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Numéro 49

Novembre 2018

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org


Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Laurent Duval L’orgue, ce méconnu Montréal, FQAO, 2012, 305p. 11 planches couleur 20 $ (+ 4 $ frais d’expédition par la poste)

de l’orgue au Québec. Après un bref rappel de l’histoire du développement de l’orgue au cours des siècles, l’auteur nous amène au début du XIXe siècle en nous dépeignant le rôle qu’a joué Albert Schweitzer dans la sauvegarde de l’orgue classique. À ce rappel historique s’enchaîne l’histoire de la facture d’orgue au Québec ainsi que de sa « renaissance » à la fin des années 1950 et au début des années 1960. La deuxième partie de l’ouvrage nous amène au cœur du répertoire de la musique d’orgue et s’attarde principalement sur l’œuvre pour orgue de J. S. Bach avec un bref commentaire sur ses principales œuvres.

Libellez votre chèque au nom de la FQAO et expédiez, par poste à FQAO


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

Sommaire 4

Comité de rédaction Irène Brisson, Noëlla Genest, Robert Poliquin, Yves-G. Préfontaine Michelle Quintal

Les organistes 5 7

Collaborateurs à ce numéro Raphaël Ashby, Emmanuel Bernier, Louis Brouillette, Paul Cadrin, André-Pierre Chartrand, Robin Côté, Claude Lemieux, Gérard Mercure, Robert Poliquin, Yves-G. Préfontaine

Éditorial : La revue Mixtures

Un géant trifluvien : J.-Antonio Thompson La relève en orgue : deux portraits Les instruments

11 14 17

Révision

La facture d’orgue dans la vallée du Saint-Laurent au début du XIXe siècle (3e partie) Le nouvel orgue de l’église Saint-Damase Le relevage de l’orgue Wilhelm de Loretteville Les activités

Marcelle Maheux, Gérard Mercure

18

Congrès RCCO/CRCO 2018 — Calgary

Impression Les Copies de la Capitale, Québec Paraît deux fois par année : mai et novembre Prix : Canada : 5 $ par numéro États-Unis : 7 $ par numéro Europe : 11 $ par numéro

Date de tombée : 1er du mois précédent

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1 Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, rue du Sieur-d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Novembre 2018 ISSN 1201-5741

Nécrologie 24

Élise Paré-Tousignant (1937-2018) Les chroniques

25 26 26 27 28 29 30 33

Anniversaires en musique Ici et là, au Québec… - Fédération - Montréal - Québec - Estrie - Rimouski Parutions Revue des revues

En couverture : Wilhelm, 1992 Deux claviers et pédalier 23 jeux, 28 rangs Traction mécanique des claviers et des jeux Chapelle St. Mark’s Université Bishop’s Lennoxville, QC

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Mixtures, numéro 49, novembre 2018

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Éditorial par Robert Poliquin

La revue Mixtures Parmi les premières décisions prises par le premier conseil d’administration, au lendemain de la fondation, en 1994, de la Fédération Québécoise des Amis de l’orgue, on retrouve celle de mettre sur pied une équipe qui verrait à la préparation et à la publication d’une revue sous le nom de Mixtures. Dès le départ, cette revue reçoit la vocation d’un bulletin de liaison entre les membres des associations fédérées et d’autres amis intéressés à la vocation des orgues à tuyaux et non pas une « revue savante » où le contenu serait dédié principalement à des initiés et des experts. C’est à cette vocation qu’au cours des ans s’est dévouée toute une équipe de bénévoles tant au niveau des rédacteurs et des réviseurs que des responsables de la publication. Les pionniers ont ouvert la à la présentation en agrandissant le format tout en utilisant le papier glacé et surtout la couleur. Question d’abonnement L’intention originale était que la revue soit destinée aux membres individuels de la FQAO ainsi qu’aux membres des associations fédérées. À ce groupe s’est joint, en 2014, suite à une entente avec le Collège royal canadien des organistes (RCCO/CRCO), un groupe de membres possédant la double participation (RCCO/FQAO). Au cours des dernières années, la revue a connu une certaine notoriété, et certaines personnes se sont simplement abonnées à la revue. C’est à cette dernière situation que veut répondre une modification proposée par la direction de la revue au conseil d’administration de la FQAO. La proposition a reçu un avis favorable des membres du conseil d’administration de la FQAO lors d’une journée de travail tenue le 3 septembre dernier. La proposition déposée se lit comme suit : Étant donné la vocation initiale de la revue Mixtures qui se veut un bulletin de liaison à l’intention de ses membres, il est proposé que toute personne sollicitant un abonnement doive, obligatoirement, devenir membre individuel de la FQAO dont la cotisation annuelle est de 30 $, ce qui inclut l’abonnement à la revue Mixtures. À ce montant, des frais de poste additionnels s’ajoutent pour les livraisons aux États-Unis (14 $ par année) et ailleurs au monde (22 $ par année). Si ratifiées par le conseil d’administration, ces nouvelles conditions d’abonnement entreraient en vigueur lors de la publication du premier numéro d’une année civile, tout en respectant les abonnements en cours. Question de support La revue Mixtures n’est pas insensible au courant du numérique. Plusieurs personnes nous ont fait part de leur préférence pour cette technologie. Il faut souligner que déjà, tous les numéros de la revue sont disponibles pour lecture, et ce, gratuitement, sauf le dernier, celui-ci devenant disponible lors de la publication du suivant. Nous sommes à étudier divers scénarios qui permettraient aux membres d’accéder au numéro courant sous format numérique sans pour autant pénaliser l’édition papier dont le volume d’impression influence les coûts de production. C’est à suivre… Robert Poliquin Coordonateur

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Un géant trifluvient : J.-Antonio Thompson par André-Pierre Chartrand

La vie et la carrière d’un grand musicien qui a apporté énormément aux gens de son entourage, à sa famille et à la vie musicale des Trois-Rivières.

J.-Antonio Thompson est né à Montréal, le 22 novembre 1896, jour de la Sainte-Cécile, patronne Noël Charbonneau et Élie Savaria à Montréal, il reçoit sa formation en orgue auprès de J.-Arthur Bernier à Québec. Ayant fait son collège Séraphique chez les Franciscains de Montréal, il est connu de ceux-ci. Ils lui offrent le poste d’organiste à leur toute nouvelle paroisse Notre-Damedes-Sept-Allégresses des Trois-Rivières. Donc, le tout jeune Antonio Thompson accepte le poste et entre en fonction dès l’automne 1916. Au moment où il arrive aux Trois-Rivières, l’intérieur de l’église n’est pas encore achevé et le jeune musicien doit temporairement toucher un harmonium. À ce poste, il succède à Nazaire Marchand Cécile. Afin d’arrondir ses fins de mois, le jeune organiste joue le piano lors de la projection de films muets au Cinéma de Paris situé sur la rue Saint-Maurice à un coin de rue de l’église. Dès 1919, soit trois ans après son arrivée aux Trois-Rivières et cinq ans après la construction de l’église, les grandes orgues sont installées par la Compagnie des orgues canadiennes. Antonio en conçoit lui-même le devis. La section « Écho » ou orgue de chœur est installée en 1925. C’est le début d’une longue et fructueuse tradition musicale dans la paroisse et d’une carrière d’enseignement et de composition pour le jeune Antonio Thompson. , dit-on, souvent faire des chemins de la croix aux heures où le jeune titulaire pratiquait à l’orgue. Leur mariage sera célébré le 21 avril 1919. Huit enfants, tous musiciens, naîtront de cette union : Thérèse (piano), Maurice (trombone), Marcel (orgue, basson et flûte), Claire (violon), Claude ─ mieux connu sous le nom de l’abbé Thompson qui devint directeur des Petits chanteurs de Trois-Rivières ─ (piano et orgue),

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Pauline (piano), Denise (piano), et Suzanne (piano et flûte). M. Thompson enseigne la musique au Séminaire Saint-Joseph, au Collège Séraphique des Franciscains, et à l’Académie de La Salle où il dirige la Philharmonie. Il a plusieurs élèves au privé en piano et en orgue. Il enseigne même l’orgue à ses deux fils, Claude et Marcel. Ce dernier, après avoir dirigé la chorale de l’église où son père est titulaire, deviendra, à 20 ans, le successeur de Bernard Piché comme organiste à la cathédrale de Trois-Rivières où il demeurera en poste pendant 10 ans.

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Son apport à la vie musicale des Trois-Rivières est énorme et ce, dans plusieurs domaines. Parmi ses implications, il faut mentionner qu’il fut, entre autres, responsable du contenu musical à la station de radio CHLN lorsque celle-ci est créée, responsable de la musique pour la troupe théâtrale des Compagnons de Notre-Dame dont il fut l’un des membres fondateurs, troupe qui existe toujours sous le nom des Nouveaux compagnons, et responsable des activités musicales de la Garde paroissiale de son église. Il faut aussi souligner qu’il a formé et dirigé un quatuor vocal, les Chevaliers du guet, dont les pratiques avaient lieu dans sa résidence de la rue Père-Frédéric. Au cours de sa longue carrière, il compose plusieurs motets et messes ainsi qu’une version des « Sept paroles du Christ ». Il harmonise plus d’une centaine de chants de notre folklore et fonde le Chœur mixte qui deviendra par la suite le Chœur Thompson. À travers toutes ces fonctions et activités, il est invité à inaugurer des orgues un peu partout au Québec, sans oublier son récital d’orgue annuel à Notre-Dame, le 22 novembre, jour de la Sainte-Cécile. C’est lui qui accompagne la chorale paroissiale lorsqu’elle remporte plusieurs prix au niveau provincial ainsi que la Maîtrise de Notre-Dame, composée d’une quarantaine de garçons. On ne peut, non plus, passer sous silence son implication dans divers domaines au niveau de la paroisse. Mais avant tout, J.-Antonio Thompson est un époux et père de famille. C’est un homme engagé envers son église et envers sa ville, mais aussi au sein de sa famille dont la vie lui tient à coeur On raconte que le dimanche, en après-midi, on faisait de la musique chez les Thompson dans la belle maison de brique qu’il avait fait construire en 1927 à quelques pas de son église. Cette maison porte aujourd’hui une plaque commémorative à l’instar d’autres monuments historiques de la ville des Trois-Rivières. C’est un homme jovial qui aime faire des blagues. Il est doté d’un esprit vif qui le porte à faire des jeux de mots. Comme passe-temps, il aime se retrouver dans son atelier du sous-sol où il y travaille le bois et fabrique de petits meubles. C’est aussi lui qui fait les emplettes pour libérer son épouse. Bref, ce grand musicien, humble et effacé, possède toutes les qualités du mari attentionné et d’un père de famille aimant. Ayant passé la plus grande partie de sa vie avec les Franciscains qui l’ont instruit et pour qui il a touché les grandes orgues pendant 58 années consécutives, il est empreint de leur spiritualité.

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On dit que lorsqu’il arrivait à la tribune de l’orgue, avant même de chausser ses souliers d’organiste et d’ouvrir le couvercle de l’orgue, il s’agenouillait au bord de la tribune et faisait une prière. Ses œuvres religieuses reflètent cette intériorité et cette sérénité.

musical de son époque, dont le célèbre André Marchal, venu réinaugurer les grandes et augmentées à 60 jeux en 1949 par Casavant Frères. Il fait partie de ces grands musiciens d’église qui ont passé des heures et des heures à la tribune de leur orgue pour des salaires de toute préoccupation pour la gloire et la ! Ne les oublions jamais! La salle de concert du centre-ville des TroisRivières porte son nom et une plaque commémorative dans le vestibule de l’église Notre-Damedes-Sept-Allégresses rappelle sa mémoire et ses nombreux et magnifiques accomplissements. J.-A. Thompson s’est éteint le 8 mars 1974 alors qu’il était toujours titulaire des grandes orgues de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses.

Remerciements à Denise et Suzanne Thompson, filles de J.-A. Thompson, à Denise Maltais, archiviste au diocèse des Trois-Rivières, ainsi qu’aux pères Franciscains des Trois-Rivières.

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La relève en orgue : portrait de deux étudiants d’origine estrienne

Quels sont les projets des organistes en formation? Comment définissent-ils leur place dans le monde organistique québécois? Quel élément déclencheur les a incités à apprendre l’orgue? Voici quelques questions auxquelles ont répondu deux étudiants en orgue de et Raphaël Ashby. Profitons de cet accès privilégié aux pensées et à la vie de ces deux étudiants d’origine estrienne afin de mieux au Québec leur carrière en orgue. Dorothée Lacasse, âgée de 24 ans, termine son baccalauréat à l’École de musique de l’Université de Sherbrooke avec Nicolas-Alexandre Marcotte. Elle est actuellement la seule étudiante en orgue de cette université. Originaire de Stukely-Sud, elle est organiste cotitulaire aux églises catholiques Saint-Patrice de Magog et Saint-Louis-de-France d’East-Angus. Raphaël Ashby, 22 ans, étudie pour sa part à de ce Suédois d’origine compte cette année 23 étudiants, dont plusieurs Américains. Raphaël, natif d’East-Angus, est l’organiste titulaire de l’église presbytérienne Briarwood de Beaconsfield, en banlieue ouest de Montréal. Autant Raphaël que Dorothée désirent entamer une maîtrise en orgue l’an prochain. Ces deux étudiants ─ à qui j’ai eu l’honneur d’enseigner au Cégep de Sherbrooke à l’automne 2013 lors d’un remplacement de cinq semaines ─ se produiront le 18 novembre 2018 à l’église unie Plymouth-Trinity de Sherbrooke dans un concert organisé par les Amis de l’orgue de l’Estrie.

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par Louis Brouillette

1.

?

Dorothée Lacasse (DL) : Enfant, j’étudiais le piano et je chantais dans la chorale de Noël de ma paroisse. L’orgue m’était familier et m’intéressait. À 10 ans, j’ai effectué mon premier remplacement en tant qu’organiste. À 12 ans, j’accompagnais chaque dimanche les offices à l’église de Saint-Étienne-de-Bolton. À 14 ans, j’ai joué pour la première fois sur un orgue à tuyaux, un instrument Casavant de cinq jeux. Pour moi, le choix était fait depuis longtemps : c’est l’orgue que j’allais étudier. Raphaël Ashby (RA) : Depuis mon plus jeune âge, j’étais fasciné par le son de l’orgue et Angus, j’ai pu entendre le superbe Casavant 1928 de 30 jeux de l’église Saint-Louis-deFrance. Mon père, connaissant très bien l’organiste, m’amena au jubé pour que celui-ci me montre l’orgue. J’ai adoré l’expérience. Quelques pour lui demander si je pouvais aller pratiquer à l’orgue. Il a gentiment accepté. C’est ainsi que j’ai débuté l’apprentissage de l’instrument : par moi-même, jusqu’à ce que j’entre au Cégep de Sherbrooke quelques mois plus tard. 2.

votre parcours universitaire?

DL : Mes études m’ont laissé entrevoir ce qu’est le monde de l’orgue. Les aspects techniques de l’instrument, les différents styles de répertoire, l’accompagnement d’autres musiciens, la rigueur et l’efficacité dans la pratique musicale et, le plus important, le plaisir de la musique. Je sentais que mon passage au Cégep n’était que le début de belles années d’apprentissage. J’ai le même sentiment aujourd’hui encore. J’ai beaucoup appris durant mon baccalauréat, je peux encore, et veux, approfondir mes connaissances.

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RA : Nicolas-Alexandre Marcotte, mon professeur du Cégep, est un musicien très ouvert d’esprit qui m’a beaucoup inspiré. Étant moimême très curieux de nature, je crois qu’il m’a surtout inculqué à ne fermer aucune porte et à saisir les opportunités qui me feront avancer. C’est à sa suggestion que j’ai auditionné pour entrer à l’Université McGill.

RA : Sans aucun doute, être organiste liturgique a favorisé mes études. Être à l’emploi d’une église procure l’opportunité de préparer un prélude, une sortie et les accompagnements à toutes les semaines. Ayant la chance d’être attitré à une église protestante, j’apprends et j’accompagne l’assemblée dans plusieurs hymnes en plus de diriger le chœur. Tout cela élargit énormément mon expérience de musicien.

3. Quels sont les points forts de votre formation universitaire en orgue? DL : Le plaisir d’être à l’université, pour moi, c’est de m’améliorer sans cesse à l’instrument et de comprendre ce que je fais. Les cours théoriques et pratiques me permettent d’en discuter avec les professeurs et les autres étudiants. RA : J’ai la chance d’étudier dans un milieu très stimulant, à l’Université McGill. En plus de nos leçons individuelles hebdomadaires, nous avons un cours réunissant tous les élèves de la classe d’orgue (rien de moins que 23) qui se déroule sous forme de classe de maître, où nous avons l’occasion d’interpréter des pièces et d’en discuter avec le groupe. Il en résulte un climat d’apprentissage très stimulant comme nous sommes encouragés à commenter les possède un niveau de connaissances différent, le partage est, de ce fait, rehaussé. La vaste expérience de notre professeur, HansOla Ericsson, et sa connaissance des différents répertoires sont aussi un précieux atout. Ayant étudié avec plusieurs grands maîtres tels . Nous avons également accès à des instruments de différentes esthétiques (classique française, baroque allemande, néoclassique, anglaise, romantique, etc.). 4.

liturgique durant votre baccalauréat a favorisé ou ralenti vos études en orgue? Pourquoi?

DL : Je considère qu’être organiste liturgique m’aide dans ma formation. Ça m’offre la possibilité de jouer en public chaque semaine et d’accompagner différentes formations musicales. Ça m’oblige aussi à être bien organisée pour bien réussir dans mes études et mon travail. C’est une expérience précieuse, qui me met en contact avec la réalité de la vie d’organiste avant même d’avoir terminé mes études. Page 8

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5. Racontez un de vos plus beaux souvenirs ou une de vos plus belles expériences concernant vos études ou votre carrière en orgue. DL : C’est tout simple : un émerveillement continu. Être à l’orgue et offrir un moment de paix et d’intériorisation avant la célébration, c’est une forme de méditation pour moi, une prière que je me permets de croire qui est partagée. Une expérience qui est répétée chaque semaine et qui est chaque fois aussi apaisante. RA : Lors de ma première année de

, op. 9, du compositeur français Maurice Duruflé avec le grand Chœur de McGill. La pièce est écrite pour chœur et orchestre ou orgue. Nous avons exécuté la version avec orgue. Bien que je ne fus pas à l’orgue pour ce projet, je peux affirmer que ce fut une expérience déterminante. Le chant choral est très important pour moi; il constitue une grande part de mes activités musicales. La musique de Duruflé me touche beaucoup, et cette pièce en particulier. Je vais avoir l’occasion de jouer la partie

RA : J’ai une grande admiration pour l’œuvre du compositeur français Charles Tournemire. Je fais en ce moment une recherche sur ce compositeur pour en approfondir ma compréhension. Après ma maîtrise, je vais faire un doctorat pour étudier sa musique encore davantage. Malgré son œuvre considérable, il est toujours assez méconnu. Également, je tiens à jouer la musique des compositeurs québécois qui ont été influencés par sa musique, comme Bernard Piché. Dans la prochaine année, je vais jouer en récital , au sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs, à l’église Saint-Pierre-Apôtre et à l’Oratoire Saint-Joseph. Je vais également jouer le Requiem de Maurice Duruflé le 7 juillet 2019, à l’abbaye Saint-Benoîtdu-Lac, avec le chœur de l’École d’été de chant choral de l’Université de Sherbrooke.

du-Lac, avec le chœur de l’École d’été de chant choral de l’Université de Sherbrooke. 6.

dans le monde organistique québécois?

DL : C’est difficile à déterminer, je commence à me considérer comme une musicienne à part entière et non plus seulement comme une étudiante. RA : Je suis malheureusement un des trop peu nombreux organistes de ma génération. Je crois que, même étant jeune, j’ai un devoir de répandre et de conserver la culture de l’orgue au Québec. Faire de mon mieux pour transmettre ma passion et faire découvrir le magnifique répertoire de l’orgue. 7. Quels sont vos projets en tant qu’organiste? DL : Chaque projet m’amène à me dépasser et à devenir une meilleure organiste. Dans le futur, je prévois me perfectionner à l’instrument, continuer d’être organiste liturgique, travailler avec des chœurs. La musique a le pouvoir de rassembler les gens.

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8. )? une double carrière, pour ma part, je préfère me consacrer entièrement à la musique. Un et de chant choral. RA : Je n’envisage pas de faire une double carrière à la fin de mes études. Je désire gagner ma vie en musique. J’ajoute constamment des complet et ainsi multiplier les opportunités qui s’offrent à moi.

DL : Je considère qu’il est de mon devoir d’organiste de mettre en valeur l’instrument et ses possibilités. Je me suis fiée à la composition de l’orgue et à l’acoustique de l’église pour sélectionner les œuvres de mon répertoire que j’interpréterai prochainement. RA : L’orgue de Plymouth-Trinity est un orgue d’esthétique romantique qui a été rendu néoclassique dans les années 1980. Certains jeux ont été modifiés pour donner à l’orgue plus de brillance et ainsi permettre de mieux rendre la musique polyphonique. Pour bien mettre l’orgue en valeur, j’ai opté pour un programme varié de musique baroque et romantique.

9. Selon vous, quels sont les principaux défis auxquels sont confrontés les organistes québécois en 2018? DL : Selon moi, le défi est de faire entendre et connaître l’instrument à la communauté. Fortement associé à la liturgie, l’instrument est plus méconnu lorsqu’il s’agit de répertoire. Que ce soit pour le partage de connaissances, le plaisir de l’écouter, l’entretien des instruments et des bâtiments qui les abritent, le point de départ commun que je vois est que le public doit connaître l’existence et la beauté de l’instrument. RA : Je crois que la baisse de la pratique religieuse et les églises qui se vident sont difficiles pour le milieu de l’orgue. Plusieurs instruments sont négligés par manque de fonds et de plus en plus d’églises ferment. Il y a un défi de conservation des instruments doublé d’une baisse du nombre d’emplois disponibles pour les organistes. Mais plus encore, vu que la majorité des instruments se trouve dans des églises, le grand public est de moins en moins en contact avec l’orgue. Il y a un défi de faire connaître l’instrument des gens. 10. De quelle façon l’orgue Casavant (trois claviers, 25 jeux, 1907) de l’église unie Plymouth-Trinity de Sherbrooke a-t-il influencé le choix de votre répertoire pour le concert du 18 novembre prochain?

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Programme du concert « La relève en orgue » présenté par les Amis de l’orgue de l’Estrie, le dimanche 18 novembre 2018, à 15 heures, à l’église unie Plymouth-Trinity (380, rue Dufferin, Sherbrooke) Prélude en sol mineur, BuxWV 149, de Dietrich Buxtehude (1637-1707) Le banquet céleste d’Olivier Messiaen (19081992) Choral no 3 en la mineur de César Franck (18221890) Dorothée Lacasse, orgue Partita (Choral, Bicinium und Pastorale) und Satz « Jesus Christus, unser Heiland » de Hugo Distler (1908-1942) 1890) Fugue en do majeur, BuxWV 174, de Dietrich Buxtehude (1637-1707) L’orgue mystique, op. 57, no 36 (10e dimanche après la Pentecôte) : « Communion » de Charles Tournemire (1870-1939) Bach (1685-1750) Raphaël Ashby, orgue

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La facture d’orgue dans la vallée du Saint-Laurent au début du XIXe siècle

par Robin Côté

NDLR Issue d’une conférence prononcée lors du congrès conjoint RCCO/AGO/FQAO en juillet 2017, cette communication vous est proposée en quatre livraisons. Cette troisième livraison traite du vent et de la soufflerie tandis que la quatrième traitera l’esthétique sonore.

3. Le vent Qualités requises du vent au XIXe siècle Le traitement du vent mérite qu’on s’y attarde car c’est l’énergie fondamentale de la production du son des tuyaux. Le XIX e siècle va connaître une grande évolution des techniques quant à la production du vent, son stockage, sa stabilisation et son utilisation. Prenons les modes de production du vent : jusqu’au XIXe siècle, l’utilisation des soufflets cunéiformes à un ou plusieurs plis est la norme. Avant 1800, les instruments ne dépassent que rarement les 40 jeux d’autant plus qu’il y a une limite de soufflets que l’on peut entasser autour des instruments! Autre élément important : la notion de tutti n’existe pas encore. La consommation en vent est alors bien moindre que dans les grands instruments symphoniques… Était-ce pour des raisons mécaniques? Accouplement des claviers trop durs, ou alors pour des raisons de débit de vent? Souffleries inefficaces? Peut-être que la réponse contient un peu de tous ces éléments…! Ceci-dit, la maîtrise du vent a toujours été un véritable défi pour les facteurs de tout temps.

ment sur l’accord des jeux de fonds. Les jeux d’anches sont un peu plus tolérants de ces variations. Du côté à simple pli est préconisée. Pour atteindre un volume de réserve suffisant, les soufflets doivent être très grands, ce qui les rend très lourds. Cependant, même si on observe une différence de pression entre le soufflet plein et vide, la pression est bien plus stable tout au long de la descente du soufflet. Les facteurs et les musiciens de cette époque étaient bien conscients de ces phénomènes et la littérature d’orgue s’est souvent, malgré elle, adaptée aux défauts des instruments. Il est intéressant de constater que les Anglais ont peutêtre été précurseurs en ce domaine. Selon plusieurs sources, l’invention du soufflet parallèle est l’invention de l’Écossais Alexander Cummings (1733-1814), mais c’est le facteur Samuel Green (1740-1796) qui l’aurait appliqué à l’orgue. Les organs » construits par Green vers 1785. Un exemple très pertinent se trouve à la cathédrale Holy Trinity de Québec.

Souffleries et pressions Au XVIIe et XVIIIe siècle, les souffleries se divisent en deux groupes : la tradition des pays latins de l’ouest: France, Italie, Espagne et la tradition des pays germaniques de l’est et du nord: Allemagne, pays scandinaves et baltes, Pologne, Autriche, Bohème. La soufflerie traditionnelle française, espagnole et italienne se distingue par l’utilisation des soufflets cunéiformes à plis multiples. Une des qualités de ces d’air en hauteur. Un des désagréments c’est que la pression d’air varie constamment entre le moment où le soufflet est plein ou qu’il est vide. Les conséquences de la variation de pression se répercutent directeMixtures, numéro 49, novembre 2018

Le système de vent : le ventilateur à droite et le soufflet à gauche. Page 11


Cependant, il faut attendre encore près de 30 ans pour voir les premiers orgues d’église adopter cette construction. Le soufflet rectangulaire à ouverture parallèle a permis une évolution significative du système de vent, car il a créé une séparation naturelle entre les pompes qui intègrent les deux fonctions. Les instruments importés au Canada au début du XIXe siècle provenaient essentiellement des facteurs londoniens (à la mode!) et devaient probablement comporter des soufflets à table parallèles. C’est aussi ce système que Thomas Appleton a utilisé pour tous ses instruments. Sur le continent européen, le système de pompe et réservoir s’est répandu partout. Mais la plus grande évolution, provient de l’horloger Cummings qui a pensé à stabiliser la pression par l’utilisation des plis compensés. Le principe a été introduit en France par John Abbey. Qu’en est-il au Canada ? Selon les instruments qu’il nous reste, les souffleries des premiers orgues de Warren sont en continuité avec celles de Thomas Appleton : c’est-à-dire la continuité des traditions de la fin du XVIII e siècle. Les soufflets des orgues Warren de Chambly (1854), ainsi que de Frelighsburg (1867) ont tous deux des soufflets à deux plis rentrants. Cependant, en 1861, Warren a été pour actionner la soufflerie de l’orgue de la Chapelle Wesleyenne (III/33) sur la rue Saint-Jacques à Montréal. Du côté de Louis Mitchell, l’exemple le plus ancien qui n’a pas été altéré date de 1871 et se trouve à Vaudreuil. Selon toute vraisemblance, Louis Mitchell et Napoléon Déry auraient utilisé que des réservoirs à plis compensés.

trace des systèmes de pompage actionnés par les pieds. Une constante chez tous les facteurs, la pompe qui est actionnée quand on remonte le bras est plus petite que celle qui descend ce qui permet d’alléger le poids à soulever épargnant ainsi le dos des souffleurs. Peut-être existe-il encore quelques moteurs hydrauliques oubliés dans le sous-sol de quelques églises montréalaises… Si aucun grand trois claviers du XIXe siècle ne nous est parvenu intact, nous avons dans les archives quelques documents intéressants qui nous informe sur les pressions utilisées. Prenons un cas unique dans la production de Louis Mitchell : l’orgue de l’église des Jésuites à Chicago (III/62). Construit de 1868 à 1869, c’est le plus grand instrument à jamais être sorti de l’atelier Mitchell. Un compte-rendu de l’instrument nous informe que l’instrument comprend un réservoir par plan sonore. Les pressions vont comme suit : Grand-Orgue et machine 4’’ (101mm), Pédale : 6’’ (152mm). Pour comparer, un orgue de 35 jeux comme à Lévis ou à réservoirs pour les quatre divisions. Cependant, on peut penser que la pression normalement utilisée était de 3’’ tel que mentionne un article du Canada-Musical de 1879. Cette pression a été utilisée par Mitchell pour l’orgue de SainteMonique de Nicolet. Cependant, à la fin du XIX e .

Saint-Jacques, Montréal

Mitchell 1867

GO-Péd 5’’ (127mm) Pos-Récit 3’’ (76mm)

Saint-Romuald

Mitchell 1865

4’’ (101mm)

Saint-Fabien-de-Panet

Mitchell 1872

2 9/16’’ (66mm!) Certainement 3’’ à l’origine.

Saint-Simon et Saint-Jude, Tignish, I.P.É.

Mitchell 1882

3’’ (76mm)

Saint-Léon-le-Grand

Casavant Frères 1896

3 ½’’ (90mm)

Saint-Alexandre-d’Iberville

Casavant Frères 1896

3 ½’’ (90mm)

Saint-Michel-de-Bellechasse

Déry 1897

3 ½’’ (90mm)

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Stabilité du vent et trémolos Côté stabilité du vent, les instruments de Warren nerveux, surtout au Récit où les portevents sont très longs; le sommier de celui-ci étant par-dessus le sommier de Grand-Orgue. Pour cette raison, ils ont tenté de stabiliser le vent en installant des petits soufflets antisecousses sur les porte-vents verticaux. Malheureusement, le petit soufflet réagit mais ne parvient pas à éliminer les secousses. Par contre, dans les Casavant de même dimension, le Récit se trouve généralement derrière le Grand-Orgue ce qui réduit de beaucoup la longueur des portevents. La stabilité du vent s’en trouve grandement améliorée et il y a peu de soufflets antisecousses. Chez Déry, le tracé des porte-vents est assez similaire aux instruments de Mitchell mais, à Saint-Michel-de-Bellechasse, le soufflet anti-secousse fonctionne très bien et atténue les secousses désagréables. Il semble que Déry ait compris qu’il pouvait obtenir un meilleur résultat en diminuant le diamètre des trous d’admission, ce qui a pour effet d’amortir les secousses et de stabiliser le vent.

Porte-vent

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Les trémolos restent un grand mystère esthétique! Le Mitchell de Saint-François-Xavier-deBrompton possède son tremblant d’origine (1863) de type « dans le vent » à la manière de Dom Bedos mais très rapide! D’autres orgues de Mitchell et Déry ont des tremblants à vent perdu « type Cavaillé », mais les plus efficaces sont ceux « à broche » qui ont été utilisés par Mitchell et les frères Casavant dès le début des années 1880 voire même avant. Ils sont réglables, mais leur fréquence la plus stable est toujours assez rapide comparée aux standards modernes… Cependant, si on compte les battements par seconde chez les chanteurs d’opéra et que l’on les compare aux trémolos du XIXe siècle, on s’aperçoit que ceux-ci sont dans la moyenne… Pas surprenant quand on pense que l’orgue du XIXe siècle était un instrument spécialisé dans l’imitation des timbres et des effets sonores.

Trémolo / Tremblant

Anti-secousse

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Le nouvel orgue de l’église Saint-Damase par Robert Poliquin

Saint-Damase, qui à l'origine se situait dans la seigneurie de Saint-Hyacinthe puis dans celle de Debartzch, est une municipalité dans la municipalité régionale de comté des Maskoutains située dans la région administrative de la Montérégie. Les pionniers arrivent dans la région vers 1795. Pour remplir leurs devoirs religieux, ceux-ci doivent se rendre dans les paroisses avoisinantes. L’éloignement des lieux et l’état difficile des assidue. C’est pourquoi, de 1804 à 1817, plusieurs tentatives sont menées auprès des évêques du diocèse de Québec pour former une nouvelle paroisse. Le 21 décembre 1820, Mgr Joseph-Octave Plessis, évêque de Québec, accorde la permission d'ériger une première chapelle de bois qui sera inaugurée le 30 juin 1823. Le premier curé résidant arrive le 13 mars 1824. La paroisse est érigée canoniquement le 17 mai 1829. Cette première chapelle, devenue trop petite avec l'accroissement de la population, est remplacée par une église en pierre dont la construction débute en 1834. Celle-ci est inaugurée le 5 octobre 1837. Le parachèvement de l'intérieur se fait entre 1841 et 1848. Frappé par la foudre, mis à part les murs extérieurs en pierre. La reconstruction aux mêmes dimensions que l'ancienne et réutilisant les mêmes murs extérieurs, débute en 1873 et donne naissance à l'église actuelle qui sera inaugurée le 14 janvier 1875. L’intérieur est parachevé en 1880-1881. Elle sera consacrée le 17 octobre 1883. Des travaux majeurs sont réalisés en 1927-1928, en 1955 et en 1961-1962. L'orgue Dès 1870, l'église possède un harmonium. Le de 12 jeux répartis sur deux claviers et pédalier. Il s'agit de l'opus 5 produit en 1883 au coût de 2 500 $ par la maison Casavant évêque de Saint-Hyacinthe, et inauguré le 17 octobre 1883.

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En 1928, l'orgue est remplacé par un autre instrument, cette fois, produit par la maison des Orgues Canadiennes (Odilon Jacques), de Sainten deux sections qui sont placées de chaque côté de la rosace de la façade. Aucune information n'est disponible concernant cet orgue, etc.) Une chose est certaine, il a toujours possédé une soufflerie manuelle puisque les registres de la paroisse rapportent le

Début mars 1964, l'orgue montre des signes d'usure et de fatigue. La fabrique se départit de sans qu’on sache véritablement où il a abouti. La paroisse et le fabricant en ont perdu la trace. Il est remplacé par un instrument électronique en attendant qu'un nouvel instrument soit construit par la maison Casavant, de SaintHyacinthe, au coût de 18 000 $ et ce, dans un délai de trois ans. Ce projet n'aura pas de suite. Lorsque la paroisse Saint-Thomas de Pierreville décide, en 2014, de fermer ses portes, l'orgue est mis en vente. Comme il s'agit de l'opus 24 construit en 1889 par Casavant Frères, il intéresse sérieusement les paroissiens de SaintDamase qui voient en cet instrument un contemporain de leur premier instrument. À l'origine, l'opus 24 était un instrument à traction mécanique de 23 jeux répartis sur deux claviers et pédalier. En 1941, l'instrument est reconstruit tout en conservant le buffet et la tuyauterie d'origine tout en passant à une traction électropneumatique. Devant une telle offre, la paroisse de SaintDamase se mobilise et, grâce à une quinzaine de donateurs, près de 200 000 $ sont amassés en moins d’un mois pour le projet. L'achat de l'instrument se concrétise en novembre 2015 au coût de 8 300 $. La maison Casavant Frères est choisie pour effectuer les travaux. Lors du déménagement, toutes les composantes sont restaurées et une soufflerie neuve est installée. Un jeu de Bombarde 16' est offert par Pierre Gouin pour renforcer la division de la Pédale.

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Photos : AndrĂŠ Mercier

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Ce jeu, construit par Casavant dans les années 1930, a été acquis du facteur Laliberté-Payment au coût de 5 400 $. Il est installé derrière le buffet. Un commutateur, à la console, permet de sélectionner le Violoncelle 8' ou la Bombarde 16' ou les deux. La console est installée dans le transept tandis que le buffet est installé à la tribune arrière de l'église. Des tableaux décoratifs, ajoutés sur la façade du soubassement, sont l'œuvre de Laurent Pion, un artiste local de 93 ans. L'instrument est béni le 5 juin 2016 par Mgr François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe. La cérémonie est suivie d'un mini-concert donné par Paul Vigeant. L'inauguration officielle a lieu le 16 septembre 2016 lors d'un concert donné par l'organiste Jacquelin Rochette et la pianiste Anne-Marie Dubois. Le 13 décembre 2016, la MRC des Maskoutains dévoilait les lauréats de ses Prix du patrimoine 2016. Ces Prix soulignent l’excellence des interventions en patrimoine et rendent hommage à ceux et celles qui contribuent à préserver, à mettre en valeur et à sauvegarder les richesses patrimoniales et les savoir-faire traditionnels dans l’une ou l’autre des 17 municipalités du territoire. Lors de cet événement, la Fabrique de la paroisse de Saint-Damase s’est vu décerner le Premier prix pour l’installation de son nouvel orgue. Remerciements à Pierre Gouin et André Mercier pour leur assistance dans la préparation de ce texte.

Concerts d’orgue Quand ? Où ? Qui ? Consultez la rubrique Concerts à

www.fqao.org

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Éditions Cheldar


Relevage de l’orgue Wilhelm de Loretteville par Claude Lemieux

En 1969, le facteur Karl Wilhelm, du Mont-SaintHilaire, installe un orgue neuf dans la nouvelle placement de celle détruite par le feu en 1967, emportant avec elle l’orgue Casavant, opus 442, installé en 1911. Cet orgue comportait 29 jeux répartis sur deux claviers et pédalier. le seul instrument à traction mécanique installé dans une église de la grande ville de Québec. Il aura 50 ans en 2019. À cette occasion, il bénéficiera d’un important relevage pour lequel une subvention a été accordée par le ministère de la Culture et des Communications du Québec. Les travaux, qui commenceront en octobre 2018, comprendront le remplacement des vergettes d’aluminium par des vergettes de bois. Le moteur sera également changé, car l’actuel est devenu seront remplacées et quelques touches de clavier recevront un nouveau placage d’ébène. Des travaux majeurs seront également exécutés se sont affaissées, entraînant d’importantes fissures dans le bois du buffet. Enfin, quelques retouches et égalisation au niveau de de la tuyauterie de la façade. Les travaux ont été confiés au facteur et disciple de Karl Wilhelm, François Desautels. Sa proposition a reçu l’aval du comité des orgues du Conseil du patrimoine religieux du Québec. La divulgation du montant de la subvention et celui du coût total de cet important relevage a été faite au cours d’un concert-annonce tenu le 14 octobre. Lors de ce concert, il a été permis d’entendre la mezzo-soprano Andrée-Anne Laprise, la flûtiste Louise Lecomte-Poirier et l’organiste titulaire Claude Lemieux dans des œuvres de Telemann, Schikhardt, Purcell, Vivaldi, Krebs et J. S. Bach. seront émis pour tout don de 20 $ et plus. Ceux-ci peuvent être expédiés, avec mention « restauration de l’orgue » à :

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Fabrique Saint-Ambroise-de-la-Jeune Lorette 277, rue Racine Québec, QC G2B 1E7 Le retour en service de l’instrument sera marqué par un grand concert, le 23 novembre 2019, qui sera donné par Jean-Willy Kunz, organiste en résidence de la Maison symphonique à Montréal. Ce grand concert donnera le « coup d’envoi » à six autres qui proposeront l’intégrale des préludes, toccates et fugues de Johann Sebastian Bach. Ces concerts se tiendront les derniers dimanches des mois de février, mars, avril, septembre, octobre et novembre 2020.

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Congrès RCCO/CRCO 2018 ─ Calgary par Robert Poliquin

La semaine précédant son populaire Stampede, soit du 2 au 5 juillet, la ville de Calgary a été l’hôte du congrès national du RCCO/CRCO. Contrairement à ce qui a été fait dans le passé, les participants venant de l’extérieur étaient invités à loger les activités, mais bien en banlieue, ce du système de transport commun sur rails qui relie les différents secteurs de la ville. Les concerts d’orgue Notre première rencontre se tient à l’église unie Knox où se dérouleront plusieurs activités du congrès et où l’on retrouve un magnifique instrument Casavant (IV et 5 divisions/P, 96 jeux, 80 rangs, Opus 529, 1913 / Opus 2336, 1956, 2001) que nous avons eu la chance d’entendre lors de deux concerts le mettant en vedette. Le premier, par Ryan Jackson, présentait un programme majoritairement consacré à des œuvres du XXe siècle (Healey Willan, Calvin Hampton, Eric Robertson et Zachary Wadsworth).

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quelques-unes de ses propres Sebastian Bach, Jean Langlais, César Franck et Herbert Howells. Dans les deux cas, un instrument aux ressources variées et d’une rare richesse sonore. Le récital suivant s’est déroulé à la salle EckhardtGramatté du Centre Rozsa de l’Université de Calgary. Nous y avons rencontré un superbe instrument à traction mécanique d’inspiration germanique construit en 2006 par la firme Hendrik Ahrend (II/P, 21 jeux, 26 rangs). La récitaliste, Wendy Markosky, nous a offert un programme tout à fait adapté à ce type d’instrument avec des œuvres signées William Hayes, Samuel Scheidt, Dietrich Buxtehude, Johann Sebastian Bach et Vincent Lübeck. Un délice sonore tout en admirant la beauté du buffet.

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Le clou de cette série de concerts a été les trois prestations sur l’orgue de la salle de concert Jack Singer, un magnifique grand Casavant datant de 1986 (Opus 3623, IV (6 divisions)/P, 75 jeux, 111 rangs). Le premier récital, en avant-midi, par Jeremy Spurgeon, nous a permis d’apprécier la polyvalence de l’instrument, avec des œuvres allant de Johann Sebastian Bach à Francis Jackson en passant par César Franck, Franck Bridge, Igor Stravinsky et Olivier Messiaen. Dans un tout autre registre, le deuxième récital, en après-midi, par le Duo Majoya formé de Marnie canadienne avec des œuvres de Jacobus Kloppers, Denis Bédard, Cary Ratcliff, John Burge . Des découvertes rafraichissantes! Et enfin, le récital du soir mettait en vedette Neil Cockburn avec la participation du Calgary Organ Festival Chamber Ensemble. Au programme, des œuvres pour orgue solo (Georg Friedric Haendel, François Couperin et Charles Villiers Stanford), des œuvres lyriques pour voix et continuo (Haendel et Couperin) ainsi que des œuvres avec orchestre de chambre (Haendel et Michel Corette). Une bouffée de belle musique baroque très bien présentée et des instrumentistes talentueux. Une académie d’orgue, sous la direction de Marnie Geisbrecht et Wendy Markosky, regroupait sept étudiant(e)s, lesquels nous ont offert un concert. Les concerts lyriques Trois concerts à saveur lyrique ont eu lieu. Le premier mettait en vedette l’ensemble Sweet Breath, composé de sept voix de femmes, dans un répertoire allant de Hildegard von Bingen, Cristobal de Morales, Tomas Luis de Victoria à Maurice Duruflé et Buffy Sainte-Marie.

Les services anglicane Redeemer, sous la direction du chef de chœur et organiste Neil Cockburn (Casavant, opus 3623, 1986, III/P, 39 jeux, 39 rangs). Un deuxième a eu lieu en l’église anglicane Christ Church d’Elbow Park, sous la direction 37 jeux, 55 rangs). Dans les deux cas, de la belle musique sacrée anglicane sertie de merveilleuses polyphonies chorales. La cérémonie de convocation, au cours de laquelle sont remis les diplômes d’études, les bourses et les prix d’excellence ainsi que la présentation des officiers nationaux du RCCO/CRCO, nous a permis entendre Tim Pyper dans des œuvres de Gerald Bales, David Conte, Derek Holman, Garett Krause, Healey Willan et Ernest Macmillan. Cette cérémonie se déroulait à l’église presbytérienne Grace (Orgues canadiennes 1930/Casavant, opus 2159, 1965, 1984, 2001, IV/P, 52 jeux, 56 rangs). C’est au cours de cette cérémonie que fut remis à Karl Wilhelm, facteur d’orgues établi au MontSaint-Hilaire, un certificat d’excellence pour l’ensemble de ses œuvres. Les ateliers Une panoplie d’ateliers a été offerte au cours de ce congrès sur des sujets très variés : le répertoire, le métier d’organiste, les techniques vocales et même les relations entre le clergé et les musiciens d’église. Une session spéciale d’initiation à l’orgue a été offerte aux enfants dont les parents assistaient au congrès. Le congrès 2019 se tiendra à Halifax du 7 au 11 juillet 2019. À inscrire à votre agenda!

Un deuxième, consacré à la musique canadienne (Nicolas Fairbank, Rachel Laurin, Denis Bédard, Kerry-Ann Kutz accompagnée à l’orgue par Valerie Hall. Le troisième et certainement la pièce de résistance a été la magistrale interprétation de la Missa Gaia de Paul Winter avec un chœur d’une soixantaine de voix et instruments (orgue, piano, hautbois, saxophone, guitare, violoncelle et percussions). Mixtures, numéro 49, novembre 2018

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Les compositions québécoises pour orgue : De la tradition à l’expérimentation (2e partie)

par Louis Brouillette

NDLR Issue d’une conférence prononcée lors du congrès conjoint RCCO/AGO/FQAO en juillet 2017, cette communication vous propose sa deuxième livraison. Vu la longueur du texte, sa publication s’échelonnera sur plus d’une publication. Sélection d’œuvres québécoises

La Marche composée pour le Rév. Mgr Tabeau de

Afin de montrer la valeur et la diversité du répertoire québécois pour orgue, 12 compositions de styles variés des XIXe, XXe et XIXe siècles ont été sélectionnées. Ces pièces, présentées en ordre chronologique, seront sommairement décrites, en accordant une attention spéciale aux éléments pertinents d’analyse musicale et d’histoire. Une liste des enregistrements commerciaux et des partitions imprimées de chaque œuvre sera également fournie. Afin de faciliter la consultation des pièces, les institutions et les établissements d’enseignement supérieur du Québec possédant les partitions seront précisés. La durée approximative de chaque œuvre sera aussi spécifiée. Des recommandations aux compositeurs, aux interprètes, aux responsables de concours et aux organisateurs de concerts seront enfin formulées en guide de conclusion.

œuvres canadiennes pour orgue. Le style classique de cette pièce se perçoit par la , la présence de traits de gamme, un accompagnement en batteries d’octaves ou en basse d’Alberti, une unique modulation (au ton de la dominante), des harmonies simples basées sur les degrés principaux (I, IV et V) et des rythmes élémentaires. Cette œuvre sans partie de pédalier pourrait se jouer autant au clavecin qu’à l’orgue mais Lucien Poirier suggère une utilisation à l’orgue dans son anthologie Musique d’orgue I de la collection « Patrimoine musical canadien » (Société pour le patrimoine canadien, 1985, p. xxviii) en se basant sur le probable contexte de création, soit l’interprétation de l’œuvre par Pierre-Antoine Tabeau, vicaire et organiste à la cathédrale Notre-Dame de Québec, durant la fête des saints Pierre et Paul du 5 juillet 1807. Cette œuvre légère, dont les huit premières mesures sont reproduites à l’exemple 3, peut de nos jours servir de pièce de sortie lors d’un dimanche ordinaire.

1. Marche composée pour le Rév. Mgr Tabeau pour la solennité de S. Pierre et de S. Paul (v. 1807) de Frederick Glakemeyer (17591836) Env. 4 min.

Exemple 3 : Frederick Glackemeyer, Marche composée pour le Rév. Mgr Tabeau pour la solennité de S. Pierre et de S. Paul, mes. 1-8 (extrait reproduit avec l’aimable autorisation du Centre de musique canadienne de Toronto). Page 20

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Enregistrements Glackemeyer, Frédéric et al. Le Trio NouvelleFrance. Trio Nouvelle-France. Disque 33 tours. Radio Canada International RCI 500, [1980]. Molt, Theodore Friedrich et al. Danses et contredanses de la Nouvelle-France. Ensemble Nouvelle-France et Richard Paré, orgue. Disque 33 tours ou cassette. Harmonia mundi France, 1985. Glackemeyer, Frédéric et al. Canadian organ music : Historic organs of Prince Edward Island. Alan Reesor, orgue. Disque compact. Société Radio-Canada CD 98, [1992]. Marchand, Louis et al. L’orgue 1753 : Victoire sur… le temps. Anthologie de la musique historique du Québec, vol. 7. Ensemble Nouvelle-France et Robert Patrick Girard, orgue. Ensemble Nouvelle-France, 2011.

Descentes chromatiques au pédalier accentuent le caractère légèrement tourmenté de cette pièce en la bémol majeur. La section B, de style toccata, est divisée en deux sous-sections : une première avec des sextolets descendants de doubles croches et une deuxième en accords plaqués de septième, neuvième et onzième. La coda reprend les idées thématiques de la section A. L’œuvre peut être jouée en prélude à une cérémonie religieuse ou lors de la communion des fidèles, en abrégeant la pièce au besoin.

Partition musical canadien, vol. 4a. Ottawa : Société pour le patrimoine canadien, 1985, p. 13-15. (Exemplaires à Bibliothèque et Archives nationales du Québec, au Centre de musique canadienne à Montréal, dans les sept conservatoires de musique du Québec ainsi qu’aux universités Bishop’s, Concordia, Laval, McGill, de Montréal, de Sherbrooke et du Québec à Montréal.) 2. Mélodie pour orgue (v. 1921) d’Auguste Descarries (1896-1958) Env. 9 min. La Mélodie pour orgue d’Auguste Descarries, qui se joue sur des jeux ondulants (voir l’exemple 4), est la seule pièce pour orgue solo de ce compositeur, pianiste et organiste montréalais, lauréat du Prix d’Europe en piano en 1921. Selon l’Association pour la diffusion de la musique d’Auguste Descarries (https://www.associationaugustedesca rries.com/), la pièce aurait été créée le 7 avril 1921 par le compositeur lors de l’inauguration du majestueux orgue Casavant Frères de l’église des Saints-Anges de Lachine. L’œuvre a ainsi été composée avant les études parisiennes de Descarries en interprétation et en composition (19211929). Structurée

de

façon

classique

(forme

Enregistrement ne semble avoir été produit, mais une interprétation par Hélène Panneton a été diffusée sur les ondes de Radio-Canada en 1988 lors de l’émission Suite canadienne. Partitions McLean, Hugh J. (dir.). Musique d’orgue II. Le patrimoine musical canadien, vol. 19. Ottawa : Société pour le patrimoine canadien, et Archives nationales du Québec, au Centre de musique canadienne à Montréal, dans les sept conservatoires de musique du Québec ainsi qu’aux universités Bishop’s, Concordia, Laval, McGill, de Montréal, de Sherbrooke et du Québec à Montréal.) Descarries, Auguste. Mélodie pour orgue. Restituée par Pierre Gouin et révisée par Hélène Panneton. [Montréal] : Éditions outremontaises, 2017. Partition téléchargeable gratuitement à https://imslp.org/.

lied),

. La section A est formée d’une douce mélodie interprétée par la main gauche avec un accompagnement méditatif et mélancolique exécuté par la main droite et les pieds. Des

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3. Rhapsodie sur quatre noëls (1935) de Bernard Piché (1908-1989) Env. 9 min. Le répertoire de Noël pour orgue solo de certains organistes se résume aux noëls français de Claude Balbastre, Louis-Claude Daquin et Jean-François Dandrieu. La Rhapsodie sur quatre noëls de Bernard Piché offre une belle opportunité de varier le répertoire. Comme Eugène Gigout, qui a également composé une Rhapsodie sur des noëls (1890), Piché a utilisé quatre noëls dans sa rhapsodie : Venez, pasteurs, Bel astre que j’adore, Adeste fideles et Çà, bergers. Gigout avait aussi intégré le thème d’Adeste fideles dans sa Venez, divin Messie et Les anges dans nos Alors que Gigout a juxtaposé deux airs dans son final, Piché traite chacun des noëls séparément et insère un pont modulant entre les arrangements. Toutefois, la mélodie de Venez, pasteurs revient dans le pont modulant menant à Çà, bergers sous la forme d’un ostinato à la pédale. La ligne mélodique de chaque noël, qui est partagée entre les deux mains, est accompagnée d’une ligne ornementale aux manuels et, au pédalier, d’un ostinato ou de notes de basse qui renforcent l’harmonie. Le chromatisme est présent dans différentes sections, autant dans la ligne ornementale accompagnant les thèmes que dans les ponts modulants. Comme le montre l’exemple 5, le début de l’œuvre est dépourvu de modulation et de chromatisme : le pédalier énonce un ostinato formé des degrés I, II et V, puis la main droite exécute un accompa-

gnement aux allures médiévales constitué de quartes et de quintes et enfin, le thème, joué par la main gauche, apparaît à la fin de la deuxième répétition de l’ostinato. Dans l’édition de 1947 de H. W. Gray, les premières paroles de Venez, pasteurs ─ qui correspondent à la forme allongée du titre ─ accompagne le début du thème. Les premières paroles des trois autres noëls sont également notées à l’apparition de leur thème.

a étudié non seulement l’orgue, mais aussi la théorie musicale, la dictée, le solfège, l’harmonie et l’histoire de la musique à raison de quatre Quintal (2015, p. 128-129) rapporte que Claude Lavoie au Conservatoire de musique de Québec et Paul Vigeant au Cégep de Drummondville enseignaient la Rhapsodie de Piché à leurs élèves. Enregistrement Piché, Bernard et Raymond Daveluy. Orgue en Mauricie/Organ Music in the St-Maurice Valley. Michelle Quintal, orgue. Disque compact. Quint S-110103DD, 1991. Partition Piché, Bernard. Rhapsody on four Noëls for organ. New York : H. W. Gray, 1947. (Exemplaires à la collection nationale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et à l’Université Bishop’s.)

Exemple 5 : Bernard Piché, Rhapsodie sur quatre noëls, mes. 1-10.

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4. Suite Orbis factor : « Carillon sur Ite missa est » (1958) de Conrad Letendre (19041977) Env. 2 min. Le « Carillon sur Ite missa est » de la Suite Orbis factor de Conrad Letendre constitue une courte pièce de sortie de prédilection pour les célébrations liturgiques. Comme le montre l’exemple 6, l’œuvre commence par un ostinato joué legato au pédalier. Le thème débute au soprano, à la mesure 3, avec des juxtapositions de quartes détachées. Après sa première apparition, le thème est repris de façon abrégée, puis présenté en miroir en alternance avec les deux mains avant d’être énoncé de nouveau au complet. Un trait de pédale de cinq mesures (mes. 16-20) basé sur l’ostinato initial est inséré au milieu de l’œuvre. Les mesures 30 et 31 représentent un défi pour l’organiste à cause de la succession des quartes en croches à la main gauche et les intervalles d’octave, neuvième et dixième au pédalier. Dotée d’une armure de six bémols, l’œuvre conserve le mode d’origine (mode I : dorien) de la messe XI (Orbis factor), mais en le transposant un demi-ton plus aigu. La suite Orbis factor est la première œuvre composée par Conrad Letendre et elle est dédicacée à sa fille, également organiste.

Enregistrement Letendre, Conrad, Raymond Daveluy, Jean Chatillon et Gilles Fortin. L’orgue au centre du Québec. Lucienne L'Heureux-Arel et Gaston Arel, orgue. Disque compact. Amis de l’orgue de Drummond AO-001, 2002. Partition Letendre, Conrad. L’œuvre d’orgue de Conrad Poirier. Saint-Hyacinthe : Jacques Ostiguy, 1982. (Exemplaires disponibles à Bibliothèque et Archives nationales du Québec, aux conservatoires de musique de Montréal, Québec, Rimouski, Saguenay et

Exemple 6 : Conrad Letendre, Suite Orbis factor : « Carillon sur Ite missa est », mes. 1-4.

(à suivre…)

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Élise Paré-Tousignant (1937-2018) par Paul Cadrin Les nombreux hommages qui ont été publiés à l’occasion du décès de cette grande artisane du monde musical ont bien mis en valeur le rôle qu’elle a joué dans les divers postes administratifs qu’elle a occupés au cours des dernières années de sa carrière à l’Université Laval et à sa retraite. Première femme doyenne de la Faculté des Arts puis du Domaine Forget, où elle a joué un rôle déterminant dans la réalisation de la salle de concert, avant de veiller à la transformation de celle du Palais Montcalm, deux salles qui s’imposent par leurs rares qualités visuelles et acoustiques. Dans cet hommage, je veux me pencher sur d’autres aspects de la riche carrière de madame Paré-Tousignant, afin de mettre en valeur son rayonnement sur les plans pédagogique et patrimonial. Elle a enseigné la formation auditive à l’École de musique à partir de 1964 jusqu’à sa retraite de l’Université en 1997, année où l’École devenait Faculté. J’ai d’ailleurs eu le bonheur d’être de ses élèves aux tout débuts de sa carrière. Dans son esprit, l’enseignement a toujours été sa mission première et son premier titre de gloire. Elle n’a jamais cessé d’enseigner, même lorsqu’elle était doyenne et vice-rectrice. Elle a ainsi contribué à la formation de centaines de musiciens. Tous ont été marqués par son amour communicatif de l’art et par son dévouement à la réussite de ses élèves, particulièrement de ceux qui avaient plus de difficultés. À la suite des témoignages déjà publiés de ceux qui font une brillante carrière, comme Bernard Labadie et Lyne Fortin, il faudrait ajouter la voix de ses nombreux étudiants qui poursuivent des chemins plus modestes tout en rendant de précieux services à la musique. Dans bien des cas, ils doivent leur persévérance aux qualités de

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pédagogue de « Madame Tou », comme ses étudiants aimaient l’appeler. « Comme professeur, j’ai peut-être marqué une ou deux personnes! » aimait-elle à dire, non sans humour! L’orgue a toujours occupé une place d’honneur dans la vie d’Élise, même si elle ne se présentait pas elle-même comme organiste. Sa mère, Joseph-de-Deschambault pendant 65 ans, soit de 1926 à 1991. L’instrument qu’elle touchait, œuvre de S. R. Warren de Toronto (1893), a été restauré en 1966 et en 1989, par le facteur québécois Karl Wilhelm. Marie-Andrée, sœur d’Élise, a enregistré sur cet orgue pour la Société RadioCanada. Autour de Deschambault et de son instrument remarquable ont gravité plusieurs des activités les plus créatives d’Élise. En 1992, à son instigation, naît l’École de musique Denys-Arcand. La salle de concert et d’enregistrement de cette école porte d’ailleurs le nom de salle Élise-Paré. Elle a été active au sein de l’organisme Culture et Patrimoine Deschambault-Grondines. En 1997, elle prend la direction d’une chorale vouée à la remise en valeur du patrimoine musical religieux, à l’église Saint-Joseph. Motivée par son audace habituelle, elle ne se satisfait pas du répertoire perçu comme traditionnel ─ les Noëls d’Ernest Gagnon, pour ne pas les nommer! ─ elle fait revivre les œuvres de compositeurs québécois des XVIIIe et XIXe siècles dont les copies manuscrites paroissiale. Le chant choral n’était d’ailleurs pas une nouveauté pour Élise, puisqu’elle chantait déjà dans l’Ensemble vocal de sa collègue Chantal Masson au cours des années 1960. Ces quelques lignes sont un bien modeste hommage à une femme qui a laissé une trace indélébile dans la vie musicale du Québec. Ceux qui ont eu le bonheur de la connaître n’oublieront jamais son sourire, son inébranlable optimisme et, surtout, sa capacité d’inspirer confiance autour d’elle, capacité qui était au cœur de son enseignement et qu’elle a su transposer dans tous les projets qu’elle a soutenus. « Heureux dès à présent ceux qui meurent dans le Seigneur! … Qu'ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent! » (Ap 14,13).

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Anniversaires en musique par Yves-G. Préfontaine Après avoir souligné à grands traits l'anniversaire de François Couperin dans cette rubrique lors de la dernière édition, je m'en voudrais de passer sous silence quelques autres figures significatives de l'histoire de la musique, et de l'orgue en particulier. Olivier Alain (19181994) aurait eu cent ans cette année. Oui, oui, il est de l'illustre famille de Saint-Germain-en-Laye. Il y a eu le père, Albert et le frère Jehan, et les sœurs Odile et MarieClaire… Olivier Alain a travaillé notamment avec Messiaen au début des années 1950, avant d'entreprendre une fructueuse carrière d'administrateur. Directeur de Conservatoire de sa ville natale, puis de l'École César-Franck, il mettra sur toujours bien actif aujourd'hui. Les journaux Le Figaro et La Croix apprécieront sa plume à titre de titres pour l'orgue et on lui doit la découverte, dans une bibliothèque privée de Strasbourg en 1974, de 14 canons de Johann Sebastian Bach. Ces canons exploitent la première moitié du thème de la basse des Variations Goldberg. Jeanne Demessieux mourait il y a tout juste 50 ans. S'il est une musicienne qui a bien illustré ce qu'on a appelé l'École d'orgue française au milieu du siècle dernier, c'est bien Jeanne Demessieux. Élève de Marcel Dupré avec lequel les relations ont pris fin en 1947 pour des raisons encore obscures. Elle était réputée pour sa virtuosité époustouflante, (Dupré ne disait-

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il pas qu'elle était plus douée et plus talentueuse que lui), son jeu de pédales était légendaire et ses improvisations faisaient grande impression. Organiste à La Madeleine les dernières années de sa vie, elle a dispensé son enseignement au Conservatoire de Nancy d'abord, puis au Conservatoire royal de Liège. Carrière d'enseignante, carrière intense de concertiste recherchée et hautement appréciée de part et d'autre de l'Atlantique, elle laisse comme compositrice une œuvre abondante pour son instrument. La plus grande partie de ses opus ont un lien avec ses postes d'organistes et le répertoire afférent : Méditation sur le Mystère de la Sainte-Trinité, Douze choralspréludes sur des thèmes grégoriens, par exemple. On retrouve également un autre polyptyque de Six Études et un poème pour orgue et orchestre. Enfin, il est un compositeur dont malheureusement l'histoire a vraiment très peu fait de cas : Adriano Banchieri. Pourtant on le considère comme le précurseur de la basse continue, de l'usage de la barre de mesure, des indications p(iano) et f(orte) dans les partitions; il a adopté le bâton de direction et à l'orgue, Il a vécu de 1568 à 1634 et ne s'est guère éloigné de Bologne et de Lucques, soit donc dans la partie nord de l'Italie. On peut croire que son état de moine bénédictin pouvait restreindre un tant soit peu ses déplacements. Tout de même on le retrouvera à la tribune de quelques orgues de la région, en inaugurant avaient pour noms Monteverdi, Diruta, Vecchi, les grands esprits musicaux de l'époque, pour ainsi dire. Il ne fait aucun doute que son activité musicale retenait son attention de façon soutenue. Non seulement a-t-il composé de nombreuses œuvres tant religieuses que profanes, mais son œuvre théorique et didactique on fait résolument progresser la science musicale en ce début de XVIIe siècle. Page 25


Ici et là au Québec... Fédération

Montréal

par Robert Poliquin

Suite à l’assemblée générale tenue le 13 juillet à Montréal, le conseil d’administration de la FQAO pour l’année 2018-2019 se compose des membres suivants: Président : Me Harold Thibault Vice-Président : Raymond Perrin Secrétaire : Jean-François Downing Trésorier : Réal Gauthier Administrateurs : Peter Binsse, Jocelyn Lafond, Cécile L’Écuyer et Robert Poliquin Le 28 septembre, et ce, pour une troisième année consécutive, le comité pour la restauration de l'orgue Casavant de l’église Saint-Zéphirin de La Tuque a organisé un concert-bénéfice qui s’est avéré un franc succès. L’événement réunissait une trentaine de choristes sous la direction de Suzanne Brochu, qui interprétait aussi des pièces au violon. L'organiste titulaire Mireille StArnaud et l'organiste invité Denis Alain Dion ont partagé l'accompagnement du chœur, tandis que monsieur Dion a joué des pièces solos. Le et à l'orgue. Depuis l’inauguration par l’organiste Michelle Quintal, le 1er avril 2018, de son orgue Casavant, opus 348 datant de 1909, qu’il a acquis suite à la fermeture de l’église Saint-Germain-deFulgence de Durham-Sud ne chôme pas. Pour preuve, il a organisé quatre concerts pour faire connaître et apprécier sa nouvelle acquisition. de Wolfgang Amadeus Mozart sous la direction de à l’orgue. Puis, le 17 juin, un concert mettant en vedette la mezzo-soprano Quintal. donné par la violoniste Anne Robert et l’organiste Jacques Boucher.

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par Raphaël Ashby

Amis de l’orgue La saison 2018-2019 des Amis de l’orgue a été lancée avec un concert bières et fromages à l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus avec, à l’orgue, Barney, Raphaël Ashby, Laurence Jobidon, Jean-Willy Kunz, Julien Girard ainsi que l’organiste en résidence Jason Biel.

la musique contemporaine pour orgue. Madame Rouet est rédactrice en chef de la revue Orgues Nouvelles et également une pédagogue réputée. La prochaine rencontre des Amis de l’orgue sera le 30 novembre à St. George’s Anglican Church. vont interpréter des œuvres variées pour mettre en valeur cet orgue rarement entendu. Cette activité se déroulera à 20 heures. Le 30 mars, l’église unie St. James sera transformée en cinéma pour la présentation de quelques films muets. Jean-Willy Kunz, organiste en résidence à la Maison symphonique, improvisera sur ces films. L’activité se déroulera à 20 heures. Pour conclure la saison, il y aura une visite de l’orgue Hauptwerk de Jean LeBuis au début de juin. L’activité est réservée aux membres et une réservation est nécessaire. Plus d’informations sont disponibles sur le site web des Amis de l’orgue de Montréal: https://www.amisorguemtl.com Autres concerts Chaque dernier dimanche du mois, la série SaintsAnges en musique présente des concerts d’orgue dans le décor divin de l’église des Saints-Anges, en berge du canal Lachine. Le prochain concert de la série sera donné par Olivier Lavoie-Gagné le 25 novembre à 15 heures.


Du côté de l’église Notre-Dame-de-Grâce, la série , vre pour clavecin de Francois Couperin dans le cadre du 350e anniversaire de sa naissance. Premier livre en novembre, deuxième livre en janvier, troisième livre en mars et quatrième livre en mai. À la salle Redpath de l’Université McGill, les noonhour recitals ont repris le 26 octobre avec l’organiste Mark McDonald. La série se poursuit les vendredis à 12 h 30 jusqu’en mars 2019. Ces concerts gratuits sont présentés par les professeurs du département d’orgue de McGill ainsi que par des étudiants. Voir la page web du calendrier des activités de McGill pour de plus amples détails : https://www.mcgill.ca/music/fr/events/calendar Les concerts au Sanctuaire Marie-Reine-desCœurs reviennent cette année tous les vendredis de mai à 12 h 15. À la Maison symphonique, le 31 janvier, l’organiste québécoise Isabelle Demers présentera un programme de musique romantique française ainsi qu’une transcription de la Symphonie fantastique d’Hector Berlioz. Également au programme, un match d’improvisation, le 22 février, avec la participation des organistes Mélanie Barney, Jean-Willy Kunz, Alcee Chriss et le clarinettiste André Moisan. Pour terminer, il y aura, le 19 mai, un concert pour souligner le cinquième anniversaire de l’inauguration du grand orgue PierreBéique. Au programme, entre autres, une transcription du Boléro de Maurice Ravel et du Sacre du Printemps d’Igor Stravinski. Pour plus d’informations, visitez le site web de l’OSM. Également à ne pas oublier, les concerts tous les dimanches des organistes provenant de partout dans le monde ainsi que des chœurs et autres instrumentistes invités. Le 30 septembre, lors d’une messe d’action de grâce, la paroisse Saint-Sixte a souligné les 40 ans de titulariat de l’organiste Yvon Bélanger. Des chanteurs invités ont animé la messe tandis que le jubilaire a interprété plusieurs pièces de répertoire. Une réception a suivi où plusieurs responsables ont souligné le travail de monsieur Bélanger. Une bourse lui a été remise.

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Au cours de l’été, l’organiste montréalais Philip Crozier a fait une tournée de neuf concerts en Europe notamment en France (Saint-Augustin, Paris), en Allemagne (St. Marien Dom, Hambourg, St. Laurentius Kirche, Langenhorn; St. Marien Kirche, Flensburg; St. Heinrich Kirche, Kiel) et en Hollande (Brigidakerk, Geldrop et le fameux Bavokerk de Haarlem). À son retour, il a donné des concerts à la basilique Notre-Dame de Montréal ainsi qu’à l’église Saint-Simon et Saint-Jude de Tignish et à la basilique St. Dunstan de Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.

Québec Saison estivale Comme à l’accoutumée, c’est le traditionnel Festival du printemps de Saint-Roch qui a ouvert la longue saison estivale dans la région de Québec. Le monumental quatre claviers de Casavant a eu la chance de recevoir des récitalistes chevronnés Robert-Patrick Girard, Pierre Bouchard ainsi que la titulaire Édith Beaulieu. À Sainte-Marie-de-Beauce, le Festival d’orgue a battu son plein durant le mois de juin avec un grandiose concert inaugural mettant en vedette l’Ensemble Polyphonia et les Petits chanteurs de Beauport sous la direction de Louis-Marie Desbiens, avec le titulaire Dominique Gagnon à l’orgue. Emmanuel Bernier et Marc D’Anjou, en remplacement du Catalan Tomeu Seguí Campins, étaient les autres invités du Festival. Marc D’Anjou accompagnait la soprano Peggy Bélanger. Le titulaire des grandes orgues de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec a également remplacé Seguí Campins pour un récital de musique baroque au Musée de l’Amérique francophone. La série estivale de la basilique-cathédrale était de retour après une année de relâche pour cause de travaux majeurs. Emmanuel Bernier, Marc D’Anjou, Benoit Bacon, Jean-Guy Proulx et le jeune Torontois Alexander Straus-Fausto se sont succédé à l’orgue de tribune et à l’orgue de chœur de la fin juillet au début septembre. Différentes églises du Vieux-Québec ont aussi proposé des événements ponctuels, notamment avec des concerts d’Alcee Chriss à la cathédrale Holy Trinity et de Julien Girard à l’église unie Chalmers-Wesley.

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La jeune mais prometteuse série de l’église SaintFélix à Cap-Rouge s’est également tenue dans les dernières semaines avec le titulaire François Grenier, Richard Paré et Marc-André Doran sur le magnifique instrument Guilbault-Thérien. Amis de l’orgue La saison 2017-2018 s’est terminée, le 31 mai, hors des sentiers battus, au Palais Montcalm, avec un concert autour de l’œuvre de Frank Zappa, avec l’organiste Yves Rechsteiner, le guitariste Frédéric Maurin et le percussionniste Henri-Charles Caget. La saison 2018-2019 s’est mise en branle le 23 septembre avec un concert « portes ouvertes » de Yves-G. Préfontaine, suivi d’un récital de l’Italien Davide Paleari le 14 octobre. Quant à la traditionnelle excursion culturelle de l’Action de grâce, elle se tenait cette année à ThetfordMines, East-Broughton et Saint-Joseph-de-Beauce. Il ne faudra assurément pas manquer les deux récitals en duo au Palais Montcalm, soit celui de Jacques Boucher et de la violoniste Anne Robert (2 décembre) et celui des organistes Pierre Bouchard et Louise Fortin (19 mai), auxquels s’ajoutent ceux en solo de Vincent Brauer, à la chapelle du Musée de l’Amérique francophone (10 février), de Josée April (10 mars) et de Jillian Gardner (7 avril) à l’église Saints-Martyrs-Canadiens. L’habituelle conférence sera animée cette année par le facteur d’orgues Denis Juget, au Musée, le 28 avril. Toujours sur le Juget-Singlair du Musée de l’Amérique francophone, la série menée par Hubert et de renom Dominique Proust (21 octobre) et l’organiste et claveciniste Arnaud de Pasquale, ce dernier en compagnie de la flûtiste baroque Anne Thivierge (9 décembre).

Estrie

par Louis Brouillette

Saison 2018-2019 La saison régulière 2018-2019 des Amis de l’orgue de l’Estrie, qui comprend cinq concerts, soit un de plus que les saisons précédentes, a

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de Jean-Yves St-Pierre. Il a interprété, à la chapelle St. Mark de l’Université Bishop’s, des œuvres sans pédalier de la fin du XVIIIe siècle. En octobre, deux concerts hors-série ont été présenté. Le 13 octobre, les organistes sherbrookois l’orgue Casavant de l’église ImmaculéeConception de Sherbrooke lors d’un concert des clochers, qui est un événement touristique et religieux lancé par l’archevêché de Sherbrooke pour faire connaître le patrimoine bâti et la culture religieuse de sept églises par l’entremise d’activités variées durant une fin de semaine, comme des visites guidées, des expositions, des concerts ou de l’animation avec des costumes d’époque. Une semaine plus tard, le comité de Benjamin Waterhouse, l’organiste titulaire de la cathédrale anglicane Holy Trinity de Québec, pour mettre en valeur l’orgue Mitchell & Forté de 1863 restauré par Juget-Sinclair en 2014-2015. Le deuxième concert de la série régulière, intitulé « La relève en orgue », se tiendra à l’église unie Plymouth-Trinity le 18 novembre. Il mettra à l’honneur deux étudiants d’origine estrienne de Dorothée Lacasse (Université de Sherbrooke) et Raphaël Ashby (Université McGill). Le 9 février 2019, les organistes estriens Chantal Boulanger, Louis Brouillette, Cécile L’Écuyer et Maryse Simard joueront à la basiliquecathédrale Saint-Michel de Sherbrooke des chorals de J. S. Bach, des œuvres de François Couperin, de Jean Langlais et de Marc O’Reilly ainsi qu’une création de Gabriel Tousignant, un étudiant de troisième année de baccalauréat en composition à l’Université de Sherbrooke. Ces pièces instrumentales seront interprétées en alternance avec des plains-chants et des œuvres de Marc O’Reilly et de Arvo Pärt chantés par le Chœur grégorien de Sherbrooke. Nominations et départs d’organistes Le pianiste Bernard Langlois, qui était l’organiste titulaire de l’église Saint-François-Xavier-deBrompton depuis 2008, a quitté son poste, suite à son mariage cet été en France et son déménagement à Québec avec sa conjointe. Grandement apprécié par la communauté de Saint-FrançoisXavier-de-Brompton, il s’est impliqué avec générosité au Comité de la restauration de l'orgue Mitchell & Forté en jouant en solo ou en duo en conMixtures, numéro 49, novembre 2018


cert, en accompagnant la chorale et en s’occupant de la transmission sur écran géant des concerts de cette église. Jean Choquette, un nouveau Sherbrookois qui était organiste cotitulaire de l’église du Très-Saint-Sacrement à Québec, succède à Bernard Langlois. à Saint-Hyacinthe à la fin de l’été pour occuper la charge de directeur général de la Corporation de développement communautaire des Maskoutains, laissant par le fait même son France d’East Angus. En 2010, il avait participé à la fondation des Amis de l’orgue de l’Estrie avec quatre autres organistes de la région (Chantal Boulanger, Cécile L’Écuyer, Marc O’Reilly et Leslie Young). Dorothée Lacasse a accepté de le remplacer une fin de semaine sur deux à l’église Saint-Louis-de-France. Finalement, Pamela Eby, qui est l’organiste titulaire de l’Université Bishop’s depuis 1986, cumule titulaire de la chapelle St. Mark’s de cette université, un poste qu’elle occupait depuis 2005, mais auquel elle avait dû renoncer en 2015 de l’université, elle est en fonction lors de mariages, de funérailles, d’offices et d’évènements spéciaux (comme la visite du prince Philip ou celle de l’archevêque anglican Desmond Tutu, qui a reçu le Prix Nobel de la paix en 1984). Comme organiste titulaire de la .

titulaire de la chapelle depuis 2015, est déménagée à Ottawa en juin dernier. JeanYves Saint-Pierre a accepté de partager cette fonction avec Pamela Eby dès cet automne à raison d’un office par mois. Les Amis de l’orgue de l’Estrie remercient tous les organistes qui ont contribué jusqu’à présent à la vitalité de l’orgue en Estrie.

Rimouski

par Gérard Mercure

Depuis la parution du dernier numéro de Mixtures, les Amis de l’orgue de Rimouski ont présenté sept concerts : trois au cours de la saison régulière et quatre à l’occasion de l’Académie.

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En mars 2018, le concert « Orgue, clarinette et saxophone » mettait en vedette Josée April à Plourde au saxophone, dans un programme allant du baroque au contemporain, comprenant des arrangements inédits empruntés à l’opéra romantique. En mai 2018, « L’orgue de salon et sa musique » donnait lieu à un concert commenté avec Josée April à l’orgue et Gérard Mercure au micro, afin de situer les œuvres dans leur contexte historique. En juin, le traditionnel concert de la relève accueillait, outre les élèves en orgue et en clavecin, une élève en chant et une autre en hautbois. L’Académie internationale d’orgue et de clavecin de Rimouski, offerte à neuf stagiaires au cours de la semaine du 14 au 18 août, s’ouvrait avec le récital, devancé au 6 août, de Danny Belisle à l’orgue centenaire de l’église de Saint-Octave-delors du concert inaugural de cet instrument, en 1918, par Arthur Bernier alors organiste titulaire de l’orgue de l’église Saint-Jean-Baptiste de Québec. Puis ce fut le concert des professeurs invités de l’Académie : Marc-André Doran à l’orgue le 15 août, suivi d’un ensemble composé de Mylène Bélanger au clavecin, de Flore Seube (France) à la viole de gambe, et Emmanuel Rousson (France) au clavecin et finalement, pour clôturer cette académie d’été, le concert des stagiaires, le 18 août. Les classes de maîtres et les concerts se tenaient au Conservatoire de musique de Rimouski et à l’église Saint-Pie X. L’Académie 2018 proposait, mais, faute d’instrumentistes pour former un petit ensemble à cordes, les maîtres ont, de façon astucieuse, organisé des classes de basse chiffrée. Le concert de fin de stage reprenait cette formule, les participants s’échangeant les rôles de soliste et de continuo. Un autre volet important consistait à donner l’occasion aux stagiaires qui jouent habituellement d’un autre instrument de découvrir l’orgue et le clavecin par un choix de pièces écrites pour clavier seul comme, par exemple, Les tendres plaintes de Rameau au clavecin par un étudiant en piano. Après un été bien rempli, on ne prévoit plus qu’un concert en novembre 2018, les quatre autres étant inscrits au calendrier de 2019.

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Parutions par Robert Poliquin

Jacques Boyvin : Suites pour orgue Orgue Silbermann 1731 (II/P, 29 jeux, 41 rangs) Église abbatiale Saint-Maurice, Ebersmunster (France) Kola Owolabi Le choix d’un Silbermann pour y interpréter des grands classiques de l’école d’orgue française est celui qu’a fait l’interprète, un diplômé de l’École de musique de l’Université McGill et ancien collaborateur à l’église presbytérienne St. Andrew & St. Paul à Montréal. Il poursuit sa carrière à l’Université du Michigan, à Ann Arbor (Michigan). Son choix de programme s’est porté sur le Second livre d’orgue duquel il a extrait les suites des premier, troisième, cinquième et huitième tons. Sur cet enregistrement, l’interprète nous fait apprécier la couleur des différentes sonorités de l’orgue dans des œuvres que l’on croirait spécifiquement écrites pour cet instrument. L’interprétation est superbe et le choix des registrations est tout à fait approprié, ce qui permet hautement d’apprécier chaque mouvement. Cette interprétation rejoint la catégorie des excellentes prestations sur cet orgue historique. Raven, OAR-997, 2017

The Organ of Oslo Cathedral Orgue Ryde & Berg 1998 (III/P, 53 jeux, 76 rangs) Kare Nordstoga Orgue et interprète norvégiens : tout pour susciter ma curiosité. À cause de l’aspect visuel baroque que présente son buffet, je m’attendais à découvrir un orgue de cette époque, puisque l’église cathédrale date de 1697. Selon les notes du livret, un grand orgue baroque, l’un des plus grands en Scandinavie, a été installé en 1727 par Lambert Daniel Kastens, un facteur danois issu des ateliers d’Arp Schnitger. Malheureusement, cet orgue a disparu depuis nombre d’années, mais son buffet a été conservé. Plusieurs instruments de remplacement se sont succédé, et ce, jusqu’à ce que la cathédrale fasse appel, en 1998, aux facteurs Ryde & Berg pour y installer un orgue tout neuf, à l’exception de trois jeux de Pédale qui datent de l’orgue Walcker 1932. Sa composition reflète un esthétique néo-classique avec ses Mixtures à tous les claviers, ses Cornets, l’un posté et l’autre décomposé et ses 12 jeux d’anches. On compte deux jeux de 32’ (Bourdon et Basun). Le programme propose un voyage plutôt romantique et contemporain avec des œuvres des XIXe et XXe siècles, mis à part la célébrissime Toccata et Fugue en ré mineur de Johann Sebastian Bach en guise d’ouverture. On y entend des œuvres de Charles Gounod, Edward Grieg, Max Reger, Oskar Lindberg et Arild Sandvold ainsi qu’une composition de l’interprète. Verdict : une agréable surprise! Tant au niveau sonore qu’à celui de l’interprétation, bien que je ne puisse juger réellement les œuvres des compositeurs norvégiens, car elles me sont inconnues. Lawo, LWC-1103, 2016 Page 30

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Gaston Litaize : Musique pour orgue Orgue Aeolian-Skinner, Opus 1485, 1968 (IV/P, 62 jeux, 64 rangs) Church of the Epiphany, Washington, DC Jeremy Filsell Gaston Litaize fait partie de ces grands organistes français d’après la Deuxième guerre mondiale. Aveugle dès sa naissance, il fait ses études musicales à l’Institut national des jeunes aveugles à Nancy et un Premier Prix d’orgue. D’autres premiers prix suivront en 1933 et 1937. Sa musique est souvent modale en tant que guide harmonique auquel s’allie une intégrité linéaire. Elle n’est malheureusement pas très connue et jouée. La majeure partie de ses œuvres ont une vocation liturgique et sont influencées par le chant grégorien. L’enregistrement nous présente une bonne sélection de ses œuvres liturgiques, principalement avec huit extraits de ses 24 Préludes liturgiques composés entre 1953 et 1955. On y retrouve aussi des Finales pour des messes. C’est une musique d’orgue que l’on entend rarement, et cet enregistrement nous permet d’y accéder et d’apprécier la musique d’orgue française d’après-guerre. Très intéressant! Raven, OAR-147, 2018

Giacomo Puccini : Organ Works Trois orgues italiens : (Cacioli 1687/Crudeli 1820/Bertolucci 1854/ Paoli 1877/Tronci 1903, Pucci 1823, Landucci & Figli (1869) Liuwe Tamminga Encore une fois, c’est la curiosité qui m’a porté vers ce premier enregistrement mondial des œuvres pour orgue de Giacomo Puccini. Oui, le Puccini des opéras, il a été organiste! Dans sa famille, on jouissait, depuis des générations, du privilège d’être organiste à la cathédrale de Lucques, et ce, de père en fils. C’est ainsi qu’en 1864, Giacomo est inscrit à des classes d’orgue où il à la cathédrale de Lucques, mais y jouera fréquemment. À 22 ans, il interrompt ses activités d’organiste pour poursuivre ses études de composition au Conservatoire à Milan, ce qui le mènera à la carrière que l’on connait. Certains manuscrits de ses pièces d’orgue font surface en 1988 avant de disparaître à nouveau. Toutefois, des copies aboutissent, en 2015, au Centre d’études de Giacomo Puccini. À ceux-ci s’ajoutent d’autres manuscrits découverts en 2008. L’enregistrement, qui comprend 25 pièces portant des titres comme Sonate, Verset, Marche et même Valse, utilise les mêmes orgues que je jeune Puccini a utilisés dans la ville de Lucques et aux alentours. Ce ne sont pas des pièces de virtuosité, mais elles sont agréables à entendre. Dans certains d’entre elles, on assiste à de belles envolées. Passacaille, 2019, 2017

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Joseph Guy Ropartz : Complete Organ Works Orgue Cavaillé-Coll 1898 (III/P, 40 jeux, 47 rangs) Église Santa Maria la Real, Azkoitia (Espagne) Markus Eichenlaub Ce grand orgue est le dernier instrument majeur pour lequel Aristide Cavaillé-Coll est le principal responsable. Un mois après l’inauguration, son entreprise est transférée à Charles Mutin. Les noms des jeux et leurs tailles correspondent à la tradition espagnole. L’instrument présente deux jeux d’anche en chamade, une caractéristique utilisée seulement quatre fois par Cavaillé-Coll. Restauré en 1976 et nettoyé en 1990, il est resté plus ou moins dans son état d’origine. Le programme nous présente que des pièces de Joseph Guy Ropartz (1864-1955). Formé à l’école des Théodore Dubois, Jules Massenet et César Franck, ses œuvres sont d’esprit romantique et se prêtent bien à l’instrument. Elles mettent en lumière les magnifiques sonorités à saveur quelque peu espagnole. Enregistrement intéressant sur un instrument qui se révèle, à mon goût, une perle. Magnifique livret contenant des informations pertinentes tant sur l’auteur et ses œuvres que sur l’instrument. Aeolus, AE-10391, 2017 (2CD)

La musique au service de la liturgie Paul Cadrin Éditions Médiaspaul, 2017, 236p. ISBN 978-2-89760-147-8 À partir de divers textes publiés ou des textes de conférence écrits entre 1995 et 2014, l’auteur nous présente les défis auxquels ont dû et continuent à faire face les responsables de la musique liturgique et les organistes suite aux recommandations de Vatican II. Celles-ci ont chamboulé et remis en question plusieurs manières de faire de la musique liturgique qui ont eu, selon certains, des effets pervers sur la qualité de celle-ci. C’est ainsi que l’abandon du latin avec son chant grégorien et ses grands motets polyphoniques, qui ont été relégué aux oubliettes, ont mené au démantèlement des grandes chorales d’église. Après un bref rappel historique allant de 1960 à nos jours, l’auteur nous propose des pistes de réflexion sur certains aspects de ces transformations que ce soit sur l’apport du chant d’assemblée que sur la modernité musicale. Quant aux organistes, de nouveaux défis sont apparus. Souvent le rôle de leur instrument a subi des modifications importantes voire même son élimination à la faveur d’instruments électriques et électroniques. Au sortir de cette lecture, on réalise qu’il faut poursuivre les efforts pour assurer la survie d’une musique religieuse de qualité et ce, même face à des situations ou des prises de position qui peuvent s’avérer déstabilisantes. Que serait la liturgie sans musique ?

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Revue des revues par Robert Poliquin FRANCE

BELGIQUE

L’orgue francophone / Bulletin de l’orgue francophone, FFAO, 13 rue de Balzac, 93600 Aulnay-sousBois, France.

. V 50, No 197, 2018/1 : L’orgue dans la Revue et Gazette musicale de Paris (1834-1880) 9e partie — L’orgue de l’église Saints-Pierre-et-Paul à Châtelet — Maurice Guillaume (1899-1983) — Partitions : Cinq pièces extraites du Cahier d’improvisation (Auguste Verrees), Dix mini-interludes patriotiques (Félix Snyers). SUISSE

. , France. (Supplément de musique et CD avec chaque numéro)

La Tribune de l'orgue R e v u e s u is s e r o m a n d e , Guy Bovet, CH-2000 Neuchâtel, Suisse

No 40, Printemps 2018 : François Couperin : SaintGervais-Saint-Protais, paroisse des Couperin; l’orgue de François Couperin à Saint-Gervais; les deux Messes; François Couperin et Versailles; postérité des Messes d’orgue de François Couperin — L’orgue de l’église Saint-Éloi de Fresnes — L’orgue et l’architecture III — Littérature : Jean-Charles Gandrille — Orgue et organologie au CPR de Toulon. No 41, Été 2018 : Orgues en Gironde : un bref aperçu de la vie organistique en Gironde; Le Réole : histoire d’un orgue voyageur; de nouvelles grands orgues à la cathédrale de Bordeaux : un projet ambitieux — L’orgue et l’architecture IV — Littérature : René Vierne. de la Montagne / .

Association Élisabeth Havard

No 145-148, 38e année, 2017 : Jeanne Molbech, épouse de Léon Bloy — Quelques glanes historiques sur des orgues et des buffets — Lise Rollan, vedette du disque et de la télévision — Hommage à des organistes disparus : Suzanne Chaisemartin, Michel Chapuis, Pierre Pincemaille — Albert Guillion, musiciensériculteur — L’ancienneté chez les organistes et maîtres de chapelle — Disparition de deux saxophonistes : Henri-René Pollin et Jean Ledieu — Jean-Michel Defaye, arrangeur et accompagnateur — Quelques lauréats du Prix de Rome au XIXe siècle : Pierre Roll, JeanJacques Vidal, Benoît Defrance, Alexandre Montfort, Auguste Placet — In memoriam : Jean-Marc Baffert — Le Comte de Saint-Germain — Olivier Geoffroy, musicien de notre temps — Les organistes français en 1896 vus par une journaliste américaine — Élisabeth Havard dit Romano, baryton, fantaisiste belge — Parutions musicales de Joachim Havard de la Montagne — Revue des revues.

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— Portrait : Josef Friedrich Doppelbauer —Proportions, nombres et figures dans le Prélude et fugue en mi bémol de J. S. Bach — Transcrire Mozart et Haydn à l’orgue — Improvisation : de la fameuse toccata dominicale — Le café-théâtre Barnabé, son patron, son orgue de cinéma, sa cuisine et celle de la CroixBlanche — Un nouvel orgue pour la salle de musique du Casino de Bâle — Actualités. CANADA Organ Canada / Orgue Canada / Journal bimensuel du Collège royal canadien des organistes (RCCO/ CRCO), 202-204 St. George Street, Toronto, ON V 31 No 2, Spring 2018 : 19th-century Organ Building in the St. Lawrence Valley I — The Antegnati organs of Brescia, Italy — Lydia’s Legacy : Origins of the Orgelkids Program — In Search of a Temperament — National and Center News. V 31 No 3, Summer 2018 : 19th-century Organ Building in the St. Lawrence Valley II — Celebrating a Great Hymn Writer : Grundtvig’s House of Spirits — Couperin’s Organ I — Chording at the Organ — National and Center News.

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ÉTATS-UNIS (OHS), P.O. Box 26811, Richmond, VA 23261

The Diapason / 3030 W. Salt Creek Lane, Suite 201, Arlington Heights, IL 60005 V 109, No 5, May 2018 : The Organs of Christ Church Episcopal, Montpellier, VT — Feature: Waldensian Presbyterian Church, Valdese, NC; Létourneau, Opus 133, 2017, (II/P, 15/19)

sary of Andover Organ Co.

The American Organist / journal of the american guild of organists (AGO), 475 Riverside Drive, Suite 1260, New York, NY 10115 V 52, No 4, April 2018 : Getting to Know Pamela Decker — 2017 Historic Organ Study Tour — Creative Use of the Metronome

— Feature: 70th Anniver-

V 109, No 7, July 2018 : Transcribing for Organ: A historical overview — Baroque in Beijing : Alive and Well — 35th Conference of Roman Catholic Cathedral Musicians, Kalamazoo, MI and South Bend, IN — Feature: Summerall Chapel at The Citadel, Charleston, SC; Cornel Zimmer,

— Feature: Centennial Chapel at Christ Church Cathedral, Cincinnati, OH; Fisk, Opus 148, 2018 (II/P, 22/22) V 109, No 9, September 2018 :

V 52, No 5, May 2018 : The Leupold Edition of Bach’s Schübler Chorales — Review : The Pinnacle of a Golden Age in Spain — Orgelkids in USA — The Why and How of Organ Scholars

— Feature: All Saints Episcopal Church, Southern Shores, NC; Quimby, Opus 73, 2017 (II/P, 40/18) / Central United Methodist Church, Concord, NC; Quimby, Opus 74, 2017 (III/P, 67/38) V 109, No 10, October 2018 :

V 52, No 6, June 2018 : Cavaillé-Coll in Rome — Music in the 18th Century, Part I

V 52, No 7, July 2018 : Johannes Ringk and the Dissemination of German Organ Music in the 18th Century, Part II — Organists and Alcohol

— Feature: St. John’s Episcopal Church, Fishers Island, NY; Bigelow, Opus 42, 2018 (II/P, 10/12)

V 52, No 8, August 2018 : The Monumentality of Chris LaRosa’s Monument — Pedal Exercise no. 1 — Joseph Ahrens and His Organ Music

V 52, No 9, September 2018 : Healey Willan : Establishing a Musical Legacy — Pedal Exercise no. 2 — Pipe Organs of Paris Tour

V 52, No 10, October 2018 : Healey Willan : 50th Anniversary of His Death — Pedal Exercise no. 3 — Louis Moreau Gottschalk’s The Last Hope to Mercy —

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