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LE

GRAND

MARCHÉ

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pavillon étranger passèrent de 6 millions à plus de 51 millions de kilogrammes et les quantités importées de 95 à 145 millions. L'effet une fois produit y avait-il lieu de maintenir les décrets, de les rendre définitifs en les faisant entrer dans la prochaine loi de douane ? Cette question donna lieu à un débat prolongé dans l'enquête de 1862-63. La situation fut vivement mise en relief par un des membres du conseil supérieur qui, pressant de son argumentation le Ministre auteur des décrets, présidant le conseil (M. Rouher), l'amena à cet aveu : « Il reste à voir si cet inconvénient (il « aurait dû dire ces inconvénients) n'a pas été largement « compensé par le développement de notre commerce « maritime, et par la constitution d'un grand marché de « sucres en France — » 1

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Un grand marché de sucres en France !... Voilà le mot lâché. Tel était en effet là le rêve. C'était le moment où on aspirait à faire grand ; et l'idée de rivaliser avec l'Angleterre quant au commerce des sucres troubla certainement l'esprit d'un homme doué cependant d'un véritable sens économique. Il faut indiquer en peu de mots en quoi pèche cette idée, et comment, soutenable jusqu'à un certain point alors, elle està peine discutable aujourd'hui. On étayait cette innovation sur un fait commercial que 1

Voir pages 200 et suiv. du vol. de l'Enquête de 1862-63.

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Voir ibid. pages 207 et suiv.

Le questionnaire de la question des sucres : vetera transierunt ; ecce omnia sunt facta nova !  

Auteur : Romuald Le Pelletier de Saint-Rémy / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Un...

Le questionnaire de la question des sucres : vetera transierunt ; ecce omnia sunt facta nova !  

Auteur : Romuald Le Pelletier de Saint-Rémy / Ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Un...

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