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Gagnon, Bengt Hambraeus, Jacques Hétu, Jeanne Landry, Conrad Letendre, Roger Matton et François Morel. Pour les éditions plus rares qui sont conservées dans la collection nationale (la salle vitrée du 4e étage de la Grande bibliothèque), seule la consultation sur place demeure permise. Deux volumes du Patrimoine musical canadien incluent des œuvres pour orgue, dont plusieurs québécoises. Des 150 compositions canadiennes Poirier, 33 œuvres ─ la plupart québécoises ─ sont éditées dans le volume 4 (« Musique d’orgue I », 1985). Une sélection de 46 autres compositions, datant de 1900 à 1945, a été éditée par Hugh J. McLean dans le volume 19 (« Musique d’orgue II », 1997). Les introductions de chacun des deux volumes permettent de comprendre l’évolution de la composition pour orgue jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et les œuvres sélectionnées sont toutes brièvement décrites. L’achat d’œuvres québécoises pour orgue passe parfois par l’entremise d’une maison d’édition dont certaines ont été fondées par le compositeur, comme les Éditions Cheldar de Denis Bédard (http://cheldar.com/) et les Éditions musicales Arsis de Jean Le Buis. De nos jours, la plupart des compositeurs déposent leurs œuvres au CMC où les organistes peuvent emprunter ou acheter un exemplaire. De nombreuses possibilités s’offrent aux mélomanes désireux d’écouter des compositions québécoises pour orgue. Certains disques compacts Music (CBC Radio Maritimes, 2012) qui comprend des œuvres d’Arthur Bernier, Frédérick Glackemeyer, Alphonse Lavallée-Smith, Conrad Letendre, Arthur Letondal, Benoît Poirier, GeorgesÉmile Tanguay et William Reed, ou L’orgue au Centre du Québec (Les Amis de l’orgue, 2002) qui contient des œuvres de Jean Chatillon, Raymond Daveluy, Gilles Fortin et Conrad Letendre. Les œuvres pour orgue de certains compositeurs sont enregistrées par plusieurs interprètes sous différentes étiquettes. Les compositions de Rachel Laurin, par exemple, ont été enregistrées par les organistes Ken Cowan, Isabelle Demers, Gisèle Guibord, Brenda Portman, Jonathan Rudy et la compositrice. En plus des livrets accompagnant les disques compacts, les critiques parus notamment dans l’Organists' Review (vol. 100, no 1, mars 2014; vol. 101, no 1, mars 2015; vol. 102, no 2, septembre 2016) procurent des informations interprétations de compositions québécoises pour orgue sont également disponibles sur YouTube. tations d’œuvres de Denis Bédard par la célèbre

Mixtures, numéro 48, mai 2018

organiste américaine Diane Bish. Il est également possible d’écouter certaines compositions québécoises pour orgue du catalogue du CMC via son service Musiflots. L’utilisation de ce service exige la création sans frais d’un compte. excellence

pour

repérer

les

l’outil par

la recherche par le patronyme du compositeur dans cette banque de données qui répertorie 123 000 disques d’orgue. Tradition Diviser les compositions québécoises pour orgue en deux catégories – les œuvres comprenant surtout des procédés traditionnels de composition ou de notation versus celles faisant principalement appel à l’expérimentation ─ est une tâche ardue, voire discutable. Comme le souligne Gérard Lenclud (« La tradition n’est plus ce qu’elle était », 1987), la signification du mot « traditionnel » peut prendre différentes formes. La définition ici choisie de « tradition » réfère à la présence d’éléments de composition ou de notation utilisés dans les époques précédentes et incluses dans la plupart des œuvres contemporaines. À l’inverse, les « expérimentations » renvoient ici aux procédés peu ou pas utilisés aux époques antérieures et employés par une minorité de compositeurs contemporains. La notion de tradition peut se percevoir dans les compositions québécoises pour orgue par l’appropriation du langage harmonique de compositeurs de générations du chant grégorien ou l’emploi de formes ou de genres en vogue à des époques précédant la composition. Plusieurs compositions québécoises pour orgue possèdent un langage harmonique se rapprochant de certains maîtres allemands ou français. Certaines œuvres de Raymond Daveluy, Jean Le Buis et Rachel Laurin s’inspirent du langage de Paul Hindemith et de Max Reger. Comme le rapporte Sylvain Caron dans son article « L’œuvre 1988), le Prélude et fugue de Jean Le Buis (1983, 1987) « reprend l’esprit du Ludus Tonalis de Hindemith, notamment par sa concision et sa simplicité, et aussi par l’importance des quartes harmoniques et mélodiques. La fugue s’associe également à Reger avec un début doux et lent qui progresse vers une fin en triple forte. » Certaines œuvres de Jean Le Buis, Bruce Mather, François Morel et Gilles Tremblay s’inspirent du langage

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Mixtures # 48, mai 2018  

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