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LA

PROPORTIONNALITÉ

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lement se mettre en désaccord avec les enseignements les plus élémentaires de l'économie politique; c'est encore méconnaître tous les faits ambiants. Ainsi, prenons les principaux objets de notre consommation alimentaire soumis aux droits, et appliquons-leur le raisonnement des proportionnalistes, qui n'est autre, on l'a vu, que celui-ci : « Puisque le commerce connaît parfaitement la différence de richesse saccharine, de valeur, qui existe entre les différentes sortes de sucre, et les paie en conséquence, pourquoi le fisc ne les taxe-t-il pas aussi en conséquence ? » Prenons les vins. Le commerce connaît parfaitement la différence qui existe entre les diverses espèces de vins qui sont classés avec une précision que chacun peut avoir eu occasion d'admirer : le commerce les achète et les vend en raison du rang qu'ils occupent dans cette classification, dont l'écart de prix est énorme : mais le fisc ne demande pas plus à une barrique de Château-Laffitte qu'à une barrique de Suresnes. Les cafés sont non moins soigneusement classés. Mais a-t-on jamais songé à les taxer d'après leur richesse en caféine, dégagée par Robiquet et Payen? Que dis-je? Les analyses étaient inutiles : les certificats d'origine eussent suffi pour graduer la taxe suivant la provenance, comme on s'en servait pour graduer la surtaxe suivant la vieille division douanière d'au delà ou d'en deçà des Caps. Eh bien, on demande le même droit à l'aromatique Moka qu'au plat Java, et à l'aigre Haïti.

Le questionnaire de la question des sucres : vetera transierunt ; ecce omnia sunt facta nova !  

Auteur : Romuald Le Pelletier de Saint-Rémy / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Un...

Le questionnaire de la question des sucres : vetera transierunt ; ecce omnia sunt facta nova !  

Auteur : Romuald Le Pelletier de Saint-Rémy / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Un...

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