Page 60

60

ou plutôt la contrebande ayant cessé, on a connu le chiffre véritable de la consommation. Si la diminution portait sur le prix total du sucre, votre assertion pourrait être exacte, mais elle ne porte que sur les droits, sur une partie du prix du sucre, de sorte que votre réduction étant de 10 fr. sur 45 fr., équivaudra pour le trésor à une diminution de près de 5o p. 0 / 0 , tandis qu'elle n'apportera pour le consommateur qu'une réduction de 1 0 fr. par quintal sur le prix du sucre, c'est-à-dire de 15 p. 0/0 sur le sucre brut, et de 1 0 p. 0/0 sur le sucre raffiné. Ce qui est, vous le voyez , bien loin d'être en rapport avec la réduction que vous faites sur les droits. Or, comment estil possible qu'en diminuant de

1 0 à 15 p. 0/0

le prix d'une denrée, on puisse en doubler la consommation ? Si cette denrée était de première nécessité pour la masse du peuple, pareil prodige pourrait peut-être avoir lieu, mais le sucre n'est pas en France dans cette catégorie. Chacun en consomme en proportion de sa fortune. La quantité consommée peut varier,

mais la somme destinée annuellement

par chaque ménage, à cette dépense, est à peu près invariable; de sorte que l'augmentation de la consommation de cette denrée ne pourra jamais être qu'en proportion de la réduction de son prix, et qu'une diminution qui serait de 5o p. 0/0 sur les droits, et qui ne produiraient qu'une augmentation de consommation de 1 0 à 15 p. 0 / 0 , occasionnerait un déficit au trésor de plus de 7 à 8 millions.

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Profile for scduag
Advertisement