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formes et de genres en vogue à l’époque baroque ou par l’intégration directe ou détournée du chant paraît une priorité pour plusieurs compositeurs. Les nombreux emplois de la forme et variations par les compositeurs québécois montrent à la mélodie. Un troisième constat concerne l’accessibilité. En ne recherchant pas les expérimentations, Raymond Daveluy annonçait en 1995 à Claude Gingras (La Presse, 13 mai 1995) que « la musique peut avoir un tout autre objet que celui de être que cette volonté d’accessibilité est influencée par le contexte, alors que la plupart des œuvres québécoises pour orgue sont écrites par des organistes-compositeurs qui jouent leurs compositions autant en concert que dans le cadre liturgique. Un compositeur qui évolue en dehors des contraintes de la sphère liturgique peut peutêtre plus facilement s’éloigner des traditions et expérimenter davantage des techniques d’écriture non conventionnelles, voire moins accessibles au public. Expérimentation Divers types d’expérimentation se perçoivent dans certaines compositions québécoises pour orgue : utilisation exclusive ou quasi exclusive du pédalier, musique aléatoire, dodécaphonique ou sérielle, intégration de la musique concrète ou d’une bande électroacoustique et notation graphique ou non conventionnelle.

Parmi les œuvres pour pédalier seul se trouvent Trois Esquisses pour pédale solo, CH. 4 (1991) de Denis Bédard, Pedalexercitium (1985) de Bengt », op. 72 (2014) de Rachel Laurin, Variations sur « C’est la belle Françoise » (1987) de Jean Le Buis et Impromptu, solo de pédale (1964) de Léopold Lemieux, un frère du Sacré-Cœur également connu sous le nom de Frère Barnabé. Pour certaines de ces pièces, comme celles de Denis Bédard, Jean Le Buis et Léopold Lemieux, l’usage des mains est exigé durant quelques mesures ou pour une variation complète. Seules quelques compositions québécoises pour aléatoire, dodécaphonique ou sérielle. Extempore (1975) de Bengt Hambraeus et Lui pour nous jeux, avec les anches » (1981) du volume 4 du Livre d’orgue de Bengt Hambraeus, In manus tuas (1978) de Jean Le Buis et Variations en passacaille (1983) d'André Prévost sont des œuvres dodécaphoniques ou sérielles. Les de leurs œuvres sur ces courants : la place de l’aléatoire, du dodécaphonisme ou du sérialisme apparaît plutôt marginale dans leurs corpus. L’intégration de la musique concrète ou d’une bande électroacoustique demeure également des phénomènes marginaux dans les compositions québécoises pour orgue. Philippe Bournival est un des seuls compositeurs québécois à intégrer de la musique concrète dans une de ses œuvres pour

Exemple no 2 : Léopold Lemieux, Impromptu (solo de pédale), mes. 1-12 (extrait reproduit avec l’aimable autorisation des Frères du Sacré-Cœur; manuscrit conservé aux Archives canadiennes des Frères du Sacré-Cœur).

Mixtures, numéro 48, mai 2018

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