l'entrée de la Riviere d ' O y a p o k o plusieurs

montagnes.

Ce Cap se reconnoît encore mieux par u n e pointe coupée du côté de la Mer, qui est plus élevée que la terre du SudEst dudit Cap; et par plusieurs pointes de montagnes

assez

hautes, qui paroissent séparées les unes des autres, d'au­ tant plus remarquables que terres que Von

découvre

venant

ce sont du Cap

Consultons, dans les Annales semestre de 1851, les Instructions sur les côtes de la Guyane,

LES PREMIÈRES de Nord.

Hydrographiques, nautiques

hautes

»

pour

second naviguer

par M . T A R D Y DE MONTRAVEL;

et nous y lirons : Page 8 2 : « La côte de la G u y a n e française [française!], depuis le cap N o r d jusqu'au cap d ' O r a n g e , est basse, quelquefois noyée, et n'offre partout à l'œil qu'un rideau de palétuviers de médiocre hauteur qui ont pris racine dans les vases projetées au large par les courants. — D u cap d ' O r a n g e

à la rivière Iracoubo, l'aspect général

change. Quelques

montagnes

et mamelons

isolés appa­

raissent en arrière des terres basses qui bordent la côte, et du large offrent l'apparence d'îles détachées »;


e

§ 2514

24 LECTURE

( 351 )

Page 85 : « Dans le N.-N.-O. de la rivière C a r s e w è n e , on aperçoit, au-dessus des palétuviers de la côte et à petite distance dans l'intérieur, un petit plateau couvert d'arbres plus élevés que ceux qui les avoisinent, et qui, dominant ces terres noyées, présente, vu de large, l'apparence d'un morne. O n l'appelle mont Mayé, et c'est, depuis le cap N o r d jusqu'à celui d'Orange, le point le plus reconnaissable de la côte » ; Page 86 : « Le bord occidental de l'Oyapoc présente, en arrière des terres basses et en partie noyées qui limitent la côte, plusieurs mornes ou

qui s'aperçoivent

montagnes

du large bien avant que l'on ait connaissance de celles-là. Elles offrent alors l'apparence d'îles isolées, et sont les premiers anneaux de la chaîne de

qui occupent

montagnes

l'intérieur de la G u y a n e , depuis l'Oyapoc jusqu'à la rivière de C a y e n n e . » Consultons, dans la

Revue

Coloniale

d'août 1858, la

grande carte de M. DE SAINT-QUANTIN. La seule éléva­ tion que nous voyons

entre l'Amazone

et l'Oyapoc,

c'est

le mont Mayé,| à demi-distance des deux fleuves, dont il est séparé, au Sud et au Nord, par de vastes marécages. Le premier l'Oyapoc

groupe

occidentale de la

Mont

Cap

la baie d'Oyapoc

bord de la mer, entre la Approuague

: Montagne

: Montagne

baie

d'Argent,

la pointe occidentale

d'Orange,

: Montagne

qu'aprés

formant la pointe

Lucas,

rivière d'Oyapoc

formant, en face du de

ne se montre

de montagnes

et ce sont :

de

Coumarouma,

et la rivière

d'Oyapoc

de Carimaré,

au

à petite distance

de la côte et du bord oriental de l ' A p p r o u a g u e : tagnes

de l'Observatoire,

Mon-

un peu plus dans l'intérieur, et

occupant la plus grande partie de l'espace entre

l'Oyapoc

et l ' A p p r o u a g u e .

2514. montagnes ment

Sur la carte d'alonso DE CHAVES,

les

au Nord de l'Amazone se trouvent

après la rivière de

Vincent-Pinçon.

premières immédiate-


e

( 352 )

24

LECTURE

Et sur le terrain, c'est les premières

après

l'Oyapoc,

que se trouvent effec­

entre cette rivière et l'Approuague,

tivement

§§ 2515-2518

immédiatement

au Nord de |l'Âmazone.

montagnes

Le m o n t Mayé, insignifiant par sa petitesse, ne frappe point les navigateurs. O n ne lui a jamais donné la qualifi­ cation de

encore moins a-t-on pu lui appliquer

montagne;

le pluriel 2515.

montagnes.

Il n'y a pas à en douter :

Le V i n c e n t P i n ç o n primitif n'était ni au Nord ni au Sud de l'Oyapoc ; C'était, au juste,

l'Oyapoc

lui-même,

c o m m e le Vin­

cent P i n ç o n de MERCATOR, c o m m e le V i n c e n t P i n ç o n du Traité d'Utrecht. 2516.

Cette conclusion serait irréfragable, quand bien

m ê m e il y aurait impossibilité de réduire à l'Oyapoc le Vincent

Pinçon

de

CABOTO, postérieur à

celui de

CHAVES. Mais —

splendide manifestation de la vérité ! — le Vin­

cent P i n ç o n de CABOTO, malgré sa grande proximité de l'Amazone, n'est réellement, lui aussi, que

l'Oyadoc.

Car il porte, lui aussi, c o m m e le V i n c e n t P i n ç o n de CHAVES, la marque la plus distinctive de la rivière du C a p d'Orange. 2517. nanes,

Oui, immédiatement au Nord de

rio

la carte de CABOTO présente le n o m de

de

uince-

montagnas.

Donc, de deux choses l'une : O u la carte de CABOTO ne mérite aucune confiance ; O u le rio de uincenanes

2518.

est l'Oyapoc.

Après les témoignages de KEYMIS, de FROGER,

de BELLIN, de M . DE MONTRAVEL, de M. DE SAINT-QUENTIN, ce dilemme ne nous laisse qu'une seule ressource, celle d'expliquer c o m m e n t CABOTO a p u faire de la rivière du C a p d'Orange une rivière du C a p d u N o r d . Or voici la solution du problème.


e

§ 2519

24 LECTURE

( 353 )

2519. La latitude trop méridionale et le peu de lar­ geur données par les géographes au Marañon, avaient fait commettre à DIOGO LEITE, en 1531, l'erreur de prendre le Maranhão actuel pour le Marañon véritable. Cette méprise de l'explorateur portugais fut cause que le Roi JEAN III, dans le partage qu'il fit de la côte brési­ lienne, s'imaginant accorder à l'illustre BARROS et à ses associés le véritable Marañon, ne leur accorda, en réalité, que le Maranhão

actuel.

La renommée du naufrage de la grande expédition d'AYRES DA CUNHA, où BARROS avait engagé sa fortune et ses fils, et dont quelques débris s'étaient échappés, en 1536 et en 1538, dans les îles espagnoles de Saint-Do­ m i n g u e et Porto-Rico, répandit en E s p a g n e l'erreur portugaise. Et la confusion fut portée à son comble en 1542, par le voyage d'ORELLANA. ORELLANA trouva que la grande rivière qu'il venait de descendre, se jetait dans la mer sous l'équater, et que la largeur de son embouchure était de plus de quarante lieues espagnoles. Cela ne cadrait point avec le graphes. Large de deux

vingt et quelques

degrés et demi

AU

SUD

DE

des carto­

Marañon

lieues seulement, et situé à LA

LIGNE, le Marañon

des

cartographes semblait être évidemment celui de DIOGO LEITE. Aussi HERRERA dit-il, Décade 6, livre 9, chapitre 6, qu'ORELLANA alla rendre compte au Roi de sa découverte, « en assurant que ce n'était pas la rivière M a r a ñ o n », « certificando, que no

era el rio Marañon.

»

Bien que suivi en 1553 par GÔMARA et en 1563 par son copiste GALVÃO, cet avis de CABOTO ne fut pas goûté par tout le monde. Le docte OVIEDO, qui venait d'entendre de la bouche T. II 23


e

( 354 )

2 4 LECTURE

§ 2519

m ê m e d'ORELLANA le récit de son voyage, en fit le sujet d'une lettre au

cardinal BEMBO, datée de

Saint-Do­

m i n g u e le vingt janvier 1543; et une traduction italienne de cette lettre parut en 1556, dans le troisième volume du recueil de RAMUSIO, sous le titre suivant : « La Nauigatione del grandissimo fiume En

1548, c o m m e

Maragnon

».

nous venons de le voir (§§ 2507-

2508), le m ê m e OVIEDO appliquait encore le n o m de

Mara-

ñon à la rivière parcourue par ORELLANA. E n 1569, c o m m e nous l'avons vu au § 1646, le savant MERCATOR gravait sur sa m a p p e m o n d e cette inscription : « Le fleuve Marañon

a été découvert par VINCENT

YAÑEZ PINÇON en l'année 1499, et il a été parcouru en l'année 1542 par FRANÇOIS ORELLANA

dans l'espace de

8 mois, pendant 1660 lieues, presque depuis sa source jusqu'à son embouchure; il conserve la douceur de ses eaux jusqu'à 40 lieues en mer. » —

« M a r a ñ o n fluuius

inuentus fuit à VINCENTIO Y A ñ E Z PINÇON an : 1499, & an : 1542 totus a fontibus fere ad ostia vsque

nauigatus

a FRANCISCO OREGLIANA leucis 1660 mensibus 8. dulces in mari seruat aquas ad 40 leucas. » En

1589, CASTELLANOS, dans ses

illsustres

de

Indias,

Elegias

de

varones

décrivant le fleuve parcouru par

ORELLANA, critiquait, en ces vers, page 339, sait que ce fleuve n'était pas

le Marañon

celui qui

pen-

:

« La m a d r e dei os tal y tan extensa que no la vio mayor hombre viviente, y ansi por ser grandeza tan inmensa m a r d u l c e le llamamos c o m ú m e n t e . y dizen sar engaño no ser et Marañon

del que

piensa

esta creciente. »

Encore en 1745, LA CONDAMINE écrivait dans sa rela­ tion, pp. 9-10 : « Les Géographes qui ont fait de zone

&

du Marañon

l'Ama-

deux rivieres différentes, trompés

c o m m e LAET, par l'autorité de GARCILASSO et d'HERRERA,


§ 2519

e

24

LECTURE

( 355 )

ignoroient s a n s doute q u e non-seulement les plus anciens Auteurs Espagnols originaux appellent celle dont nous parlons Marañon, dès l'an 1513, mais qu'ORELLANA luim ê m e dit dans sa relation, qu'il rencontra les Amazones en descendant le Marañon, ce qui est sans réplique. » Mais CABOTO, frappé des observations d'ORELLANA, s u r la largeur et la latitude du grand fleuve, réserva le n o m de Maragnon pour la baie que le naufrage d'AYRES DA CUNHA avait rendue célèbre, et représenta sous l'équateur le corps immense et l'immense embouchure du Rio de

las

Amazonas.

A un point de vue c'était un grand progrès. Malheureusement, ce progrès fut mêlé d'une erreur énorme, qui jette un grand trouble dans la carte de CABOTO, et qui explique pourquoi le savant MERCATOR et le savant ORTELIUS n'ont pas adopté le perfectionnement introduit par le pilote major de CHARLES-QUINT. Malgré sa latitude trop méridionale, malgré son embou­ chure trop étroite, le Marañon de RIBEIRO et de CHAVES était le m ê m e fleuve à qui CABOTO donnait pour la première fois le n o m de Rio de las Amazonas. E

Nous avons déjà v u à la 15 lecture (§§ 1630-1652) des preuves décisives de ce fait; et en voici une autre. RIBEIRO en 1529, CHAVES en 1536, situaient la pointe occidentale du Marañon au Sud de la ligne, l'un à un degré, l'autre à deux degrés et demi; ils donnaient à l'embou­ chure du Marañon vingt et quelques lieues de largeur ; ils plaçaient au NORD-OUEST de cette embouchure, sous LA LIGNE, le Cabo B l a n c o : et entre cette embouchure et le Cabo Blanco, RIBEIRO écrivait Costa de paricura. Eh bien! dans une carte faite à G è n e s en 1519, par VESCONTE DE MAIOLLO, et publiée en 1859 par M. KUNSTMANN, SOUS le n° 5 de son Atlas, on voit, à la latitude de près de deux degrés SUD, une embouchure de vingt et quelques lieues de large: on lit sous L'ÉQUATEUR, au NORD-


e

( 356 )

24 LECTURE

§ 2520

OUEST de cette embouchure, le n o m de C. branco;

on

lit entre cette embouchure et le Cabo b r a n c o le n o m Costa

et pour n o m de cette embouchure,

de paricuria;

on lit La mare

dolce.

Or la Mer Douce

a toujours été l ' A m a z o n e .

Il est donc clair que CABOTO aurait dû reconnaître dans le fleuve d'Orellana le Marañon

de RIBEIRO et CHAVES.

Et, u n e fois convaincu de cette identité, il aurait senti le besoin de remettre à leur vraie place, beaucoup Nord, mais

plus

au

non-seulement le M a r a ñ o n de ses prédécesseurs, encore

les alentours

de ce fleuve.

Mais, égaré par la fausse latitude assignée au M a r a ñ o n , et par la récente application de ce n o m à la baie qui l'a gardé, CABOTO crut que le Marañon

de ses prédécesseurs

n'était autre chose que cette baie, et que le fleuve par­ couru par ORELLANA était resté tout-à-fait inconnu jus­ qu'en 1542. Il le crut tout de bon; car le n o m donné par lui au grand fleuve, n'est pas simplement Rio de las Amazonas c'est Rio de las amazonas

q descubrio

;

FRANCISCO DE ORILLANA.

Et dans cette persuasion, CABOTO fourra l ' A m a z o n e dans sa carte sans toucher à aucune

des latitudes de

RIBEIRO

et CHAVES. Mais l ' A m a z o n e n'est pas une ligne sans largeur. Et CABOTO, exagérant étrangement l'estimation d'ORELLANA, étendit l'embouchure du grand fleuve à plus de soixante et dix lieues espagnoles de large, en lui pour

borne

avaient

orientale

situé sous

le seul

l'équateur,

point

donnant

que RIBEIRO et C H A V E S

c'est-à-dire le Cabo

Blanco.

La conséquence d'un pareil procédé était inévitable. La rivière de Vincent P i n ç o n , placée par CHAVES à soixante et dix lieues environ du C a b o Blanco, c'est-àdire du C a p N o r d continental, se trouva forcément, dans la carte de CABOTO, tout à côté de ce cap. 2520.

Mais le mot montagnas,

heureusement conservé


e

§§ 2521-2524

24

LECTURE

( 357 )

par CABOTO immédiatement au Nord de la rivière de Vin­ cent Pinçon, proteste de la manière la plus efficace contre un pareil agencement. Ce mot nous révèle une des plus grandes énormités de la carte si défectueuse de CABOTO, et nous force à recon­ naître dans le Vincent Pinçon du pilote major de Castille, c o m m e dans celui de CHAVES, L ' O y a p o c . 2521.

Les voilà dissipées enfin les apparences spé­

cieuses qui faisaient croireàtout le m o n d e que le Vincent P i n ç o n des anciennes cartes n'était pas la rivière du C a p d'Orange. Elles se sont évanouies devant ces quatre considéra­ tions : Que

les LATITUDES des anciennes

cartes sont TROP MÉRI-

DIONALES; Que

le M A R A ñ O N

des plus

Z O N E , bornée par les pointes

Que

anciennes

Tigioca

et

cartes est l ' a M A Jupati;

le CABO B L A N C O des plus anciennes

caries est le CAP

N O R D continental ; Que

les premières

l'Amazone,

MONTAGNES qui existent au Nord

ce sont celles du bord occidental

de

de L'OYAPOC.

2522. Chez MERCATOR et chez ORTELIUS, maîtres illus­ tres de presque tous les géographes de la seconde moitié e

du xvi siècle, on ne doit pas s'arrêter à la seule latitude du Vincent Pinçon;il faut considérer aussi le rapport de cette latitude avec celle de l'Amazone. La distance du Vin­ cent Pinçon au C a p d u N o r d fait alors découvrir claire­ ment dans ce fleuve celui du Cap d'Orange. 2523.

CABOTO, antérieur à MERCATOR, nous refuse ce

m o y e n de correction ; mais il nous fournit à son tour, dans les montagnes

du Vincent Pinçon, un autre m o y e n de

correction également infaillible. 2524.

Et ces deux

caractères du fleuve du C a p

d'Orange, — sa distance du Cap d u Nord, les montagnes


e

( 358 )

2 4 LECTURE

de son bord occidental, —

se trouvent réunis sur le Vin­

cent P i n ç o n dans la carte de CHAVES, Caboto,

§§ 2525-2529

antérieure

à celle de

et inconnue à tous ceux qui se sont jusqu'ici

occupés de la 2525.

question

CHAVES dit

de

l'Oyapoc.

Marañon

et non pas Amazone.

Mais

qu'est-ce que cela fait, quand il est démontré, par des preuves irréfragables, que le M a r a ñ o n n'était autre que l'Amazone

même?

2526. CHAVES, c o m m e CABOTO, c o m m e MERCATOR, c o m m e ORTELIUS, place le V i n c e n t P i n ç o n à une latitude trop méridionale pour le fleuve du C a p d'Orange, situé à quatre degrés et quelques minutes. Mais qu'est-ce que cela fait, quand nous savons qu'encore en 1732 le Chevalier DE MILHAU, décrivant ex professo la G u y a n e Française, assignait au G a p d'Orange, au CAP D'ORANGE nominativement, la latitude de deux degrés? (§ 2330).

2527. Tels étaient, quand ce travail a été entrepris, les motifs qui autorisaient à voir dans la question de l'Oyapoc u n exemple remarquable de la réduction de la multiplicité à l'unité, et à conclure que le V i n c e n t Pin­ ç o n des anciennes cartes, malgré la variété de ses aspects, est toujours la rivière du G a p d'Orange. 2528. Mais depuis lors, cette conclusion a été bénie par l'apparition d'une preuve qui satisfera pleinement ceux m ê m e s qui n'admettent l'égalité de deux figures géomé­ triques qu'après les avoir superposées l'une à l'autre. 2529.

Dans son

Atlas

Entdeckungsgechite

Amerikas,

publié à M u n i c h en 1859, et en vente à Paris chez FRANCK et chez KLINCKSIECK, M. K U N T S M A N N a inséré, en fac-simile, la partie américaine d'un magnifique Atlas portugais des­ siné en 1571, — l'Atlas de FERNÃO VAZ DOURADO, déjà décrit sommairement par M. DE VARNHAGEN, en 1839, dans le troi-


e

§ 2529

24 LECTURE

( 359 )

sième volume du traité de géographie de M. URCULLÛ (*). Une carte de DOURADO, la feuille IX de M. KUNSTMANN, E

va de l'équateur au 47 degré de latitude Nord. Une autre carte, la feuille X de M. KUNSTMANN, va de 34 degrés Sud à 14 degrés Nord. Eh bien ! dans chacune de ces deux cartes, les superbes fac-similes de M. KUNSTMANN nous montrent ceci : DOURADO représente à sa vraie place l'Amazone, sous le n o m m ê m e de Rio

d'Amazonas.

Il représente, sans nom, mais de la manière la plus évidente, le Gap N o r d continental. Il représente sur le littoral de la G u y a n e une rivière portant le n o m de R.° de V.

te

pinçõ.

Et cette rivière est ainsi caractérisée, 142 ans avant le Traité d'Utrecht : Distance du Cap N o r d continental, cinquante espagnoles,

c'est-à-dire, la vraie distance du Cap

lieues

Nord

continental àl ' O g a p o c: Immédiatement à l'Ouest de son bord occidental, le mot montanhas,

c'est-à-dire, une indication matérielle qui

ne convient qu'à Latitude minutes,

l'Oyapoc;

de son embouchure, quatre degrés et quelques

c'est-à-dire, la vraie latitude de

l'Oyapoc.

(*) L'Atlas de 1580, à M u n i c h , n'est pas u n e copie de ceux de L i s b o n n e , de 1571 (Torre do T o m b o ) et 1568 (Palais d'Ajuda). Voir 2 note au § 2498, e


25

( 360 )

e

VINGT-CINQUIÈME

Voyage

2530.

de

§ 2530

LECTURE

Vincent

LECTURE

Pinçon.

« Il est démontré que ce navigateur n'a pris

terre en aucun endroit au Nord de l'équateur jusqu'à son arrivée à l'embouchure de l'Orénoque. » Ainsi s'exprimait BUACHE en 1797, pages 17, 23, 27, 29, 38, de son Mémoire à l'Institut. (§ 689.) Et M . DE MONTRAVEL répétait en 1847 : « Ce mouillage [dans l ' A m a z o n e ] , le seul qu'il prit sur toute la côte, jusqu'aux bouches de l'Orénoque. » Et M . DE BUTENVAL en 1856, page 141 des Protocoles* : « Il résulte des dépositions de VINCENT PINSON et de ses compagnons... que VINCENT PINSON, après avoir reconnu l'Amazone..., reprit la m e r pour ne plus aborder qu'à l'Orénoque.... — Il n'a plus repris terre qu'a l'Orénoque. Donc son n o m donné à l'Oyapoc du quatrième degré et demi n'est qu'une fantaisie. » Et M . D'AVEZAC en 1857, page 164 du Bulletin, 76 du tirage à part : « A u c u n récit, aucun témoignage ne donne (*) Procès-verbal de la 11° séance, § X X des allégations d u Plé­ nipotentiaire Français.


§§ 2531-2534

e

25

LECTURE

( 361 )

lieu de croire que l'expédition ait, dans cet intervalle [de l'Amazone à Paria], abordé sur quelque point que ce soit du littoral, et la carte de LA COSA n'offre notamment aucune indication de rivière entre l'Amazone et l'Essequibo, ce qui montre suffisamment que l'on naviguait à distance assez grande pour n'en point apercevoir. » 2531. Mais ces assertions sont contredites en ces termes, par NAVARRETE, Colleccion de los Viages, tome III, page 21 : « Après avoir revu l'étoile polaire, YAñEZ suivit la côte du continent pendant près de trois cents lieues jusqu'au golfe de Paria. Il toucha, en passant, à différents parages. » — « Ya recobrada la vista de la estrella polar sigue YAñEZ la costa del continente al pie de trescientas leguas hasta el golfo de Paria. Tocó de paso en varios parages.

»

Et M. DE SAINT-QUANTIN, s'appuyant sur le docte Espa­ gnol, n'a pas hésité à écrire ces lignes, page 317 de la Revue Coloniale de septembre 1858, page 70 du tirage à part : « Il est clairement établi que VINCENT PINÇON a relâché sur plusieurs

points de la côte de la Guyane.

»

2532. Malgré l'autorité de NAVARRETE, c'est trop hasarder que de donner pour indubitable une relâche de VINCENT PINÇON sur un point quelconque de la G u y a n e , entre l'Amazone et Paria; car, ainsi que le rappelle M. D'AVEZAC, une pareille relâche n'est encore établie par aucun témoignage contemporain. 2533. Mais, si une relâche de VINCENT PINÇON sur le littoral de la G u y a n e est encore problématique, on ne peut nullement révoquer en doute qu'il n'ait, du moins, rangé ce littoral d'assez près pour y faire des découvertes. 2534. Ceci est établi nettement par deux témoignages contemporains, de toute valeur. Ce sont les dépositions de deux compagnons de VINCENT PINÇON, publiées par NAVARRETE, en 1829, dans le tome troisième de sa précieuse collection, pages 552, 548.


e

( 362 )

25

LECTURE

§§ 2535-2537

M A N U E L DE VALDOVINOS, le 19 septembre 1515 : « E n sortant de là [de l'Amazone], ils s'en allèrent jusqu'à Paria. » —

« é de allí salieron é fueron

côtoyant costeando

fasta Pária. » ANTON H E R N A N D E Z CALMENERO, le 25 septembre 1515 : « E n sortant de ce grand fleuve, ils s'en allèrent tout

le long

de

Paria. » — descubriendo

la côte du

continent

découvrant

jusqu'en dedans de

« é de aquel rio grande salieron é fueron por

la costa adelante

por

la tierra firme

fasta

dentro de Pária. » 2535.

VINCENT PINÇON a donc pu découvrir et le Cara-

papori et l'Oyapoc. 2536.

A-t-il découvert

le

Carapapori?

2537.

Trois considérations empêchent de le croire.

1° Si la rivière de Carapapori avait été découverte en 1500, elle ne serait pas restée

inconnue

jusqu'au 2 8 avril

1745, c o m m e il est avéré par la lecture 17, titre 61. 2° Le Carapapori se trouvait masqué

par l'île de

M a r a c á ; les navigateurs ne pouvaient apercevoir cette rivière qu'en rasant la terre ferme ; et VINCENT PINÇON, qui n'avait point pour objet une exploration minutieuse, a dû prendre l'île de M a r a c á pour u n e partie du continent et la laisser à gauche. 3° Le canal angulaire de M a r a c á , au s o m m e t duquel débouche le Carapapori, est d'une navigation trop dan­ gereuse pour avoir permis à VINCENT PINÇON de s'engager jusqu'à cette rivière. Nous avons déjà vu, au § 1185, une description pitto­ resque de ce danger, faite en 1611 par l'Anglais HARCOURT. Et voici des témoignages modernes, dans le m ê m e sens, par des explorateurs français : — Guyane

Journal

d'un

Française,

voyage par

sur

la

côte méridionale

CH. P E N A U D , lieutenant

de

de

la

vaisseau,


e

§ 2538

25 LECTURE

commandant Avril

( 363 )

la goëlette « La Béarnaise

1836; dans les Annales

Maritimes

». Février, Mars et Coloniales,

et

tome

quatrième, de 1836. — Page 441 : «Guidés par des pêcheurs brésiliens, quelques caboteurs, venant de C a ï e n n e et allant dans l'Amazone, ont doublé Maraca, en passant par le canal de Tourlouri : cette navigation est très-im­ prudente, et je ne la conseillerais pas, m ê m e sur les plus petits bâtiments, à ceux qui ne connaissent pas cette côte. » —

Mémoire

sur la partie

de la Guyane

qui s'étend entre

l ' O y a p o k etl ' A m a z o n e ,et sur la communication zone

au

lac Mapa

par

de l ' A m a -

signé

la rivière Saint-Hilaire,

« REYNAUD, enseigne

de vaisseau

Société de Géographie

de Paris,

» ; dans le Bulletin de la

tome premier, de 1839. —

Pages 17 et 18 : « A l'époque des équinoxes, la différence de niveau entre la pleine et la basse mer, est de 50 pieds dans le canal de Maraca, et de 42 pieds dans les rivières de M a p a et de Conani; elle n'est plus que de 9 pieds devant C a y e n n e ; enfin, dans l'Amazone, à Mischiane et Caviane, j'ai trouvé dans m o n voyage, fait précisément à l'époque des équinoxes, qu'elle est de 15 pieds; l'eau, à la haute mer, y est douce, pas m ê m e saumâtre. O n conçoit aisément les courants que de telles variations doivent produire. Dans le canal de M a r a c a surtout, ils sont ter­ ribles et en rendent la pratique très dangereuse pour les bâtiments à voiles. En nous y rendant au mois de sep­ tembre 1837 avec le bateau à vapeur

le Coursier,

à l'époque

des grandes marées, nous trouvâmes des courants de huit et neuf milles à l'heure, qui, entrant dans le canal par les deux embouchures à la fois, se précipitant l'un contre l'autre avec toutes sortes de variations dues aux saillies de la côte, déterminaient des remous d'une force extraor­ dinaire.... A mer basse, le fond demeure à découvert en plusieurs endroits sur une vaste étendue, et l'île de M a r a c a est presque momentanément réunie au continent. » 2538.

Sur quoi se basent donc ceux qui allèguent le


e

( 364 )

25

LECTURE

§§ 2539-2541

voyage de VINCENT PINÇON pour appliquer à la rivière de Carapapori le n o m de ce navigateur? 2539.

Ils se basent sur ces trois points :

Que c'est devant l'Araguari qu'a eu lieu le mouillage amazonien de VINCENT PINÇON ; Q u e l'Araguari avait autrefois pour embouchure, et même

pour embouchure principale,

la rivière de Cara­

papori ; Q u e le canal de M a r a c á , où se jette le Carapapori, a toujours porté le n o m de Baie de Vincent 2540.

Pinçon.

Mais ces trois points manquent de consistance.

Nous avons déjà vu à la douzième lecture, §§ 1171-1206, la fausseté du second. Et nous allons nous convaincre également de la faus­ seté des deux autres. Mouillage

2541.

de

Vincent

Pinçon

dans

l'Amazone.

M. DE MONTRAVEL, REvue Coloniale

pages 409-410, Annales

Maritimes

d'août 1847,

et Coloniales

du

même

mois, 171-172 : « Je vois dans les historiens qui ont écrit le voyage et les découvertes de VINCENT PINÇON [au bas de la page,

ROBERTSON, BERREDO, GALVAÕ, BEAUCHAMP, W A -

SHINGTON-IRVING] que ce navigateur, sorti de Palos avec quatre navires, découvrit la côte du Brésil le 26 jan­ vier 1500; qu'il aperçut la terre à grande distance et y débarqua pour en prendre possession au n o m de la cou­ ronne d'Espagne; qu'il prolongea la côte, cherchant une rivière pour abriter ses navires, et qu'il fut repoussé avec pertes par les Indiens habitant le bord d'une rivière dans laquelle il avait envoyé ses embarcations. J'y vois que, quittant cette côte inhospitalière, il fit route au N. O., et qu'après avoir fait quarante lieues à ce r h u m b de vent, il trouva l'eau de m e r si douce qu'il remplit ses futailles; qu'étonné de ce p h é n o m è n e à une aussi grande distance de la côte, il se rapprocha de la terre et mouilla dans le


§ 2541

e

25 LECTURE

( 365 )

voisinage de la ligne, au milieu d'un groupe d'îles ver­ doyantes et à l'embouchure d'une grande rivière; que pendant le séjour, enfin, qu'il fit dans ce mouillage, le seul qu'il prit sur toute la côte jusqu'aux bouches de l'Orénoque, il éprouva un phénomène de marée qui mit tous ses navires dans le plus grand danger. — Voyons, d'après ce récit succinct, ce que peut être la rivière Vin­ cent-Pinçon. Il m e paraît qu'en l'étudiant de bonne foi, on ne peut se refuser à l'évidence, que ce n'est autre que la rivière Araouari, si ce n'est le fleuve des A m a z o n e s lui-même; et, en effet, sans parler de la circonstance du voisinage de la ligne, qui donne cependant quelque force à m o n opinion, examinons si quelque point de la côte d'Amérique, depuis le cap Saint-Augustin jusqu'à l'Orénoque, présente le concours des trois circonstances remarquables citées par VINCENT PINÇON : de la présence de l'eau douce à quarante lieues au large de la côte, d'un phénomène de marée capable de mettre des navires en danger, et enfin d'un groupe d'îles verdoyantes à l'entrée d'une grande rivière. J'avoue que nulle part, si ce n'est à l'embouchure de l'Amazone, je n'ai remarqué la coïnci­ dence de ces trois faits, qui m e semble devoir exclure toute discussion et trancher la question. Ce fleuve seul déverse à la mer une assez grande masse d'eau pour écarter de la côte le grand courant général que, partout ailleurs que dans le vaste entonnoir formé par ses bouches, on rencontre assez rapproché des côtes. Dans cet espace de mer compris entre le cap M a g o u a r y et le cap Nord, on rencontre l'eau du fleuve projetée au large sans m é ­ lange sensible avec l'eau de la mer, tandis que je n'ai re­ marqué, à l'embouchure d'aucune rivière autre que celle des A m a z o n e s , les eaux être douces à six milles au large de la côte. — En second lieu, on ne remarque, nulle part ailleurs qu'aux environs du cap Nord, un phénomène de marée capable de mettre un navire en danger, phénomène


( 366 )

e

25

LECTURE

§ 2541

appelé par les Indiens prororoca et observé par M. DE LA CONDAMINE. — Le prororoca se fait sentir dans toute sa violence dans lé canal de C a r a p a p o u r i et à l'embou­ chure de la rivière d'Araouary, près de laquelle VINCENT PINÇON a dû mouiller, puisque, près de cette rivière seulement, est u n groupe d'îles verdoyantes qui pro­ longent la terre jusqu'au col de l'entonnoir formé par l'embouchure des A m a z o n e s . » M. DE SAINT-QUANTIN, pages 316-319 de la Revue Coloniale de septembre 1858, pages 69-72 du tirage à part : « A défaut du livre fort rare qui contient le récit original de

VINCENT

PINÇON

(Paesi

novamente

retrovati,

Milan,

1508, cap. 112), nous suivrons les relations données par HERRERA, NAVARRETE, et W A S H I N G T O N IRVING, tous auteurs soigneux, qui ont travaillé sur les textes et qui les indi­ quent... — Arrivé près d'une rivière qui avait trop peu d'eau pour donner entrée à ses navires, il envoya à terre ses embarcations, mais leurs équipages furent assaillis par les Indiens et laissèrent 8 ou 10 morts sur cette plage inhospitalière. N o s navigateurs, fort attristés de cette rude réception, reprirent leur route, et après 4 0 lieues de navi­ gation faite sans perdre la terre de vue [au bas de la page, note : Il faut observer dans tout ce récit qu'il s'agit de lieues espagnoles de 17 1/2 au degré], ils arrivèrent près de l'équateur, et trouvèrent l'eau de la m e r si douce qu'ils en remplirent leurs futailles. Étonnés de ce phénomène, ils approchèrent de terre et mouillèrent près d'un groupe d'îles verdoyantes, placées à l'entrée d'une rivière, dont l'embouchure avait plus de trente lieues de largeur et dont les eaux pénétraient à plus de 4 0 lieues dans la m e r avant de perdre entièrement leur douceur. — Ils éprou­ vèrent en cet endroit u n p h é n o m è n e extraordinaire de courants et de marées, qui mit leurs navires dans le plus grand péril. — Ayant regagné la haute m e r en doublant u n cap, ils revirent l'étoile polaire... — E n appréciant de


e

§ 2541

25 LECTURE

( 367 )

bonne foi ce récit avec une carte de l'Amérique méridio­ nale sous les yeux, surtout après avoir étudié les localités, il est impossible ne pas le traduire c o m m e suit : VINCENT PINÇON, après avoir découvert la terre vers le cap SaintA u g u s t i n , longea le littoral et fit débarquer une partie de son équipage à l'embouchure de la rivière Gurupi, à une quarantaine de lieues (espagnoles) du cap Magoari, et eut là huit à dix h o m m e s tués par les indigènes ; il continua alors sa route le long de la côte, et arrivé dans les eaux douces de l'Amazone, vers le cap Magoari, il reconnut les îles qui sont groupées vis-à-vis la bouche septentrionale

du

fleuve près

de

l'embouchure

de

l'Araouari. Là il faillit se perdre par suite du prororoca, puis ayant doublé le cap Nord, il explora les côtes faciles des G u y a n e s . . . — Cette interprétation est tellement natu­ relle que tous les historiens qui rapportent le voyage de VINCENT PINÇON indiquent les n o m s des localités. — Le lieu précis du mouillage de VINCENT PINÇON à l'entrée de l'Amazone, est d'ailleurs indiqué d'une manière certaine par le concours de trois circonstances remarquables citées par lui : une mer d'eau douce, un phénomène de marées capable de mettre ses navires en danger, enfin un groupe d'îles verdoyantes à l'embouchure d'une grande rivière. Nulle part, si ce n'est à l'embouchure de l'Amazone près du cap Nord, on ne rencontre sur cette côte la coïnci­ dence de ces trois faits. » M. D E BUTENVAL, page 141 des Protocoles : « Il résulte des dépositions de VINCENT PINSON et de

ses compa­

gnons... que VINCENT PINSON, après avoir reconnu l'Ama­ zone, vit ses navires en danger par suite d'un raz de marée particulier à ces parages... Or, ce raz de marée est un

phénomène

particulier

à l'Araouari...

Donc, VINCENT

PINÇON a été au Nord de la ligne, et à une latitude que le phénomène de la

prororoca,

qu'il a subi, détermine exac­

tement entre un degré et demi et deux degrés et demi. »


e

( 368 )

2 5 LECTURE

§ 2542

2542. L'honorable officier de marine, l'honorable offi­ cier d u génie, et l'honorable diplomate, ne parlent avec cette assurance que parce qu'ils s'imaginent avec NAVARRETE, que la borne occidentale de l'embouchure de l'Amazone était pour le découvreur de ce fleuve, c o m m e pour tout le m o n d e depuis longtemps, le C a p N o r d . NAVARRETE, tome III, pages 20-21 : « YAÑEZ se dirige vers la terre, et reconnaît le fameux fleuve M a r a ñ o n , appelé plus tard des A m a z o n e s et d'Orellana. Il estima avec justesse que la largeur de son embouchure était de trente lieues et davantage... Les navires se trouvèrent en grand danger... Heureusement, on évita le danger, en reprenant

la m e r

vers le Cap

du

Nord,

finit le

fleuve. »

Mais VINCENT PINÇON lui-même, dans sa déposition du 21 mars 1513, consignée dans NAVARRETE, tome III, page 547, déclare que l'eau douce de l ' A m a z o n e péné­ trait dans la m e r à la distance d'un grand n o m b r e de lieues; et son compagnon GARCIA HERNANDEZ, l'écrivain royal, ajoute, page 549, qu'à cette énorme distance de l'embouchure du fleuve l'eau était parfaitement bonne, si bonne qu'ils en remplirent leurs futailles. Ce fait est rap­ pelé par HERRERA et par M. IRVING; et M M . DE MONTRAVEL et DE SAINT-QUANTIN le reproduisent fidèlement. Si la borne occidentale de l'embouchure de l'Ama­ z o n e était pour VINCENT PINÇON le C a p d u N o r d , on trou­ verait donc de l'eau douce en pleine mer, à une très grande distance en dehors de ce cap. Or, M . L E SERREC, le digne collaborateur de M . DE MONTRAVEL dans son exploration de l'Amazone, celui précisément qui a étudié la partie occidentale du delta de ce fleuve, assure ce qui suit, à la page 18 de son tra­ vail de 1847 : « Tout le brig la Boulonnaise [monté par M . DE MONTRAVEL] peut certifier pour la rivière du Para qu'elle n'est douce qu'à 6 ou 7 lieues en dedans de son


§§ 2543-2544

e

25

LECTURE

( 369 )

embouchure, et tout l'équipage de la goëlette Maria

la

Santa-

que je commandais peut certifier avec moi pour

l'Amazone que

Baïlique

son

eau

n'est pas

et que pour m e

buvable

en

dehors

rendre au Cap Nord

obligé de m'approvisionner d'eau douce

en dedans

de

j'ai été de cette

île; bien que nous y fussions dans les grandes crues de mars. » 2543.

L'extrémité septentrionale de l'île Bailique,

dans les cartes de M. DE MONTRAVEL, est à sept minutes au Sud de la pointe méridionale de l'Araguari. Donc, par le simple rapprochement de ces deux faits, —

l'eau douce trouvée par VINCENT PINÇON à une grande

distance en dehors de l'Amazone, l'eau douce introu­ vable en dehors de Bailique, —

il demeure évident que

la borne occidentale de l'Amazone n'était pour VINCENT PINÇON, ni le C a p d u Nord, ni m ê m e Ponta Grossa de l'Araguari. C'était forcément, c o m m e

pour

MARTYR en 1511,

c o m m e pour VESCONTE DE MAIOLLO en 1519, c o m m e pour RIBEIRO en 1529, c o m m e pour CHAVES en 1536, c o m m e pour CABOTO en 1544, c o m m e pour ANDRÉ HOMEM en 1559, c o m m e pour MERCATOR en 1569, c o m m e pour ORTELIUS en 1570, —

la Pointe

Jupati.

2544. La pointe Jupati présente-t-elle le concours des trois circonstances caractéristiques du mouillage amazonien de VINCENT PINÇON ? Sans nul doute. Puisqu'on trouve de l'eau douce en dedans de l'île Bailique, à plus forte raison doit-on en trouver dans le voisinage immédiat de la pointe Jupati, placée beaucoup plus près du lit de l'Amazone. Et, en effet, nous venons de voir dans cette m ê m e lecture, § 2537, ce témoignage de M. REYNAUD. sur la partie de l'Amazone qui baigne la côte septentrionale de l'île Caviana, tout près de la pointe T. II

24


e

( 370 )

25

LECTURE

§ 2544

Jupati : « L'eau, à la haute mer, y est douce, pas m ê m e saumâtre. » Les îles qui commencent au voisinage de l'Araguari, sont verdoyantes; M . DE MONTRAVEL le certifie, dans le texte cité au § 2541. Et dans les belles cartes du m ê m e M . DE MONTRAVEL, on voit que ces îles s'étendent jusqu'au­ près de la pointe Jupati. La pororoca est suffisante pour anéantir le système de BUACHE et de M . L E SERREC, d'après lesquels le mouilage équatorial de VINCENT PINÇON aurait été dans la rivière de Para, et n o n dans l ' A m a z o n e proprement dite; car M . DE MONTRAVEL déclare, pages 638-639 des Annales Maritimes et Coloniales d'avril 1847, que la pororoca ne se fait point sentir dans la rivière de Pará. Ce grand p h é n o m è n e suffit également pour montrer que le mouillage de VINCENT PINÇON a été dans la partie occidentale de l'entonnoir de l ' A m a z o n e proprement dite; car M . DE MONTRAVEL déclare encore, page 591, que la partie orientale de cet entonnoir est exempte de la poro­ roca. Mais la pororoca n'est pas exclusive au voisinage du C a p d u N o r d , c o m m e le prétend M . le BARON DE BUTENVAL. Il est avéré, au contraire, par les témoignages ocu­ laires de LA CONDAMINE, de M . DE MONTRAVEL, et de M . ÉMILE CARREY, qu'elle ravage également le voisinage immédiat de la pointe Jupati. LA CONDAMINE, page « Entre

Macapa

&

le Cap

193 de la première édition : de Nord... le flux de la Mer

offre u n p h é n o m è n e singulier

O n entend d'une ou de

deux lieues u n bruit effrayant qui annonce laP o r o r o c a . . . .» M . DE MONTRAVEL, page 591 des Annales

Maritimes

et

Coloniales : « Dans TOUTE la partie ouest de l'entonnoir, il se fait sentir, à l'époque des syzygies, u n p h é n o m è n e de marée connu sous le n o m de prororoca. »

M . ÉMILE CARREY, page 185, parlant de l'île de C a -


e

§ 2545

25 LECTURE

( 371 )

viana, en face de la pointe Jupati : « La prororoca se lève par le travers de Maraca, au-dessus du cap Nord, et vient, rangeant la côte, mourir dans la grande bouche, pour reprendre à toute force sur les bancs de Bragance et au long de notre île. »

2545. La convenance parfaite du voisinage immédiat de la pointe Jupati pour le mouillage amazonien de VINCENT PINÇON, trouve une entière confirmation dans la route suivie par ce navigateur depuis son précédent mouil­ lage. M. DE SAINT-QUANTIN suppose que depuis ce dernier mouillage, VINCENT PINÇON continua sa route le long de la côte sans perdre la terre de vue, et qu'au bout de quarante lieues espagnoles il rencontra les eaux douces de l'Amazone vers le cap Mogoari; et cette opinion a reçu en A l l e m a g n e l'honorable sanction de M. PESCHEL. Mais M. LE SERREC vient de nous certifier, § 2542, que l'eau du cap Maguari est salée; et les compagnons de VINCENT PIN­ ÇON, ainsi que tous les historiens de ce découvreur, s'ac­ cordent à dire que lorsqu'il rencontra l'eau douce, il voyait si peu la terre qu'il se croyait en pleine mer : ce fut m ê m e la cause de sa surprise. Étonné de la rencontre de l'eau douce en pleine mer,

VINCENT PINÇON se rapprocha de terre, pour éclaircir ce secret, c o m m e s'exprime HERRERA; et il reconnut que cette eau sortait d'un grand fleuve. C o m m e n t VINCENT PINÇON devait-il s'y prendre, pour réussir dans sa recherche? L'eau douce qu'il rencontra n'était point immobile; c'était u n

courant.

La seule chose qu'il avait à faire, c'était de remonter le fil de ce courant. Et en suivant ce m o y e n unique, il se trouva forcément devant le canal principal de l'Amazone, en vue de l'île Caviana et de la pointe Jupati.


e

( 372 )

2 5 LECTURE

2546.

§ 2546

« Qu'ajouter de plus?

« U n e preuve matérielle, en quelque sorte, de la légi­ timité de nos raisonnements? » E h bien, elle est imprimée depuis plus de trois siècles et demi; elle est imprimée dans le récit original que M . DE SAINT-QUANTIN regrette avec raison de n'avoir pu con­ sulter. Le 23 avril 1501, rien que sept mois après le retour de VINCENT PINÇON en E s p a g n e , quand les notions de ses découvertes étaient encore dans toute leur fraîcheur et sans mélange des découvertes ultérieures, son voyage du 18 novembre 1499 au 30 septembre 1500 se trouvait écrit, conjointement avec celui de NIÑO et avec les trois pre­ miers voyages de COLOMB, par u n personnage extrêmement éclairé de la cour de FERDINAND et ISABELLE, le pronototaire PIEEER MARTYR D'ANGHIERA. Le 21 août de la m ê m e année 1501, le texte latin de MARTYR se trouvait traduit en italien, ou plutôt dans le dialecte vénitien, par ANGELO TREVISAN, secrétaire de DOMENICO PISANI, ambassadeur de V e n i s e auprès des rois catholiques. TREVISAN envoya sa traduction à DOMENICO MALIPIERO, praticien à Venise. Et en 1504, le travail de MARTYR, traduit par TREVISAN, parut dans cette ville, en une petite brochure in-4° de quelques feuillets, sous ce titre : Libretto de tutta la navigatione

de Re de Spagna

de le isole, et terreni

nuovamente

trovati(*).

O n ne connaît de cette publication primitive qu'un seul exemplaire, existant à V e n i s e , mentionné pour la pre­ mière fois par FOSCARINI, livre IV, note 309, et ensuite par ZURLA, t. II, p. 108.

(*) Libretto De Tutta L a Navigation Isole Et Terreni Nouamente Trovati.

De Re De Spagna

De

Le


e

§ 2546

25 L E C T U R E

( 373 )

Heureusement, tout le précieux libretto fut inséré, c o m m e livre quatrième, clans le recueil plus volumineux de F R A C A N Z I O (*), Nouo

Mondo

da

intitulé :

Paesi

nouamente

retrouati

Et

Alberico Vesputio florentino intitulato. »

B R U N E T , dans son Manuel

du

Libraire,

article

Vespucci,

cite cinq éditions du recueil de F R A C A N Z I O : L'édition originale, de Vicence, achevée d'imprimer le 3 novembre 1507, et dont un exemplaire existait à Paris, en 1843, 2

e

au pouvoir de M. T E R N A U X - C O M P A N S ;

édition, achevée d'imprimer le 17 novembre 1508,

à Milan, et dont un exemplaire existait à Paris, en 1844, au pouvoir de CHARLES NODIER; 3° édition, publiée à Milan en 1512; 4

e

édition, publiée à Milan en 1519 (**).

5

e

édition, publiée à Venise en 1521, avec le titre un

peu changé. Je connais l'édition de 1512, achevée d'imprimer le 27 mai, et l'édition de

1519, achevée d'imprimer le

5 mai : la première, à la Bibliothèque de l'Université à L e y d e , Hist. 4° 166; la seconde, à la Bibliothèque de l'Arsenal à Paris, 4° 1209, Or,

H.

dans l'une et dans l'autre de ces deux éditions,

le chapitre CXIII commence par ces mots : « Après avoir fait quarante lieues, ils trouvèrent la mer d'eau douce; et en cherchant d'où venait cette eau,

ils trouvèrent une

bouche de quinze milles, qui débouchait dans la mer avec une très grande impétuosité : devant laquelle bouche il y avait plusieurs îles ». —

« Andati quaranta leghe tro-

uorono el mare de acqua dolce : & inuestigando doue qsta acq uegnia trouorono una bocha che p. XV. miglia (***) (*) FRACANZANO DA M O N T A L B O D D O . e

(**) 5 (***)

e

édition. La 4 ,

de V e n i s e , 1517.

Dans le Mans, à la Bibl. de Ferrara, antérieur à ces publi­

cations : « 15 lige » (15 lieues).


e

( 374 )

25

LECTURE

§ 2547

sboccaua in mare cò grandissimo ipeto : Dauanti da laqle bocha erano moiteĩsule.» Le fleuve débouchait

dans

la mer

AVEC UNE TRÈS GRANDE

IMPÉTUOSITÉ. Et M . LARTIGUE, à la page 31 de son Instruction

Nau-

publiée à Paris en 1827, nous dit ce qui suit : « D u côté de l'île Marajo, les courans de flot font, dans les grandes marées de l'hivernage, environ six milles à l'heure; ils font de huit à dix milles le long de la côte située entre M a c a p a et le cap N o r d . Leur vitesse est si considérable, qu'il est impossible de tenir à l'ancre au milieu du fil du courant. » tique

sur

les côtes

de

la

Guyane

Française,

Devant

la bouche

du fleuve il y avait

PLUSIEURS ÎLES.

Cherchons dans les cartes de M. DE MONTRAVEL. Il n'y a aucune île devant la grande embouchure qui s'étend du Cap M a g u a r i au Cap du N o r d . A u c u n e île devant la ligne qui joint le Cap M a g u a r i à la pointe méridionale de l'Araguari. A u c u n e île devant la bouche de l'Araguari. Et il y a plusieurs îles, DOUZE sur les cartes de M . DE MONTRAVEL, devant la bouche occidentale de l'Amazone, devant le canal borné par la pointe Nord-Ouest de C a v i a n a et par la pointe Jupati. La

bouche

avait

QUINZE MILLES.

Mesurons sur les cartes de M . DE MONTRAVEL. D u Cap M a g u a r i au Cap du N o r d , 90 milles. D u Cap M a g u a r i à la pointe méridionale de l'Ara­ guari, 65 milles. D'une pointe à l'autre de l'Araguari, 4 milles seu­ lement. Et de la pointe Jupati à la pointe Nord-Ouest de Caviana, précisément QUINZE milles. 2547. Le canal occidental de l'Amazone est à vingt lieues françaises de l'Araguari. L'Araguari est donc hors de cause.


e

§§ 2548-2549

25 LECTURE

( 375 )

Cette rivière n'a jamais pu porter le n o m de VINCENT

PINÇON. Donc, quand bien m ê m e le Carapapori aurait jamais été une branche de l'Araguari, on n'aurait jamais pu transmettre de l'Araguari au Carapapori une dénomi­ nation impossible pour l'Araguari. Si le n o m de VINCENT PINÇON avait dù rester attaché à la rivière où ce découvreur éprouva le phénomène effrayant de la pororoca, ce n'est pas l'Araguari qui aurait dû s'appeler Rivière de Vincent Pinçon, mais bien le canal occidental de l'Amazone. Mais nous avons vu à la X I V lecture, que le n o m de VINCENT PINÇON n'a été attaché au canal occidental de l'Amazone qu'en 1857, par M. D'AVEZAC, en donnant à un texte de 1587 une interprétation solitaire, démentie par tous les documents antérieurs et par tous les docu­ ments postérieurs. Baie

de

Vincent

Pinçon.

2548. « S'il est impossible de trouver dans les récits anciens les moindres indices propres à justifier le n o m de VINCENT-PINÇON donné à notre O y a p o c k , il est au contraire incontestable que le canal ou baie de Carapapouri a toujours porté et porte encore le n o m du célèbre explorateur. » Ainsi parle à son Gouvernement M. DE SAINT-QUANTIN, page 325 de la Revue Coloniale de 1858, page 78 du tirage à part. (§§ 1112-1121.) 2549. Mais il est inexact que le canal ou baie de Carapapori ait toujours porté le n o m de Baie de Vincent Pinçon.

La carte de GUILLAUME DELISLE, invoquée par M. DE SAINT-QUANTIN, par le Département des Affaires Étran-


e

( 376 )

2 5 LECTURE

§§ 2550-2551

gères de F r a n c e (Protocoles, page 14)(*), et par M. le BARON DE BUTENVAL (Protocoles, page 79)(**), est de l'année 1703, — deux cent trois ans après le voyage de VINCENT PINÇON. L ' A r c a n o del Mare de DUDLEY, allégué par M. DE BUTEN­ VAL, page 79 des Protocoles, et déjà produit par LA CONDAMINE en 1749, appartient au xvii siècle. Car la seconde édition de cet ouvrage, celle qui existe à Paris, est de l'année 1661, cent soixante et u n ans après le voyage de VINCENT PINÇON; et dans le cas que la première édition soit conforme à la seconde, cette première édition est de l'année 1637 (***), cent trente-sept ans après le voyage de e

VINCENT PINÇON. 2550. M . le BARON DE BUTENVAL fait remonter plus haut le n o m de Baie de Vincent Pinçon dans le voisinage immédiat du C a p d u N o r d . Le savant diplomate assure, pages 27, 131 des Protocoles (****), que dans deux cartes ajou­ tées par JODOCUS HONDIUS au Mercator de 1606, et portant les titres latins de America

il faut voir dans

Pinis

B.

et America

u n e « abréviation de

Meridionalis, Pinsonis.

»

Si cette explication était juste, si Pinis était une abré­ viation du génitif latin Pinsonis, il faudrait remonter encore plus haut. Car en 1599, la carte placée en tête de l ' A m e r i c æ Pars VIII de THÉODORE DE BRY et intitulée Tabula Geographica nova & c , présente avec toute netteté, immédia­ tement à l'Ouest du C a p d u N o r d , les mots Pinis Baÿa. 2551. Mais, quoique portant u n titre latin et appar­ tenant à u n livre écrit en latin, la carte de THÉODORE DE BRY est la simple copie d'une carte hollandaise.

(*) M é m o i r e d u 2 8 juin 1 8 5 5 d u C O M T E W A L E W S K I . (**) 7 séance, 1 0 n o v e m b r e 1855. e

(***) Elle est de 1648, sont conformes à celles d e par la fausse position d u TEIXEIRA de 1640. Voir note

et les cartes de cette première édition la seconde. D U D L E Y a été induit e n erreur Vincent Pinson sur la dernière carte de au § 2500. E

e

(****) Séances d u 2 0 sept. 1 8 5 5 (2 ) et d u 4 janvier 1 8 5 6 (11 ), § 2.


§

2552

e

25

LECTURE

( 377 )

C'est la copie d'une carte de JODOCUS hONDIUS, publiée à Amsterdam en 1598, avec u n grand nombre de légendes hollandaises et sous ce titre hollandais : « Nieuwe caerte van

het wonderbaer

onder

ende

de Linie Aequinoctiael

nieuwelick

besocht door

goudrÿcke tusschen

Sir Water

landt

Guiana,

Brasilien

Ralegh

Ridder

gelegen

ende P e r u : van

Enge-

landt, in het jaer 1594.95 ende 1596. » — « Nouvelle carte du merveilleux et aurifère pays de Guiane, situé sous la ligne équinoxiale entre le Brésil et le Pérou : nouvel­ lement exploré par Sir WATER RALEGH, chevalier d'Angle­ terre, dans les années 1594.95 et 1596.»

Cette carte précieuse, dont on conserve un exemplaire à la Bibliothèque Impériale de Paris, département des cartes, portefeuille 1745, présente déjà, immédiatement à l'Ouest de C de Nord,

le n o m de Pinis Baye, dont le der­

nier élément, Baye, n'a rien de latin. Pinis

n'est donc pas une abréviation du génitif latin

Pinsonis.

U n autre fait démontre cette vérité avec évidence. A u lieu de Pinis, on écrivait aussi Pynes. C'est ce que donne, en 1599, la carte de LEVINUS HULSIUS, citée au paragraphe 2432. Et c'est aussi la véritable leçon des deux cartes publiées par JODOCUS HONDIUS en 1606, et invoquées par M. DE BUTENVAL : dans la carte de A m é r i q u e , Pynes B.; dans la carte de l'Amérique Méridionale, Pynes bay. Or, sans parler de bay, cette terminaison en es s'oppose invinciblement à l'interprétation imaginée par M. le BARON

DE BUTENVAL. ne peut pas être une abréviation de Qu'est-ce donc?

Pynes

Pinsonis.

2552. JODOCUS HONDIUS nous met lui-même sur la voie, dans sa carte primitive. Après avoir rappelé dans le titre, que la G u y a n e venait d'être explorée par les Anglais dans trois voyages


e

( 378 )

2 5 LECTURE

§ 2553

consécutifs, pendant les années 1595, 1596 et 1597 (faus­ sement altérées en 1594, 1595 et 1596), il ajoute cet aver­ tissement : « Les côtes de cette carte ont été fort dili­ g e m m e n t dessinées, selon leurs hauteurs et leurs vrais gisements, par u n pilote qui les a visitées et explorées dans les années susdites. » — « D e Custen van dese Caerte, sÿn seer vlietich geteekent op haere hoogten ende waere streckingen, door een seker stierman die dit selve beseilt ende besocht heest, inde jaren voornomt. » Les trois voyages dont il s'agit sont ceux de WALTER RALEGH et de LAURENCE KEYMIS, écrits par eux-mêmes , et celui de LÉONARD BERRIE, écrit par son compagnon

THOMAS MASHAM. Les relations de ces trois voyages nous ont été con­ servées par HAKLUYT, dans le troisième volume de son recueil (§ 2313). RALEGH n e peut pas nous servir; il ne visita que l'Orénoque. Mais KEYMIS et BERRIE explorèrent, pour le compte de RALEGH, les parties méridionales de la G u y a n e . Consultons-les. KEYMIS nous apprend, pages 672 et 682 de HAKLUYT, qu'il avait en sa compagnie une petite pinasse appelée le Découvreur et c o m m a n d é e par WILLIAM DOWNE ; et les mots dont il se sert sont ceux-ci : « the Discouerer, a small pinnesse », « our Pinnesse the Discouerer. » Le voyage de BERRIE porte chez HAKLUYT, page 692, le titre suivant : « The third voyage set forth by sir WALTER RALEGH to G u i a n a , with a pinnesse called the

Watte.

»

Pourrait-on n'être pas frappé de la ressemblance de pinnesse avec pynes? Pynes

Bay

signifie, évidemment, Baie

Ce doit être, ou la pinasse

de la

the Discoverer,

Pinasse.

montée par


§§ 2554-2556

e

25

LECTURE

WILLIAM DOWNE, OU la pinasse

( 379 )

the Watte,

montée par

LÉONARD BERRIE. Et c'est plutôt la petite embarcation de BERRIE. Car MASHAM, page 693 de HAKLUYT, parle d'une

baie

se trouva dans un grand embarras, et qui,

le Watte

d'après ses paroles, ne peut être que le large évasement du canal de Carapapori, entre le Cap du N o r d et l'île de Maracá. 2553.

VINCENT PINÇON n'a donc découvert, ni la

rivière de Carapapori, ni le canal de Carapapori, ni rien qui se rapporte à cette rivière ou à ce canal. A-t-il découvert

2554.

l'Oyapoc?

Rappelons-nous les dépositions de VALDOVINOS

et d'ANTON COLMENERO, compagnons de VINCENT PINÇON : —

« E n sortant de là [de l'Amazone], ils s'en allèrent

côtoyant

jusqu'à Paria. » —

fleuve, ils s'en allèrent

« E n sortant de ce grand

découvrant

tout le long de la côte

du continent jusqu'en dedans de Paria. » (§ 2534). Rapprochons de ces deux témoignages ceux de KEYMIS, de FROGER, de BELLIN, de ,M. DE MONTRAVEL, de M. DE SAINT-QUANTIN (§ 2513), sur les

montagnes

de l'Oyapoc,

que les navigateurs aperçoivent à la hauteur du C a p d'Orange, quand ils sortent de l'Amazone. Et nous demeurerons convaincus que, en longeant le littoral de la G u y a n e du Sud au Nord, VINCENT PINÇON a dû être attiré par les

montagnes

de l'Oyapoc, et découvrir,

sinon l'Oyapoc m ê m e , du moins 2555.

le Cap

d'Orange.

Écoutons le découvreur, déposant lui-même

sur ses découvertes (§ 2542) : 2556.

« VINCENT YAÑEZ PINZON, capitaine de Leurs

Altesses, habitant de Séville à Triana, âgé de plus de 50 ans, a déclaré à Séville, le 21 mars 1513.... : qu'il a découvert depuis le cap de Consolacion,

qui appartient au


( 380 )

e

25

LECTURE

§ 2557

Portugal et s'appelle maintenant cap de S a i n t - A u g u s ­ tin : qu'il a découvert toute la côte à l'Ouest 1/4 NordOuest de ce cap : qu'il a découvert la

mer

douce,

où l'eau

douce pénètre dans la m e r quarante lieues : qu'il a décou­ vert de m ê m e la province qui s'appelle

Paricura

:

et qu'il

a ensuite longé la côte jusqu'à la bouche du D r a g o n . » — « VICENTE YAÑEZ PINZON, capitan de SS. AA., vecino de Sevilla en Triana, de m a s de 5 0 años de edad, declaró en la m i s m a ciudad en 21 de Marzo de 1513...., que descubrió desde el cabo de C o n s o l a c i o n , que es en la parte de Portugal, é agora se llama cabo de S. Agustin, é que descubrió toda la costa, é luego corriendo al occidente la cuarta del nurueste, que así se corre la tierra; é que des­ cubriô éhalló la m a r dulce, é que sale 40 leguas en la m a r el agua dulce, é asimismo descubrió esta provincia que se llama Paricura, é corrió la costa de luengo fasta la costa [boca] del D r a g o n . » 2557. VINCENT PINÇON distingue ses découvertes en trois parties : au centre, l ' A m a z o n e ; au Sud-Est de l ' A m a z o n e , une longue côte, commençant au Cap de C o n s o l a c i o n au; Nord-Ouest de l ' A m a z o n e , la province de

Paricura.

La côte de Paricura c o m m e n c e , naturellement, à la pointe Jupati, borne occidentale de l ' A m a z o n e pour VINCENT PINÇON (§§ 2541-2546). Cette côte doit avoir u n e certaine longueur, puisqu'elle mérite le n o m de province

et qu'elle fait pendant à la côte

qui s'étend du Cap de C o n s o l a c i o n à l ' A m a z o n e . Mais où finit-elle, au juste? Nous s o m m e s aidés dans cette recherche par la note suivante de M . D'AVEZAC, dans son travail de 1857, page 163 du Bulletin, 7 5 du tirage à part : « Le n o m de Paricura figure déjà c o m m e dénomination de pays dans la déposition de PINÇON, aussi bien que dans le texte de


2558

e

25

LECTURE

PIERRE MARTYR avec la forme

( 381 )

et s'il nous fallait absolument lui trouver une synonymie actuelle, nous préférerions y reconnaître simplement le n o m des Indiens Palicours, habitants de cette région sur les marges orientales de la G u y a n e , en ces terres noyées auxquelles se rapporte en effet l'indication de PINÇON. » Paricóra,

La conjecture du docte critique est parfaitement fondée; car les Indiens qui ont reçu des Français le n o m de Palicours, portent parmi les Portugais, aujour­ d'hui encore, le n o m de Paricuras. O n en trouve la preuve dans l'opuscule de M. BAENA cité au § 1953, docu­ ment XXIII, pages 61, 62. Gela posé, voici, d'après des autorités françaises, la délimitation de la côte des Palicours. LA BARRE, en 1666, page 14 du livre cité au § 1928 : « L a G u y a n n e Indienne, qui contient enuiron quatrevingts lieuës Françoises, est vn Païs fort bas & inondé vers les Costes Maritimes, & depuis l'embouchure des A m a z o n e s jusqu'au G a p d u Nord, qui est presque inconnu aux François; depuis lequel jusqu'au Cap d'Orange, quoy que le Païs soit de m e s m e nature, & que l'on ne voye sur ses Riuages aucune Terre releuée, ny Montagne, mais seulement des Arbres c o m m e plantez dans la Mer, & diuerses coupures de Ruisseaux & Riuieres, qui ne produisent d'autre aspect que l'objet d'vn Païs noyé, l'on ne laisse pas d'avoir vne plus grande connoissance de ces Terres parce que les Barques Françoises, Angloises & Holandoises, y vont souuent traitter du Lamentin ou Vache de Mer, que les Aracarets & Palicours qui habitent cette Coste, leur traittent. » MILHAU, en 1730, dans le livre de LABAT cité au § 2130, tome IV, page 352 : « Les Palicours sont sur la rivière de Mayacarré & dans les savanes ou prairies qui sont aux environs de la rivière d'Oyapoc. » WARDEN, en 1834, page 56 du volume cité au § 967 :


e

( 382 )

25

LECTURE

§§ 2559-2561

Cette nation nombreuse, toujours en guerre

« Palicours.

avec les Galibis, occupait autrefois le

cap Orange.

Donc, en se déclarant découvreur de

»

la province

des

VINCENT PINÇON réclame pour lui la décou­

Palicours,

verte du C a p d ' O r a n g e , terme septentrional de cette province. 2558.

VINCENT PINÇON qualifie de découverte sa re­

connaissance du Cap de Consolation, — emploie entre

la m ê m e

expression

pour

ce cap et l'Amazone, —

expression

pour

l'Amazone, —

descubrió;

la côte

descubrió;

la m ê m e

descubriô;

la

expression pour la province des Palicours, — briô.

il

comprise même descu-

Mais pour la côte comprise entre la province des

Palicours et la bouche Paria, il se borne

septentrionale

du golfe

à dire qu'il l'a longée, —

corrió

de de

luengo.

Pourquoi cette différence? 2559.

C'est que, dans ces derniers parages, VIN­

CENT PINÇON avait été précédé par CHRISTOPHE COLOMB en 1498, et par ALONSO DE HOJEDA en 1499. 2560.

La part de COLOMB est bien connue; tout le

m o n d e sait au juste que c'est le côté méridional de la péninsule de Paria. Mais on méconnaît l'étendue complète de la part de

HOJEDA. 2561.

Nous

avons

cependant, sur cette question,

une indication précise, fournie par HOJEDA lui-même. Ce découvreur

fut u n des nombreux témoins pro­

duits par le Fiscal dans le grand procès intenté contre

les héritiers de CHRISTOPHE COLOMB. Il déposa à S a i n t - D o m i n g u e , le 8 février 1513, sur différents chefs d'enquête. Et sa déposition se trouve dans le tome III de NAVARRETE, —

morcelée en six fragments selon les ques­

tions auxquelles il avait à répondre.


§§ 2 5 6 2 - 2 5 6 4

e

25

LECTURE

( 383 )

Or voici, page 5 4 4 de NAVARRETE, la réponse de HOJEDA sur son voyage de 1 4 9 9 : « ALONSO DE HOJEDA dit que la vérité de cette ques­ tion est que ce témoin est ledit HOJEDA, le premier h o m m e qui est venu découvrir après l'Amiral ; qu'il a découvert la terre-ferme au midi, et en a parcouru environ deux cents lieues jusqu'à Paria... : qu'il a découvert... toute cette terre-ferme deux cents lieues avant Paria, et depuis celle de Paria... jusqu'à Quinquibacoa. » — « ALONSO DE HOJEDA dice, que la verdad de esta pregunta es que este testigo es el dicho HOJEDA, el primer hombre que vino á descubrir despues que el Almirante, é descubriô al mediodía la tierra firme, é corrió por ella ansi 2 0 0 leguas hasta Paria... : des­ cubrió... toda esta tierra firme 2 0 0 leguas antes de Pária, é de la de Pária... hasta Quinquibacoa. » 2562. Se basant sur cette déclaration, NAVARRETE (tome III, p. 5 ) , IRVING (tome III, page 2 3 ) , HUMBOLDT (Examen critique, tome I, page 3 1 3 , tome IV, 1 9 6 ) , trouvent que l'extrémité méridionale de la découverte de HOJEDA doit être placée sur les côtes de Surinam.

Et M. D'AVEZAC, dans le chapitre X de son travail de 1 8 5 7 et dans la première des deux cartes annexées à ce travail, assure que le point le plus méridional qui puisse être assigné à la découverte de HOJEDA, c'est le Maroni. 2563. Mais ces résultats reposent sur les cartes modernes, et sur des évaluations arbitraires de la lieue de HOJEDA; tandis que nous avons, pour expliquer d'une manière positive la déclaration de HOJEDA, un document aussi important que s'il émanait de ce dé­ couvreur lui-même. 2564.

C'est la carte de son

premier

pilote.

HOJEDA nous apprend, à la fin de sa réponse sur son voyage de 1499, qu'il avait alors pour premier pilote


( 384 )

e

25

LECTURE

§ 2565

JUAN DE LA COSA : « y que en este viage que este dicho testigo hizo, trujo consigo à JUAN DE LA COSA, piloto, é MORIGO VESPUCHE é otros pilotos. » Et MARTYR, dans le livre dernier de sa deuxième dé­ cade, livre rédigé en 1514 et imprimé en 1516, recom­ m a n d e , pour la connaissance des côtes d ' A m é r i q u e , une carte en parchemin qu'avait faite JUAN DE LA COSA, compagnon de HOJEDA, «IOANNES DE LA COSSA FOGEDÆ comes. » Or, en juillet 1832, M M . ALEXANDRE DE HUMBOLDT et WALCKENAER ont trouvé à Paris une m a p p e m o n d e en parchemin portant cette légende : « JUAN DE LA COSA lafizo enel puerto de S : mj en año de 1500. », « JUAN DE LA COSA l'a faite dans le port de Sainte-Marie [de la baie de Cadix] en l'année 1500. » a

Cette date est précieuse. D e retour dans la baie de Cadix au c o m m e n c e m e n t de l'année 1500, peut-être m ê m e à la fin de 1499, JUAN DE LA COSA n'en repartit qu'en octobre 1500. Sa carte doit donc renfermer, et renferme en effet, nonseulement les découvertes de HOJEDA, auxquelles il ve­ nait de prendre part, non-seulement les explorations de LEPÉ, rentré en E s p a g n e en juin 1500, mais encore les découvertes de VINCENT PINÇON, rentré le 30 septembre, et dont u n des navires était c o m m a n d é par son neveu DIEGO HERNANDEZ COLMENERO, qui avait aussi accompa­ gné HOJEDA (NAVARRETE, tome III, pages 544, 550), et qui, par conséquent, était parfaitement en état de relier entre elles les découvertes de l'un et de l'autre. L'original de JUAN DE LA COSA, conservé jusqu'en 1852 dans la bibliothèque de M . le BARON WACLKENAER, est repassé alors en E s p a g n e , et se garde maintenant au dépôt naval de Madrid. Mais, sans parler des copies, plus ou moins infi­ dèles, données par HUMBOLDT et par M . LA SAGRA dans leurs atlas, le public doit à M . JOMARD, depuis le mois


§§ 2565-2567 d'août JUAN

1846, un

e

25

( 385 )

LECTURE

fac-simile

de

la mappemonde

de

D E L A C O S A , dont ce scrupuleux savant a enrichi

ses Monuments

de la

Géographie.

Étudions, dans cet équivalent

de l'original, le tra­

vail du premier pilote D E H O J E D A . 2565.

La

carte de

JUAN

D E L A COSA

présente

l'équateur et le tropique de Cancer; et elle porte sur ses deux grands côtés une longue échelle, divisée en certains espaces, dont chacun est partagé en six petites subdivisions. M A R T Y R

nous prévient que cette échelle,

« conformément à l'usage espagnol, ne marque pas des milles, mais des lieues » ; et en la comparant avec la distance de l'équateur au tropique, on voit que cette distance, de 23 degrés et demi, répond à 32 espaces et presque 2/3, d'où il suit que J U A N

D E L A C O S A donnait

à chaque degré 16 lieues 2/3, que chaque espace de son échelle vaut 12 lieues, et chaque subdivision 2 lieues. Que

cela suffise, ou non, pour pouvoir réduire en

mètres la lieue de J U A N

D E L A C O S A , peu nous importe.

Nous n'avons pas à déterminer la valeur absolue de la lieue de ce marin, mais seulement sa valeur relative, dans la carte qu'il nous a léguée. 2566.

Mesurons

maintenant, sur la carte de

son

premier pilote, les 200 lieues de H O J E D A . 2567.

Mais à partir de quel point? —

De la bouche

méridionale ou de la bouche septentrionale du golfe de Paria? Ni de l'une, ni de l'autre. HOJEDA Paria,

Paria

».

ne parle point de golfe; il dit simplement « 200 lieues jusqu'à

Or, le n o m de Paria,

Paria

», « 200 lieues avant

employé tout seul, a signifié de

tout temps la terre de Paria, la péninsule

de Paria.

C'est la péninsule qui a donné son n o m au golfe, et non le golfe à la péninsule. T. II

2 5


e

( 386 )

25

LECTURE

§§ 2568-2569

Dans sa déposition du 6 avril 1513 (NAVARRETE, tome III, page 540), le pilote JUAN RODRIGUEZ, compagnon de CHRISTOPHE COLOMB dans son voyage de 1498, s'exprime en ces termes : « ils ont reconnu une île qui s'appelle Trinité, et de là ils sont arrivés à Paria, QUI EST TERRE FERME », — « reconocieron una isla que se llama Trinidad, é de alli llegaron á Pária, que es tierra firme. » Mais HOJEDA lui-même ajoute à ses premières énonciations une phrase qui les explique bien : « toute cette terre ferme 200 lieues avant Paria, et depuis celle de Paria jusqu'à Q u i n q u i b a c o a », « toda esta tierra firme 200 leguas antes de Pária, é de la de Pária hasta Q u i n ­ quibacoa. » A quoi peut se rapporter l'espagnol à tierra

la (celle),

si ce n'est

firme?

2568. CHRISTOPHE COLOMB avait découvert tout le côté interne de la terre de Paria, depuis le s o m m e t de la péninsule jusqu'à sa base. O n le voit clairement dans la lettre du grand h o m m e (NAVARRETE, tome I, pages 242-264), dans le texte de M . IRVING (tome II, pages 102-127), et dans les cartes de NAVARRETE et de l'illustre Nord-Américain. Le n œ u d de la découverte de HOJEDA avec celle de COLOMB, c'est donc la base de la péninsule de Paria, au fond d u golfe dont cette longue péninsule montagneuse constitue le bord le plus voyant. E h bien, sur la carte de JUAN DE LA COSA, deux cents lieues de littoral, comptées de la base de la péninsule de Paria vers le Sud-Est, aboutissent à une baie, sur la borne occidentale de laquelle est écrit motes, c'est-à-dire mõtes, et dont la borne orientale est formée par une longue pointe, située par la latitude septentrionale de quatre degrés et demi, et ayant au Sud le n o m de tierra de S : anbrosio. 2569. Cette baie est celle d'Oyapoc. La latitude de sa pointe orientale le prouve claire­ ment : — quatre degrés et demi.


§§ 2570-2571

e

25 LECTURE

( 387 )

Et cette indication est confirmée par celle de môtes sur l'autre côté de la baie, c'est-à-dire par ces montagnes carac­ téristiques de l'Oyapoc, qui ont dû frapper nécessaire­ ment, dans leurs routes du Sud au Nord, VINCENT PINÇON et LEPE, sur lesquels s'est réglé JUAN DE LA COSA pour la partie méridionale de sa carte. 2570. C'est si évidemment la baie d'Oyapoc, que M. D'AVEZAC lui-même n'a pu s'empêcher de le reconnaître, en 1858, dans la finale du passage suivant, pages 256-257 du Bulletin de la Société de Géographie de Paris, 128-129 du tirage à part : « On suppose que le cap d'Orange, près duquel débouche l'Oyapoc, est représenté sur la carte de JEAN DE LA COSA par la pointe de terre qui y est appelée C° de S. D°. — ce qui nous paraît devoir être lu Cabo de Santo

Domingo,

plutôt que de San

Diego,

et le cap

de

N o r d par un cap de Santa-Maria dont on a cru trouver l'indication dans la m ê m e carte; mais nous sommes obligé de faire remarquer, sur ce dernier point, que ce cap supposé est un golfe, formé par l'embouchure de l'Amazone en amont de l'endroit où l'on avait ressenti le Mascaret. Et quant à l'autre désignation, c o m m e elle se trouve inscrite à moitié chemin entre l'embouchure de l'Amazone et l'équateur, et le golfe de Pária, elle nous paraît difficile­ ment applicable au cap d'Orange, qui se laisse mieux deviner, ce nous semble, à la pointe de la Tierra de San Ambrosio.

»

2571. Ce n'est pas de VINCENT PINÇON, c'est de LEPE, que JUAN DE LA COSA a dû tirer le G de S m j et el macareo, et m ê m e tout le tracé et la plupart des n o m s des côtes non visitées par HOJEDA ; car il avait eu plus de trois mois pour se renseigner auprès de LEPE, et il n'avait eu que quelques jours, et à la veille d'un nouveau départ, pour entendre a

VINCENT PINÇON. Mais cela n'enlève rien à la partie essentielle du texte

de M. D'AVEZAC.


e

( 388 )

25

LECTURE

§§ 2572-2573

Dessinée d'après VINCENT PINÇON OU d'après LEPE, la pointe orientale de la baie où aboutissent les deux cents lieues de HOJEDA, est toujours, pour M. D'AVEZAC luimême,

le Cap

d'Orange.

Le Cap d'Orange, proprement Cap

Oyapoc

(§§ 2259-

2273), est la borne orientale de la baie d'Oyapoc. Donc, de l'aveu de M . D'AVEZAC lui-même, la déposition de HOJEDA, expliquée par son premier pilote, confirme celle de VINCENT PINÇON. Les deux découvreurs de la G u y a n e s'accordent à fixer, c o m m e n œ u d de leurs découvertes, 2572.

la baie

d'Oyapoc.

Avant les témoignages judiciaires de HOJEDA et

de VINCENT PINÇON, l'étendue des découvertes de celui-ci avait déjà été marquée dans u n Acte royal, daté de Gre­ n a d e le 5 septembre 1501, et mentionné par HERRERA, par NAVARRETE et par M . IRVING. Ce document primordial infirme-t-il, par hasard, ce qu'ont établi, le 8 février et le 21 mars 1513, les déposi­ tions de HOJEDA et de VINCENT PINÇON? 2573.

HERRERA, NAVARRETE, IRVING, excitent la curio­

sité, sans la satisfaire. Mais, à m a demande, m o n noble compatriote et ami M. DE VARNHAGEN, alors chargé d'affaires en E s p a g n e , a sollicité et obtenu de Séville u n e copie authentique de la

Capitulation

de

VINCENT PINÇON, tirée du registre du

secrétariat du P é r o u pour l'année 1501, écrite sur papier timbré, et légalisée, le 15 décembre 1857, par M . ANICETO DE LA HIGUERA, archiviste général des I n d e s à Séville. Cette copie officielle a été envoyée par M . DE VARNHA­ GEN, en janvier 1858, au Ministère des Affaires Étrangères à Rio-de-Janeiro. Mais, l'ayant eue à m a disposition le 2 3 et le 2 4 dé­ cembre 1857, j'en ai pris m o i - m ê m e une copie

littérale,

qui

sera publiée à la suite de ce travail, en tête des pièces justificatives.


e

§§ 2574-2576 2574.

25

LECTURE

( 389 )

Le Roi FERDINAND et la Reine ISABELLE disent à

VINCENT PINÇON : « Vous avez découvert certaines îles et terre-ferme, auxquelles vous avez donné les n o m s sui­ vants : moso,

Sainte-Marie

de

et

la Consolation

Rostro

her-

et de là vous avez suivi la côte qui court au Nord-

Ouest jusqu'à la grande rivière que vous avez appelée Sainte-Marie

de la Mer Douce,

toute la terre au long jusqu'au —

et par le m ê m e Nord-Ouest, Cap

de Saint-Vincent

» :

« descobristes ciertas islas é tierra firme, que posistes

los nombres siguientes : Santa Mari a de la Consolacion, é Rostro h e r m o s o , é dende alli seguistes la costa que se corre al Norueste fasta el Rio grande que llamastes Santa Maria de la Mar dulce, é por el mismo Norueste, toda la tierra de luengo fasta el Cabo de San Vicente ». Làfinit,dans l'Acte royal de 1501, la série des décou­ vertes de VINCENT PINÇON : « é por el mismo la tierra de luengo fasta el Cabo

de SAN

Norueste, TODA

VICENTE ».

Il est donc positif que le terme septentrional des découvertes de VINCENT PINÇON fut un cap, au Nord-Ouest de l'Amazone; que ce cap était situé

loin

de ce fleuve; et

qu'il reçut de son découvreur le n o m de

Cap

de

Saint-

Vincent.

2575.

Mais ce n o m disparut bientôt.

C o m m e n t le rétablir aujourd'hui à sa place véritable? 2576.

O n le retrouve, en 1775 et en 1814, dans les

deux cartes suivantes : Mapa

Geografico de America

Meridional

dispuesto y gra-

vado por D. JUAN DE LA CRUZ CANO Y OLMEDILLA; Carte d'après

de

l'Amérique

les cartes de

cartes marines

Méridionale

la Cruz,

dressée

en

Jeffereys et quelques

et terrestres, tant manuscrites

que

1809, autres

gravées.

Par P. LAPIE. LA CRUZ OLMEDILLA et son copiste placent dans la terre-ferme un de

deux

Cap

de Saint-Vincent,

degrés et demi

Nord.

à la latitude juste


e

( 390 )

2 5 LECTURE

§§ 2577-2579

Mais les bonnes cartes de la G u y a n e , —

celles de

M . DE MONTRAVEL, de M . ROBIQUET, de M . DE SAINT-QUANTIN, de M . D'AVEZAC, — ne signalent dans cette situation aucun cap, aucune pointe. LA CRUZ OLMEDILLA et LAPIE se trompent donc. Il faut chercher ailleurs le Cap de Saint-Vincent. 2577. Plus au Sud, ou plus au Nord? Il est évident que LA CRUZ OLMEDILLA a ressuscité son indication de quelque carte ancienne. La plupart des anciennes cartes d ' A m é r i q u e , c o m m e il demeure prouvé dans la lecture 24, portaient les latitudes intertropicales trop au Sud. La latitude de deux degrés et demi, néces­ sairement fausse, est donc, selon toutes les probabilités, trop

méridionale.

Le Cap de Saint-Vincent doit donc se trouver plutôt au Nord qu'au Sud de la position que LA CRUZ OLMEDILLA lui assigne. Les premiers caps au Nord de la latitude septentrionale de deux degrés et demi, ce sont ceux de Cachipour et d'Orange. Ce doit donc être u n de ceux-ci. Mais c o m m e n t opter entre les deux? 2578. ORTELIUS, dans sa carte d ' A m é r i q u e , MAZZA, THÉODORE DE BRY, donnaient à l'Oyapoc, faussement situé à une latitude trop méridionale, le n o m de Rivière de Sain

Vincen

Pinçon

(§§ 1824,

1826, 1827, 1828).

Le m ê m e ORTELIUS, dans sa m a p p e m o n d e , et JODOCUS HONDIUS, dans sa première carte de 1602, appliquaient m ê m e à l'Oyapoc le simple n o m de Rivière de SAINTVINCENT. (§§ 1824, 1832). Puisque la Rivière de Saint-Vincent était celle du Cap d'Orange, il est rationnel de voir dans le Cap d ' O r a n g e le CAP

de

Saint-Vincent.

2579. Mais qu'avons-nous besoin de procéder par induction?


e

§§ 2580-2581

25 LECTURE

( 391

Nous obtiendrons un résultat direct, irréfragable, défi­ nitif, en appréciant dûment une indication de JUAN DE LA COSA, déjà présentée dans cette lecture. 2580. Quelques lieues au Sud de la pointe anonyme située par JUAN DE LA COSA à la latitude septentrionale de quatre degrés et demi, de cette pointe que M. D'AVEZAC avoue lui-même être la borne orientale de la baie d'Oyapoc, le premier pilote de H O J E D A écrit sur sa carte tierra de S : anbrosio

(§ 2568).

de REGIOMONTANUS pour

Eh bien, dans les Éphémérides l'année 1500, on lit : « Ambrosii

[dies] —

Et on lit dans le calendrier de la d'Enciso, imprimée en 1519 : « 4 Avril. Saint-Arnbroise,

Suma

évêque, —

Aprilis 4. » de

geographia

Sãcto

Ambrosio

obispo. »

« 5 Avril. predicador.

Saint-Vincent,

prédicateur, —

Sãt

Vicête

»

2581. Le rapprochement de ces deux dates montre que le n o m de Terre de Saint-Ambroise et celui de Cap de SaintVincent appartiennent tous les deux à VINCENT PINÇON. VINCENT PINÇON allait du Sud au Nord. Il se trouvait le 4 avril 1500 quelques lieues au Sud de la baie d'Oyapoc, probablement au cap Cachipour; et, d'après l'usage d'alors, si habilement mis à profit par M. DE VARNHAGEN dans une note au Diario de Pero Lopes (*) il donna à cette partie du continent le n o m du saint du jour, —

Saint

Ambroise(**).

(*) PERO LOPES DE SOUZA, Diario da Navegacão da Armada que foi á terra do Brasil en 1530. Édité et annoté par Varnhagen, Lisbonne, 1839; édition plus complète, t o m e XXIV, 1861, de la Rev. do Institute Hist. e Geog. do Brazil. (**) Le Père GASPAR D A M A D R E D E D E U S a été le premier à faire remarquer, dans ses Memorias da Capitania de S. Vicente (Lis­ bonne, 1797, p. 15), l'usage en question, en montrant que, de R i o J a n e i r o à S. V i c e n t e , les n o m s donnés à différents points de la côte suivaient l'ordre de ceux du calendrier.


e

( 392 )

25

LECTURE

§§ 2582-2583

Le lendemain, 5 avril, il atteignit le Cap O y a p o c . C'était le jour de Saint

Vincent

Ferrier,

E s p a g n e sous le simple vocable de Saint

alors honoré en Vincent,

comme

le prouve le calendrier d'ENCISO. Quel n o m devait revenir à ce cap? N'est-ce pas celui de Cap

de Saint

Vincent,

consigné dans l'Acte royal du

5 septembre 1501 ? 2582.

VINCENT PINÇON a dû employer cette désigna­

tion d'autant plus volontiers, qu'il gravait ainsi, modeste­ ment, son n o m de baptême sur u n des points les plus remarquables de toute la G u y a n e , —

c o m m e LOUIS-PHI­

LIPPE a gravé les siens sur le portail de la Madeleine, en y faisant placer les seules statues de Saint

Louis

et Saint

Philippe.

2583.

Et lorsqu'on eut découvert la Rivière

d'Oyapoc,

quel n o m plus convenable pouvait-on lui donner que celui du célèbre découvreur du Cap

Oyapoc?


§§ 2584-2585

26

e

( 393 )

LECTURE

VINGT-SIXIÈME

CONCLUSION

la Guyane

LECTURE

GÉNÉRALE

Limite

totale de

Française

et du

Brésil.

2584.

Reprenons l'article 8 du Traité d'Utrecht, et

mettons en parallèle, bien en face les unes des autres, les principales raisons de la France pour

voir dans cet

article la rivière du C a p d u Nord, et les principales rai­ sons du Brésil pour y voir la rivière du Cap d'Orange. Nous saurons mieux apprécier la valeur de cette asser­ tion de M. le B A R O N D E B U T E N V A L , page 144 des Protocoles (*) : que le Brésil ne fonde son droit à la moitié orientale du fleuve du Cap d'Orange que sur « un long subterfuges ou d'équivoques

2585.

héritage de

».

Article 8 du Traité d'Utrecht : « Sa Majesté

Tres-Chrétienne

se desistera pour toujours, c o m m e

Elle se desiste dés à present par ce Traité..., de tous droits &

prétentions qu'Elle peut ou pourra prétendre sur la

propriété des terres, appellées du Cap-du-Nord, & situées entre la riviere des A m a z o n e s , & celle de Japoc ou de

e

(*) Procès-verbal de la 11 séance, 4 janvier 1856.


e

( 394 )

26

LECTURE

§§ 2586-2587

V i n c e n t P i n s o n , sans se réserver ou retenir aucune por­ tion desdites terres. » (§ 2058). 2586.

La France

dit :

« Le bon sens suffit pour réfuter l'idée que, sous la désignation de

Terres du

Cap

du

Nord,

on a compris aussi

les terres du C a p d ' O r a n g e ». Tout le m o n d e sait que le Cap

du

Nord

n'est que l'extrémité océanique de la petite

péninsule entourée par les dernières eaux de l ' A m a z o n e et par les rivières C a r a p a p o r i et A r a g u a r i , dont chacune n'est éloignée du

Cap

du

que de 13 lieues françaises.

Nord

Ce n'est donc qu'à cette petite péninsule que peut appar­ tenir le n o m de 2587.

Terres

Le Brésil

du

répond

Cap

du

Nord.

:

U n acte authentique d u premier ministre de F r a n c e , en 1633; u n acte authentique du Roi de F r a n c e , en 1651 ; cinq livres français, imprimés en 1653, en 1654, en 1664, en 1674; et le préambule du Traité fondamental de 1700 : constatent que l'on étendait la signification de Cap du Nord à toute la Guyane (Lecture 17, titres 4, 6, 7, 8, 9, 11, 13, 25). U n acte authentique du Roi de Portugal, en 1637, authentiquement confirmé en 1645, constate que la Capi­ tainerie brésilienne du Cap

du Nord

occupait sur le lit­

toral guyanais de l'Océan, depuis le C a p d u N o r d jusqu'à la rivière de V i n c e n t P i n ç o n , 35 à 40 lieues portugaises, c'est-à-dire 50 à 57 lieues françaises, et sur le bord guyanais de l ' A m a z o n e , à compter également du C a p d u N o r d , 80 à 100 lieues portugaises, c'est-à-dire 114 à 143 lieues françaises (Lecture 17, titres 1, 5). Deux livres espagnols, imprimés en 1641 et en 1684, deux livres français, imprimés en 1655 et en 1682, assurent que les terres de la Capitainerie brésilienne du Cap Nord

du

étaient, à elles seules, plus riches que tout le P é r o u


e

§ 2588 et plus

26 LECTURE grandes

que toute l'Espagne

( 395 ) (Lecture 17, titres 3,

10, 16, 18). Le Traité fondamental de 1700, base du Traité d'Utrecht, déclare deux fois, dans son préambule, que les terres du Cap du Nord, objet du différend primitif, étaient situées entre l'Amazone et Cayenne; et l'article 1 place dans ces terres le fort de Macapá, à 54 lieues du Gap d u Nord. er

Le Traité d'Utrecht montre avec évidence que les terres, situées entre la rivière des A m a z o n e s et celle de Japoc ou de Vincent Pinson, ne se bornent point à la petite péninsule du C a p d u N o r d proprement dit. Car l'article 13 porte que « Sa Majesté Tres-Chrétienne promet d'empêcher qu'il n'y ait des Missionnaires Fran­ çois ou autres sous sa protection, dans TOUTES lesdites terres ». L'article 9 accorde à Sa Majesté Portugaise la liberté de faire bâtir dans les terres situées entre la rivière des A m a z o n e s et celle de Japoc ou de Vincent Pinson « autant

de nouveaux

les pourvoir

Forts qu'elle trouvera

de tout ce qui sera nécessaire pour

à propos,

&

de

la défense des-

dites terres »; ce qui serait dérisoire, si lesdites terres étaient bonnement le misérable recoin du Gap d u Nord. L'article 8 lui-même, l'article dont le sens précis doit servir de règle, justifie, par deux indications, l'interpré­ tation brésilienne. Il dit — « sans se réserver ou retenir aucune du-Nord,

portion

desdites terres »; il ne dit pas terres du

mais «

terres

APPELLÉES

du Cap-du-Nord

Cap».

2588. La France dit : « Les terres cédées ou abandonnées par la France, en 1713, à la couronne de Portugal, sont dites TERRES DU CAP DU NORD, et elles sont cédées à l'effet, plusieurs fois rappelé dans les articles suivants du Traité, de mettre u n certain espace entre les possessions françaises de la G u y a n e et la rive septentrionale ou rive gauche de l'Ama­ zone, dont nous avons reconnu, par le m ê m e Traité,


e

( 396 )

26

LECTURE

§ 2589

que la navigation nous était interdite. La rivière d ' Y a p o c ou V i n c e n t - P i n son, destinée à former la limite, seradonc dans les environs immédiats du G a p d u N o r d , et tout cours d'eau qui se trouvera dans les parages de ce cap, pourra être considéré avec une grande probabilité c o m m e la rivière que les négociateurs d u Traité d'Utrecht ont entendue par l'Yapoc ou Vincent-Pinson. Cette limite ne remplit-elle pas l'objet que le Portugal avait en vue; n'éloigne-t-elle pas suffisamment les possessions fran­ çaises de la rive gauche de l ' A m a z o n e ; ne prévient-elle pas amplement le contact, les collisions, les empiétements que les deux gouvernements se proposaient d'éviter? Et faut-il chercher péniblement ailleurs, contre toute raison, contre toute vraisemblance, u n e ligne de frontière qui dépasse le but? « L'article 12 du Traité d'Utrecht porte que les F r a n ­ çais qui arriveraient à l ' A m a z o n e , du côté de C a y e n n e , en seront exclus. — appartenant

Or, la navigation de l ' A m a z o n e

seulement

aux riverains, d'une part; de

l'autre, la F r a n c e venant par les articles précédents de renoncer aux deux rives de l ' A m a z o n e

: ou l'article 12

n'a aucun sens, ou il s'applique au cas de communications accidentelles entre le fleuve limite et l ' A m a z o n e . Donc, on a pris pour limite, à Utrecht, u n fleuve qui a nécessité l'insertion de l'article 12. Donc, le fleuve limite est, aux termes du Traité d'Utrecht,

en communication

l ' A m a z o n e . Donc, c'est et

ce ne peut

poco,

être

possible

que

avec

l'Iwari-

l'Araouari.

2589.

Le Brésil

répond

:

Les témoignages authentiques d'un Anglais, d'un Portugais, et de huit Français, de KEYMIS en 1598, de

D'AVITY en 1637, de GUILLAUME DELISLE en 1700, de MILHAU en 1732, de FONSECA vers 1758, de LEBLOND en 1802 et en 1814, de M . l'amiral PENAUD en 1836, de M . l'ami­

ral REYNAUD en 1839, de M . DE MONTRAVEL en 1845 et


e

§§ 2590-2591

26 LECTURE

( 397 )

en 1847, de M. DE SAINT-QUANTIN en 1850, — constatent que la possibilité de communication avec l'Amazone s'étend, et de la manière la plus facile, jusqu'à l ' O y a p o c , jusqu'à la rivière du Cap d'Orange (Lecture 22). Donc, si les Français ont à eux la rive orientale de l'Oyapoc, ils ont à eux l'Amazone. Car toute surveillance est inefficace dans le vaste désert baigné par ces deux fleuves. 2590.

La France

dit :

Le n o m de Japoc

n'en est pas un; et s'il équivaut à

YAPOC, ce mot YAPOC, ainsi

q u ' O y a p o c , qui le remplace

dans le Traité de 1700, est un terme générique, signifiant simplement grand

et pouvant convenir avec

cours d'eau,

autant de propriété au fleuve du C a p d u Nord, c'est-àdire au Carapapori se continuant avec l'Araguari, qu'au fleuve du C a p d'Orange. « Remarquons bien ici les termes du Traité de 1700 :

DITE

La rivière d'Oyapoc

de Vincent

termes, « celui de tous les Oyapoc, les grands

cours

d'eau,

Pinson

», en d'autres

c'est-à-dire d'entre tous

celui auquel Vincent Pinson a

laissé son n o m ». Le n o m capital ici, c'est celui de cent

Pinson;

c'est lui qui particularise; l'autre n'indique

qu'une espèce : un grand 2591.

Vin-

Le Brésil

cours d'eau. »

répond

:

C'est le texte français du Traité de 1700 qui porte, dans er

l'article 1 , les termes « la rivière d'Oyapoc cent

Pinson

DITE de

Vin-

».

Mais le texte français du Traité de 1700 n'est qu'une traduction du texte portugais (§ 1983). Or l'original portugais porte dans l'article 1 Ojapoc

ou de Vicente

Pinson

l'article 4 « o rio de Ojapoc

er

« o rio

», c o m m e il porte dans

ou Vicente

Pinson

» (§ 2631).

Le texte français lui-même porte dans l'article 4 « la rivière d'Oyapoc

ou

Vincent

Pinson

» (§ 2632).


( 398 )

e

26

LECTURE

§ 2591

Qui plus est, le M e m o r a n d u m portugais de 1699, pro­ duit par M . le BARON DE BUTENVAL lui-même, page 94 des Protocoles, dit indistinctement, c o m m e deux parfaits syno­ n y m e s « la rivière de Vincent Pinson ou de Oyapoc », «

la rivière

d'Oyapoc

ou

de

Vincent

Pinson

»

1233,

page 362). Donc, les termes relevés par M . le BARON DE BUTENVAL, « la rivière d'Oyapoc DITE de Vincent Pinson », loin d'offrir le sens restrictif qui leur est prêté par l'honorable Plénipotentiaire de F r a n c e , ne peuvent signifier autre chose que « la rivière d'Oyapoc ou de Vincent Pinson », c'est-à-dire, la rivière portant indifféremment le n o m a m é ­ ricain d'Oyapoc et le n o m européen de Vincent Pinson. Les F r a n ç a i s eux-mêmes transforment quelquefois en j l'y des n o m s américains, lorsqu'il est suivi d'une voyelle (§ 2101). Cette transformation est c o m m a n d é e par le génie de la langue portugaise (§§ 300-305, 2100). Et le témoignage authentique des signataires portugais du Traité d'Utrecht constate que ce sont eux qui ont rédigé les deux textes de ce traité (§§ 2066-2070). Donc, Japoc du Traité d'Utrecht est incontestablement Yapoc.

Le Gouvernement (§§ 1228, 1231, 1233).

Français

en convient

lui-même

Or, deux cartes françaises, gravées en 1680 et en 1703; cinq livres français, imprimés en 1637, en 1666, en 1674, en 1682, en 1708; le travail de M . DE SAINT-QUANTIN, en 1850 ; le travail de M . D'AVEZAC, en 1857 : — constatent que Yapoc était une variante d'Oyapoc pour désigner la rivière du C a p d ' O r a n g e , variante plus usitée, d u temps du Traité d'Utrecht, que la forme Oyapoc, qui a prévalu (Lecture 17, titres 2, 12, 14, 15, 29, 31, et § 2103). D e nombreux exemples analogues constatent que Yapoc est u n raccourcissement indien d ' O y a p o c (§§ 306-309).


§§ 2592-2594

e

26

LECTURE

( 399 )

U n vocabulaire indien, recueilli par u n Français, et imprimé dans le Bulletin de la Société de Géographie de Paris, montre q u ' O y a p o c doit être, d'après l'étymologie, le n o m indigène du Cap d'Orange

(§§ 2247-2268).

Une carte gravée en 1661, et les témoignages récents de deux Français instruits, dont l'un s'est occupé avec ardeur de la question guyanaise, constatent que c'est bien au Cap d'Orange

qu'appartenait proprement le n o m

d'Oyapoc (§§ 2269-2273). Et personne ne produira jamais, jamais,

JAMAIS, un

document quelconque, antérieur au Traité d'Utrecht, ou contemporain de ce traité, appliquant à une rivière quel­ conque, autre que celle du Cap d'Orange, le n o m d'Oyapoc,

Yapoc,

2592.

Japoc.

La France

dit :

Le témoignage direct et formel de l'Anglais WILSON, colon des bords de la rivière du C a p d'Orange en 1605 et 1606, constate que le n o m espagnol de cette rivière n'était pas Rio de Vicente Pinçon, mais bien Rio de Canoas. 2593.

Le Brésil

répond

:

U n texte de l'Anglais KEYMIS, imprimé en 1598 et en 1600; une carte de l'Allemand LEVINUS HULSIUS, gravée en 1599; un texte anglais de 1604, imprimé en 1625, et émané de CHARLES LEIGH, le fondateur de la colonie habitée par WILSON : prouvent que WILSON, simple artisan, a fait une confusion bien excusable chez un h o m m e de sa classe, et que le n o m de Rio de Canoas n'appartenait pas à l'Oyapoc, mais à son proche voisin Ouanari (Lecture 23).

2594.

La France

dit :

LE voyage de Vincent Pinçon, en 1500, démontre que l'application du n o m de ce découvreur à la rivière du C a p d'Orange est une fantaisie, et que l'application de ce


( 400 )

e

26

LECTURE

§§ 2595-2596

m ê m e n o m à la rivière du G a p d u N o r d est la consé­ quence légitime d'un fait incontestable. Car il est avéré, d'une part, que VINCENT PINÇON ne prit terre sur aucun point des côtes océaniques de la G u y a n e ; et il est avéré, d'autre part, que ce navigateur mouilla, immédiatement au Sud du C a p d u N o r d , devant la rivière d'Araguari, dont le Carapapori, immédiate­ m e n t au Nord du m ê m e cap, était alors une branche, et m ê m e la branche principale. 2595.

Le Brésil

répond

:

Les considérations les plus sérieuses prouvent que le Carapapori n'a jamais été u n e branche de l'Araguari. (§§ 569-574, 1171-1206). U n texte authentique de 1501, imprimé en 1504, en 1507, en 1508, en 1512, en 1519, en 1521, constate que le mouillage équatorial de VINCENT PINÇON ne fut ni devant l'Araguari, ni devant le Carapapori, ni devant aucun autre point du voisinage immédiat du C a p d u N o r d (§§ 2536-2553). Et le témoignage judiciaire de VINCENT PINÇON luim ê m e , en 1513; le témoignage judiciaire de son prédé­ cesseur HOJEDA, dans la m ê m e année 1513; la carte du premier pilote de HOJEDA, faite en 1500, immédiatement après le retour des deux découvreurs de la G u y a n e ; et u n acte authentique des rois d ' E s p a g n e , daté du 5 septembre 1501 : constatent que le cap d ' O r a n g e , le cap près duquel débouche l'Oyapoc, a été découvert, le 5 avril 1500, par VINCENT PINÇON (§§ 2554-2583). 2596.

La France

dit :

Les Géographes d u siècle de VINCENT PINÇON condam­ nent, à l'unanimité, l'application du n o m de ce découvreur à la rivière du C a p d ' O r a n g e , et sanctionnent l'applica­ tion de ce n o m à la rivière du C a p d u N o r d . Car la rivière du C a p d ' O r a n g e se trouve par la lati-


E

§ 2597

26 LECTURE

tude septentrionale de quatre latitude septentrionale

( 401 )

degrés et demi;

d'environ

et c'est par la

DEUX degrés qu'est située

e

dans toutes les cartes du xvi siècle, à partir de celle de CABOTO, la rivière de Vincent Pinçon. Cette vérité est tellement irréfragable, qu'elle est reconnue par les Portugais eux-mêmes, par les Brésiliens eux-mêmes, et par l'incomparable ALEXANDRE DE HUMBOLDT, qui a consacré à l'histoire de la géographie de l'Amérique une grande partie de sa belle existence. 2597.

Le Brésil

répond

:

ALEXANDRE DE HUMBOLDT lui-même fait une remarque générale qui renverse de fond en comble l'échafaudage bâti sur les cartes alléguées par la France. Il déclare que les anciennes cartes d'Amérique portent tous les lieux

trop au Sud.

(§ 2469).

Cette remarque est justifiée pour l'Amazone, par la carte de RIBEIRO, construite en 1529, par la carte de MEDINA, gravée en 1545, par un texte d'OviEDo, écrit en 1548, par les cartes de MERCATOR, d'ORTELius et des nombreux élèves de ces deux maîtres, gravées en 1569, en 1570, et pendant tout le reste du siècle xvi. (§ 2470). Et l'étude attentive des anciennes cartes, où la rivière de Vincent Pinçon est n o m m é e , montre que ces cartes, m ê m e en attribuant au Vincent Pinçon une position astronomique qui semblerait indiquer la rivière du C a p du Nord, démentent une pareille indication par les marques terrestres les plus caractéristiques de la rivière du Cap d'Orange. (Lecture 24). C'est ainsi que MERCATOR, ORTELIUS et toute leur école font reconnaître dans le Vincent P i n ç o n la rivière du Cap

d'Orange, par sa distance du C a p d u

Nord.

(§§2467-2474). C'est ainsi que CABOTO révèle dans le Vincent Pinçon la rivière du C a p d'Orange, en inscrivant sur sa rive occidentale le mot T. II

montagnes;

car les premières m o n 2 6


e

( 402 )

2 6 LECTURE

§ 2598

tagnes que l'on aperçoit, en côtoyant la G u y a n e depuis l ' A m a z o n e , ce sont celles de la rive occidentale de la rivière du G a p d ' O r a n g e . (§§ 2516-2518). C'est ainsi que les deux caractères matériels de la rivière d u C a p d ' O r a n g e , — sa distance du C a p d u N o r d , les montagnes de sa rive occidentale, — se trouvent réunis sur le V i n c e n t P i n ç o n dans u n e importante carte espagnole antérieure de huit ans à celle de CABOTO, la carte D'ALONSO DE CHAVES, faite en 1536. (§§ 2507-2515). e

Mais il est inexact que toutes les cartes du xvi siècle donnent à la rivière de V i n c e n t P i n ç o n la latitude d'environ

DEUX

degrés.

E n 1571, dans le bel atlas de VAZ DOURADO, la rivière de V i n c e n t P i n ç o n , avec les deux caractères matériels du fleuve du C a p d ' O r a n g e , se trouve située, deux fois, par la latitude septentrionale de QUATRE DEGRÉS et quelques minutes.

(§ 2529).

Donc, quand bien m ê m e le V i n c e n t P i n ç o n de CABOTO, de MERCATOR, D'ORTELIUS, par la seule magie de la latitude, fût réellement la rivière du G a p d u N o r d , toujours serait-il incontestable que le n o m de V i n c e n t P i n ç o n appartenait aussi, par tous les caractères, y com­ pris la latitude, à la rivière du C a p d ' O r a n g e ; et cela, 129 ans avant le traité de L i s b o n n e , 142 ans avant le Traité d'Utrecht.

2598.

La France

dit :

E n 1699, à u n e époque où la vraie latitude du C a p d ' O r a n g e et de sa rivière, par quatre degrés et demi, était bien connue de tout le m o n d e , LE GOUVERNEMENT PORTU­ GAIS, dans u n e pièce diplomatique, remise à l'Ambassa­ deur de F r a n c e à L i s b o n n e et faisant partie de la négo­ ciation m ê m e du Traité fondamental de 1700, assigna expressément, deux fois, à la rivière d'Oyapoc ou de Vin-


e

§ 2599 cent

Pinson,

26 LECTURE la latitude septentrionale de D E U X

( 403 ) DEGRÉS

CINQUANTE MINUTES. 2599. Le Brésil répond : Il en était de larivièredu Cap d'Orange, après qu'elle a commencé à porter le n o m d ' O y a p o c , c o m m e quand elle ne portait que celui de Vincent Pinçon; on savait mal sa position astronomique. (Lecture 20). N o n seulement avant 1699, non seulement en 1699, mais encore après le Traité de Lisbonne, encore après le Traité d'Utrecht, des A l l e m a n d s , des Anglais, des Hollandais, des Français, ont donné au Cap d'Orange et à sa rivière une latitude trop méridionale, plus méri­ dionale m ê m e que celle que lui attribuaient les Portugais, en 1699 (*) : 3 degrés 50 minutes,

c o m m e le prouve une carte alle­

mande, gravée en 1634 : 3 degrés 40 minutes, c o m m e le prouve un texte fran­ çais imprimé en 1666, et appartenant au gouverneur de Cayenne : 3 degrés 30 minutes, c o m m e le prouvent dix cartes hollandaises, gravées en 1606, en 1607, en 1613, en 1630, en 1652; deux textes anglais, imprimés en 1600 et en 1625; un texte hollandais, imprimé en 1679; un texte français, imprimé en 1743 (trente ans après le Traité d'Utrecht), et appartenant à un naturaliste fort éclairé et fort attaché à la cause cayennaise : 3 degrés 15 minutes,

c o m m e le prouve une carte fran­

çaise, gravée en 1655 : 3 degrés tout juste, c o m m e le prouve un texte latin d'origine allemande, imprimé en 1599 : 2 degrés 50 minutes,

c o m m e le prouve une carte fran-

(*) Voir les §§ 2311 à 2332. Les cartes mentionnées dans les notes à ces §§ ne figurent pas dans ce r é s u m é de l'auteur.


( 404 )

e

26 LECTURE

§ 2599

çaise, gravée en 1683, et appartenant à u n officier distin­ gué, qui avait servi en P o r t u g a l : 2 degrés tout juste, c o m m e le prouvent, trois cartes hol­ landaises, gravées en 1610, en 1635, en 1652; u n e carte française, construite à C a y e n n e en 1696, sous les yeux d u gouverneur de celte colonie, et gravée à Paris en 1698 et en 1699; u n texte français, écrit à C a y e n n e en 1727 par le chevalier DE MILHAU, magistrat dans cette colonie, et imprimé à Paris en 1730; u n manuscrit du m ê m e cheva­ lier DE MILHAU, daté de 1732, et conservé à Paris au M u s é u m d'Histoire Naturelle. Puisqu'en 1696, trois ans avant le m e m o r a n d u m portu­ gais, le marquis DE FERROLLES, la cause première de ce m e m o r a n d u m , donnait au C a p d ' O r a n g e la latitude de deux degrés, au lieu de quatre degrés et demi; puisqu'en 1727 et en 1732, vingt-huit ans, trente-trois ans après le m e m o r a n d u m portugais, le chevalier DE MILHAU, le pre­ mier instigateur de l'interprétation française actuelle du Traité d'Utrecht, donnait encore au C a p d ' O r a n g e la m ê m e fausse latitude de deux degrés : pourquoi s'étonner qu'en 1699 le M e m o r a n d u m portugais donnât à la rivière du C a p d ' O r a n g e , la latitude beaucoup moins fautive de 2 degrés 50 minutes? O n ne le saurait trop répéter. L'ignorance du caractère astronomique, d u caractère invisible de la rivière de C a p d ' O r a n g e , n'empêchait personne de reconnaître cette rivière à son n o m d'Oyapoc ou Yapoc; tout c o m m e cha­ cun se passe des secrets de la chimie pour appliquer avec justesse les n o m s d'air et eau. Aussi est-il avéré, par u n e autre pièce diplomatique de la m ê m e année 1699, faisant également partie de la négo­ ciation du Traité de 1700, que l'Ambassadeur de F r a n c e à L i s b o n n e , malgré la latitude de deux degrés cinquante minutes attribuée dans le M e m o r a n d u m portugais à la rivière d'Oyapoc ou de Vincent Pinson, reconnut sous


§§ 2600-2601

e

26

LECTURE

( 405 )

ce n o m la rivière du C a p d'Orange, la rivière située réel lement par quatre degrés et demi. (Lecture 17, titre 24). 2600.

La France

dit :

E n 1749, trente-six ans après le Traité d'Utrecht, — dans le paragraphe 13 des Annales historiques de l'Etat du M a r a g n a n , c'est-à-dire de la partie du Brésil contiguë à la G u y a n e Française, — le Portugais BERREDO, qui avait été gouverneur de cet État après la conclusion du traité, assigne expressément à la rivière limite d'Utrecht la latitude septentrionale d'un degré trente minutes, tandis que la rivière du Cap d'Orange est située par quatre degrés trente 2601.

minutes.

Le Brésil

répond

:

Dans les m ê m e s Annales de BERREDO, le paragraphe 5, le paragraphe 14, et m ê m e le paragraphe 13, montrent avec évidence qu'il s'est glissé dans ce livre posthume une faute d'impression, et que BERREDO avait écrit, non pas 1° 30', mais 4° 30'. (Lecture 21). Et il ne pouvait en être autrement. C o m m e le fait observer un Français de mérite, cha­ leureusement engagé dans la question de l'Oyapoc, « la question n'est pas précisément à savoir quelle rivière VIN­ CENT PINSON a dotée de son n o m ; mais bien à savoir, avec certitude, quelle est celle que reconnaissaient sous cette dénomination les Portugais lors du Traité d'Utrecht. » (§ 1098). Ce furent les Portugais qui rédigèrent, en 1713, les deux textes du Traité d'Utrecht. » (§§ 2066-2070). Ce furent également les Portugais qui rédigèrent, en 1700, le texte original du Traité fondamental de Lis­ bonne. (§ 1983). Donc, quand bien m ê m e il existerait en vérité deux rivières de Vincent Pinson, toujours est-il évident que le Vincent Pinson de L i s b o n n e et d'Utrecht doit être celui des Portugais à ces deux époques.


e

( 406 )

26 LECTURE

§ 2601

Or, le 14 juin 1637, c o m m e il est avéré par les archives de Torre do Tombo à L i s b o n n e , le roi PHILIPPE III de P o r t u g a l avait déclaré que la rivière de Vincent-Pinson, limite septentrionale du Brésil, débouchait sur la côte de la m e r , à la distance de 35 à 40 lieues portugaises du G a p d u N o r d , ce qui marquait d'une manière précise la rivière du G a p d'Orange. (Lecture 17, titre 1.) Le 9 juillet 1645, c o m m e il est avéré par les m ê m e s archives royales de L i s b o n n e , le roi JEAN IV de Portugal avait confirmé l'Acte de 1637. (Lecture 17, titre 5). A u mois de juin 1688, c o m m e il est avéré par les archives du Ministère de la Marine et des Colonies de F r a n c e , le c o m m a n d a n t du fort brésilien d'Araguari avait notifié au c o m m a n d a n t de la place de C a y e n n e , qu'en vertu de l'Acte royal de 1637, « les limites des possessions portugaises étaient à la rivière du Cap d'Orange, appelée par les P o r t u g a i s

les Français

Oyapoc.

rivière de

Vincent

Pinson,

et par

» (Lecture 17, titre 21).

E n 1712, c o m m e il est avéré par u n livre imprimé, le cosmographe-major du royaume et possessions de Por­ tugal avait assigné à la Rivière Oyapoc ou de Vincent Pinson la latitude septentrionale de 4 degrés 6 minutes. (Lecture 17, titre 35). Le 9 février 1713, c o m m e il est avéré par les archives de la maison de T A R O u c A , les deux Plénipotentiaires de Portugal à Utrecht, les rédacteurs du Traité signé dans cette ville le 11 avril de la m ê m e année, avaient fait en­ tendre

nettement que la rivière de

Vincent

Pinson,

réclamee par eux c o m m e frontière d u Brésil, était située à plus

de

TROIS DEGRÉS TROIS QUARTS

de latitude

septentrio-

nale, ce qui ne pouvait convenir à aucune rivière au Sud du C a p d'Orange. (Lecture 17, titre 36). Et l'Acte royal portugais de 1637 avait été exhibé à l'Am­ bassadeur de F r a n c e pendant l'a négociation du Traité de Lisbonne.


e

§ 2601

26 LECTURE

( 407 )

Et la notification portugaise de 1688 avait été portée aussitôt à la connaissance du Gouvernement Français. Et le livre portugais de 1712 était connu et estimé de tout le monde. Et la déclaration portugaise de 1713, la déclaration préalable des rédacteurs du Traité d'Utrecht, avait été faite aux plénipotentiaires de France, au sein m ê m e du Congrès d'Utrecht. Donc, en signant le Traité primordial de 1700, en signant le Traité final de 1713, les Plénipotentiaires de France savaient parfaitement que la rivière de Vincent Pinson, objet de ce Traité, était la rivière du Cap d'Orange. Donc, en ratifiant le traité de L i s b o n n e , en ratifiant le Traité d'Utrecht, le Gouvernement Français savait par­ faitement qu'il s'engageait à respecter c o m m e limite du Brésil la rivière du CAP D'ORANGE. D'autre part, la France reconnaît positivement (et comment le méconnaître!) que la rivièrefixéeà Utrecht pour limite définitive de la G u y a n e Française et du Brésil est la m ê m e qui formait la limite septentrionale des terres neutralisées à L i s b o n n e le 4 mars 1700. (§§ 20602062). Or, le texte français du Traité du 4 mars 1700, texte revu à Versailles, donne à la rivière limite, en toutes lettres, le double n o m

de

Vincent

Pinson

et

Oyapoc.

Quand bien m ê m e le n o m de rivière de Vincent Pinson serait amphibologique, celui de rivière d'Oyapoc est de toute clarté. Jusqu'à l'époque du Traité d'Utrecht, et pendant quel­ ques années encore après l'échange des ratifications de ce Traité, le n o m de rivière d'Oyapoc n'était appliqué qu'à la rivière du

Cap

d'Orange.

IL EST IMPOSSIBLE A LA FRANCE DE MONTRER LE CONTRAIRE. Aussi est-il constaté par un manuscrit français, et par


e

( 408 )

26 LECTURE

§§ 2602-2604

dix-sept livres français, imprimés de 1721 à 1857, que m ê m e la F r a n c e , m ê m e le Gouvernement Français, recon­ nurent positivement que la rivière fixée à Utrecht pour limite définitive de la G u y a n e F r a n ç a i s e et d u Brésil est la rivière du

Cap

d'Or ange.

(Lecture 17, titres 38 à 48,

50 à 54, 57, 60, 61, 63).

2602.

Mais la rivière du G a p d'Orange ne constitue

que la limite

maritime.

Il reste à étudier la limite 2603.

Comme

intérieure.

le dit fort bien, en 1855, la Réponse

Préliminaire du Gouvernement Français, « cette question est intacte. »

2604. Nous avons v u les passages suivants de M . MALOUET, dans son rapport de 1776 au ministre de la marine et des colonies : « Il est notoire que les Portugais... nous ferment toutes les avenues du Rio-Négro, dont la navi­ gation seroit pour nous si importante. » — « C o m m e il pourroit être dangereux de paroître douter de la légitimité de nos droits, on croit que le préambule nécessaire à toute négociation seroit de déclarer à la cour de P o r t u g a l que le Roi, aux termes du Traité d'Utrecht, a ordonné l'éta­ blissement d'un poste dans la baie de V i n c e n t P i n s o n , d'où Sa Majesté se propose de faire tirer une ligne droite de l'Est à l'Ouest pour la fixation des limites. » — « Indé­ p e n d a m m e n t de la pêche du lamentin, et de l'augmentation de terres que cet arrangement nous assure, il nous ouvre la traite des bestiaux au P a r a ; et par Rio-Négro, la navi­ gation interlope sur le fleuve des A m a z o n e s , » (§§ 485, 2158). Nous avons v u que le Gouvernement Français, modi­ fiant, à l'avantage de la F r a n c e et sans aucun préambule, la proposition de M . MALOUET, ordonna aux administra­ teurs de la G u y a n e , dans la m ê m e année 1776, d'établir


e

§§ 2605-2606

26 LECTURE

( 409 )

la frontière avec le Brésil par une ligne brisée, à quinze

lieues de distance de la rive gauche

de

courant

l'Amazone,

à partir de l'embouchure du Vincent Pinçon. (§§ 497, 683). er

Nous avons vu que le 1 juillet 1856 le Gouvernement Français a formulé en ces termes, par la bouche de M. le BABON DE BUTENVAL (page 174 des Protocoles), la totalité des limites d'Utrecht : « Le canal de Carapaporis, sépa­ rant l'île de Maracá des terres adjacentes au G a p du Nord, — puis la branche Nord du fleuve Araouari, si cette branche est libre, ou, dans le cas où cette branche serait aujourd'hui obstruée, le premier cours d'eau suivant, en remontant vers le Nord et se jetant, sous le n o m de M a n n a i e ou de rivière de Carapaporis, dans le canal de Carapaporis, à un degré quarante-cinq minutes environ de latitude Nord. » — « La limite, partant de la côte, suivrait le cours du fleuve sus-indiqué jusqu'à sa source, puis se prolongerait à égale distance de la rive gauche de l'Amazone

du Rio Branco.

jusqu'à

ce qu'elle rencontrât

la limite

Ouest

» (§ 1238).

2605. Mais la limite intérieure dépend essentiellement de la limite maritime.

M. le BARON DE BUTENVAL le reconnaît lui-même, page 152 des Protocoles : « Le Plénipotentiaire Français répond, qu'à son avis, le point de départ de toute limite étant la limite maritime, celle du point de la côte où débouchera le cours d'eau c o m m u n aux deux États, il lui semble impossible de s'occuper de la limite intérieure avant d'avoir arrêté ce point de départ, c'est-à-dire avant d'avoir résolu la difficulté créée par la diversité d'inter­ prétation du Traité d'Utrecht par la France et par le Brésil. (§ 1235). 2606. Les deux lignes Est-Ouest, plus ou moins rap­ prochées de la rive gauche de l'Amazone et de l'embou­ chure du Rio Negro, adoptées par le Gouvernement


e

( 410 )

2 6 LECTURE

§§ 2607-2609

Français en 1776 et en 1856, présupposent que l'article 8 du Traité d'Utrecht fixe pour limite maritime u n e rivière débouchant aux environs immédiats du C a p d u N o r d . Mais il est maintenant DÉMONTRÉ que l'article 8 d u Traité d'Utrecht fixe pour limite maritime la rivière du Cap

d'Orange.

2607. Ce fait renferme tout. 2608. C o m m e le remarque ALEXANDRE DE HUMBOLDT, dans son Mémoire de 1817, ce n'est pas seulement l'embouchure de l'Oyapoc que le Traité d'Utrecht fixe pour limite; c'est tout le cours de ce fleuve, depuis son embou­ chure jusqu'à sa source. (§ 927). La source de l'Oyapoc est donc, aux termes d u Traité d'Utrecht, le point de départ de la limite intérieure de la G u y a n e F r a n ç a i s e et du Brésil.

2609. Si l'on consulte la Carte d'ensemble des Guyanes, donnée par M . DE SAINT-QUANTIN dans la Revue Colo­ niale de septembre 1858, on trouve entre la source de l'Oyapoc et celle du M a r o n i , c'est-à-dire d u fleuve qui fait la limite occidentale de la G u y a n e Française, une plaine, qui laisse indécise la continuation naturelle de la ligne de l'Oyapoc. Ce n'est que de la source d u M a r o n i vers l'Ouest que M . DE SAINT-QUANTIN n o m m e et dessine les Montagnes

Tumucumaque.

Mais c'est là u n e grave erreur. L ' O y a p o c prend sa source dans l'extrémité orientale de la chaîne T u m u c u m a q u e ; et cette chaîne court de là vers l'Ouest sans aucune interruption, s'étendant de la source de l'Oyapoc à celle d u M a r o n i , c o m m e de la source du M a r o n i à celle de l'Esséquèbe. Tous les géographes sont d'accord sur ce fait; et l'hono­ rable M . DE SAINT-QUANTIN le reconnaît lui-même dans ces deux passages de son texte, pages 306, 335 de la Revue Coloniale, 59, 88 d u tirage à part : — « Après les savanes surgissent les premiers contre-forts delachaîne de T u m u -


e

§ 2610-2613

26

LECTURE

( 411 )

c u m a q u e , embranchement des montagnes delaP a r i m e , qui occupe le centre de la G u y a n e . C'est dans les derniers anneaux

qui se prolongent jusqu'à

l'Araouari

et l'Oyapock

l'Amazone

que

prennent leurs sources. » — « Il

est temps de placer la question de la G u y a n e à un point de vue nouveau.... Nous voulons parler de la région mon­ tagneuse de l'intérieur.... Nous devons attacher un haut intérêt à la possession du plateau où

l'Oyapock,

l'Araouari

et quelques affluents de l'Amazone prennent leurs sour­ ces. » (§ 1126). 2610.

La chaîne T u m u c u m a q u e , avec u n versant

du côté de C a y e n n e et u n versant du côté du Brésil, est donc la continuation obligée de la ligne de l'Oyapoc. 2611.

C'est là ce que demande la nature.

Car le bassin de l'Amazone s'étend jusqu'à la chaîne T u m u c u m a q u e , c o m m e jusqu'au Gap d'Orange. (§§ 912). 2612.

C'est là ce que demande l'équité.

Car, ainsi que le rappellent les deux premières lectures, et ainsi que le déclarent, en 1641 l'Espagnol ACUÑA, en 1655 le Français PAGAN, en 1682 le Français GOMBERVILLE, en 1684 l'Espagnol RODRIGUEZ, les Portugais se trouvaient, depuis le 9 juillet 1632, maîtres effectifs de toute la portion guyanaise du bassin de l'Amazone, au prix de la sueur des missionnaires de Lisbonne, au prix du sang des soldats du Pará, — tandis que les Français n'ont mis le pied sur ce territoire que depuis 1678, et n'y avaient jamais fait autre chose que des incursions passa­ gères, bornées

pendant longtemps à la capture des

Indiens. (§§ 52-115; lecture 17, titres 3, 10, 16, 18). 2613.

C'est là ce que demande l'intérêt bien entendu

des deux États. Car une longue ligne artificielle serait extrêmement difficile à établir sur le terrain, et impossible à respecter. Elle susciterait parmi les commissaires démarcateurs des


e

( 412 )

26

LECTURE

§§ 2614-2615

dissidences interminables; elle éterniserait chez les deux peuples limitrophes les incertitudes, les empiétements, les collisions que les deux Gouvernements se proposaient d'éviter. 2614.

C'est là ce que reconnaissent les nombreuses

cartes françaises alléguées dans la lecture 19. Adoptant Guyane

loyalement

Française

pour

et du

limite

maritime

de

Brésil la rivière du

la Cap

d ' O r a n g e , toutes ces cartes continuent la frontière parla chaîne T u m u c u m a q u e . 2615.

C'est bien là

le sens

et l'esprit

du

traité

d'Utrecht. C o m m e le reconnaît le Gouvernement Français dans sa Réponse Préliminaire du 2 8 juin 1855, le Traité d'Utrecht a pour but principal d'assurer exclusivement au Portugal, aujourd'hui au Brésil, la navigation et l'usage du fleuve qui avait coûté aux P o r t u g a i s du Pará les plus glorieux sacrifices, tandis que les F r a n ç a i s

se contentaient de

l'admirer de loin. (§§ 38-107, 1714-1744). G o m m e le reconnaît le Gouvernement Français dans le m ê m e document, le Traité d'Utrecht, pour atteindre son but principal,

dans

un

désert,

ferme aux

embarcations

françaises toutes les avenues de l'Amazone. Or, tout c o m m e

des inondations périodiques d'une

longue durée transforment en u n lac profond les solitudes qui s'étendent de l'Oyapoc l'Amazone

à l'Amazone,

et ouvrent

aux embarcations de C a y e n n e (Lecture 22),

de m ê m e , des rivières navigables, jaillissant de la chaîne Tumucumaque,

canalisent les solitudes qui vont de

cette chaîne à l ' A m a z o n e , et ouvrent également aux Français

le fleuve réservé

au Brésil par

le Traité

d'Utrecht. Voici, sur ce dernier fait, des renseignements publiés par M . DE MONTRAVEL, en août 1847, dans la niale

et dans les Annales

Maritimes

Revue

et Coloniales

:

Colo-

« Il est


§ 2616

e

26

LECTURE

( 413 )

démontré par une expérience presque journalière que les Indiens de la G u y a n e communiquent avec l'Amazone par la rivière d ' O y a p o c k ; étudions donc cette voie, et facilitons-en le parcours, en m ê m e temps que pourront se faire les études des rivières Jary et Paru, qui ont avec la première des sources, sinon communes, du moins fort rapprochées. Cette voie bien étudiée, bien tracée à travers la G u y a n e , nous permettrait de connaître à fond les richesses de l'intérieur et de les utiliser, en m ê m e temps qu'elle nous conduirait à l'Amazone.... Les communica­ tions du Maroni avec le Rio-das-Trombetas, l'un des plus riches affluents de l'Amazone, existent, on n'en saurait douter. Il ne reste plus qu'à nous faire guider par les Indiens eux-mêmes; qu'à suivre leur route, rendue bientôt plus praticable, et à nous établir ainsi en com­ munications directes avec le fleuve des A m a z o n e s , par le Rio-das-Trombetas, qui débouche dans le fleuve à quatre milles au-dessus de la ville d'Obidos. » 2616. sûreté du

Et c'est ce que

réclame impérieusement la

Brésil.

Dans les vastes solitudes qui avoisinent l'Amazone, les établissements brésiliens de sa rive gauche seraient à la merci de C a y e n n e , s'ils ne se trouvaient protégés par l'Oyapoc et par la chaîne T u m u c u m a q u e . Tout c o m m e , en 1688, FEROLLES, le héros de C a y e n n e , pénétrant clandestinement par le M a y a c a r é et par les savanes inondées, se présenta à l'improviste devant le fort brésilien d'Araguari; de m ê m e , en 1697, pénétrat-il clandestinement dans le tronc de l'Amazone en des­ cendant le Paru, et vint fondre à l'improviste sur le fort brésilien de Macapá. (§§ 1955, 1961). Ces parages sont encore aussi déserts qu'ils l'étaient alors. Et il ne pourrait y avoir ici aucune réciprocité. Les rivières que la chaîne T u m u c u m a q u e envoie à


e

( 414 ) l'Amazone

2 6 LECTURE

§§ 2617-2619

ne coulent pas tranquillement

dans u n e

plaine; elles se précipitent par u n e pente fort roide. O n les descend en volant, on les remonte en rampant. 2617. Comparons maintenant avec le Traité d'Utrecht la Convention de Paris, à laquelle a été consacrée la neu­ vième lecture. Confrontons au grand modèle l'Acte conclu le 28 août 1817, et encore aujourd'hui en vigueur, qui ordonne de fixer à la G u y a n e F r a n ç a i s e et au Brésil des limites définitives conformes au sens précis de l'article 8 du Traité d'Utrecht, et qui, en attendant cettefixation,marque aux deux pays des limites provisoires, maritime et intérieure. (§ 930). Cet examen montrera au grand jour le désintéres­ sement du Brésil. L e Brésil veut ce que lui donne le Traité d'Utrecht, ce qu'ordonne l'équité, et pas u n pouce de plus. 2618. M . DE CIRCOURT, dans les Nouvelles Annales des Voyages de décembre 1857, résume en ces termes, page 263, l'article 1 de la Convention de 1817 : « U n Traité signé, le 28 août..., établit provisoirement pour limite entre les deux G u y a n e s u n e ligne imaginaire courant de l'Est à l'Ouest par le parallèle de 2° 24'de latitude septen­ trionale. Cette ligne coupe la côte u n peu au Sud de l'em­ bouchure de la rivière M a y a c a r é , et de la pointe Nord de l'île M a r a c a . » er

M . DE SAINT-QUANTIN, dans la Revue Coloniale d'août 1858, citant textuellement les deux premiers articles de la m ê m e convention, prête cette finale à l'article 1 : « Par le parallèle de 2° 4' de latitude septentrionale. » er

2619. Ce sont là deux graves erreurs. Se fiant à sa mémoire, M . DE CIRCOURT oublie que le parallèle convenu en 1817 c o m m e n c e à la source de l'Oyapoé, et n o n sur la côte de la mer.


§§

2620-2622

e

26

LECTURE

( 415 )

Se fiant à un texte fautif de M. B A E N A , dans sa bro­ chure de 1846, M. D E S A I N T - Q U A N T I N s'imagine que ce parallèle est celui de deux degrés quatre minutes, tandis que c'est celui de deux degrés vingt-quatre minutes. 2620.

Le texte exact de la convention de 1817 a été

publié en 1820

par M A R T E N S , Supplément, tome 8, page 490;

et M. D ' A V E Z A C en a extrait fidèlement les deux premiers articles, dans la note H H de son travail de 1857. Dans la m ê m e année 1857,

page 428 du tome 5 de sa

collection (§ 1976), M. B O R G E S D E C A S T R O a reproduit inté­ gralement la convention de Paris, d'après l'original gardé aux archives royales de Torre do T o m b o à L i s b o n n e . Et voici de nouveau, d'après cette source authentique, er

l'article I : « Sa Majesté Très-Fidèle, étant animée du désir de mettre à exécution l'article CVII de l'Acte du Congrès de V i e n n e , S'engage à remettre à Sa Majesté Très-Chré­ tienne dans le délai de trois mois, ou plus tôt si faire se peut, la G u y a n e Française jusqu'à la rivière d'Oyae

e

pock, dont l'embouchure est située entre le 4 et le 5 degré e

de latitude septentrionale, et jusqu'au 322 degré de longi­ tude à l'Est de l'Ile de Fer, par le parallèle de 2 degrés 24

minutes de latitude septentrionale. » 2621.

Cet article offre à notre

considération trois

objets : La ligne de l'Oyapoc; Le parallèle de 2 degrés 24 minutes de latitude septen­ trionale ; Le méridien de 322 degrés à l'Est de l'Ile de Fer. 2622.

La

ligne de l'Oyapoc,

ainsi que le prouve lon­

guement tout ce travail, est irrécusablement réclamée par la lettre et l'esprit du Traité d'Utrecht, par les exigences de l'histoire, et par les convenances les plus naturelles. Il faut donc la maintenir ;


e

( 416 )

26

LECTURE

§ 2623

Mais en l'indiquant de manière à ne laisser aucune incertitude. La convention de Paris, copiant l'Acte de V i e n n e , dit que la G u y a n e F r a n ç a i s e « s'étend jusqu'à la rivière d'Oyapoc. » S'autorisant de cet énoncé, le Brésil serait fondé à soutenir que c'est jusqu'à l'Oyapoc exclusivement, c'est-àdire jusqu'à sa rive occidentale; et la F r a n c e pourrait prétendre, à son tour, que c'est jusqu'à l'Oyapoc inclusivement, c'est-à-dire jusqu'à sa rive orientale. Mais, d'après l'intention du Traité d'Utrecht, et d'après les exemples analogues, ce n'est pas un des bords de l'Oya­ p o c qui doit former la limite maritime de la G u y a n e Française et du Brésil. C'est le thalweg du fleuve. M. le BARON DE BUTENVAL reconnaît lui-même, page 152 des Protocoles, que le fleuve limite doit être « c o m m u n aux deux États ». 2623.

de 2 degrés 24 minutes de latitude c o m m e le montre la neuvième lecture, 931 à 936, livre au Brésil le versant septentrional de la chaîne T u m u c u m a q u e , et peut-être m ê m e quelque chose de plus. Le parallèle

septentrionale,

Telle n'est pas et telle ne pouvait être l'intention du Traité d'Utrecht. Le Traité d'Utrecht a u n double but : Assurer exclusivement au Brésil la navigation et l'usage de l ' A m a z o n e ; et ce but est atteint en laissant au Brésil la moitié orientale de l'Oyapoc et la moitié méri­ dionale de la chaîne T u m u c u m a q u e : Assurer au Brésil la possession de son ancienne capi­ tainerie d u C a p d u N o r d , créée en 1637 pour sauvegarder l ' A m a z o n e (§§ 64 à 72); et le territoire de la capitainerie brésilienne du C a p d u N o r d avait pour barrières l'Oya­ p o c et la chaîne T u m u c u m a q u e .


e

§§ 2624-2626

26 LECTURE

( 417 )

Le parallèle déterminé en 1817 dépasse donc le but. Il introduit les Brésiliens dans le bassin du Maroni, leur créant, au détriment de la France, une faculté qu'ils n'ont jamais prétendue, et qui n'est justifiée par le Traité d'Utrecht ni par aucun autre droit légitime. 2624.

Le méridien

de

322 degrés à l'Est de l'Ile de Fer,

c'est-à-dire de 58 degrés à l'Ouest de Paris, préjuge, contre la Hollande, la prétention française de s'étendre à l'Ouest de la partie supérieure du Maroni. Mais le Traité d'Utrecht n'impose nullement au Bré­ sil l'obligation de se prononcer sur cette prétention de la France. Que la G u y a n e Française s'arrête au Maroni, ou qu'elle vienne à absorber la G u y a n e Hollandaise, et même

la G u y a n e Anglaise, —

les affluents guyanais

de l'Amazone appartiendront toujours intégralement au Brésil, en vertu du Traité d'Utrecht, et en vertu de l'équité. 2625.

Le Traité d'Utrecht, d'accord avec l'équité,

exige donc, dans la frontière stipulée par la convention de Paris, une double rectification. Il ordonne de supprimer et le parallèle H U M B O L D T et le méridien W E L L I N G T O N , et d'établir simplement, pour limite intérieure du territoire brésilien et du territoire français, les

montagnes

Tumucumaque,

les

Alpes

de

la

Guyane. 2626.

Le Traité d'Utrecht est donc l'expression bien

fidèle de la justice la mieux fondée. Il n'a fait que reconnaître c o m m e droit positif un droit naturel. C'est donc avec toute raison que le Brésil formule en ces termes la limite totale qui le sépare des possessions de la France : « La ligne de démarcation entre le Brésil et la G u y a n e Française passera par les points les plus profonds de T.

II

27


e

( 418 ) la rivière

2 6 LECTURE

§ 2627

dont l'embouchure est située sous le Cap d'Orange, entre le quatrième et le cinquième degré de latitude septentrionale. A partir de l'endroit où cette rivière perdra le n o m d'Oyapoc, ladite ligne passera par les points les plus profonds de son affluent le plus consi­ dérable par le volume de ses eaux en temps sec, jusqu'à la source de cet affluent. D e cette source, la ligne de démar­ cation continuera, de l'Est à l'Ouest, par les points les plus élevés des montagnes, ou hauteurs, qui forment le partage entre les eaux qui vont à la rivière des A m a z o n e s et celles qui vont à l'Océan à l'Ouest de l'Oyapoc. » Oyapoc,

2627. E n procédant de la sorte, le Brésil fait preuve de respect pour les droits de la F r a n c e et pour les droits de la H o l l a n d e , c o m m e il fait preuve de la conviction la mieux sentie de ses propres droits.


§ 2628

( 419 )

NOTE COMPLÉMENTAIRE

NOTE

COMPLÉMENTAIRE

O n vient de recevoir à Paris l'ouvrage suivant : « Die beiden ällesten General-Karten den

jahren

1527 und

bezitz Grossherzoglichen

von Amerika.

Ausgeführt

in

1529 auf befehl Kaiser Karl's V. Im Bibliothek

zu

Weimar.

Erläutert

G. KOHL. Weimar, Geographisches Institut. 1860. » Grand in-folio; en vente chez FRANCK, rue de Richelieu, et chez KLINCKSIECK, rue de Lille.

von J.

Ce sont, avec un texte explicatif extrêmement érudit, un fac-simile de la partie américaine de la m a p p e m o n d e construite par DIOGO RIBEIRO en 1529 et mentionnée au § 2439, et un fac-simile de la partie américaine d'une mappemonde anonyme de 1527, attribuée par M. KOHL à FERDINAND COLOMB, mais que je crois, avec SPRENGEL, du

m ê m e DIOGO RIBEIRO. La carte de 1529, incontestablement de DIOGO RIBEIRO, puisqu'elle porte en toutes lettres le n o m de ce carto­ graphe, confirme de la manière la plus irréfragable le fait établi aux §§ 1611-1652 : que déjà en 1524, 189 ans avant le Traité d'Utrecht, le Portugal plaçait la limite septen­ trionale du Brésil à l'Ouest du bord guyanais de l ' A m a zone. Car cette carte présente un grand nombre de lé­ gendes, tout à fait négligées par SPRENGEL; et l'une de ces


(420)

NOTE COMPLÉMENTAIRE

légendes, écrite derrière le fleuve mots : « el Rio de

Marañon,

dulce. », « Le fleuve de y entrent

DOUCE

vingt

en

mer.

avec toute clarté, dans le zone;

et ils trouvent

de

» Cette indication

Marañon

l

la m a r tomã agua est très grand;

Marañon

l'EAU DOUCE,

par

lieues

finit par ces

es m u y grande & entran

marañon

nauios por agua dulce & 20, leguas navires

§ 2628

les

l'EAU

montre

de RIBEIRO,

l'Ama-

car nous avons v u au § 2541 ce témoignage irrécu­

sable de M . DE MONTRAVEL : « Je n'ai remarqué, à l'em­ bouchure zones,

d'aucune

rivière autre que celle des

Ama-

les eaux être douces à six milles au large de la

côte. » Or DIOGO RIBEIRO avait assisté en 1524 à la Junte de B a d a j o z , à cette junte dans laquelle, d'après le témoi­ gnage irrécusable D'HERRERA, les P o r t u g a i s posaient le méridien de Tordesillas ( c o m m e RIBEIRO le pose lui-même) à

l'Ouest

du

bord

occidental

du

Maranon

(§§ 1617-1618).

U n e autre précieuse confirmation nous est fournie par le texte de M . KOHL. C'est sur l'importance d u m o t

Monta-

ñas, établie aux §§ 2512-2520, pour faire reconnaître la rivière d u

Cap

m ê m e sans le n o m de ce cap

d'Orange,

et sans le n o m

Voici ce que dit le savant Alle­

d'Oyapoc.

m a n d , pages 131-132, décrivant du Nord-Ouest au Sud-Est, d'après les deux cartes par lui éditées, le littoral de la Guyane : « Près de R. baxo la côte quitte la direction de Sud-Est, qu'elle avait gardée jusque-là, et elle prend la direction du Sud, en formant, surtout dans la carte de 1527, u n angle aigu. C'est ce que fait la côte de la G u y a n e à la proximité du Cap d'Orange

actuel; il est donc probable

que nous nous trouvons devant ce cap. L e n o m de Montañas,

qui apparaît à côté d u Rio B a x o , donne encore plus

de probabilité à cette assertion; car on trouve à la proxi­ mité d u

Cap

d'Orange

actuel les Montagnes

d'Argent.

Ce sont les premières terres hautes que l'on découvre sur cette côte, en venant des pays bas du delta de M a r a ñ o n ;


§ 2628

NOTE COMPLÉMENTAIRE

( 421 )

et en arrivant de C a y e n n e ou de S u r i n a m , ce sont aussi les endroits les plus élevés, sur des étendues très considé­ rables. Les M o n t a g n e s d'Argent forment diverses pointes isolées, qui s'approchent tout près des côtes, et elles servent aux navigateurs de signe de reconnaissance, non-seulement pour le Cap d'Orange, mais aussi pour la grande baie du fleuve Oyapoc. »


er

1

§ 2629

PIÈCES

DOCUMENT

( 423 )

JUSTIFICATIVES

PREMIER DOCUMENT Capitulation

de Vincent

Pinçon,

le 5 septembre 1501.

CAPITULACION D E V I C E N T E Y A Ñ E Z =

E L REY é LA R E Y N A —

El

Asiento que por nuestro mandado se tomó con vós V I C E N T E Y A Ñ E Z P I N Z O N sobre las Yslas é tierra firme que vos habeis descubierto es lo segmente — Primeramente que por cuanto vos el dicho V I C E N T E Y A Ñ E Z PINZÓN vecino de la Villa de Palos por nuestro mandado, é con nuestra licencia, é facultad fuistes à vuestra costa é mision con algunas personas, è parientes, é amigos vuestros á descubrir en el mar Occeano, á la parte de las Yndias con cuatro navios, á donde con el ayuda de Dios N U E S T R O S E Ñ O R , é con vuestra industria é trabajo, é diligencia descobristes ciertas islas é tierra firme, que posistes los nombres Santa

Maria

de la Consolacion, é Rostro hermoso,

seguistes la costa que que

llamastes

Norueste,

Santa

se corre al Norueste Maria

siguientes : é

dende

fasta el Rio

de la Mar-dulce,

é por

el

toda la tierra de luengo fasta el Cabo de San

alli

grande mismo Vicente

ques la misma tierra donde por las descubrir é allar pusistes vuestras personas á mucho riesgo é peligro, por nuestro servicio, é sufristes muchos trabajos, é se vos recreció muchas perdidas, é costas, é acatando el dicho servicio que nos fecistes, é esperamos que nos hareis de aqui adelante, tenemos por bien é queremos que en quanto nuestra merced é,


( 424 )

1

er

DOCUMENT

§ 2629

voluntad fuere, ayades é gozedes de las cosas que adelante en esta Capitulacion seran declaradas, é contenidas; conviene á saber en remuneracion de los servicios é gastos, é los daños que se vos recrecieron en el dicho viaje, vos el dicho VICENTE YAÑEZ quanto nuestra merced é voluntad fuere seades vuestro Capitan

é Gobernador

de las dichas

tierras de suso

nombradas

de la Consolacion

seguiendo

desde la dicha punta

de Santa Maria

la costa fasta Rostro

hermoso, é de alli toda la costa que se corre

al Norueste Maria

hasta el dicho

de la Mar-dulce

Rio

que

vos posistes nombre

con las islas questàn à la boca

del

Santa dicho

se nombra marina tubalo [?] — al qual dicho oficio é cargo de Capitan é Gobernador podades usar é egercer é usedes é egercedes por vos é por quien vuestro poder oviere con todas las cosas anexas é concernientes al dicho cargo segund que lo usan, é lo pueden, é deben usar los otros nuestros Capitanes é Gobernadores de las semejantes islas é tier­ ras nuevamente descubiertas. —

rio que

Yten que es nuestra merced é voluntad de que las cosas, é intereses é provecho que en las dichas tierras de suso nom­ bradas, é rios, é islas, é se oviere é allare é adquiriere de aqui adelante, asi oro, como plata, cobre ó otro qualquiera metal é perlas, é piedras preciosas, ô drogueria é especeria é otras qualesquier cosas de animales é pescados, é aves, é arboles, é yerbas é otras cosas de qualquier natura 6 calidad que sean, en quanto nuestra merced é voluntad fuere ayades é gozedes la sesma parte de lo que nos ovieremos en esta manera : que si nos embiaremos a nuestra costa à las dichas islas é tierra, é rios por vos descubiertas algunos navios é gente que sacando primeramente toda la costa de armazón e fletes que del interese que remaneciere, ayamos é llevemos nos las cinco sesm a s partes, é vos el dicho VICENTE YAÑEZ la otra sesma parte, é si alguna, ó algunas personas con nuestra licencia é m a n dado, fueren á las dichas islas, é tierra, é rios, de lo que las taies personas nos ovieren á dar por razon de las dichas taies licencias é viajes ayamos é lleuemos para nos, las cinco sesm a s partes, é vos el dicho VICENTE YAÑEZ la otra sesma parte — Yten que si vos el dicho VICENTE YAÑEZ PINZON, quisierdes ir dentro de un aÑo que se cuenten del dia de la fecha desta Capitulation

de

Vincent

Pinçon.


§ 2629

er

1

DOCUMENT

( 425 )

Capitulation é asiento con algun navio ó navios, á las dichas islas, é tierras é rios, à rescatar é traer qualquier cosa de interese é provecho que por el mismo viaje que fuerdes, sacando primeramente para vos las costas que ovierdes fecho en losfletesé armazon del dicho primero viaje que del inte­ rese que remaneciere ayamos é lleuemos nos la quinta parte, é vos el dicho V I C E N T E Y A Ñ E Z las quatro quintas partes con tanto que no podais traer esclavos ni esclavas algunas, ni vayais ( las islas é tierra firme que hasta hoy son descubiertas, ô se han de descubrir por nuestro mandado, é con nuestra licencia, ni á las islas é tierra firme del Serenisimo R E Y D E P O R T U G A L principe nuestro m u y caro é m u y amado fijo, nin podades délias traer interese ni provecho alguno, salvo mantenimiento para la gente que Heverdes por vuestros dineros, é pasando el dicho año no podades gozar ni gozedes de lo contenido en esta dicha Capitulacion — Yten para que se sepa lo que asi ovierdes en el dicho viaje é en ello no se pueda hacer fraude ni engaño alguno nos pongamos en cada uno de los dichos navios una ó dos peronas que en nuestro nombre, é por nuestro mandado, este presente á todo lo que se oviere é rescatare en los dichos navios de las cosas susodichas é lo pongan por escrito, é fagan dello libro é tengan dello cuenta é razon, é lo que se rescatare é oviere en cada un navio se ponga é guarde en arcas cerradas, é en cada una aya doslleves,é por latalpersona, ô personas que por nuestro mandado fueren en el tal navio tenga una llave, é vos el dicho V I C E N T E Y A Ñ E Z Ô quien vos nombraredes otra, por manera que no se pueda facer fraude ni engaño alguno — Yten que vos el dicho V I C E N T E Y A ñ E Z ni otra persona alguna, ni personas algunas de los dichos navios, é compañia dellos, non puedan rescatar ni contratar ni haber cosa algu­ nas de las susodichas sin ser presente á ello la dicha persona Ó personas que por nuestro mandado fueren en cada uno de los dichos navios — Yten que las taies persona ó personas que en cada uno de los dichos navios fueren por nuestro mandado, ganen parte como las otras personas que en el dicho navio fueren — Yten que todo lo susodicho que asi se oviere é rescatare Capitulation

de

Vincent

Pinçon.


( 426 )

1

er

DOCUMENT

§ 2629

en qualquier manera, sin disminucion ni falta se traya a la cibdad é puerto de Sevilla ó Calis é se presenten ante el nuestro oficial que alli residiere para de alli se tome la parte que de alli ovieremos de aver, é que por la dicha parte que asi dello ovieredes de aver non pagueis ni seays obligado á pagar de la primera venta alcavala ni aduana ni almoxarifadgo ni otros derechos algunos — Yten que antes que comenzeis el dicho viaje, vos vades á présentar à la Cibdad de Sevilla ó Calis, ante GONZALO GOMEZ DE SERVANTES nuestro Corregidor de Xerez, é XIMENO DE BRIVIESCA nuestro Oficial, con los navios é gentes con que ovierdes de facer el dicho viaje para quellos lo vean é asienten la relacion dello en los nuestros libros é hagan las otras diligencias necesarias — Para lo qual facemos nuestro Capitan de los dichos navios é gente que con ellos fueren, á vos el dicho VICENTE YAÑEZ PINZON, é vos damos nuestro poder cumplido é juredicion cevil é criminal, con todas sus incidencias, é dependencias, é anexidades, é conexidades, é m a n d a m o s á las personas que en los dichos navios fueren, que por tál nuestro Capitan vos ovedescan, en todo, é por todo, é vos consientan usar de la dicha juredicion, con tanto que no podais matar persona alguna, ni cortar miembro — Yten que para seguridad que vos el dicho VICENTE YAÑEZ PINZON, é las otras personas que en los dichos navios irán, fareis, é complireis, é será complido é guardado, todo lo en esta capitulacion contenido, é cada cosa é parte dello. Antes que comenzeis el dicho viaje, deis fianzas llanas é abonadas á contentamiento del dicho GONZALO GOMEZ DE SERVANTES Ó de su lugarteniente — Yten que vos el dicho VICENTE YAÑEZ, é las otras personas que en los navios fueren, fagades, é cumplades todo lo con­ tenido en esta capitulacion, é cada cosa é parte dello, sópena que qualquier persona que lo contrarioficiere,por el mismo fecho, aya perdido é pierda todo lo que se rescatare, é oviere, é todo el interese é provecho que del dicho viaje podria venir sentuplicado, é desde agora lo aplicamos á nuestra camara é fisco é el cpo [culpado] este á la nra merced — Capitulation de Vincent Pinçon.


er

§ 2629

1 DOCUMENT

( 427 )

Lo qual todo que dicho es, é cada cosa é parte dello fechas por vos las dichas diligencias, prometemos de vos mandar guardar é cumplir á vos el dicho V I C E N T E Y A ñ E Z P I N Z O N que en ello ni en cosa alguna, ni parte dello, non vos será puesto impedimento alguno, de lo qual vos mandamos dar la pre­ sente firmada de nuestros nombres. Fecha en G r a n a d a á cinco de Setiembre de mil é quinientos é un años. = Yo E L R E Y = Yo L A R E Y N A = por mandado D E L R E Y é de L A R E Y N A = G A S P A R D E GRICIO.

C o m m e le déclare le § 2573, ce d o c u m e n t est donné d'après une copie authentique tirée des registres originaux des

archives

de

Séville. Ladite copie est précédée de cet avertissement : « D O N ANICETO DE LA HIGUERA, del Ylustre Colegio de abogados, y de la Sociedad economica de amigos del Pais de Sevilla, Secretario de S. M . y auditor honorario de Guerra y Marina, y Archivero del General de Yndias en esta ciudad = « Certifico : que en consecuencia de la Real Orden fecha veynte y dos de Enero de mil ochocientos cuarenta y seis, por la que se me

mandó

facilitar

noticias historicas, relativas

r

M . FRANCISCO A D O L F O

America, à

DE V A R N H A G E N , agregado entonces á la Lega-

cion del Brasil en L i s b o a ; por su señalamiento hé reconocido los libros de Registro en la Secretaria del P e r ú , correspondientes á el año de mil quinientos u n o y à su folio treinta y seis, he encontrado la Capitulacion hecha por EL R E Y y LA R E Y N A con VICENTE YAñEZ PINZON la cual literalmente dice así. » Et elle est suivie de cet autre avertissement : « Lo copiado corresponde á la letra con su original á que

me

refiero. Y para que conste doy la presente en seis hojas de papel del sello cuarto, rubricadas en el m a r g e n por m i . Sevilla quince de Diciembre de mil ochocientos cincuenta y siete. « ANICETO DE LA HIGUERA. »

Ce d o c u m e n t

a été i m p r i m é

en juillet 1859, d'après la m ê m e

copie de M . D E V A R N H A G E N , dans le t o m e XXII, pages 445-450, de la Revista Trimensal

de

l'Institut

Historique

et Géographique

du

Brésil; mais avec quelques incorrections (*).

(*) Ce d o c u m e n t a été publié postérieurement, d'après une autre copie, dans la collection des Documentes

ineditos de Indias, t o m e

X X X , page 535. Capitulation

de

Vincent

Pinçon.


2

( 428 )

e

D E U X I È M E

Donation

§ 2630

D O C U M E N T

de

D O C U M E N T

Bento

Maciel

le 14 juin

Parente,

1637.

D O M P H E L I P E & C . faso saber Aos que esta minha carta de doação virem que tendo consideração aos servicos que o C O N D E D O B A S T O sendo governador deste Reino m e representou e m hua consulta o ano de seiscentos e trinta e h ũ que hauia feito B E N T O M A C I E L P A R E N T E fidalgo de minha casa e aos mais que ate o ano de seiscentos e trinta e quatro fez e m P e r n a n b u c o cujos papeis presentou na corte de Madrid, ouue por b e m por cartas minhas de dezoito de M a y o de seiscentos e trinta e quatro e treze de agosto de seiscentos e trinta e seis de lhe fazer merçe de alguas terras no Rio de a m a z o n a s alem do foro de fidalgo com dous mil reis de moradia de que se lhe passou portaria na corte de Madrid, tudo com obrigaçâo de hir seruir a P e r n a n b u c o tres anos por quanto seria ali de proueito pella muita pratica que tinha daquella guerra E que a senhora P R I N C E Z A MARGARIDA minha m. amada e prezada senhora prima remeteu (*) ao Conss° da faz. com ordem que se lhe nomeaçe a dita capitania não sendo nenhũa das que tenho escolhido pera minha coroa n das terras que estão dadas a terceiro e porq no conss.° da faz. tomadas as informaço s necesarias sendo ouuido o procurador delia se lhe nomeou ao dito B E N T O to

a

a

MACIEL mar

a capitania

do

cabo

trinta te quarenta

cabo

ate o Rio

das jndias amasonas

de

do Reino

vicente de

ariba da parte

(*) Remeteçe,

do

norte

que

tem

legoas de distrito que pincon

castella do canal

onde

pella

costa

se contão entra

a

do dito

reparticão

e pella terra dentro que

do

vai sair ao mar

Rio

das

oitenta

d'après u n e copie authentique et collationnée de

ce d o c u m e n t faite en 1897. Donation

de

Maciel

Parente.


e

§ 2630

2

DOCUMENT

( 429 )

pera cem legoas aie o Rio dos tapujusus E não he nenhũa das que tenho (*) dado a terceiro ej por bem de lhe fazer merçe da dita capitania do cabo do norte na maneira referida e que se lhe passe carta delia como ultimam se passou a A L U A B O D E S O U Z A de outra capitania de que lhe fiz m. no mesmo estado E com a mesma jurisdicão e pagou de mea anata desta capitania sincoenta mil sete centos e vinte rs ao Thr.° delia JOÃO PA S D E M A T O S que he o mesmo que della se pagua na Ohr. que lhe forão caregados em R. a folhas cento e dez do 1° 3 ° de seu recebim. §. pedindome o dito B E N T O M A C I E L P A R E N T E que visto ter eu ja escolhido conforme a minhas ordeñs sitio das capitanias que ão de ser cabeca daquelle estado do m a r a n h ã o e pará como se via da certidão do sacratario F R A N . D E L U C E N A que presentaua pella qual consta hauer eu por bem de resoluer por carta minha de treze de abril do ano de mil e seiscentos e trinta e tres que ficasem reseruadas pera minha coroa as duas capitanias do m a r a n h ã o e para demarcandose a do m a r a n h ã o com suas jlhas desde o Rio para osu ate a ponta de tapuitapera e m que se entende ha de costa sincoenta legoas E que se deuida esta capitania das mais por a boca do Rio m e a r y e por o pinary ariba E a capitania do para se comece no Rio m a r a c a n ã cortando pella ponta delie pella boca do para ariba E que pello primr. braco do mesmo Rio da parte delleste va cortando ate o pr.° salto do Rio e prouincia dos to con­ tines que se diz dista do mar sento e sincoenta legoas e tem por costa ate a ponta do separarã trinta legoas e jnclue nella a cidade de Bethlem e pella dita declaracão nomeou A L U A R O D E S O U Z A que elle escolhia pera sua capitania as terras que jaçem desde os tury ate o Rio caite com os mesmos rios que dentro nellas esteuerem entrando juntam. nesta nomeacão E escolha os ditos Rios tury e caite que ficaraõ ambos dentro da demarcacão por onde ha de demarcar a dita capitania que poderão ser quarenta e sinco te sincoenta legoas de distrito por costa e conforme a dita declaracão se lhe te

ce

a

ta

to

CO

0

te

(*) D'après l'original, il faut ajouter ici les mots suivants : reservado para minha coroa nem Donation

das que tenho. de Maciel

Parente.


e

( 430 )

2 DOCUMENT

§ 2630

pasou ao dito ALUARO DE SOUSA carta de doacão da dita capitania se lhe mandase pasar a elle dito BENTO MACIEL sua carta de doacão da dita capitania do cabo do norte de que eu tambem lhe tenho feito merce E v. por m i seu requerim. e a forma da portaria relatada porque lhe fiz esta m. ao dito BENTO MACIEL com a m e s m a calidade jurisdicão et obrigacão com que foi concedida a outra capitania ao dito ALUARO DE SOUSA E as mais do estado do Brazil, E conciderando eu quanto seruiso de deus e m e u e b e m comũ de meus Reinos e senhorios dos naturais subditos delles e [é] ser a minha Costa e terra do brazil m a r a n h ã o e para mais pouoada do que ate agora foi assi p. se nella hauer de celebrar o culto divino e se exaltar a nosa sancta fee catolica com trazer e provocar a ella os naturais da dita terra jnfieis e jdolatras como pello muito proueito que se siguira a meus Reinos e senhorios E aos naturais e subditos delles e m se a dita terra pouoar e aproueitar ouve por b e m de mandar repartir e ordenar as capitanias de certas e m sertas legoas pera dellas prouer as p . que b e m m e parecese pello qual havendo respeito aos seruisos que m e fez e espero m e faca o dito BENTO MACIEL PARENTE e por folgar de lhe fazer merçe e m satisfacão delles uzando de m e u poder real e absoluto serta siencia ej por bem e me praz de lhe t0

t0

ce

a

as

fazer merçe doacão juro

como

entre

e erdade

subcesores

em

uiuos para

que

effeito faco

valedoura

elle e todos

apos

elle vierem

versais e colateraõs

segundo

terras que jazem

no

cabo

nellas estiuerem

que

tem

legoas de distrito que cente

picon

aonde

dos

acabarem

norte

esta carta

dia

pera

se contão

como

das

os Rios

que

que

trinta te ate o Rio

das jndias

amazonas

oitenta para

dentro

sem

quarenta de

te quarenta

vi-

do Reino

ariba da legoas ate o

condeclaracão que nas partes referidas por

as trinta e sinco

e

trans-

era [irá] declarado

do dito cabo

das

de

descendentes

a reparticão Rio

sempre e erdeiros

pella costa do mar

entra

jnreuogauel

todo

filhos netos

ao diante

que vai sair ao mar

tapujusos,

seus asim

do

castella e pella terra dentro do canal

por

deste

legoas de costa de

de

parte Rio onde sua

E estes marcos correrão via recta pello sertão dentro. §. E b e m asim mais sera do dito capitania

se porão

marcos

Donation

de pedra,

de

Maciel

Parente.


e

§ 2630

2 DOCUMENT

B E N T O MACIEL P A R E N T E

( 431 )

c seus sucesores as jlhas que ouuer ate demarcacão das ditas trinta e

dez legoas ao mar

na fronteria e

sinco

legoas de costa de sua capitania as quaes se

te quarenta

entenderão

medidas

via Recta 2

firme adentro pella manr. perdiante

tanto quanto

e entrarão pello sertão e terra

referida ate o Rio

poderem

tapujosus

entrar e for de minha

da q u a l terra jlhas e Rios pellas sobreditas demarcacoes

e dahi conquista lhe

faco

e merçe de juro e erdade pera todo sempre como dito he. E quero e m e praz que o dito B E N T O M A C I E L e todos seus erdeiros e sucesores que as ditas terras erdarem e nellas sucederem se posão chamar e se cham capitães geraes e gouernadores dellas, §. Outro ssi lhe faco doacão e merce de juro e erdade p. todo sempre pera elle e seus descendentes e suce­ sores no modo sobredito de jurisdicão ciuel e crime da dita ca­ pitania da qual elle dito B E N T O M A C I E L P A R E N T E e seus erdei­ ros e subcesores uzarão na forma e manr. seg. SS. poderá per ssi e per seu ouuidor estar a eleicão dos juizes e officiaes e alimpar e apurar as pautas pasar cartas de confirmacão aos ditos juizes e officiaes os quaes se chamarão pello dito capitão gouernador E elle prouera o ouuidor que podera conhecer de aucões nouas dez legoas ao Redor donde estiver e de apelaçoes e agravos conhecera e m toda a dita capitania e gouernança, e os ditos juizes darão apelação pera o dito seu ouvidor nas cousas que mandão minhas ordenaçoes e do que o dito seu ouuidor julgar assi por ausão noua como por apelação e aggravo sendo em cousas sives nâo havera apelação nem agravo ate contia de cem mil rs. E dahi pera sima dara apelacão a parte que quizer apelar e nos casos crimes ej por bem que o dito capitão e gouernador e seu ouvidor tenhão jurisdicão e alcada de morte natural jnclusivel e m escravos e gentios E assi mesmo em piaes cristãos homens liures e m todos os casos assi para os asolver como p. condenar sem auer apefacão nem agrauo. e porem nos quatro casos seguintes ss. Erezia quando o heretico lhe for entregue pello eclesiastico e treicão e sodomia e moeda falsa terão alcada e m toda a pesoa de qualquer calidade que seja para condenar os culpados a morte e dar suas sncas [sentenças] a execucão sem apelacão nem aggrauo doacão

a

a

a

Donation

de

Maciel

Parente.

te


e

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2 DOCUMENT

§ 2630

E porem nos ditos quatro casos para asoluer da morte posto que outra pena lhe queira dar menos da morte darão apelacão e aggravo e apelarão por parte da justiça e nas pesoas de m o r calidade terão alcada de dez annos de degredo e ate cem cruzados de pena sem apelacão n e m agrauo. §. E outro ssi m e praz que o dito seu ouuidor posa conhecer das apelações e agrauos que a elle ouuerem de ir e m qualquer villa ou lugar da dita capitania e m que estiuer posto que seja m. apartado desse lugar onde assi estiver com tanto que seja na propia capitania e o dito capitão e gouernador poderá pôr meirinho deante o dito seu ouuidor E escriva s e outros quaesquer officiaes necesarios e costumados nestes Reinos assim na correição da ouvidoria como e m todas as villas e lugares da dita capi­ tania e governança E serão o dito capitão e gouernador e seus sucesores obrigados quando a dita terra for povoada e m tanto cricim. que seja necesario outro ouvidor de o pôr onde por mi ou por meus subcesores for ordenado. §. E outro ssi m e praz que o dito capitão e gouernador e todos seus sucesores posão por ssi fazer villas e todas e quaisquer pouaço s que se na dita terra fizerem e lhes a elles parecer que o deuem ser as quaes se chamarão villas e terão termo e jurisdição liberdade e insinias de villas segundo foro e costume de meus Reinos. E isto porem se entenderá que poderão fazer todas as villas que quizerem das povoaço s que estiverem ao longo da costa da dita terra e dos Rios que se navegarem porque por dentro da terra firme pollo sertão as não poderão fazer menos espaço de seis legoas de hũa a outra para que possão ficar ao menos tres legoas de terra de termo a cada hũa das ditas villas E ao tempo que assi fizerem as ditas villas ou cada hũa dellas lhe limitarão e assinarão logo termo para ellas e despois não pode­ rão da terra que assi tiverem dado por termo fazer outra villa sem minha licença. §. E outro ssi m e praz que o dito Capitão e governador e todos seus sucessores a que esta capitania vier posão novamente criar e prover por suas cartas os tabellia s de publico e judicial que lhe parecer necesarios nas villas e povoaço s das ditas terras assi agora como pello tempo endiante e lhe darão suas cartas asinadas por elles E seladas com seus sellos e lhe tomarão juramento que servirão seus to

to

Donation

de

Maciel

Parente.


e

§ 2630

2 DOCUMENT

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officios bem e verdadeiramente e os ditos tabelia s servirão pellas ditas suas cartas sem mais tomarem outras de minha chancellaria. E quando os ditos officios vagarem por morte ou por renunciação ou por erros se assi he os poderão por isso mesmo dar e lhes darão os Regimentos por onde hão de servir conforme aos de minha Chancellaria. §. E hey por bem que os ditos tabelliães se possão chamar e chamem pello dito capitão e governador e lhe pagarão suas pensões segundo fórma do forai do estado do brasil das quaes pencões lhe faco assi mesmo doacão e merçe de juro e erdade para todo sempre. §. Item outro ssi lhe faco doacão e merçe de juro e erdade para todo sempre das alcaidarias mores de todas as ditas villas e povoaço s da dita terra com todas rendas e dereitos foros e tributos que a elles pertencem segundo he declarado no dito forai do estado do brasil as quaes o dito capitão e governador e seus sucesores haverão e arrendarão para ssi no modo e maneira no dito forai conteudo e segundo forma delle e as pesoas que as ditas alcaidarias mores forem entregues da mão do dito capitão e governador E elles lhes tomarão a menagent dellas segundo forma das minhas ordenaço s. §. Jtem outro ssi m e praz por fazer merçe ao dito BENTO MACIEL e a todos seus sucesores a que esta capitania vier de juro e erdade para sempre que elles tenhão e ajão todas as moendas de agoa marinhas de sal e quaesquer outros engenhos de qualquer calidade que sejão que na dita capitania e governança se poderem fazer E ey por bem que pesoa algũa não posa fazer as ditas moendas marinhas nem engenhos senão o dito capitão e governador ou aquelles a que elle para isso der licenca de que lhe pagarão aquelle foro ou tributo que se com elles concertai. §. Outro ssi lhe faco doacão e merçe de juro e erdade para sempre de desaseis legoas de terra de longo da costa da dita capitania que entrarão pello certão dentro tanto quanto poderem entrar e forem de minha conquista a qual terra sera sua livre e izenta sem della pagar direito foro nem tributo algũsomente o dizimo a ordem do mestrado de nosso S. JESUS XPTO. E dentro de vinte anos de dia que o dito capitão e governador tomar posse da dita terra poderá escolher e tomar as ditas dezaseis legoas de terra c m qualquer parte R

T.

II

Donation

de Maciel

Parente.

28


e

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2 DOCUMENT

§ 2630

que mais quizer não as tomando porem juntas senão repartidas e m quatro ou sinco partes e não sendo de hũa a outra menos de duas leguas as quaes terras o dito capitão e governador e seus sucesores poderão arrendar e aforar e m fatiota ou e m pesoas ou como quizerem e lhes b e m vier e pellos foros e tributos que quizerem e as ditas terras não sendo aforadas e as rendas dellas quando o forem virão sempre a q u e m suceder a dita capitania e governança pello modo nesta doacão conteudo E das novidades que Deus nas ditas terras der não sera o dito capitão e governador n e m as pessoas que de sua m ã o as tiverem ou trouxerem obrigados a m e pagar foro ou direito algũsoomente o dizimo de D e u s a ordem que geralmente se ha de pagar e m todas as outras terras da dita capitania como abaixo hirá declarado. §. E o dito capitão e governador n e m os que apos elle vierem não poderão tomar terra algũa de sesmaria na dita capitania pera ssi n e m pera sua mulher n e m pera filho e erdeiro della antes darão e poderão dar e repartir todas as ditas terras de sesmaria a quaesquer p. de qualquer calidade e condicão que sejão e lhes b e m parecer livremente sem foro n e m direito a l g ũsomente o dizimo de D e u s que serão obrigados a pagar a ordem de tudo o que nas ditas terras ouverem segundo he declarado no dito forai e pella m e s m a maneira as poderão dar e repartir por seus filhos fora do morgado e assi por seus parentes e porem aos ditos seus filhos e parentes não poderão dar mais terra da que derem, ou tiverem dado a qualquer outra pessoa estranha e todas as ditas terras que assi der de ses­ maria a hũs e aos outros será conforme a ordenação das sesmarias e com a obrigação dellas as quais terras o dito capitão e governador n e m seus sucesores não poderão e m tempo alg u m tomar pera ssi n e m pera sua mulher n e m f.° herdeiro como dito he e pollas e m outrem para despois virem a elles por modo algum que seja somente as poderão haver por titulo de compra verdadeira das p. que lhas quizerem vender pasados oito anos despois das ditas terras serem aproveitadas e e m outra maneir a não. g. Outro ssi lhe faço doação e merçe de juro e erdade pera sempre de m e a dizima do pescado da dita capitania que he de vinte peixes h ũ que tenho ordenado que se pague alem da dizima inteira que pertence a as

as

Donation

de

Maciel

Parente.


e

§ 2630

2 DOCUMENT

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ordem segundo no dito foral he declarado a qual meia dizima se entenderá do pescado que se matar e m tota a dita capitania fora das desaseis legoas do dito Capitão e governador porquanto as ditas desasseis legoas he terra sua livre e izenta se gundo atras he declarado. §. Outro si lhe facodoacão de juro e erdade pera sempre da redizima de todas as Rendas e direitos que a dita ordem e a mi de direito na dita capitania pertencerem. SS. que de todo o rendimento que a dita ordem e a mi couber assi dos dizimos como de quaesquer outras rendas ou direitos de qualquer calidade que sejão haja o dito capitão e seus sucesores hũa dizima que he de dez partes hũa. §. Ou­ tro ssi m e praz por respeito do cuidado que o dito capitão e governador e seus sucesores hão de ter de guardar e conser­ var o páo brazil que na dita terra ouver de lhe fazer doacão e merçe de juro e erdade pera sempre da vintena parte do que liquidamente render pera mi forro de todos os custos o dito pao brasil que se da dita capitania trouver a estes Reinos e a conta do tal rendimento se fará na casa da mina desta cidade de lisboa, aonde o dito pao brasil ade vir e da dita casa tanto que o dito brazil for vendido e arrecadado o dinheiro delle lhe sera logo pago e entregue o dinheiro de contado pello provedor e officiaes della aquillo que per boa conta na dita vintena montar E isto porquanto todo o dito pao Brazil que na dita capitania ouuer ha de ser sempre m e u e de meus sucesores sem o dito capitão e governador nem outra algũa pesoa poder tratar nelle nem vendello pera fora somente poderá o dito capitão e assi os moradores da dita capitania aproveitarsse do dito pao brazil na terra no que lhe for necesario segundo he declarado no foral do estado do brazil e tratando nelle ou vendendo pera fora encorrerão nas penas conteudas no dito foral. §. E outro ssi m e praz por fazer merçe ao dito B E N T O M A C I E L e a seus sucesores de juro e erdade pera sempre que dos escravos que elles resgatarem e ouverem n a dita capi­ tania possão mandar a estes Reinos trinta e nove pesas cada ano pera fazer dellas o que lhe bem vier os quaes escravos virão a o porto desta cidade de Lisboa e nào a outro algũ porto e mandará com elles certidão dos officiaes da dita capi­ tania de como são seus pella qual certidão lhe serào despaDonation

de Maciel

Parente.


e

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2 DOCUMENT

§ 2630

chados os ditos escravos forros sem delles pagar direitos algũs n sinco por cento e alem destas trinta e nove pesas que assi cada anno poderá mandar forros. ey por b e m que posa trazer por marinheiros e gurumetes e m seus navios todos os escravos que quizerem e lhe forem necesarios. §. Outro ssi m e praz de fazer m. ao dito B E N T O M A C I E L e seus sucesores e assi aos vizinhos e moradores da dita capitania que nella não possão e m tempo algũhaver direitos de cizas n e m imposiço s saboarias tributos de sal n outres algũs direitos n tributos de qualquer calidade que seja salvo aquelles que por b e m desta doacão e do forai ao presente são ordenados que haja. §. Esta capitania e governança e rendas e bens della ej por b e m e m e praz que se herdem e sucedão de juro e erdade pera todo sempre pello dito capitão e governador seus descendentes filhos e filhas legitimos com tal declaracão que e m quanto ouver filho legitimo barão no m e s m o gráo não sucederá filha posto que seja de major jdade que o f.° e não avendo filho macho ou avendo o e não sendo e m tào propinco grao ao ultimo posuidor como a femea que então suceda a femea E e m quanto ouver desendentes legitimos machos ou femeas que não su­ ceda na dita capitania bastardo a l g ũe não havendo desen­ dentes machos n femeas legitimos antão sucederão os bastardos machos e femeas não sendo porem de danado couto e sucederão pella m e s m a ordem dos legitimos pr.° os machos e despois as femeas e m jguaf gráo com taf condicão que se o posuidor da tal capitania a quizer antes deixar a h ũ seu pa­ rente transversal que aos desendentes bastardos quando não tever legitimos o possa fazer e não avendo desendentes machos n femeas legitimes n bastardos de maneira que o dito he. e m tal caso socederão aos desendentes [os ascendentes] machos e fe­ meas pr.° os machos e e m defeito delles as femeas e não avendo desendentes n e m asendentes socederão os transversaes pello modo sobredito sempre pr.° os machos que forem e m igual gráo e depois as femeas e no caso dos bastardos o posui­ dor poderá se quizer deixar a dita capitania a h ũ trans­ versal legitimo e tirala aos bastardos posto que sejão de­ sendentes e m muito mais propinco gráo E isto ej assi por b e m sem embargo da lej mental que dis que não sucederão ce

Donation

de

Maciel

Parente.


e

§ 2630

2 DOCUMENT

( 437 )

femeas nem bastardos nem transversaes nem asendentes porque sem embargo de tudo m e praz que nesta capitania sucedão femeas e bastardos não sendo de couto danado e transversais E asendentes do modo que ja he declarado. g. Outro ssi quero e m e praz que em tempo algũse nao possa a dita capitania e governança e todas as cousas que por esta doacão dou ao dito bento maciel parente partir ne descambar espedacar n em outro modo alhear n em cazam. a filho ou filha n a outra pesoa dar n para tirar paj ou filho ou outra algũa pesoa de cativeiro n para outra cousa ajnda que seja mais poderosa porque minha tenção e vontade he que a dita capitania e governança e cousas ao dito capitão e governador nesta doacão dadas andem sempre juntas e se não partão n e m alienem e m tempo algũE aquelle que a partir ou alienar ou espedaçar ou der e m cazam. ou pera outra cousa por onde aja de ser partida ajnda que seja mais pode­ rosa por esse mesmo effeito perca a dita capitania e governança e passe direitamente aquelle a que ouvera de hir pella ordem de suceder sobredita se o tal que isto assi não cumprio fosse morto. §. Outro ssi m e praz que per cazo algu de qualquer calidade que seja o dito capitão e governador cometa por que segundo direito e lej destes Reinos merecão perder a dita capitania e governança jurisdicão e rendas e bens della a não perca seu sucesor salvo se for por tredo a coroa destes Reinos E e m todos os outros casos que cometer será punido quanto o crime obrigar e porem o seu sucesor não perderá a dita capitania governanca jurisdisão rendas e bens della como dito he. §. Outro ssi m e praz e ej por bem que o dito B E N T O M A C I E L P A R E N T E e todos seus sucesores a que esta capitania e governança vier husem inteiramente de toda jurisdicão poder e alcada nesta doacão conteuda assi e da maneira que nella he declarado et pella confianca que delle tenho que guardarão nisso tudo o que cumprir ao seruico de deus e m e u e bem do pouo e o direito das partes. §. Outro ssi ej por bem e m e praz que nas terras da dita capitania não entrem n possão entrar em tempo algũcorregedores n alcada n outras algũas justicas pera nellas ahuzarem de jurisdicão algũa por nenhũa via n modo que seja n menos seja o dito capitão e governato

to

Donation

de

Maciel

Parente.


e

( 438 )

2 DOCUMENT

§ 2630

dor suspenso da dita capitania e governança e jurisdicão della e porem quando o dito capitão cair em a l g ũerro ou fizer cousa por que mereca e deva ser castigado eu ou os meus sucesores os mandaremos vir a nos pera ser ouvido de sua justica e lhe será dada toda aquella pena e castigo que de direito por tal caso merecer. §. Outro ssi quero e mando que todos os herdeiros e subcesores do dito B E N T O M A C I E L que esta capitania erdarem e nella sucederem por qualquer via que seja se chame maciel parente e tragão as Armas dos M A C i é S P A R E N T E S e se algũs delles isto assi não cumprirem ej por b e m que por esse m e s m o effeito percão a dita capi­ tania e sucesão della e passe logo direitamente a q u e m direito devia de hir se este tal que isto assi não cumprir fosse morto. §. Jtem esta merce lhe faco como Rej e Senhor destes Reinos e asim como governador e prepetuo administrador que sou da ordem e cavalaria do mestrado de noso S . J E S U S X P T O , E por esta presente carta dou poder e autoridade ao dito B E N T O M A C I E L que elle por ssi e por q u e m lhe aprouver possa tomar e tome a posse Real corporal e autual das tarras da dita capitania e governanca e das Rendas e bens della e de todas as mais cousas conteudas nesta doacão E use de tudo inteiramente como se nella contem a qual doacão ej per b e m quero e m a n d o que se cumpra e guarde e m todo e por todo com todas as clausulas e condiçoes e declaraçoes nella conteudas e declaradas sem mingoa ne desfalecimento a l g ũE para tudo o que dito he derogo a lej mental e quaesquer autos lejs e ordenacoes direitos grosas e custumes que e m contrario disto aja ou posa haver por qualquer via ou modo que seja posto que sejão taes que fosse necesario seremaqui expresas e declaradas de verbum ad verbum sem embargo da ordenacão do 2°. L°. titt. 44 que dispoem que quando se estas leis e direitos derogarem se faca expressa mencão dellas e da sustancia dellas e por esta prometo ao dito B E N T O M A C I E L E a todos seus sucesores que nunca e m tempo algũva nem consinta hir contra esta minha doacão e m parte n e m todo E rogo e encomendo a todos meus suce­ sores que lha cumprão e m a n d e m cumprir. §. pello que mando ao m e u governador das conquistas do m a r a n h ã o e grão pará Donation de Maciel Parente. R


§ 2630

2

e

( 439 )

DOCUMENT

provedor de minha fazenda e m ellas E aos meus desembargadores corregedores ouvidores juizes justicas officiaes e pesoas de meus Reinos e senhorios aos juizes vereadores e officiaes da camara pesoas de governanca e povo das terras povoaçoes e lugares que nas ditastrinta te quarenta legoas de terra ouver que dem aposse dellas ao dito B E N T O M A C I E L P A R E N T E ou a s e u certo procurador e lha deixem lograr e posuir e o ajão por capitão geral e governador das ditas trinta te quarenta legoas de terra e lhe cumprão e guardem e facão m u j jnteiramente cumprir e guardar esta minha carta c o m o se nella contem que se registará n o s l. das contas da dita conquista do m a r a n h ã o e grão para sendopr . asentada n o s l. das merçes que faco a meus vasalos a qual carta por firmeza de tudo mandej dar ao dito B E N T O M A C I E L P A R E N T E por mi acinada e celada com o cello dechumbo pendente e vaj escrita e m quatro meas folhas E R u bricada ao pé de cada lauda pello C O N D E D E M I R A N D A do m e u conss.° destado presidente de minha faz. e governador [da] casa do porto Dada nesta cidade de Lisboa aos catorze dias do m e s de junho B E U T O L A M E U D A R A U J O a fez a n n o de mil e seiscentos e trinta e sete. E esta se passou por duas vias c o m prida hũa a outra não averá effeito A F O N S O D E B A R R O S C A M I N H A a fez escrever. os

o

os

a

Comme

le déclare le § 1880, ce d o c u m e n t est d o n n é d'après le

registre original conservé aux archives royales de Torre

do

Tombo

à Lisbonne. Le premier feuillet dudit registre porte ce qui suit : « Este liuro ha de seruir do registro da chancel

ra

m o r deste Reino e vai assi-

nado e n u m e r a d o por m i m E o encerramento 5 de 8br°. 636. A N D R E V E L H O DAF. e merçes que sua Mag.

de

ca

» —

vai n o cabo

Lisboa

Liuro dos padroes e doacoes

faz que serve na Chr.

2

de que he escrivao

a

MANOEL fr. : e c o m e s o u de escrever nelle a quinze de agosto de mil 2

e seiscentos e trinta e sete annos. M A N O E L FR. — el

anno 1637 the 641. escrivão M

« FELLIPE 3.° L.° 34.

FERREYRA. »

L'enregistrement de la donation est suivi de ces m o t s : « Concertada. M A N O E L FERREYRA. » Le registre est terminé par cet avertissement : « Fazendose nesta Torre do T o m b o

diligencia pelo Agente dos negocios do Estado de

B r a g a n c a sobre as doaçoes do m e s m o Estado que se passarão Donation

de Maciel

Parente.

em


e

( 440 ) n o m e de S M A G .

2 DOCUMENT de

A

§ 2630

e

(que D. gd. ) sendo D U Q U E D E B R A G A N Ç A se n ã o acha-

rão nella. E procurandosse n a Chancellaria m ó r , se achou este Liuro e m q u e estão registadas, O q u a l MANOEL. A N T U N E S official da dita Chr.

a

entregou.... E por verdade se fez esta declaraçaõ aquy. VICENTE D E S O T T O M A Y O R Escrivão d a dita Torre escrevy e m L i s b o a a 2 3 de Julho de 1 6 4 2 , e m q u e se entregou o ditto Liuro. CURISTOVAO D E M A T T O S D E LUCENA. » Ainsi q u e le r e m a r q u e

M.

DE

VARNHAGEN,

Historia

Geral

do

Brazil, t. I, p. 417, les priviléges et charges de la capitainerie créée e n 1 6 3 7 par PHILIPPE 111 sont a b s o l u m e n t les m ê m e s des capitaineries primitives de JEAN 111. O n peut le voir d a n s la donation de P E R O L O P E S ER

D E SOUZA, datée d u 1

septembre 1534, et publiée par le m ô m e M . DE

V A R N H A G E N p a r m i les Notes d u Diario de ce personnage.

Donation

de

Maciel

Parente.


§ 2631

3

e

DOCUMENT

TROISIÈME

( 441 )

DOCUMENT

Texte portugais du traité de Lisbonne du 4 mars

TRATADO

PROUISIONAL

ENTRE

S I M O S P R I N C E P E S L U I S XIV. DE

NAUARRA

ALGARUES E M

&.

A

1700.

os S E R E N I S S I M O S

CHRISTIANISSIMO

E D O M PEDRO

II.°

E

POTENTIS-

R E Y DE FRANÇA

R E Y DE

PORTUGAL

E

E DOS

A

&.

N O M E D A SANTISSIMA T R I N I D A D E .

Mouendose no estado do M a r a n h a õ de algums annos a esta parte algumas Duuidas e differenças entre os vassallos de E L R E Y CHRISTIANISSIMO E D E L R E Y D E P O R T U G A L sobre o vzo e posse das terras do cabo do Norte sitas entre Cayena. e o Rio

das Amazonas, e hauendose Representado nesta Materia varias Queixas tambem pelos Ministros de ambas as M A G . . e naõ bastando as hordems que reciprocamente se passaraõ para que os vassallos de hũa e outra coroa, se tratassem com a boa paz e amizade que sempre se conseruou entre as coroas de França e portugal, e repetindose nouos motiuos de perture s

baçaõ com a ocasiaõ dos fortes de Araguari e de C o m a ü ou Massapa

que nas ditas terras formaraõ e reedificaraõ os Portugueses; e deseiandose por ambas as Mag. que estes se euitassem se intentou pelos seus Ministros mostrar com papeis q fizeraõ de facto e de direito as rasoes que tinhaõ sobre a posse e propriedade das ditas terras, e continuandose o dezeio de se remouer toda aquella causa que podia alterar a boa Intelligencia, e correspondençia que sempre se conseruou entre os vasallos das duas Coroas, pedindo Conferençias o Sñor D E R O U L H É Prezidente do grande Conselhode S U A M A G . CHRISTIANISSIMA, e Seu Embaixador nesta Corte, e sendofhe conçedidas Nellas se discutiraõ e examinaraõ os fundam. que podia hauer de Iustiça por huá e outra parte vendose os auctores mappas e cartas que tratauaõ da adquisiçaõ e diuisaõ das ditas terras, e entendendose que para se chegar ao fim da conclusaõ de taõ des

D E

tos

Traité de 1700, en portugais.


e

(442)

3 DOCUMENT

§ 2631

graue e Importante Negoçio se Neçessitaua de Poderes espeçiaes de hũa e outra M A G . , E L R E Y C H R I S T I A N I S S I M O pela sua parte os mandou pasar ao Sobred.° Seu Embaixador o S. D E R O U I L H É e S. M A G . D E P O R T U G A L pela sua parte a D O M N U N O A L Z P E R E I R A Seu muito amado e presado Sobrinho, dos Seus Conselhos de Estado e Guerra Mestre de C a m p o da prouinçia da Estremadura juncto a pessoa de S M A G . general de Cauallaria da Corte e Prezidente da Menza do Dezembargo do Passo, &. R O Q U E M O X T E I R O P A I M do Conselho de S M A G . e seu Secretario &. G O M E S F R E I R E D E A N D R A D E do Conselho do m e s m o Sñor e General da Artelharia do Reino do algarue &. e a M E N D O D E F O Y O S P E R E I R A outro sim do Conselho de S U A M A G . e seu Secret.° de Estado &. e apresentandose por hua e outra parte os ditos poderes, e hauendose por bastantes firmes e valiosos p. se poder conferir. e ajustar h u m tratado D E

or

D E

D E

A

D E

A

a

d e

a

a

sobre

a posse

das

ditas

terras

do

Cabo

do

Norte

sitas

entre

se Continuaraõ as Conferençias sem que se chegasse a vltima determinaçaõ pella firmeza com que por parte dos Comissarios se estaua a fauor de sua Coroa E porque se entendeu que era ainda neçessario buscaremse e veremse nouas Informaçoens, e documentos alem dos que se tinhaõ allegado e discutido, se passou a h u m proiecto de Tra­ tado Prouizional e Suspensiuo para que e m quanto se naõ determinaua deçisiuamente o Direito das ditas Coroas, se pudessem euitar todos os Motiuos que podiaõ causar aquella discordia e perturbaçaõ entre os vasallos, o qual sendo conferido e ajustado C o m as declaraçoens Neçessarias p. a mayor Segurança e firmesa do dito Tratado C o m maduro accordo e sinçero animo, e conheçendose que asim por parte de S. MAG. X P M . Como de S. M A G . D E P O R T U G A L se obrara de boa fé e se desejaua Igoalmente a Paz. amizade e alliança que sempre houue entre os S. R E Y S de huã e outra Coroa se convierão c ajustaraõ nos artigos seguintes.

Caiena

e o Rio

das Amazonas,

a

D E

a

D E

res

Artigo 1°. Que se mandaraõ desemparar e demolir Por E L R E Y D E PORTUGAL

OS

Fortes Traité

de de

Araguary 1700,

e de en

Comaü

portugais.

ou

Massapa

e


§ 2631

3

e

DOCUMENT

( 443 )

retirar a gente e tudo o m a i s q u e nelles h o u u e r e as Aldeias a

d e Indios q u e os a c o m p a n h a õ e se f o r m a r a õ p . o seru.° e vso d o s ditos fortes n o t e r m o d e seis m e s e s mutarem

as ratificaçoens

deste

depois

de

se

tratado, e a c h a n d o s e

permais

a l g u m s fortes n o districto das terras que correm dos ditos fortes pela margem do rio das amazonas p . o cabo do Norte e costa do mar athé a fôs do rio Ojapoc ou de Viçente Pinson se d e m o leraõ c o m os d e Araguarj e de Comáü ou Massapá q u e p o r seus a

n o m e s proprios se m a n d a õ demolir.

Artigo 2°.

Q u e os F r a n c e z e s o u P o r t u g u e s e s naõ p o d e r a õ o c u p a r a s ditas terras n e m os ditos fortes n e m f a s e r outros d e n o u o n o sitio delles, n e m e m outro a l g u m das ditas terras referidas n o art.° preçedente as q u a e s ficaõ e m s u s p e n s a õ . d a p o s s e d e a m b a s as coroas, n e m p o d e r a õ . t a m b e m fazer nellas alguãs habitaçoens o u feitorias d e q u a l q u e r qualidade q u e seião e m q u a n t o se naõ determina

entre a m b o s os R e y s a d u u i d a sobre a Iustiça e

Direito d a verdadeira e actual posse dellas.

Artigo

3°.

Q u e todas as aldeas e N a ç o e n s d e Indios q u e h o u u e r dentro dos L i m i t e s d a s ditas terras ficaraõ n o m e s m o se

achaõ

poderem

a o presente d u r a n t e o t e m p o ser pretendidas, N e m

partes ; e s e m

que

nellas

estado e m q u e

desta s u s p e n ç a õ s e m

d o m i n a d a s por a l g u m a

t a m b e m p o r alguã das

das

partes se

possaã, fazer R e s g a t e s d e E s c r a u o s , p o d e n d o so asistirlhe os missionarios q u e as t i u e r e m asistido, e q u a n d o elles faltem, outros e m s e u fugar p a r a os d o u t r i n a r e m e c o n s e r u a r e m n a fé, s e n d o os Missionarios

q u e a s s i m se subsistuirem d a

mesma

n a ç a õ d e q u e eraõ, os outros q u e faltaraõ, e h a u e n d o s e tirado a l g u m a s m i s s o e n s d e Aldeias que

fossem

estabeleçidas

e

aos missionarios curadas por

Françeses

elles,

fora dellas se lhe Restituiráõ n o estado e m q u e se

Traité de

1700,

en

portugais.

deitandoos acharem.


e

3 DOCUMENT

( 444 )

§ 2631

Artigo 4°. Que os Françeses poderáõ entrar pelas ditas terras que nos artigos primeiro e segundo deste Tratado ficaõ e m suspensáõ da posse de ambas as Coroas athé a m a r g e m do Rio das Amazonas, que corre do sitio dos ditos fortes de Araguarj, e de C o m á ü ou Massapá para o cabo do Norte e Costa do mar-, e os Portugueses poderáõ entrar nas m e s m a s terras athé a m a r g e m do Rio de Ojapoc ou Viçente pinson que corre para a fôs, do m e s m o Rio e costa do Mar. sendo a entrada dos F r a n ­ çeses pellas ditas terras que ficáõ para a parte de C a i e n a e naõ por outra, e a dos Portugueses pela parte queficapara as terras do Rio das Amazonas, e naõ por outra ; e tanto h u m s como outras assim Françeses como Purtugueses, naõ po­ deraõ passar respectiuamente das margens dos ditos Rios asima limitadas, e declaradas, que fasem o termo, raia, e limite das terras, que ficaõ na dita suspensaõ da posse de ambas as Coroas.

Artigo 5°. Que todos os Françeses que se acharem detidos, da parte de Portugal, seraõ plenamente Restituidos a C a i e n a com os seus Indios, bems e fasendas;e que o m e s m o se farâ aos Por­ tugueses que se acharem detidos da parte de F r a n ç a p. serem Igoalmente restituidos a cidade de B e l e m do Pará. E estando presos algums Indios e Portugueses por hauerem fauoreçido aos Françeses, ou algums Indios e Françeses por hauerem fauorecido aos Portugueses seraõ soltos da prisaõ e m que se acharem, n e m por esta Causa poderáõ reçeber algum Castigo. a

Artigo 6°. Que os Vasallos de huã e outra Coroa naõ poderâõ innouar Cousa alguã do Contheudo neste Tratado Prouisional, mas antes procurarâõ por m e y o delle conseruar a boa pas. Traité

de

1700,

en

portugais.


e

§ 2631

3 DOCUMENT

( 445 )

Correspondençia e amisade que houue sempre entre ambas as Coroas. Artigo 7°. Que se naõ poderaõ desforsar por acçaõ propria nem por autoridade dos Gouernadores sem primeiro darem comta aos Reis os quaes determinarâõ entre si amigauelmente quaesquer Duuidas que ao diante se possaõ offereçer sobre a jntelligencia dos artigos deste Tratado, ou sobre outras que de nouo possaõ aconteçer. Artigo 8°. Que sucçedendo de facto algua differença entre os ditos vassallos por acçaõ sua ou dos Gouernadores (o que lhes he prohibido) nem por isso se poderá entender quebrado, ou violado este Tratado que se fas para seguransa da Pas e ami­ sade de ambas as Coroas, e cada h u m dos Reis neste Caso pelo que lhe toca, mandará logo que for imformado castigar os Culpados e prouer de remedio a quaesquer damnos, con­ forme o pedir a justiça das partes. Artigo 9°. Que por parte de huã e outra Coroa se procurarâõ e mandarâõ vir athe o fim do anno futuro de mil e setteçentos e h u m todas as jnformaçoens e documentos de que se tem tratado nas Conferençias p melhor e mais exacta instrucçâõ do Direito das ditas posses que ficaõ pelos artigos deste Tratado nos termos da suspençaõ da posse de ambas as Coroas ficando e m seu vigor os Poderes passados por ambos os Reys. p. dentro do referido tempo athe o f i m do anno de mil e seteçentos e hum, se puder tomar final determinaçaõ nesta materia. a

a

Artigo 1 0 ° . Que por quanto este Tratado he somente Prouisional e suspensiuo, senaõ adquirirá por vertude delle ou de alguma Traité de

1700,

en

portugais.


( 446 )

3

e

DOCUMENT

§ 2631

das suas Clausulas, Condiçoens e declaraçoens, direito algum n e m a huã n e m a outra parte e m ordem a posse e propriedade das ditas terras que por elle se mandaã ficar em suspensaã, e asim se naõ podera valer e m tempo algum, nenhuã das partes do contheudo nelle para quando esta materia se houuer de determinar deçisiuamente.

Artigo 11°. Prometem e se obrigaõ os ditos Comissarios debaixo da fé c palaura Real dos ditos senhores R E Y S D E F R A N Ç A E P O R T U G A L que S. M A G . naõ faráõ Cousa alguma contra, n e m e m prejuiso do contheudo neste Tratado Prouisional, n e m Consentirâõ se fasa directa n e m jndirectamente, e se a Caso se fiser, de o repararem sem alguma dilaçâõ, e para a obseruançia e firmesa de tudo, o expressado e referido. se obrigaõ em deuida forma renunçiando todas as leys, estilos, Custumes, e outros quaesquer direitos que possaõ ser a seu fauor, e proçedaõ e m contrario. D E S

Artigo 12°.

Os sobreditos Comissarios se obrigaõ outro sim respectiuamente a que os S E N H O R E S R E I S seus Soberanos ratificaráõ este Tratado e m legitima, e deuida forma e que as ditas ratifiraçoens se permutaraõ dentro de dous meses depois de asinados, e que dentro de outros dous meses depois de feita a permutaçaõ se entregaraõ as ordems neçessarias duplicadas par [pava] cumprimento do Conteudo nos artigos asima e atras escritos. Todas as quaes Cousas contheudas nos doze artigos deste Tratado Prouisional foraõ acordadas, e concluidas por nos os sobreditos Comissarios de S U A S M A O . CHRISTIANTSSIMA E D E P O R T U G A L , c m virtude dos Poderes a nos Conçedidos, Cuias copias vaõ juntas, e m Cuya fé, firmesa, e testemunho de verdade assinamos e firmamos o presente de nosas màõs e D E S

Traité

de

1700,

en

portugais.


§ 2631

e

3

DOCUMENT

( 447 )

sellos de nosas armas. E m Lisboa aos quatro dias do mes de Março do anno de mil e seteçentos. Lugar do sello. R O U I L L É .

DUQUE

MARQ

S

ROQUE MONTEIRO L.

do

2

DE FERR .

L. do S .

P A I M . L. do S .

S . G O M E S FREIRE DE A N D R A D A M E N D O D E F O Y O S P E R E I R A . L . do S .

Comme

le déclare le § 1978, ce d o c u m e n t est donné d'après une

copie d u temps, gardée au Ministère de la Marine et Colonies de France.

Traité

de

1700,

en

portugais.


( 448 )

e

4

Q U A T R I È M E

Texte

français

du

§ 2632

DOCUMENT

du

D O C U M E N T

traité de

Lisbonne

4 mars 1700.

T R A I T T É PROUISIONEL E N T R E LES SERENISSIMES SANTS P R I N C E S L O U I S X I V . NAUARRE & UES

A

E T T R E S PUIS-

T R E S CHRETIEN R O Y DE FRANCE ET DE

E T D. P E D R O II. R O Y D E P O R T U G A L E T D E S A L G A R -

A

& . Au

N O M D E LA T R E S SAINTE TRINITÉ.

S'Etant m e u depuis quelques années en ça dans l'Etat du M a r a g n a n quelques contestations et differents entre les sujets du R O Y T R E S C H R E T I E N et ceux du R O Y D E P O R T U G A L au sujet de l'vsage, et de la possession des Terres du Cap de Nord situées entre Cayenne et la riuiere des Amazones, qui ont donné occa­ sion a plusieurs plaintes faites a ce sujet par les Ministres de leurs Majestés, et les ordres donnez de part et d'autre, n'ayant pas suffi pour obliger les sujets de l'vne et l'autre Couronne à viure ensemble dans la paix et l'amitié qui ont toujours subsisté entre les Couronnes de F r a n c e et de Portugal, et y ayant eu aussy de nouveaux sujets de discorde à l'occasion des forts d'Araguary et de Cumau ou Macapa esleuez et retablis par les Portugais dans les d. terres; L E U R S M A J E S T É S désirant les euiter, ont proposé par leurs Ministres de faire connoistre par des memoires contenant le fait et le droit, les raisons par lesquelles elles pretendent la jouissance et la proprieté des d. Terres, et continuant dans l'enuie d'esloigner tout ce qui pouuait alterer la bonne jntelligence et la correspondance qui ont toujours esté entre les sujets des deux Couronnes, le S R O U I L L É President du grand Conseil de S A MA. T . C H . et son ambassadeur en cette Cour, ayant demandé des conferences qui lui ont esté accordées, on y a discuté et examiné les raisons de justice de part et d'autre, et l'on y a veu les autheurs et les Cartes concernant l'acquisi­ tion, et la diuision des d. Terres, et c o m m e il a paru que pour R

t é

Traité

de

1700,

en

français.


§

2632

e

4

DOCUMENT

( 449 )

paruenir a la fin et conclusion d'vne affaire si jmportante, jl falloit de part et d'autre des pouuoirs speciaux, Le R O Y T. CH. a enuoyé le sien a son d. ambassadeur le S . R O U I L L É , et SA M A . P O R T U G A I S E a donné le sien a D . N U N O ALUARES P E R E I R A son cher et bien aymé neueu Con. en ses Conseils d'Etat et de guerre, Mestre de C a m p de la prouince d'Estram a d u r e , près la personne de S A M A . General de la Cauallerie de la Cour, President du Tribunal du Dezembargo du Paco &. R O Q U E M O N T E I R O P A I M Con. et secretaire de S A MA. &. G O M E S FREIRE DE ANDRADE aussi Con. de S A M A . et general de l'artillerie du royaume des Algarues &. et a M E N D O D E F O Y O S P E R E I R A aussy Con. de S A M A . et son Secretaire d'Etat &. Et ayant fait apparoir de part et d'autre leurs d. pouuoirs, reconnus pour suffisants et valables a l'effet de conferer et conuenir d'vn Traité sur la possession desd. Terres du Cap de Nord situées entre Cayenne et la riviere des Amazones, les Conferences ont esté continuées sans en venir a vne derniere dec3ision, lesd. Commiss. ne voulant point de part et d'autre se departir du droit qu'ils soutenoient, et comme jl a paru qu'il estoit necessaire de chercher encore de nouueaux Titres, et Enseignem. outre ceux qui auoient desja esté produits et examinez, jl a esté proposé vn projet de Traitte prouisionel et de suspension pour auoir lieu jusques a la decision du droit des deux Couronnes, et empescher jusques la touttes les occasions qui pouuoient troubler et mettre la discorde entre les sujets de l'vne et de l'autre Couronne, lequel Traitté a esté reglé apres vne meure deliberation d'vn c o m m u n consentement et auec vne bonne volonté reciproque, dans les termes necess. pour la sureté et durée d'jceluy, et comme il a esté reconnu que de la part de SA M A . T. C H . comme de celle de SA M A . P O R T U G A I S E , on auoit agy de bonne foy et l'on auoit également desiré la paix, l'amitié et l'alliance qui ont toujours subsisté entre les SEG &. Roys de l'vne et de l'autre Couronne, on a arreté et l'on est conuenu des articles suivans. R

T É

er

er

A

T É

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A

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res

ts

res

T É

rs

T.

II

Traité

de

1700,

en

français.

-29


e

4 DOCUMENT

( 450 )

§ 2632

er

Article 1 . L E R O Y D E P O R T U G A L fera euacuer et demolir les forts de araet de Cumau, autrement dit Macapa, retirer les garni­ sons et generalem. tout ce qu'il y a dedans, aussy bien que les habitations d'Indiens qui sont proches des d. forts, et qui seruent a leur vsage, et ce dans le terme de six mois du jour de l'eschange des Ratifications du present Traitté, et en cas qu'il y ait d'autres forts dans l'estendüe des Terres, depuis guary

t

lesd. forts jusques Nord,

a la riuiere

et le long de la coste

des

amazones

de la mer jusqu'à

vers

le Cap

la riuiere

de

d'Oya-

dite de Vincent Pinson, ils seront pareillement demolis c o m m e ceux d'araguary et de Cumau ou Macapa, dont la demolition est conuenüe en termes exprés.

poc

e

2.

ART.

Les François et Portugais ne pourront dans la suite occuper lesd. forts ny en esleuer de nouueaux dans les mesmes endroits ny en quelqu'autre que ce soit, dans l'esten­ düe des terres marquées dans l'article precedent, dont la possession demeure indecise entre les deux Couronnes ; les vns ny les autres ne pourront non plus y faire aucune habi­ tation ny establir aucun Comptoir de quelque qualité que ce soit, jusques a ce qu'il soit décidé entre les deux Roys, a qui demeurera de justice et de droit la possession desd. Terres.

ART.

e

3.

Toutes les habitations et Nations d'Indiens qui se trouueront dans l'estendüe desd. Terres demeureront pendant le temps de la suspension conuenüe dans le m e s m e Etat ou elles sont apresent sans pouuoir estre pretendües n'y soumises de part ny d'autre, et sans qu'on puisse aussy de part ny d'autre faire commerce d'Esclaues. mais elles seront secourues parles Missionn. qui y assistent actuellem . et au défaut d'aucun d'Eux, ceux qui manqueront seront remplacez par d'autres de res

t

Traité

de

1700,

en

français.


e

§ 2632

4 DOCUMENT

( 451 )

la mesme Nation, et en cas qu'il se trouue qu'on ayt chassé desd. habitations quelques Missionnaires François qui y fus­ sent establis pour en prendre soin, ils y seront retablis c o m m e auparavant. e

ART. 4 .

Les François pourront s'estendre dans lesd. Terres dont par les articles l. et 2. du present Traitté la possession demeure indecise, jusqu'a la riuiere des amazones, depuis la situation desd. forts de araguary et de Cumau ou Macapa vers le Cap de Nord et coste de la mer, et les Portugais pourront faire de mesme jusques a la riuiere d'Oyapoc ou Vincent Pinson vers la coste de la Mer, dans lesquelles Terres les François ne pourront entrer que par celles qui sont du costé de C a y e n n e et les Portugais par celles qui sont le long de la riuiere des amazones, et non autrem. et tant les vns que les autres se contiendront respectiuem. entre lesd. riuieres cy dessus mar­ quées et exprimées qui fontlesbornes, les lignes et les limites des Terres qui demeurent jndecises entre les deux Couronnes. er

e

t

t

ART.

e

5.

Tous les François qui se trouueront retenus par les Portu­ gais seront renuoyez a C a y e n n e auec leurs Indiens, leurs marchandises et biens ; jl en sera vsé de mesme a l'esgard des Portugais qui pourroient se trouuer retenus par les François, lesquels seront renuoyez a B e l e m de Para, et en cas que quelques Portugais et Indiens eussent esté arrestez pour auoir pris le party des François, ou quelques François et Indiens pour auoir pris celuy des Portugais, jls seront mis hors des prisons, ou ils sont detenus, sans qu'il puisse leur estre faist aucun chatiment. Art.

e

6.

Les Sujets de l'vne et de l'autre Couronne ne pourront rien innouer contre la disposition du pñt Traitté prouisionel, mais Traité

de

1700,

en

français.


e

( 452 ).

4 DOCUMENT

§ 2632

au contraire contribueront par le m o y e n d'Iceluy a conseruer la paix, la correspondance et l'amitié qui ont toujours esté entre les deux Couronnes. e

Art. 7 . Jl ne sera fait aucun acte d'hostilité particulier, ny par l'auto­ rité des Gouverneurs, sans en auoir donné part aux Roys leurs Maitres qui feront terminer amiablement touttes les dif­ ficultés qui pourroient suruenir par la suitte sur l'explication des articles du present Traitté, ou qui pourroient naistre de nouueau. Art.

E

8.

E n cas de contestation entre les sujets de l'vne et l'autre Cou­ ronne, ou par leur fait propre, ou par celuy des Gouuerneurs, ce qui leur est precisement deffendu. le present Traitté ne sera pas pour cela censé rompu ny violé, estant fait pour assurer la paix et l'amitié entre les deux Couronnes, et si cela arriuoit, les deux Roys chacun a leur esgard, des qu'ils seront informez du fait, donneront des ordres pour faize [sic] punir les coupables, et reparer d'vne maniere juste et conuenable les dommages qui pourroient auoir esté faits.

e

Art. 9 . De la part de l'vne et de l'autre Couronne on recherchera, et on fera venir jusques a la fin de l'année prochaine 1701. tous les Titres et Enscignem. aleguez dans les Conferences, pour seruir a l'entier esclaircissement de la possession qui par le present Traitté demeure indecise entre les deux Couronnes, et les pouuoirs donnez par les deux Roys demeurent en leur force, pour dans led. temps et jusques a la fin de l'année 1701, le diferent dont est question estre terminé definitiuem . ts

t

Traité

de

1700,

en

français.


§ 2632

e

4

DOCUMENT

Art.

( 453 )

10°. t

Et comme ce Traitté est seulem. prouisionel, et suspensif, Iceluy ny aucune des Clauses. Conditions et expressions y contenues ne donneront aucun droit de part n'y d'autre pour la jouissance et la proprieté desd. Terres qui par led. traitté demeurent en suspend, et en quelque temps que ce soit on ne pourra se preualoir de part n'y d'autre de ce qu'il contient pour la decision du differend.

e

Art. 11 . Lesd Commissaires prometent et s'obligent sous la foy et parole Royalle desd. SEIG. R O Y S D E F R A N C E E T D E P O R T U G A L , que L E U R S M A J E S T É S ne feront rien contre et au préjudice de ce Traitté prouisionel, et ne consentiront directement ou jndirectem. qu'il soit rien fait, et s'il arriuoit au contraire, d'y remedier aussytost, et pour l'execution et sureté de tout ce qui est cy dessus dit et declaré, jls s'obligent en bonne et deüe forme, renonceants a touttes Loix, stiles, coutumes, et a tous droits en leur faueur qui pourroient y estre contraires. RS

t

Art.

E

12 .

Lesd. Commissaires promettent en outre respectiuem. que lesd. S E I G N E U R S R O Y S leurs Souuerains ratifieront ce Traitté bien et legitimera., que l'Eschange des Ratifications se fera dans deux mois, du jour de la Signature, et que dans les deux mois suiuans les doubles des Ordres necessaires pour l'exe­ cution des articles cy dessus, seront remis de part et d'autre. Touttes lesquelles Choses contenües dans lesd articles du present Traitté prouisionel, ont esté accordees Et conclues par Nous Commissaires susd. de L E U R S M A J E S T É S T R E S C H R E T I E N N E et P O R T U G A I S E , en vertu des pouuoirs a nous donnez, dont copies sont y jointes, en foy et sureté de quoy, et pour temoi­ gnage de la vérité, nous auons signé le present acte et y t

Traité de 1 7 0 0 , en

français.


e

( 454 )

4 DOCUMENT

§ 2632 e

auons fait aposer le Cachet de nos armes, a L i s b o n n e le 4 . du mois de mars de l'année mil sept cent. L . S. R O U I L L É

L . S. 0

DUQUE MARQUES

L.

S .ROQUE

MONTEIRO

L.

S . G O M E S FREIRE DE

L.

S. M E N D O

DE FOYOS

DE

FERREIRA

PAIM ANDRADA PEREIRA.

C o m m e le déclare le § 1978, ce d o c u m e n t est d o n n é d'après u n e copie d u t e m p s , conservée au Ministère de la Marine et des Colonies de F r a n c e . Ladite copie est légalisée par ces deux

m o t s : « Collationné

PHELYPEAUX. » JÉRÔME PHELYPEAUX, COMTE DE PONTCHARTRAIN, fut Ministre de la Marine et des Colonies depuis le 6 s e p t e m b r e 1699 jusqu'au 31 août 1713. (§ 1969).

Traité

de

1700,

en

français.


e

5 DOCUMENT

§ 2633

( 455 )

CINQUIÈME DOCUMENT Texte portugais

TRATADO SUA

du Traité

d'Utrecht.

D E P A Z , E N T R E S U A M A G E S T A D E CHRISTIANISSIMA, E

MAGESTADE

P O R T U G U E Z A , C O N C L U I D O [EM U T R E C H T A 11. D E

A B R I L D E 1713. EM

N O M E D A SANTISSIMA T R I N D A D E .

A P R O V I D E N C I A D I V I N A disposto os animos do muyto Alto, & muyto Poderoso Principe Luis XIV. P E L A HAVENDO

GRAÇA D E D E O S R E Y CHRISTIANISSIMO D E FRANÇA, &

DE NAVARRA,

& do muyto Alto, & muyto Poderoso Principe

D O M JOAÕ O V .

PELA GRAÇA DE D E O S R E Y DE P O R T U G A L , E DOS A L G A R V E S , a

con-

tribuir para o sossego de Europa, fazendo cessar a guerra entre os seus vassallos ; & desejando S U A S M A G E S T A D E S naõ sómente estabelecer, mas estreitar ainda mais a antiga Paz, & amizade que sempre houve entre a Coroa de França, & a Coroa de Portugal, a este fim deraõ plenos poderes aos seus Embaixadores Extraordinarios, & Plenipotenciarios ; à saber S . M A G E S T A D E C H R I S T I A N I S S I M A ao Senhor N I C O L A O M A R Q U E Z D E H U X E L L E S , Marichal de França, Cavalleyro das Ordens del Rey, Lugartenente General no Governo de Borgonha, e ao Senhor N I C O L A O M E S N A G E R , Cavalleyro da Ordem de S. Miguel : & S U A M A G E S T A D E P O R T U G U E Z A ao Senhor J O Ã O G O M E S D A S Y L V A . C O N D E D E T A R O U C A , Senhor das Villas de Tarouca, Lalim, Lazarim, Penalva, Gulfar, e suas dependencias, Commendador de Villa Cova. do Conselho de S U A M A G E S T A D E , & Mestre de Campo General dos seus Exercitos ; & ao Senhor D. Luis D A C U N H A , Commendador de S. Maria de Almendra, e do Conselho de S. M A G E S T A D E ; os quaes concorrendo no Congresso de Utrecht, depois de implorarem a assistencia Divina, e examinarem reciprocamente os ditos plenos poderes, de que se ajuntaràõ copias no fim deste Tratado, convieraõ nos Artigos seguintes. Traité

d'Utrecht,

en

portugais.


e

5

( 456 )

§ 2633

D O C U M E N T

I Haverà h u m a Paz perpetua, hũa verdadeira amizade, & h u m a firme, & boa correspondencia entre S. M A G E S T A D E C H R I S T I A NISSIMA, seus Descendentes, Successores, & Herdeiros, todos seus Estados, & vassallos de h a parte, & S . M A G E S T A D E P O R T U G U E Z A , seus Descendentes, Successores, & Herdeiros, todos seus Estados, & vassallos da outra, a qual se observarà sincera, & inviolavelmente, sem permittir que de h u m a ou outra parte se cometa alguma hostilidade e m qualquer lugar, & debaixo de qualquer pretexto que for. E succedendo ainda por caso naõ previsto, fazer-se a menor cõtravenção a este Tratado, esta se reparará de h u m a , & outra parte de boa fé, sem dilaçaõ, n e m difficuldade, & os aggressores seraõ castigados, ficando o presente Tratado e m toda a sua força. II

Haverà de huma, & outra parte h u m inteiro esquecimento de todas as hostilidades, que atè aqui se fizeraõ, de sorte, que todos, & cada h u m dos vassallos da Coroa de França, & da Coroa de Portugal, naõ possaõ allegar reciprocamente as perdas, & danos recebidos nesta guerra, n e m pedir satisfaçaõ aelles por via de justiça. ou por outro qualquer modo. III Todos os prisioneiros de guerra, feytos por huma, & outra parte, se restituiraõ promptamente, & se poraõ e m liberdade sem exceição, & sem que se peça cousa alguma pelo seu troco, ou despezas. IV Se succedesse que nas Colonias, ou outros Dominios das sobreditas M A G E S T A D E S fóra de Europa. se houvesse tomado de h u m a ou outra parte algũa Praça, occupado algum Posto, Traité

d'Utrecht,

en

portugais.


§ 2633

e

5

( 457 )

DOCUMENT

ou levantado algum Porte, de que presentemente naõ póde haver noticia por causa da grande distãcia, as ditas Praças, ou Postos seràõ restituidos promptamente nas maãs do primeiro possuidor, no estado e m que se acharem ao tempo da publicaçaõ da Paz ; & os ditos Fortes novamente edificados seràõ demolidos, de sorte, que as cousas fiqu na mesma forma e m que se achavaõ antes do principio desta guerra. V

Farseha o Commercio no continente de França, & de Por­ tugal, da mesma maneira que se fazia antes da presente guerra ; bem entendido, que por este Artigo se reserva cada h u m a das partes liberdade de regrar as Condiço s do dito Commercio por h u m Tratado particular, que se poderà fazer nesta materia. VI Os mesmos Privilegios, & Izenço s que lograrem os vassallos de S. M A G E S T A D E CHRISTIANISSIMA e m Portugal, se daràõ aos vassallos de S. M A G E S T A D E P O R T U G U E Z A em Frãça : & a fim de contribuir mais para o adiantamento, & segurança dos Mercadores das duas Nações, se lhes acordaràõ Consules reciprocamente, com os mesmos Privilegios, e Izençoens que os Consules de França costumavaõ ter em Portugal. VII Serà permittido reciprocamente assim aos Navios de guerra, como Mercantis, entrar livrem te nos Portos da Coroa de França, & naquelles da Coroa de Portugal, onde custumavaõ entrar d'antes, com tanto que os de guerra não excedaõ o numero de seis ao mesmo tempo nos Portos mayores, & de tres nos menores : & se acaso chegarem Navios de guerra de h u m a das duas Naço s em mayor numero a algum Porto da outra, naõ poderàõ entrar nelle, sem pedir licença ao Governador, ou ao Magistrado ; & succedendo, que levados de algũa Traité d'Utrecht, en

portugais.


( 458 )

e

5

DOCUMENT

§ 2633

tormenta, ou constrangidos de outra algũa necessidade, venhaõ a entrar no dito Porto sem pedir lic ça, seràõ obrigados a dar logo aviso ao Governador, ou Magistrado da sua chegada : & se naõ poderâõ dilatar mais que o tempo que lires for permittido. abstendose entre tanto de fazer cousa alguma, que redunde e m dano do dito Porto. V I I I

A fim de prevenir toda a occasiaõ de discordia, que poderia baver entre os vassallos da Coroa de França, & os da Coroa de Portugal, S U A M A G E S T A D E C H R I S T I A N I S S I M A desistirà para sempre, como presentemente desiste por este Tratado pelos termos mais fortes, & mais aut ticos, & com todas as clausulas que se requerem, como se ellas aqui fossem declaradas, assim e m seu nome, como de seus Descendentes, Successores, & Herdeiros, de todo, & qualquer direito, & pertençaõ que pôde, ou podera ter sobre a propriedade das Terras chamadas do Cabo do Norte, & situadas entre o Rio das Amazonas, & o de Japoc ou de Vicente Pinsaõ, sem reservar, ou reter porçaõ alguma das ditas Terras, para que ellas sejaõ possuidas daqui e m diante por S U A M A G E S T A D E P O R T U G U E Z A , seus Descen­ dentes, Successores, & Herdeiros, com todos os direitos de Soberania, Poder absoluto, & inteiro Dominio, como parte de seus Estados, & lhe fiquem perpetuamente, sem que S U A MAGESTADE PORTUGUEZA, seus Descendentes, Successores, & Herdeiros possaõ jamais ser perturbados na dita posse por S U A M A G E S T A D E C H R I S T I A N I S S I M A , seus Descendentes, Succes­ sores, & Herdeiros.

I X

E m consequencia do Artigo precedente, poderà S U A M A G E S fazer reedificar os Fortes de Araguari, & Camaú, ou Massapà, & os mais que foraõ demolidos e m execuçaõ do Tratado Provisional feyto e m Lisboa aos 4. de Marco de 1700, entre S U A M A G E S T A D E C H R I S T I A N I S S I M A , & S U A M A G E S T A D E P O R T U G U E Z A E L R E Y D. P E D R O O II. de gloriosa memoria : Traité d'Utrecht, en portugais.

TADE PORTUGUEZA


§ 2633

e

5

DOCUMENT

( 459 )

o qual Tratado Provisional em virtude deste fica nullo, & de n e n h ũvigor. C o m o tambem sera livre a S. M A G E S T A D E P O R T U G U E Z A fazer levantar de novo nas Terras de que se faz mençào no Artigo precedente, os mais Fortes que lhe parecer, & provellos de tudo o necessario para a defensa das ditas Terras. X S. M A G E S T A D E C H R I S T I A N I S S I M A reconhece pelo presente Tra­ tado, que as duas margens do Rio das Amazonas, assim Meridional, como Septentrional, pertencem em toda a Propriedade, Dominio, & Soberania a S U A M A G E S T A D E . P O R T U G U E Z A , & promette, que nem elle, nem seus Descendentes, Successores, & Herdeiros faraõ jamais algũa pertençaõ sobre a Navegaçaõ, & uso do dito Rio, cõ qualquer pretexto que seja. XI Da mesma maneira que S. M A G E S T A D E C H R I S T I A N I S S I M A de­ siste em seu nome, & de seus Descendentes, Successores, & Herdeiros, de toda a pertençào sobre a Navegaçào, & uso do Rio das Amazonas, cede de todo o direito que pudesse ter sobre algum outro Dominio de S. M A G E S T A D E P O R T U G U E Z A , tanto na America, como em outra qualquer parte do mundo. XII E como he para recear que haja novas dissenso s entre os Vassallos da Coroa de França, & os da Coroa de Portugal, com a occasiào do Commercio, que os moradores de Cayena pòdem intentar no Maranhão, & na entrada do Rio das Amazonas. S U A M A G E S T A D E C H R I S T I A N I S S I M A promette por si, seus Descendentes, Successores, & Herdeiros, que nam consentirá que os ditos moradores de Cayena, n e m quaesquer outros seus Vassallos vaõ commerciar nos lugares acima nomeados. & que lhe serà absolutamente prohibido passar o Rio de Vicente Pinsaõ, para fazer commercio, e resgatar Escravos nas Terras do Cabo do Norte ; como tambem promette S U A M A G E S T A D E Traité

d'Utrecht,

en

portugais.


e

( 460 ) PORTUGUEZA

5 DOCUMENT

§ 2633

por si, seus Descendentes, Successores, & Her-

deiros, que nenhuns dos seus Vassallos iraõ commerciar a Cayena.

XIII T a m b e m S U A M A G E S T A D E C H R I S T I A N I S S I M A e m seu nome, & de seus Descendentes, Successores, & Herdeiros promette impedir que e m todas as ditas Terras, q'por este Tratado ficaõ julgadas pertencer incontestavelmente à Coroa de Portugal, entrem Missionarios Francezes, ou quaesquer outros debaixo da sua protecçaõ, ficando inteiramente a direcçaõ espiritual daquelles Povos aos Missionarios Portuguezes. ou mandados de Por­ tugal. XIV Desejando sobre tudo S. M A G E S T A D E C H R I S T I A N I S S I M A a [&] S. P O R T U G U E Z A a prompta execução deste Tratado, de que se segue o descanso dos seus Vassallos, ajustouse, que elle tenha toda a sua força, & vigor immediatamente depois da publicação da Paz.

MAGESTADE

XV Se succeder por algum acontecimento (o que D E O S não permitta) que haja algũa interrupçaõ de amizade, ou rompimento entre a C O R O A D E F R A N Ç A , & a C O R O A D E P O R T U G A L , acordarseha sempre o termo de 6. mezes depois do dito rompimento aos Vassallos de ambas as partes, para que vendão, ou transportem os seus effeytos, & outros bens, & retirem as suas pessoas onde melhor lhes parecer. XVI E porque a muyto Alta, & muyto Poderosa Princesa a R A I N H A

offerece ser garante da inteira execuçaõ deste Tratado, & de sua validade, & duraçào, S. M A G E S T A D E

DA G R A N D E - B R E T A N H A

Traité

d'Utrecht,

en

portugais.


e

§ 2633

5 DOCUMENT

(461)

S . M A G E S T A D E P O R T U G U E Z A aceitaõ a sobredita garantia em toda a sua força. & vigor, para todos, & cada h ũ dos presentes Artigos. CHRISTIANISSIMA, &

XVII Os ditos senhores R E Y S D E F R A N Ç A . & D E P O R T U G A L consentent tambem, que todos os Reys, Principes, & Respublicas, que quizerem entrar na m e s m a garantia, possaõ fazer promessa. & obrigacaõ a S U A S M A G E S T A D E S , e m ordem à execuçaõ de tudo o conteudo neste Tratado. XVIII Todos os Artigos acima escritos, & o conteudo e m cada h u m delles, foraõ Tratados, acordados, passados, & estipulados entre os sobreditos Embayxadores Extraordinarios, & Plenipotenciarios dos senhores Reys Christianissimo, & de Portugal, e m nome de S U A S M A G E S T A D E S ; & elles promettem em virtude dos seus plenos poderes que os ditos Artigos e m gérai, & cada h u m em particular seraõ observados, & cumpridos inviolavelmente pelos sobreditos senhores Reys seus Amos. XIX As Ratificaçoens do presente Tratado, dadas em boa, & devida forma, se trocaraõ de ambas as partes dentro do termo de 50. dias à contar do dia da assignatura, ou mais cedo se for possivel. E m fè do que, & em virtude das Ordens, & Plenos poderes que nos abaixo assinados recebemos de nossos A m o s E L R E Y C H R I S T I A N I S S I M O , & E L R E Y D E P O R T U G A L , assinamos o presente Tratado, & lhe fizèmos pòr os sellos de nossas Armas. Feito e m Utrecht a 1 1 de Abril de 1 7 1 3 . (L.

S . ) HUXELLES.

( L .S . ) C O N D E DE

TAROUCA.

(L.

S.) MESNAGER.

( L .S . )D O M LUIS

DA

Comme

CUNHA.

le déclarent les §§ 2049 à 2057, ce d o c u m e n t est d o n n é

d'après l'édition officielle. Traité

d'Utrecht,

en

portugais.


E

6

( 462 )

§ 2634

DOCUMENT

SIXIÈME D O C U M E N T Texte

français

du Traité

d'Utrecht.

T R A I T É D E P A I X E N T R E LA F R A N C E E T L E P O R T U G A L . C O N C L U À U T R E C H T LE 1 1 A V R I L

1713.

L A P R O V I D E N C E D I V I N E ayant porté les cœurs du tres-haut

&

trés-puissant Prince, Louis XIV.

R O Y TRES-CHRÉTIEN, DE FRANCE &

& tres-puissant Prince

P A R LA G R A C E

DE NAVARRE,

DE

DIEU,

& du tres-haut

V. P A R L A G R A C E D E D I E U , R O Y D E à contribuër au repos de l'Eu­ rope, en faisant cesser la guerre entre leurs Sujets, & L E U R S M A J E S T E Z souhaittant non seulement de rétablir, mais encore d'affermir davantage l'ancienne Paix & amitié qu'il y a tou­ jours eu entre la Couronne de France & la Couronne de Por­ tugal; à cette fin ils ont donné leurs pleins Pouvoirs à leurs Ambassadeurs extraordinaires & Plenipotentiaires ; sçavoir. SA MAJESTÉ TRES-CHRÉTIENNE au Sieur N I C O L A S M A R Q U I S D ' H U X E L L E S , Maréchal de France, Chevalier des Ordres du Roy, Lieutenant General au Gouvernement de Bourgo­ gne, Et au sieur N I C O L A S M E N A G E R , Chevalier de l'Ordre de saint Michel ; Et S A M A J E S T É P O R T U G A I S E au sieur J E A N G O M É S D A S I L V A . C O M T E D E T A R O U C A , Seigneur des Villes de Tarouca, de Lalin, de Lazarin. de Penalva, de Gulfan (sic) & leurs dépendances, Commandeur de Villacova, du Conseil de S A M A J E S T É , Mestre de C a m p de ses armées &c. Et au Sieur D O M L O U I S D A C U N H A , Commandeur de sainte Marie d'Almendra du Conseil de S A M A J E S T É , lesquels s'étant trouvez au congrez d'Utrecht. & aprés avoir imploré l'assistance divine, & avoir examiné reciproquement lesdits pleins-Pouvoirs, dont les copies sont insérées à la fin de ce Traité, sont convenus des Articles qui s'ensuivent. PORTUGAL,

&

JEAN

DES ALGARBES,

Art. I. Il y aura à l'avenir une Paix perpetuelle, une vraye amitié, & une ferme & bonne correspondance entre S A M A J E S T É T R E S Traité

d'Utrecht,

en

français.


e

§ 2634

6 DOCUMENT

( 463 )

ses hoirs, successeurs & heritiers, tous ses Etats & Sujets d'une part, & S A M A J E S T É P O R T U G A I S E , ses hoirs, successeurs & heritiers, tous ses Etats et Sujets de l'autre, laquelle sera sincerement & inviolablement observée, sans permettre que de part & d'autre on exerce aucune hostilité, en quelques lieux & sous quelque prétexte que ce soit; Et s'il arrivoit que par quelque accident, m ê m e imprevu, on vint à faire la moindre contravention à ce Traité, elle se réparera de part & d'autre de bonne foy, sans delay, ni difficulté, & les agresseurs en seront punis, le present Traité ne laissant pas de subsister dans toute sa force. CHRÉTIENNE,

Art.

II.

Il y aura de part & d'autre un entier oubly de toutes les hostilitez commises jusqu'icy ; ensorte que tous & chacun des Sujets de la Couronne de France & de la Couronne de Por­ tugal, ne puissent alleguer reciproquement les pertes & dom­ mages soufferts pendant cette guerre, ni en demander satis­ faction par voye de justice ou autrement. Art. III. Tous les prisonniers de guerre faits de part & d'autre, se­ ront promptement rendus & mis en liberté sans exception, & sans que l'on demande aucune chose pour leur rançon, ny pour leur dépense. Art. IV. S'il étoit arrivé que dans les Colonies ou autres Domaines de L E U R S D I T E S M A J E S T E Z , hors de l'Europe, on eut pris de côté ou d'autre quelque Place, occupé quelque poste, & bâti quelque Fort (ce dont on ne sçauroit être assuré presentement à cause d'un si grand éloignement) lesdites Places ou Postes, seront incessamment rendus entre les mains du premier pos­ sesseur, dans l'état où ils seront trouvez au tems de la publi­ cation de la Paix, & les nouveaux Forts en seront démolis ; Traité

d'Utrecht,

en

français.


e

( 464 )

6 DOCUMENT

§ 2634

ensorte que les choses restent sur le m ê m e pied où elles étoient avant le commencement de cette guerre. Art. V. Le Commerce se fera dans le Continent de France & de Portugal, de la m ê m e manière qu'il se faisoit avant la pre­ sente guerre, Bien entendu que chacune des Parties se réserve par cet Article la liberté de regler les conditions dudit Com­ merce, par un Traité particulier qu'on pourra faire pour ce sujet. Art. VI. Les m ê m e s Privileges & exemptions dont les Sujets de S A T R E S - C H R É T I E N N E , joüiront en Portugal, seront accordez aux Sujets de S A M A J E S T É P O R T U G A I S E en France ; Et afin de mieux pourvoir à l'avancement & à la seureté des Mar­ chands des deux Nations, on leur accordera réciproquement des Consuls avec les m ê m e s Privileges & exemptions, dont ceux de France avoient coùtume de jouir en Portugal. MAJESTÉ

Art. VII. Il sera permis réciproquement aux Vaisseaux, tant Mar­ chands que de Guerre, d'entrer librement dans les Ports de la Couronne de France, & dans ceux de la Couronne de Por­ tugal, où ils avoient coutume d'entrer par le passé, pourvù que ceux-cy n'excedent tous ensemble le nombre de six, à l'égard des Ports d'une plus grande capacité, & le nombre de trois à l'égard des Ports qui sont moindres. E n cas qu'un plus grand nombre de Vaisseaux de Guerre de l'une des deux Na­ tions se presente devant quelque Port de l'autre, ils n'y pour­ ront entrer sans avoir demandé la permission au Gouver­ neur, ou bien au Magistrat ; Et s'il arrivoit que lesditsVaisseaux poussez par le gros temps ou contraints par quelque autre ne­ cessité pressante, vinssent à entrer dans quelque Port, sans en avoir demandé la permission, ils seront obligez de faire Traité

d'Utrecht,

en

français.


§ 2634

e

6 DOCUMENT

( 465 )

part d'abord au Gouverneur ou au Magistrat de leur arrivée, & ils n'y pourront séjourner au delà du temps qui leur sera permis, s'abstenant cependant de faire la moindre chose dont ledit Port puisse être endommagé. A R T . VIII Afin de prévenir toute occasion de discorde qui pourroit naître entre les Sujets de la Couronne de France & ceux de la Couronne de Portugal, S A M A J E S T É T R E S - C H R E T I E N N E se desis­ tera pour toujours, c o m m e Elle se desiste dés à present par ce Traité, dans les termes les plus forts & les plus autentiques, & avec toutes les clauses requises, c o m m e si elles étoient inserées icy, tant en son nom, qu'en celuy de ses hoirs, successeurs & heritiers, de tous droits & prétentions qu'Elle peut ou pourra prétendre sur la proprieté des terres, appellées du Cap-du-Nord, & situées entre la riviere des Amazones, & celle de Japoc ou de Vincent Pinson, sans se réserver ou retenir aucune portion desdites terres, afin qu'elles soient desormais possedées par S A M A J E S T É P O R T U G A I S E , ses hoirs, successeurs & heritiers avec tous les droits de Souveraineté, d'absoluë puissance, & d'entier Domaine, c o m m e faisant partie de ses Etats, & qu'elles lui demeurent à perpetuité, sans que S A M A J E S T É P O R T U G A I S E , ses hoirs, successeurs & heritiers, puissent jamais être troublez dans ladite possession, par S A MAJESTÉ T R E S - C H R É T I E N N E , ny par ses hoirs, successeurs & heritiers. A R T . IX.

E n conséquence de l'Article précedent, S A M A J E S T É P O R pourra faire rebâtir les Forts d'Arguari (sic) & de Camau, ou Massapa, Aussi-bien que tous les autres qui ont été démolis, en execution du Traité provisionel fait à Lisbonne le 4. mars 1 7 0 0 . entre S A M A J E S T É T R E S - C H R É T I E N N E , & S A M A J E S T É P O R T U G A I S E P I E R R E II de glorieuse memoire, Ledit Traité provisionel restant nul, & de nulle vigueur en vertu de celuy-cy; C o m m e aussi il sera libre à S A M A J E S T É P O R T U T. II Traité d'Ulrecht, en français. 30

TUGAISE


e

( 466 )

6 DOCUMENT

§ 2634

de faire bâtir dans les terres mentionnées au précedent Article, autant de nouveaux Forts qu'elle trouvera à propos, & de les pourvoir de tout ce qui sera necessaire pour la deffense desdites Terres. GAISE

ART.

X .

S A M A J E S T É T R E S - C H R É T I E N N E reconnoit par le present Traité que les deux bords de la riviere des Amazones, tant le Meridional, que le Septentrional, appartiennent en toute pro­ prieté, Domaine & Souveraineté à S A M A J E S T É P O R T U G A I S E , Et promet tant pour Elle que pour tous ses hoirs, successeurs & heritiers, de ne former jamais aucune prétention sur la navi­ gation & l'usage de ladite Riviere sous quelque prétexte que ce soit.

ART.

XI.

De la m ê m e maniere que S A M A J E S T É T R E S - C H R É T I E N N E se départ en son nom, & en celui de ses hoirs, successeurs & heritiers, de toute prétention sur la navigation & l'usage de la riviere des Amazones, Elle se desiste de tout droit qu'elle pourroit avoir sur quelque autre Domaine de S A M A J E S T É P O R T U G A I S E , tant en A m e r i q u e , que dans toute autre partie du monde. Art. X I I . Et c o m m e il est à craindre qu'il n'y ait de nouvelles dissen­ tions, entre les Sujets de la Couronne de France & les Sujets de la Couronne de Portugal, à l'occasion du commerce, que les habitans de Cayenne pourraient entreprendre de faire dans le Maragnan, & dans l'embouchure de la riviere des Amazones; S A M A J E S T É T R E S - C H R É T I E N N E promet, tant pour Elle que pour tous ses hoirs, successeurs & heritiers, de ne point consentir que lesdits habitans de Cayenne, ny aucuns autres Sujets de S A D I T E M A J E S T É , aillent commercer dans les endroits sus-mentionnez, & qu'il leur sera absolument defTraité

d'Utrecht,

en

français.


§ 2634

e

6

DOCUMENT

(467)

fendu de passer la riviere de Vincent Pinson, pour négocier & pour acheter des Esclaves dans les Terres du Cap-duNord ; C o m m e aussi S A M A J E S T É P O R T U G A I S E promet tant pour Erlle (sic), que pour ses hoirs, successeurs & heritiers, qu'au­ cuns de ses Sujets n'iront commercer à Cayenne. Art. XIII. S A M A J E S T É T R E S - C H R É T I E N N E promet aussi en son n o m & en celuy de ses hoirs, succe sseurs & heritiers, d'empêche qu'il n'y ait des Missionnaires François ou autres sous sa protection, dans toutes lesdites terres, censées appartenir incontestablement par ce Traité à la Couronne de Portugal, La direction spirituelle de ces Peuples, restant entierement entre les mains des Missionnaires Portugais, ou de ceux que l'on y enverra de Portugal.

Art. XIV. SA

MAJESTÉ TRÉS-CHRÉTIENNE,

&

S A MAJESTÉ

PORTUGAISE,

n'ayant rien tant à cœur que le prompt accomplissement de ce Traité, d'où s'ensuit le repos de leurs Sujets on est convenu qu'il aura toute la force & vigueur immediatement aprés la publication de la Paix. Art. X V . S'il arrivoit par quelque accident (à ce que Dieu ne plaise) qu'il y eût quelque interruption d'amitié, ou quelque rupture entre la Couronne de France & la Couronne de Portugal; on accordera tojours le terme de six mois aux Sujets de part & d'autre, aprés ladite rupture, pour vendre ou transporter tous leurs effets, & autres biens, & retirer leurs personnes où bon leur semblera. Art. XVI. Et parceque la Tres-Haute, Tres-Excellente, & TresPuissante Princesse la R E I N E D E L A G R A N D E B R E T A G N E , offre Traité

d'Utrecht,

en

français.


e

( 468 )

6 DOCUMENT

§ 2634

d'être garante de l'entiere execution de ce Traité, de sa vali­ dité & de sa durée, SA MAJESTÉ TRES-CHRÉTIENNE & SA M A ­ JESTÉ PORTUGAISE, acceptent la susdite garantie dans toute sa force & vigueur pour tous & chacun des presens Articles. Art. XVII. Lesdits Seigneurs R O Y TRES-CHRÉTIEN, & R O Y DE PORTU­ GAL, consentent aussi que tous les Rois, PRINCES & R É P U ­ BLIQUES qui voudront entrer dans la m ê m e garantie, puissent donner à leurs Majestez leurs promesses & obligations, pour l'execution de tout ce qui est contenu dans ce Traité. Art. XVIII. Tous les Articles cy-dessus énoncez, ensemble le contenu en chacun d'iceux, ont été traitez, accordez, passez & stipulez, entre lesdits AMBASSADEURS extraordinaires & PLENIPOTEN­ TIAIRES desdits SEIGNEURS, R O Y TRES-CHRÉTIEN, & R O Y DE PORTUGAL, au n o m de leurs MAJESTEZ, et ils promettent en vertu de leurs pleins-Pouvoirs que lesdits Articles en general & chacun en particulier, seront inviolablement observez & accomplis par lesdits SEIGNEURS ROIS leurs MAÎTRES. Art. XIX. Les Ratifications du present Traité données en bonne & dùë forme, seront échangées de part & d'autre dans le terme de cinquante jours, à compter du jour de la signature, ou plûtôt si faire se peut. E n foy dequoy & en vertu des ordres et pleins-Pouvoirs que nous soussignez, avons reçus de nos Maîtres, le R O Y TRES-CHRÉTIEN, et le R O Y DE PORTUGAL, avons signé le pré­ sent Traité, & fait apposer les sceaux de nos Armes. Fait à Utrecht le onze Avril mil sept cent treize. L. S. HUXELLES. L. S. J . C O M T E DE TAROUCA L. S. MÉNAGER. L. S. D. Luis DA CUNHA.

G o m m e le déclarent les §§ 2049 à 2057, ce d o c u m e n t est d o n n é d'après l'édition officielle. Traité

d'Utrecht,

en

français.


TABLE

ALPHABÉTIQUE

(Les n u m é r o s m a r q u e n t les paragraphes)

A B A E T É (Antonio Paulino L i m p o dans la question du M a p á : 991.

de Abreo, vicomte de). Sa part

A B B E V I L L E (Claude d') : 1345. A B R E U (Manoel J o a q u i m de), explorateur de l'Araguari, du Carapapori et du M a n a h y , en 1791 ; explorateur d u Mayacaré, du Calçoene, d u Conani et d u Cassipure, en 1794 ; 591, 1191, 1201 à 1203, 2222, 2489. A C A R A Y (Chaîne), frontière d u Brésil et de la G u y a n e 894, 1133.

anglaise :

A C C I O L I : 302, 1233 p. 312, 1234 p. 327, 1375 à 1377, 1384, 1385, 1849, 1879, 2277. A C C O R D D E 1841 (neutralisation de Mapá)

: 1050, 1104, 1105 et note

au § 1103. A C O S T A , auteur espagnol de 1590 : 1318. A C T E D E V I E N N E , 9 J U I N 1815 : 854 à 858, 1847. Sa véritable signi­ fication : 860 à 867, 2201 à 2203. — Note au § 1103. A C T E S , Mémoires, & autres pièces Authentiques concernant la Paix d'Utrecht : 2023, 2052. A C N Ũ A (Cristoval de), auteur espagnol de 1641: 248. Mal interprété par M . d'Avezac : 1288 à 1342. Témoignage en faveur du Brésil : 1889, 1904 et 1905. — Voir Gomberville et Manuel Rodriguez. A D A M D E B A U V E . Grande exploration d u bassin guyanais de l'Ama­ zone dans les années 1833 et 1834. publiée dans le Bulletin de la Société de Géographie de Paris, t. I de 1836, pp. 292 à 297 ; t. I de 1837, pp. 129 a 157 : 970 à 975. Vocabulaire O y a m p i : 2249. er

er

A D É L A I D E ( M a d a m e — de France), complice de l'occupation d u territoire brésilien en 1777 ; 476.


470

TABLE ALPHABÉTIQUE

A G U I A R (Marquis d') : 847. A G U I R R E : 1309 à 1316. A L B E R N A S (João Teixeira), cartographe portugais. Atlas inédit d e 1627 : 1353, 1355, 1463, 1882. — Voir note a u § 2500. ALBUQUERQUE 2010, 2013.

(Antonio de) : 127 à 129, 145, 146, 1952, 53, 2009,

A L B U Q U E R Q U E (Jeronimo de) : 28, 1658 à 1670. A L E G R E T E (Marquis de) : 1991, 2001. A L M A N A C H de la G u y a n e Française : 1609, 1610, 1968, 1982. A L M E I D A S E R R A , explorateur d u bassin d u Rio-Branco en 1781 : 911 à 914. A L V O R (Comte de) : 1991, 2001. A M A C U (Lac), source d u Pirara : 909, 919. A M A N A H Y (Rivière) : V o y e z M A N A H Y . A M A P A : Voir M A P Á . AMARAL

(João Paes d o ) : 330 à 332, 1098, 1128, 2369, 2371.

A M A R A L (José Maria do) : 1111. A M A Z O N E . Variations d e sa borne guyanaise : 2478 à 2484, 405, 406, 562, 1354 à 1356, 1359, 1981. Implicitement adjugé au Brésil par le Traité de 1700 : 186. Bien expressément adjugé au Brésil par le Traité d'Utrecht, 261, 2633, 2634. Prétendu par la France avant le Congrès d'Utrecht, pendant le Congrès d'Utrecht, après le Traité d'Utrecht, et encore aujourd'hui : 1591 à 1593, 1914, 1920, 1924, 114 à 153, 225 ; 246, 254 à 260 ; 656 à 704, 1075 à 1094, 1240 à 1279. Mais cette prétention est infondée : 14 à 108, 154 à 176, 197, 1280 à 1744. Importance de sa branche guyanaise : 1091, 1244, 1584 à 1589. Son bord guyanais se trouve à découvert, s'il n'a pas p o u r barrières l'Oyapoc et la chaîne T u m u c u m a q u e : 2397 à 2424, 2589, 2062 à 2616. F a u x Amazone de quelques Français : 692 à 695, 1094, 1282 à 1347, 1348 à 1388, 1882. A M I E N S (Traité) : V o y e z Traité d'Amiens. A N A D I A (Vicomte de) : 780. A N A Y , extrémité orientale de la chaîne P a c a r a i m a : 894, 913, 915. A N D R A D A ( G o m e s Freire de), gouverneur de Pará : 1728, 1943, 1944. Sa part d a n s le Traité de 1700 : 154, 155, 1864, 1982, 2381, 2631, 2632. A N D R A D A E S I L V A (José Bonifacio de) : 1684. A N D R É H O M E M , cartographe portugais. Atlas inédit de 1559 : 2442,


471

TABLE ALPHABÉTIQUE 1345, 1487 à 1503, 1508, 1517, 1521, 2498, 2503, 2504. — e

2

Voir aussi

note au § 2498.

A N D R É A : 1004, 1856, 2277. A P I A N U S (Petrus). Carte de 1522 : 1492. A P O R E M A : Voyez M A P O R E M A . A P R I C I U S , colonisateur hollandais de la rive occidentale de l'Oyapoc en 1677 : 103, 1604, 2326. A P R O U A G U E (ancien Rio de Lagartos) : 2946, p. 385. A R A G U A R I ( A R A O U A R I des Français) : 398 à 401, 2048. A R R O W A R I , de K e y m i s : 1176. A R R A W A R I de Harcourt : 1184. — Condamine,

Depuis

La

en 1745, son tronc est prétendu par la France, c o m m e

formant u n e continuation de la limite d'Utrecht, dans la supposi­ tion que le Carapapori est une branche de l'Araguari : 395 à 429, 450 à 453, 542 à 564, 591 à 593, 838 à 846, 951, 967, 1128, pp. 261, 264, 265, 266; 1233 pp. 300, 301,302,303; 1235, pp. 335, 336 ; 1236; 1237, pp. 354 à 355, 357; 1238, 1773, 1774, 2588. M a i s cette prétention est infondée : 1234, pp. 319, 320, 332 ; 1235, pp. 335, 336 ; 1239, 1240, 569 à 574, 1171 à 1208 ; 1237, p. 345 ; 1775. Depuis

Lescallier, en

1791, la France prétend m ê m e c o m m e limite d'Utrecht ! la véritable e m b o u c h u r e amazonienne de l'Araguari : 594 à 602, 887, 948 à 952, 988, 989, 1002 a 1006, 1026, 1055, 1082 à 1088, 1110, 1772. Stipulé c o m m e limite par les traités d u 6 juin 1801 et d u 25 m a r s 1802 : 742, 795. —

Ancien

fort portugais

sur

la rive gauche

de l'Ara-

guari : 84, 105, 122 à 125, 272, 273, 275, 1728, 1729, 173, 11954 à 1959. Poste brésilien sur la rive gauche

de l'Araguari

: 1103.

V o y CARAPAPORI et M A P Á . A R A O U A R I : Voyez A R A G U A R I . ARAPOCO, ARRAPOCO, nom

indigène du

canal amazonien

formé

par les îles Bailique et par le continent guyanais : 1183, 1184, 1188, 2246, 2483. A R A U J O (Comte D A B A R C A ) : Voyez B A R C A . A R A U J O R I B E I R O (José de). Sa part dans la question du M a p a et dans les conférences essayées à Paris de 1842 à 1844 : 1015 à 1057. A R B O L E D A S (Riv.) : 2489, p. 386. A R G U M E N T A T I O N brésilienne p o u r la limite à l'Oyapoc

1230, 1232,

1234, 1237 ; 1869 à 2229, 2230 à 2583, 2584 à 2628. A R G U M E N T A T I O N française pour la limite au Carapapori : 1118 à 1221, 1231, 1233, 1768 à 1868, 2584 à 2061. A R U C A U A : 2415, p. 304. A R I K A R Y : Voyez M A Y A C A R E .


472

TABLE

ALPHABÉTIQUE

A U G U I S . Sa part dans la question d u M a p á : 1066, 1779, 1781, 2077, 2093. B A D A J O Z (Traité) : Voyez Traité de Badajoz. B A E N A : 1098, 1233 p. 312, 1234 p. 327, 1851, 1879, 1953, 2074, 2087, 2125, 2263, 2277, 2371, 2415, 2557, 2619. B A I L I Q U E , îles de l'Amazone : 2542, 2543. B A J O N , propagateur de la prétention au voisinage de l'Amazone, en 1778 : 380. B A L B I . Témoignage

en faveur d u Brésil, en 1833 : 2290.

B A L S E M Ã O (Vicomte de) : 733. B A R B É - M A R B O I S , prétendant à l'Amazone : 649, 650, 678, 967. B A R C A (Antonio de Araujo de Azevedo, c o m t e de), Plénipotentiaire de Portugal p o u r le Traité d u 10 août 1797 : 614, 644, 652, 653. B A R R È R E , auteur français de 1743. Prétention à l'Amazone : 666. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 2140, 2141. B A T A B O U T O , affluent de la rive gauche de l'Araguari : 1955, 2222, 2223. B A U D R A N D : 1345. R A U V E : Voyez A D A M D E B A U V E . B É C H A M E L : 101, 153, 160. B E L L E - I S L E . Sa part d a n s l'occupation 1777 : 476.

du

territoire brésilien

en

B E L L I N , auteur français de 1763. Prétention au Carapapori 431 à 448, 965, 1782, 1986. Prétention à l ' A m a z o n e : 673, 700, 1704 à 1712. B E R G E R O N , auteur français de 1629 : 1345. B E R R E D O , auteur portugais de 1746. Ouvrage p o s t h u m e : 1874. Allégué contre le Brésil : 1095 à 1101, 1128 pp. 262 à 264, 1233 pp. 310 et 311, 1788, 1866. Réponse : 1234, pp. 329, 330 ; 2344 à 2384. B E R R I E , explorateur anglais de la G u y a n e en 1597, depuis le canal de Carapapori jusqu'à la rivière Coritine : 1599, 2552. B E R T I U S : Note au § 2317. B E S S N E R (Baron de). Moteur de l'occupation d u territoire brésilien en 1777 : 466 à 477. Ampliateur de cette occupation, en 1782 : 539 à 587. Auteur de la ligne de frontière prétendue maintenant par le g o u v e r n e m e n t français : 1773. e

B E T T E N D O R F F : Note 2 au § 2504, B I B E R I B E : 26.


TABLE ALPHABÉTIQUE

473

B I D D L E , auteur nord-américain de 1831 : 2506. BIET, auteur français de 1664. T é m o i g n a g e en faveur du Brésil : 1926, 1927. B L A N C O (Cap) : Voyez C A P B L A N C O . B L A E U . Carte de 1662 : 1345, 1353. B O L D T , explorateur de l'Araguari en 1851 : 1237, p. 345. B O N N E . Atlas de 1780 : 453, 914, 919, 2168, 2169. B O N N E A U (Alexandre), prétendant actuel a l'Amazone : 1250, 1253, 1659, 1882, 2238. B O R D A : 906. B O R G E S D E C A S T R O : Voir C A S T R O . B O U I L L E T . Témoignage en faveur d u Brésil en 1860 : 2301. B O Y E R , auteur français de 1654. Témoignages en faveur d u Brésil : 1920, 1921, 1895. B R A N C O (Rio), affluent du Rio Negro. —

Voir R I O B R A N C O .

B R E S T amazonien. Allégué contre le Brésil : 1271. Réponse

1557 à

1590. B R E T I G N Y : 60, 1920. B R I O N : Note au § 2331. B B I T O , Plénipotentiaire de Portugal pour la Convention de 1817 : 87 à 930. B R O C H A D O . E n v o y é de Portugal en France lors du Traité de 1700. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 1983, 1987, 1988. BROGLIE

(Duc de), ministre des affaires étrangères sous Louis-

Philippe. Son rôle dans la question d u M a p á : 984 à 986, 990, 992, 994, 997, 999 à 1001, 1010. B R U É : 891, 919, 933, 934. Témoignages en faveur du Brésil en 1826. et en 1834 : 2287, 2291. B R U Y N E , colonisateur hollandais de la rive occidentale de l'Oyapoc en 1625 : 19. B R Y : Voyez D E B R Y . B U A C H E (Nicolas), géographe français, en 1797 : chef des m o d e r n e s prétendants à l'Amazone. Son argumentation : 688 à 692, 1404. Réponse : 693 à 703, 1882. Grand témoignage en faveur d u Brésil : 2198 à 2200. B U A C H E (Philippe). Carte de 1737 : 385. B U C H O N , auteur français en 1825. T é m o i g n a g e en faveur du Brésil : 2285.


474

TABLE

ALPHABÉTIQUE

B U F F O N . Sa part d a n s l'occupation d u territoire brésilien en 1777 : 476. B U T E N V A L (Baron His de), Plénipotentiaire de France dans la c o n ­ férence tenue à Paris en 1855 et 1856 : 1229. Son

argumentation

en faveur de Carapapori

: 1233, 1235 à 1238. R é p o n s e sur l'inten-

tion du Traité d'Utrecht

: 2403 à 2421, 2588. R é p o n s e sur le voyage

de Vincent

Pinçon

: 2530 à 2583. R é p o n s e sur Pinis B. : 2550 à

2552. R é p o n s e sur la latitude du Vincent Pinçon cartes et les anciens de la latitude dans

dans les anciennes

auteurs : 2438 à 2529. R é p o n s e sur l'omission le Traité de 1700 et dans celui d'Utrecht : 2109

à 2114. R é p o n s e sur le mot confinant du Traité de 1701 : 1994, 1995. R é p o n s e sur la distinction du

Vincent

Pinçon

el de

l'Oyapoc,

a d m i s e par des Portugais et des Brésiliens : 2274 à 2301. R é p o n s e sur João Teixeira : 2498 à 2500, 2503, 2504. R é p o n s e sur 2034 à 2043. R é p o n s e le Memorandum

portugais

sur le Memorandum AVEUX

sur

Berredo

Pimentel:

: 2344 à 2384. R é p o n s e

sur

de juillet 1699 : 1970 à 1974. R é p o n s e

portugais

de M . de Butenval

de janvier

1699 : 2302 à 2342.

en faveur d u

Brésil : 1983, 2214 à

2225. C A B O T O (Sébastien). Carte, de 1544 : 2440. Alléguée 1750, 1790, 1821. Réponse

contre le Brésil :

: 2498, 2503 à 2520, 2628. —

Opinion

de

M . H e n r y Harrisse sur la carte de Caboto, note au § 2506. C A F É . Introduit de C a y e n n e au Pará : 335. C A J A R Y , affluent guyanais de l'Amazone : 1557 à 1560, 1566, 1571. C A L Ç O E N E o u C A L Ç U E N N E des Brésiliens, C A R S E V E N N E des Fran­ çais. S a latitude : 2048. Déclaré

par le g o u v e r n e m e n t français, en

1797, être la véritable limite d'Utrecht : 627 à 641, 1771, 2186 à 2194. Pourquoi

quelques Portugais et quelques Brésiliens le con­

sidèrent faussement

comme

la rivière de Vincent Pinçon 1234,

p. 378. Offert par le Brésil en 1856, et refusé par la France : 1237, pp. 356 à 357, 1238 p. 361. C A L D E I R A , fondateur de la ville de Pará : 38. C A L E B A S S E (Crique) : 550, 2241, 2243 (pp. 236 et 238), 2243. C A M O P I , affluent occidental de l'Oyapoc : 101, 160, 896, 897, 1937, 2128, 2129. C A N O A S (Rio de), n o m espagnol d u W a n a r y : 1836, 2428 à 2437. C A P B L A N C O , ancien n o m d u cap d u N o r d continental : 1234 p. 324, 2485 à 2494, 2507, 2508, 2519 p p . 355 et 356, 2521. C A P C E C I L , n o m d o n n é en 1596 par K e y m i s a u Cap d'Orange : 1176, 1177, 2313. C A P C O N D E , ancien n o m d u C a p d'Orange : 2312, 2314 à 2317, 2319.


TABLE ALPHABÉTIQUE

475

C A P D E L A C O N S O L A T I O N : 2556. C A P D E L A C O R D E , ancien n o m du Cap d'Orange : 2312. C A P C O R S O : 1439 à 1449. C A P D U N O R D ( C A B O D O N O R T E ) . Expression absolue, sans rapport nécessaire à l'Amazone : 1354 à 1356. Cap du N o r d continental , (Cap Raso) : 511 à 515, 1348 à 1388, 1439 à 1449, 1882, 1892, 2485 à 2494, 5507, 5508, 2519, 2521. Cap du Nord insulaire (pointe N. E. de l'île d u C a p d u N o r d ou île de Maracá) : 511 à 514, 559, 1892 à 1898, 559. Parfois s y n o n y m e de Cap d'Orange : 12, 13. Faux Cap du Nord de quelques Français : 662. 692. 695, 1094, 1265, 1348 à 1388, 1528, 1877, 1882. C A P D U N O R D (Terres du), dénomination consignée dans l'article 8 du Traité d'Utrecht. Alléguée contre le Brésil: 1128 p. 259, 1231, 2586. Réponse : 58 à 62, 359 à 362, 1137 à 1141, 1232, 1907, 1914 à 1921, 1926, 1927, 1933 à 1935, 1943, 1944, 1980, 2002, 2033, 2073 à 2085, 2587. C A P D U N O R D (Capitainerie) : Voyez C A P I T A I N E R I E du Cap du Nord.

brésilienne

C A P D ' O R A N G E . Découvert par Vincent Pinçon : 2553 à 2583. Borne naturelle de l'Amazone : 9 à 13. S o n n o m indigène est celui de Wayapoco, altéré en Oyapoc, etc. : 2268 à 2273. C A P P L A C E L , ancien n o m d u Cap Cachipour : 2508. C A P R A S O : 1439 à 1449. CAP D E SAINT-VINCENT, n o m d'Orange : 2574 à 2583.

d o n n é par Vincent Pinçon au Cap

C A P I T A I N E R I E brésilienne du Cap du Nord, c'est-à-dire de la G u y a n e , créée en 1637 pour sauvegarder l'Amazone : 64 à 72, 81, 124, 162, 269; 1234, pp. 329, 3 3 0 ; 1874 à 1901, 1904, 1905, 1912, 1913, 1922, 1923, 1940, 1941, 1945 à 1947, 1954 à 1959, 2630. « CAPITULACION

» de Vincent Pinçon, en 1501 : 2572 à 2582, 2629.

C A R A P A N A T U B A , affluent de l'Amazone, à côté de Macapá. Stipulé c o m m e limite dans le traité é p h é m è r e d u 29 septembre 1801 : 760 a 777. Recherché par les Français : 783 à 790, 1131, 1249. C A B A P A P O R I , rivière guyanaise la plus voisine de l'Amazone. C'était le n o m de l'île Maracá : 1185, 1955. Prétendue par la France, depuis 1745, c o m m e la véritable limite d'Utrecht : 382 à 389, 538 à 568, 593, 682, 838 à 846, 951, 958 à 968, 1054, 1059 à 1074, 1095 à 1101, 1112 à 1135, 1231, 1233, 1235 p. 335, 1236, 1237 p. 355, 1238 p. 360, 1745 à 1759, 1768 à 1866, 2586 à 2600. Mais cette prétention est infondée : 1237 p p . 341 à 353, 570 à 574, 1136 à 1221, 2197, 2209 à 2213, 2438 à 2529, 2538 à 2553, 2586 à 2601. — Voy. Araguari.


476

TABLE

ALPHABÉTIQUE

C A R A P A P O R I (Canal de) ou canal de M A R A C A , bras de m e r angu­ laire entourant l'île de Maracá et recevant la rivière Carapapori. I n d û m e n t appelé baie de Vincent Pinçon : 2548 à 2553. Impor­ tance de sa branche occidentale : 550 à 552, 1127. Sa branche méridionale est prétendue par la France, depuis Bessner c o m m e c o m m e n c e m e n t de la limite de la G u y a n e Française et d u Brésil, d a n s la fausse supposition q u e le Carapapori est la véritable rivière de Vincent Pinçon : 555 à 564, 593, 1238 p. 360. C A R B A J A L , c o m p a g n o n d'Orellana sur l'Amazone. Relation de ce voyage, écrite en 1542, i m p r i m é e en 1855, d a n s le t. IV d'Oviedo : 1297. C A R I B E S : 1450 à 1467. C A R I B O T E , n o m indigène d u Mont-Lucas

1600.

C A R N E I R O (Antonio), ministre des finances sous Philippe III de Portugal : 1722. C A R N E I R O D E C A M P O S (Frederico), explorateur d u bassin d u RioBranco en 1843 et 1844 : 914. C A R P E N T I E R , explorateur d u littoral de la G u y a n e depuis le Cassip u r e jusqu'à l'Araguari en 1857 : prétendant au Carapanatuba : 1249. C A R R E Y , prétendant actuel de l'Amazone : 1243, 1244, 1248, et la Préface ; 1251. C A R T A D E D O A Ç Ã O da capitania d o C a b o do Norte a Bento Maciel Parente, e m 14 de J u n h o de 1637. Titre fondamental du Brésil : 2630, 1912, 1913 ; 1234, p. 329 ; 1657, 1874 à 190). C A R T A S R E G I A S , d u 24 février 1686, et d u 21 d é c e m b r e 19 m a r s 1693 : 1701, 1948, 1949, 1950 à 1953.

1686 au

C A R T E brésilienne, entre 1808 et 1823 : 1750, 1848, 2246, 2278. C A R T E brésilienne de 1842 : 1853. C A R T E française, vers 1550 (elle est de 1546 et de P. Desceliers, Voir note au § 2241) : 2441, 1822, 1233 p. 307 ; 1234, pp. 325, 326, 1734, 2498, 2501. C A R T E portugaise de 1749 : 1233 ; p. 310 ; 1234, p. 327, 1844. C A R T E S A N C I E N N E S . Alléguées contre le Brésil depuis L a C o n d a m i n e : 382 à 389, 2144 à 2146 ; 1233 pp. 305 à 308, 1787, 1789, 1816 à 1855, 2596. Réponse : 390 à 394, 2438 à 2529, 2597, 2628. C A R V A L H O , conquérant de l'Amazone : 52, 158, 1692, 1693. C A S F E S O C A , poste français sur l'Oyapoc : 1758. C A S S I P U R E des Brésiliens, C A C H I P O U R des français. C A I P U R O G H de K e y m i s : 1176. C A S S I P U R O G H de Harcourt: 1184. S a latitude :


TABLE ALPHABÉTIQUE

477

2048. Offert par le Brésil en 1856, et refusé par la France : 1235 p. 335, 1237 pp. 353 à 356. C A S S I Q U I A R E : 74, 691, 1317, 1329, 1243 C A S T E L L A N O S , auteur espagnol de 1589 : 2519. C A S T L E R E A G H . S o n rôle dans le traité de 1814 : 838. C A S T R O ( B O R G E S D E ) . Collection portugaise de traités : 1976, 1992, 1999, 2056, 2187, 2201, 2620. C A V I A N A , île amazonienne : 133, 135, 176, 662, 663, 1297, 1411, 1423, 1897, 2537. C A Y E N N E : 63, 158 ; 825 à 832, 868 à 882 ; 929, 930. C E C I L (Cap) : Voyez C A P C E C I L . C H A P E L , prétendant à l'Amazone en 1796 : 618, 676. C H A R A N V I L L E , gouverneur de C a y e n n e en 1729 ; instigateur de la limite au voisinage de l'Amazone : 350 à 362, 370, 620, 945, 965, 1137, 1770, 1779, 1780, 2074. C H A V A G N E S : Voir S U Z A N N E T . C H A V E S (Alonso de). Carte de 1536, h a u t e m e n t favorable au Brésil : 2507 à 2515, 2524 à 2526, 2597, 2628. CHIAMA

et C H I A N A : 692 à 694.

C H O I S E U L (Duc de). Sa part dans l'ouvrage de Bellin : 435, 467. C H O I S Y , gouverneur de C a y e n n e en 1836, prétendant à l'Araguari : 1004. C I R C O U R T , prétendant actuel au Carapapori : 2402, 2618, 2619. C O C H A D O , explorateur portugais de l'Amazone avant 1628 : 1722. C O C H U T , propagateur de la prétention au Carapapori, en

1845 :

1074, 1782. C O E L H O (Jeronymo Francisco), gouverneur d u Pará en 1850 : 1110, 1237 p. 345. C O L L E C Ç Ã O de Noticias Ultramarinas : 1662, 2447. C O L M E N E R O (Anton), c o m p a g n o n de Vincent Pinçon : 2534. C O L M E N E R O (Diego), c o m p a g n o n de Hojeda et de Vincent Pinçon : 2564. COLOMB. Nœud

de ses découvertes avec celles de Hojeda : 2560,

2568. C O M A R I B O , n o m indigène de la M o n t a g n e d'Argent : 1601. C O M M A N D A N T d u fort brésilien d'Araguari en gnage en faveur du Brésil : 1954 à 1959.

1688. Grand témoi­


478

TABLE ALPHABÉTIQUE

C O M P A G N I E S françaises d u C a p du N o r d : 1906 à 1911, 57 à 62, 86, 153, 161 ; 87, 1914. C O M P A G N I E S de la France Equinoxiale : 88, 92. C O M P A G N I E française des Indes Occidentales : 93. C O N A N I , C O A N A W I N I de K e y m i s : 1176. C O N A W I N I , de Harcourt : 1184. Sa latitude : 2048. Poste français fondé clandestinement sur ses bords en 1778 : 481, 489, 498, 523 à 536, 605. Offert par le Brésil en 1856, et refusé par la France : 1237 pp. 356-357. C O N C E S S I O N S offertes par le Brésil à la France en 1856, et refusées par elle : 1235, 1237 pp. 353 à 358 ; 1238 p. 361. C O N D E (Cap) : V o y e z C A P C O N D E . C O N F É R E N C E S de Paris en 1842 et en 1844 : 1050 à 1057. C O N F É R E N C E de Paris en 1855 et 1856 : 1222 à 1239. CONSOLATION

(Cap de la) : V o y e z C A P D E L A

CONSOLATION.

C O N S T A N C I O (Francisco Solano), propagateur de la prétention Carapapori, en 1839 : 1065, 1782.

au

C O N S T I T U T I O N N E L , d a n s la question d u M a p á : 981. C O N T I (Prince de). Sa part d a n s l'occupation d u territoire brésilien en 1777 : 476. C O N V E N T I O N d u 19 m a r s 1804 : 818. C O N V E N T I O N d u 28 août 1817. S a négociation : 874 à 929. Son texte : 930, 2620. Sa véritable signification quant à la limite inté­ rieure : 931 à 936, 2617 à 2625. L e Brésil m a i n t e n u dans la posses­ sion d u territoire contesté : note au § 1103. C O R D E (Cap de la) : V o y e z C A P D E L A C O R D E . C O R N E I L L E ( T h o m a s ) , auteur français de faveur d u Brésil : 2016 à 2018.

1708. T é m o i g n a g e

en

C O R O N E L L I : 2357. C O R S O (Cap) : V o y e z C A P C O R S O . C O R T A M B E R T . T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil en 1852 : 2296. C O R T E - R E A L : 2506. C O S A (Juan de la), premier pilote de Hojeda. S a carte de 1500 est h a u t e m e n t favorable a u Brésil : 2563 à 2571, 2579 à 2583. C O S T A P I N T O : 1040. C O S T A E S A : 1852, 1976, 1992, 2049, 2050, 2052, 2277. C O U S I N , de Dieppe : 1534 à 1539. COUVRAY

DE

BEAUREGARD,

propagateur

de

la prétention

au


TABLE

ALPHABÉTIQUE

479

Carapapori, en 1824 : 947, 1782. T é m o i g n a g e en faveur du Brésil : 2204 à 2207. C U M A Ú , ancien s y n o n y m e de Macapá : 52, 181, 268, 1693, 1702, 1703, 1710. C U N H A ( D o m Luis da), second Plénipotentiaire de Portugal à Utrecht. Memorandum de 1711 : 2019, 2020. Memorandum de 1712 : 2021, 2022. Son rôle à Utrecht : 252, 258 à 262. Dépêches des 16 février, 12 m a r s et 24 m a r s 1713 : 2044 à 2048, 2117, 2068. Memorias da Pas de Utrecht : 2069. Recueil diplomatique annexé aux Memorias : 1991, 1992, 1999. C U R U P Á , G U R U P Á : 41, 47, 54, 153, 169, 267, 1718, 1737. CURUPTUBA, 1940, 1946.

affluent guyanais de l'Amazone : 972, 1691, 1889,

D A I G R E M O N T , auteur français de 1654. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 1918, 1919. D ' A L B O N , ordonnateur de la G u y a n e française lors du passage de L a C o n d a m i n e à C a y e u n e ; instigateur de la limite au voisinage de l'Amazone : 383. D ' A N V I L L E : 916 à 920, 1230. p. 336, 1233. p. 359. Propagateur de la limite au voisinage de l'Amazone : 364 à 367, 376, 378. Fauteur de la limite à l'Amazone : 667 à 669, 673, 700, 1393, 1394. D ' A P R È S : 914. D ' A U D I F F R É D Y , prétendant à l'Amazone en 1731 : 662, 667, 673, 700, 965, 1393 à 1397, 1882, 1986, 2088. D'AVEZAC

(Marie A m a n d Pascal —

dant à l'Amazone, ASSERTION 63 Réponse

et au Carapapori

de Castera de Macaya), préten­ à défaut de m i e u x .

de 1834, pour revendiquer le Carapapori : 964 à 966, 1782.

: 960 à

ARGUMENTS de 1857 et 1858, p o u r revendiquer le Carapapori : 1745 à 1752; 2440, 1790, 1821, 2498; 1848; 1811 à 1815, 2238 à 2241, 1845 ; 1809, 2005 à 2008 ; 2030 ; 2475, 2476 ; 1790, 1836. R é p o n s e sur Caboto : 2503 à 2520, 2628. R é p o n s e sur la Carte brésilienne ano­ n y m e : 2278. Réponse sur l'Etymologie d'Oyapoc : 2242 à 2273. R é p o n s e sur le Brésilien Ferreira : 2277. R é p o n s e sur Fritz : 2009 à 2015. R é p o n s e sur Tarouca : 2031. R é p o n s e sur Van Langren et Wytfliet : 2477 à 2497. Réponse sur Wilson : 2422 à 2437. REVENDICATION 1874 à 1877. Réponse AVEUX 2571.

de l'Amazone en 1857 : 1246, 1254 à 1279, : 1280 à 1744, 1878 à 1901.

de M . d'Avezac en faveur d u Brésil : 2226 à 2229; 2570,


480

TABLE ALPHABÉTIQUE

D ' A V I T Y , auteur français de 1637. T é m o i g n a g e en faveur du Brésil : 1902. D E B R Y . Cartes de 1592, 1594 et 1596 : 2448, 1827, 1828, 1831, 2494. D E F E R . Carte de 1719 : 316, 385. D E F F A U D I S (Baron), prétendant au Carapapori en 1842 : 1053, 1054. D E L A C R O I X , Plénipotentiaire de France p o u r le Traité de 1797 : 621 à 626. D E L A E T . Histoire du Nouveau Monde, éditions de 1625, 1630, 1633 et 1640 : 11 à 13, 403 à 409, 1345, 1353, 1401, 1449, 1557 à 1590, 1692 à 1695, 1700, 1720, 1819, 1882, 2258, 2355, 2479. D E L I S L E . Carte de 1700 : 2409, 1345, 1353, 1401, 1737, 2357. Carte d e 1703 : 2003 et 2004, 313, 341 à 348, 385, 409, 1345, 1353, 1401, 1973, 2104, 2549. Carte d e 1716 : 316. Carte de 1722 : 316, 341 à 348, 409. D E M A N D E S d u Portugal au Congrès d'Utrecht. Alléguées Brésil : 1128, p. 260. Réponse : 1146, 1147, 2023 à 2033.

contre le

D E S A G E S , directeur de la politique au ministère des affaires étran­ gères en 1839. Sa part d a n s la question d u M a p á : 1024, 1025. D E S C E L I E R (Pierre) : Voir note au § 2441, et, p o u r les références, voir d a n s cette table « Carte française de 1550. » D É S I S T E M E N T des Portugais à l'Oyapoc. Allégué contre le Brésil : 1128, p. 263. Réponse : 368 à 374, 1164 à 1168, 2393. D E S M A R Q U E T Z , prétendant à l'Amazone, en 1785 : 1534 à 1539. D E S T E R R O , ancien fort brésilien sur la rive guyanaise de l'Amazone : 72, 98, 122, 138, 159, 270, 1691, 1727, 1922, 1923. D E Z A U C H E . T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil, en 1782 : 2170. D E Z O B R Y . T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil, en 1857 : 2299. D ' H A R C O U R T . Sa part dans la question d u M a p á : 987. D I A S (Antonio Gonçalves) : 307, 1813, 1874, 2240, 2243, 2244, 2250. D I C T I O N N A I R E Géographique Universel. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil e n 1828 et en 1830 : 2208, 2289. D I O G O L E I T E . Pourquoi il prit le M a r a n h ã o actuel p o u r l'Amazone : 2519. D'ORVILLIERS

(Claude), gouverneur

de la G u y a n e

Française de

1716 à 1726. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 2121. D ' O R V I L L I E R S ( M a d a m e Claude) : 335. D ' O R V I L L I E R S (Gilbert), gouverneur de la G u y a n e Française lors d u passage de La C o n d a m i n e à C a y e n n e ; instigateur de la limite a u voisinage de l'Amazone : 383.


TABLE ALPHABÉTIQUE

481

D O U R A D O : Voyez V A Z D O U R A D O . D R U M M O N D (Antonio de Menezes Vasconcellos de) : 2069, 2056, 1855, 2277. D U D L E Y . Carte de 1661 : 2456, 1834, 2498, 2503, 2504. — § 2321.

Note

au

D U F O U R . Témoignages en faveur du Brésil en 1834 et en 1856 : 2292 2298 D U M O N T : 1999, 2049, 2051, 2053, 2055. D U M O N T E I L , prétendant au Rio Negro en 1823 : 946. D U N E Z A C , prétendant à l'Amazone en 1732 : 663. D U P E R R É , ministre de la marine et des colonies sous Louis-Phi­ lippe. Sa part dans la question du M a p á : 981 à 985, 1001 à 1005. D U V A L (Pierre) : Cartes de 1654, 1661, 1664, 1677, 1679 : 1345, 1353, 2258, 1561, 1562, 1700, 2357, Carte de 1664, note au § 2324, Carte de 1679, note au § 2326, Carte de 1684, note au § 2327. — Note au § 2341. D U V O T E N A Y . T é m o i g n a g e en faveur du Brésil en 1837 : 2293. É D I T français de 1664 : 93, 163, 164. É D I T français de 1674 : 109. É D I T hollandais de 1621 : 93, 1603. É D I T hollandais de 1675 : 1604. ÉDIT hollandais de 1689 : 1605. E N C I S O , auteur espagnol de 1519 : 1545, 1620 à 1622, 2580. ERICEIRA

(Comte de). Sa part dans le Traité de 1700 : 154, 155,

1864, 2381. E S C H W E G E (Baron de) : 912. E S S É Q U È B E : 887, 918, 974, 1330, 1333, 1338. Orthographe anglaise pour Essequibo : 2258. E S T A N C E L I N , prétendant à l'Amazone en 1826 et en 1832 : 1535 à 1539. E S T R É E S (Comte d') : 109. E U G È N E de Savoie (Prince) : 228. E V E I L L A R D , prétendant à l'Amazone : 1078, 1079, 1091, 1243, 1250. E Y R I È S . T e m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 2283. F A T T O N , géographe anglais. Carte inédite de l'Araguari en 1608, sur parchemin : 401. (Je l'ai vue entre les m a i n s de M . de V a r n h a g e n , à qui o n l'avait confiée.)

T.

II.

31


482

TABLE

ALPHABÉTIQUE

F A U Q U E , prétendant à l'Amazone en 1735 : 1665. F A V E L L A , conquérant de l'Amazone : 53, 76, 84, 1723. FEIJÓ

(Diogo Antonio) : 1011.

F E R D I N A N D D E N I S : 1685, 2293. F E R R E I R A (Alexandre Rodrigues) : 1752, 1845, 2277. FERREIRA

(Père),

ex-jésuite portugais, coopérateur

de

Malouet

dans l'occupation clandestine d u territoire brésilien en 1777 : 524 à 532. F E R R O L L E S , chef entreprenant des prétendants à l'Amazone. mière

expédition

contre les forts portugais

1688 : 108 à 125, 1954 à 1959. Seconde

Pre-

d e l'Amazone,

expédition

en

contre les forts

portugais de l'Amazone, e n 1697 : 126 à 130, 137 à 146, 1961, 1709, 1707. « Mémoire

contenant les droits de la France

sur les pays

situés entre la rivière des A m a z o n e s et celle d'Orénoc.

1688. » ;

inséré intégralement d a n s M A L O U E T , t. I. pp. 111 à 118 : 150 à 153, 154 à 169. Lettre a u Ministre de la m a r i n e et des colonies en 1694 ; extrait dans Nicolas B U A C H E , p. 32 : 131 à 136, 1742. «

Déclarations

des principaux et plus anciens habitants de C a y e n n e ayant fait le commerce

d a n s la rivière des A m a z o n e s et d a n s l'île de Hyapoc.

14 mai 1699. » ; extrait dans d ' A V E Z A C , en 1857 : 170 à 176. F E U I L L E de la G u y a n e : 2184, 945, 2091. F E U I L L É E : 904. FIX : 912. F O N S E C A : 2151 à 2153, 2211, 2411. F O S C A R I N I : 2546. F O U R N I E R : 1906. 161, 1533. FOYOS

(Mendo

de —

Pereira), ministre des affaires étrangères en

Portugal à l'époque d u Traité de 1700 : 1971, 1982, 1991, 2631, 2632. F R A C A N Z I O . Recueil italien de voyages e n 1507 : 2546. F R A N C E A N T A R C T I Q U E : 27. F R A N C E É Q U I N O X I A L E : 28, 34, 88, 92, 148, 167, 686,1359». F R E X A S (Ile das), d a n s l'Amazone : 1423, 1448. F R E Y : 52. F R E Y T A G : 2204 à 2207, 947. F R I T Z , missionnaire de l'Amazone. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil en 1707 : 1730, 2005 à 2015, 2335 et 2336. FROGER,

auteur français de 1698 : 1960 à 1966, 167, 225, 314, 659,

671, 1345, 1353, 1892, 1968, 1973, 1982, 2115, 2258, 2328, 2333, 2513.


483

TABLE ALPHABÉTIQUE

F U N C H A L ( D o m D o m i n g o s Antonio de Souza Coutinho, C o m t e de). Sa part dans le Traité de 1814 : 820, 839, 840. G A B R I E L S O A R E S , auteur portugais de 1587 : 2447, 1233 p. 356, 1234 p. 328, 1412, 1416 à 1572, 1652, 1627, 1860, 1877, 2245, 2498 à 2500, 2503, 2504. G A L I B I S : 1467. G A L V Ã O , auteur portugais de 1563 : 2519. G A M A (João da Maia da), gouverneur du Pará de 1722 à 1727 : 330 à 335, 1128 p. 262. G A M A L O B O (Manoel da — de A l m a d a ) , explorateur d u bassin Rio Branco en 1787 : 911 à 914.

du

G A R C I A H E R N A N D E Z , c o m p a g n o n de Vincent Pinçon : 2542. GERTRUYDENBERG

: 231.

G I N I P A P E , affluent guyanais de l'Amazone : 1601, 1889, 1904, 1940, 1946. G O D I N D E S O D O N A I S , prétendant à l'Amazone : 670, 464. G Ó M A R A , auteur espagnol de 1553 : 2519. G O M B E R V I L L E , auteur français de 1682 : 117, 1308 à 1311. Témoi­ gnage en faveur d u Brésil : 1940 à 1942. G R I L L E T : 1936 a 1938, 101, 153, 160, 313. G R Y N Æ U S . Recueil latin de voyages en 1532 : 1156, 1492. G U A D A L A X A R A , auteur espagnol de 1630 : 2454, 1128 p. 263, 1233 pp. 309, 310, 1234 pp. 328, 381, 1345, 1500, 1508, 1523, 1861, 2498 à 2500, 2502. G U A Y A N A . Vraie forme, altérée en Guiana,

etc., par les Anglais :

2258, 1458, 1459. G U E U D E V I L L E , auteur français de 1732 : 385. G U I Z O T , ministre des affaires étrangères sous Louis-Philippe. S o n rôle dans la question d u M a p á : 1050 à 1058, 1105. G U R I J U B A , G U R U J U , affluent guyanais de l'Amazone : 663, 2489. G U S M Ã O (Alexandre de) : 1844. G U S M Ã O (Bartholomeo de) : 1844. G U T I E R R E Z (Diego) : Note au § 2498. GUYANE

Hollandaise, sourdement envahie par la France : 887 à

889, 923, 2624, 2627. H A K L U Y T . Collection anglaise de voyages en 1600 : 2313, 1153, 1176, 1550, 1622, 2355, 2407, 2552.


484

TABLE ALPHABÉTIQUE

HARCOURT

(Michael), explorateur anglais de l'Araguari en 1608 :

401, 1185. HARCOURT

(Robert), explorateur

depuis l'Araguari jusqu'au

anglais de la G u y a n e

en 1608,

M a r o n i ; colonisateur de la rive occi­

dentale de l'Oyapoc : 17, 400, 401, 405, 1153, 1175, 1182 à 1189, 1345, 1401, 1581, 1601, 1602, 2246, 2256, 2355. H A R R I S S E (Henry) : Notes aux §§ 2438, 2498 et 2507. H A R T S I N C K , auteur hollandais de 1770 : 449, 918. H A R V E Y , explorateur de l'Araguari en 1608 : 401, 1185. H E I N S I U S : 228. H E R C U L A N O (Alexandre) : 1880. H E R R E R A , auteur espagnol de 1601 à 1615 : 1299, 1320, 1345, 1618, 1619, 1617, 2258, 2519, 2572, 2573. H O J E D A , découvreur de la G u y a n e en 1499. N œ u d de ses décou­ vertes avec celles de Colomb : 2559 à 2568. N œ u d avec les décou­ vertes de Vincent Pinçon : 2568 a 2571. HOMEM

(André). Voir A N D R É e

H O M E M (Diogo) : Note 2

HOMEM.

au §, 2498.

H O N D I U S (Henri), géographe hollandais. Trois cartes de 1630, 1635, 1641 : 3219, 2321, 2322. — Note au § 2319. H O N D I U S (Jodocus), géographe hollandais. Carte de 1598 : 2551, 2552. D e u x cartes de 1602 : 2451, 2452, 1832, 1833, 2494. Quatre cartes de 1606 à 1613 : 2314 à 2317. — HORTSMAN

Et Note précédant

le § 2311.

: 918.

H U D S O N (Baie de) : 2506. HULSIUS,

auteur allemand de 1599 : 2312, 2432, 1345, 1353, 1355,

1401, 2261, 2552. —

Notes

aux

§§ 2312 et 2313.

H U M B O L D T (Alexandre de) : 919, 1237 p. 345, 1627, 2469, 2564. S a part d a n s la convention d e 1817 : 925 à 929, 936. Méprise sur le Vincent Pinçon des anciennes cartes : 1837, 2438 à 2529. Méprise sur Hojeda : 2562 à 2571. HUXELLES

(Maréchal

d'), premier

Plénipotentiaire

de France à

Utrecht : 231, 235, 254, 262, 288, 295, 296, 1241. I B I A P A B A : 1369, 1370. ILHA D O G O V E B N A D O R , dans la baie de Rio de Janeiro. S o n n o m indigène est celui do P a r a n á p e c ú : 2247. I N I P I , affluent du C a m o p i : 1937, 160. I N I P O C O , affluent d u Parú : 2252. I N S T I T U T O Historico e Geographico d o Brazil : 1257, 1813, 1845, 1854, 1971, 2019, 2022, 2222, 2243, 2447, 2489.


485

TABLE ALPHABÉTIQUE

I N S T R U C T I O N S du Gouvernement Français. P o u r l'ambassade à Lisbonne en 1697 : 1965. A u gouverneur de C a y e n n e en 1699 : 967 à 969. P o u r la négociation de 1710 : 231, 232. P o u r le Congrès d'Utrecht : 254, 261, 262. A u gouverneur de Cayenne en 1732 : 492, 1769. A u gouverneur de C a y e n n e en 1776 et 1777 : 2163 à 2167, 495 à 498, 619, 683, 1067, 1770. A u gouverneur de C a y e n n e en 1824 : 948, 949. A u gouverneur de Cayenne en 1835 : 1002 à 1005. I N S T R U C T I O N S du Gouvernement Portugais. P o u r le Traité d'Utrecht : 257. P o u r le Traité de 1814 : 840. P o u r la Convention de 1817 : 896, 913. I R V I N G , auteur nord-américain : 2562, 2568, 2572, 2573. I T A M A R A C Á (Antonio Peregrino Maciel Monteiro, Baron de). Sa part dans la question d u M a p á : 1012. I T A P U C A , dans la baie de Rio de Janeiro : 2245. I W A R I P O C O , n o m d o n n é par K e y m i s au canal de Carapapori : 1128, 1154 à 1163, 1189. J A G U A R Ã O , affluent brésilien du lac M e r i m : 2100. J A N S S O N I U S , géographe hollandais. Cartes de 1652 : 2323. J A N V I E R . Carte de 1762 : 379. J A P O C , f o r m e portugaise de Y A P O C : 293 à 306, 318 à 321, 2099 à 2102, 2105, 2591. J A P U R Á , affluent septentrional de l'Amazone : 1724. J A R Y , affluent guyanais de l'Amazone : 83, 677, 951, 970. 972 à 974, 1131, 1243, 1566, 1726, 2615. J A V A R Y , affluent méridional de l'Amazone, 1724, 2013. J A V A R Y , île d u delta de l'Amazone : 1885. J E A N N E T - O U D I N , gouverneur de la G u y a n e Française en 1796 : 618. JEHAN

ALLEFONSCE,

soi-disant explorateur de l'Amazone

avant

Orellana : 1540 à 1548. J O A N E S ou MARAJÓ : Capitainerie créée en 1665 : Note au § 1877. J O L L I V E T , prétendant à l'Amazone : 1076. JOMARD

: 2440, 2141, 2554, et l'article Gérard

Mercator.

Témoi­

gnage en faveur d u Brésil : 2292, 2296. JONCHE

(Clément de). —

Note au § 2327.

J O U R N A L des Débats. Sa part dans la question d u M a p á : 983, 984 J O U R N A L de la Marine. Propagateur de la prétention au Carapapori

:

968, 1066, 2076, 2093, 1782. Sa part dans la question du M a p á : 981 à 983.


486

TABLE ALPHABÉTIQUE

J U B E L I N , gouverneur de la G u y a n e Française en 1830 : 952. J U P A T I (Pointe), ancienne b o r n e guyanaise de l'Amazone : 1297, 2478 à 2484, 2543 à 2547. J U R U J U B A , d a n s la baie de Rio de Janeiro : 2245. K O E R I U S : Note au § 2317. K E Y M I S , explorateur anglais de la G u y a n e en 1596. depuis l'Ara­ guari : 2407, 399, 402 à 405, 1128 pp. 261, 300, 1154 à 1163, 1175 à 1181, 1188, 1189, 1233 p. 312, 1345, 1401, 1581, 1599, 2256, 2355, 2431, 2513, 2552. K O H L : 2628. KUNSTMANN

: 2529, 1345, 2519 p. 355.

L A B A R R E , gouverneur de la G u y a n e Française en 1666. Mal compris par M . d'Avezac : 1359 à 1361. Témoignage en faveur d u Brésil : 1928 à 1932, 99. L A B A T . Propagateur de la prétention au voisinage de l'Amazone 364 à 367, 376. Propagateur de la prétention à l'Amazone même 661. Témoignage en faveur d u Brésil : 2130, 2131, 2125.

: :

L A B E S N A R D I È R E , directeur de la politique au ministère des affaires étrangères en 1815 ; prétendant au Carapapori : 857. L A B O R I A , propagateur de la prétention au voisinage de l'Amazone en 1813 : 1070. L A C A I L L E : 914. L A C O N D A M I N E (Charles-Marie de). Chef des prétendants au Carapapori, se basant sur les anciennes cartes et les anciens auteurs : 382 à 387, 416 à 421, 554, 1787, 1789, 1842. Réponse : 388 à 394, 2438 à 2529. Chef des prétendants au tronc de l'Araguari, dans la supposi­ tion q u e le Carapapori est u n e branche nord de l'Araguari : 395, 396, 413 à 415, 425 à 428, 452, 1128 pp. 264, 265. Réponse : 398 à 412, 1171 à 1208. Fauteur de la prétention à l'Amazone :667 à 669, 700, 1393, 1394. TÉMOIGNAGE en faveur du Brésil : 2142 à 2154. L A C R O I X , propagateur de la prétention au voisinage de l'Amazone, de 1764 à 1780 : 381. L A C R O S S E , instigateur de la prétention au voisinage de l'Amazone en 1844 : 1071, 1870. L A E T . Voyez D E L A E T . L A M A R T I N I È R E , auteur français de faveur d u Brésil : 2137 à 2139.

1726 à 1768. T é m o i g n a g e n e

L A M B E R T Y . Recueil diplomatique de 1724 à 1740 : 1999.


TABLE ALPHABÉTIQUE

487

L A M I R A N D E , gouverneur de la G u y a n e Française en 1732; préten­ dant au voisinage de l'Amazone : 372, 2087. L A P I E . Carte de 1809 : 2576. Cartes de 1812 : 888, 919, 933. Cartes de 1814 : 889. Cartes de 1817 : 892. Témoignage en faveur du Brésil, en 1829, en 1842, et en 1851 : 2288, 2294, 2295. L A P O P E L L I N I È R E , auteur français de 1582 : 1315, 1531, 1532, 1674, 1678. L A R A V A R D I È R E . Prétendant de l'Amazone de 1605 à 1624 : 28, 34, 35, 1591, 1592, 1600, 1602 Premier colonisateur de la G u y a n e Française : 36, 153. L A R T I G U E : 2546. L A R U E , propagateur de la prétention au Carapapori en 1821 : 939 à 943, 965, 981, 1119, 1216, 1782, 1785. L A S A G R A : 2564. L A S A L L E , auteur français de 1763 : 2243. L A S C A S E S . T é m o i g n a g e en faveur du Brésil en 1825 : 2286. L E B L O N D , auteur français de 1802 et de 1814 ; prétendant à l'Araguari : 2412, 2413, 787, 890, 927, 933, 1126, 2223. L E C H E V A L I E R . prétendant au voisinage de l'Amazone et à l'Ama­ zone en 1842 et en 1843 : 1077, 1067. L E I G H , colonisateur anglais de la rive occidentale de l'Oyapoc en 1604 : 16, 1153, 1600, 2256, 2428 à 2437. — (On prononce Li.) L E J E A N : 933. L E P E , explorateur de la G u y a n e en 1500 : 2564, 2571. L E P R I E U R , explorateur français de l'Oyapoc et du bassin guyanais de l'Amazone en 1831 et 1833 : 952, 958 à 960, 970 à 973, 2248 à 2250, 2252, 2265. L E S C A L L I E R , prétendant à l'Araguari. E n 1791 : 594 à 602, 886, 887, 1772. E n 1797 : 2195 à 2197, 680, 687, 942, 1067, 1210, 1212, 1779, 1784, 1905, 2026, 2075, 2095. L E S E R R E C , prétendant actuel de l'Amazone : 1079, 1089 à 1091, 1406, 2233; 1705, 1706. Réponse : 1092 à 1094, 2234, 2235, 1882; 1707 à 1712. A v o u e que « l'esprit d u traité d'Utrecht ne permet guère aux Français d'avancer au delà de l'embouchure Sud du canal de Carapapori ou de Maracá » : 1091 p. 242. Service rendu à la prétention au Carapapori, l'autorité de Berredo : 1095 à 1098, 1788. Réponse:

en produisant 2344 à 2384.

L E S T I B O U D O I S , prétendant au Carapapori en 1843 : 1068. L E T E S T U (Guillaume). Atlas inédit de 1555, à la bibliothèque du


488

TABLE ALPHABÉTIQUE

ministère de la guerre à Paris : 1452, 1735. Mappemonde inédite de 1566, au dépôt géographique d u ministère des affaires étran­ gères à Paris : 1345. L E T T R E écrite de C a y e n n e en 1653. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 1916, 1917. L E T T R E S P A T E N T E S anglaises de 1584 : 1598. L E T T R E S P A T E N T E S françaises. D e 1605: 34, 1591. D e 1610 : 34. D e 1624 : 35, 1592. D e 1633 : 57 à 62, 1232. D e 1640 : 87, 1592, 1914. D e 1651 : 1914, 1915, 88, 1593. D e 1655 : 90, 163, 1593. D e 1663 : 92, 1593. L E T T R E S P A T E N T E S d u roi d'Espagne et de Portugal en 1637 : — Voyez C A R T A D E

DOAÇÃO.

L I G A A M E R I C A N A : 1029. L I M A ( D o m Luiz Caetano de) secrétaire de l'ambassade à Utrecht : 1230 p. 220, 1971.

de Portugal

L I M I T E S du Brésil et de la G u y a n e Française. Le Gouvernement du Brésil soutient invariablement, depuis 1637, q u e c'est le fleuve O y a p o c et la chaîne T u m u c u m a q u e ; 893 et 894, 2630, 1874 à 1901, 1912, 1913, 1657, 1954 à 1959, 1967 à 1974, 2631, 2632, 1982 à 1988, 1998 à 2002, 213 à 224, 2019 à 2033, 2044 à 2048, 261 à 322, 2049 à 2119, 833 à 835, 840, 860 à 867, 1230 p. 293 à 295, 2605 à 2627. Le Gouvernement Français, qui, avant le Traité d'Utrecht, prétendait l'Amazone, soutient tour à tour, c o m m e la véritable limite m a r i ­ time d'Utrecht, le C a p d u Nord, le Mayacaré, le Calçoene, l'Araguari, le Carapapori, c'est-à-dire la rivière guyanaise la plus voi­ sine de l'Amazone ; et c o m m e limite intérieure, u n e ligne vers l'Ouest jusqu'au Rio Branco, parallèle à l'Amazone, et b e a u c o u p plus rapprochée de ce fleuve q u e la chaîne T u m u c u m a q u e : 1769 à 1775, 1238, 2604, et les articles Amazone, Araguari, Carapapori. L I N H A R E S ( D o m Rodrigo de S o u z a Coutinho, C o m t e de). Sa part dans l'insuccès d u traité de 1797 : 643 à 648, 650. Négociateur des traités d e 1810 : 834. L I N S C H O T E N , auteur hollandais de 1596 : 2450, 1345, 1508, 1523 1830. L I S B O A (Antonio José) : 995. L I S B O A (João Francisco) : 2348. L I S B O N N E : Voyez T R A I T É S D E L I S B O N N E , 4 m a r s 1700, 18 juin 1701. L O M B A R D . T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil en 1726 : 2126 à 2199. L O U I S XVIII. Sa part dans l'occupation 1777 : 475, 844.

d u territoire brésilien en


TABLE ALPHABÉTIQUE

489

L O U I S I A N E : 433, 713, 714. L U X E M B O U R G (Duc de), A m b a s s a d e u r à Rio de Janeiro en 1816 : 871 à 874. M A C A P Á , forteresse brésilienne sur la rive guyanaise de l'Amazone : 52, 98, 122, 138, 144 à 146, 166, 181, 182, 196, 268, 273, 278, 673, 1108, 1505, 1703 à 1712, 1730, 1731, 1955, 1961. Son

importance

: 1091,

1244, 1410, 1584 à 1589. L'ancien fort de Macapá, celui d u Traité de 1700, était à deux lieues sud de l'actuel.) M A C A R I : 576, 1955, 2263. Poste français fondé clandestinement sur les bords de ce lac en 1783 : 498, 576, 586, 589, 591, 604, 1009. M A C I E L P A R E N T E (Bento). Conquérant

de l'Amazone : 46, 47, 157,

1718 à 1720. Donataire de la capitainerie du Cap du Nord : articles CARTA D E DOAÇÃO et CAPITAINERIE. M A D R E D E D E U S (le P. Gaspar da) : Note au § 2581. M A D R I G N A N O : 694. M A G A D O : 1577. M A G A L H A E N S ( D o m i n g o s José Gonçalves de) : 2487. M A G A L H Ã E S (José Narciso de), gouverneur du Pará en 1808 et 1809 826, 827, 1846, 2277. M A G U A R I (Pointe), dans l'île Marajó : 662, 1094, 1265, 1297, 1350, 1388. M A H Ú , affluent de Tacutú : 1067, 1330. M A I O L L O , carte génoise de 1519 : 2519 p. 401, 2543. M A L O U E T , exécuteur de l'occupation clandestine d u territoire bré­ silien en 1777 : 478 à 537, 2158. Sa part dans le Traité de 1814 : 838, 844. Poste français de ce n o m

sur la rive brésilienne de l'Oyapoc :

1042 à 1046, 1051, 1058, 1755 à 1759, 2123, 2162. —

On

prononce

le t.) M A L T E - B R U N . T é m o i g n a g e en faveur du Brésil en 1817 : 2281. M A N A Y E ou M A N N A I E : —

Voyez M A N A H Y .

M A N A H Y pour A M A N A H Y , c o m m e M a p á pour Amapá,

comme

Yapoc

pour Oyapoc ; M A N A Y E des Français, M A N N A I E de M . le Baron de Butenval : 572, 1193, 1238 p. 360, 1774, 1775, 2211. M A N E S S O N M A L L E T , auteur français de 1683 : 2327, 1345, 1353, 1465, 2234, 2341. er

M A N I F E S T E du 1

m a i 1808, à Rio de Janeiro : 825.

M A P Á , altération usuelle de A M A P Á : 1007, 1127, 1237 p. 346, 2048.


490 Question

TABLE ALPHABÉTIQUE du

Mapá,

ou

plutôt de l ' A r a g u a r i : 977 à 1047, 1071.

1103 à 1111, 1237 pp. 350 à 352. Note au § 1103. M A P O R E M A ou A P O R E M A , affluent de l'Araguari : 1103. M A P R O E N E , lac voisin du C a p d u N o r d : 573, 593, 1128 p. 261, 1192, 1237 p. 346. M A R D U L C E : 1543, 1637, 1645, 2507, 2508, 2519 p. 356. M A R A C Á (Ile) : 550, 559, 563, 565, 592, 1892 à 1898. (D'après les ren­ seignements de M . de Montravel, elle tend à disparaître et à suppri­ m e r le canal de Carapapori.) M A R A C A N Ã : 1888. M A R A G N A N : 28, 30, 1631, 1658 à 1670, 2519. M A R A G N O N , n o m indigène de l'Amazone : 1296, 1619 à 1648, 1658 à 1670, 2507, 2508, 2519, 2521, 2628. M A R A J Ó ou J O A N E S , île a m a z o n i e n n e : 132, 135, 171 à 176, 662, 667, 691, 692, 1244, 1384. M A R A N G U A P E (Caetano Maria L o p e s G a m a , Vicomte de). Sa part honorable dans la question d u M a p á : 1012, 1033 à 1047. M A R C E L (Gabriel), de la Bibliothèque Nationale de Paris. — § 2438.

Note

au

M A R G R Y : 1541. M A R I N A : 692, 694. M A R I N A T U B A L O : 2620. M A R L B O R O U G H : 228. M A R O N I , M A R R A W I N I de Harcourt : 57, 96, 164, 887 à 889, 933, 936, 972, 1906 à 1911, 1929 à 1931. Frontière septentrionale d u Brésil depuis le 12 janvier 1809 jusqu'au 8 n o v e m b r e 1817 : 830 à 832, 930. M A R Q U E S : 827. M A R R E I R O S : 781, 782. M A R T E N S : 2620. M A R T I M A F F O N S O : 1650. M A R T I N E A U D U P L E S S I S , auteur français de 1700 : 12. M A R T I U S , Carte de 1825 : 912. M A R T Y R (Pierre — d'Anghiéra), premier historien de Vincent Pinçon. Récit de 1501 : 2546). Décade de 1511, avec u n e carte : 2481, 2543. Décades de 1516 : 1156, 1642, 2564, 2565. Lettres p o s t h u m e s de 1530 : 1641. V o y e z Trevisan. M A S H A M , rédacteur d u voyage de B E R R I E : 1153, 2552.


TABLE ALPHABÉTIQUE

491

M A T A R I , affluent guyanais de l'Amazone : 887. M A T O S , ex-jésuite portugais, coopérateur de Malouet dans l'occu­ pation clandestine d u territoire brésilien en 1777 : 525, 526. M A U R E P A S (Comte de), ministre sous Louis X V et sous Louis X V I . Instigateur d u déplacement de la limite d'Utrecht pour l'établir au voisinage le plus i m m é d i a t de l'Amazone, en 1732 : 492, 1769. S a part dans l'occupation clandestine d u territoire brésilien en 1777 : 491 à 494. M A Y A C A R É : 123, 351 à 355, 1237 pp. 346, 350, 1770, 1955, 2048, 2165, 2210. Poste français fondé clandestinement sur les bords de ce fleuve en 1777 : 498, 516 à 523, 604, 605. — Ancienne crique sur l'Araguary : 2222, 2223. e

M A Z Z A . Carte du xvi siècle : 2446, 1508, 1523, 1826, 2494, 2504, 2578. M E D I N A , auteur espagnol de 1545 : 1345, 1633. M E L L O M O R A E S (Alexandre José de) : 1976, 1992, 2151, 2211, 2411. M E M O R A N D U M portugais opposé au Brésil par M . le Baron de Buten val : 1233 pp. 313 à 315, 1789, 1864, 2598. Réponse : 1234 pp. 330 à 333, 2302 à 2342, 2599. M E M O R A N D U M portugais opposé à la France par M. le Vicomte de l'Uruguay : 1230 pp. 289, 290. Réponse de M . le Baron de Butenval : 1233 p. 303. Réplique : 1970 à 1974. M É N A G E R , second signataire français d u traité d'Utrecht : 244, 295, 296, 2069. M E N D E S (Manuel Odorico) : 2244. Sa part dans la question d u M a p á : 1029. M E N E Z E S ( D o m Diogo de) : 1660 à 1670. M E N T E L L E ( E d m e ) , auteur français de 1783. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 2173 à 2183. (On prononce

Menntelle.)

M E N T E L L E ( S i m o n ) . Carte de 1778 : 453, 898, 1230 p. 292, 1896, 2180. Exploration des alentours de l'Amazone en 1782 et 1783. Coopération avec Bessner : 547 à 551, 565, 569 à 582. Renseignements fournis en 1783 à son frère E d m e Mentelle : 2177 à 2183. Mémoire de 1796 : 618 à 620, 945, 2091. Grande révélation en faveur du Brésil : 2184, 2185. (On prononce Menntelle.) M E R C A T O R (Gérard), géographe belge. Carte de 1569 : 2443, 2462 à 2474, 2476 à 2494, 2504, 2522, 1152, 1434, 1435, 1459, 1508, 1521, 1523, 1524, 1646, 1823, 2506, 2519, 2597. (M. Jomard publie dans ce m o m e n t la précieuse carte de Gérard Mercator.) M E R C A T O R (Michel). Carte de 1595 : 2449, 1152, 1230 p. 332. 1233 p.


492

TABLE

ALPHABÉTIQUE

289, 1234 p. 324, 1459, 1507, 1521, 1523, 1829, 2462 à 2474, 2494, 2504. M E R C A T O R (Rumoldus). Carte de 1587 : les m ê m e s indications q u e p o u r Michel Mercator. M E R C U R E G A L A N T de 1706 : 1707, 1982, 2017. M E R C U R E H I S T O R I Q U E de 1697 et 1698 : 1709, 1965, 2017. M E R I A N , continuateur de D E B R Y . Carte de 1634 : 2320. M É R I D I E N de l'île de Fer. Sa véritable position : 900 à 908. M E X I A N A , île de l'Amazone : 133, 135, 176, 662, 663, 1297, 1423, 2537. M I L H A U , magistrat à C a y e n n e , de 1724 à 1727. Premier moteur d u transférement de la limite d'Utrecht au voisinage le plus i m m é ­ diat de l'Amazone : 337 à 349, 364 à 367, 376. Témoignages en fa­ veur d u Brésil : 2121 à 2125, 2130 à 2136, 2373. M I R A N D A (Antonio de). Possession d u Javary p o u r le Brésil en 1691 : 1724, 2013. M I S S I O N N A I R E S P O R T U G A I S engagés par la France en 1777 p o u r l'occupation clandestine d u bassin guyanais de l'Amazone : 481, 523 à 532. M O C Q U E T , auteur français de 1617 : 153, 313, 1345, 1462, 1673, 1675, 1677, 1740. M O L É (Comte), ministre des affaires étrangères sous Louis-Philippe. S o n rôle dans la question d u M a p á : 993 à 997, 1013 à 1022, 1025 à 1027. M O N D E R I E (Thiébault de la). « Voyages faits dans l'intérieur de l'Oyapock en 1819, 1822, 1836, 1842, 1843, 1844, 1845, 1846 et 1847. Nantes, 1856. », avec u n e carte : in-8° de 96 pages : 999, 2248. M O N T L U C A S : 1600, 1601, 2368, 2513. M O N T M A Y É : 2513, 2514. MONTAGNE

D ' A R G E N T : 99, 334, 1601, 1910, 2368, 2513.

M O N T A G N E S de l'Oyapoc : 2512 à 2517, 2520, 2521, 2523, 2524, 2529, 2569, 2628. M O N T E V I D E O pour M O N T E V I D I O , orthographe anglaise : 2258. MONTÉZON

(Marie-Fortuné

de), auteur français

de 1857 : 1756,

1973, 2141, 2410. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 1759. M O N T O Y A (Antonio Ruiz de), auteur espagnol de 1639 : 307, 1813, 2244, 2245. M O N T R A V E L (Tardy de), aujourd'hui (1861) gouverneur de la G u y a n e Française : 1237 p. 350, 1423, 1448, 1585, 1587, 1900, 1909, 2416, 2417, 2513, 2544, 2615. Prétendant à l ' A r a g u a r i : 1079, 1082 à


TABLE A L P H A B É T I Q U E 1088, 2541, 2542. Prétendant à l'Amazone (On prononce Monravel.)

493

: 1245, 1252, 1405, 1713.

M O R E N O : 1660 à 1670. e

M O R A E S (le P. José de ) : Note 2 ou § 2504. M O R E R I : 1466. Note au § 2342. MOURA

: 28.

M O U T T I N H O (Luiz — de L i m a Alvares e Silva). S o n rôle dans la question d u M a p á : 983 à 997, 1013 à 1016. M U S É U M BRITANNIQUE

: 1890.

M Y S T , auteur hollandais de 1678 : 2326, 1604. N A P O , affluent septentrional de l'Amazone. Possession par Pedro Teixeira en 1639 : 76, 77, 105, 159, 271, 1243, 1723. N A V A R R E T T E : 1626, 1637, 1638, 2507, 2531, 2532, 2534, 2542, 2561, 2562, 2568, 2572, 2573. NEGRO :—

Voyez R I O N E G R O .

N E T S C H E R , auteur hollandais de 1853 : 1890. N E U V I L L E , auteur français de 1722 et 1723 : 1743, 2101. NEUTRALISATION NIMÈGUE :—

DE MAPA

: 1104 et 1105, et note au

§ 1103.

Voyez T R A I T É du 10 août 1678.

N O R O N H A , conquérant de l'Amazone : 51, 75, 158, 1694. NORD

(Cap du) : Voyez C A P D U

NOSSA

SENHORA

NORD.

da Conceiçâo, poste brésilien sur la rive orientale

de l'Oyapoc en 1794 : 606. NOTICES STATISTIQUES 1773, 1900.

sur les colonies françaises : 1063, 1067,

N O U V I O N , propagateur de la prétention au Carapapori et de la pré­ tention à l'Amazone, en 1844 : 1073. N O Y E R , instigateur des prétentions au Carapapori et à l'Araguari, en 1827 et en 1829 : 951, 952, 955, 956. T é m o i g n a g e en faveur du Brésil en 1824 : 2284. O L I N D A (Pedro de Araujo L i m a , Marquis de). Sa part honorable dans la question d u M a p á : 1011, 1012. OLIVEIRA

(Bento

Rodrigues

de), conquérant de l'Amazone : 76,

1723. O L I V E I R A (Candido Baptista de). Sa part dans la question d u M a p á : 1012. O L M E D I L L A , carte espagnole de 1775 : 698, 919, 1393, 2576, 2577.


494

TABLE ALPHABÉTIQUE

O L M O , auteur espagnol de 1681 : 1345, 1674, 1682. O N Ç A P O Y E N E , lac du voisinage d u C a p d u N o r d : 573, 1193, 1200, 2222. ORANGE

(Cap) : Voyez C A P

ORELLANA

D'ORANGE.

: 1296, 1297, 1553, 1646, 1651, 1716, 2519.

O R É N O Q U E : 74, 691, 1243, 1317 à 1332. Orthographe anglaise pour Orinoco : 2258. ORIOLA ( D o m Joaquim L o b o da Silveira, C o m t e de), troisième Pléni­ potentiaire de Portugal au congrès de Vienne : 849, 867, 1847, 2277. O R T E L I U S , géographe belge. Cartes de 1570 : 2444, 2462 à 2474, 2476 à 2494, 2504, 2522, 1152, 1230 p. 289, 1233 p. 306, 1234 p. 324, 1345, 1459, 1507, 1521, 1523, 1524, 1824, 2578, 2597. O S C U L A T I , auteur italien de 1854 : 1855. O U A N A R I , W A N A R I de K e y m i s , W A N A R I E de Leigh, affluent occi­ dental de la baie d'Oyapoc : 1176, 2431 à 2437. O U A S S A , affluent oriental de la baie d'Oyapoc : 971, 2407, 2410, 2615 O U I A , O U Y A , pour O Y A , O Y A C : 1955, 1961. O U I A P O C , O U Y A P O C , variantes d ' O Y A P O C 2155, 2263.

: 2135, 356, 362, 2141,

e

O V I E D O , auteur espagnol d u xvi siècle. Ouvrage de 1526 : 1643. Lettre de 1543 : 1298. Ouvrage de 1548 : 1455, 1625, 1644, 2507, 2513. OYA, O Y A C

: 130, 2267.

O Y A M P I S : 2248 à 2253, 2264 à 2267. O Y A P O C . Ce n o m n'appartient qu'au fleuve d u Cap d'Orange

: 317,

394, 697 à 700, 964 à 966, 1234 pp. 320 à 322, 1985, 1986, 2064, 2106, 2107, 2228, 2303, 2591, 2601. Étymologie

d u m o t : 2231 à 2273.

Colonies sur la rive occidentale de l'Oyapoc : 14 à 22, 103, 112, 1600 à 1604. L'Oyapoc est la limite naturelle, et nécessaire, d u Brésil : 9 à 13, 2395 à 2421, 2589, 2616. Déclaré limite méridionale de la G u y a n e Française en 1633, par le G o u v e r n e m e n t Français : 1906 à 1911, 57 à 63. Déclaré limite septentrionale du Brésil en 1637 et en 1645, par le G o u v e r n e m e n t Espagnol et Portugais : 2630, 1874 à 1901, 1912, 1913, 64 à 70, 81. Reconnu c o m m e limite méridionale de la G u y a n e Française en 1666 par le gouverneur de C a y e n n e : 1928 à 1932, 94 à 99. Déclaré


495

TABLE ALPHABÉTIQUE

limite septentrionale d u Brésil en 1688 par le c o m m a n d a n t de la frontière brésilienne : 1954 à 1959, 122 à 124, 193, 194. Réclamé c o m m e limite septentrionale du Brésil en 1699 par le Gouverne­ m e n t Portugais : 1967 à 1974. Stipulé c o m m e limite septentrionale du territoire neutralisé entre la France et le Brésil, dans le traité provisionnel du 4 m a r s 1700 : 2631, 2632, 1982 à 1988. Stipulé c o m m e limite perpétuelle du m ê m e territoire dans le Traité du 18 juin 1701 : 1989 à 1997, 202 à 212. Stipulé c o m m e limite défi­ nitive de la G u y a n e Française et d u Brésil par le Traité d u 16 m a i 1703 : 1998 à 2002, 213 à 224. Accepté par le G o u v e r n e m e n t Fran­ çais en 1709 c o m m e limite définitive de la G u y a n e Française et d u Brésil : 228 à 230. Offert par la France en 1710 c o m m e limite défi­ nitive de la G u y a n e Française et d u Brésil : 231, 232. Réclamé par le G o u v e r n e m e n t Portugais au Congrès d'Utrecht c o m m e limite définitive de la G u y a n e Française et d u Brésil : 2019 à 2033, 2044 à 2048. Stipulé par le Traité d'Utrecht le 11 avril 1713 c o m m e limite définitive de la G u y a n e Française et d u Brésil : 2633, 2634, 261 à 322, 2049 à 2119. Réclamé par le G o u v e r n e m e n t Portugais c o m m e la véritable limite d'Utrecht, dans le Traité d u 19 février 1810 : 833 à 835. Nouvellement réclamé par le G o u v e r n e m e n t Portugais en 1814 c o m m e la véritable limite d'Utrecht : 840. Stipulé c o m m e limite maritime provisoire de la G u y a n e Française et du Brésil, le 9 juin 1815, d a n s l'acte final d e Vienne, avec déclaration que les limites définitives seraient déterminées « con­ f o r m é m e n t au sens précis de l'article 8 d u Traité d'Utrecht » : 854 à 867, 2201 à 2203. Nouvellement stipulé c o m m e limite maritime provisoire de la G u y a n e Française et du Brésil, le 28 août 1817, d a n s la Convention de Paris, avec la m ê m e déclaration de l'Acte de V i e n n e , q u e les limites définitives seront déterminées « confor­ m é m e n t au sens précis de l'article 8 d u Traité d'Utrecht » : 930. Reconnu d'écrivains

par le G o u v e r n e m e n t Français, et par un grand n o m b r e Français, c o m m e

la véritable limite

de la G u y a n e

Française et d u Brésil : 2120 à 2162, 2168 à 2185, 2198 à 2200, 2208 à 2229, 2279 à 2301. Malgré l'Acte d e Vienne et la Convention de Paris, la France occupe, depuis 1838 jusqu'aujourd'hui, une portion de la rive orientale de l'Oyapoc, déclarée provisoirement brésilienne par ces deux traités : 1042 à 1046, 1058, 1755 à 1759, 2123, 2162. Offert par le Brésil en 1856, et refusé par la France

: 1235

p. 386. Faux Oyapoc de plusieurs Français tout à côté de l'Amazone, créé 16 ans après le Traité d'Utrecht : 350 à 362, 431 à 449, 620, 939 à 943, 947, 958 à 968, 981, 1059 à 1074, 1749, 1780 à 1782, 1812 à 1815, 2087, 2090, 2091, 2093, 2094.


496

TABLE A L P H A B É T I Q U E Faux

Oyapoc

de quelques Français en

dedans de l'Amazone,

créé 18 ans après le Traité d'Utrecht : 662, 667 à 669, 673, 689 à 692, 696 à 700, 965, 1082 à 1088, 1092 à 1094, 1267, 1389 à 1402. PACARAIMA

(Chaîne), frontière du Brésil : 894, 913, 974.

P A D I L H A , ex-jésuite portugais, coopérateur de Malouet dans l'occu­ pation clandestine d u territoire brésilien en 1777 : 524 à 532. P A E S D E C A R V A L H O : son Message de 1897, note au § 1103. P A G A N (Comte de). Prétendant à l'Amazone

en 1655 : 1924, 1925,

1942. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 1922, 1923. P A I M ( R o q u e Monteiro). Sa part dans le traité de 1700 : 1230 p. 290, 1233 p. 304, 1970 à 1974, 1982, 2001, 2631, 2632. P A L H E T A : 334, 2371. P A L M E L L A (Duc de), premier Plénipotentiaire de Portugal au con­ grès de Vienne : 849, 867, 878, 1847, 2277. P A N T O J A (Francisco Adolpho de Aguilar). Sa part dans la question d u M a p á : 996. P A R Á . Ile dans l'Amazone : 1586. Rivière : 692, 1264, 1282 à 1305, 1341, 1426. Ville : 38, 267. P A R A E N S E S : 79. P A R A N Á P E C Ú , n o m indigène de l'île do Governador 2247.

: 2240 p. 269,

P A R E N T E : V o y e z MACIEL P A R E N T E . PÁRIA

: 2567.

PARIS : — V o y e z T R A I T É S D E P A R I S , 10 février 1763, d u 10 août 1797, 30 m a i 1814. Convention du 28 août 1817. V o y e z C O N ­ VENTION. P A R I C U R A : 1635 à 1639, 2519 p. 401, 2556, 2557. P A R I M E , affluent de l'Uraricoera : 974. P A R I S E T , gouverneur de la G u y a n e Française en 1850 ; prétendant à l'Araguari : 1110. P A R Ú , affluent guyanais de l'Amazone : 69, 70, 105, 122, 130, 138 677, 972, 1091, 1713, 1727, 1905, 1961, 2615. Son importance : 1713. P A S S Y , ministre sous Louis-Philippe. Sa part dans la question d u M a p á : 988, 989, 1002, 1772, 1786. P A T R I O T A , journal brésilien : 912. P A U L I S T A S : 79. P A U L T Z . Sa part dans l'occupation d u territoire brésilien en 1777 : 476.


TABLE

ALPHABÉTIQUE

497

P A U X I S , détroit de l'Amazone. S o n importance : 1326, 1924. P E D E R N E I R A S (Innocencio Vellozo), explorateur d u bassin d u Rio Branco en 1843 et 1844 : 914. P E D R E I R A (Ponta do), sur la rive guyanaise de l'Amazone : 662. PEDRO

II (colonie militaire sur la rive gauche de l'Araguari) : 1103.

PENALVA

e

(Fernando Telles da Silva C a m i n h a e Menezes, 10 C o m t e e

de Tarouca, 4 Marquis de) : 2044, 2045. P E N A U D . Sa part dans la question du M a p á : 2414, 1003, 1007, 1106, 1191, 1772, 1897, 2537. P E R N A M B U C O . Étymologie de ce n o m : 2240 p. 269, 2245. P E R O L O P E S : 1887. P E Y R O N , explorateur d u Carapapori et du M a n a h y en 1857 : 1191. P F E I L (Aloisio Conrado) : § 1943. P H I L I P P E . Fort de : 51, 1694. Rivière de : 1426. P I C Q U E T , propagateur de la prétention au

Carapapori : 1061, 1064,

1782. P I M E N T E L , c o s m o g r a p h e royal de Portugal en 1712. T é m o i g n a g e en faveur du

Brésil : 1230 p. 291, 1233 p. 305, 1234 p. 323, 2034

à 2043. P I N G R É : 906. PINIS B. Dénomination

alléguée contre le Brésil : 2550. Réponse

:

2551, 2552. P I R A R A , affluent du M a h ù : 909, 972, 974, 1067, 1330. P I R A T U B A , affluent guyanais de l'Amazone : 1199, 1202, 1203, 1237, p. 346, 2489. P I S O N , écrivain hollandais de 1658 : 2245. P L A C E L (Cap) : —

Voyez C A P P L A C E L .

P L A N C I U S , géographe belge. Carte de 1594 : 2450, 1152, 1345, 1469, 1508, 1521, 1523, 1830, 2462 à 2474, 2494, 2504. P L A T A : 27, 1675 à 1687, 2506. P O I R S O N . Carte de 1814 : 890, 927, 933, 1973. POLIGNAC,

second

plénipotentiaire

de

Louis

XIV

au

Congrès

d'Utrecht : 231, 251. P O N T C H A R T R A I N (Jérôme Phelypeaux, C o m t e de), ministre de la m a r i n e et des colonies d u 6 septembre 1699 au 31 août 1715 : 198 à 200, 287, 1969. PONTCHARTRAIN

T. II

(Louis Phelypeaux, C o m t e

de), ministre

32

de la


498

TABLE

ALPHABÉTIQUE

marine et des colonies d u 7 n o v e m b r e 1690 au 5 septembre 1699 : 141, 170, 171, 1967 à 1969. P O R O R O C A : 692, 1897, 2487, 2544. P O R T O - A L E G R E (Manoel de Araujo : 1415. P O R T O S A N T O (Antonio de Saldanha da G a m a , C o m t e de), second Plénipotentiaire de Portugal au congrès d'Utrecht : 867, 1847, 2277. P R É L I M I N A I R E S de Paix. D u 27 m a i 1709 : 228 à 230, 281. D u 3 oc­ tobre 1711 : 244, 282. D u 3 n o v e m b r e 1762 : 433. D u 2 8 juillet 1800 : 708. D u 1 octobre 1801 : 769 à 790. er

P R E V O , colonisateur hollandais de la rive occidentale de l'Oyapoc en 1626 et 1627 : 1603. P R É V O S T , écrivain français de 1757. T é m o i g n a g e en faveur d u Bré­ sil : 2155, 2156. P R O T O C O L E S de la conférence tenue à Paris en 1855 et 1856 : 2214. P R U D H O M M E , auteur français de 1797 : 1706, 2243. P U R C H A S . Collection anglaise de voyages en 1625 : 2318, 1153, 1185, 2246, 2355, 2428, 2435. R A L E G H , explorateur anglais de la G u y a n e en 1595 : 399, 1153, 1345, 1458, 1550, 1555, 1598, 1599, 2552. (On prononce Rale.) e

R A M U S I O . Collection italienne de voyages ; 3 vol., en 1556 : 1298, 2519. R A S O (Cap) : V o y e z C A P R A S O . R A Y N A L . Propagateur de la prétention à l'Araguari en 1773 : 451. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil en 1780 : 2168, 2169. R E C L U S (Élisée) : Note au § 2418. R E E P S , concessionnaire hollandais d u bassin guyanais de l'Ama­ zone en 1689 : 1605. R E G I O M O N T A N U S . É p h é m é r i d e s de 1500, publiées en 1474 : 2580. RELATION

de la Guiane en 1674 : 1933 à 1935, 61, 360, 361, 1345.

R E Y N A U D (Saint-Elme). M é m o i r e sur le M a p á en 13, 1870, 1897, 2537.

1839 : 2415, 10,

R I B E I R O (Diogo). Carte de 1527 : 2628. Carte de 1529 : 2439, 2628, 1234 p. 326, 1624 à 1640, 2458. R I C H E L I E U (Cardinal de). Fixe l'Oyapoc c o m m e limite méridionale à la G u y a n e Française : 1906 à 1911, 57, 65. R I C H E L I E U (Duc de), Plénipotentiaire de France pour la Convention de 1817 : 874 à 930.


TABLE ALPHABÉTIQUE

499

R I O B R A N C O , affluent d u Rio Negro : 893, 894, 911, 913, 918, 919, 1330. Prétendu par la France depuis 1797 : 628, 682, 742, 767, 795, 884 à 892, 938, 967, 974, 975, 1063, 1067, 1068, 1135, 1238 p. 361, 1249, 1250. RIO G R A N D E D E S A N T A M A R I A D E L A M A R D U L C E , n o m donné à l'Amazone par son découvreur Vincent Pinçon : 2629, 1543, 2574. R I O G R A N D E do Sul : 1425, 1870. R I O D E J A N E I R O : 27, 2118, 2245. (Cette ville, aujourd'hui si p o p u ­ leuse, n'avait d u t e m p s de Duguay-Trouin que 12000 â m e s : cela est constaté par u n d o c u m e n t des Archives de l'Empire à Rio de Janeiro.) R I O N E G R O , affluent de l'Amazone : 74, 82, 105, 691, 918, 1317, 1326 à 1331, 1334, 1243, 1870. Fréquenté par les Brésiliens dès 1645 : 1725. Fortifié par les Brésiliens avant 1690 : 1730. Prétendu par la France depuis 1776 : 485, 490, 497, 597, 599, 650, 682, 887, 938, 939, 944, 946, 967, 974, 1067, 1068, 1135, 1212, 1249, 1250. RIO T A P A D O

: 1192, 1196 à 1204.

R I V A R A : 1948, 1953, 1971, 2151, 2211. R I V I È R E . Sens générique de ce m o t : 1424 à 1426, 1580, 1581. R O B E R T . T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil en 1782 : 2171. R O B I Q U E T . T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil en 1852 : 2297. R O D R I G U E Z (Juan), c o m p a g n o n de C o l o m b en 1498 : 2567. R O D R I G U E Z (Manuel), écrivain espagnol de 1684. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 1945 à 1947. ROSTRO

HERMOSO

: 2574.

R O U E N (Baron). Sa part dans la question d u M a p á : 1032 à 1039, 1050, 1051, 1053, 1055, 1056, 1210, 1213, 1773. R O U I L L É , négociateur français des traités de

1700 et 1701 : 140 à

153, 210, 227 à 230, 315, 659, 1875, 1965, 1966, 1970 à 1974, 1982, 1991. ROUSSIN ROY

: 914, 1370.

(E.), prétendant français à l'Amazone

en 1858 : 1247, 1251,

1757. R O Y (J. J. E.). T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil en 1858 : 2300. R U P U N U N Y ou R U P U N U W I N I , affluent de l'Esséquèbe ; frontière d u Brésil et de la G u y a n e Anglaise : 887, 894, 913, 918, 920, 923, 935, 974, 1330. S A (Men de) : 27. S A I N T - A M A N T , auteur français de 1822. Prétention au Rio N e g r o : 944. T é m o i g n a g e en faveur d u Brésil : 2282.


TABLE ALPHABÉTIQUE

500

S A I N T - A M B R O I S E (Terre de) : 2568, 2580, 2581. S A I N T - L O U I S (Fort de) : 2121 à 2125. S A I N T - Q U A N T I N (Alfred de), prétendant actuel au Carapapori 2418, 949, 1001, 1113 à 1221, 1233, 1565, 1566, 1707, 1758, 1769, 1772, 1773, 1779, 1783, 1870, 1899, 1900, 1905, 1910, 1929, 1938, 1973, 1981, 1996, 2004, 2006, 2027, 2028, 2032, 2054, 2078, 2096, 2098, 2103, 2108, 2121 à 2125, 2194, 2203, 2223, 2228, 2247, 2351, 2354, 2364, 2367, 2369, 2407, 2513, 2531, 2541, 2542, 2545, 2546, 2548 à 2553, 2609, 2618, 2619. S A I N T - V I N C E N T (Cap) : V o y e z C A P D E S A I N T - V I N C E N T . S A N S O N (Guillaume). Cartes de 1669, 1679, 1680 et 1689 : 313, 1345, 1353, 1564, 1939, 2357. S A N S O N (Nicolas). Cartes de 1650, 1651, 1652, 1656, 1657 : 273, 409, 1345, 1353, 1401, 1563, 1690, 1737, 2357. S A N T A R E M (Vicomte de), m o r t à Paris le 17 janvier 1856 : 1954, 1965, 1967, 1971, 1976, 1978. S A N T A M A R I A D E L A M A R D U L C E : Voir R I O G R A N D E Maria de la M a r Dulce. SÃO

de la Santa

F R A N C I S C O , fleuve brésilien : 1500 à 1503.

SÃO LEOPOLDO 1854, 2277.

(José Feliciano Fernandes Pinheiro, Vicomte de) :

S A R T I N E , ministre de la m a r i n e et des colonies sous Louis X V I . Sa part dans l'occupation du territoire brésilien en 1777 : 477, 478, 491, 2163 à 2167. SCHOMBURGK

: 900, 909 à 914, 974, 975.

S E N A P E R E I R A : 1040. S E P E T I B A (Aureliano de Souza e Oliveira Coutinho, Vicomte de). Sa part dans la question du M a p á : 1029, 1051. S E R R A (José da), gouverneur d u Pará en 1732 : 370 à 374, 2087. S I L E N C E des Portugais et des Brésiliens pendant l'occupation fran­ çaise des terres au S u d de l'Oyapoc dans le dernier siècle. Allégué contre le Brésil : 1128 p. 264. Réponse : 485, 489, 542 à 546, 588, 589, 1169, 1170, 2394. S I L V A (Joaquim Caetano da). Travail de 1851 sur cette m ê m e ques­ tion : 1257, 1992, 2019, 2022, 2154. S I L V A P O N T E S (Antonio Pires da), explorateur d u bassin du Rio Branco en 1781 : 911 à 915. S I M Õ E S D E C A R V A L H O , explorateur d u bassin d u Rio Branco en 1787 : 911 à 915.


TABLE A L P H A B É T I Q U E

501

S I M O N , auteur espagnol de 1627 : 1345. S O C I É T É de Géographie de Paris : 961 à 963, 1089, 1246, 1747 ; 1 à 8. S O U L T (Maréchal), ministre des affaires étrangères sous Louis-Phi­ lippe. Sa part dans la question d u M a p á : 1024 à 1037. S O U Z A C O U T I N H O ( D o m Francisco de), gouverneur d u Pará de 1790 à 1803 : 588, 781. e

S O U Z A F E R R E I R A (João de) : Note 2 au § 2504. S O U Z A F R A N C O (Bernardo de) : 1040. S O U Z A F R E I R E (Alexandre de), gouverneur d u Pará en

1729 : 362.

SPIX. Carte de 1825 : 912. S P R E N G E L , auteur allemand de 1795 : 2439, 2628. S T I E L E R : 907. STRAFFORD,

second

Plénipotentiaire

d'Angleterre

au

Congrès

d'Utrecht : 248, 259 à 262. S T R A N G F O R D , négociateur anglais d u Traité de 1810 : 834. S T U A R T (Charles). Sa part dans la Convention de 1817 : 877, 879, 881. S U C U R U J Ú , affluent guyanais de l'Amazone : 2489. S U Z A N N E T (Comte de), prétendant à l'Amazone en 1844 et en 1846 : 1079 à 1081, 1097, 1870. S Y L V E I R A ( S y m ã o Estacio da), auteur portugais de 1624 : 2453, 1128 p. 263, 1233 p. 309, 1234 p. 330, 1508, 1515, 1523, 1652, 1861, 2498 à 2500, 2502. T A C U T Ú , affluent du Rio Branco : 909, 967, 974, 1067, 1330. T A G I P U R U , canal de jonction de l'Amazone avec la rivière de Pará : 1302. T A L L E Y R A N D (Prince de), Sa part dans le Traité de 1797 : 624 à 626. Sa part dans les Traités de 1814 et 1815 : 838, 839, 857, 1847. (On prononce Talleran.) T A M B A L A : 692, 694. T A P A D O : Voyez R I O T A P A D O . TAPUJUSUS, T A P U Y A U S S Ú S , T A P U Y U S Ú S , TAPUYOSSUS, TAPYJOS U S , affluent guyanais de l'Amazone : 2630, 1874, 1886. e

T A R O U C A (João G o m e s da Silva, 4 C o m t e de), premier plénipoten­ tiaire de Portugal au Congrès d'Utrecht. M e m o r a n d u m du 5 m a r s 1712 : 2023 à 2033, 239 à 242, 1128 p. 260, 1146, 1147. S o n rôle à Utrecht : 252, 258 à 262. Dépêches des 16 février, 12 m a r s et 24 m a r s 1713 : 2044 à 2048, 2117, 2068. T A T T O N (Gabriel), cartographe anglais : 401 et 402.


502

TABLE ALPHABÉTIQUE

T A U L O I S (Pedro), explorateur d u bassin d u Rio Branco en 1843 et 1844 : 914. T A U N A Y (Théodore) : 1097. T A V E R N I E R . Carte de 1643 : 1345, 1353. T E I X E I R A (Pedro), héros de l'Amazone : 42, 46, 48, 50, 75, 76, 157, 158, 1304, 1695, 1723. T E I X E I R A (João) : Voir T E Y X E I R A . T E I X E Y R A (Domingos), auteur portugais de 1724 : 1943, 1865, 1951, 2343, 2381. T E R N A U X - C O M P A N S , prétendant au Carapapori et au Rio Negro en 1843 : 1067, 2272. T E S T U : Voyez L E T E S T U . T E Y X E I R A (João), géographe portugais. Atlas inédit de 1640 : 2455, 1233 p. 308, 1234 pp. 328, 329, 1507, 1514, 1521, 1556, 1862, 1882, 1886, 2498 à 2500, 2503, 2504. — Voir sur ce cartographe la note au § 2500. T H E V E T , auteur français de 1575 : 2445, 1152, 1345, 1434, 1435, 1508, 1523, 1825, 2494, 2504. T H I E R S , ministre des affaires étrangères sous Louis-Philippe. Sa part dans la question d u M a p á : 987, 993, 1038 à 1050. T I B Y (Paul), prétendant au Carapapori et au Rio Branco en 1836 et 1838 : 1060, 1063, 1773, 1782. T I G I O C A , T I J O C A : 1339, 2470. T I T R E S d u Brésil sur l'Oyapoc : 1874 à 2229. T O C A N T I N S , affluent de la rivière de Pará : 1555, 1556, 1243, 1888, 1890. T O E R É , T O H E R É , affluent guyanais de l'Amazone : 122, 138. T O P I P O C O , affluent du Jary : 2252. T O R C Y (Marquis de), ministre des affaires étrangères sous Louis X I V de 1696 à 1715 : 227 à 230, 286. T O R D E S I L L A S : V o y e z T R A I T É d u 7 juin 1494. T O R R E G O , T A U R E G E : 50, 1557 à 1560, 1695, 1701, 1948, 1949. TRACAJATUBA

, affluent de l'Araguari : 1103.

T R A I T É d u 7 juin 1494, à Tordesillas : 77, 1273, 1611 à 1657, 1890, 1628. T R A I T É d u 10 août 1678, à N i m è g u e : 114. T R A I T É d u 4 m a r s 1700, à Lisbonne. Ses antécédents : 1874 à 1901, 1904

à

1912, 1922, 1923, 1928 à 1931, 1940 à 1966, 109 à 138, 1709.


TABLE ALPHABÉTIQUE

503

1707. S a négociation : 139 à 178, 1230 p. 290, 1967 à 1969, 1970 à 1974, 1982, 1984. Son texte original a été rédigé par le cabinet de Lisbonne, le texte français n'en est qu'une traduction : 1983. Texte portugais : 2631. Texte français : 2632. — Éditions du texte portu­ gais, défectueuses : 1976. Éditions fragmentaires d u texte français : 1977. Analyse du traité : 1230 pp. 290, 291, 1232 p. 298, 1234 p. 316, 179 à 201, 278, 1979 à 1986, 1987, 1988. Ce traité fondamental a été faussé par Raynal, Larue, Couvray de Beauregard, W a r d e n , et par M . de Saint-Quantin : 1128 p. 265, 1211, 1214 à 1220. T R A I T É du 18 juin 1701, à Lisbonne : 202 à 213, 279, 1233 p. 302, 1989 à 1995. Faussé par M . de Saint-Quantin et par M . le Baron de Butenval : 1996, 1997. T R A I T É du 7 septembre T R A I T É du

1701, à La Haye

16 m a r s 1703, à Lisbonne

: 214.

: 215 à 224, 280, 1998 à 2002.

T R A I T É du 11 avril 1713, à Utrecht, entre la France 864.

et l'Angleterre :

T R A I T É du 11 avril 1713, à Utrecht, entre la France et le Portugal. Ses antécédents : 202 à 233, 278 à 284, 1975 à 2018, 2034 à 2043. Sa négociation : 234 à 264, 2019 à 2033, 2044 à 2048, 2068, 2069. Ses deux textes, portugais et français, ont été rédigés par les pléni­ potentiaires d u Portugal : 2066 à 2070. Texte portugais : 2633. Texte français : 2634. Éditions d u texte portugais : 2049, 2051, 2056, 2057. Éditions d u texte français : 2049, 2050, 2052, 2053 à 2055, 2056, 2057. Analyse du traité : 265 à 322, 2058 à 2114. Sa prétendue intention : 1128 pp. 265 à 266, 1130, 1209 à 1220, 1231, 1233 pp. 300, 301, 1793 à 1802, 2397 à 2402, 2588. Sa véritable intention : 1232, 1234 p. 316, 2403 à 2421, 2589, 2615, 2616. F a u s s é par Lescallier, 596 à 630, 2195, 2196 ; par W a r d e n , 957 ; par Constancio, 1065 ; par le Journal de la Marine, 1066 ; par M. Auguis, 1066 ; par M . le d u c de V a l m y , 1072. La

France veut se débarrasser

d u Traité d'Utrecht : 691, 1091

p. 241 à 242, 1235 p. 336, 1240 à 1281, 2422, 2423. Cependant le Traité d'Utrecht n'a pas été u n pur sacrifice i m p o s é à la France ; c'est le résultat d'une transaction, bien douloureuse p o u r le Portugal : 2116 à 2119. T R A I T É du 10 février 1763, à Paris : 435. T R A I T É du 22 juillet 1795, à Bâle: 610, 611. T R A I T É du 18 août 1796, à Saint-Ildefonse : 610, 611. T R A I T É du

10 août 1797, à Paris: 1230 p. 292, 1237 pp. 343, 357,


504

TABLE ALPHABÉTIQUE

609 à 635, 684, 2119, 2186 à 2188, 2194. Sa véritable signification est très favorable au Brésil : 636 à 641, 2189 à 2193. er

T R A I T É du 1

octobre 1800, à Madrid

T R A I T É du 29 janvier T R A I T É du

: 711 à 715.

1801 : 725.

13 février 1801 : 726.

T R A I T É du 6 juin 1801, à Badajoz

: 705, 706, 709, 710, 718 à 757.

769 à 778, 796, 886, 2119. T R A I T É du 29 septembre

1801, à Madrid

: 705, 706, 709, 710, 759 à

790, 886, 896, 2119. T R A I T É du 25 m a r s 1802, à Amiens 886, 1846.

: 705, 706, 709, 710, 769 à 799,

T R A I T É du 27 octobre 1807, à Fontainebleau T R A I T É du

: 800 à 816.

19 février 1810, à Rio de Janeiro : 833 à 835, 849, 851,

869. T R A I T É du 30 mai 1814, à Paris : 837 à 840. S a véritable portée : 841 à 844. T R A I T É du 22 janvier 1815, à Vienne : 949 à 953. T R A I T É du 9 juin 1815, à Vienne.

V o y e z Acte.

T R A I T É du 28 août 1817, à

Voyez

Paris.

Convention.

T R E V I S A N , plagiaire de Martyr. Publication de 1504 : 2546. T R É V O U X (Dictionnaire de). T é m o i g n a g e favorable au Brésil en 1721 et en 1771 : 2120, 2157. T R O M B E T A S , affluent guyanais de l'Amazone : 972, 974, 1249, 2615. T U C U J Ú S , dans le continent de la G u y a n e : 1696 à 1699. T U M U C U M A Q U E (Chaîne), frontière intérieure d u Brésil et de la G u y a n e Française : 580, 677, 767, 894, 931 à 936, 972, 1067, 1133, 1230 p. 295, 2208, 2289, 2608 à 2616, 2625. Son importance : 1126. T Y T L E R : 2506. U L L O A , auteur espagnol de 1749 : 1724, 1725, 2009, 2013. U R A R I C O E R A , affluent d u Rio Branco : 974. U R C U L L Ú : 2529. U R U G U A Y (Paulino José Soares de Souza, Vicomte de l'), Plénipo­ tentiaire d u Brésil dans la conférence tenue à Paris en 1855 et 1856 : 1225 à 1229, 1230, 1232, 1234, 1235 à 1240, 1869, 1876, 1971, 2035, 2400. UTRECHT

(Traité) : V o y e z T R A I T É d u 11 avril 1713, à Utrecht.

V A L D O V I N O S , c o m p a g n o n de Vincent Pinçon : 2534, 1638, 2554. V A L M Y (Duc de), prétendant au voisinage de l'Amazone en 1072, 1119, 1785.

1844 :


TABLE ALPHABÉTIQUE

505

V A N K E U L E N . Atlas hollandais de 1684 : 2087, 354, 355, 620, 945, 1066, 1230 p. 289, 1345, 1353, 1780, 1781, 1886, 2087, 2091, 2093, 2261. V A N L A N G R E N , géographe belge. Carte de 1596 : 2450, 1230 p. 289, 1233 p, 306, 1234 p. 323, 1152, 1345, 1353, 1355, 1434, 1435, 1459, 1507, 1521, 1523, 1751, 1807, 2458, 2477, 2495 à 2497, 2504. VAN R Y E N , colonisateur hollandais de la rive occidentale de l'Oyapoc en 1627 : 20, 1603. V A R N H A G E N (Francisco A d o l p h o de) : 24, 1246, 1256, 1257, 1259, 1260, 1417, 1418, 1613, 1651, 1662, 1716, 1747, 1860, 1887, 1890, 1913, 2447, 2529, 2573, 2581, 2629, 2630, et l'article Fatton. V A S C O N C E L L O S (le P. S i m ã o de), auteur portugais de 1663 : 2457, 1345, 1472 à 1486, 1508, 1513, 1523, 1671, 1672, 1863, 2498 à 2500, 2503, 2504. Voir note 2 au § 2504. e

V A U G O N D Y . Carte de 1750 : 316, 429. V A Z D O U R A D O . Atlas portugais de 1571 : 2529, 2597, 1345, 1508, 1516, 1521. V I C T O R H U G U E S , gouverneur de la G u y a n e Française en 1802: 786 à 790, 1249. V I E I R A , le grand écrivain moitié Portugais, moitié Brésilien. Allégué contre le Brésil : 1362 à 1365. Réponse : 1366 à 1387. V I E N N E (Acte de) : V o y e z A C T E de Vienne. V I L L E G A I G N O N : 27. V I N C E N T P I N Ç O N . Ses découvertes : 692 à 694, 1084 à 1086, 1094, 1128 pp. 264 à 265, 1233 pp. 312 à 313, 1234 pp. 322 à 323, 1411 à 1415, 1636 à 1647, 2530 à 2583, 2594, 2595. S a Concession Royale d u 5 septembre 1501 : 2629, 2572 à 2582. V I N C E N T P I N Ç O N (Baie de), n o m indu d u canal de Carapapori : 342, 346, 349, 351, 385, 485, 554, 555, 942, 1128, 1154 à 1163. C o m m e n t introduit : 2548 à 2553. V I N C E N T P I N Ç O N (Rivière de), n o m

européen de l'Oyapoc : 1874 à

1901, 1912, 1913, 1954 à 1959, 1975 à 1986, 2005 à 2015, 2019 à 2022, 2023 à 2033, 2034 à 2043, 2044 à 2048, 2049 à 2114, 2438 à 2529, 2530 à 2583. Faux

Vincent

Pinçon

tout près de l'Amazone : 352, 353, 386 à

393, 628 à 641, 939, 963, 964, 968, 987, 1001, 1007, 1054, 1055, 1059 à 1074, 1128 à 1221, 1768 à 1868. Faux

Vincent Pinçon

en dedans de l'Amazone : 689 à 704, 1093 à

1095, 1261, 1266, 1403 à 1528. WAIABEGO, WAJABEGO, 2319.

pour

W A Y A P O C O : 2312, 2314 à 2317,


506

TABLE ALPHABÉTIQUE

W A L C K E N A E R (Baron), auteur français de 1837 : 1007, 1062, 1230 pp. 292, 293, 1237 pp. 349 à 353, 1782, 1870. T é m o i g n a g e en faveur du Brésil : 2209 à 2213. —

Voir aussi note au § 1898.

W A L E W S K I (Comte), ministre des affaires étrangères pendant la conférence tenue à Paris en 1855 et 1856 : 1228, 1231. W A R D E N , propagateur des prétentions à l'Araguari et à l'Amazone en 1832 et 1834 : 957, 967, 1065, 1097, 1218, 1706, 1782, 2557. W A R Ÿ P O C O : 354 à 358, 945, 1128, 1780, 2087, 2091. W A Y A P A G O , p o u r W A Y A P O C O : 2261, 2432. W A Y A P O C O , forme primitive d ' O Y A P O C . C'était p r o p r e m e n t le n o m d u Cap d'Orange : 2259 à 2273. W E L L I N G T O N (Duc de). Sa part dans la Convention 922 à 924, 926, 935.

de 1817 : 881,

W I A , orthographe anglaise p o u r W A Y A : 2267. W I A P A G O , pour W I A P O C O : 2312. W I A P O C , p o u r W I A P O C O : 1866, 2351 à 2361, 2383. W I A P O C O , orthographe anglaise de W A Y A P O C O : 1176, 1840, 1902, 2213, 2234, 2256 à 2259, 2355 à 2357. W I A P O G O , pour W I A P O C O : 1233 p. 308. W I A - W I A , orthographe anglaise p o u r W A Y A - W A Y A : 2267. W I L S O N , colon anglais de l'Oyapoc, de 1604 à 1606. Allégué contre le Brésil : 1752, 1790, 1836, 2422, 2592. Réponse : 2428 à 2437, 2593. W Y T F L I E T , auteur belge. Cartes de 1597 : 2451, 1152, 1345, 1353, 1355, 1434, 1435, 1461, 1507, 1523, 1751, 1807, 2458, 2477, 2495 à 2497, 2504. Y A P O C , f o r m e d ' O Y A P O C : 306 à 317, 1145, 2103, 2104, 2126 à 2129, 2591. Y A P O C O , f o r m e d ' O Y A P O C : 313, 316, 1902, 1929, 1932, 2003, 2004, 2016 à 2018, 2138, 2142, 2170, 2171. Y A P O Q U E , f o r m e d ' O Y A P O C : 1937, 1939. Y E O : 847. Y V E S d'Évreux, auteur français de 1615 : 1345. Z A P A R A R A : 1339. Z U R L A , écrivain italien de 1818 et 1819 : 2546.

FIN


39457 — PARIS. IMPRIMERIE LAHURE 9,

RUE

DE

FLEURUS,

9


L'Oyapoc et l'Amazone : question brésilienne et française. Tome second  

Auteur : Joaquim Caetano Da Silva / Partie 2 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentati...

L'Oyapoc et l'Amazone : question brésilienne et française. Tome second  

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