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Ce raisonnement serait vrai, si les sucres s'étaient maintenus sur les marchés étrangers aux prix où ils étaient lors de la fixation du tarif des primes ; mais la dépréciation qui a eu lieu en France, sur la valeur de cette denrée , s'étant fait sentir sur tous les marchés de l'Europe, les prix au dehors ont haissé d'à-peu-près toute cette différence, de sorte que le raffineur n'en a éprouvé aucun avantage. Que l'on jette les yeux sur les prix qu'ont valu les sucres dans les entrepôts, on verra que ceux de Porto-Ricco, reconnus être d'une qualité hien supérieure aux nôtres , ont cependant été vendus jusqu'à 25 fr. le quintal. Ce sont des ventes forcées, dira-t-on ; mais croit-on que celles de nos sucres , qui se sont faites de 5o à 52 fr. acquitté, n'aient pas été forcées? Qu'est-ce qui peut décider à vendre à de pareils prix ? Les circonstances, il n'y a pas moyen de lutter contre elles ; ce sont elles qui font les cours, et hon gré mal gré, il faut y souscrire !.. Cette diminution dans les prix ne s'est pas seulement fait sentir dans les entrepôts, elle a eu lieu dans les pays de production , parce qu'en commerce tout se nivèle. Nous avons vu à Porto-Ricco le sucre rendre à peine au planteur 7 à 8 fr. le quintal, en 183o et 1831 ; tandis que pendant les années précédentes, il en avait tiré de 15 à 1 6 fr. Il en a été de m ê m e dans nos Colonies; au lieu de 3o fr., prix reconnu indispensable au producteur, nous avons à peine obtenu de 17 à 2 0 fr. Ces prix peuvent-ils suffire aux planteurs? Non certes, ce sont des calamités

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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