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L'histoire de la méditation est intimement liée au contexte religieux dans lequel elle est pratiquée. Les premières références se trouvent dans les Védas hindous compilés il y a plus de 3.600 ans. Aux alentours du VIème au Vème siècle avant notre ère, d’autres formes de méditation se développent via le Confucianisme et le Taoïsme en Chine, ainsi que l’Hindouisme, le Jaïnisme et le Bouddhisme au Népal et en Inde. Le « Canon Pâli », une célèbre collection de textes du bouddhisme Theravada datant du Ier siècle avant notre ère, considère la méditation comme « un pas vers la libération ». La transmission du Bouddhisme par la route de la soie introduit ensuite la méditation dans d’autres pays asiatiques et, en 653, la première « salle de méditation » publique s’ouvre à Singapour. De retour de Chine vers 1227, le moine Dôgen écrit les premières instructions pour zazen, la célèbre assise silencieuse au cœur du Zen. Dès le XIIème siècle, le Soufisme inclut des techniques méditatives spécifiques : ses adeptes pratiquent alors le contrôle de la respiration et la répétition de paroles saintes. Entre le Xème et le XIVème siècle, l’hésychasme se développe, en particulier sur le Mont Athos en Grèce. A noter : la méditation chrétienne occidentale contraste avec la plupart des autres approches en ce qu'elle n'implique pas la répétition d'une phrase ou d'une action et ne nécessite aucune posture spécifique. Des formes séculaires indiennes de méditation sont ensuite introduites en Australie à la fin des années ’50, puis aux États-Unis et en Europe dans les années ’60. C’est à partir de cette époque que des méthodes de méditation laïque se développent en Occident. En dehors de tout contexte religieux ou spirituel, l’approche laïque met davantage l’accent sur la réduction du stress, la relaxation ou encore l’amélioration de ses performances. Les techniques de méditation, tant spirituelles que laïques, font l’objet de nombreuses études scientifiques, particulièrement à partir des années ’70. En près de 50 ans, plus d’un millier d’études sur la méditation ont ainsi été

réalisées de par le monde ! Malgré cela, les mécanismes exacts à l’œuvre dans la méditation restent incertains. Comment, en effet, mesurer avec des outils « matériels » ce qui est du domaine de l’Esprit ? Quoi qu’il en soit, ces études, qui font la part belle aux vertus physiques et psychiques des pratiques méditatives, se sont penchées sur de nombreuses approches distinctes. Mais quelles que soient les formes de méditation, elles se regroupent toutes en deux familles distinctes : la méditation avec objet et la méditation sans objet.

Méditation avec objet Dans la méditation avec objet, l’attention est concentrée sur une forme spécifique, grossière ou subtile : image physique ou mentale, sensations corporelles, rythme respiratoire ou cardiaque, syllabes sacrées mentalisées ou psalmodiées, etc. Dans cette forme de méditation, un effort est requis pour focaliser l’attention sur l’objet choisi pour la pratique. Au terme de ce processus, le mental peut rester fixé sans effort sur l'objet contemplé. Le méditant éprouve alors une immobilité, une absence de pensées et de sensations autres que celles qui constituent l’objet de méditation. Il s’agit d’une véritable absorption dans l’objet contemplé. Evidemment, pour maintenir cet état, une tension, parfois subtile, est toujours nécessaire pour rester 100% focalisé. Le méditant est encore dans la sphère mentale et temporelle, même s’il s’agit d’une dimension plus subtile du mental et du temps. Cet état a donc un début et une fin. Tôt ou tard, le méditant sort de son absorption et l’ego réapparaît avec son cortège de peurs, de désirs et de souffrances. AGENDA PLUS - JUIN 2018 | 15

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