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n'est pas fondé à faire une pareille imputation aux douanes ; et la preuve qu'on donne de cette fraude, en disant que dans les villes frontières les sucres raffinés se vendent 15 à 16 s., tandis que les rafïineurs ne peuvent pas les livrer à moins de 19 et 20 s. , ne m e paraît pas m ê m e bien convaincante. D'abord est-il bien constant que les sucres vaillent dans certains endroits 15 à 16 s., lorsqu'ils se paient 20 s. à Paris ? O n m'avait assuré la m ê m e chose en 1827 et 1828 , et j'ai acquis la certitude du contraire; ensuite, en supposant qu'il se fasse le moindrement de la fraude , il est facile de concevoir que dans la ville où elle a lieu, le sucre doit être à plus bas prix que dans les autres. E n f i n , il est encore un autre motif qui peut parfois, dans les villes frontières, faire tomber le sucre à vil prix, c'est leur encombrement et l'impossibilité de les écouler. Ne peut-il pas en être des sucres expédiés sur ces points, comme il en est souvent dans les Colonies de certaines marchandises, que la trop grande quantité introduite fait tomber bien au-dessous des prix de fabrication ? Si la contrebande se faisait dans une proportion aussi énorme, ou pour mieux dire, si les sucres rentraient au fur et à mesure de leurs sorties, nos excédans se seraient accrus depuis quelques années, au point d'égaler au moins une récolte entière ; et ces excédans, quoique déjà très-considérables, sont cependant loin d'aller jusques là. La contrebande sur les sucres se fait comme celle de toutes les marchan-

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

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