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mieux-être Avec tout ceci, il nous a semblé plus ludique et plus éclairant de présenter les « travers » les plus récurrents dans la communication avec les ados et qui entrainent dès lors une dégradation de nos relations avec eux. Parfois, c’est en voyant avec lucidité ce qui ne fonctionne pas qu’on implémente plus vite des changements… Donc, pour vraiment réussir la communication avec un/des ados, commençons par : Réduire ou supprimer les injonctions Si les adolescents appréciaient naturellement l’autorité, cela serait connu de tous ! Les adolescents sont la plupart du temps hypersensibles aux injustices, petites, familiales, sociétales ou sportives, et toute autorité qui n’est pas exercée en finesse les énerve, les agace. Ils détestent autant l’injustice que l’injustesse. L’injustesse, c’est dans la formulation qu’on la trouvera. Donc parfois l’ajustement à faire dans notre communication n’est pas à faire sur le fond mais sur la forme. Soyons souples, expliquons nos décisions, précisons-en le contexte, démontrons notre raisonnement, questionnons-les sur leurs projets, entrons en dialogue vraiment. Elaguer les comportements paternalistes ou maternants Les adolescents sentent qu’ils ne sont plus des enfants. Lorsque nous, comme parents, nous gardons cette nostalgie de la beauté de leur enfance, cela se traduit dans la communication. Ils se sentent « infantilisés »… L’adolescence, c’est aussi cette période où ce qui était parfois fluide le devient moins comme des câlins en public, des surnoms enfantins, une façon de leur parler qui les ramène à des 28 / êt replu s

enfants inaptes à comprendre et à décider. Quand ils étaient enfants, nous décidions parfois pour eux ; ados, ils désirent prendre de plus en plus leur autonomie en main et leurs propres décisions. Les adolescents n’apprécient pas trop qu’on les prenne de haut, qu’on leur fasse la leçon, que l’on soit paternaliste. Leur orgueil est parfois en phase exponentielle ou bien sensible. A chaque fois que nous les prendrons de front, le risque du clash ou du blocage de la communication sera multiplié par le taux de confrontation… Aidons-les à cultiver progressivement de plus en plus de parcelles d’autonomie, respectons leurs émotions, cultivons notre diplomatie pour leur parler lorsqu’ils seront réceptifs, ouverts, avec des mots doux et sincères. Respecter leur vécu émotionnel et affectif Les ados vivent et perçoivent les émotions de façon très forte. Les neurosciences nous ont appris que leurs capacités cognitives de régulation émotionnelle n’est pas encore vraiment opérationnelle et développée. Une émotion « normale » pour un adulte (une vague de 15 cm) est vécue par un adolescent comme une vague de 2m50. Déjà, sommes-nous capables de ne pas juger leurs émotions ? Affectivement, les adolescents ont leur cœur à fleur de peau. Les ruptures affectives, les comparaisons, les disputes génèrent beaucoup d’émotions et du coup, ils sont souvent baignés dans un flux et reflux émotionnel parfois intense. Discuter, envelopper, débriefer et parfois les accompagner chez un professionnel de la relation si c’est trop intense pour eux ,

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