Page 35

35

des habitans des contrées avec lesquels ils trafiquent. Combien de temps n'a-t-il pas fallu pour décider nos fabricans à nous envoyer des pièces de gingas de dix aunes juste ! Il a été nécessaire de plusieurs années d'expérience pour convaincre nos manufacturiers qu'il fallait fabriquer selon le désir des Colonies , et non d'après le goût de France. Le négociant du Havre a sans doute voulu dire que depuis qu'on a contracté l'habitude des marchandises anglaises , on n'en veut plus d'autres, ou l'on ne veut que celles qui les imitent ; mais dire que l'empire de l'habitude force les Haïtiens à préférer les produits français aux produits anglais, est une double mystification. Depuis 1 7 9 0 jusqu'à 1815 , c'est-àdire pendant vingt-cinq ans, nous avons presque toujours été exclus de Saint-Domingue; et durant ce long espace de temps, on a eu le loisir de perdre l'habitude de nos produits, et ceux qui seraient encore sous l'influence de cette vieille habitude, seraient bien malheureux ; car il est fort douteux qu'ils puissent être satisfaits de nos marchandises actuelles , qui ne ressemblent guères à celles de cette époque. « Quelles sont les marchandises que nos Colo» nies devraient tirer de France et dont vous croyez » qu'elles s'approvisionnent à l'étranger? » demande dans l'enquête le ministre à ce négociant. « Des » indiennes, des guingans et différentes toiles qui » se fabriquent en Allemagne , des instrumens ara» toires, des outils, propres à la fabrication du sucre, » répond ce négociant. » 3.

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

De quelques questions relatives aux colonies françaises  

Auteur : Félix Patron / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Université des Antilles...

Profile for scduag
Advertisement