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TOUT LE GENTIL GARÇON ALL OF THE NICE GUY


© L’artiste, les auteurs, 2011 Les Requins Marteaux 8 rue Corneille – Bordeaux isbn : 978-2-84961-110-4


Les Requins Marteaux

TOUT ALL LE OF THE GENTIL GARÇON NICE GUY 122 78 165 10

articles bilingues bilingual articles planches dont 32 en couleur plates including 32 in colour figures distribuées dans le texte figures distributed within the text cartes et diagrammes maps and diagrams


Direction éditoriale

Julien Amouroux Ariane Bosshard Olivier Huz

Editorial direction

Rédaction Kathy Alliou Julien Amouroux Davide Balula Isabelle Redaction Bertolotti Anne Couzon Cesca Jérôme Diacre Jérôme Dupeyrat Hélène Kelmachter Emmanuel Latreille Jackie-Ruth Meyer Patrick Nardin Didiot Potager Éva Prouteau Carole Rigaut Claude-Hubert Tatot Yves Tenret

Traduction Lecture correction

Copy editing

Illustrations

Enluminures Illustrations

Design graphique Assistants Assistants

John Doherty Nicole Amouroux André Amouroux Morgan Navarro Heidi Jacquemoud

Translation

Miniatures

Huz & Bosshard Alice Maitre Jérémy Vitté

Graphic design

���� �� ������ ������ Avec le soutien de / With the support of : VOG – Ville de Fontaine, FRAC Languedoc-Roussillon, Le confort moderne,

Manoir de la Ville de Martigny, Le lieu unique, Ville de Lancy, CNAP (aide à l’édition) – ministère de la Culture et de la Communication,

Champagne Henriot – Lauréat du prix du catalogue d’artiste 2011

The Nice Guy would like to thank all the authors who kindly agreed to take part in this folly. He also thanks those members of institutions and associations who gave their wholehearted support to the project, and in parti­cular: Delphine Besse, Marielle Bouchard, Marie Brucker, Patricia Buck, Yann Chevalier, Emmanuel Latreille, Françoise Mamie, Hélène Mariéthoz and Mads Olesen. Particular thanks to Valérie Sandoz, who organised The Nice Guy’s first retrospective, when he was just a year old, and to Alexia Turlin, Marine Cambon and the 1.0.3 collective for their friendship and encouragement. A big thanks to Nicole, André and Vincent, who have always supported and helped The Nice Guy to the best of their ability.

Le Gentil Garçon remercie chaleureusement tous les auteurs qui ont très généreusement accepté de participer à cette folie. Merci à tous les lieux institutionnels ou associatifs qui ont soutenu avec passion ce projet et plus spécifiquement à : Delphine Besse, Marielle Bouchard, Marie Brucker, Patricia Buck, Yann Chevalier, Emmanuel Latreille, Françoise Mamie, Hélène Mariéthoz et Mads Olesen. Un merci particulier à Valérie Sandoz qui organisa la première rétrospective du Gentil Garçon alors qu’il n’avait qu’un an, ainsi qu’à Alexia Turlin, Marine Cambon et au collectif 1.0.3 pour leur amitié et leurs encouragements. Un grand merci à Nicole, André et Vincent qui ont toujours soutenu et aidé Le Gentil Garçon comme ils le pouvaient.


Avertissement 1. Tous les articles de l’ouvrage – articles thématiques ou notices

d’œuvres – ainsi que leur traductions sont classés suivant l’ordre alphabétique. Par exemple l’article à l’entrée française Corps dans la section C sera traduit à l’entrée anglaise Body dans la section B.

Notice 1. All the texts in this volume, both the articles and the entries

on works, in both the French and English versions, are arranged in alphabetical order. This means that, for example, Corps can be found in section C, whereas its English translation, Body, appears under B.

2. Néanmoins, nombre des œuvres du Gentil Garçon ont un titre

original en anglais. Une main ‚ indique alors que la version anglaise de la notice suit la version française. Il en est de même pour les entrées thématiques dont le titre anglais est équivalent au français.

2. When the title of a work is in English, a hand ‚ indicates

that the English version of the entry follows the French version. And the same goes for those thematic texts whose French and English titles are the same.

3. Les œuvres dont le titre est indiqué à l’aide de cet italique font

3. The dates of creation of works, along with their dimensions

4. Les articles non signés ont été rédigés par Julien Amouroux.

4. The unsigned entries were written by Julien Amouroux.

5. Les planches documentaires ont une numérotation spécifique

5. The documentary plates follow a numbering system that

l’objet d’un article. L’année de création, les dimensions ainsi que les matériaux de fabrication ne sont précisés qu’à l’endroit de cet article, épargnant ainsi de nombreuses redites.

en chiffre romain qui suit l’ordre de leur apparition dans le livre.

and the materials used, are given only in the notes, so as to avoid unnecessary repetitions. The titles of works that are the subject of entries are presented in this style of italics.

corresponds to the order of their appearance.


Avant-propos

Neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf décillons neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf nonillons neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf octillons neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf septillons neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf sextillons neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf quintillons neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf quatrillons neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf trillons neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf billons neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf millions neuf cent quatre-vingt-dix neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix neuf

Ce nombre serait à ce jour, le plus grand connu par Le Gentil Garçon. Est-t-il assez grand pour embrasser le monde  ? Assez grand pour inventorier tous les fossiles, tous les coquillages, tous les végétaux, tous les insectes, tous les animaux, tous les êtres humains, tous les objets manufacturés, tous les produits industrialisés, toutes les marques de lessive, tous les cœurs gravés, tous les miroirs brisés, tous les jokers de tous les jeux de cartes truqués, tous les anniversaires fêtés, tous les crânes rieurs, tous les flocons de neige soufflés par toutes les tempêtes, toutes les ampoules restées allumées aux chevets de tous ceux qui, épuisés de compter tous les moutons sautant au-dessus de toutes les haies dans tous les pâturages, écrasèrent tous les oreillers dans tous les lits de toutes les chambres de toutes les maisons dans toutes les villes alignées sur une même longitude, partageant la même nuit ? Est-il assez grand encore pour compter toutes les étoiles, je veux dire les compter vraiment, une par une et jusqu’au mur de Planck ; assez grand enfin, pour dénombrer tous les cônes et tous les bâtonnets tapissés au fond de toutes les rétines de tous les yeux avant que, synchrones, ils ne se referment à l’instant T  ? Aveu d’impuissance, le monde du Gentil Garçon, bien qu’imaginaire pur, doit se satisfaire du quantifiable. En voici le recensement raisonné et exhaustif jusqu’à preuve du contraire. Quinze éminents explorateurs l’ont arpenté pour en ramener des témoignages croisés, des impressions sensibles ou savantes, regroupées et ordonnées avec la rigueur des encyclopédies. Julien Amouroux


Titles of works (concordance) A Air Lines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Amour à mort (l’) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Auto-peinture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Auto-sculpture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Aventure intérieure (l’) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Air Lines Love unto Death Auto-painting Auto-sculpture Inner Adventure (the)

B Barricades mystérieuses (les) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Blown-Up . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Boucles chaotiques (les) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Bubble Clock . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Mysterious Barricades (the) Blown-Up Chaotic Loops Bubble Clock

C Canidoïde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Célébrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Cératopidoïde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Chorea sancti viti . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Canidoid Celebrations Ceratopsianoid Saint Vitus’ Dance

D Délits de sale gueule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Wrong-face Crimes Double majeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Double Middle Fingers E Empire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Empire F Fantasma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Fantasma Fin des travaux : faire, défaire, refaire (la) . . . . . . . . . . . End of the Work: Doing, Undoing, Redoing Flight Board . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Flight Board Fluorama . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Fluorama Fritz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Fritz Frontières floues (les) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Fuzzy Frontiers Futur est derrière nous car on ne le voit pas venir (le) . . Future’s Behind Us, Because We Don’t See It Coming (the) G Gammes du docteur T (les) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Good Luck Mr. Chance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Grande décomposition (la) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Gun Gun Club . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Doctor T’s Scales Good Luck Mr. Chance Large Decomposition (the) Gun Gun Club

H HAL vs. Alex . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Homme de Mnémosyne (l’) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Houdini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Hybridations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Hyper-jouets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Hyperécrabouilleland . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

HAL vs. Alex Mnemosyne Man Houdini Hybridisations Hyper-toys Hypersquashland

I Idiothèque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Idiotheque Infini brouillon (l’) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Infinite Tangle (the) Innocent (l’) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Innocent JKL Light Board . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Light Board M Memory Melody . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Méthode Rose (la) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Mille heures de réflexion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Monstre soldes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Memory Melody Pink Method (the) A Thousand Hours of Reflection Monster Sales

NO Néant total . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Total Nothingness Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Newton Note Orange (la) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Orange Note (the) P Pac-Man . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pac-Man (advanced) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pendant ce temps-là, nulle part . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Phoenix . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Picnolepsie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pleasure Gates (the) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pôle Sud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prisma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Propre de l’homme (le) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Pac-Man Pac-Man (advanced) Meanwhile, Nowhere Phoenix Picnolepsy Pleasure Gates (the) South Pole Prisma Distinctively Human

QR Que faire ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Rain and Tears . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Rayon solaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Restore Hope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Révolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Rise and Fall of Black Light City (the) . . . . . . . . . . . . . . . .

What Is To Be Done? Rain and Tears Sunbeam Restore Hope Revolution Rise and Fall of Black Light City (the) Rock Music . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Rock Music Ronald . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Ronald S Scotch 3 000 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Scotch 3 000 Sept cent soixante-dix-sept ans de malheurs . . . . . . . . . Seven Hundred and SeventySeven Years of Bad Luck Sismographe à effet comique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Seismograph with Comic Effect Soap Odyssey (a) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Soap Odyssey (a) Sonic . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Sonic Street Spirits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Street Spirits Sucia machina . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Sucia machina Super Abécédaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Super ABC Supergribouillepen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Superscribblepen

TU Take the Painting and Run . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Take the Painting and Run Tendu vers l’absolu . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Reaching Out Toward the Absolute Tomographie d’un cerveau qui ment . . . . . . . . . . . . . . . Tomogram of a Lying Brain Totologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Totology Tout l’amour . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . All the Love Triomphe de la neige (le) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Triumph of Snow (the) Trois cent soixante-cinq secondes . . . . . . . . . . . . . . . . . . Three Hundred and Sixty-Five Seconds Twenty-First-Century Schizoid Snowman . . . . . . . . . . . . Twenty-First-Century Schizoid Snowman Un millier d’années . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . A Thousand Years VWXYZ Variateur de réalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Visiteur visité (le) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Voyage fantastique (le) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Where Da Hell Are We Going ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Reality Dimmer Visitor Visited (the) Fantastic Voyage (the) Where Da Hell Are We Going ?


Foreword

Nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine decillion nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine nonillion nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine octillion nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine septillion nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine sextillion nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine quintillion nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine quadrillion nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine trillion nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine billion nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine million nine hundred and ninety-nine thousand nine hundred and ninety-nine

This number is, for the moment, the largest known to the Nice Guy. Is it large enough to embrace the world? Large enough to make an inventory of all the fossils, all the shellfish, all the plants, all the insects, all the animals, all the human beings, all the manufactured objects, all the industrial products, all the brands of detergents, all the engraved hearts, all the broken mirrors, all the jokers in all the rigged decks of cards, all the birthdays celebrated, all the laughing skulls, all the snowflakes blown by all the storms, all the bulbs that remain lit by the bedsides of all those who, worn out counting all the sheep jumping over all the hedges in all the meadows, crush all the pillows in all the beds in all the bedrooms in all the houses in all the towns on the same line of longitude, sharing the same night? Is it large enough to count all the stars— I mean really to count them, one by one, all the way to the Planck wall ; large enough, in the end, to enumerate all the rods and all the cones on all the retinas in all the eyes before they close, synchronously, at time T ? In an admission of impotence, the Nice Guy’s world, though purely imaginary, has to make do with quantifiability. And what follows is a systematic, exhaustive census of that world, pending proof to the contrary. Fifteen eminent explorers have surveyed it in search of mutual testimony and sensitive or learned impressions, grouped and ordered with the rigour of an encyclopaedia. Julien Amouroux


Signes et abréviations

architecture compteur conférence copier-coller dessin film d’animation happening installation livre livre d’artiste mosaïque multiple peinture performance photographie photomontage sculpture système vidéo activable aléatoire composite documentation électromécanique gonflable intérieur lumineux motorisé mural numérique praticable publique sonore virtuel collection collection privée exemplaire exemplaire d’artiste pièce unique dimension variable sequiturque sequunturque illustration planche aller voir note corrélat tableau

archi. compt. conf. ctrl. c.v. dess. anim. hap. inst. liv. liv. art. mos. mult. peint. perf. ph. ph. mont. sculp. sys. vid. acti. aléa. comp. doc. élec. gonf. int. lum. motor. mur. num. prat. pub. son. virt. coll. coll. priv. ex. e.a. p.u. dim. var. sq. sqq. ill. pl.

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Signs and abbreviations

animated film architecture artist’s book book counter cut-and-paste drawing happening installation lecture mosaic multiple painting performance photograph photomontage sculpture system video activable composite digital documentation electromechanic indoor inflatable light-based motorized public random sound utilisable virtual artist’s proof collection edition of private collection unique work unlimited edition variable dimension et sequentes et sequentia illutration plate have a look note correlate table

anim. archi. art. bk. paint. count. ctrl. c.v. draw. hap. inst. lect. mos. mult. paint. perf. ph. ph. mont. sculp. sys. vid. acti. comp. digit. doc. elec. ind. infl. lgt. mtr. pub. rnd. snd. util. virt. a.p. coll. ed. of priv. coll. u.w. unltd. ed. var. dim. et seq. et seqq. ill. pl.

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Planches et tableaux Plates and tables I-VI VII VIII IX X XI XII XIII XIV XV XVI XVII XVIII XIX-XX XXI XXII XXIII XXIV-XXVI XXVII XXVIII XXIX XXX-XXXI XXXII XXXIII XXXIV XXXV XXXVI XXXVII XXXVIII XXXIX XL XLI XLII-XLIII XLIV XLV XLVI-XLVII XLVIII XLIX-LII LIII-LVIII LIX LX LXI LXII LXIII LXIV LXV LXVI LXVII-LXXV LXXVI-LXXVII LXXVIII

Tout l’amour . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les densités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le triomphe de la neige . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Auto-peinture – Auto-sculpture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Un millier d’années . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les costumes du Gentil Garçon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les barricades mystérieuses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La grande décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Cératopidoïde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Good Luck Mr. Chance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Bubble Clock . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Célébrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le travail . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Blown-Up . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Célébrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Supergribouillepen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les grandes périodes de l’histoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les frontières floues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La grande décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . A Soap Odyssey . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Flight Board . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Rise and Fall of Black Light City . . . . . . . . . . . . . . . . Gun Gun Club . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Houdini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Idiothèque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La méthode Rose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Cible cartésienne du goût . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’amour à mort . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Light Board . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les échelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les chiffres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les couleurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Super Abécédaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prisma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . L’hiver . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Picnolepsie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Révolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Restore Hope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Take The Painting and Run . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Rise and Fall of Black Light City . . . . . . . . . . . . . . . . Sept cent soixante dix-sept ans de malheurs . . . . . . . . . . . . Street Spirits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tomographie d’un cerveau qui ment . . . . . . . . . . . . . . . . . Que faire ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Pleasure Gates . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le triomphe de la neige . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Auto-sculpture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Sucia machina . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Totologie #2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les transports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le triomphe de la neige . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les terres connues du Gentil Garçon . . . . . . . . . . . . . . . . Le regard des œuvres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

4 - 9 14 15 16 17 18 25 26 31 32 35 36 37 47 53 54 - 55 56 63 / 87 71 73 - 75 76 77 78 82 - 83 90 95 96 102 109 110 120 127 129 130 131 132 140 - 141 147 149 150 - 151 152 160 - 163 166 - 171 177 178 179 180 181 182 183 184 187 - 195 198 - 199 207

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . All the Love . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Densities . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Triumph of Snow . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Auto-painting – Auto-sculpture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . A Thousand Years . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Nice Guy’s costumes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Mysterious Barricades . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Large Decomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Ceratopsianoid . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Good Luck Mr. Chance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Bubble Clock . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Celebrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Body . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Work . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Blown-Up . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Celebrations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Superscribblepen . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The major historical periods . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Fuzzy Frontiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Large Decomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . A Soap Odyssey . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Flight Board . . . . . . . . . . . . . . . . . The Rise and Fall of Black Light City . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Gun Gun Club . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Houdini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Idiotheque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Pink Method . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Cartesian taste target . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Love unto Death . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Light Board . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Scales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Numbers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Colours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Super ABC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prisma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Winter . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Picnolepsy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Revolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Restore Hope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Take The Painting and Run . . . . . . . . . . . . . . . . . The Rise and Fall of Black Light City . . . Seven Hundred and Seventy-Seven Years of Bad Luck . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Street Spirits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tomogram of a Lying Brain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . What Is To Be Done? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Pleasure Gates . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Triumph of Snow . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Auto-sculpture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Sucia machina . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Totology #2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Transports . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Triumph of Snow . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . The Nice Guy’s stomping grounds . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Works, looking…

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à Patú


A thousand hours of reflection  Mille heures de réflexion  — 2002 (sculp.) u.w. ; priv. coll. ; coated metal wire, continuously-lit bulb, 220 V current, electrical socket ; 100 ×  100 × 160 cm g ill. p.119 A This is an antinatural brain whose hemisphe­

works, Untitled, 1990, which at first sight is quite unprepossessing. It consists of a bunch of coloured sticks, like those used in the game Mikado,1 strewn on the ground. Looking more closely, however, it can be seen that rather than being scattered around at random they actually form two groups, one of which is a replica of the other. This way of imposing order on disorder, like a patient conspiracy, is what fascinated The Nice Guy, who also set about ordering chaos through a drastic process of creation that entailed both rigour and concentration. C  [1] In fact they were toothpicks, but my memory turned them into Mikado sticks. I think the work is the better for this. F bricolage, constraint, Infinite Tangle, knowledge, Light Board, Tomogram of a Lying Brain, Where Da Hell Are We Going?

res are enantiomorphic in their circumvolutions. The Nice Guy twis­ted two wires coated in white plastic as symmetrically as possible to form multiple swirls, figures and mathematical symbols. The wires are stuck directly into an electrical socket so that a bulb at the centre of the brain is continuously lit. B Etymology: For a thousand hours, i.e. the working life of the bulb, a duplicated image of chaos is projected across the exhibition space like a huge Rorschach image. A thousand hours—in other words more than forty-one days—might be A thousand years  Un millier d’années  — 2006 (ph. mont.) ed. of 5 + 2 a. p. ; photograthe lifespan of a tenacious butterfly or fly, phic prints, plexicollage on dibond ; 100 × 100 cm g pl. IX p.17 A This is a photomonbut in the end it does not represent a lot of tage of pictures of birthday cakes downloaded from the Internet. time for thinking. B Origin: The Nice Guy was greatly impressed by one of Tom Friedman’s The sum of the years celebrated is exactly a thousand. B Syntax: The

1 — Tout Le Gentil Garçon


Adv fact that we have ten fingers is the reason why we use ten as our base for counting. Some civilisations adopted twenty as their base, using their toes as well as their fingers. For The Nice Guy, we might just as easily adopt cakes as a base for counting—at the risk of mathematical indigestion.  B History: I recently realised that this project could never have come to fruition without the Internet and the peculiarly exhibitionist behaviours it has spawned. How else could The Nice Guy have gained access to so many images of family celebrations? F All the Love, cake, Celebrations, collection, Meanwhile, Nowhere, vanity. Adventure  Aventure  — He often went out alone, and when he came back you were never absolutely certain whether he had had an adventure or not. He might have forgotten it so completely that he said nothing about it.1 A The

Nice Guy is centripetal. On the rare occasions when he sweeps the floor, he moves the dust to the centre of the room. He still has the eagerness and bright eyes of a kid: when he eats a fried egg he piles grilled onions onto the yolk, which he dusts with pepper and sprinkles with vinegar before flinging himself on it like a ravening wolf. In his work, on the other hand, he often changes his approach from one piece to the next, though in general he starts with peripheral ideas which he gradually recentres. There again, he frequently acts in the opposite way, fructifying a simple notion: Pac-Man is concentration, Light Board dilatation, Take the Painting and Run centripetal, Distinctively Human centrifugal ; The Triumph of Snow and The Large Decomposition are centripetal, Ceratopsianoid centrifugal, etc.  A Incapable of just being, we are forced to reinvent ourselves. Linking art to adventure means first of all desanctifying it. Adventure is not a profession ; it is a state of mind. Ruled by his heart, impetuous, spontaneous, with a strong personality, a streak of thoughtlessness, audacity and an irrepressible love of danger, the adventurer, immoral and turbulent, is a soldier of lost causes, a corsair, a pirate, an explorer, a mercenary of the derisory. Egoistic and theatrical, he rips apart the curtain of the everyday, regresses to the silliest antics, and looks at the unusual through wondering eyes. But we have to recognise that this kind of old-school swashbuckler is now totally outmoded.  A I know thy works, that thou art neither cold nor hot: I would thou wert cold or hot.2 A Down with monopolies! Wrench adventure away from the heroes! Since Verdun and Hiroshima, conflict has had nothing to do with adventure. Fortunately, though, we still have guerrilla warfare, which involves melting into the landscape, merging with it, worthy disciples of Sun Tzu, warriors without baggage, always moving, travelling light, with weapons that can be easily dismantled and transported, not dreaming about conquest, but constantly mobile, playing a game of cat and mouse in perpetual improvisation! It is not the destination that counts, but the experience, as T. E. Lawrence suggests in The Seven Pillars of Wisdom. If adventure is to be in phase with the times, it has to be spectacular, or else it is nothing—and this is the code that The Nice Guy plays out. He diverts the techniques of the cultural industry—hidden cameras, the ergonomics of video games, cult films, scientific popularisation, manga, cartoons, etc.—so as to reveal their playful but potentially critical power.  A There again, no model exists that could

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things—everyday objects—which he frees from the sticky layer of utilitarianism that covers them. Not fond of galleries, or snobbery, or social occasions, he is careful never to appear pretentious. He avoids playing the role of The Artist, and remains at one with his inner Man in the Street.  A Jed nodded in agreement. The voice of his interlocutor was that of an educated person, and one who was accustomed to expressing his views. He looked like a Belgian Situationist or a proletarian intellectual, despite the fact that he wore an Arrow shirt. With his strong, gnarled hands, you could tell he had done manual work.4 A The playful-

ness of adventure contrasts with the truth and spirit of seriousness. Assuming its responsibility, it refuses to yield up messages. Against formalism and intellectualism, it practises the sublimity of the gesture—a gesture that is risky, and whose sense (if it has one) is the least of its concerns. Behind the mask hides a starstruck urchin. But let us be clear about one thing: it is not a case of pursuing childhood at all costs, because the fact is that childhood also has its conformisms. What needs to be sought is the essence of the game, and of course it is transgenerational. The declared objective of pleasure is frowned on by those of a serious or religious cast of mind, who see in it a frivolous form of escapism. In their eyes, opening up the world to imagination is counter-productive. But do we really give a damn? As Marcel Gotlieb said: is a good laugh not worth more than a good steak? A All awakened men have just one world, but each sleeping man has his own world.5 A Torn between Jules Verne and Leonardo da Vinci, The Nice Guy hybridises them. And between Robinson Crusoe’s DIY Puritan and Baron Munchausen’s tall tales, he bestrides a world with a succinctness worthy of Samuel Beckett. He has as much in common with The Adventures of Harry Dickson6 as with The Adventures of Dialectics.7 Danger is his raw material, and fear, but also the passion to which, though he makes light of it, he keeps coming back. In order to surpass himself, he envelops his poor little noodle in another huge head, either in papier mâché, for use in the street, or in the form of a spherical, foldable Japanese lamp that he hides under his pullover so that he can enter pseudo-sacred places such as museums without being turned away.  A It remains for science to be seen as an adventure rather than a realm in which vitriol, spirits of wine and verdigris are called sulphuric acid, ethanol and copper carbonate ; where nothing is synthetic and everything is analysed, dissected, broken down. There is no doubt about it— The Nice Guy has method. But it is comprised of deviance, subtle displacements and sudden turnarounds. His universe walks on its head, slides, slinks away, leaks all over. It creaks, squeaks, skids, squeals. The Nice Guy does not recycle, thank heaven. He reroutes. He invents improbable situations, and exhibits himself, the better to hide… There is something science-fictional about him, and a state of mind—curiosity, metaphysical anxiety—similar to the one that informs science itself. As in science fiction, his universe is set

be placed in contradiction to adventure, which is neither substance nor process nor accident, and has no predetermined content or owner. So why not tear off its signs of endurance and duty, and strip it of its pathetic, savage accoutrements? Why not frivolise it, lighten it up, parcel it out? 3 A Adventure

teaches us the art of eating to get hungry. By the degree to which the mind is satisfied with something, as Hegel said, one measures the gravity of its loss. The Nice Guy is never fascinated by criticism as such, or a state of stupor in the face of reality. For him, adventure means experiencing it all without paying it any heed. He uses materials in an intuitive way. His methods are not always orthodox, but he pulls off some smart stunts, using the most commonplace First steps of man on planet X-TRA, in the Anti-grease system: A Soap Odyssey


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� Eng.

out in writings, cartoon strips, toys, posters, stamps, CDs, DVDs— All the love  Tout l’amour  — 2006 (digit. draw.) ed. of 15 + 2 a. p. ; inkjet prints on art even works of art! A desire to transform day-to-day reality is one pa­per ; 80 × 140 cm g pl. I p. 4 et seqq.  A From A+A to Z+Z, All the Love presents thing ; a desire to escape from it is another. And The Nice Guy’s the entire set of binary combinations that can be generated by the gadgets are at the intersection of these two desires. A penal colony letters of the alphabet. Ooooh God! Why isn’t it always eternal love? haunted by werewolves, vampires, zombies and children’s jokes— You’re too baaaad! 1  B Genealogy: A version of the work was exhiband also, no doubt, by cyberpunks, androids and blade runners, not ited at the Saint-Joseph Saint-Luc hospital in Lyon.2 On six forgetting the famous slitters of antiviruses’ throats—this oeuvre wooden benches, The Nice Guy engraved the three hunis a machine for exploring gloves, loves and glands. It’s a trap. A dred and fifty-one hearts comprising All the Love. C [1] In the real Ubik atomiser! 8 C [1] J. M. Barrie, Peter Pan, 1904. [2] Apocalypse, words of the merchant of love necklaces who informed Cindydy 3:15. [3] Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Au coin de la rue, Seuil, and Rod that the heart engraved “C+R” had already been sold. The 1979. [4] Michel Houellebecq, La Carte et le territoire, Flammarion, quote is from Morgan Navarro’s comic strip The Future’s Behind Us, 2010. [5] Heraclitus. [6] A fictional series, popular in France. [7] Mau- Because We Don’t See It Coming, inspired by The Nice Guy’s work. [2] For rice Merleau-Ponty. [8] A portable negative ioniser equipped with the All Saints exhibition, 15 Oct. 2009 – 3 Jan. 2010. F collection, a high-voltage, low-amperage unit powered by a maximum-gain encyclopaedia, irony, Love unto Death, pop culture, Seven Hundred 25-kilovolt battery (Philip K. Dick’s Ubik, 1969). F Air Lines, alter and Seventy-Seven Years of Bad Luck, Street Spirits, Super ABC. ego, hero, Hypersquashland, Inner Adventure, Innocent, pop culture, Rain and Tears, Rise and Fall of Black Light City, Soap Odyssey. Y. Tenret Alter ego — Voir Le Gentil Garçon : C’est pas moi, c’est l’autre ! Simultanément « moi » comme ego, et « l’autre » comme alter. « Identité et Air Lines — 2000 (sculp. gonf.) p.u. ; polyéthylène thermosoudé, chaise en bois, ventila- Altérité » dirait l’académicien Jean Clair qui sur le sujet en connait teur, minuterie ; 800 × 600 × 200 cm g pl. LXVI p.184  A Le voyage immobile, ou un rayon (Identité / Altérité est le titre de l’exposition organisée par plutôt par projection. La chaise inaccessible au centre de l’habitacle Jean Clair au Palazzo Grassi, pour célébrer le centenaire de la Bienn’a de cesse de décoller puis d’atterrir tandis que l’avion à jamais nale de Venise). Alors, le même ou le dissemblable ? Un autre soicloué au sol, successivement se gonfle et se dégonfle. Ce miracle n’a même confirme Balzac dans Les paysans. À l’origine, la chose est rien de l’envolée paranormale d’un guéridon. Il est simplement dû assez claire : en Espagne, au royaume des Deux-Siciles, la personne à la pression de l’air sur les parois de l’engin auxquelles la chaise est à qui le chef du gouvernement délègue les pleins pouvoirs pour reliée.  B Histoire : L’œuvre fut conçue de façon empirique, un vrai agir en son nom. Bientôt, partout, le terme fait florès. Il désigne défi. Son fonctionnement ne pouvait être vérifié qu’une fois la Ben-Aïssa, lieutenant, ministre, confident d’Ahmed-Bay (Norsculpture gonflable terminée. Décollera, décollera pas ? Le Gentil mand, Larousse du XIXe, 1886). Alter ego : synonyme de « vice-roi », Garçon éprouva à son niveau, la jubilation inquiète des pionniers ou de « vice-président ». Donc, tout de même, un peu du côté du de l’aéronautique, le risque du crash en moins. F Boucles chaotiques, « vice » ! Façon Docteur Jekyll et Mister Hyde ; le double, plus alter qu’ego. La part d’ombre de l’ego, sa doublure maléfique. Celui qui Fritz, héros, Light Board, magie, Sonic, voler. transgresse, qui crache le morceau. Eminem en troubadour fleur bleue, Slim Shady en desperado hideux (suck my dick!). Gainzbarre qui ne dit que des gros mots, quand Gainsbourg boit de l’eau.  A On croit le deviner, l’art a creusé un gouffre entre « moi » et « l’autre ». Duchamp le blagueur, l’iconoclaste, confiant à Rrose Selavy la réalisation d’un « art de précision ». Cézanne attribuant à Popaul, ses œuvres trop « couillardes ». Quel arrière monde d’infamie dissimule le masque niais du « gentil garçon » ? Nietzsche nous avait mis en garde : méfions nous de l’affichage des bonnes intentions. Oh que l’époque moderne a retenu la leçon ! Plus aucun banquier ne croit aux bonnes intentions de visiteurs affublés de masques présidentiels. Au siècle du trou d’Ozone, des subprimes et de Céline Dion, afficher sa « gentillesse » relève de la provocation.  d Au début, était le « gentil garçon ». L’artiste, (« Gégé » ou un autre) lui avait donné un visage, une bouille débonnaire, un smiley bosselé, fait de pâte à papier. Il apparaît dans les premières œuvres du « gentil garçon » : Délits de sale gueule, une série de vidéos de 1998-99. Arborant cette tête affable et ridicule, l’artiste, fut forcé d’en convenir : notre époque se méfie du bonheur. Admettons quand même que la ficelle était grosse ! Après Van Gogh, Bacon ou Damien Hirst faire accroire au ‚ — 2000 (infl. sculp.) u.w. ; thermowelded polyethylene, wooden chair, fan, timer ; 800 ×  bon peuple, que l’art moderne est une partie de plaisir méritait une 600 × 200 cm g pl. LXVI p.184  A The journey: immobility, or rather projec- sanction. Il faut être américain pour prendre au sérieux Jeff Koons tion. The plane remains stuck on the ground, inflating and deflating, et son masque de gendre idéal. Notre artiste lui, fut sommé de remiwhereas the chair, inaccessible at the centre of the volume, is con- ser sa tête de « gentil garçon ». Depuis, il traîne sa mine patibulaire stantly taking off and landing. But this miracle is in no way related de musées en lieux d’exposition. La tête de son « alter ego », au fond to the paranormal flight of a medium’s table. It is simply due to the d’un grand placard, attend des jours meilleurs. L’art contemporain pressure of the air on the inside surface of the machine, to which préfère décidément le loup aux trois petits cochons : vivement les the chair is attached.  B Story: The work was designed empirically— vacances ! F Auto-peinture, Auto-sculpture, enfance, HAL vs. Alex, héros, a real challenge. Its operationality couldn’t be checked until it was masque, Propre de l’homme, rire, Sept cent soixante-dix-sept ans de malheurs. finished. Would it or wouldn’t it? The Nice Guy, for his part, felt ‚ — See The Nice Guy: It’s not me, it’s the other guy! Simultaneously the uneasy jubilation of the pioneers of aeronautics, at least with “me” as ego and “the other guy” as alter. “Identity and otherness,” regard to the risk of a crash. F Chaotic Loops, Fritz, hero, liberate, as the French Academician Jean Clair would say. And he knows something about the subject (Identity / Otherness was the title of the Light Board, magic, Sonic.

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I  Tout l’amour

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Banc nº 1 : A + A – C + I Toutes les gravures relevées par frottis au graphite All the rubbings of the engravings


Tout l’amour  II

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Banc nº 2 : C + J – E + W


III  Tout l’amour

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Banc nº 3 : E + X – H + U


Tout l’amour  IV

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Banc nº 4 : H + V – L+ M


V  Tout l’amour

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Banc nº 5 : L+ O – O + Z


Tout l’amour  VI

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Banc nº 6 : P + P – Z + Z


Amo exhibition organised by Jean Clair at the Palazzo Grassi to celebrate the centenary of the Venice biennial). Similar or dissimilar, then? Another self, says Balzac in Sons of the Soil ( The Peasantry). At the start, it was clear enough: in Spain’s Two Sicilies, it was the person the head of the government appointed as his plenipotentiary. And the term soon became generalised. It designated Ben-Aissa, the righthand man, minister and confidant of Ahmed Bey. Alter ego: synonym of “viceroy” or “vice-president.” So there’s something of the “vice” lurking here! Something of Dr Jekyll and Mr Hyde. The double, more alter than ego. The shadowy side of the ego—its malevolent double. The one who crosses the line, who tells all. Eminem as a sentimentalist troubadour, Slim Shady as an appalling desperado (suck my dick!). Gainsbarre only swears. Gainsbourg drinks water.  A We have a hazy notion that art has created a chasm between “us” and “them.” Duchamp the trickster, the iconoclast, talking to Rrose Selavy about an “art of precision.” Cézanne, attributing to Popaul his more risqué works. What underworld of infamy lies behind the “nice guy” and his silly mask? Nietzsche warned us: Distrust statements of good intentions. And the modern world has learned the lesson! There’s no longer a single banker who believes in the good intentions of visitors wearing presidential masks. In the century of the hole in the ozone layer, subprimes and Céline Dion, talk of “niceness” amounts to provocation.  d To begin with, there was the “nice guy.” The artist ( “Enngee” or whoever) gave him a face, a smug mug, a bumpy smiley in papier mâché. He appeared in the first few works produced by “the nice guy,” the 1998-99 videos Wrong-face Crimes. With his affable, ridiculous head, the artist has to admit that at the present day we’re wary of happiness. A bit obvious, all the same! After Van Gogh, Bacon and Damien Hirst, it would be wrong to try and make people think that modern art was a bed of roses. You have to be American to take Jeff Koons and his “ideal son-in-law” mask seriously. So the nice guy was invited to put his head away. Since then, he’s been dragging it round between museums and exhibitions. The head of his “alter ego,” stuck at the back of a cupboard, awaits better days. Contemporary art prefers the wolf to the three little pigs. Let the good times roll! F Auto-painting, Auto-sculpture, child­hood, HAL vs. Alex, hero, mask, laughter, Distinctively Human, Seven Hundred and Seventy-Seven Years of Bad Luck. D. Potager Amour à mort (l’) — 2004 (inst. son.) p.u. ; coll. FRAC Languedoc-Roussillon ; balles et table de ping-pong, colle thermofusible, mini-chaine hifi, bande son, haut parleur, projection vidéo en boucle ; 275 × 150 × 120 cm g pl. X VII p.37; pl. X XXVI p.109  A Telle une grosse

molécule d’atomes blancs, un corps humain façon pongiste est allongé sur le billard. Le thorax ouvert laisse entrevoir un cœur qui palpite. Animé par les vibrations d’un haut-parleur sur lequel il repose, le muscle violacé bat au rythme syncopé de parties de ping-pong. Projetée sur un mur de la salle, l’image d’une pièce de monnaie monumentale semble flotter en l’air et tourner sans fin sur elle-même. Véritable stroboscope, à chacune de ses rotations, la pièce d’argent renvoie un éclair de lumière blanche.  B Origine : Dans le film L’amour à mort 1, un plan semble résumer pour Le Gentil Garçon, l’enjeu du film entier. Au début du film, le personnage principal 2 est déclaré mort suite à une crise cardiaque. Il se réveille pourtant juste après le constat du médecin en parfaite santé. Cet état intermédiaire entre la vie et la mort, entre le réel et le rêve, va hanter le film jusqu’à bouleverser insidieusement les rapports entre les personnages. Mais le plan qui a marqué Le Gentil Garçon vient un peu plus tard, alors que le miraculé et sa compagne  3 décident de choisir à pile ou face une destination de voyage. La pièce jetée dans les airs et filmée en haut de sa course, semble tourner un peu trop longtemps, comme si la gravité s’était momentanément absentée. Belle et troublante façon de ménager le suspens, de dire l’incertitude. Le Gentil Garçon filma une version amplifiée de ce plan en réalisant une courte séquence vidéo destinée à être mise en

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boucle : une prise de vue macroscopique sur une pièce de un franc fortement éclairée, tournant sans arrêt sur elle-même devant un fond noir.  B Histoire : Cette vidéo nommée Peut-être, fut au départ conçue pour être autonome. Pourtant, elle fut associée dès sa première exposition 4 à une autre œuvre de l’artiste, Le billard. Si un film est à l’origine de Peut-être, ce fut un morceau de musique qui inspira Le billard. Le temps d’un titre, Anti-pop Consortium, groupe de hip-hop américain, échange sa batterie pour une poignée de balles de ping-pong 5. Le résultat est surprenant, le son des rebonds des balles crée une rythmique percutante derrière le flow tendu du MC. À l’écoute du morceau, une image s’imposa au Gentil Garçon de façon persistante, celle d’un cœur en balles de ping-pong à la pulsation syncopée. Résultat : aujourd’hui, Peut-être et Le billard, forment une œuvre unique sous le nom L’amour à mort. Le bruit heurté de l’installation répond à la lumière intermittente de la vidéo en produisant de troublants effets de synesthésie 6 à même de rendre malades certains visiteurs. C [1] Alain Resnais, 1984. [2] Interprété par Pierre Arditi. [3] Interprétée par Sabine Azéma. [4] L’aventure intérieure, 4 mars – 10 avr. 2004, Rez d’art contemporain, Meyzieu. [5] « Ping-pong » sur Arrhythmia, Warp, 2002. [6] Du grec « syn », union, et « aes­thesis », sensation. Phénomène neurologique par lequel deux ou plusieurs sens sont associés de façon inhabituelle. Par exemple, des couleurs peuvent être perçues par le sujet à l’écoute de certains sons. F Blown-Up, bricolage, Bubble Clock, Chorea sancti viti, corps, dialectique, Good Luck Mr. Chance, Infini brouillon, mort, Sonic, sport, Tout l’amour.


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Anus — Un assez grand cercle rose tracé au mur porte en son centre

Franck Lloyd Wright

Shigeru Ban

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in’s strange take on Balzac, but also Claes Oldenburg’s soft sculpla mention « anus ». En pendant, un cercle bleu où est inscrit « iris » tures.  A The Nice Guy once again takes his place in a long tradition convoque à la fois Van Gogh et les yeux bleus du Gentil Garçon. with his superhero Pétoman [Fartist], who features in his alphaL’anus semble moins bavard, il fait cependant un clin d’œil aux betically-ordered Super ABC , for which he used the Superscribblepen œuvres de Wim Delvoye, Anal Kiss et Cloaca 1, aux boites de merde technique. This character for children connects, across time, with de Manzoni 2 et à certains dessins de Gasiorowski ou de Lizène réali- the Ango family’s book of hours, or children’s book, from 1500, in sés à partir de matières fécales. Mais l’association œil / anus évoque which the miniaturist illustrated scatological games such as ignitautant la formule populaire « avoir un œil qui dit merde à l’autre » ing farts, and farting in people’s mouths.  A Jean-Luc Verna recently qu’elle louche vers l’œuvre de Bataille, Histoire de l’œil et Anus solaire, produced a polychrome version of the fart, with the introduction textes illustrés à la pointe sèche par André Masson 3. Le cercle anal, of colour, and Gilles Barbier contributed an auditory variant with n’est pas non plus sans rappeler le zéro que Le Gentil Garçon ima- a fart organ.5 Then there was Antonin Artaud, for whom wherever gine comme un puits : on aurait beau y jeter des pierres on n’arri- it is to be found, shit smells of being,6 and Mel Brooks’ cowboys farting verait jamais à le remplir.  A Le Gentil Garçon en passe aussi par le around a dish of baked beans in Blazing Saddles. But above all there scatologique pour évoquer l’histoire de la sculpture. Cousin de Gar- was Joseph Pujol who, before 1914, took the Moulin Rouge by storm gantua dont Rabelais nous raconte comment il se torche le cul4 et as a fartist, declaring, I go forward, unconcerned about my behind. With de Hulk, Sucia machina est un Géant vert, sculpture gonflée d’un vent all of them, The Nice Guy shares a dubious taste for the fart. And sûrement mauvais qui accroupi, les dents one can imagine these descendants of the royal “porte-cotons” 7 hanging out at the Bar Rectum, an archi-sculpture created in 2005 by serrées, coule un énorme bronze. Ce personAtelier Van Lieshout. C  [1] Both from 2000. [2] Piero Manzoni, Artist’s nage renvoie autant à l’étrange version du Shit, 1961. [3] 1931, exhibited at the Simon gallery, Paris. [4] Rabelais, Balzac de Rodin avec un tas conique entre ses Gargantua, 1534, Ch. XIII: How Gargantua’s wonderful understandjambes écartées qu’aux sculptures molles de ing became known to his father Grangousier, by the invention Claes Oldenburg. A S’inscrivant encore dans of a torchecul or wipebreech. [5] Gilles Barbier, L’orgue à pets, 1996. une très longue tradition, Le Gentil Garçon a aussi dessiné au Supergribouillepen, Pétoman, [6] Antonin Artaud, To have done with the Judgement of God, 1947. super-héros de son Super Abécédaire. Ce per[7] These were courtiers who assisted the French king in relieving himself. F body, eyes, Fantastic Voyage, Inner Adventure, laughter, sonnage pour enfants fait écho à travers le Pleasure Gates. C.-H. Tatot Sucia machina temps, au livre d’heure de la famille Ango gonflée par l’anus dit aussi livre des enfants où déjà en 1500 le miniaturiste illustre quelques jeux scatologiques : s’allumer les pets Architecture — Fragile ou poétique, utopique ou bricolée, l’archi­ et le pet-en-gueule.  A Récemment, Jean-Luc Verna a donné une ver- tecture est l’un des éléments récurrents du travail du Gentil Garsion polychrome du pet avec l’invention de la couleur et Gilles Bar- çon. Métaphore d’une œuvre qui s’échafaude, se construit, se dévebier une variante sonore avec l’orgue à pets 5. Antonin Artaud pour loppe, elle est emblématique de sa démarche. Pour Vitruve, premier qui là où ça sent la merde ça sent l’être 6, Mel Brooks, qui met en scène théoricien de l’architecture, celle-ci est une science qui embrasse une une ronde de pets entre cow-boys autour d’un plat de haricots dans grande variété d’études et de connaissances. Un caractère encyclopé­di­ Le shérif est en prison mais surtout Joseph Pujol artiste qui enflamma que qui n’est donc pas sans faire écho à la manière dont se développe le moulin rouge avant 1914 sous le nom de pétomane et qui décla- l’œuvre du Gentil Garçon. Discipline faisant appel aux sciences rait : Je vais devant moi, sans m’occuper de mes arrières, partagent avec Le et aux techniques, à la résistance des matériaux et aux pro­cédés Gentil Garçon ce goût foireux du pet. On imagine ces descendants d’assemblage, l’architecture est d’abord un art ancré dans le réel. du porte-coton royal  7 gaillardement réunis au Bar Rectum, archisculpture réalisée par l’atelier Van Lieshout en 2005. C [1] Les deux Antonio Gaudí réalisées en 2000. [2] Piero Manzoni, Merde d’artiste, 1961. [3] Exposés à la Galerie Simon à Paris en 1931. [4] Rabelais, Gargantua, 1534, chap. xiii : 
Comment Grandgousier congneut l’esperit merveilleux de Gargantua à l’invention d’un torchecul. [5] Gilles Barbier, L’orgue Yona Friedman à pets, 1996. [6] Antonin Artaud, Pour en finir avec le jugement de Dieu, 1947. [7] Employé au service des latrines, il assistait le roi lors de la satisfaction de ses besoins naturels. F Aventure intérieure, corps, Pleasure Gates, rire, Voyage fantastique, yeux. ‚ — Quite a large pink circle on a wall, with the word “anus” in the centre, matched by a blue circle with the word “iris” inscribed in it, suggesting both Van Gogh and The Nice Guy’s blue eyes. The anus seems less evocative, though it calls to mind Wim Delvoye’s Anal Kiss and Cloaca,1 Piero Manzoni’s boxes of shit,2 and some drawings by Gasiorowski and Lizène, using faecal matter. The eye and Georges Adilon Le Corbusier anus, squinting, cast a sidelong glance at Bataille’s Story of the Eye La ville idéale du Gentil Garçon and Solar Anus, with dry point illustrations by André Masson.3 And the anal circle does not fail to summon up the zero conceived of En témoigne la pelleteuse bricolée et gonflée de La fin des travaux : by The Nice Guy as a well: however many stones you throw into it, faire, défaire, refaire. Cet engin de chantier, fragile et dérisoire, bien you’ll never fill it up.  A The Nice Guy also delves into scatology to qu’imposant par sa taille, évoque un cycle imaginaire et infini de evoke the history of sculpture. The Incredible Hulk and Gargantua, construction et de destruction. Rutilant, ce véhicule est coloré par whose method of wiping his ass is recounted by Rabelais,4 find a des dizaines de feutres utilisés jusqu’à leur épuisement. Une techcousin in Sucia machina, a sculptural green giant inflated by a wind nique à laquelle Le Gentil Garçon a recours régulièrement : ainsi that is surely evil, squatting there, teeth clenched, casting an enor- pour Supergribouillepen dessine-t-il à même le mur jusqu’à l’épuisemous bronze. The conic heap between its spread legs recalls Rod- ment de l’encre de son feutre. Avec La fin de l’architecture, il embrasse,


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Plan d’étude pour Les barricades mystérieuses : projection orthogonale Study for The Mysterious Barricades: orthogonal projection

de mémoire, l’ensemble de l’histoire de l’architecture, en un trait continu. La tour de Pise, le centre Pompidou, la tour Eiffel ou l’opéra de Lyon se juxtaposent et s’enchevêtrent dans une vision encyclopédique et chaotique. À ces monuments, témoins des grandes civilisations, répond l’architecture, poétique et dérisoire de son Empire. Ce château de cartes, bien que figé dans un équilibre précaire et dans la menace de l’effondrement, apparaît aussi comme le rêve ambitieux du bâtiment le plus haut. Il n’y a pas loin du château de cartes au château de sucre, autre architecture absurde qui se construit et se dissout dans la boucle de la vidéo de Picnolepsie. Une poétique de la ruine et du temps suspendu se dessine dans cette œuvre, dont le titre aux connotations scientifiques trouve un écho et une explication dans L’esthétique de la disparition de Paul Virilio. L’auteur y présente la picnolepsie comme une absence inframince et instantanée au réel.  A Un équilibre tout aussi précaire caractérise les « bâtiments » de La méthode Rose. Jeu de construction, accumulation de pièces de bois blanches et noires évoquant les touches d’un piano, cette œuvre « interactive » fait appel à la créativité et à la participation d’un enfant. Elle évoque le lien étroit entre architecture et musique, exploré notamment par Iannis Xenakis qui voyait dans l’une et l’autre une même pensée mathématique.  A La relation entre l’architecture et la musique est exprimée poétiquement par Goethe pour qui l’architecture est une musique gelée. Cette idée est illustrée presque littéralement par Le triomphe de la neige, double structure gigogne, constituée de cristaux de neige. Dessins en étoiles, en aiguilles ou en dendrites, les flocons ont tous une forme différente, partageant seulement leur structure hexagonale. Les éléments constitutifs de cette coupole-igloo enchâssée dans

un prisme sont inspirés du travail de Wilson A. Bentley qui consacra sa vie à l’étude des cristaux de neige et les photographia de façon systématique et avec une rigueur scientifique. Œuvre dans laquelle le visiteur est invité à pénétrer, Le triomphe de la neige fait partie de ces micro-architectures que Le Gentil Garçon développe à plusieurs reprises. Ainsi, avec Fantasma, l’œuvre devient un espace dans lequel on pénètre et que l’on expérimente : traversé par un banc-fémur démesuré, ce conteneur se change en bar. Avec le Fluorama, c’est une structure polyèdrique, qui devient un cinéma éphémère et ambulant où est projeté le space opéra The Rise and Fall of Black Light City. Construction à l’échelle du corps, sans pour autant l’enfermer, Les barricades mystérieuses, se dressent en une accumulation de poutres de bois et jouent sur un dialogue entre l’intérieur et l’extérieur, le côté pile et le côté face. Architecture modulable et éphémère, la barricade se veut protection et délimitation. Ici, elle révèle l’envers du décor, ménageant un espace de lecture et de documentation dans une mise en abyme de son propre titre. Y sont, en effet, regroupées les œuvres qui, étrangement, portent ce même titre de Barricades mystérieuses : œuvres littéraires, musicales ou picturales qui, bien loin d’apporter une explication, ne font que souligner l’énigme de cet intitulé.  A La barricade est cependant, avant tout, une délimitation au sein de l’espace urbain, un mur éphémère dressé dans la rue, rappelant ainsi le lien entre l’architecture et la ville. Cette notion – l’architecture comme ponctuation de l’espace urbain – apparaît régulièrement dans le corpus des œuvres du Gentil Garçon. De façon interactive et humoristique avec Hyperécrabouilleland, installation dans laquelle des modules en peluche évoquent la complexité d’un paysage urbain. Le spectateur est invité à


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Plan d’étude pour Le triomphe de la neige : projection orthogonale Plan for The Triumph of Snow: orthogonal projection

the ink. With The End of Architecture, he traced the history of that discipline from memory, in a continuous line, so that the leaning tower of Pisa, the Eiffel tower and the Lyon opera house juxtaposed and interlocked in an encyclopaedic, chaotic vision. Responding to these monuments, which evoke great civilisations, there is the poetic, unprepossessing architecture of Empire. This house of cards, though frozen in precarious equilibrium and threatened with collapse, also appears as the ambitious dream of the tallest possible edifice. There is only a short distance between it and the absurd sugar castle that is continuously constructed and dissolved in the video Picnolepsy, with its poetics of ruin and suspended time. The scientific connotations of its title find an echo and an explanation in Paul Virilio’s The Aesthetics of Disappearance, where “picnolepsy” is defined as an infrathin, momentary absence from reality.  A An equilibrium just as precarious characterises the “buildings” in The Pink Method. This construction game, an accumulation of black and white pieces of wood like the keys of a piano, is an interactive work that appeals to children’s creativity and sense of participation. It examines the link that exists between architecture and music, as explored, notably, by Iannis Xenakis, who saw the same mathematical thinking in both.  A The link was also expressed, poetically, by Goethe, for whom architecture is frozen music. And it is illustrated, literally, by The Triumph of Snow, a dual nested structure of snowflakes. These starlike forms in needles and dendrites are all different, sharing only their hexagonal structure. The elements of the cupola-igloo contained in a prism were inspired by Wilson A. Bentley, who devoted his life to the study of snowflakes, photographing them systematically with scientific rigour. And The Triumph of Snow is one of The Nice Guy’s micro-architectures that the visitor is invited to enter. With Fantasma, the same concept gave rise to a space that could be experienced and explored, as a shipping container was turned into a bar traversed by an oversized femurbench. And the polyhedral structure of Fluorama is an ephemeral, peripatetic cinema in which to project the space opera The Rise and Fall of Black Light City. As a construction on the scale of the human body, though not enclosing it, The Mysterious Barricades, rises up in an accumulation of wooden beams, playing on a dialogue between inside and outside, heads and tails. As a modulable, transient architectural form, the barricade protects and demarcates. Here, it reveals what exists behind the scenes, making a space for reading and documentation in a specularisation of its own title. The same strange title, Mysterious barricades, is given to literary, musical and pictorial works which, far from providing enlightenment, only heighten the enigma.  A The barricade is, above all, a frontier within urban space, a temporary wall in a street, recalling the connection between architecture and the city. The idea of architecture as a punctuation of urban space appears regularly in The Nice Guy’s corpus, for example interactively and humorously with Hypersquashland, an installation in which fluffy modules portray the complexity of an urban landscape. The visitor is invited to tread on them, thereby producing a sound of demolition. The paper buildings in Scotch 3000, also contain the idea of their own destruction. They are accompanied by a road network that suggests not only urban architecture but also infrastructure and economic development.  A Elsewhere, it is the spirit of the place that remains, with buildings being replaced by the faces of those who gave their names to streets. In Street Spirits, on an asphalted table lit by miniature street lamps, books replace architecture, inviting the visitor to take a poetic, imaginative stroll around the city of Rennes. F bones, encyclopaedia, utopia. H. Kelmachter

piétiner ces éléments, produisant ainsi un son de destruction. Les bâtiments de la ville de papier Scotch 3000, contiennent eux aussi l’idée de leur propre destruction. Les immeubles bricolés sont ici entourés d’un réseau routier, évoquant non seulement l’architecture urbaine mais également ses infrastructures et son développement économique.  A Ailleurs, c’est l’esprit des lieux qui subsiste lorsque les bâtiments laissent place à des visages, ceux des personnalités qui ont donné leur nom aux rues de la ville de Rennes. Dans Street Spirits, sur l’asphalte d’une table, éclairée par quelques lampadaires miniatures, ce sont les livres qui remplacent les architectures, invitant le spectateur à une promenade poétique et imaginaire de la ville. F encyclopédie, os, utopie. ‚ — Fragile or poetic, utopian or makeshift, architecture is a recurring element in The Nice Guy’s work. As a metaphor of an oeuvre that is being built up, constructed, developed, it is emblematic of his approach. For Vitruvius, its first theorist, architecture was a science that embraces a great variety of studies and knowledge. And this compendiousness is reminiscent of the way The Nice Guy’s work is evolving. As a discipline that draws on sciences and techniques, the properties of materials and assemblage procedures, architecture is first of all an art anchored in reality. This can be seen in the improvised, inflated mechanical digger in End of the Work: Doing, Undoing, Redoing. The delicate and derisory (if imposing) machine suggests an imaginary, infinite cycle of construction and destruction. Dozens of felt tips went into colouring the gleaming vehicle, each of them used continuously until it ran out. And this is Auto-painting  Auto-peinture  — 2004 (paint.) u. w. ; priv. coll. ; acrylics on cut-out canvas ; one of The Nice Guy’s favoured techniques: for the Superscribblepen 140 × 140 cm g pl. VIII p.16 ; pl.X p.18  A Monochrome pink, 19,600 cm2 —the series he draws directly on the wall right up to the exhaustion of area of The Nice Guy’s skin, as calculated by the Gehan and Georges


Aut

14 Volumineux Voluminous

ⅠV faible Low density m

Lourd Heavy

Léger Light

ⅠV forte High density m

Compact

mⅠ V

 : masse volumique

formula.1 The perfectly square painting wears an empty expression, surface corporelle exprimée en mètre carré, T est la taille exprimée with its two perfectly round holes.  B Genealogy: This is the other en mètre et P, le poids exprimé en kilos. Cette valeur approximafacet of Auto-sculpture, which dates from three years earlier. It might tive correspond à la surface externe de la peau d’un individu. Elle be thought that the two works were created simultaneously, given est utilisée en médecine dans le calcul de dosages médicamenteux. how they complement each other. But self-evidence in art isn’t easy F alter ego, corps, e-mage, enfance, Fantasma, masque, Pleasure Gates. to achieve. I often wonder why The Nice Guy didn’t get his ideas earlier ; it would have saved him a lot of time. He saw the Auto-sculp- Auto-sculpture — 2001 (sculp.) p.u. ; coll. priv. ; 72 kg de pâte à modeler rouge, ture as a sort of cutaway—not so technical, of course, but lacerated pro­t hèses oculaires ; dim. var. g pl. VIII p.16 ; pl.X p.18 ; pl.LXIII p.181 A Grâce à l’aide de all the same. Much later, he realised he hadn’t done anything with Philippe Jacquin-Ravot, artiste et employé d’un laboratoire de prohis skin. C [1] BA = 0.0235 × H 0.42246 × W 0.51456, where BA is body area thèses oculaires1, Le Gentil Garçon a fait réaliser une réplique de ses in square metres, H height in metres and W weight in kilos. The yeux à partir d’une photo détaillée de sa rétine prise au polaroïd formula is used for calculating doses of medication. F alter ego, macroscopique. Le Gentil Garçon découvre à cette occasion que les body, childhood, e-mage, Fantasma, mask, Pleasure Gates. yeux de verre sont faits de résine et qu’ils ne sont pas sphériques, mais prennent la forme de gros haricots. Quand on perd un œil, la Auto-peinture — 2004 (peint.) p.u. ; coll. priv. ; acrylique sur toile découpée ; 140 ×  cavité laissée vide se rétracte beaucoup, il faut mouler sa forme ; 140 cm g pl. VIII p.16 ; pl.X p.18 A Monochrome rose de 19 600 cm2, une valeur cette empreinte sert de matrice pour la prothèse. Ces deux petits qui correspond à la surface de peau du Gentil Garçon calculée selon bijoux de l’artisanat médical, ronds à titre exceptionnel, ont été la formule de Gehan et Georges1. Le tableau parfaitement carré pos- ensuite intégrés à un tas amorphe de pâte à modeler rouge, un tas sède un regard vide fait de deux trous absolument ronds.  B Généa- équivalent au poids de l’artiste – la donnée est révolue, mais ne ditlogie : C’est le pendant de Auto-sculpture réalisée trois ans plus tôt, on on pas justement qu’une œuvre réussie caractérise l’époque de sa pourrait croire que ces deux œuvres ont été pensées simultanément création.  B Étymologie : La sculpture eut un premier titre assez irotellement elles se complètent de façon évidente. Mais l’évidence en nique : Enfant-autoportrait. Elle fut d’abord pensée comme une métaart n’est pas chose facile à atteindre. Je me demande souvent pour- phore de l’être que l’éducation essaye de modeler. Le Gentil Garçon quoi Le Gentil Garçon n’a pas eu ses bonnes idées plus tôt, ce qui a voulu par la suite lui donner une dimension plus universelle, plus lui aurait fait gagner beaucoup de temps. Il avait pensé son Auto- directe et ainsi changer son titre. Auto-sculpture est une reproducsculpture comme un écorché, certes peu académique mais bien éraflé tion automatique de l’artiste, sans affect : son poids, ses yeux, point quand même. Beaucoup plus tard, il se rendit compte qu’il n’avait barre. Depuis, cette sculpture est accompagnée d’une peinture tout rien fait de sa peau. C [1] SC = 0,0235 × T 0,42246 × P 0,51456 où SC est la aussi minimale, Auto-peinture, avec laquelle elle forme un diptyque.

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Repère cartésien prenant comme référant la densité de Auto-sculpture Cartesian chart, with Auto-sculpture as a basic reference point


Le triomphe de la neige  VII

© Muriel Moreno

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Vue générale General view


VIII  Auto-peinture – Auto-sculpture

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Un millier d’années  IX


X  Les costumes du Gentil Garçon

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1 & 2. Délits de sale gueule – 3. A Soap Odissey – 4. Blown-Up 5 & 6. Restore Hope – 7. Take the painting and Run – 8. HAL vs. Alex – 9. Phoenix – 10. Double majeur 11. Chorea sancti viti – 12. Hyperécrabouilleland – 13. Auto-peinture – 14. Auto-sculpture

© Heidi Jacquemoud

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B Sémantique : Avec le recul, Auto-sculpture apparaît comme un mons­ Carpenter in 1982. It was a remake of Christian Nyby’s The Thing from tre amorphe, improbable croisement entre les adorables créatures Another World, 1951, adapted from John W. Campbell’s novel Who qui se transforment à volonté dans le dessin animé Les Barbapapa2 Goes There? [4] Plato, Alcibiades. F alter ego, body, childhood, eyes, et la terrifiante « Chose » qui s’empare des corps pour les faire Mnemosyne Man, Saint Vitus’ Dance, Wrong-face Crimes. muter dans l’angoissant film The Thing3. Elle garde quelque chose de troublant, deux yeux aussi bien définis que ceux-là, quelle que Aventure — Souvent, Peter sortait seul. À son retour, il était impossible de soit la façon dont ils sont plantés dans la pâte, composeront tou- savoir s’il avait eu une aventure ou non. Il pouvait l’avoir si complètement jours un regard. N’as-tu pas remarqué que lorsque quelqu’un regarde un oubliée qu’il n’en soufflait pas un mot.1 A Le Gentil Garçon est un centrihomme dans les yeux, il aperçoit au fond des yeux son propre visage comme pède. Les rares fois où il se décide à balayer, il ramasse toujours les dans un miroir ? C’est pour cette raison qu’on appelle aussi le centre de l’œil déchets au centre de la pièce. Ayant conservé l’avidité et les yeux « pupille », c’est à dire petite poupée, parce qu’il renvoie une petite image de brillants d’un môme, quand il mange un œuf au plat, il asperge le celui qui se contemple en lui. Si, par conséquent, un œil en regarde un autre et jaune d’oignons grillés, le poivre abondamment, y ajoute des qu’il le fixe en ce qu’il a de plus noble – ce par quoi il peut véritablement voir –, gouttes de vinaigre et ensuite se jette dessus avec un appétit d’ogre. je suppose alors qu’en cet œil il s’apercevra soi-même.4 C [1] DCM ocula- Dans son travail par contre, il peut changer d’approche d’une pièce riste. [2] Série d’animation télévisée franco-américaine créée par à l’autre, même si en général, il part d’idées périphériques et les Annette Tyson et Talus Taylor en 1974, adaptée d’une série de livres recentre, il lui arrive aussi d’agir à l’inverse et de faire fructifier une illustrés. [3] Film de science-fiction et d’horreur réalisé en 1982 par idée simple : Pac-Man, c’est de la concentration, Light Board, de la John Carpenter ; remake de La Chose d’un autre monde réalisé en 1951 dilatation, Take the Painting and Run est centripète, Le propre de l’homme par Christian Nyby et adapté du roman Who Goes There ? de John W. est centrifuge, Le triomphe de la neige ou La grande décomposition est cenCampbell. [4] Alcibiade premier, Platon. F alter ego, Chorea sancti viti, tripète, Cératopidoïde est centrifuge… A Incapable d’être, nous sommes corps, Délits de sale gueule, enfance, Homme de Mnémosyne, yeux. bien forcé de nous réinventer. Lier l’art à l’aventure, c’est tout ‚ — 2001 (sculp.) u.w. ; priv. coll. ; 72 kg of red modelling clay, ocular prostheses ; var. dim. d’abord le désacraliser. L’aventure n’est pas un métier, c’est un état g pl. VIII p.16 ; pl.X p.18 ; pl.LXIII p.181  A In collaboration with Philippe Jac- d’esprit. Agissant selon son cœur, impétueux, spontané, ayant un quin-Ravot, an artist who also works for a manufacturer of ocu- caractère bien trempé, doué d’une bonne dose d’inconscience et lar prostheses,1 The Nice Guy had copies made of his eyes, using d’audace et d’un amour irrépressible du danger, l’aventurier, immodetailed photographs of his retinas taken with a Polaroid Macro. ral et turbulent, est un soldat des causes perdues, un corsaire, un He discovered that “glass” eyes are actually pirate, un explorateur, un mercenaire du dérisoire. Égoïste et cabomade of resin, and that they are not sphertin, il déchire le rideau du quotidien, rétrograde vers les pires gamiical, but shaped like large haricot beans. neries et ouvre sur l’insolite des yeux émerveillés. Mais, reconnaîsWhen a person loses an eye, the empty cavsons-le, aujourd’hui, ce genre d’aventurier old school est totalement ity shrinks considerably, and it then has to démodé.  A Plût à Dieu que tu fusses froid ou bouillant ; mais parce que tu n’es ni bouillant, ni froid, mais tiède, je te vomirai de ma bouche…2 A Non be moulded to form the matrix for the prosaux monopoles ! Arrachons l’aventure aux héros ! Depuis Verdun et thesis. These two small jewels of medical Hiroshima, la guerre n’a plus rien à voir avec l’aventure. Heureuseengineering (which are actually round) were ment, il nous reste la guérilla dans laquelle il s’agit de se fondre integrated into an amorphous heap of red dans le paysage, de s’y dissoudre, d’être les dignes disciples de Sun modelling clay whose weight was equivaPhilippe Jacquin-Ravot Tzu, guerriers sans bagage, changeant constamment de lieux, muni lent to that of the artist himself. And though d’un équipement léger et d’une arme démontable, adaptable, transthis equivalence is now a thing of the past, portable ; de ne pas rêver de conquête mais d’une perpétuelle mobido we not, after all, insist that any successlité ; de jouer, contre la technologie la plus sophistiquée, un jeu de ful work must reflect the period of its crecache-cache et d’improvisation perpétuelle ! Ce n’est pas la fin qui ation?  B Etymology: The initial, somewhat ironic title of the sculpture, Child-self-portrait, compte mais l’expérience ainsi que le suggère si bien Thomas was a metaphor of what education tries to Edward Lawrence dans Les sept piliers de la sagesse. Aujourd’hui, pour fashion. Later, The Nice Guy wanted to give être en phase avec l’époque, l’aventure se doit être spectaculaire ou it a more direct, more universal dimension, de ne pas être et ce sont avec ces codes là que Le Gentil Garçon joue. and this led to a change of title. Auto-sculpIl détourne les moyens de l’industrie culturelle : caméra cachée, ture is an automatic reproduction of the artergonomie des jeux vidéo, films cultes, vulgarisation scientifique, ist, without affect: his weight, his eyes, full Dominique Charles-Messance manga, dessins animés, etc. ; ces détournements ayant pour foncocularist stop. And it is now accompanied by a painttion de révéler le pouvoir ludique et potentiellement critique de ces ing that is just as minimal, Auto-painting, with which it forms a dip- divers dispositifs.  A Mais encore l’aventure, n’ayant pas de modèle avec tych.  B Semantics: With hindsight, Auto-sculpture looks like a shape- lequel le mettre en contradiction, n’étant ni substance ni processus ni acciless monster, between the cute creatures that transform themselves dent, n’a plus de contenu ni de propriétaire prédéterminé : alors pourquoi ne at will in the Barbapapa cartoons2 and the terrifying entity that pas l’arracher à ses propres signes d’endurance et de devoir, la dépouiller de takes over people’s bodies and mutates them in the film The Thing.3 sa défroque pathétique et brutale, pourquoi ne pas la frivoliser, l’alléger, la There is something disturbing about it. And such well-defined eyes, parcelliser ?3 A L’aventure nous enseigne l’art de manger pour avoir however they are set in the clay, always seem real. Have you not faim. À ce dont un esprit se satisfait, on mesure la grandeur de sa perte, ainsi noticed that when someone looks into another person’s eyes, he sees his own que l’aphorisait Hegel. Chez Le Gentil Garçon, critiquer n’est jamais face in their depths, as in a mirror? It is for this reason that the centre of the une fascination, une stupeur devant le réel. Pour lui, l’aventure, eye is called the pupil, in other words little doll, because it shows a tiny image c’est traverser tout cela sans y prêter attention. Il utilise les matéof the person who contemplates himself in it. If, therefore, one looks into the riaux de façon très intuitive avec des méthodes pas toujours orthoeye of another person, and into that which is most noble about it—that which doxes et il fait des trucs plutôt casse-gueule, en usant des choses les really allows it to see—I suppose that in this eye one sees oneself. 4 C [1] DCM plus communes, des objets de la vie quotidienne ; ceci pour les Oculariste. [2] A series created by Annette Tyson and Talus Taylor in débarrasser de la collante couche d’utilitarisme qui les recouvre. 1974, adapted from a series of illustrated books. [3] Directed by John Allergique aux galeries, au snobisme et aux milieux mondains, très

2 — Tout Le Gentil Garçon


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attentifs à ne jamais paraître prétentieux – il ne pose pas du tout à l’artiste et reste toujours en phase avec le Monsieur Tout le Monde qui habite en lui.  A Jed acquiesa. La voix de son interlocuteur était celle d’un homme instruit, habitué à la parole ; il ressemblait à un situationniste belge, où à un intellectuel prolétarien – avec des chemises Arrow tout de même ; pourtant, à ses mains fortes, usées, on devinait qu’il avait effectivement exercé un métier manuel. 4 A L’aventure ludique lutte contre la

vérité et l’esprit de sérieux. Assumant son irresponsabilité, elle se refuse à délivrer des messages. Contre le formalisme et l’intellectualisme, elle pratique le sublime d’un beau geste, beau en ce qu’il est risqué et que son sens – si elle en a un – est la dernière de ses préoccupations. Sous le masque reste caché un chiard émerveillé mais, attention, il ne s’agit pas de chercher l’enfance à tout prix car, et c’est le moins qu’on puisse dire, l’enfance a aussi ses conformismes. C’est l’essence du jeu qu’il s’agit de trouver et celle-ci est bien sûr transgénérationnelle. L’objectif avoué du divertissement est mal vu des esprits sérieux et religieux qui y perçoivent une évasion frivole. Ouvrir le monde à l’imagination leur paraît contre-productif. Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre ? Car comme le disait Marcel Gotlieb, est-ce qu’un bon rire ne vaut pas mieux qu’on bon steak ? A Les hommes

Et comme la science-fiction le pratique, il peut décliner son univers en écrits, en BD, en jouets, en affiches, en timbres-poste, en cd, en DVD et même en œuvres d’art ! Vouloir transformer la réalité quotidienne est une chose, vouloir s’en échapper en est une autre ; ses bidules sont au croisement de ces deux désirs. Colonie pénitentiaire hantée par des loups-garous, des vampires, des zombies et des blagues à Toto, et sans doute aussi par des cyberpunks, des androïdes et des blade runners, sans parler des fameux égorgeurs d’antivirus, cette œuvre donc, machine à explorer les gants, les dents et les glands, est un guet-apens et elle a tout de l’atomiseur Ubik ! 8 C [1] James M. Barrie, Peter Pan, ou le Petit garçon qui ne voulait pas grandir, 1904. [2] Apoc. , III. [3] Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Au coin de la rue, l’aventure, Paris, 1979. [4] Michel Houellebecq, La carte et le territoire, Paris, 2010. [5] Héraclite. [6] Jean Ray. [7] Maurice MerleauPonty. [8] Un ionisateur négatif portatif, muni d’une unité organique à haut voltage et bas ampère qu’actionne une batterie à hélium à gain maximum dotée d’une puissance de 25 kV… (cf. Philip K. Dick, Ubik, 1969). F Air Lines, alter ego, Aventure intérieure, héros, Hyperécrabouilleland, Innocent, pop culture, Soap Odyssey, Rain and Tears, Rise and Fall of Black Light City. Y. Tenret

éveillés n’ont qu’un monde, mais les hommes endormis ont chacun leur monde. 5 A Écartelé entre Jules Verne et Léonard de Vinci, Le Gentil Aventure intérieure (l’) — 2003 (liv.) 500 ex. ; édité par le Rez d’art contempoGarçon les hybride. De même, entre le côté bricolo puritain de rain et ville de Meyzieu ; bilingue Fr. /Eng. ; bichro. et couleur ; 60 p. ; 16,5 × 23 cm A Premier

Robinson Crusoé et le délire du Baron Munchausen, il arpente un domaine, avec une économie de moyen digne de Samuel Beckett, qui tient tout autant des Aventures de Harry Dickson6 que des Aventures de la dialectiques7. Le danger est sa matière première et la peur, la passion dont il se moque mais à laquelle il revient toujours. Pour se dépasser, il enfile sur sa pauvre petite caboche, une autre tête, énorme et dure, qui est soit en papier mâché pour s’exhiber dans la rue, soit pliable, faite à partir d’une lampe japonaise en forme de boule qu’il cache sous son pull pour pouvoir entrer dans des lieux pseudo sacrés, tel que des musées, sans être refoulé dès l’entrée.  A Reste à évoquer la science comme aventure, ce domaine où le vitriol, l’esprit-de-vin et le vert-de-gris s’appellent acide sulfurique, éthanol et hydrocarbonate de cuivre, où rien n’est synthétique, où tout est analysé, disséqué, décomposée. Là, il n’y a pas de doute : Le Gentil Garçon a de la méthode mais cette méthode n’est faite que de déviance, de déplacements subtils et de brusques renversements. Son univers marche sur la tête, glisse, s’échappe, fuit de partout. Ça grince, couine, dérape, crisse. Le Gentil Garçon ne recycle pas, Dieu merci, il détourne, s’invente des situations improbables, s’expose pour mieux se dissimuler… Il y a en lui quelque chose de la science-fiction, et ce même état d’esprit – curiosité, inquiétude métaphysique – analogue à celui qui préside à la science.

L’aventure intime du Voyage fantastique 1/7

catalogue du Gentil Garçon, il fut édité à l’occasion de l’exposition éponyme de l’artiste1 et documente une sélection d’œuvres qui évoquent l’idée d’un voyage immobile, d’une immersion dans le corps et le temps. Il est accompagné d’un texte de l’artiste Didier Torte alias Yves Lemarque, « L’aventure de l’extérieur ». Aussi étrange que cela puisse paraître, la réalisation de ce livre fut marquée du sceau infâme de la censure. L’artiste s’est vu notifier par le comité de lecture du service communication de la ville qui finançait l’ouvrage, qu’il devait en supprimer deux images : une reproduction de l’œuvre The Pleasure Gates et celle du personnage Pétoman, tiré du Super Abécédaire. Je ne rapporterai pas ici le discours rocambolesque et effarant qu’a tenu le responsable de cette décision quand l’artiste le contacta pour demander des explications. Pour faire un pied de nez à cette décision abusive, à la place des pages hautement nocives incriminées, l’artiste composa un message codé à l’aide de son Super Abécédaire 2, le message était simple : CENSURE. C [1] L’aventure intérieure, 4 mars – 10 avr. 2004, Rez d’art contemporain, Meyzieu. [2] Dans le livre chaque lettre est associée à un super-héros dessiné par l’artiste, ces dessins permettent donc de recomposer des mots. F Air Lines, Amour à mort, anus, aventure, corps, Homme de Mnémosyne, Infini brouillon, mystère, Pendant ce temps-là, nulle part, Trois cent soixante-cinq secondes.


Barricades mystérieuses (les) — 2011 (micro. archi. et doc.) p.u. ; 1 984 tas­seaux de bois, reproduction d’un tableau, livres, lecteur CD ; 530 × 270 × 250 cm g pl. X I p.25 A Une

étrange cons­truction de bois barre la route. Elle consiste en un empilement de tasseaux de sections carrées, organisé selon une méthode qui s’inspire d’un gadget très populaire dans les années 1980, une sorte de « boite à épingles » qui permet de reproduire des formes. La surface du mur de bois semble avoir été modifiée selon les contours de différents objets qui y ont trouvé refuge. On dénombre : la reproduction d’un tableau de Magritte, un ensemble hétéroclite de livres, une photo encadrée et un lecteur de CD. Un renfoncement crée aussi un espace habitable comportant une table et deux assises qui permettent la consultation de tous les documents.  B Étymologie : Avant d’être le nom d’une œuvre du Gentil Garçon, Les barricades mystérieuses fut le titre d’une musique pour clavecin de Couperin de 1717, d’un livre d’Edmond Jaloux publié en 1922, d’un poème de Blanchard de 1937, d’un recueil de poésie d’Olivier Larronde publié en 1946, d’un roman à l’eau de rose de

Jacqueline Bellon publié en 1960, d’un tableau de Magritte de 1961 (qui a servi de modèle pour la fresque du Palais des congrès de Bruxelles), d’un livre d’ethnologie publié en 1988, d’une œuvre pour flûte et orchestre de Luca Francesconi écrite en 1989, d’un polar de Sébastien Lapaque publié en 1998, d’une exposition de photographies de Sophie Ristelhueher au cabinet des estampes de Genève en 1995. B Origine : Le Gentil Garçon fut invité à créer une œuvre destinée à être installée de façon éphémère en extérieur à l’occasion d’une exposition collective autour de la notion de territoire1. Après diverses digressions, Le Gentil Garçon s’est intéressé aux barricades, ces constructions précaires qui servent à délimiter et protéger un territoire lors d’émeutes. Il eut alors l’idée d’une barricade construite comme un décor, avec un recto qui mimerait l’architecture de la résistance et un verso inattendu. Sans savoir en quoi allait consister ce revers de la médaille, Le Gentil Garçon imagina un titre à l’œuvre : Les barricades mystérieuses. Comme il le fait souvent quand il imagine un titre de pièce qui lui plaît particulièrement, il est allé

Profile for LES REQUINS MARTEAUX

Tout le Gentil Garçon  

Le projet est d’envergure, à tel point qu’il a été distingué par le Prix Champagne Henriot du catalogue d’artiste 2011. Hommage à la passion...

Tout le Gentil Garçon  

Le projet est d’envergure, à tel point qu’il a été distingué par le Prix Champagne Henriot du catalogue d’artiste 2011. Hommage à la passion...

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