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Elle m’a donné le goût du sacré à l’orgue. Elle a été un exemple d’humilité devant son instrument, l’Instrument-Roi! Françoise Aubut est et restera pour moi un exemple de volonté, de courage devant les épreuves de la vie et de force que rien ni pu légitimement se révolter : elle, elle a tenu bon jusqu’à la fin. Puissiez-vous, Françoise Aubut, être remerciée du fond du cœur. Pierre Grandmaison, organiste, compositeur, titulaire des orgues de la basilique Notre-Dame à Montréal depuis 1973. Il a, à Meudon, sur l’orgue de Marcel Dupré, le 14 novembre 2015, donné un concert dédié aux victimes des attentats perpétrés la veille à Paris. À son actif, on retrouve plusieurs enregistrements dont César Franck : Grandes Pièces pour orgue, vol. 1 et 2 (ATMA 2008) à l’orgue Casavant de la basilique et Soli Deo Gloria, œuvres de J. S. Bach (Sonart 1988 S 1001-2) à l’orgue Guilbault-Thérien de la chapelle de la basilique.

Je remercie Pierre Grandmaison pour son don des lettres que madame Aubut a envoyées à sa famille de 1938 à 1940.

J’ai fréquenté la Faculté de musique de 1969 à 1971. Je n’étais pas inscrit aux cours d’orgue, mais j’assistais aux cours de madame Aubut chaque fois qu’elle en donnait un à la chapelle des Pères dominicains. Je l’ai souvent entendu jouer. Elle faisait des improvisations mémorables. J’avais un contact privilégié avec elle dans les cours de fugue et le cadre éclatait souvent vers le répertoire d’orgue. J’ai conservé les cahiers de ces cours de fugue. Certaines annotations de sa expérience. J’y réfère à l’occasion, car c’est dans ces cours que j’ai appris bien modestement le développement des idées et ces étincelles d’inspiration qui mènent à l’improvisation. C’était là sa conception de la fugue d’école, qui pouvait mener aussi à l’invention. Elle était un maître et elle a fait de moi un apprenti incommensurablement heureux!

Claude Parenteau, organiste, professeur au département de musique du CÉGEP à Trois-Rivières (1971 à 2007), études au niveau licence à l’Université de Montréal. Il est l’auteur, avec son épouse, Ghislaine Lajoie, de Tant que musique il y aura: histoire de l’École supérieure de musique de Nicolet (2014).

Françoise Aubut (à l’arrière) et son élève, Réjeanne Saint-Denis, à l’orgue de Marcel Dupré à Meudon (1976)

Mixtures, numéro 48, mai 2018

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Mixtures # 48, mai 2018  

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