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Numéro 38

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org

Mai 2013


Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Laurent Duval L’orgue ce méconnu Montréal, FQAO, 2012, 305p. 11 planches couleur 20 $ (+ 4 $ frais d’expédition par la poste) Cet essai, écrit en 2001, est un incontournable pour quiconque désire connaître le développement de l’orgue au Québec. Après un bref rappel de l’histoire du développement de l’orgue au cours des siècles, l’auteur nous amène au début du XIXe siècle en nous dépeignant le rôle qu’a joué Albert Schweitzer dans la sauvegarde de l’orgue classique. À ce rappel historique s’enchaîne l’histoire de la facture d’orgue au Québec ainsi que de sa « renaissance » à la fin des années 1950 et au début des années 1960. La deuxième partie de l’ouvrage nous amène au cœur du répertoire de la musique d’orgue et s’attarde principalement sur l’œuvre pour orgue de J. S. Bach avec un bref commentaire sur ses principales œuvres.

Libellez votre chèque au nom de la FQAO et expédiez, par poste à FQAO 1749 rue Boisvert, Laval, QC H7M 2L1


Mixtures

Sommaire

Coordonnateur Robert Poliquin Comité de rédaction Claude Beaudry, Irène Brisson, Noëlla Genest, Robert Poliquin, Michelle Quintal Collaborateurs à ce numéro Gaston Arel, Irène Brisson, Sylvain Caron, Esther Clément, André Côté, Andrew Forrest, Noëlla Genest, Rémi Martin, Robert Poliquin, Michelle Quintal, Jean-Claude Sauvé

Les organistes 4 11 17

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Révision

La passion musicale : un geste de transmission entrevue de Sylvain Caron avec Jacques Boucher (1ère partie) Benoît Poirier, organiste à Notre-Dame de Montréal (2e partie) Nécrologie : Mgr Claude Thompson et Marie-Claire Alain Les instruments La restauration de l’orgue de l’église unie St. James, de Montréal (2e partie)

Claude Beaudry et Gérard Mercure

Les chroniques

Impression Les Copies de la Capitale Paraît deux fois par année : mai et novembre Prix : Canada : 5 $ par numéro États-Unis : 7 $ par numéro Europe : 11 $ par numéro

Date de tombée : 1er du mois précédent

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Anniversaires en musique Ici et là, au Québec... - Montréal - Québec - Rimouski Parutions L’orgue sur le web Revue des revues

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1 Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, rue du Sieur-d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Mai 2013 ISSN 1201-5741

Mixtures, numéro 38, mai 2013

En couverture : Casavant, Opus 757, 1918 3 claviers manuels et pédalier 37 jeux, 36 rangs Traction électropneumatique Église Saint-Ignace-de-Loyola Cap-Saint-Ignace, QC

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La passion musicale : un geste de transmission (1ère partie) Une entrevue de Sylvain Caron avec Jacques Boucher S.C. Jacques Boucher, votre parcours professionnel est caractérisé par l’omniprésence d’une fibre pour la diffusion musicale, que ce soit à RadioCanada, aux Jeunesses musicales du Canada, comme doyen de Faculté de musique de l’Université de Montréal ou, plus récemment, comme producteur de disque1. Pourquoi avez-vous eu envie de faire carrière non seulement comme organiste, mais aussi dans les domaines de la diffusion, de la formation et de la relève musicale ? J.B. Trois grandes valeurs m’ont soutenu et m’ont permis de mener à bien toutes ces réalisations : faire de l’animation musicale, contribuer à l’enrichissement artistique des communautés et permettre à des musiciens de se réaliser. Ces valeurs vont de pair. Il faut prendre conscience de ce dont l’on se prive lorsqu’un artiste ne peut pas être, faute de soutien. L’une des grandes richesses de la société québécoise est de permettre l’éclosion de talents. Très tôt, j’ai senti cette responsabilité : si je ne prends pas l’initiative d’une activité musicale dont j’ai envie pour la collectivité, les autres ne le feront pas à ma place. Il est étonnant de voir à quel point, au Québec, il y a de l’espace et de la facilité pour réaliser des projets artistiques; il y a de la place pour tous. Dans un pays comme la France, qui est beaucoup plus peuplé et développé dans son organisation culturelle, le cadre social et administratif rend les choses plus difficiles. Lorsque j’avais quatre ans et que j’habitais à Saint-Pascal-de-Kamouraska, nous faisions de la musique en famille. C’était une pratique amateure, mais tout le monde chantait juste et en mesure. Un soir du jour de l’an, il y avait chez moi quatre violoneux dont la musique résonnait dans le salon en bois. Fortement impressionné, j’ai été chercher mon meilleur ami – en traversant la rue même si c’était interdit – afin qu’il entende cette merveille musicale. Par ce geste, j’affirmais déjà mon désir de partager avec l’autre le plaisir

que j’avais à écouter. C’était le premier acte de communication que j’ai posé. J’ai ensuite éprouvé un autre coup de foudre musical à 13 ans, lorsque j’ai entendu l’orgue du collège Sainte-Anne de La Pocatière. Sur ce grand instrument, le chanoine Destroismaisons2, petit cousin de mon père, jouait une fugue de Bach (BWV 546). J’entendais les voix entrer les unes après les autres, comme si elles pouvaient s’ajouter sans cesse, et je me demandais comment une œuvre procurant un tel sentiment d’infinitude allait pouvoir se terminer. Lorsque j’ai entendu les grands accords entrecoupés suivis d’une note tenue à la pédale, j’ai été soulagé : la fugue allait pouvoir finir! J’étais touché par l’art du contrepoint que j’entendais, sans

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Les lecteurs qui souhaiteraient obtenir des informations détaillées sur la carrière et les activités de Jacques Boucher peuvent consulter son site web : www.jacquesboucher.org Page 4

Léon Destroismaisons (1890-1980) avait été élève de Marcel Dupré et de Vincent d’Indy à Paris dans les années 1920.

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pour autant en saisir toutes les subtilités; ce fut l’une des grandes expériences musicales de ma vie. C’est bien là la force de la musique : pouvoir émerveiller l’auditeur à travers sa perception instinctive, lui laisser une image qui reste gravée pour la vie. C’est à ce moment que j’ai décidé de devenir organiste. À 16 ans, j’ai commencé à me passionner pour la radio. L’émotion ressentie la première fois que je suis entré dans un studio était aussi forte que celle procurée par la découverte d’un orgue dans une église. J’ai tout de suite compris que je partagerais ma vocation entre la radio et l’orgue. C’est à La Pocatière que j’ai fait mes débuts, et que je suis devenu animateur, réalisateur et directeur de la station et des programmes au FM, où il n’y avait que de la musique. J’ai cumulé ces fonctions avec mes études en orgue à l’Université Laval, auprès d’Antoine Bouchard. Je faisais aussi de l’écriture avec Jeanne Landry, de la direction chorale avec Chantal MassonBourque, de la littérature musicale avec Jacques Hétu et de l’analyse avec Alain Gagnon. Ces jeunes professeurs revenaient d’Europe, où ils avaient été se perfectionner auprès de grands maîtres. Ils m’ont donné une formation extraordinaire, tant pour ma carrière organistique que radiophonique. Je dirigeais aussi deux chorales à Saint-Pascal-de-Kamouraska; mes choristes étaient de véritables organisateurs de concerts. J’ai même fait venir toute l’École de musique de l’Université Laval (plus de 200 personnes) à La Pocatière et à Saint-Pascal pour des concerts.

J’avais étudié à la Sorbonne pendant un an avec Norbert Dufourq, puis il était venu, pendant un trimestre, enseigner à l’Université Laval. C’était non seulement un érudit et un passionné, mais aussi un véritable prédicateur, un homme qui maîtrisait à merveille l’art de la langue et du discours. Cela touchait une fibre sensible pour moi : l’amour de la langue française. Mon père, qui était tanneur et qui n’avait fait qu’une cinquième année scolaire, écrivait pourtant sans fautes et parlait un français que je considère comme impeccable. Pour finir ma maîtrise, j’ai fait une demande de bourse au Ministère de la Culture du Québec pour aller étudier à Paris en radiophonie musicale. Lors de cette année d’études, j’ai fréquenté l’Institut de musique sacrée, pour la musicologie la Sorbonne et, enfin, les services musicaux de l’ORTF (maintenant Radio-France). L’essentiel n’était pas les institutions, mais plutôt les personnes que j’y ai rencontrées et qui m’ont marqué. J’ai notamment fait un cours sur Berlioz avec Fred Goldbeck, le conjoint d’Yvonne Lefébure, qui avait connu Ravel.

Un autre événement qui a marqué ma vie a été l’inauguration de l’orgue Casavant de SaintPascal-de-Kamouraska, lorsque j’avais 18 ans. Nous l’attendions depuis trois ans, et l’abbé Antoine Bouchard, le concepteur de l’instrument, nous en parlait avec fébrilité. Hellmuth Wolff en a fait l’harmonisation, et Karl Wilhelm la mécanique. C’était un tournant majeur dans la facture d’orgue au Québec, à une époque de grand renouveau3. Norbert Dufourq, qui était venu entendre l’orgue, était admiratif : « enfin une voix humaine, enfin un cromorne au Québec! »

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La description de l’orgue est disponible sur le web :

www.uquebec.ca/musique/orgues/quebec/spascalk.html

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Orgue Casavant, Opus 2747, 1969 Église Saint-Pascal-de-Kamouraska

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Le dimanche, j’allais entendre Gaston Litaize à l’église Saint-François-Xavier, qui jouait ensuite la messe radiodiffusée à France-Culture. Le tout se terminait par un dîner chez lui. C’était un véritable magister, qui jetait un regard approfondi sur la musique française depuis Rameau jusqu’à Messiaen. Avant mon départ pour Paris, j’avais reçu un appel de Jacques Bertrand, directeur musical à Radio-Canada, qui me demandait de venir le rencontrer à Montréal. Invoquant un manque de temps, j’ai d’abord refusé son invitation. Il m’a alors offert de se rendre à Québec, dans un lieu de mon choix : je lui ai demandé le Château Frontenac! J’étais jeune et je ne mesurais pas ce que pouvait représenter l’extravagance de mes demandes… Dès que j’ai rencontré Jacques Bertrand, j’ai éprouvé beaucoup d’affection pour cet homme. Le contact a été excellent, au point où il m’a demandé de venir travailler à RadioCanada à Montréal. J’ai pourtant refusé, à cause des études que j’allais faire à Paris. Monsieur Bertrand a alors offert avec bienveillance de différer d’une année mon engagement, me demandant toutefois de travailler quelques mois, l’été, avant mon départ. Lorsque je regarde cela rétrospectivement, tous ces faits me semblent irréels tant ils étaient improbables. La réalité a pourtant dépassé la fiction.

breuses heures au travail. C’est ainsi que j’ai pu réaliser plus 1 500 émissions consacrées à l’orgue, à son enseignement et à sa facture. Tout a commencé avec l’émission Récital d’orgue, d’une durée de 30 minutes. Puis nous avons élargi notre temps d’antenne en ajoutant une émission d’une heure. La Tribune de l’orgue. Nous allions chercher près de 10 000 auditeurs pour les émissions d’orgue. C’était un public bien supérieur à celui d’une salle de concert. À l’émission Tribune de l’orgue, nous avons pu diffuser des œuvres qui n’avaient alors jamais été enregistrées, comme celles d’Ermend Bonnal. En même temps, tous les instrumentistes avaient leur place à la radio, dans des émissions comme Récital (pour les interprètes séniors), Jeunes artistes, Banc d’essai (pour les étudiants), Mélodie, Jazz en direct, Musiques du monde, deux soirées

L’été en question, j’ai travaillé avec Guy Mauffette à l’émission Le Cabaret du soir qui penche. Quelle expérience magnifique, et combien j’ai appris en travaillant avec ce grand homme de la radio. Puis, le premier récital que j’ai enregistré a été celui du pianiste Vlado Perlemutter, au Centre d’arts d’Orford. Ce grand homme était d’une modestie incroyable, m’offrant de reprendre certains mouvements des œuvres qu’il avait pourtant magistralement bien jouées. Faire de la radio est pour moi un immense bonheur, parce que c’est une occasion de partage. Un collègue me fait découvrir une œuvre : j’ai le pouvoir de la diffuser, de la communiquer aux auditeurs dès le lendemain. À Radio-Canada, je bénéficiais de la confiance totale de mes supérieurs, je pouvais m’investir dans des projets qui me passionnaient. J’avais une liberté de création, ce qui n’allait pas sans passer de très nomPage 6

Programme annuel de la série Récital d’orgue pour la saison 1975-1976 Archives de Gérard E. Robert, Québec. Mixtures, numéro 38, mai 2013


consacrées à des orchestres américains, d’autres moments réservés aux orchestres canadiens, des concerts européens quotidiens, Les Grands concerts (captés tous les vendredis soirs à la salle Claude-Champagne), l’orchestre de chambre de Radio-Canada à Québec, Les Goûts réunis (une émission consacrée à la musique ancienne et que j’ai créée), et j’en oublie sûrement! Lorsque le Studio de musique ancienne a été fondé, nous avons fait avec eux treize émissions d’une heure. Cet accès à la radio a eu un effet de levier pour le début de carrière de plusieurs musiciens. Nous avions également trois heures par jour consacrées à des émissions culturelles, où l’on discutait avec des artistes. Notamment, le mardi, il y avait des entrevues dans des studios de peintres. Malgré la nature peu radiophonique du sujet, ces émissions étaient fascinantes. J’exagère à peine en disant que la radio est un médium d’images! Je me rappelle Les Belles Histoires des pays d’en haut, qui ont d’abord passé à la radio. Lorsque l’émission est devenue une série télévisée, j’ai été déçu : les décors étaient moins riches que ceux que le texte m’avait laissé imaginer. En 1983, on m’a demandé de succéder à Jacques Bertrand comme directeur des émissions musicales de la radio française de Radio-Canada C’était pour moi une tristesse que de voir partir ce grand directeur, mais aussi un dilemme, car je savais qu’en acceptant la direction, je devais renoncer à la réalisation. Après une longue hésitation, j’ai accepté, mais à condition de pouvoir revenir à la production après quatre ans. J’ai reçu un mandat de visibilité et de rayonnement. On me demandait notamment de revenir aux émissions diffusées en direct. C’était enthousiasmant, mais je devais travailler parfois jusqu’à 18 heures par jour. Mon supérieur, PaulMarie Lapointe, était un directeur des programmes fantastique. Mon vice-président, Jean Blais, m’inspirait. Leur sensibilité artistique très fine était un atout : je n’avais pas à les convaincre de l’importance de la création musicale. J’ai ainsi pu adresser 36 commandes d’œuvres à des compositeurs, en 36 mois… J’ai même fait des appels d’œuvres pour lesquels il y avait peu de répondants, la plupart déjà occupés à écrire…

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Il y a eu aussi un événement, La Folia, qui était une sorte de fête de la musique où, pendant 48 heures consécutives, tout le réseau était sollicité à travers le Canada pour retransmettre de la musique en direct. Mille musiciens y ont participé. Mes collègues et moi-même voulions démontrer au public que nous n’étions pas des fonctionnaires, mais plutôt des créateurs. À la fin de l’événement, à minuit, après le concert de l’Orchestre métropolitain de Montréal, dans l’agora de l’UQAM, tout le personnel présent a crié à l’unisson : « Ici Radio Canada »! C’était un geste illégal, car syndicalement, seul l’annonceur avait le droit de le dire. Ce furent des années euphoriques, où je concevais mon travail de direction comme de l’animation. Un peu plus tard, nous avons fait un grand weekend avec France-Musique. Quarante-huit heures de musique ont été retransmises en direct, au Canada et en France, par satellite. Pour organiser ce marathon radiophonique, j’avais été rencontrer mon ami Gilles Cantagrel, directeur de France-Musique à Radio-France. Nous nous étions mis à table avec un excellent Saint-Émilion. À mesure que la bouteille se vidait, les pages se remplissaient d’idées. Nous n’avions aucun doute : l’événement allait fonctionner malgré son côté son ambitieux. Je suis allé voir mon directeur, et je lui ai fait valoir que le projet offrait aux musiciens canadiens une possibilité de visibilité sans précédent, l’accès aux ondes de France-Musique étant ordinairement difficile pour eux. Il a accepté mon projet avec enthousiasme. Cela m’a demandé un travail considérable; j’ai même passé les 48 heures du weekend debout, en studio. Je me rappelle qu’à deux heures du matin, il y avait eu une émission animée par Gilles Cantagrel, où Ginette Bellavance présentait de vieilles chansons enregistrées en Acadie, avec une tribune téléphonique où les gens de France ― par le truchement de Radio-France, pouvaient appeler en direct. Une Bretonne de 88 ans appelle : elle avait reconnu une chanson que sa grand-mère lui chantait lorsqu’elle était enfant. C’était un moment formidable, nous en pleurions d’émotion. S.C. Certes, ces années radio-canadiennes ont coïncidé avec un moment de grâce dans la vie de cette société d’État. Aujourd’hui, la situation est bien différente. Que feriez-vous aujourd’hui, si vous étiez un jeune qui souhaite faire de la radio ? Iriez-vous encore vers un tel métier? Page 7


J.B. Pour moi, le plus important n’est pas de faire de la radio, mais de faire de la communication. Nous disposons aujourd’hui d’une foule d’autres plates-formes de communication que la radio, comme le web. Il ne faut pas vivre dans le passé, même si celui-ci était extraordinaire. Notre chance réside dans le contact que nous maintenons avec les jeunes. J’ai une fille qui est une jeune adulte, qui n’est pas intéressée à ce que je la ramène dans mon passé. Elle s’intéresse à ce que je vais prendre de son monde pour le diffuser. Si j’avais vingt ans et que j’avais ce désir de partager la passion de la musique, je trouverais des plates-formes, des espaces inoccupés qui sont pourtant aptes à toucher la jeune génération. Je prends l’exemple de Pauline Vaillancourt, qui a créé quelque chose dans un créneau qui n’existait pas, avec Chants libres. Présentement, je suis le directeur artistique de la maison de disque Espace 21. Je suis persuadé que le disque a encore beaucoup d’avenir devant lui. Au cours de ma carrière, j’en ai réalisé quelques centaines. Le disque est un objet qui voyage, qui a une plus grande pérennité que le web et qui a de la crédibilité, puisqu’il représente toujours un investissement. Il est réalisé par une équipe, mis en marché par une maison de production qui tient à sa réputation. J’ai un autre rêve que je ne pourrai pas réaliser moi-même, mais que je trouve important pour le futur de la musique : communiquer de la musique aux adultes qui ne sont pas des musiciens formés. Pourquoi? Lorsque j’étais à RadioCanada, je faisais des lancements de saison dans beaucoup de villes. J’allais y rencontrer la presse, les auditeurs. On me reprochait souvent le type de discours sur la musique tenu à la radio, trouvant qu’il était trop savant. Par exemple, un musicien parlait de modulation dans une tonalité éloignée. Or, les non-musiciens ne savent pas ce que signifie moduler; ils se sentent ainsi exclus du discours. Il est donc fondamental de repenser le discours sur la musique, de manière à le rendre plus accessible. C’est là un enjeu fondamental pour le développement du public. L’exemple du lamento de la Ninfa, tiré du Huitième livre de madrigaux de Monteverdi, est une magnifique métaphore du rôle fondamental de la musique dans la société humaine. Avant l’arrivée de la Ninfa, l’atmosphère est tendue : un chœur

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d’hommes chante les amours déçues, proposant même la renonciation aux passions humaines. Lorsque la Ninfa arrive, les hommes s’arrêtent de chanter et écoutent : la Ninfa occupe alors l’espace scénique et musical. Son lamento est si touchant que, de nouveau, les hommes croient en l’amour. Le jour où nous avons la certitude que la musique est capable de renverser des situations humaines apparemment indénouables, nous devenons habités par ce besoin irrépressible de communiquer sa richesse. L’animateur musical doit se sentir investi de cette mission de ramener à la musique les gens qui s’en sentent indignes à cause d’un certain discours. Il faut parler le langage de ceux qui ne connaissent pas la musique pour leur ouvrir les portes d’une sensibilité qui leur permettra d’être touchés par la musique, les convaincre qu’ils sont dignes et capables de s’ouvrir à cette dimension sans être des savants de la musique. Cela demande une capacité de fabriquer des images pour communiquer un plaisir, peut-être aussi une sensibilité aux structures musicales, présentées de manière subtile et séduisante. C’est comme lorsque j’avais entendu cette fugue de Bach et que j’avais compris intuitivement la richesse de son contrepoint sans pour autant être capable de l’analyser. Il y a un accès immédiat à la musique que le discours peut favoriser, afin de redonner à chacun la conscience que la musique de toutes les époques demeure accessible à tous, et qu’elle n’est pas réservée à une élite. C’est un enjeu important non seulement pour les musiciens à qui l’on demande souvent de parler de leur art, mais aussi pour les musicologues qui rédigent des notes de programmes ou qui font des présentations d’œuvres, pour les animateurs de radio et pour les chroniqueurs musicaux. Comment former toutes ces personnes à s’exprimer face à des non-musiciens? Pour le devenir de la musique, il y a là un défi fondamental de formation auprès des adultes, jeunes et moins jeunes. (à suivre) Sylvain Caron est professeur titulaire à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Il y enseigne l’écriture, la musicologie et la recherchecréation. Il a occupé, pendant 12 ans, la fonction de vice-doyen. Il est aussi organiste.

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Récitals d’orgue à la basilique Été 2013 23 juin

Martin Brossard (Trois-Rivières)

30 juin

Jean Ladouceur (Montréal)

7 juillet

Jocelyn Lafond (Saint-Eugène)

14 juillet

Édith Beaulieu (Québec)

21 juillet

Olivier Lavoie-Gagné (Montréal)

28 juillet

Philippe Bournival (Trois-Rivières)

4 août

Richard Paré (Lac-Beauport)

11 août

Relâche

18 août

Benoît Bacon (Saint-Prosper-de-Champlain)

25 août

Suzanne Ozorak (Saint-Lambert) Les dimanches à 14 heures Entrée libre Contribution volontaire 626 Notre-Dame est Trois-Rivières, QC G8T 4G9 Informations: (819) Page374-2441 9 www.sanctuaire-ndc.ca


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Benoît Poirier (1882-1965)

Organiste à Notre-Dame de Montréal (2e partie) Né Benjamin Perry le 17 octobre 1882 à Tignish (Îledu-Prince-Édouard), il francise son nom lorsqu’il s’inscrit au Collège Saint-Joseph de Memramcook où il parfait des études musicales entreprises dans son village natal. En 1902, il est accepté au Collège de philosophie de Montréal où il devient organiste. Délaissant des études menant à la prêtrise, il devient organiste dans différentes paroisses de Montréal tout en poursuivant son perfectionnement. En 1921, il obtient le poste d’organiste à la basilique Notre-Dame.

Le sommet de la carrière Le 5 avril 1921, une foule nombreuse remplit la basilique Notre-Dame. Des organistes, des chanteurs et des musiciens de toute la région de Montréal et des environs sont venus témoigner leur respect pour Joseph-Daniel Dussault, le doyen des organistes québécois. À la tribune, Benoît Poirier est assis à la place qui était celle du défunt. Les Dames du Sacré-Cœur, dont le pensionnat Sacré-Cœur (aujourd’hui École Sophie-Barat de la Commission scolaire de Montréal) est situé dans le secteur du Sault-au-Récollet, abordent Poirier afin de savoir s’il voudrait remplacer Dussault comme professeur de piano. Poirier accepte et met ainsi fin à près de 20 ans d’enseignement au Collège de Montréal. Malgré l’interdiction des concerts dans les églises qui étouffe un peu ses efforts à composer pour son propre instrument, il termine, à cette époque, une œuvre assez courte dont la facture et le style diffèrent de ceux de ses grandes pièces de concert. Il s’agit d’Au pays d’Évangéline pièce d’inspiration profane, du moins folklorique dans le sens du chant français. Toutefois, à Notre-Dame, Poirier se rend vite compte à quel point le maître de chapelle, Guillaume Dupuis, se croit en droit de décider entièrement tout ce qui a trait à la musique et ce, incluant l’organiste. Il ne s’inquiète pas outre mesure de cet aspect moins intéressant de son nouveau poste. Il s’inquiète surtout de son instrument qui a 30 ans et qui commence à souffrir de certains déséquilibres. C’est l’époque où les imMixtures, numéro 38, mai 2013

par Robert Poliquin

portants facteurs d'orgues construisent de grands instruments avec une traction électrique. Les orgues de Notre-Dame, parmi les plus modernes au moment de leur construction, risquent de perdre leur prééminence. Il en parle au maître de chapelle Dupuis et, ensemble, ils sensibilisent le curé Perrin de la nécessité d’une réfection éventuelle. Aucune décision n’est prise. Au début de juillet 1921, il communique avec Samuel Casavant afin d’obtenir une rencontre au cours de laquelle il serait question de « certaines améliorations à apporter à l’orgue de Notre-Dame ». Casavant prépare alors un devis et souligne les avantages à électrifier l’instrument. La réaction du curé est bonne et le projet est soumis à l’assemblée des marguilliers qui l'acceptent le 19 juillet, mais le curé décide de soumettre le projet au supérieur de Saint-Sulpice, René Labelle, qui affirme que la dépense prévue est énorme. L’autorisation est refusée et le projet ne sera pas réalisé. Pendant ce temps, Poirier est à la recherche de reconnaissance de la part de ses collèges organistes. Il envoie des copies de ses œuvres à quelques-uns d'entre eux dont Joseph Bonnet, Pietro A. Yon, et Gaston Dethier dans l’espoir de recevoir des appréciations. À la fin de l’été, Poirier reçoit une commande de la part de l’Association américaine des Chevaliers de Colomb qui désire marquer la grande tournée que doit tenir le maréchal Ferdinand Foch aux États-Unis et au Canada par une œuvre qui pourrait être jouée par les musiciens militaires. La même demande est aussi adressée à un compositeur américain. La meilleure des deux œuvres soumises serait choisie. S’inspirant grandement des hymnes nationaux des deux pays impliqués et surtout de La Marseillaise, il écrit une fanfare assez courte qui se termine par un chœur. Sa composition est primée. Le lendemain de la cérémonie où la pièce a été exécutée, Poirier reçoit des félicitations de la part du premier ministre de la France, Aristide Briand, ainsi que du général John Pershing, commandant-en-chef de l’armée américaine. Page 11


Le 20 novembre 1921, il donne un grand concert sur le magnifique instrument que Casavant a installé en l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus (Opus 600, IV/84, 1915). Il y présente des œuvres de Rheinberger, Liszt, Guilmant, Vierne et Dubois auxquelles il joint ses propres compositions. À Noël 1921, Poirier prend part, pour la première fois, à ce grand événement de Montréal qu’est la messe de minuit à Notre-Dame. En avril 1922, il expédie maintes copies de ses deux nouvelles publications (le motet Ecce fidelis et la pièce Rhapsodie sur des airs canadiens) à des musiciens, mais aussi aux quotidiens francophones et anglophones de la métropole. Il reçoit, entre autres, une réponse du compositeur américain John Philip Sousa qui se montre intéressé à faire interpréter l'œuvre par son orchestre si Poirier veut bien l’orchestrer. Pour ce faire, Poirier fait appel à Joseph Vézina1, de Québec. La pièce sera donnée en première, sous la direction de John Philip Sousa, le 22 juillet au Parc Dominion à Montréal, lors d’un concert inscrit dans le cadre d’une tournée de l’orchestre et connaîtra un succès remarquable. Elle sera aussi jouée à Toronto et à Philadelphie au cours de la même année.

la maison Casavant. Poirier retrouve un instrument dont les ressources sont grandement augmentées, dont l’expression du Positif étendue au Récit et au Solo, ainsi qu'un plus grand nombre d’accouplements dont l'utilisation est rendue plus facile grâce à l’action électrique. Il peut ainsi en faire l’inauguration le 14 décembre, ce qui constitua son premier récital à Notre-Dame. Selon Gustave Comte, du journal La Patrie, 10 000 personnes assistèrent à cette inauguration. Entre 1924 et 1926, il compose deux séries de variations sur des Noëls : une première sur le « Venez, divin Messie » et une seconde sur l’ « Il est né ». L’exécution de ces deux pièces, durant la période de l’Avent et lors de la grande messe de minuit, devint presque une coutume au cours des années qui suivirent.

Les 5 et 6 septembre 1922, Montréal est l’hôte du congrès annuel du Canadian College of Organists, fondé à Toronto en 1909 avec un centre à Montréal établi en 1921. À cette occasion, Poirier joue, à l’église anglicane St. George, en compagnie de tout ce que le Canada anglais a de plus prestigieux en fait non seulement d’organistes, mais aussi de compositeurs (George Mackenzie Brewer, Ernest MacMillan, Henry S. Fry, T. E. Martin, William Henry Hewlett, Healy Willan). Durant les quelques années après 1922, il y eut de fait une accalmie dans la carrière de l’organiste; il se confine simplement à ses fonctions d’organiste liturgique sans toutefois délaisser la composition. Aux grandes architectures et démonstrations de virtuosité succèdent une concision et une assurance jamais encore atteintes. Par nécessité et pour garder à leur instrument un prestige utile, les Sulpiciens consentent enfin à assurer le coût de la réfection des orgues. Le contrat est signé le 18 octobre 1923 et les travaux sont réalisés au cours de l’été 1924 par la Page 12

Photocopie d’un manuscrit de Benoît Poirier. Gracieuseté de Claude Hicks, Dathmouth, NS

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En 1927, un climat plus libéral que celui qui régnait durant les années 1920 adoucit le règlement sévère contre les concerts dans les églises. Poirier profita de l’occasion pour mettre sur pied une série de quatre à cinq récitals par année; ces séries s’échelonnèrent jusqu’en 1933. Poirier entreprend, à la fin de 1933 et durant l’année 1934, une série d’émissions hebdomadaires radiophoniques retransmises par CKAC. En 1928, le Collège Saint-Joseph de Memramcook, son Alma Mater, lui accorde une maîtrise « honoris causa ». En 1929, pour marquer le centenaire de la basilique Notre-Dame, Poirier est sollicité pour écrire une pièce de circonstance. Il compose hâtivement la Marche du centenaire, un morceau pompeux, mais effectif qui rejoint ses premiers efforts de collège. Entre 1929 et 1931, la ville de Westmont l’invite à trois reprises à donner des récitals sur le grand orgue du Victoria Hall2. La période de 1932 à 1940 fut une période difficile pour Poirier. En effet, la condition physique de son épouse, Irma Tremblay qu’il avait épousée le 21 octobre 1913 en la basilique-cathédrale NotreDame de Québec, s'aggrave et ses crises d'asthme, nombreuses et violentes, affaiblissent son cœur. En plus de soigner cette invalide dont le caractère s'aigrissait, il doit couvrir les multiples honoraires des médecins avec, comme résultat, qu'il se trouve de plus en plus endetté, situation qui empire avec cette période de crise économique. L'église NotreDame connaît, pendant cette période, de grands déficits et son administration impose un régime d'austérité où plusieurs employés sont remerciés et les salaires réduits. Assailli par ses créanciers, il est réduit à demander une augmentation de salaire ― qui est refusée ― et même à prier les autorités de Notre-Dame de couvrir quelques-unes de ses dettes les plus pressantes. En 1932, lui qui avait quitté une position lucrative au Sault-au-Récollet en 1925, doit redemander son premier poste de professeur au Collège de Montréal où le traitement est minime. De plus, il donne des leçons particulières et beaucoup de ses élèves deviennent les intimes de sa maison. Puis, le 24 septembre 1937, son épouse décède. Il rompt un long silence en composant le petit motet

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Pie Jesu à sa mémoire. Dorénavant, il se retrouve seul pour s'occuper de son fils de 16 ans, Henri, qui abandonne ses cours au collège. En surcroît, un énorme fardeau de dettes l'écrase. Au cours de cette même période, il inaugure de nouveaux orgues à l’Asile Sainte-Darie ― prison des femmes de Montréal (Casavant, Opus 1308, II/21, le 22 mai 1929), à l’église paroissiale de Sainte-Agathe-des-Monts (Casavant, Opus 1373, IV/33, le 30 juin 1930), à l’église Saint-RaphaëlArchange de Montréal ( le 21 septembre 1935), à l’église Notre-Dame-de-Lourdes de Verdun (Casavant, Opus 1511, III/34, le 17 novembre 1935) et à l’église Saint-Roch de Montréal (Casavant, Opus 1581, II/3, le 25 mai 1938). Au même moment, on installe un nouveau système de chauffage à Notre-Dame, ce qui rend l'air très sec et qui se révèle fatal pour l'orgue. Les sommiers fendent laissant ainsi fuir l'air. L'orgue manque de souffle. De nouveaux sommiers ainsi qu'un système de climatisation s'avèrent nécessaires, mais les Sulpiciens restent toujours économes en cette période financière difficile. On essaye maladroitement de régler le problème en y apportant quelques remèdes insuffisants, faisant appel à des facteurs dont il y avait lieu de douter de la compétence. Le magnifique instrument tombe dans une bien triste condition, ce qui affole Poirier. Toutefois, en 1939, des sommiers d'un nouveau type sont construits et installés par Casavant. Poirier assure l'inauguration de l'instrument en donnant un grand récital le 4 juin. En août 1938, une nouvelle élève se présente chez Poirier accompagnée de sa tante. Celle-ci constate l'état lamentable de l'appartement et remarque la mine un peu perdue du fils. Elle invite celui-ci à se joindre à sa nièce et ses neveux. Des relations solides sont alors rapidement établies. Enfin, le père fut aussi invité. Pour le fils, Marguerite Roberge remplace peu à peu sa mère. Il incite son père à l'épouser. Poirier ne se montre pas réfractaire et le mariage eut lieu le 21 mai 1940 en la basilique Notre-Dame. Dorénavant, la maison de Poirier est entre les mains d'une femme joviale, débrouillarde, travaillante et économe. Elle fait tout son possible pour garantir à son mari la paix et le confort. La demeu-

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re est rendue si accueillante que les élèves y sont attirés en grand nombre, ce qui laisse à Poirier peu de temps pour pratiquer. Il procède à l’inauguration de l’orgue de l'église Saint-Jean-de-Matha à Montréal (Casavant, Opus 1803, II/20) le 10 février 1946 ainsi que celui du Séminaire de philosophie de Montréal (Casavant, Opus 1845, II/15) le 21 novembre 1946. Au début des années 1950, les tribunes d'orgues des églises catholiques sont affectées par un mouvement voulant une musique moins sévère et plus populaire. Cette vague annonce tous les changements qui vont remuer l'Église catholique au milieu des années 1960. Le père Émile Martin3 se fit promoteur de ce mouvement dans les églises de Montréal. Jetant un œil dédaigneux sur la plupart des musiques qui s'y faisaient, il montre très peu de tact dans la poursuite de son objectif. À Notre-Dame, il devient très influent auprès du nouveau curé. Poirier sent un danger, car le père Martin manigance la démission de l'organiste qu'il qualifie de « vieux jeu ». En 1954, après une messe, au moment où Poirier se prépare à jouer la sortie, le père Martin s'interpose, pousse celui-ci hors du banc et joue lui-même la pièce de sortie. Saignant du nez, Poirier retourne chez lui découragé, murmurant que tout est fini. Peu après, les journaux annoncent sa retraite de Notre-Dame. Ce départ, vécu si honteusement, met fin à 33 ans de services en cette église ainsi qu'à une carrière d'organiste commencée quelque 60 ans auparavant. Les dernières années Peu de temps avant cette retraite forcée, Poirier avait acheté des droits lui permettant de former et d'exploiter le Conservatoire royal de Montréal. Le fait que cette institution était affiliée à celle de Toronto, du même nom, valorisait ses diplômes. Poirier se contenta du poste de vice-président, car il était trop modeste pour en être le président. Toutefois, en 1959, une paralysie vient le soustraire à ce travail. Il trouve, en son épouse, une garde-malade et une compagne hors pair. Le 6 octobre 1965, il lui demande de l'emmener à ce piano à pédalier qui était si bien connu par tous ses élèves. Là, n'ayant l'usage que d'un bras et que Page 14

d'une jambe, il réussit bre de Frédéric Chopin. est inhumé à Montréal. de la célébration de son sance.

à jouer la Marche funèIl meurt le lendemain et Il était à quelques jours 83e anniversaire de nais-

Conclusion En tant que musicien reconnu et respecté, Poirier fut acclamé non seulement par le milieu musical de Montréal, mais aussi par les associations anglophones de tout le pays. Il fut surtout accepté par ses collègues les plus distingués. Sa très grande maîtrise musicale lui a permis de s’introduire dans la confrérie des plus grands : celle des Joseph Bonnet, E. Power Biggs, Pietro A. Yon et Marcel Dupré. Fortement attaché à son Église, il était, de caractère, humble et même doux à l’excès. Il fondait dans les murs, si on peut dire ainsi, lorsqu’on l’approchait. Benoît Poirier passa par la misère bien des fois, mais toujours il en est ressorti avec une détermination profondément chrétienne et inébranlable. En 1954, lorsque Charles Dupuis, fils de Guillaume qui fut maître de chapelle à Notre-Dame de 1918 à 1949, alla parfaire son éducation musicale en France, il eut la chance d'y rencontrer Marcel Dupré. Celui-ci lui fit part de son étonnement de voir tant de jeunes organistes québécois venir étudier en France. Il ne pouvait comprendre cet état de choses, puisqu'à son avis, deux des plus grands organistes existants résidaient au Québec : Henri Gagnon à Québec et Benoît Poirier à Montréal.

Notes : 1

Joseph Vézina est un chef d'orchestre, compositeur, saxhorniste et pédagogue. Il est né le 11 juin 1849 à Québec et est décédé dans la même ville le 5 octobre 1924. Il est inhumé au cimetière Notre-Dame-de-Belmont, dans le secteur Sainte-Foy à Québec. Sur le plan musical, Vézina demeure essentiellement un autodidacte. C'est selon toute vraisemblance son père, François, qui l'initie à la Mixtures, numéro 38, mai 2013


musique. Puis, lorsque Joseph entre au Petit Séminaire de Québec, en 1861, il reçoit probablement une formation élémentaire sous la direction de Célestin Lavigueur. En 1902, il fonda l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ). Personnage aux talents multiples, il a été l'un des principaux acteurs de la vie musicale de Québec tout au long de sa vie. Il fut chef de musique du 9e bataillon « Voltigeurs de Québec », puis de la musique de l'Artillerie royale canadienne (Citadelle de Québec). Vézina fonda et dirigea également de nombreuses harmonies civiles dans la région de Québec. Membre de l'Académie de musique du Québec, il a participé aux tout premiers jurys du Prix d'Europe, mis sur pied en 1911. C'est lui qui dirigea la première exécution de l’Ô Canada, de Calixa Lavallée, le 24 juin 1880, à Québec. On l’a surnommé le « Roi de la valse canadien » et le « Sousa canadien » pour ses marches militaires. 2

3

Casavant, Opus 1148, III/39. Les récitals de Benoît Poirier eurent lieu le 6 mars et le 11 décembre 1929 et le 29 novembre 1931. Louis Vierne a donné un concert le 13 avril 1927 sur cet instrument. À noter que la première suite des Pièces de fantaisie, opus 51, composée de 1925 à 1927, fut « spécialement écrite pour l’Amérique » et qu’il en donna la première exécution en 1927 lors de cette tournée triomphale. Cet instrument a été transféré, en 1953, dans l’église Sainte-Thérèse-d’Avila à Sherbrooke. Cette deuxième église de la paroisse, érigée en 1952, a été fermée au culte en 2002 et le bâtiment est devenu un centre d’art. Né le 7 mars 1914 à Cendras (Gard), Émile Jules Martin entreprend ses premières études littéraires et musicales sous la direction de son oncle, ancien maître de chapelle de la cathédrale de Nîmes. À 11 ans, il transpose, dans tous les tons, la première fugue du Clavier bien tempéré de J. S. Bach.

Ordonné prêtre en 1939, il devient membre de l'Oratoire de France en 1947. Il fut organiste et chef de chœur à l'église Sainte-Odile du 17e arrondissement de Paris, de 1939 à 1951. Il obtient une grande notoriété grâce à la Messe pour le sacre des rois de France (1949), qu'il reconnut pour sienne après en avoir attribué la paternité à Étienne Moulinié (mêmes initiales). Fondateur, en 1945, et directeur de la Société des Chanteurs de Saint-Eustache, il fut maître de chapelle de l'église SaintEustache de 1964 à 1989. Au cours des années 1953 et 1954, il est invité en tant que chargé de cours et de conférences aux universités de Montréal, Laval de Québec, et d'Ottawa. Il décède, à Lisieux, le 7 novembre 1989. Références : Surette, Paul : Benoît Poirier, organiste acadien : sa formation et son ascension artistique et professionnelle, Thèse de maîtrise, Université de Moncton, 1979. Surette, Paul : Benoît Poirier : la vie d’un musicien acadien (1882-1965), Tignish (IPÉ), La Société culturelle Ti-Pa, 1982. Gaudet, J. Henri : Benoît F. Poirier, musicien acadien, dans La petite Souvenance, no 7, mai 1982. Encyclopédie de la musique au Canada, Montréal, Fides, 1993. Une église entre lacs et montagnes : Archidiocèse de Sherbrooke, 1874-2010; Sherbrooke, Corporation archiépiscopale catholique romaine de Sherbrooke, 2010, ISBN 978-2-9811781-07-7

Il étudia à la Faculté des Lettres de Montpellier puis à la Sorbonne où il obtient un doctorat ès lettres et à l'Institut catholique de Paris pour la théologie où on lui confie l'orgue de la chapelle des Carmes. Mixtures, numéro 38, mai 2013

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Nécrologie « Quand on t’amènera au cimetière, même si tu as amassé, et tant et plus, tu n’emporteras que ce que tu auras donné ». (Réflexion insérée dans le bottin téléphonique de l’abbé).

Le 29 mars dernier, l’OSTR lui a rendu hommage en interprétant le Requiem de Mozart dirigé par son chef attitré Jacques Lacombe. Ce dernier a décidé de se tourner vers la direction d’orchestre à la suite de l’expérience vécue en 1981 lorsqu’à l’issue d’une répétition par la maîtrise des Petits Chanteurs du dit Requiem, l’abbé a offert au jeune organiste de le remplacer sur le podium. Mentionnons qu’à l’âge de 79 ans, Claude Thompson avait dirigé de mémoire cette grande œuvre dont on a joué un extrait à ses funérailles.

« AU REVOIR, L’ABBÉ » Mgr Claude Thompson est décédé subitement le 20 février dernier à l’âge de 86 ans. Ce prêtremusicien fut un des piliers de la vie musicale trifluvienne. En tant que compositeur, on lui doit de multiples harmonisations, une cinquantaine d’œuvres chorales, œuvres pour chœur et orchestre, et aussi trois œuvres pour orgue solo : Scherzo, Suite pour orgue en hommage à Casavant et Vitraux en l’honneur de Marie. Des extraits de cette dernière œuvre ont été interprétés lors des funérailles par Iöan Bastarache, organiste à la cathédrale de Trois-Rivières ainsi qu’à la basilique du Cap lors du concert hommage du Conservatoire de la ville, concert donné par la classe d’orgue de Raymond Perrin. Claude Thompson a terminé tout juste en février dernier O sacrum convivium, op. 85, motet pour double chœur a cappella qui sera créé à Rome le 7 juillet prochain par Les Petits Chanteurs de Trois-Rivières pour le 500e anniversaire de la Capella Giulia, chœur de la Basilique Saint-Pierre. Il a aussi achevé, quelques jours avant son décès O merveilleuse offrande, hymne pour la fête de la Présentation. Mixtures, numéro 38, mai 2013

Professeur au Conservatoire de Trois-Rivières, à l’UQTR, au Cegep de Drummondville, il a fait partie du comité de Pro Organo Mauricie et s’est aussi impliqué au sein du dossier des orgues du Séminaire et de la Cathédrale. Ce prêtre-éducateur qui était aussi organiste, a fondé l’école des Petits Chanteurs de TroisRivières et la Fédération québécoise des Pueri Cantores. Il fut un exemple de rigueur et de professionnalisme pour les 4 000 jeunes qui ont chanté sous sa direction et avec lesquels il a fait des tournées en Europe, aux États-Unis et dans les provinces canadiennes. Claude Thompson, doté d’un savoir encyclopédique, a permis à ces jeunes chanteurs et chanteuses de fréquenter les multiples œuvres du répertoire de chant sacré, les initiant ainsi à un haut mode de perception. Il fut un mentor pour de nombreux musiciens en herbe notamment les organistes qui se sont succédé à l’orgue de la cathédrale de Trois-Rivières : PierreMichel Bédard, Gilles Desrochers, Pierre Paul, Jacques Lacombe, Claude Beaudoin, François Pothier-Bouchard et Iöan Bastarache. Michelle Quintal Pour plus d’informations au sujet de Claude Thompson, voir Mixtures, no 20, avril 2004.

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Comme le disait Marc-André Doran dans une entrevue avec Mario Paquet diffusée sur Espace Musique, « il y a quelques années, au Québec, presque tous les conservatoires de musique comptaient dans leur personnel enseignant un professeur d'orgue ayant étudié avec Marie-Claire Alain », dont la signataire de cet article. Sa disparition a produit une onde de choc parmi les organistes. Il fallait écouter l'entrevue de Marc-André Doran sur Espace musique, il fallait lire l'article très étoffé de Vincent Warnier dans le journal Le Monde qui avait déverrouillé cette page en l'honneur de l'héroïne du jour. De Montréal, John Grew a fait circuler l'hommage fait par RadioFrance. C'était émouvant de voir et d'entendre plusieurs enregistrements de celle qui n'est plus là.

Le monde de l'orgue est en deuil. Le 26 février dernier, la grande organiste française, MarieClaire Alain s'est éteinte à l'âge de 86 ans. Issue d'une famille d'illustres musiciens, elle remplaçait, déjà à l'âge de onze ans, son père Albert aux claviers de l'orgue de Saint-Germain-en-Laye. Encouragée par son frère Jehan, elle s'oriente vers des études musicales qu'elle terminera au Conservatoire National Supérieur de Paris avec cinq premiers prix. Sa carrière d'interprète fut phénoménale. Des concerts aux quatre coins du monde, plus de trois cents enregistrements sur disque, des intégrales de J. S. Bach (3), de Buxtehude, de César Franck, de Jehan Alain, des concertos et j'en passe. On se rappelle les magnifiques concerts qu'elle donnait lors de ses tournées en Amérique. Sa mémoire remarquable lui permettait de traverser l'océan sans partition alors qu'à l'époque, les orgues n'étaient pas numérisés, sans séquenceur! Sa réputation de pédagogue était immense. On aimerait citer tous les organistes à qui elle a dispensé son enseignement dans deux conservatoires à Paris et dans de nombreuses Académies d'été internationales aux côtés d'Anton Heiller, Luigi Ferdinando Tagliavini et Gustav Leonhard.

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Sur le plan humain, qu'on me permette de citer Marc-André Doran. « Ce que je retiens de ma chère professeure? Elle était d'une grande simplicité, droite et honnête. Derrière ses lunettes épaisses, on saisissait un regard vif, et son visage reflétait de manière discrète mais constante la moindre de ses émotions. Son jeu était le reflet de sa personne, d'une grande pudeur et totalement français, cartésien, passant d'abord par la raison et l'esprit ». http://www.espace.mu/espace-musique/ animateurs/paquetmario/4221 Pierre-Yves Asselin, qui a côtoyé Madame Alain durant quinze ans à Paris, m'écrivait sa peine et me communiquait des échos reçus des funérailles qu'un ami parisien lui a fait parvenir. Voici cet extrait du feuillet des funérailles de Marie-Claire à Saint-Germain-en-Laye. La cérémonie fût très émouvante me dit-il. À l'entrée, le cercueil a fait une station sous l'orgue qui a joué la Toccata en ut... De même à la sortie avec les Litanies de Jehan Alain qu'elle a tant jouées. Je souhaite que ce court article de Mixtures ne soit qu'un prélude pour tous les organistes qui aimeraient lui rendre un hommage dans une future parution. Noëlla Genest

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L’orgue de l’église unie St. James à Montréal UNE RESTAURATION SIGNÉE ORGUES LÉTOURNEAU (2e partie)

La première partie de cet article nous relatait la dimension historique de cet instrument de 45 jeux à traction mécanique construit en 1889 par la firme britannique E. D. Wadsworth & Brothers, implantée à Montréal depuis peu. Par la suite, l’instrument fut reconstruit, en 1909, par la firme Warren Church Organ, de Woodstock (Ontario). À cette occasion, le système de traction passe à l’électricité et une nouvelle console à quatre claviers est installée. En somme, derrière la façade de Wadsworth loge maintenant un instrument Warren fondamentalement différent.

Après presque trente ans d’utilisation de l’orgue Warren, l’Église unie St. James (remarquer le changement de nom) signe un contrat avec Casavant Frères en juillet 1938 pour un nouvel orgue qui réemploiera toute la tuyauterie existante pour la disposer sur de nouveaux sommiers. En vertu de l’entente, le nouvel orgue sera installé avant le 18 décembre 1938, soit cinq mois plus tard, moyennant la somme de 16 000 $. Le 16´de façade de Wadsworth doit être conservé, mais Casavant fait pression pour que cette façade soit avancée de 24 pouces : il obtient ainsi l’espace requis pour accueillir l’instrument élargi. Le court délai entre la signature du contrat et la réalisation du projet démontre les effets de la Grande Dépression qui a cours en Amérique du Nord au même moment. Il est également révélateur que Casavant ait accepté de financer presque la moitié du montant du contrat sur une période de trois ans après l’achèvement de l’orgue! L’opus 1608 de Casavant intègre des sommiers électropneumatiques de la dernière nouveauté, en plus d’un tirage des jeux de type Pitman installé à l’intérieur des planches à boursettes, ce

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par Andrew Forrest 1

qui permet d’obtenir des changements de registration instantanés. L’étendue des sections manuelles est aussi augmentée de 61 à 68 notes, et celle du pédalier de 30 à 32. Le système d’alimentation en vent de l’orgue est complètement redessiné, utilisant, dans la mesure du possible, un grand nombre de réservoirs existants et leurs soupapes régulatrices à pistons. La nouvelle console à quatre claviers est munie d’un système pneumatique de combinaisons et de tous les dispositifs qui font l’image de marque de l’entreprise. À l’instar de Warren, Casavant transfère plusieurs jeux d’une section à l’autre et réduit la structure d'ensemble de l’instrument en le faisant passer de cinq sections manuelles à quatre, éliminant l’Echo dans le processus. Le Swell, le Choir et le Solo tiennent dans des boîtes expressives indépendantes contrôlées par les moteurs pneumatiques à huit crans caractéristiques de la maison. Le Choir et le Solo sont enrichis de quelques nouveaux rangs repris de l’ancienne tuyauterie, tandis que la section de Pedal est encore augmentée au moyen d’extensions vers les jeux existants. Les tubes du Carillon de Warren sont conservés, mais pourvus d’une nouvelle rampe de marteaux, et un nouveau jeu de Harp de 61 notes est ajouté. Ce qui reste de l’Open Diapason 32’ de Wadsworth (« ruiné » par Warren) est éliminé pour être remplacé par un autre jeu de 32’ ‒ Acoustic Bass ‒ comportant 12 tuyaux indépendants qui sonnent à la quinte pour produire l’effet de 32’. Le Trombone 16’ de Wadsworth est aussi prolongé vers le grave au moyen de 12 tuyaux de pleine longueur pour créer la nouvelle Bombarde 32’ qui parle sous une pression de sept pouces. L’harmonisation de l’instrument Wadsworth-Warren a pu correspondre à l’esthétique de Stephen Stoot, directeur technique chez Casavant en 1938. Effectivement, un grand nombre de ses instruments sont influencés par ses origines anglaises, et les matériaux employés par Wadsworth et Warren ne lui sont sans doute pas étrangers ‒ bien qu’il ait pu être déçu de leur qualité. Citons

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Photo : Andrew Forrest

pour exemple le fait que les batteries d’anches du Great et du Swell sont localisées sur des sommiers séparés, procédé caractéristique de la facture d’orgue anglaise de la fin des périodes victorienne et edwardienne. Cependant, il a probablement considéré que l’utilisation des mêmes pressions pour les fonds et les anches dans ces deux sections représentait un effort parfaitement inutile! Entre 1938 et la restauration de 2011-2012, l’orgue subit quelques modifications. Au milieu des années 1950, la Vox Humana 8’ de Wadsworth, située au Swell, est remplacée par un rang de Nazard bouché. Dans les années 1980, les Great Mixtures originales de Wadsworth sont supplantées par deux nouveaux jeux qui ne conviennent pas à l’instrument. De même, les batteries

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d’anches Great et du Swell sont modifiées : pour obtenir une émission sonore un peu plus brillante, on a fermé les entailles d’égalisation au moyen d’une soudure et coupé au ton les résonateurs des tuyaux. Du point de vue de son apparence, l’instrument connaît une transformation majeure. Des photos anciennes montrent de lourdes tentures suspendues au-dessus et sur les côtés de la façade de Wadsworth, servant à cacher les tuyaux des sections de Great et de Pedal. On ne sait pas exactement quand elles ont été retirées, mais Philip Crozier, l’actuel directeur musical, rapporte qu’elles avaient disparu au moment de son embauche en 1986. Cette opération a certainement eu un effet sur l’équilibre tonal de l’orgue et rendu sa projection plus brillante dans le vaisseau.

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La restauration entreprise par Orgues Létourneau Limitée sur une période de 12 mois comprenait un recuirage de toutes les composantes électropneumatiques des sommiers, une réfection de tous les réservoirs et autres parties de l’alimentation en vent, et un inventaire détaillé de la tuyauterie de l’orgue. Quoique plusieurs jeux avaient vu leurs tailles modifiées ou avaient été déplacés par des interventions subséquentes, tel que mentionné plus haut, 40 rangs du Wadsworth de 1889 ont survécu. Dans le cadre de ce travail de restauration, deux nouvelles mixtures sont fabriquées pour le Great en remplacement des piètres jeux ajoutés dans les années 1980. À défaut d’informations relatives à leur composition originale, ces mixtures s’inspirent des exemples anglais contemporains à l’instrument de Wadsworth. De plus, les tailles sont calquées sur les courbes de progression du jeu de Fifteenth 2’ du Great et de la mixture originale du

Swell. Cette dernière, plutôt douce et dotée d’une tierce, retrouve ses caractéristiques premières, avec deux reprises au do3 et fa#3. Finalement, une nouvelle Vox Humana 8’, aux pavillons fermés et munis d’entailles, comme la fabriquait Father Willis, est installée dans le Swell pour remplacer l’originale, depuis longtemps hors d’usage. La console à quatre claviers de 1938 est entièrement reconstruite pour intégrer discrètement les commodités modernes, incluant de multiples niveaux de mémoire, des boutons-poussoirs additionnels et un séquenceur. On substitue aux installations de commutation et de câblage, datant en grande partie de 1938, de nouveaux systèmes ultramodernes. Outre la tuyauterie de Wadsworth, voici quelques curiosités tonales de l’instrument : la Bombarde 32’ de pleine longueur, le Stentorphone du Solo avec ses lèvres supérieures recouvertes de cuir, le Cor Anglais 8’ à anche libre et le jeu de Harp de 61 notes du Choir.

Photo : Andrew Forrest

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Sur une période de plusieurs semaines au début de 2012, toute la tuyauterie a été régularisée en fonction de l’acoustique par une équipe d’harmonistes de chez Létourneau dans le but d’en tirer le maximum de raffinement. On a pu entendre l’orgue restauré pour la première fois à l’occasion des concerts-midis offerts dans l’église au cours de l’été. Plus récemment, le festival annuel Orgues et Couleurs y a élu ses quartiers, et c’est dans ce contexte que Johann Vexo et Philip Crozier ont présenté deux concerts solos du plus grand intérêt. Essentiellement conçu dans la tradition des Town Halls anglais, l’orgue de l’église unie St. James a joué un rôle crucial dans le milieu organistique montréalais en accueillant à sa console, entre autres, les Lynnwood Farnam, Fernando Germani, Raymond Daveluy, André Marchal, Bernard Lagacé, E. Power Biggs et Simon Preston. La firme Orgues Létourneau est honorée d’avoir été chargée de mener à bien cet imposant projet de restauration, et elle se réjouit de voir l’instrument réclamer sa place parmi les orgues les plus remarquables de la métropole. 1

Andrew Forrest est directeur artistique chez Orgues Létourneau Limitée.

L’auteur souhaite remercier les personnes suivantes pour leur aide précieuse dans la préparation du présent article : John Mander, Mark Venning, David Wood, Karl Raudsepp, Bill Vineer (The Vineer Organ Library), Fernand Létourneau et Dany Nault. La version française de cet article est une traduction d’Hélène Panneton. On trouvera le devis de l’instrument à la page couverture arrière de ce numéro.

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Anniversaires en musique par Irène Brisson Mort il y a 350 ans durant une épidémie de peste, l’organiste Heinrich Scheidemann (v. 15951663) appartient, comme Samuel Scheidt et Jacob Praetorius, à la génération des grands précurseurs de Dietrich Buxtehude. Né à Wöhrden (Allemagne du Nord), il reçut sa formation musicale auprès de son père, David Scheidemann, organiste de SainteCatherine, une des principales églises de Hambourg. En 1611, la paroisse le juge suffisamment talentueux pour défrayer son séjour d’études à Amsterdam, où durant trois ans, il sera l’élève de l’incomparable Jan Pieterszoon Sweelinck, maître incontesté de la variation et du contrepoint. En 1629, Scheidemann succède à son père aux grandes orgues de SainteCatherine, un poste qu’il occupera jusqu’à la fin de sa vie. Reconnu comme virtuose, comme compositeur et comme expert en facture d’orgue, il fut également un grand pédagogue et compta parmi ses élèves son assistant et successeur Adam Reincken (1623-1722), que Bach admirera profondément. Il nous reste de Scheidemann quelques danses pour clavecin et une bonne soixantaine d’œuvres d’orgue, notées en tablature. L’édition complète publiée par Klaus Beckmann (Schott, 2003-2004) dénombre 33 chorals, 8 lumineux Magnificat comprenant chacun quatre versets richement élaborés et annonçant les chorals ornés de Buxtehude, une fantaisie chorale sur le Magnificat, près d’une vingtaine de pièces libres dont 12 Preambula et deux Toccate. Un quatrième volume édité par Claudia Schumacher (2010) est consacré à 12 motets de divers compositeurs, transcrits et « colorés » par Scheidemann. Toutes ces pages, longtemps oubliées, témoignent de sa parfaite assimilation de la fantaisie contrapuntique, de la variation figurative et des effets d’écho hérités de Sweelinck et des virginalistes anglais. À travers Mixtures, numéro 38, mai 2013

elles, Scheidemann exploite avec élégance et équilibre le potentiel de l’orgue de quatre claviers et pédalier qu’il touchait chaque dimanche. Dans les chorals qu’il se plaît à développer, il se montre respectueux du cantus firmus luthérien, toujours clairement entendu à une des voix. Quelques pièces libres au titre italien (Toccata, Canzona), montrent sa connaissance des nouveautés venant d’Italie, notamment de celles de Frescobaldi. Ses contemporains le disaient « amical et jovial ». Il y a un peu de cela dans sa musique d’orgue. L’année de la mort de Scheidemann, naissait à Leipzig Friedrich Wilhelm Zachow (1663-1712), auquel nous avons consacré quelques lignes dans le numéro 36 de Mixtures (mai 2012). Un autre anniversaire à signaler est celui du tricentenaire de la naissance à Ohrdruf, de Johann Andreas Bach (1713-1779), fils de Johann Christoph (1671-1721), l’organiste qui, en 1695, à la mort de ses parents, avait recueilli son frère cadet, Johann Sebastian. Hautboïste dans l’armée, Andreas fut également organiste à Ohrdruf de 1738 à 1743. S’il entre dans l’histoire, c’est principalement en raison d’un manuscrit de 57 œuvres pour clavier qui porte son nom (Andreas Bach Orgel Buch). Ce précieux document, dont il fut un des possesseurs, aurait été compilé au début des années 1700 par son père et par deux de ses frères (Johann Bernhard et Tobias Friedrich). Il comprend des pièces pour orgue et pour clavecin de compositeurs de la fin du XVIIe siècle allemand, tels Buxtehude, Reincken et Pachelbel, ainsi que des œuvres de jeunesse de Bach, dont le Prélude et fugue en do mineur, BWV 549, noté en ré mineur, ainsi que la Passacaille et fugue en do mineur. L’Andreas Bach Orgel Buch nous renseigne non seulement sur les goûts musicaux de Johann Christoph Bach, mais également sur ce qu’il a transmis à son jeune frère et sur ce qu’il en a résulté. En 1991, le claveciniste américain Robert Hill en a publié une édition complète, jumelée à un autre manuscrit de la même époque (Keyboard Music from the Andres Bach Buch and the Möller Manuscript. (Harvard Publications in Music, vol. 16. 210 pages).

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Un autre anniversaire à souligner est celui de Johann Ludwig Krebs (1713-1780), dont le père, organiste et Cantor de Weimar, Johann Tobias Krebs (1690-1762), fut un des premiers élèves de Bach et, peut-être, l’auteur des 8 Petits préludes et fugues, BWV 553-560. En 1726, le jeune Krebs fût envoyé à la Thomasschule de Leipzig étudier l’orgue, le violon, le luth et le chant. Durant ses études universitaires, il fut également claveciniste de l’orchestre du Collegium musicum que dirigeait son maître. Il était non seulement un des disciples préférés de Bach, celui qu’il appelait affectueusement « l’unique écrevisse dans le ruisseau » (einzigen Krebs im Bache), mais également son copiste, ce qui saute aux yeux et aux oreilles dans plusieurs de ses œuvres d’orgue, littéralement calquées sur celles de Bach : c’est le cas de sa Toccata et fugue en la mineur (Krebs-WV 411) truffée d’emprunts flagrants à celle en fa majeur de Bach et à la fugue en mi mineur BWV 548.

pédale Wir glauben all' an einen Gott (BWV 740) et le Prélude en do majeur, BWV 567. Krebs a composé quelques œuvres de musique sacrée, des sonates et des concertos pour divers instruments, plusieurs pages pour instruments à vent dont la plus connue est une belle Fantaisie en fa mineur pour hautbois et orgue. De nos jours, c’est principalement sa musique de clavier qui retient l’attention : quelques diptyques de type prélude et fugue pour orgue et une trentaine de chorals dont certains sont particulièrement élaborés. Treize d’entre eux, moins complexes, forment la première partie d’une collection de musique pour orgue et pour clavecin parue vers 1744 sous le titre de Clavier Übung, une référence évidente à ses illustres prédécesseurs Kuhnau et Bach. Chaque choral comprend un séduisant Preambulum, suivi d’une version décorative avec cantus firmus et d’une simple présentation chiffrée : tout pour plaire aux amateurs de musique de cette période de transition.

Malgré son immense talent, cet éminent musicien, tenu en haute estime par ses confrères, eut beaucoup de difficultés à trouver un poste prestigieux : organiste à Zwickau puis à Zeist, il ne fut pas retenu par les autorités de Leipzig à la mort de Bach, et termina modestement sa carrière à Altenburg, comme organiste de la cour du prince de Saxe-Gotha-Altenburg, se débattant constamment sur le plan financier afin de faire vivre sa femme et ses sept enfants. Ces revers professionnels s’expliquent par le changement de goût musical qui s’opérait au milieu du XVIIIe siècle et qui allait aboutir au style galant. Même s’il a cherché à se mettre à la page, Krebs est resté fondamentalement un disciple de Bach et de son contrepoint. D’ailleurs, plusieurs œuvres longtemps attribuées au Cantor seraient en réalité de lui, comme le magnifique choral orné avec double Page 24

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Ici et là au Québec... bée devant sa prestation et, en février, c'était au tour de Christian Lane de nous éblouir.

Montréal par Jean-Claude Sauvé

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Dans le cadre du Rendez-Vous des Grands, un concert réunissait, le 2 novembre, en la basilique Notre-Dame, les trois lauréats internationaux (Royaume-Uni, Autriche et États-Unis) du Concours international d’orgue du Canada 2012, soit David Baskeyfeld, Michael Schöch et Christian Lane. Pour sa part, le 3 novembre, Jean-Willy Kunz (3e prix ex-æquo du CIOC en 2011) s'est commis, en la salle Bourgie du Musée des Beaux-arts de Montréal, en présentant les sonates d'église et fantaisies pour orgue de Mozart. Tandis que, le 4 novembre, Jonathan Oldengarm accompagnait le Chœur de l’église St. Andrew & St. Paul dans le Requiem, opus 9, de Duruflé. Le 16 novembre, en l'église Saint-NoëlChabanel, de Laval, avait lieu le souperconcert amical réunissant Marc-André Harnois, l’organiste-titulaire de l'endroit, Emmanuel Filet, David Szanto, NicolasAlexandre Marcotte et Denis-Alain Dion. Le curé Gérald Dionne nous ouvrait les portes de son église pour souligner l'installation de l'orgue Ruffati/Casavant (II/P, 24 jeux) qui trônait autrefois en la chapelle de la maison mère des Sœurs de Sainte-Anne, à Lachine. Cette église en forme de volcan dût édifier une tribune pour recevoir l’instrument. L’instrument a été inauguré, le 25 mars 2012, par Pierre Grandmaison et Marc-André Harnois. Le 25 novembre, un concert-banquet-hommage en l'honneur de monsieur Noël Spinelli a été donné, en l’église des Saints-Anges à Lachine, par John Grew pour souligner l'implication de ce grand mécène dans le milieu de l'orgue et ce, devant tout ce qui compte du milieu de l'orgue, le CIOC, le RCCO et de nombreux organistes. Toujours à cet instrument, en janvier, Philippe Bournival (aujourd'hui doctorant à l'Université de Montréal sous la direction d’Erik Reinart) nous laissait bouche

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À partir du 10 janvier et ce, tous les 2e dimanche du mois (de janvier à mai de chaque année pendant les trois prochaines années), en l’église St. John the Evangelist, l'église au toit rouge du centre-ville, Federico Andreoni donne l'intégrale des œuvres pour orgue de J. S. Bach.

 Le 10 février, devant un auditoire de quelque

350 personnes en l'église Ascension of Our Lord, de Westmount, David Szanto soulignait les récents travaux réalisés par Casavant dans le cadre d’un programme de restauration réparti sur cinq ans. À l'époque de l’inauguration de cet instrument, en 1930, par Lynnwood Farnam, il était l’un des plus gros instruments fabriqués par Casavant (Opus 1344, 1929/1972/1989/2012, IV/P, 56 jeux/61 rangs).

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Le 19 février, en l'église de Saint-Sixte, de Saint-Laurent, les organistes Yvon Bélanger et Emmanuel Filet donnèrent un magnifique récital.

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À l'Oratoire Saint-Joseph qui est maintenant sans organiste-titulaire, ce sont des organistes de remplacement qui se succèdent, les Réal Gauthier, Nicolas-Alexandre Marcotte, Sylvain Caron, Réjean Poirier, Gabrielle Tessier, Pierre-Yves Asselin et autres.

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Pour le grand Concours d'Improvisation de France, sous la direction de Pierre Pincemaille, qui sera tenu en avril 2013, le jeune doctorant à l'Université de Montréal, Emmanuel Filet a été présélectionné.

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Parmi nos organistes qui se distinguent aux États-Unis, mentionnons Isabelle Demers, professeur d’orgue et chef du programme d’orgue à l’Université Baylor, de Waco, au Texas; Ryan Enright, titulaire à la St. John’s Lutheran Church, de Sacramento, en Californie; et Jens Korndörfer, titulaire à la First Presbyterian Church, d’Atlanta, en Georgie. Page 25


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Est-ce la fin de la saga concernant l’orgue de l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus? Il est question dans les médias que le nouvel archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, redonne au culte cette église et ses grandes orgues dont la fermeture avait tant fait parler.

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Jean-Willy Kunz a été nommé « organiste en résidence » pour le grand orgue Pierre-Béïque de l’Espace symphonique de l'OSM, et ce, après un concours où il était en compétition avec Vincent Boucher, Jonathan Oldengarm et François Zeitouni. Pour en venir à une décision, le jury, composé d’Olivier Latry, Jacquelin Rochette, Pierre Grandmaison, John Grew et de Noël Spinelli, a eu à travailler et à méditer autant que les cardinaux au conclave pour élire le nouveau pape. Mais une fumée grise s'en échappa due à la controverse entourant l’inauguration du nouvel instrument qui aura lieu le 28 mai 2014.

Nécrologie 

30 novembre, Raymond Couët, 87 ans de Laval, pianiste et organiste.

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11 janvier, frère Alexis Pâquet, mariste, 95 ans, organiste en la chapelle de la Maison Champagnat, d’Iberville.

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24 janvier, Bonnie Gail-Nichol, 69 ans, épouse de Ron Nichol, responsable du visuel des Concerts de Lachine et aussi de la publicité lors des concerts d'orgue et du CIOC. Lors de ses funérailles, l’organiste Jens Korndörfer est venu tout spécialement d'Atlanta pour y interpréter un répertoire de haut niveau, et ce, devant une assistance digne des plus grands organistes.

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4 février, frère Normand Cloutier, mariste, 74 ans, qui avait pris la relève en ce qui concerne l'orgue Aurèle-Laramée de la Maison Champagnat, à Iberville. Il fut le principal instigateur de l’utilisation d’un écran géant. Il s'est éteint après une vie vouée à la musique que ce soit à l’église Sainte-Madeleine, d'Outremont, auprès des Petits chanteurs de Granby, etc. C'est le jeune Emmanuel Filet qui fit, à l'orgue, l'hommage au nom de tous les organistes qui ont bénéficié de sa générosité. Page 26

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24 février, Jeannine Lepage-Lachapelle, 86 ans, organiste-titulaire pendant plus de 30 ans, au sanctuaire de La Réparation, à Montréal. Elle était diplômée de l’École de musique Vincent-d'Indy.

Québec par Esther Clément

Amis de l’orgue de Québec La 46e saison des Amis de l’orgue de Québec est déjà presque terminée… Au moment d’écrire ces lignes, il ne restera que le concert de l’organiste français Maurice Clerc à la fin avril. Pour sa part, l’activité Organiste d’un jour a dû être reportée à l’an prochain pour des raisons de logistique et de disponibilités des membres organisateurs. La saison 2012-2013 a débuté en grand avec le traditionnel concert Portes Ouvertes mettant en vedette l’organiste français Johann Vexo, organiste de l’orgue de chœur de Notre-Dame de Paris et organiste-titulaire de la cathédrale de Nancy. Ensuite, le traditionnel Jeux d’orgue s’est tenu le 30 septembre à la Chapelle des Jésuites avec la collaboration de Louise Fortin-Bouchard ainsi que de l’organiste Emmanuel Bernier. L’excursion annuelle tenue le 8 octobre dernier s’est encore révélée une réussite cette année avec la découverte de plusieurs orgues dans la région de Côte-du-Sud. La saison s’est poursuivie avec un concert fort original présenté sur l’orgue mécanique GuilbaultThérien de Saint-Félix de Cap-Rouge: Jean-Willy Kunz, nouvellement nommé organiste en résidence à l’OSM, ainsi que le réputé Quatuor Claudel-Canimex. Le concert donné par l’organiste Jens Korndörfer à l’église Saints-Martyrs-Canadiens a ravi le public. Émerveillés par sa virtuosité, plusieurs ont aussi été emballés par les quelques transcriptions figurant au programme. Denis Gagné et Sébastien Ouellet ont présenté pour leur part un récital fort couru en janvier, mettant à l’avant-plan la richesse du patrimoine musical québécois. La musicologue Irène Brisson a su replonger l’auditoire dans le contexte historique où ont été créées ces œuvres avec une courte conférence précédant le récital. L’acoustique de la Mixtures, numéro 38, mai 2013


magnifique Chapelle des Jésuites se prêtait d’ailleurs très bien à ce récital orgue et voix. En février, malgré un soir de tempête, les Amis de l’orgue ont reçu avec enthousiasme le grand gagnant du Concours international d’orgue de Montréal, Christian Lane. Son jeu impeccable et musical a permis au public d’apprécier son immense talent. Un concert de plus a été ajouté en mars avec l’organiste Marc d’Anjou. De retour à Québec et à son poste de titulaire de la basiliquecathédrale Notre-Dame de Québec après un séjour de deux ans à Vancouver, il a présenté un récital très solide et musical comportant une partie baroque et une autre plus contemporaine avec deux grands compositeurs français; Jehan Alain et Olivier Messiaen. Pour terminer cette magnifique saison, un autre organiste français de renom, Maurice Clerc, fera vibrer les 5 168 tuyaux des grandes orgues de l’église Saints-Martyrs-Canadiens le 27 avril prochain.

restauration de l'instrument afin de le rendre plus performant. 

Deux orgues centenaires! 

Un grand concert anniversaire aura lieu le 15 juin prochain à l’Espace-Hypérion (ancienne église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier) pour souligner le centenaire de l’orgue « symphonique » Casavant construit en 1913. Ce récital réunira Édith Beaulieu, Emmanuel Bernier, Claude Lemieux, Jean-Guy Proulx et Jacquelin Rochette.

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Pour sa part, l’orgue de Saint-Joseph de Beauce célébrera son centième anniversaire avec une messe d’action de grâces suivie d’un récital de trente minutes le 30 juin prochain. L’organiste-titulaire, Esther Clément, interprétera quelques œuvres solistes et la chorale paroissiale se joindra à elle par la suite pour interpréter quelques chants, exactement comme lors de l’inauguration de l’orgue le 29 juin 1913. Un autre grand concert d’orgue viendra clôturer les festivités à l’automne prochain.

Autres concerts 

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Du côté de la chapelle du Musée de l’Amérique française, plusieurs concerts ont été présentés sur l’orgue qu’on appelle maintenant communément « le 1753 ». Se sont succédé sur cet instrument, Yves-G. Préfontaine, Pierre Bouchard, Robert Patrick Girard, Sylvain Barette et Jacques Boucher. Le 17 mars dernier, Claude Lemieux a procédé au lancement officiel de son nouveau CD intitulé Johann Sebastian Bach : Les influences enregistré à l’orgue Guilbault-Thérien de la cathédrale Sainte-Anne de La Pocatière. Plus de 250 personnes se sont déplacées pour l’entendre jouer l’intégrale de son disque à l’église Saint-Ambroise de Loretteville.

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Du côté de l’église Saint-Roch, le traditionnel Festival du printemps aura lieu à partir du 15 mai les mercredis à 12 h 15. Les invités de la prochaine saison sont : l’organiste-titulaire, Édith Beaulieu, Claude Lemieux, Robert Patrick Girard et Emmanuel Bernier.

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La série des concerts d’été de l’église Chalmers-Wesley sera interrompue cette année car les responsables de l’église prévoient entreprendre en 2013 une étape importante de

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De son côté, le Festival d’orgue de SainteMarie recevra pour son concert d’ouverture le 2 juin le réputé chœur Les Rhapsodes de Québec et la soprano Luce Vachon qui seront accompagnés par Dominique Gagnon, titulaire des grandes orgues de Sainte-Marie. L’œuvre principale du concert sera le Magnificat de John Rutter. Suivront les prestations de François Zeitouni, le 9 juin et celle de Jacques Boucher qui sera accompagné de la saxophoniste Sophie de Courval le 16 juin.

L’orgue du Palais Montcalm Les travaux de l’orgue vont bon train! L’installation de l’orgue de trois claviers à traction mécanique comprenant 37 jeux s’effectuera en pleine saison estivale, étant donné que les concerts sont moins nombreux au Palais Montcalm en cette période de l’année. À partir de la mi-août, la phase finale débutera avec l’harmonisation de l’orgue qui devrait être prêt vers le 15 septembre. Plusieurs activités se tiendront autour de l’arrivée de ce nouvel instrument à Québec qui comprendra un total de 2 846 tuyaux construit par la maison Casavant. Il y aura Portes ouvertes le 29 septemPage 27


bre où le grand public sera invité à venir le visiter et le concert d’inauguration aura lieu le 4 octobre. Pour cette occasion, cet instrument unique sera la vedette du premier concert de la 30e saison des Violons du Roy. C’est à Richard Paré, organiste réputé et membre fondateur de l’orchestre, que reviendra l’honneur de faire résonner pour la première fois en concert cette brillante réalisation du savoir-faire québécois.

Rimouski par Rémi Martin

En septembre, Les Amis de l’orgue de Rimouski ont innové en présentant, à la cathédrale, un concert au contenu jazzé. En collaboration avec le FestiJazz international de Rimouski, la prestation a permis au public d’entendre un répertoire intéressant, offert avec brio par les organistes Josée April et Dominique Coulombe. En deuxième prestation en octobre, la jeune organiste Marie-Hélène Greffard a ébloui le public présent à la cathédrale dans un concert proposant des œuvres du grand répertoire. Bonne humeur et technique redoutable ont conquis les auditeurs.

INTERMÈDES À L’ORGUE 2013 JONATHAN OLDENGARM, DIRECTEUR ARTISTIQUE

LES JEUDIS À 12H15

CONTRIBUTION VOLONTAIRE 27 JUIN Gagnant, Concours d’orgue Lynnwood-Farnam 2013 4 JUILLET Hans-Ola Ericsson, Montréal 11 JUILLET Vincent Boucher, Montréal 18 JUILLET Jonathan Oldengarm, Montréal 25 JUILLET Jean Ladouceur, Montréal

Au même endroit, au début de décembre, ce fut au tour de l’organiste Aubert Lavoie de nous offrir un magnifique programme où la grande musicalité le disputait à la brillance du jeu.

1ER AOÛT Kurt-Ludwig Forg Borken, Allemagne

Pour le 4e concert, nous entendrons l’organiste Emmanuel Bernier, avec la soprano Magali Simard-Galdès, le dimanche 12 mai prochain, à 14 heures, à l’église Saint-Pie X. Au programme : en plus du grand répertoire pour orgue, le chant mettra en vedette Fauré, Haendel, Haydn, Mozart, Strozzi et Wolf.

8 AOÛT Gregg Redner, London, ON

Pour conclure cette saison, les Amis de l’orgue de Rimouski proposent un concert de l’organiste Rémi Martin et du violoniste Steeve St-Pierre, violon solo de l’Orchestre symphonique de l’Estuaire. Au programme : Bach, Rheinberger, Brahms et SaintSaëns et Schumann. Le concert sera présenté à l’église Saint-Robert, le dimanche 2 juin à 20 heures.

22 AOÛT Mélanie Barney, Saint-Jérôme

Les Amis de l’orgue préparent aussi une saison estivale qui sera présentée en juillet. Dates et lieux à déterminer. Page 28

15 AOÛT Andreas Cavelius Krefeld, Allemagne

29 AOÛT Jonathan Oldengarm, Montréal


Parutions par Robert Poliquin et Michelle Quintal J. S. Bach : Les influences Claude Lemieux Orgue Guilbault-Thérien, Opus 11, 1974 (III/P, 15 jeux/19 rangs) Cathédrale Sainte-Anne, La Pocatière, QC Quels sont les compositeurs ou les œuvres qui ont pu influencer Johann Sebastian Bach dans sa formation? L’artiste nous en fait découvrir quelques-uns à travers leurs œuvres : Dietrich Buxtehude, Georg Böhm, Nicolaus Bruhns, Andreas Kneller et Johann Adam Reinken. Dans cet enregistrement, l’artiste, avec une technique sans faille, nous fait découvrir que, malgré sa taille relativement petite, cet instrument possède de nombreuses et belles qualités sonores qui nous font apprécier les œuvres au programme. À découvrir et à réécouter! Organum, 231 012, 2013 Confluence Barbara Raedeke Orgue Juget, Opus 32, 2009 (II/P, 20 jeux/23 rangs) St. Mark’s Episcopal Church, St. Louis, MO L’artiste nous amène, à travers un récital alliant les styles musicaux français (Franck, Vierne et Widor) et allemand (Bruhns, Bach, Brahms), à découvrir la merveilleuse sonorité de cet instrument de taille plutôt modeste. Conçu principalement avec le répertoire d’orgue romantique à l’esprit, cet instrument prouve qu’il peut très bien s’adapter aux différents répertoires. À noter tout spécialement la sonorité éclatante des anches et la superbe acoustique de l’église. Cet enregistrement nous présente une artiste de haut niveau dans un répertoire éclectique sur un superbe instrument. À ne pas manquer! Raven, OAR-937, 2011 Œuvres pour saxophone et orgue Sophie Poulin de Courval, saxophone et Jacques Boucher, orgue Orgue Casavant, Opus 757, 1918 (III/P, 37 jeux/36 rangs) Église Saint-Ignace-de-Loyola, Cap-Saint-Ignace, QC « La rencontre rare, sinon inusitée, du saxophone et de l’orgue favorise un espace où les deux instruments rivalisent de couleurs sonores. »

Les œuvres de cet enregistrement ont toutes été écrites pour le dialogue de l'orgue et du saxophone. Nous y retrouvons Guy de Lioncourt, Kees Schoonenbeek, Eugène Bozza mais aussi Denis Bédard, Massimo Rossi et Jacques Boucher lui-même dans des Variations sur un thème de Gilles Vigneault. Un nouveau CD étonnant à découvrir! Société métropolitaine du disque/espace 21, SMD 227-1, 2012 Mixtures, numéro 38, mai 2013

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L’année 2011 a marqué le deuxième centenaire de la naissance d’Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899), le plus grand facteur d’orgues de France du XIXe siècle. Pour souligner cet anniversaire, la firme Fugue State Films a pris la décision de célébrer cet anniversaire en produisant une biographie filmée de cet homme et de son œuvre, une première mondiale. La réalisation de ce projet ambitieux nécessita un budget de 125 000 $. Une souscription, mise de l’avant avec une vidéo sur YouTube, capta l’attention et le soutien de quelque 1 000 individus et organisations de partout dans le monde. Le produit est disponible avec sous-titres en français, en anglais, et en allemand. Le coffret comprend trois DVD qui totalisent plus de huit heures et demie de visionnement et deux CD qui contiennent deux heures et demie de musique laquelle diffère complètement de celle utilisée dans la vidéo. Un livret de 80 pages, superbement illustré en couleurs, contient les caractéristiques complètes des instruments présentés dans les DVD plus celui de l’immense orgue que Cavaillé-Coll conçut pour la basilique Saint-Pierre, de Rome. DVD 1 (Le génie de Cavaillé-Coll — 156 minutes) présente un documentaire qui traite des origines, de la vie et des réalisations d’Aristide Cavaillé-Coll. Ce documentaire est divisé en trois parties de 52 minutes chacune. DVD 2 (Les orgues de Cavaillé-Coll — 202 minutes) nous amène à visiter 14 orgues Cavaillé-Coll sélectionnés et ce, en ordre chronologique de production. Certaines visites sont courtes, d’autres sont plus longues mais toutes sont tout aussi passionnantes les unes que les autres. Les innovations techniques de Cavaillé-Coll sont soulignées et les coloris sonores spécifiques et d’ensemble sont identifiés et entendus. De plus, il y a démonstrations de possibilités de registrations qui vont du céleste le plus éthéré au tremblement de terre. Ces démonstrations sont, en elles-mêmes, une classe de maître sur la façon de registrer le répertoire romantique français pour orgue. DVD 3 (L’après Cavaillé-Coll — 139 minutes) contient d’autres performances sur les orgues de la cathédrale d’Orléans et celles de la basilique Saint-Sernin de Toulouse en plus de démonstrations hautement intéressantes et des improvisations aux orgues remarquables de Saint-Denis, Saint-Sulpice et Notre-Dame données par Pierre Pincemaille, Daniel Roth et Olivier Latry. CD 1 et 2 (La sonorité des Cavaillé-Coll — 142 minutes) Tous les 14 orgues sélectionnés sont à nouveau entendus dans un répertoire français couvrant la période de 1830 à 1900. Onze organistes ont participé à ce projet. C’est sans réserve aucune que je recommande cette magnifique production qui célèbre, de façon éloquente, Aristide Cavaillé-Coll et qui nous présente un tel glorieux banquet d’images et de sons ravissants. Fugue State Films, FSFDVD007, 2012

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Mixtures, numéro 35 novembre 2011


Guide de la musique d’orgue Sous la direction de Gilles Cantagrel Fayard, 2012, 1062 pages, ISBN 978-2-213-67139-0, Collection : Les indispensables de la musique Alors que la première édition de cet ouvrage, publié en 1991, était presque introuvable et devenait un quasi-objet de collection, voici qu’une deuxième édition enrichie et considérablement amplifiée voit le jour. En plus d’apporter quelques corrections, inévitables dans un ouvrage de cette ampleur, on retrouve, dans cette nouvelle édition, des œuvres nouvellement écrites par les compositeurs déjà présents dans la première édition mais aussi l’ajout de compositeurs contemporains. Parmi ceux-ci, Antonini, Aubertin, Bannister, Benoit, Boesmans, Bonnal, Bovet, Campo, Carle, Castelnuovo-Todesco, Daveluy, Delor, Escaich, Étienne, Falcinelli, Gade, Hakim, Honegger, Ibert, Isoir, Jacob, Lacôte, Maleingrau, Mallié, Marghieri, Mather, Mernier, Müllenbach, Pallesco, Part, Paulet, Roth, Tanguy, Tisné, Vidal, et Werner. Cet ouvrage est propre à satisfaire les exigences et la curiosité de nombreux amateurs et s’adresse tant aux auditeurs, aux étudiants et professeurs, aux éditeurs de disques et organisateurs de concerts qui désirent en savoir plus sur le « roi des instruments » et la musique qui lui a été consacrée depuis cinq siècles.

Louis Vierne Franck Besingrand Bleu nuit éditeur, 2011, 176 pages, ISBN 978-2-35884-018-7 Collection: Horizons Préface de Mgr Jehan Revert; Introduction de Philippe Lefebvre « Avec ce nouvel opus de la collection horizons, Franck Besingrand analyse la vie et l’œuvre de Louis Vierne, organiste et compositeur d’exception qui a marqué la musique française au début du XXe siècle » peut-on lire sur la jaquette arrière de cet élégant volume illustré et complété d’un tableau synoptique et d’une bibliographie. Ce livre nous introduit non seulement aux œuvres pour orgue du titulaire de Notre-Dame de Paris mais aussi aux œuvres pour piano, musique de chambre, voix, orchestre ainsi qu’à la musique symphonique de Louis Vierne. Franck Besingrand, organiste concertiste, musicologue, compositeur et professeur qui a gravé 5 CDs pour orgue et qui a déjà collaboré à la revue Sonances (1988) nous a présenté son livre très intéressant et bien documenté à l’occasion d’une conférence organisée par les Amis de l’orgue de Montréal à l’automne 2012. Intitulée « Louis Vierne, sa vie, son œuvre », cette conférence, ponctuée d’extraits musicaux joués à l’orgue, a eu lieu à l’église presbytérienne St. Andrew and St. Paul où Louis Vierne lui-même a donné un récital alors que, le 27 février 1927, il était de passage à Montréal. Besingrand a profité de son séjour au Québec pour donner des concerts à Ottawa, Cap-de-la-Madeleine et Montréal. Michelle Quintal

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L’orgue sur le web par André Côté Au hasard de mes pérégrinations sur la toile, je vous propose en cette édition une chronique résolument orientée vers la facture d’orgue. Vous aurez probablement décelé chez moi au long des numéros précédents un intérêt certain pour ce domaine.

La facture d’orgue nécessite, en plus d’une formation très pointue, des outils spécialisés généralement difficilement disponibles. Pour pallier ce problème, le facteur d’orgues allemand Johannes Weiblen a mis sur pied en 1980 une entreprise qui fait la vente d’outils spéciaux adaptés à cet art. http://www.weiblen.de/fr/

J’aimerais en premier lieu partager avec vous un documentaire sur la réputée facture d’orgues italienne Fratelli Ruffatti. Le reportage de vingt-deux minutes met en évidence le respect de la tradition et le modernisme de l’entreprise qui fut l’une des premières à utiliser la conception 3D assistée par ordinateur (CAD). Fondée à Padoue (Vénétie) en 1940 par Antonio Ruffatti et ses deux frères, la firme est toujours sous la gouverne de membres de la famille.

Sur son site L’art d’un facteur d’orgues amateur, Joseph Hamel nous partage son expérience en présentant un ouvrage, fruit de nombreuses années de passion et de réalisation de petits instruments. Au cours des dernières années, ce passionné a construit pas moins de cinq instruments d’un à cinq jeux. http://www.lartdunfacteurdorguesamateur.fr/

http://www.youtube.com/watch?v=f2FHrIkXuyU et http://www.youtube.com/watch?v=kpLSMdo-zng Pour des informations plus détaillées, il est possible de consulter le site officiel de la firme : http://www.ruffatti.com/ Orgue mythique s’il en est un, l’instrument de Notre-Dame de Paris modifié à de nombreuses occasions depuis sa construction par Cavaillé-Coll doit subir une énième restauration-transformation. Les travaux qui s’étaleront jusqu’en 2014 sont menés par l'atelier de facture d'orgues Pascal Quoirin. La description détaillée de la console permet d’apprécier la complexité incroyable de celleci et des innombrables possibilités qu’elle offre à l’exécutant. http://www.atelier-quoirin.com/ParisND.php

Comme j’en ai pris l’habitude depuis quelques chroniques, ma dernière suggestion en sera une plutôt insolite. On a déjà entendu parler de vols d’instruments de musique : violon, instruments à vent… mais pas très souvent du vol d’un orgue. Et pas d’un positif ou d’un portatif mais bien d’un orgue estimé à 200 000 $ qui est disparu d’une église de Mt. Washington (Pittsburgh, Pennsylvanie). C’est à suivre. http://www.wpxi.com/news/news/local/organvalued-200k-stolen-mt-washington-church/ nWdy3/ Le texte intégral (avec liens hypertextes) de cette chronique peut être consulté à l'adresse suivante : http://pages.videotron.com/acote/

Concerts d’orgue Quand? Où? Qui? Consultez la rubrique Concerts à

www.fqao.org

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Revue des revues par Gaston Arel et Robert Poliquin FRANCE

SUISSE

L’orgue francophone / BULLETIN DE L’ORGUE FRANCOFFAO, 13 rue de Balzac, 93600 Aulnay-sousBois, France.

La Tribune de l'orgue / R E V U E S U I S S E R O M A N D E , Guy Bovet, CH-2000 Neuchatel, Suisse

PHONE,

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N 46, 2013 : Éditorial — En souvenir de Pierre Parisot — Suite de l’histoire de l ’orgue phonochromique et de l’orgue Bouvet de l’église Sainte-Madeleine de Nantes — L’orgue Cavaillé-Coll de Lunel — Musicora 2012 — Route des orgues à Nice Côte d’Azur, avril 2012 — Le nouvel orgue de l’église des saints-François de Montpellier — La troisième Partita en sol mineur de J. S. Bach — Le Prélude et fugue en ré majeur, BWV 532, de J. S. Bach — Jean Huré, entre tradition et modernité — Concours internationaux et nationaux d’orgue 2012 — Route des orgues 2013 — In memoriam, Geneviève Legros. Orgues nouvelles / Coet Sal — Mériadec, 56400 Plumergat, France. (Supplément de musique et CD avec chaque numéro) No 18, Automne 2012 : Éditorial — New Orleans : un héritage culturel prestigieux; une expérience hors du commun; entretiens et rencontres— De l’orgue électronique à l’orgue virtuel : des besoins différents — Jehan Alain : la Suite pour orgue; qui était Lola Bluhm; l’œuvre pour piano — L’Après du premier Jour de l’orgue en France — Talents méconnus : Auguste Schirlé (18951971) — Talents d’aujourd’hui : Jacques Lenot — Patrimoine : éco-musée de la facture d’orgues Maurice Gobin; Chaource, un instrument qui revit — Boîte expressive, Carnet et informations, Infos en montre. No 19, Hiver 2013 : Éditorial — Lille : les organistescompositeurs; les classes d’orgues de Jeanne Joulain et Jean Boyer; le patrimoine : désastre, reconstruction, vitalité : Saint-Étienne, Saint-Michel, Saint-Martin d’esquermes, Saint-Sacrement de Fives, Notre-Dame-dela-Treille — 17e édition et colloque passionnant sur Xavier Darasse — Royan, l’orgue de l’église NotreDame — Organum I (1970) pour six mains et six pieds de Xavier Darasse — Talents d’aujourd’hui : Éric Lebrun — In memoriam, Jacqueline Englert-Marchal (19222012) — Guide de la musique d’orgue, une réédition attendue — Infos en montre, Carnet et informations, Boîte expressive.

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64e année, No 4, 2012 : Éditorial — La Sicile revisitée : voyage du Musée suisse de l’orgue 2012 — Quel avenir pour l’harmonium — Le quart d’heure d’improvisation : Le trio pour les nuls — La partition du semestre : Orfeo de Gluck (extrait) — En guise de conte de Noël : un épilogue inattendu au récit de Jules Verne « M. RéDièze et Mlle Mi-Bémol » —Les orgues de Romainmotier et la rôtisserie Au Gaulois — Les voyages de M. Philéas Fogg — Actualité : disques, partitions, livres, correspondance, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts. L’orgue / R E V U E I N D É P E N D A N T E , François Widmer, CH-1091 Grandvaux, Suisse Ces numéros représentent les dernières publications de cette revue. No 1, Mars 2012 : Éditorial — Courrier du lecteur — Le Festival-Anniversaire de Samuel Ducommun (19141987) — La chronique discographique — Quelques bonnes idées de célèbres organistes — Quelques notes d’un organiste —Le bel orgue de la collégiale de Saint-Imier (Jura bernois) — Des partitions intéressantes d’Allemagne et de France — Alexandre Guilmant honoré par Marcel Dupré (I). No 2, Juin 2012 : Éditorial — Alexandre Guilmant honoré par Marcel Dupré (II) — Histoire de l’orgue du Christ-Roi de Crémone (Italie) — Informations de l’Orgeldokumentationszentrum de la Haute École de Musique de Lucerne — Le grand orgue de la cathédrale de Monaco — Informations concernant la cathédrale de Monaco, son organiste titulaire, ainsi que l’organiste et compositeur canadien Denis Bédard —La chronique discographique — Anniversaires en musique — Un nouveau souffle pour un orgue du XXIe siècle. No 3, Septembre 2012 : Éditorial — Courrier du lecteur — Alexandre Guilmant évoqué par Joseph Bonnet — La chronique discographique — L’harmonie dans toutes ses tonalités — Une discussion intéressante au sujet de Louis Vierne — Pouvoir de la musique — Le dompteur d’orgues : Édouard Batiste — L’œuvre d’orgue de Léon Boëllmann (volume IV, Bärenreiter) — Communiqué de presse pour l’orgue de Saint-Sulpice à Paris — L’esthétique de l’orgue : ouvrage rédigé par Jean Huré (1923).

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No 4, Décembre 2012 : Billet — La chronique discographique — Courrier du lecteur — Anniversaires en musique — Nécrologie : Hans-J. Füglister — Partitions intéressantes — Quelques anexdotes d’années d’apprentissage (Hellmuth Wolff) — Un orgue d’église peut-il donner satisfaction comme orgue de concerts? —16e édition du Festival de Musique Improvisée de Lausanne — Quelques éléments pour la dernière parution. CANADA Organ Canada / Orgue Canada / JOURNAL BIMENSUEL DU COLLÈGE ROYAL CANADIEN DES ORGANISTES (RCCO/ CRCO), 202-204 St. George Street, Toronto V 25, No 6, November 2012 : The Organs of Wimborne Minster and Exeter Cathedral — Orgelfest Academy — Sowing the Musical Seeds — UK Report : Tickelled Pink — European Organ Tour — Duo Majoya Celebrates — I Have Nothing to Lose!: Gregg Reddner’s journey towards the FRCCO — President’s message — RCCO Centre news — By-Laws Report — Hindsight — Sixteenth notes / Positions available. V 26, No 1, January 2013 : A Polish Pilgrimage — Review: Raymond Daveluy, Noël anciens — News from overseas: Toronto Composer Stephanie Martin Exports New Music — UK Report — Patricia and William Wright Host European Organ Tour — North of the Arctic Circle — President’s Message — RCCO Centre News — Hindsight — Sixteenth Notes, Positions Available, Correction and Classifieds. ÉTATS-UNIS The American Organist / JOURNAL OF THE AMERICAN GUILD OF ORGANISTS (AGO), 475 Riverside Drive, Suite 1260, New York, NY 10115 V 46, No 12, December 2012 : The State of Mainstream Religion in America — AGO Pipe Organ Encounters 2012 — Albuquerque AGO Chapter Commission: New Organ Song Cycle — Feature: Faith Lutheran Church, New Providence, NJ (Glück, Opus 13, 2011, III/32); Mayflower Congregational Church, Oklahoma City, OK; Glück, Opus 14, 2012, III/P, 29 ranks. V 47, No 1, January 2013 : The State of Classical Music in America — Haarlem International Organ Festival — Multum in Parvo II : Estey’s Grand Minuette — Feature: Christ Lutheran Church, Baltimore, MD; Andover, Opus 114, 2012, III/P, 82 ranks.

V 47, No 3, March 2013 : The Catholic Organ — John Stanley: Repertoire for the Beginning Organist — Dame Gillian Weir Plays Farewell — A Dissection of Keyboard Memory (II) — Review: Music and the Wesleys — Feature: St. Mark’s Episcopal Church, San Antonio, TX; Kegg, 2012, III/47. The Diapason / 3030 W. Salt Creek Lane, Suite 201, Arlington Heights, IL 60005 V 103, No 10, October 2012 : An Interview of Montserrat Torrent, Queen of Iberian organ music — An American organ moves to Germany (Steer & Turner, Opus 14) — Mamusia: Paul Wolfe remembers Wanda Landowska — Organ Feature: Independent Presbyterian Church, Birmingham, AL; Dobson, Opus 90, 2012, III/P, 97/82. V 103, No 11 November 2012 : Crazy about Organs: Gustav Leonhardt at 72 — Sewanee Church Music Conference — The Early Iberian Organ Design and Disposition — Some Unusual Harpsichord Music Before Aliénor — Organ Feature: First Lutheran Church, Sioux Falls, SD; Schoenstein, Opus 1342/1959, Opus 1994/2011, IV/P, 66/52. V 103, No 12, December 2012 : The Tiento, An Iberian art form — Haarlem International organ Festival 2012 — Good Acoustics, the economic factors — Organ Feature: Sacred Heart Church, New Philadelphia, OH; Kegg, II/P, 12/15. V 104, No 1, January 2013 : AGO National Convention 2012, confessions of a puritan — 15th Albert Schweitzer Organ Festival — BWV 565: Composer found ? — Organ Feature: St. Mark’s Episcopal Cathedral, Minneapolis, MN; Foley-Baker, 2012, IV/P (7 divisions), 87/76. V 104, No 2, February 2013 : Early Organ Composers’ Anniversaries in 2013 — 2012 East Texas Pipe Organ Festival — Copenhagen’s Orgelsamling, a treasury of Danish organ building — Organ Feature: Mayflower Congregational United Church of Christ, Oklahoma City, OK; Glück, Opus 14, 2012, III/P, 56/29. V 104, No 3, March 2013 : 2012 Organ Historical Society National Convention — 52nd Conference on Organ Music at the University of Michigan — 2012 Ascension Organ Academy — Organ Feature: Trinity Lutheran Church, Sheboyan, WI; Buzard, Opus 41, 2012, III/P, 40/52.

V 47, No 2, February 2013 : Review: Mendelssohn and the Organ — The Organ of the Future in Sweden’s Studio Acusticum — Feature: Community Church of Vero Beach, Vero Beach, FL; Lively-Fulcher, 2010, III/P, 71 ranks. Page 34

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