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Absorption dans le vide

Dimension posturale

Une forme particulière de méditation avec objet est celle dans laquelle l’objet lui-même est le vide ou absence d’objet. Dans cette pratique très pointue, un effort est maintenu pour garder le mental libre de pensées et de sensations. Comme dans tout autre forme de méditation avec objet, il en résulte un affaiblissement temporaire de l’ego et le mental éprouve pendant quelque temps une absence de pensées, voire de sensations, selon la nature et la profondeur de l’absorption obtenue. Cependant, cet état est encore une création mentale subtile qui a un début et une fin. Cette forme de méditation est souvent prise à tort pour la méditation sans objet. Ce n’est pas le cas parce que l'absence d'objets est encore un objet subtil que le mental projette. Bien que cet état puisse apporter un soulagement temporaire et même, dans certains cas, s’accompagner de l’émergence spontanée de certains « pouvoirs psychiques », le méditant reste soumis à la sphère mentale subtile et la plénitude du cœur lui demeure cachée. Quelle que soit la forme pratiquée, la méditation avec objet a donc ses limites pour le chercheur de vérité en quête d'absolu. Pour le méditant laïque par contre, les vertus de cette pratique le combleront aux niveaux physique, émotionnel, psychique, mental et énergétique.

Notons que dans ce type de méditation, on retrouve souvent une dimension posturale. Le corps est invité à se réaligner dans une assise bien verticale. Certaines écoles insistent sur le fait de ne pas croiser les jambes, alors que d’autres préconisent l’assise en tailleur ou en lotus pour créer un « circuit fermé ». Parfois, la verticalisation de la colonne vertébrale s’accompagne également d’un réajustement des cervicales : on rentre le menton, sommet du crâne pointant vers le ciel. Dans certaines pratiques, la pointe de la langue se positionne également au creux du palais pour favoriser la circulation des énergies. Enfin, de nombreuses formes de méditation orientales préconisent l’utilisation de mudrâ (« signe » ou « sceau » en sanskrit) : une position codifiée et symbolique des mains et des doigts stimulant un organe, une fonction, un centre d’énergie, etc. Le plus utilisé en méditation étant le « Jnana mudrâ » (voir encadré). Avant d’aborder la méditation sans objet qui — pour de nombreux méditants aguerris — serait la quintessence même de toute pratique méditative, voici quelques-unes des approches méditatives avec objet les plus courantes :

Jnâna Mudrâ

Le mudrâ le plus utilisé dans les pratiques méditatives orientales est certainement le « Jnâna Mudrâ » ou « Geste de la Conscience ». La pulpe du pouce recouvre l’ongle de l’index en exerçant une légère pression sur celui-ci. Les autres doigts restent souples et unis. Les mains détendues reposent sur les cuisses ou les genoux, paumes vers le ciel. Le cercle fermé formé par l’index et le pouce représente le but ultime ou unification de la conscience individuelle (Atman) à la conscience cosmique (Brahman). Ce mudrâ agit à la fois sur le corps et le psychisme, c’est un geste universel qui améliore les états de tension et de désordres spirituels et qui stimule la mémoire et la concentration.

16 | AGENDA PLUS - JUIN 2018

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