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LA DÉPORTATION ECCLÉSIASTIQUE A LA GUYANE

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Fouché, devenu ministre de la police, demande à son collègue de la marine « si Job-Aymé (J.-J. Aymé) et Gibert-Desmolières ont subi leur déportation à Cayenne. Ces renseignements me sont nécessaires, ajoute-t-il, pour provoquer auprès du Directoire Exécutif les mesures qu'il conviendra de prendre à leur égard. » Le ministre de la marine ne savait rien de nouveau : pour répondre, il se référa une fois de plus à ce fameux état du 28 octobre 1798 qu'il avait déjà produit deux fois : « Je n'ai pas reçu depuis cette époque les lettres de situation des déportés. » Cependant, aucune mesure ne fut prise ni pour Aymé, ni pour Gibert-Desmolières : ce dernier, du reste, était mort à Cayenne le 4 janvier I799. Vers la même époque, le 25 août l799, à la suite de pétitions faites par mesdames Barbé-Marbois et Laffon de Ladébat, le Directoire accorda à leurs maris la permission de revenir en France, sous condition qu'ils seraient internés à Oléron. Cet arrêté, qui n'était que la conséquence de celui du 14 janvier précédent, fut la seule marque de souvenir que, depuis leur embarquement, le Directoire eût donné aux déportés de la Guyane, et le temps même lui manqua pour y donner suite.

La terreur sous le directoire  

Auteur : Victor Pierre / Partie 2 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universit...

La terreur sous le directoire  

Auteur : Victor Pierre / Partie 2 d'un ouvrage patrimonial de la bibliothèque numérique Manioc. Service commun de la documentation Universit...

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