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TROISIÈME

QUESTION

nous avons, parce que, dites-vous : « Nos cahiers sont soumis à « MM. les commissaires experts adjoints, lesquels sont choisis sur une « liste dressée par les chambres de commerce de Paris ; chacun « d'eux peut, s'il le désire, assister à nos opérations. » En vérité, c'est à croire que ces lignes n'ont pas été écrites par un praticien aussi éminent que M. Riche. Comment ! MM. les commissaires experts de la Bourse, qui ne savent pas les premiers éléments des analyses chimiques, pourraient, s'ils le voulaient, vous voir opérer (et ils s'en gardent bien) ; ils peuvent vérifier vos cahiers (et ils ne le font pas parce qu'ils savent que vous êtes d'honnêtes gens) ; et vous appelez cela une garantie sur l'exactitude de vos analyses et des décisions qui en sont la conséquence, pour nous industriels dont les pertes ou les bénéfices dépendent souvent de ces mêmes analyses ! Rendons claires les conséquences de vos analyses et de la loi qui nous régit, dont l'étude fait reculer d'effroi tous les législateurs qui ne sont pas industriels. Les sous-sept

finissent,

et les sept-neuf commencent à une

richesse de 76 p. 100 ; un sucre qui titre 76° est donc classé 7/9 ; s'il titrait 75°99, il serait classé sous-sept. Or, d'après les cours commerciaux, les sous-sept se vendent 10 francs de plus par sac que les 7/9 ; donc le sucre qui est classé 76 perd 10 francs par sac pour un centième de richesse qu'il a en trop. Un fabricant qui a 1,000 sacs de sucre (ce qui se voit journellement) titrant 76° les vendra 10,000 francs de moins que s'ils ne titraient que 75°99. Telle est la conséquence de la loi qui nous régit et des primes qu'elle procure aux basses nuances ; que l'on s'étonne que l'Europe ne veuille pas s'engager avec nous ! Aussi, l'illustre M. Magne, après une conférence qu'il avait eue avec MM. de Mot, Vion et moi, nous disait-il : « La loi qui régit les sucres, c'est la barbarie». Mais, hélas ! la politique ne lui a pas laissé le temps de l'étudier. Eh bien, quand il s'agit d'intérêts aussi considérables, on nous donne, comme garantie d'analyses faites sans contrôle, l'intervention

Le questionnaire de la question des sucres : vetera transierunt ; ecce omnia sunt facta nova !  

Auteur : Romuald Le Pelletier de Saint-Rémy / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Un...

Le questionnaire de la question des sucres : vetera transierunt ; ecce omnia sunt facta nova !  

Auteur : Romuald Le Pelletier de Saint-Rémy / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Un...

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