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d’elle-même pour s’objectiver, se regarder et se définir ? Il n’y a que le mental qui pourrait tenter de le faire, mais comme il est subséquent ou en aval de la Conscience, il ne peut « saisir » ce qui est en amont de lui afin d’en faire un objet d’observation… Un proverbe bouddhiste formule l’adage selon lequel « un couteau ne peut se couper lui-même », tandis qu’Auguste Comte assure que personne « ne peut [...] se mettre à la fenêtre pour se regarder passer dans la rue » ou encore que le soleil peut projeter ses rayons en toutes directions sauf vers luimême, bien qu’il soit toujours illuminé par le simple fait d’Être… Il en est de même pour la Conscience. La Conscience est non-mentale La plupart des définitions de la Conscience proposées par les dictionnaires ne sont donc pas tout à fait exactes, puisqu’elles considèrent la Conscience comme un phénomène mental et/ou relié aux sens. Or, la Conscience n’est pas un phénomène mental, ni obligatoirement relié aux sens. Les recherches sur les Expériences de Mort Imminente (E.M.I. ou N.D.E. en anglais), sur la méditation ou encore sur certains états modifiés de conscience démontrent clairement que l’activité de la Conscience est totalement indépendante du fonctionnement mental. Des milliers de témoignages et de compterendus précis d’E.M.I. en témoignent : en l’absence du fonctionnement des sens et/ ou cérébral, non seulement la Conscience continue à percevoir les informations du monde phénoménal, mais elle les « capte » encore mieux sans les « filtres » imposés par les sens et les concepts mentaux ! Il en est de même pour un individu qui serait aveugle, sourd, privé de l’un ou l’autre organe ou de ses membres : est-il moins conscient qu’un autre être humain aux sens totalement fonctionnels ou à l’intégrité physique préservée ? La réponse est évidente : notre expérience de la Conscience n’est pas affectée par l’état du corps physique auquel elle semble reliée. Par conséquent, la Conscience serait davantage un phénomène d’arrière-plan qui se traduirait par un sentiment de cohésion, d’unité, MARS 2019 / 15

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de la Conscience — l’idée qu’elle soit produite par le cerveau et annihilée par la mort physique — ne peut pas rendre compte des expériences incroyablement riches qui entourent la mort du corps et que l’urgence d’une nouvelle vision « post-matérialiste » est indispensable. La caractéristique-clé de cette approche « post-matérialiste » repose sur l’évidence que la Conscience est « non locale ». Cela signifie qu’elle n’est pas confinée à des zones spécifiques de l’espace, tels que le cerveau et le corps physique, ni à des moments spécifiques dans le temps. Avant d’explorer plus avant ces découvertes fondamentales, revenons à la toute première question : Qu’est-ce au juste que la Conscience ? Le terme de Conscience peut en effet faire référence à plusieurs concepts : • au sens psychologique, elle se définit comme la « relation intériorisée immédiate ou médiate (qui se fait indirectement) qu’un être est capable d’établir avec le monde où il vit ou avec lui-même ». En ce sens, elle est fréquemment reliée aux notions de connaissance, d'émotion, d'existence, d'intuition, de pensée, de psychisme, de subjectivité, de sensation et de réflexivité. • au sens moral, elle désigne la « capacité mentale à porter des jugements de valeur moraux […] sur des actes accomplis par soi ou par autrui ». • elle peut aussi désigner la totalité formée par l’ensemble des représentations d’un sujet (tout au moins de ses représentations conscientes). Si ces propositions de définition font de la Conscience une expérience prégnante pour tout être humain, elle n'en reste pas moins, comme le souligne par exemple André Comte-Sponville, « l'un des mots les plus difficiles à définir ». Cette difficulté se heurte en effet à la problématique d'une Conscience tentant de s'autodéfinir. Comment la Conscience, qui est le seul sujet qui soit, pourrait-elle s’extraire

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