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dustrie ne participerait-elle pas aux charges de l'État ? Que comme industrie naissante, cette fabrication soit protégée, rien de mieux, mais cette protection ne doit pas être accordée au détriment d'une autre, et rétribuée d'une manière aussi exorbitante et aussi onéreuse pour l'Etat. C'est chose trop inique pour être tolérée plus long-temps. O n annonce que l'on produira , en 1832 , plus de vingt millions de sucre de betterave ; cette concurrence n'est-elle donc pas déjà assez redoutable pour les Colonies, sans encore accorder à cette fabrication , outre l'exemption de tous droits à la consommation , une prime de 36 francs par quintal à l'exportation ? C'est sur cette fraude devenue légale que doit se porter l'attention du gouvernement, et c'est là qu'il peut trouver une économie réelle de cinq à six millions -, mais supprimer les primes, je le répète, serait ruiner les Colonies, et m ê m e la raffinerie ; car sans ces primes, comment la France pourrait-elle , sur les marchés du dehors, soutenir la concurrence des étrangers, lorsque l'Angleterre qui navigue à bien meilleur marché que nous, qui possède de bien plus grands capitaux, qui a des machines bien supérieures , qui a le fer et le combustible à 5o pour cent de moins cher que nous, accorde aux exporteurs de sucre raffiné, outre le remboursement de tous droits, une prime de 5 fr. par quintal. Il nous faudrait donc renoncer à approvisionner m ê m e les pays qui touchent à nos frontières et laisser aux autres nations les avantages

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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