Page 1


THIERRY LAGALLA (dessins)


2


3


‘‘LORSQUE LES PEINTRES ARRIVÈRENT SUR PLACE, IL ÉTAIT MALHEUREUSEMENT TROP TARD’’

2013 collection privée

4


6


7


N

içois, ne suis d’origine. Niçois, suis devenu. L’honneur de présider la Mission pour l’inscription de Nice sur la Liste du patrimoine mondial et la responsabilité qui m’a été confiée d’assurer le commissariat général d’un programme biannuel d’expositions m’ont permis de mieux connaitre cette ville et, tout simplement, de l’aimer.

Pour moi qui fus, entre autres fonctions, président du Centre Pompidou, l’un des traits les plus passionnants et les plus attachants de cette ville est son inlassable capacité à s’attacher des artistes, à abriter des expériences artistiques inédites et à stimuler la création. C’est là que Matisse accomplit la révolution des papiers découpés. C’est là que s’est cristallisé ce phénomène protéiforme dont les rebondissements sont incessants qu’est « l’École de Nice » dont on célèbre, cette année, le 70e anniversaire. C’est là encore, sur les rives de la baie des Anges, que d’excellentes galeries déploient leur activité visant, souvent, à mettre en valeur le travail des artistes de ce terroir hors du commun. Parmi ces artistes – pour ne citer que quelques-uns de ceux qui ont un pied dans l’histoire – comment ne pas évoquer Ben, Noël Dolla ou encore Jean Dupuy et, pour ceux qui sont définitivement partie prenante de cette histoire, Yves Klein et Arman. Thierry Lagalla est issu de ce terreau dont il se revendique, d’ailleurs, de façon militante. La découverte de son travail a été pour moi une révélation, attiré que j’étais, au départ, par sa pratique d’un « art rapide », le dessin, qu’il a pris le parti de souvent cantonner dans ce format qu’il dit « trivial », le format A4, que je dirais plutôt commun. Le choix de ce format est pour Thierry Lagalla une façon de ne pas s’embarrasser de préalables formels, encombrants, afin de privilégier le fond, c’est-à-dire le sens qu’il donne à sa production d’images. Cette production permet à celui qui s’adonne à sa découverte d’effeuiller une véritable éphéméride de la pensée, des sensations, des passions et de la pensée de l’artiste. Cet artiste-là sait, avec une virtuosité à la fois désinvolte et profonde, jouer à la fois des images, des signes et des mots. On pense souvent à Picabia, on pense aussi, pêle-mêle, à la Joconde lubrique de Marcel Duchamp, L.H.O.O.Q ou encore, à la fameuse Trahison des images de Magritte qui proclame, insolemment, « ceci n’est pas une pipe ». Contemplant la suite des dessins faisant l’objet de cette publication, je me rends compte à quel point Thierry Lagalla est un artiste qui plonge les racines de sa création dans l’histoire de l’art qu’il aime explorer et citer. Dans E perché no ? on retrouve Warhol et Manet. Dans un autre dessin, ce sont Les poissons rouges de Matisse, déjà cités par Roy Lichtenstein, qui folâtrent dans leur bocal. On s’étonne aussi qu’un dessin porte comme titre Astraccion geometric e penec ou un autre the Abstract Brothers sings cercle et carré. Toutes ces références et bien d’autres n’encombrent pas Thierry Lagalla. Elles le libèrent, elles lui offrent sa piste d’envol. Ce n’est pas sans raison que dans l’un des dessins où il se représente, les yeux grands ouverts sur les territoires infinis de l’imagination, il écrit : Je me souviens très bien de l’instant où je compris, tout à coup, que j’étais moi. Sacré Lagalla !

Jean-Jacques Aillagon Ancien ministre


N

içois am I not, but Niçois I have become. The honour of chairing the committee to get Nice on the List of World Heritage Sites and the responsibility I was given for directing the committee of a two-year long programme of exhibitions have allowed me to become better acquainted with the city and, quite simply, to love it.

For me, who have been, among other things, the president of the Pompidou Centre, one of the most interesting and attractive features of this town is its untiring capacity for attracting artists, for sheltering original artistic experiences and for stimulating creation. It was here that Matisse started his cut-out paper revolution. It was here that that changeable phenomenon, the École de Nice, crystallised; its new developments are incessant and it is celebrating its 70th anniversary this year. It is here, once again, on the shore of the Baie des Anges, that excellent galleries develop their activity, often with the intention of highlighting the work of artists from this extraordinary region. Among these artists – just to mention a few of those have obtained their place in History – how can I not mention Ben, Noël Dolla or even Jean Dupuy, and not forgetting those who are definitely actively involved in this adventure, Yves Klein and Arman. Thierry Lagalla has come from this breeding ground; moreover he claims it as his own, in a most militant manner. Discovering his work was a revelation for me, attracted initially as I was by his practising a “rapid art”: drawing, for which he often uses the format he thinks of as “ordinary”, the A4 size, which I’d rather call “commonplace”. Thierry Lagalla’s choice of format is a way of not burdening himself with formal, unwieldy preliminaries, so as to favour the content, in other words, the meaning he gives to his production of pictures. This production enables the person who decides to discover him, to strip off the layers of sensations and passions of the artist’s thoughts, just like a tear-off calendar. With virtuosity that is both offhand and profound, this artist knows how to play with pictures, signs and words. It makes you think of Picabia, or of pell-mell, or of Marcel Duchamp’s lewd Gioconda, L.H.O.O.Q., or again of the famous Trahison des images by Magritte who proclaims insolently “this is not a pipe”. Contemplating the set of drawings which are the subject of this publication, I realise how much Thierry Lagalla is an artist who plunges the roots of his creation into the history of art which he likes exploring and quoting. In E Perché no ? we find Warhol and Manet. In another drawing, it is Matisses’s Poissons rouges – already quoted by Roy Lichtenstein – which are romping around in their bowl. One is also surprised that drawings should bear titles like astraccion geometric e penec” or again the abstract brothers sings cercle et carré. All these references and a lot of others do not burden Thierry Lagalla. They free him; they offer him the means to soar. It is significant that in one of his drawings, in which he pictures himself with his eyes wide open on the infinite territories of the imagination, he should write: “I remember the moment when I understood very well, suddenly, that I was I”. Lagalla, you old devil!

Jean-Jacques Aillagon Former minister


Holeways in My Mind (Troujours dans mon esprit), 2013

10

Profile for LES REQUINS MARTEAUX

L'esperiança plata  

de Thierry Lagalla 27 x 19 cm 192 pages Broché - Couleur 28.00€ ISBN: 978-2-8456-235-4 Novembre 2017

L'esperiança plata  

de Thierry Lagalla 27 x 19 cm 192 pages Broché - Couleur 28.00€ ISBN: 978-2-8456-235-4 Novembre 2017

Advertisement