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EN SOUVENIR DE FRANÇOISE AUBUT-PRATTE

Chère dame,

C’est avec bonheur que je réponds à l’invitation qui m’est faite de participer à cet hommage tardif mais important et indispensable

Merci pour l’encouragement et l’enseignement prodigués avec douceur, simplicité et humilité. Merci aussi de m’avoir fait découvrir toute la beauté et la grandeur du répertoire romantique ainsi que celui du XXe siècle.

au Québec, madame Françoise Aubut-Pratte. Cela ne me rajeunit pas… car c’est au cours de mes études au Conservatoire de Musique de Montréal que nos routes se sont croisées une , il me fallait parfaire mes connaissances en écriture, et c’est à Françoise AubutPratte que je dois mon initiation au contrepoint. Amoureux déjà de musique d’orgue, je connaissais sa réputation d’interprète, mais j’ai découvert également une pédagogue horspair. Cette dame au profil réservé se changeait en maître dévoué et enthousiaste devant moi, jouant mes piètres balbutiements comme s’il se fût agi de pages d’un Bach ou d’un Couperin… Ses conseils, sans jamais s’accompagner de jugements négatifs, ses propositions d’améliorations m’ont ouvert à la technique d’écriture polyphonique avec précision et sûreté. J’aurais pu aller plus loin et passer un concours en ce domaine, m’adonner à la composition, mais mes objectifs étaient différents. Nos chemins se sont croisés à nouveau, lors d’une contribution artistique cette fois, autour d’une œuvre pour chœur et orgue de Franz Liszt, Via Crucis, que nous avons donnée avec mon chœur Kattialine en 1969 à la chapelle des Dominicains où elle était l’organiste titulaire, puis en reprise à la salle Claude-Champagne en 1971 pour une rediffusion à RadioCanada. Je n’oublierai jamais avec quelle simplicité et quel métier elle a su donner à chaque note de cette musique bouleversante toute la profondeur du propos de Liszt qui, dans ce chef d’œuvre, a su abandonner toute l’exubérance qu’on lui connaît par ailleurs au profit d’une musique dépouillée, épousant tout le drame du Sauveur assassiné. Ce fut une chance inespérée dans mon parcours de musicien d’avoir rencontré Françoise Aubut-Pratte, une si Grande Dame dont en Québécois de cœur « Je me souviens » avec admiration et affection. Jean-François Sénart, chef d’orchestre et chef de chœur, fondateur et directeur des Archets du Roy René, orchestre de chambre d’Aix en Provence (France)

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Lors de mon premier voyage en France, j’ai vu toutes les portes s’ouvrir devant nous : tout le monde musical se souvenait de cette Canadienne au talent hors du commun. Je garde précieusement au fond de mon cœur le souvenir du cours chez Jean Langlais où j’ai pu interpréter devant lui un extrait de sa Suite Médiévale. J’étais comme dans un conte de fées! Un autre jour qui restera à jamais gravé dans à faire mes registrations pour un concert que je donnais à Sainte-Agathe-desMonts. Vous aviez alors improvisé une fugue à six voix sur un instrument que vous ne connaissiez même pas… La beauté, la grandeur et la profondeur d’un tel moment sont indescriptibles. Cela tenait du génie ! Vous avez constitué une présence importante dans ma vie. Merci. Hélène Plouffe, organiste, collaboratrice à l’Encyclopédie de la musique au Canada (2e édition), bachelière en orgue de l’Université de Montréal (1973 à 1977)

Remerciements Je remercie tous ceux, qui de près ou de loin, m’ont aidé dans cette recherche : Monique Voyer, archiviste à l’Université de Montréal, April, Gaston Arel, Mélanie Barney, Dany Bélisle, Jean Boivin, Lise Boucher, Jacques Boucher, Sylvain Caron, Jean Charron, Françoise Chourot, Louise Cloutier, Réjane Désautels, François Dompierre, Sylviane Falcinelli, Colette Favretti, Pierre Gadbois, Jean Gagné, Yves Garand, Noëlla Genest, Gisèle Guibord, , Benoît Lacroix, Jean-Marcel Lapierre, Laurette , Réjean Magny, Céline Marier, Benoît Morel, Jean Morissette, Martial Morin, Hélène Pierre Rochon, Massimo Rossi, Réjeane Saint-

Mixtures, numéro 48, mai 2018

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