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SIXIÈME

QUESTION

Donc, rien, rien absolument aujourd'hui ne rappelle la situation ambiante de 1860 au milieu de laquelle l'idée du « grand marché » avait eu déjà beaucoup de peine à s'implanter. On se demande comment les patrons de cette idée peuvent essayer de l'appuyer sur l'exemple de l'Angleterre... Là encore, l'analogie se résume en une dissemblance radicale, et cela pour trois raisons : 1° l'Angleterre n'a pas sur son territoire une énorme production de sucre indigène ; 2° en proclamant la liberté commerciale, l'Angleterre s'est désintéressée de la production sucrière de ses colonies, dont les importations lui arrivent au même titre que celles de tout autre pays ; 3° enfin, l'Angleterre étant le plus immense centre de consommation sucrière du monde, la création de son « grand marché » est née des seuls besoins de sa consommation : quand un pays absorbe pour son compte un milliard de kilogrammes d'une denrée de grand encombrement, on comprend qu'il en résulte tout naturellement un grand mouvement d'affaires pour son commerce et ses transports. « En Angleterre, disait M. Rouher dans l'enquête de 1862 (p. 175) l'exportation des raffinés n'a pas dépassé six millions de kilogrammes pour 1861.» Cela est parfaitement vrai; c'est seulement dans les temps préhistoriques, si l'on peut dire, que le raffinage d'exportation a été pratiqué en Angleterre comme en France et en Hollande. Cependant, ses navires ne quittent pas moins ses rivages avec des chargements de

Le questionnaire de la question des sucres : vetera transierunt ; ecce omnia sunt facta nova !  

Auteur : Romuald Le Pelletier de Saint-Rémy / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Un...

Le questionnaire de la question des sucres : vetera transierunt ; ecce omnia sunt facta nova !  

Auteur : Romuald Le Pelletier de Saint-Rémy / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Un...

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