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Numéro 37

Novembre 2012

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

Sommaire 4

Comité de rédaction Claude Beaudry, Irène Brisson, Noëlla Genest, Robert Poliquin, Michelle Quintal

Les organistes 5 7

Collaborateurs à ce numéro Gaston Arel, Irène Brisson, Esther Clément, André Côté, Robin Côté, Philip Crozier, Andrew Forrest, Jean Ladouceur, Denyse Morin, Robert Poliquin, Jean-Claude Sauvé

Hommage à Dom André Laberge, o.s.b. Benoît Poirier, organiste à Notre-Dame de Montréal (1re partie) Les instruments

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Révision

Présentation

Vers une restauration : l’orgue de l’église Saint-François-Xavier-de-Brompton La restauration de l’orgue de l’église unie St. James, de Montréal (1re partie) La restauration de l’orgue Louis Mitchell 1882 de l’église Saint-Simon et Saint-Jude de Tignish, IPE

Claude Beaudry et Gérard Mercure

Les chroniques

Impression Les Copies de la Capitale Paraît deux fois par année : mai et novembre Prix : Canada : 5 $ par numéro États-Unis : 7 $ par numéro Europe : 11 $ par numéro

Date de tombée : 1er du mois précédent

22 23 25 25 27 29 32 33

Curiosité Anniversaires en musique Ici et là, au Québec... - Montréal - Québec Parutions L’orgue sur le web Revue des revues

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1 Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, rue du Sieur-d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Novembre 2012 ISSN 1201-5741

Mixtures, numéro 37, novembre 2012

En couverture : Gabriel Kney, 1994 2 claviers manuels et pédalier 13 jeux, 16 rangs Traction mécanique des claviers et des jeux Abbaye Val Notre-Dame (Cisterciens de la stricte observance) Saint-Jean-de-Matha, QC

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Présentation par Robert Poliquin Pour la plupart de nos associations fédérées, ce temps de l’année marque le début d’une nouvelle saison artistique avec tout ce que ça comporte alors que pour d’autres, elle marque la fin des séries estivales. Un bref coup d’œil aux différents calendriers qui nous ont été soumis, au début de l’été, lors de la préparation du premier calendrier FQAO 2012-2013 laisse entrevoir un vaste choix d’activités avec des artistes tout aussi talentueux les uns que les autres. À la Fédération, l’année 2012 a marqué notre incursion dans le monde de l’édition avec la publication du livre L’orgue cet inconnu, de Laurent Duval, et celle d’un premier calendrier mettant en vedette les différents orgues que l’on retrouve sur le territoire du Québec. Un choix, pas facile à faire, a dû être exercé afin que tous les facteurs, toutes les régions, toutes les esthétiques sont représentées! Les projets d’orgues neufs pour l’Espace symphonique de Montréal et pour Palais Montcalm à Québec enchantent tous les amateurs d’orgue qui rêvent déjà de prestations dans des lieux où l’acoustique a fait l’objet d’une attention toute particulière. Peut-être que ces nouveaux lieux de diffusion permettront d’attirer une nouvelle clientèle et ainsi faire connaître nos organistes. La fermeture de lieux de culte remet en question le recyclage des orgues qui s’y trouvent afin de leur trouver une nouvelle demeure ou d’être utilisés dans des projets de restauration ou reconstruction. Même si les mécanismes peuvent être fatigués par une utilisation prolongée, ils peuvent être remis à neuf tandis que la tuyauterie peut revivre à la suite d’une réfection et d’une réharmonisation. Il faut surtout garder l’œil ouvert sur certains instruments jugés patrimoniaux afin qu’ils soient traités avec diligence. L’abondance d’informations et la vivacité du monde de l’orgue font que ce numéro de Mixtures comporte, exceptionnellement, 36 pages au lieu de 32. Bonne lecture!


Hommage à Dom André Laberge, o.s.b. Dans le cadre de son congrès, le 6 août dernier, la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue a tenu à rendre hommage à Dom André Laberge en lui décernant un certificat de « membre honoraire » de la Fédération en reconnaissance de l’apport qu’il a fourni à la cause de l’orgue Claveciniste et organiste de haute réputation, il a su porter son art au summum, méritant ainsi la reconnaissance du milieu musical tant national qu’international.

Dom André Laberge est né à Beauharnois, près de Montréal, le 23 août 1940. Après avoir obtenu un B.A. de l'Université de Montréal en 1960, il entra, la même année, chez les Bénédictins de SaintBenoît-du-Lac où il fut organiste. Ordonné prêtre en 1969, il étudie au Conservatoire de musique du Québec à Montréal, où ses premiers maîtres furent Bernard Lagacé pour l'orgue, Kenneth Gilbert pour le clavecin, Gilles Tremblay pour l'analyse musicale et Françoise Aubut pour l'harmonie et le contrepoint. Durant l'été de 1971, il étudia l'orgue à l'Académie de Haarlem (Hollande) avec Piet Kee et Luigi Ferdinando Tagliavini. Au terme de ses études, en 1972, il obtint un Premier Prix d'orgue, un Premier Prix de clavecin et un Premier Prix d'analyse. Au cours des étés 1972 et 1973, il enseigna l'orgue et le clavecin pour la Société des musiciens amateurs du Canada au Centre musical du Lac-à-laLoutre situé à Huberdeau, au sud-ouest de Montréal. Il fut aussi professeur au Centre d'art d'Orford pour les Jeunesses musicales du Canada. Boursier du Conseil des arts du Canada de 1977 à 1979, Dom Laberge a fait un séjour de perfectionnement en Europe. Il a travaillé l'orgue au Conservatoire de Toulouse avec Xavier Darasse et, parallèlement, le clavecin avec Gustav Leonhardt à Amsterdam. Depuis son retour, Dom Laberge partage son temps, outre ses devoirs monastiques à l'abbaye, entre l'enseignement privé, les concerts et l'enregistrement. Il a été élu Abbé de Saint-Benoît-duLac le 20 mai 2006 et consacré le 6 août suivant.

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Texte de l’hommage préparé par Yves-G. Préfontaine Il y a des gens de qui il peut être relativement simple de faire le panégyrique. Ceux qui sont décédés notamment! Ceux-là on est certain qu’ils ne pourront pas nous reprocher d’en avoir trop dit. Ou pas assez. On peut être sûr également de n’avoir aucune réaction de fausse modestie du genre « t’aurais pas dû », « tu exagères »… Mais quand l’objet est bien en chair, ou plutôt bien vivant, ça peut devenir plus compromettant. C’est pourquoi vous ne m’en voudrez pas d’être absent, physiquement, de cet hommage à une personne dont le charisme et la bienveillance rallient tous les suffrages. Ça y est, on vient de basculer dans les choses sérieuses… Cher André (pardonne-moi cette familiarité, mais nous nous connaissons tout de même depuis un demi-siècle), je suis toujours inquiet lorsqu’on me demande de rendre un hommage à un collègue, un ami; puis, peu à peu, le plaisir s’installe les évidences émergent et chassent l’angoisse du « qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire » et du «pourquoi moi? ». L’exercice, tout compte fait, s’est avéré, en ce qui te concerne, comment dirais-je… relativement aisé. Comment eût-il pu en être autrement, lorsque nous sommes les témoins privilégiés d’un bilan encore provisoire aussi impressionnant. Ne rougis pas!! C’est avec la sincérité la plus détachée que je viens témoigner aujourd’hui d’un certain nombre de qualités qui, au fil du temps, furent ta marque de commerce et qui ont été la définition même de ce que tu es fondamentalement. On pourrait s’attarder à ta compétence musicale. On reconnaît en toi un interprète chevronné, réfléchi, méticuleux, voire monastique tiens, et ce tant à l’orgue qu’au clavecin, deux instruments qui, sous tes doigts, ne semblent faire qu’un, tant le passage de l’un à l’autre s’effectue avec un naturel peu commun. Dans un cas comme dans l’autre, la même rigueur, la même sensibilité, la même intelligence du texte, la même conviction. Page 6

On pourrait s’attarder également à la formation qui te fut prodiguée par les plus grands, ici comme ailleurs : Bernard Lagacé, Kenneth Gilbert, Xavier Darasse, Gustav Leonhardt dont tu fus l’ami jusqu’à la fin, et d’autres encore. Ce n’étaient pas là des relations à sens unique, et le privilège de la communication jouait avec chacun dans les deux sens et dépassait souvent la dimension purement musicale. Ton savoir et ton expérience profitent en retour, depuis longtemps à tous ceux et celles qui sollicitent ton avis et tes conseils. S’ajoutent, parallèlement à cela, une rare qualité d’écoute, une affabilité et une discrétion devenues proverbiales et l’on ne saura jamais évaluer avec justesse à quel point on peut-être bénéfiquement contaminé à ton contact. Tes qualités humaines sont telles, qu’on recherche volontiers ta compagnie. Ta carrière musicale aura été, et est, Dieu soit loué, toujours façonnée à cette image, nimbée tout à la fois de panache et de retenue. Somme toute, menée bon train, mais sans esbroufe, à l’instar de la vie intérieure que tu as choisie, et qui atteint aujourd’hui un premier sommet avec ces 50 ans de profession religieuse, doublée de l’octroi récent de cette ultime responsabilité des fonctions abbatiales. Nouvelles responsabilités, nouveaux défis que la suavité de ton humour a toujours participé à relever et à soutenir. Parce que tu aimes rire, ce qui est très rassurant. Nous avons quelques souvenirs communs de séjours européens, à Haarlem, à Amsterdam, où nous avons beaucoup rigolé entre les cours. À Boston, également. Des moments savoureux!!! Je terminerai avec un cliché d’une banalité à pleurer! Et pourtant, comment le dire autrement…c’est un privilège de te compter au nombre de mes amis. Un privilège personnel, certes, mais également pour tous ceux qui ont eu le luxe de te croiser, un privilège pour la vie musicale du Québec. Comme l’a dit André Gide, nous apprécierons toujours et je cite : ta « supériorité que sait tempérer l’aménité la plus exquise ». Avec toute mon amitié!

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Benoît Poirier (1882-1965)

Organiste à Notre-Dame de Montréal (1ere partie)

par Robert Poliquin

édifice où il entre avec permission spéciale. Déjà, il jouait et accompagnait lors de séances données par les élèves du couvent ou organisées au profit de la paroisse. Après une absence de presque une année au cours de laquelle les Perry étaient allés tenter fortune aux États-Unis, la famille revient à Tignish. Répondant alors à l’invitation de sœur Sainte-Julienne, le jeune Benjamin essaie avec succès d’accompagner l’office divin. C’est alors que le père Poirier lui offre une bourse afin de poursuivre ses études au collège, à la condition expresse qu’il adopte la forme originale et française de son nom de famille. C’est ainsi que Benjamin Perry devient Benoît Poirier. Formation collégiale (1896-1901)

Benoît (Fidèle) Poirier est né Benjamin Perry le 17 octobre 1882 à Tignish, petite ville acadienne située sur la pointe nord-ouest de l’Île-duPrince-Édouard. Il est le fils aîné de Laurent S. Perry et d’Emily DesRoches. En octobre 1882, le facteur montréalais Louis Mitchell installait son opus 1291 dans l’église paroissiale de SaintSimon et Saint-Jude de Tignish. Benjamin fréquente l’école du village où il devient un des meilleurs élèves. Depuis 1890, au couvent Notre-Dame-des-Anges de Tignish, sœur Sainte-Julienne, de la Congrégation NotreDame, enseigne les rudiments de la musique et accepte de lui donner quelques leçons. Pendant deux ans, vers les années 1894 et 1895, le garçon peut profiter, moyennant la somme de 25 sous, de l’enseignement de la religieuse dans un

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Le 8 septembre 1896, Benoît Poirier part pour le collège Saint-Joseph de Memramcook dirigé par la Congrégation de Sainte-Croix. À cause de sa faiblesse en français, il doit attendre sa deuxième année pour commencer le latin. Dans une classe, il découvre un vieil harmonium qui avait été abîmé par des élèves. Il n’en faut pas plus pour qu’il y passe une grande partie de ses loisirs et de ses congés. La chapelle possède un petit orgue où deux élèves plus âgés et plus expérimentés que lui y jouent à tour de rôle. Furtivement, il va écouter leurs répétitions et leur offre ses services comme souffleur. Malheureusement, sa bourse ne lui donne pas droit à des leçons de musique. Le directeur musical, le père Sylvère Arsenault, s’apercevant du grand amour que le jeune porte à la musique, lui explique quelques rudiments sur la manière de lire le plain-chant. Il lui propose de s’installer à la porte de la classe et d’écouter les leçons qu’il donne à ses autres élèves. Pendant ce temps, le jeune Benoît est membre de la fanfare du collège en tant que saxophoniste alto et pianiste. Le père Arsenault l’autorise à travailler à l’orgue de la chapelle s’il peut se trouver un souffleur. Dorénavant, il est de service tous les dimanches, alternant avec les deux vétérans. Page 7


Ses parents ayant une fois de plus émigré aux États-Unis, Poirier passe toutes ses vacances au collège : l’institution devient de plus en plus son domicile. En 1897, l’église Saint-Thomas, dirigée par la Congrégation de Sainte-Croix et sise près du collège, est à la recherche d’un organiste et en fait la demande au collège. Le choix unanime se porte sur le jeune Poirier. Désormais en service à Saint-Thomas et à la chapelle, il acquiert, par cette tâche, une expérience très enrichissante. En février 1901, dernière année de ses études au collège, âgé de 19 ans, on lui décerne un baccalauréat ès arts. C’est aussi l’époque où il apprend la mort de sa mère. Son père envisage alors de s’expatrier à nouveau aux États-Unis. Devant un avenir très incertain et selon le souhait de son père, Benoît envisage la vie sacerdotale. Il réussit, avec l’aide du père Pierre-Paul Arsenault, à amasser assez d’argent pour entreprendre une première année au Séminaire de philosophie à Montréal. Carrière à Montréal (1902-1921) Son arrivée à Montréal marque un autre changement important pour Benoît Poirier. Le Séminaire est plus français et québécois avec une organisation ecclésiastique et une discipline assez sévère. À cette époque, la chapelle du séminaire n’abrite qu’un simple harmonium sans pédalier. Se sentant attiré par ce modeste instrument, Benoît annonce aux autorités qu’il est organiste. Dès qu’on constate son habileté, cette fonction lui est facilement et heureusement accordée. La connaissance et l’amour que démontre Poirier pour le plain-chant lui valent d’être choisi comme assistant du père Guillaume. Ce trappiste entreprenait l’enseignement et la diffusion du grégorien, selon la méthode de Solesmes, dans les séminaires et principales églises du diocèse de Montréal. Tout comme les Sulpiciens, Poirier se rend compte que la prêtrise n’est pas sa vocation et puisque ses efforts à l’orgue et au piano avaient tellement plu à ses supérieurs, ces derniers lui proposent de lui garantir le vivre et le couvert à condition qu’il continue à assurer les mêmes services musicaux. Il accepte volontiers.

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À partir de juillet 1903, il devient le musicien polyvalent du Grand Séminaire. N’étant plus soumis à la discipline sévère de l’institution, sans salaire et sans ressources pour payer des leçons de musique, il parcourt, sur semaine, les églises de Montréal pour s’imprégner de toute la musique d’orgue qu’il peut entendre. Il monte aux tribunes d’orgue pour « épier secrètement le jeu des interprètes ». En comparaison avec ses premières expériences musicales, il entre dans un monde d’œuvres plus avancées et plus complexes. Il commence alors à se consacrer à la composition. C’est ainsi qu’apparurent ses premières œuvres pour orgue au printemps 1904 : Variations « Épiphanie », Toccata, Fantaisie sur « Te Joseph », Offertoire sur « O Filii », et Entrée. Au même moment, le professeur de piano du Collège de Montréal quitte ses fonctions et les Sulpiciens offrent ce poste au jeune organiste. L’année suivante, Poirier assume aussi les fonctions d’organiste à la chapelle du Collège de Montréal où il trouve un instrument avec pédalier. Il continue en autodidacte et, pendant deux autres années, il fréquente à nouveau les églises de la ville. À la suite de la reconstruction de la chapelle du Grand Séminaire, en janvier 1907, Poirier inaugure, lors d’une grande cérémonie, le nouvel orgue à traction tubulaire-pneumatique que le facteur Joseph-Émile Pépin a construit et installé sur la tribune arrière. Plus tard, la même année, il quitte ses fonctions au séminaire alors qu’il obtient le poste d’organiste à l’église SainteHélène2 desservie par les pères Montfortains. On lui permet alors de commencer une série de récitals. Son maigre salaire d’organiste et de professeur de piano au collège ne sont pas suffisants et il doit prendre des élèves particuliers. Tout de même, il se paye quelques leçons de musique auprès du titulaire des orgues de Notre-Dame, Joseph-Daniel Dussault3. À l’automne 1908, le professeur Joseph-A. Fowler, organiste de l’église St Patrick, prend sa retraite. Après une tentative pour obtenir les services de P. J. Shea, les administrateurs accep-

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tent la candidature de Poirier. Cette nomination à l’église de la plus grande paroisse irlandaise du Canada constitue une promotion notoire. Toutefois, on s’attend à ce que l’organiste dirige les chœurs de chant. Poirier refuse cette responsabilité, laquelle est alors assumée par l’abbé Elliott. Lorsque celui-ci quitte en 1909, la paroisse revient à la charge. Poirier refuse à nouveau et démissionne. Entretemps, la firme Casavant Frères vient d’installer un magnifique instrument, Opus 367, IV/P, 56 jeux, à l’église Saint-Vincent-de-Paul, ce qui en fait le second plus grand instrument de la métropole. La candidature de Poirier est retenue et il entre en fonction le 12 mars 1909. Bien établi et de retour dans un milieu francophone, il continue sa série de concerts que les critiques du temps louangent. Après sept ans où il n’écrit pas pour son instrument, Poirier termine Les Cloches de Pâques qu’il donne, en première, le 7 mai 1911.

Notes : 1

Cet orgue de 19 jeux et 22 rangs répartis sur deux claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes a été restauré par la firme Juget-Sinclair en 2011.

2

L’église Sainte-Hélène, fondée en 1902, a été démolie en 1971. Sise au coin des rues Inspecteurs et Saint-Maurice, son territoire était compris entre les rues Saint-Jacques, McGill, le fleuve et les rues McCord, de la Montagne et du Séminaire. L’édifice était une ancienne patinoire publique réaménagée en église. Il y faisait tellement froid que Poirier devait pratiquer avec des gants.

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Dans son ouvrage, Paul Surette dénomme l’organiste de Notre-Dame comme étant Jean-Baptiste Dussault. Or, il s’agit en fait de Joseph-Daniel Dussault, né à Charlesbourg le 6 janvier 1864. Il étudia l'orgue, d'abord avec son père Cléophas, organiste à Charlesbourg, puis, à partir de 1879, avec Gustave Gagnon à Québec. En même temps, il tint l'orgue de l'église des Jésuites, jusqu'à sa nomination à l'église SaintLouis de Lotbinière (1881-1889). Il étudia à Boston et à New York. À la suggestion de Romain-Octave Pelletier, il se perfectionna à Paris auprès d'Eugène Gigout (1889-1891). À son retour, il fut nommé à la cathédrale de Saint-Hyacinthe (1891-1892) qu'il quitta bientôt pour accepter le poste d’organiste et de maître de chapelle à l'église St Paul, d'Oswego, N.Y. (1892-1896). Il fut ensuite invité à prendre la succession d’Alcibiade Béique à l'église Notre-Dame de Montréal, poste qu'il occupa de 1896 jusqu’à sa mort qui survint le 1er avril 1921.

Références :

L’orgue de l’église Saint-Vincent-de-Paul, à Montréal, vers 1910

Surette, Paul : Benoît Poirier, organiste acadien : sa formation et son ascension artistique et professionnelle, Thèse de maîtrise, Université de Moncton, 1979. Surette, Paul : Benoît Poirier : la vie d’un musicien acadien (1882-1965), Tignish (IPE), La Société culturelle Ti-Pa, 1982. Gaudet, J. Henri : Benoît F. Poirier, musicien acadien, dans La petite Souvenance, no 7, mai 1982. Encyclopédie de la musique au Canada, Montréal, Fides, 1993. (À suivre)

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Vers une restauration

L’ORGUE DE L’ÉGLISE SAINT-FRANÇOIS-XAVIER-DE-BROMPTON Cette municipalité est située à 25 km au sudouest de Sherbrooke, au nord du lac Brompton et dans le canton du même nom. Son appellation rappelle le prénom du premier colon canadienfrançais catholique du coin, François-Xavier Morin, de même que celui du canton proclamé en 1801. Une mission est établie en 1879 et ce n’est que le 20 mars 1882 que Mgr Antoine Racine, évêque de Sherbrooke, dédie officiellement la mission à Saint-François-Xavier. La construction d'une première chapelle débute le 30 janvier 1883 laquelle sera bénite le 3 décembre 1884. L’abbé Denis Bellemarre arrive comme curé en 1898 et il y restera jusqu’à sa mort en 1936. Il sera responsable pour la construction de l'église qui s'échelonnera de 1906 à 1908 d’après les plans des architectes Louis-Napoléon Audet et J.Wilfrid Grégoire. Elle sera bénite par Mgr PaulStanislas LaRocque, évêque de Sherbrooke, le 17 décembre 1908. L'orgue aurait été fabriqué à Montréal entre 1861 et 1863 par Louis Mitchell1 et son associé2, Charles Forté, pour l'église Saint-Joseph sise dans le quartier de la Petite Bourgogne, à Montréal. En 1911, lorsque la maison Casavant y installe son Opus 435 (IV/P, 49 jeux), elle reprend l’instrument et l’installe en l’église Saint-François-Xavierde-Brompton. L’instrument est acquis par la fabrique de la paroisse au mois de février 1911. Les archives nous dévoilent que l'orgue aurait coûté 905 $ et fut payé le 10 mars 1911 par le curé Bellemare qui l’offrit en cadeau à ses paroissiens. L’instrument sera bénit le 16 février 1911 Mgr Paul-Stanislas LaRocque. À l'origine, l'orgue comptait 13 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier. Le buffet est de style gothique, en bois de pin canadien. Mis à part les jeux d’anches qui datent de 1984, la majeure partie de la tuyauterie, riche en étain et typiquement française, est d'origine. Les jeux d’anches furent ajoutés pour souligner le centenaire de la paroisse Page 10

par Denyse Morin

en 1985. À l'origine, le Chalumeau du GrandOrgue était une Trompette 8’ et le Cromorne du Récit était un Hautbois 8’. Ils seront remplacés, lors de la restauration prévue pour l'automne 2014 avec l'appui du Conseil du Patrimoine religieux du Québec, par des anches d’après celles de Louis Mitchell que l’on retrouve à l’église SaintSimon et Saint-Jude à Tignish, IPE. Vers 1950, la pompe manuelle de la soufflerie est retirée et remplacée par un ventilateur électrique. À l'automne 2004, l'instrument commence à manquer de souffle... Impossible de s'en servir. La veille de la Saint-Jean 2009, les techniciens de la firme Lévesque-Roussin procèdent à un examen et effectuent quelques réparations qui permettent de le remettre en marche. À la suite de cette intervention, les membres de cette petite paroisse, très fiers de son patrimoine culturel, forment un comité de « résurrection de l'orgue » et des activités sont organisées en vue d’amasser les fonds nécessaires afin de compléter la restauration qui sera réalisée par les facteurs Juget-Sinclair. Les membres de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue ont tenu à visiter l’instrument lors de leur congrès le 6 août 2012. L’organiste Martin Leslie Young a brillamment démontré les jolies couleurs de l’instrument. Après un premier concert bénéfice en novembre 2009, cinq autres événements ont eu lieu et la somme de 30 000 $ a été amassée. Avec l’appui du Conseil du Patrimoine Religieux du Québec qui subventionne une grande partie des dépenses, il manquerait environ 7 000 $ à 8 000 $ pour atteindre la somme requise. Les dons en vue de la restauration sont grandement appréciés. Ils doivent être identifiés « don pour l’orgue » et sont admissibles pour fins d’impôt. Ils peuvent être acheminés à : Fabrique de St-François-Xavier 181, de l’église, C.P. 90, Saint-François-Xavier-de-Brompton, J0B 2V0

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Il ne resterait que deux orgues Mitchell & Forté au Canada, l’autre étant l’orgue de chœur de l’église du Gesù, à Montréal. Un texte paru dans le journal « Écho du Cabinet de lecture paroissial de Montréal » (volume 5, no 22, 18 novembre 1863, pp. 341-342), numérisé par la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, mentionne l’inauguration de cet instrument prévue pour le 22 novembre de cette année-là, le jour de la Sainte-Cécile. On y lit : « Ce dernier instrument joint à toutes les conditions d’une construction parfaite, une ampleur et, en même temps, une douceur dans la qualité du son qui se rencontrent rarement dans un orgue nouvellement achevé, et que bons nombre d’instruments, construits depuis déjà plusieurs années, n’ont encore pu acquérir. (...) Il est incontestablement, en son genre, l’ornement le plus élégant qui décore aucune de nos églises du Canada. (...) MM Mitchell et Forté méritent assurément l’éloge des plus flatteurs pour le soin extrême qu’ils ont apporté à la confection du mécanisme intérieur de cet instrument. » On rapportait entre autres que la qualité de la soufflerie égalait celle de l’orgue de l’Hôtel-Dieu de Montréal... On terminait l’article par un éloge au talent, à l’habileté et à l’honnêteté de ces facteurs d’orgues.

Photo : Journal L’Étincelle de Windsor

2 claviers manuels et pédalier 15 jeux / 17 rangs Traction mécanique des claviers et des jeux

Grand-Orgue Montre 8’ Salicional 8’ Dulciane 8’ Bourdon 8’ (B/D) Prestant 4’ Flûte harmonique 4’ Doublette 2’ Mixture III Chalumeau 8’ (B/D)

Récit expressif (avec crochet) Principal 8’ (D) Clarabelle 8’ (D) Basse bouchée 8’ (B) Flûte 4’(D) Cromorne 8’ (D) Tremblant

Pédale Bourdon 16’ (20 notes)

REC/GO REC/PED GO/PED Souffleur

Notes : 1

Louis Mitchell connaît la célébrité grâce à des grands instruments notamment ceux de la cathédrale de Notre-Dame de Québec (1864) et de la cathédrale Saint-Jacques de Montréal (1867), mais surtout celui de l'église Holy Family de Chicago (1868) où il signe un orgue de 63 jeux reconnu comme étant l’un des plus importants et des mieux réussis de l'Amérique à cette époque. Malheureusement, ces instruments ont disparu. 2

Cette association ne durera que cinq ans de 1861 à 1866.

Étendue des claviers : 54 notes (C-f3) Étendue du pédalier : 27 notes (C-d1) Cuillère d’expression à un cran Combinaisons fixes au Grand-Orgue : 3 (B/D) : Basses (de do1 à mi17) et Dessus (de fa18) Mixtures, numéro 37, novembre 2012

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L’orgue de l’église unie St. James à Montréal UNE RESTAURATION SIGNÉE ORGUES LÉTOURNEAU (1re partie)

par Andrew Forrest 1

L’histoire de l’orgue de l’église unie St. James, instrument fabriqué par la maison E. D. Wadsworth & Brothers, remonte à 1889. Après avoir fait son apprentissage chez Kirtland & Jardine, Edward Wadsworth lance, en 1861, sa propre compagnie de facture d’orgue à Manchester (Angleterre); en conservant toujours le nom de Wadsworth, mais sous des raisons sociales différentes, l’entreprise familiale poursuit dans cette voie jusqu’en 1946 alors que Jardine & Company de Manchester en fait l’acquisition. Aujourd’hui, certains organiers britanniques affirment que les premiers orgues à traction mécanique de Wadsworth étaient supérieurs aux orgues électropneumatiques qu’il a réalisés ultérieurement. Quoi qu’il en soit, le nom de Wadsworth n’a jamais été tenu en aussi haute estime que celui d’autres facteurs anglais contemporains de la dernière moitié du XIXe siècle, tels William Hill, « Father » Henry Willis et T. C. Lewis. En 1887, flairant sans doute de bonnes occasions d’affaires, Wadsworth s’installe à Montréal pour y établir une succursale au 298, rue Craig, aujourd’hui rue Saint-Antoine. L’entreprise construit deux instruments au Canada, le premier, daté de 1888, étant un petit orgue à traction mécanique de 10 jeux pour l’église Trivett Memorial à Exeter (Ontario). À Montréal, le projet d’orgue destiné à l’église méthodiste St. James ‒ le lieu portait alors ce nom ‒ est d’un tout autre ordre. C’est en juin 1888 qu’est signé le contrat pour la fabrication d’un orgue à tuyaux d’à peu près 45 jeux à traction mécanique (« tractile » dans le document). Le prix en est fixé à 11 550 $, dont la somme de 2 375 $ est déduite pour l’ancien orgue à tuyaux de l’église. Il faut savoir qu’au même moment, les frères Casavant travaillent à leur œuvre maîtresse à la basilique Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal : il s’agit d’un instrument de 84 jeux dont le prix s’élève à 24 800 $.

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Doté d’un jeu à bouche de 32’ à la pédale et de trois claviers commandant deux sections chacun, l’instrument Wadsworth est assez considérable et comporte des dispositifs peu communs à la console. Les deux sections correspondant à chaque clavier peuvent être jouées séparément ou accouplées au moyen d’un piston situé sous le clavier. Celui du milieu commande le Great et le Back Great, tandis que le Solo, logé dans sa propre boîte expressive, est associé au Choir, non expressif, sur le clavier du bas. Les sections de Swell et d’Echo, jouables depuis le troisième clavier, prennent place dans la même boîte expressive. De plus, chaque clavier manuel possède ses propres tirants de jeux de pédale que l’organiste peut appeler en appuyant sur le piston « Pedalier » Page 13


situé sous le clavier, ce qui lui permet d’équilibrer sa pédale en passant d’un clavier à l’autre. Une comparaison entre le contrat manuscrit de 1888 et la composition finale de l’instrument démontre l’ajout, en cours de construction, de deux jeux d’abord considérés comme optionnels, dont un Lieblich Gedackt 16’ au Choir. En outre, les jeux existants sont redistribués entre les sections pour obtenir un meilleur résultat sur le plan musical : un Contra Fagotto 16’ s’ajoute à la batterie d’anches, et la disposition de celle-ci dans la section du Back Great permet d’appeler ou d’annuler simultanément toutes les anches grâce à un piston situé sous le clavier principal. La Vox Humana 8’ est passée du Solo à l’Echo, alors que les jeux de Gamba 8’ et de Voix Celeste 8’, originalement au Swell et à l’Echo, sont réunis au Solo. Lynnwood Farnam a été titulaire à l’église méthodiste St. James en 1904 et 1905 et, à ce titre, il connaissait bien l’instrument de Wadsworth. Ses cahiers de notes détaillées fournissent des renseignements utiles au sujet de la liste des jeux et ils constituent la base de notre compréhension actuelle de l’orgue dans son état d’achèvement de 1889 à 1891. Au chapitre de sa transmission, l’orgue Wadsworth semble avoir été doté d’une traction et d’un tirage mécaniques, en dépit de la complexité du système à deux sections par clavier. Farnam énumère tous les accouplements, dont le fonctionnement est pneumatique : les habituels accouplements en 8’, de même que les aigus et graves du Swell et un accouplement en 16’ du Swell au Great. Très tôt, l’éclat dont est entouré le nouvel instrument Wadsworth de l’église St. James ternit littéralement. En effet, l’orgue est souvent paralysé par des problèmes attribuables à l’humidité excessive de la nouvelle église. Les autorités le reconnaissent dans un contrat bilatéral qu’elles signent avec Wadsworth en juin 1891; la plainte porte sur « l’extérieur qui n’a pas préservé son apparence d’absolue fraîcheur ». Le contrat accorde à Wadsworth une somme supplémentaire de 1 000 $ pour effectuer les réparations et terminer l’instrument qui, selon le document, est par ailleurs déjà en place depuis deux ans.

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Le résultat du travail de Wadsworth est déclaré satisfaisant, comme en témoigne une lettre du 23 septembre 1891 signée par un arbitre désigné par les deux parties, Frederick Archer, et adressée à John Torrance, secrétaire administratif de l’Église méthodiste St. James : Cher Monsieur, J’ai procédé aujourd’hui même à un examen minutieux de l’orgue érigé par M. E. Wadsworth en l’église St. James, à Montréal, et dont je vous fais rapport : Je peux établir que l’alimentation en vent est maintenant amplement suffisante, et que la transmission de l’air à chaque partie de l’instrument est d’une stabilité sans faille. Les conduits portevent, les sommiers, etc. sont parfaitement étanches et l’ensemble de la mécanique est dans un état tout à fait satisfaisant. Les réparations ont été effectuées avec soin et de façon durable, en pleine conformité avec l’entente intervenue entre vous et l’artisan en juin dernier et, dans des conditions normales d’utilisation et d’entretien, à ma connaissance, l’instrument se trouvera maintenant totalement apte à répondre à toutes les exigences légitimes qu’on pourra formuler à son endroit. [...] je suis heureux de pouvoir vous présenter un compte rendu favorable, car M. Wadsworth a manifestement accompli son travail de restauration d’une manière si consciencieuse et approfondie, et c’est la moindre des choses que de le souligner ici. Résidant aux États-Unis, l’auteur de ces lignes est un organiste et chef de chœur anglais de renom. C’est une personne dont les compétences sont connues en matière d’orgue à Montréal puisqu’il vient de jouer, en mai 1891, trois concerts d’inauguration sur le nouvel orgue Casavant de la basilique Notre-Dame.

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Musée McCord V4264 Musée McCord V2532-A

Musée McCord V4263 Musée McCord 2459


Si l’instrument de Wadsworth est en fonction dès 1889 ‒ tel qu’attesté dans le contrat ‒ la réalisation de travaux d’une si grande importance, dans un délai d’un an et par un facteur d’orgues non établi soulève de nombreuses questions. D’où celui-ci tient-il sa tuyauterie? Peut-être l’a-t-il achetée d’un autre artisan comme S. R. Warren & Sons ou d’un point quelconque de distribution? Il pourrait tout aussi bien l’avoir commandée de ses propres ateliers à Manchester, et l’avoir fait expédier à Montréal par bateau. Fait à noter : Wadsworth est accusé de réutiliser de la tuyauterie usagée dans son nouvel orgue à St. James, dont le Trombone 16’ de Pedal et le Hautbois 8’ de l’Echo. Notre expertise de l’instrument confirme cette hypothèse. Prenons par exemple le Double Diapason 16’ du Great : on peut lire clairement l’inscription « 1881 » sur le tuyau du fa#2, suggérant que celui-ci aurait été fabriqué quelque sept ans avant la signature du contrat avec la maison Wadsworth. Considérant la grande capacité de l’église, l'emplacement de l'orgue en retrait au fond du chœur et la tendance générale de la facture à l’époque, la taille de la tuyauterie est étonnamment modeste. Seules la plupart des octaves supérieures des rangs de Twelfth 2-2/3’ et de Fifteenth 2’ du Great excèdent la norme Normalmensur (norme allemande qui établit la courbe et la taille d’un principal 8’). Quant à la qualité des tuyaux de Wadsworth, elle est tout juste adéquate si on la compare à celle des tuyaux de production tardive de Warren. À un moment où la plupart des jeux de métal sont faits d’un mélange d’étain et de plomb, le métal est ici assez mince. La Viola Ætheria 8’ du Swell représente un cas d’espèce : dans les octaves graves, le métal est si mince qu’on peut le déformer simplement en soulevant sans trop de soin le corps du tuyau par sa bordure supérieure. Partout dans l’orgue, les tuyaux de bois de Wadsworth sont très semblables entre eux et avec les octaves de basse et de ténor bouchées. Au 3e do, les tuyaux deviennent ouverts, comme dans une Mélodie ou une Waldflöte. La Concert Flute 8’ du Solo et la Lieblich Flute 8’ du Choir sont traditionnelles en ce que les corps ouverts des tuyaux sont plus longs que larges, tandis que les flûtes 8’ et 4’ du Great sont faites de tuyaux remarquablement larges et profonds. La Flute Celeste 8’ du Choir Page 16

est construite de la même façon, ayant servi à l’origine d’Echo Flute 8’. Comme pour les tuyaux de métal, la qualité de la fabrication est acceptable sans être remarquable. Les parois sont plus minces que celles des tuyaux Warren de production tardive et la qualité des joints est plus inégale. Bien que la maison E. D. Wadsworth & Bros. se soit annoncée jusqu’en 1902, le sort d’Edward Wadsworth après la construction de l’orgue de St. James en 1891 demeure inconnu, mais on peut penser que ce contrat ne lui a apporté ni gloire ni fortune. En septembre 1891, dans les jours où Frederick Archer écrivait une lettre aux administrateurs de l’église pour attester de l’état d’achèvement de l’orgue, Wadsworth envoyait une note manuscrite à John Torrance lui demandant une avance de 30 $, étant donné qu’il se trouvait « un peu à court ». L’orgue Wadsworth sert le culte pendant 18 ans ― période pendant laquelle Lynnwood Farnam en est brièvement titulaire ― puis, en 1909, la firme Warren Church Organ se voit confier le soin de le transformer au coût de 6 000 $. Farnam revient à l’église méthodiste St. James le 15 février 1910 pour voir et jouer le nouvel orgue; ses notes fournissent des détails utiles au sujet des changements apportés. Dans la foulée des nombreuses générations d'organiers du nom de Warren, la compagnie Warren Church Organ est fondée en 1907 à Woodstock, en Ontario, par Frank, Mansfield et Russell Warren. Elle peut être considérée comme l’un des derniers vestiges de la domination de cette famille sur la facture d’orgue canadienne pendant la plus grande partie du XIXe siècle. Farnam n’a pas l’air enchanté de toutes les transformations opérées sur l’instrument, notant que le 32’ a été complètement « ruiné » et que les jeux de 2’ sonnent très « pointus », surtout le jeu de Fifteenth 2’ du Great. Il fait pourtant l’éloge de la nouvelle transmission électrique, malgré son caractère très bruyant dans la section du Swell depuis l’intérieur de l’instrument. En 1909, Warren ajoute un certain nombre de jeux neufs à la tuyauterie de Wadsworth, il procède à une redistribution des rangs dans l’instrument et il refait les tailles d’autres jeux. Mixtures, numéro 37, novembre 2012


Parmi les ajouts, on compte :    

au Great : un Open Diapason 8’ d’une échelle très large, faisant du principal 8’ de Wadsworth un second Diapason; au Swell : une nouvelle Viol di Gamba 8’; au Choir : un Cor anglais 8’ (à anche libre), vraisemblablement acheté d’un fournisseur; au Solo : une nouvelle section de 4 jeux sous une pression de 10 pouces : elle comprend un Stentorphone, une Doppelflöte, une German Gamba et un Tuba.

L’énumération faite par Farnam des accouplements graves et aigus du Great et l’augmentation systématique du nombre de jeux par section permettent d’établir clairement que Warren a installé des sommiers tout neufs plutôt que de réutiliser ceux de Wadsworth. Un réaménagement du Choir pour le faire entrer dans la même boîte expressive que le Swell ‒ et semblablement l’Echo dans le Solo ‒ achève de nous convaincre que derrière la façade de Wadsworth se cache maintenant un instrument Warren fondamentalement différent. La nouvelle console de Warren à quatre claviers offre une flexibilité accrue aux organistes, chaque piston étant ajustable : il suffit de sélectionner les jeux désirés, puis de tirer le piston lui-même sur une course d’une fraction d’un pouce. On compte un total de quatre combinaisons générales et entre trois et cinq pistons pour chaque section. Une pédale à bascule sert également à produire les effets de crescendo et decrescendo.

atteindre ses buts, si l’on tient pour acquis qu’il réutilisait de la tuyauterie usagée. Par exemple, sur plusieurs tuyaux de la Flûte octaviante 4’ du Choir et du Principal 4’ du Great, on peut lire des inscriptions indiquant qu’ils ont subi trois rediapasonnages successifs, ce qui donne à penser que les tailles originales ont été considérées comme trop petites. Aussi, l’Open Diapason 8’ et l’Octave 4’ du Swell ont été recalibrés pas moins de trois fois dans leur quatrième octave. Comme Warren est intervenu sur la taille des tuyaux, on peut supposer qu'il n'a pas hésité à augmenter la pression du vent ou à réharmoniser la tuyauterie de Wadsworth au besoin. La deuxième partie de cet article traitera de la période moderne de l’instrument c’est-à-dire à partir de la reconstruction de l’instrument par Casavant Frères en 1938 jusqu’à la restauration de 2012. 1

Andrew Forrest est directeur artistique chez Orgues Létourneau Limitée.

L’auteur souhaite remercier les personnes suivantes pour leur aide précieuse dans la préparation du présent article : John Mander, Mark Venning, David Wood, Karl Raudsepp, Bill Vineer (The Vineer Organ Library), Fernand Létourneau et Dany Nault. La version française de cet article est une traduction d’Hélène Panneton.

Notre inspection de la tuyauterie a révélé que le diapason des tuyaux de Wadsworth était plus élevé que le diapason moderne de concert (la = 440 Hz). Pour l’abaisser, Warren déplace chaque tuyau original d’une note vers le haut, puis il installe un nouveau tuyau en place du do1, augmentant ainsi la taille de chaque jeu. En outre, Warren complète un grand nombre de jeux incomplets, tels que le Contra Fagotto 16’ du Great, la Clarionet 8’ du Choir, l’Echo Flute 8’ de l’Echo, la Dulciana 8’ et la Voix Celeste 8’ du Choir. Dans certains cas, il va plus loin que ce rediapasonnage par décalage : il modifie sensiblement la taille de plusieurs rangs, sans doute pour les rendre plus sonores. Il est possible que Wadsworth se soit lui aussi employé à changer les tailles pour Mixtures, numéro 37, novembre 2012

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La restauration de l’orgue Louis Mitchell, 1882 de Tignish, Île-du-Prince-Édouard En partant, l’Île-du-Prince-Édouard occupe généralement une place de choix dans l’imaginaire collectif des Canadiens et Canadiennes. La chaleur de ses habitants, l’air salin et ses paysages côtiers inoubliables, la qualité incontestable de ses fruits de mer et de ses pommes de terre, sont autant de faits qui font d’un passage sur l’Île un séjour mémorable. Cependant, pour les organistes et les amateurs d’orgue, un tel voyage ne saurait être complet sans un passage au village de Tignish pour voir et entendre résonner, sous les voûtes de l’église St-Simon et St-Jude, l’un des piliers de notre héritage culturel.

par Robin Côté1

il adopter une démarche de conservation strictement muséale. Il va de soi que, dans la réalité des orgues à caractère historique, rien n’est si simple, et que la réponse se situe quelque part entre ces deux extrêmes! Le comité se prononça finalement en faveur d’une restauration qui respecte l’état de 1882, sans nier les 130 années qui se sont écoulées depuis l’installation!

On parle abondamment, ces derniers temps, de sauvegarde du patrimoine culturel et religieux. Reliées à cette problématique, d’autres questions apparaissent comme inévitables, telles que devoir choisir entre restauration, rénovation et reconstruction. La plupart du temps, les paroisses mandatent un groupe de volontaires, réuni en comité, pour faire face à ce fastidieux processus. Que ce soit pour des travaux concernant un clocher, la décoration intérieure ou un grand orgue, le problème reste entier : leur financement et leur réalisation requiert un engagement hors du commun de la part des paroissiens, voire même, de toute la communauté. Quant au projet de la restauration du grand orgue de Tignish, on ne peut que louanger le soutien et l‘engagement dont firent part les paroissiens. Grâce à l’implication de musiciens dévoués, l’instrument fut toujours utilisé abondamment. Un petit livret documentaire fut même réalisé par l’organiste et historien du village, Henri Gaudet (1932-2001). Depuis déjà de nombreuses années, les concerts d’été organisés par le Dr Allan Reesor font le bonheur des touristes et des résidents. Plus récemment, l’organiste actuelle, Antoinette Perry, le Père Jim Willick et le comité de restauration héritèrent de la tâche de définir l’orientation du projet et de le mener à bien. En 2007, l’instrument étant vraiment à bout de souffle, une décision s’impose. Toutefois, c’est à ce moment que le processus se complexifie! Que privilégier dans ce cas-ci ? Faudrait-il simplement garder la façade et la tuyauterie et reconstruire un orgue neuf derrière? Ou plutôt, faudraitPage 18

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Bref historique Le grand orgue de Tignish fut fabriqué en 1882. C’est le 129e instrument à sortir des ateliers du facteur Louis Mitchell de Montréal. L’instrument compte 19 jeux répartis sur deux claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes. Au cours du démontage, nous constatâmes que le nom du curé de la paroisse, à l’époque de la signature du contrat, fut inscrit à trois reprises sur les charpentes du buffet et dans la boîte expressive. D’ailleurs, la signature du contrat est annoncée dans le périodique The Boucher and Pratte Musical Journal, volume 3 no XI du mois de décembre 1881, dont voici l’extrait : « M. Louis Mitchell, de Montréal, vient de signer le contrat pour un orgue de 26 jeux, à deux claviers avec pédalier complet pour la paroisse de Tignish, Île-duPrince-Édouard. Le coût de ce superbe instrument, le plus considérable de cette province n’est que de 3 000 $. Il devrait être livré en juin prochain. » Ces faits viennent définitivement démonter la légende qui voulait que l’orgue fût construit pour une église de Charlottetown! Par contre, dans la réalité, l’orgue fut payé 2 400 $ pour 19 jeux. Malgré un nombre réduit de registres, un sentiment de plénitude se dégage de l’ensemble grâce à une lumineuse acoustique, sans doute créée par la haute nef néo-gothique de l’église en brique. L’orgue rendit de loyaux services pendant plus de 70 ans sans modification significative. Un ventilateur électrique fut installé dans le clocher vers 1959. Au même moment, les facteurs remplacèrent le grand réservoir ainsi que les pompes manuelles par une boîte-à-rideau et un nouveau réservoir de dimension réduite. La cuillère d’expression fut également remplacée par une pédale à mouvement balancée. Au courant de l’année 1970, la décision fut prise de faire exécuter une liste de travaux à l’orgue. En bref, on abaissa le diapason à autour de 440Hz avec des douilles. On décala le jeu de Horn Diapason 8’ du récit pour en faire une Doublette 2’. On recomposa la 2 Ranks Mixtures (sic) en décalant et en ajoutant des tuyaux pour la transformer en Sesquialtera II. La reprise centrale de la 3 Ranks Cymbals (sic) a été décalée d’une octave vers le haut. On ajouta un

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autre réservoir pour le sommier du Récit et on installa un nouveau trémolo. On répara les postages et on peignit la montre. Par la suite, dans les années 90, le besoin d’agir sur la mécanique de la pédale devint urgent. Probablement en raison de l’usure excessive de la mécanique, la décision fut prise de la refaire presque en totalité. Les rouleaux en bois de l’abrégé de pédale furent à ce moment remplacés par d’autres en aluminium et les vergettes verticales par des fils d’aluminium. Une restauration authentique Tout au long du projet, l’équipe fonda ses interventions sur trois principes. Le premier étant le respect du matériel original préservé. Cela signifie, à quelques exceptions près, que tout tuyau ou pièce d’orgue retrouvé reprit sa place initiale dans l’orgue après avoir été analysé. Le deuxième principe veut que chaque action posée sur le matériel original soit réversible autant que possible. Il s’agit ici de ne pas compromettre une restauration future en utilisant des matériaux et des colles qui ne seraient pas compatibles avec ceux déjà utilisés dans l’instrument. Le troisième principe veut que la reconstitution des éléments manquants s’appuie sur des modèles historiques de même facture. Le principal défi est de trouver ces modèles! Même si Louis Mitchell a abondamment produit pour le Québec, peu d’instruments subsistent dans leur état original. Par chance, non loin de Montréal, l’orgue Louis Mitchell 1881 de SaintNorbert D’Autray (II-16) repose inutilisé, à peu de chose près, dans son état d’origine. Ayant de grandes similitudes de construction avec son frère cadet, il servit de modèle pour la reconstitution du grand réservoir à plis compensés, des pompes manuelles et du trémolo. Les sommiers furent complètement ouverts et les gravures étanchées, les tables redressées et l’enchapage recalibré. Tous les éléments mécaniques furent nettoyés et contrôlés. Les trois combinaisons fixes du Grand-Orgue furent ajustées et recomposées à la manière traditionnelle de p–mf–ff. Des ivoires antiques récupérés remplacèrent les ivoires trop usés des claviers et les touches du pédalier reçurent de nouveaux placages de cerisier et de noyer. La finition de la console de noyer fut entièrement refaite.

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Mécanique intérieure

Photos : Robin Côté Page 20

Tuyauterie du Grand-Orgue Mixtures, numéro 37, novembre 2012


Une attention particulière fut portée à la restauration de la tuyauterie. Il est intéressant de mentionner que les premiers tuyaux de plusieurs jeux sont poinçonnés par les tuyautiers Léon Houle et W. H. Smith, Montréal 1881-82. Les tuyaux de métal furent lavés et arrondis. À notre grande surprise, une quantité importante de tuyaux, restés inutilisés depuis 40 ans, furent retrouvés par le comité de restauration! Il s’agissait, non seulement de huit tuyaux de la première octave du Horn Diapason 8, mais de tous les tuyaux manquants du plein-jeu… sauf quatre! Plusieurs d’entre eux furent déformés ou aplatis, mais certains restèrent pratiquement intacts. Ceux-là fournirent des renseignements inestimables quant à la force des tuyaux de plein-jeu et du diapason original de l’instrument. Pour mettre en contexte, il faut savoir qu’à partir de 1859, le diapason régulier en Grande-Bretagne et dans ses Dominions était de 452Hz à 70oF. Les pianos, les melodeons, les reed-organs, les orgues à tuyaux et les instruments de fanfare fabriqués au Canada à cette époque sont, pour la plupart, accordés autour de ce diapason. Soit un quart de ton plus haut que le diapason actuel de 440Hz. L’analyse de la tuyauterie mena à un diapason moyen de 450,5Hz à 70oF (449,7Hz à 20oC) sur une pression de 3 pouces (76 mm). Constatant l’effet non négligeable d’un retour au diapason original sur la qualité du son, le comité décida d’aller de l’avant sur ce point. Les tuyaux neufs furent réalisés dans le même alliage que les anciens et selon les mêmes techniques. Seule l’histoire de la Trompette du Grand-Orgue reste imprécise. Composée d’éléments hétéroclites de facture du XXe siècle, elle ne fut pas retenue. La nouvelle trompette fut fabriquée sur le modèle de celle de l’orgue Louis Mitchell 1872 (II-21) de Saint-Fabien-de-Panet, au Québec. Pour des raisons budgétaires, les tuyaux de montre ne furent pas redorés à la feuille d’or, mais à la peinture. Enfin, seule une égalisation consciencieuse des jeux fut nécessaire pour assurer la cohésion de l’ensemble. Le musicien curieux, explorant les différentes sonorités, sera séduit par la netteté et la diversité des timbres. La limpidité des flûtes, la chaleur des principaux, le caractère à la fois tendre et incisif des jeux gambés, ainsi que le contraste entre le

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délicat basson-hautbois et la vivacité de la trompette, démontrent tout le savoir-faire d’un harmoniste en maîtrise de son art. Étant donné que l’article le plus exhaustif ne saurait remplacer l’expérience culturelle et musicale d’un voyage sur l’Île, nous vous invitons donc à y passer faire un tour pour vos prochaines vacances! 1

Robin Côté est facteur d’orgues chez Juget-Sinclair.

Devis de l’instrument Mitchell, Opus 129, 1882 Restauration Juget-Sinclair 2011 Great Open Diapason 8’ 1 Floete Traverso 8’ 1 Stopt’ Diapason 8’ Dulciana 8’ Principal 4’ Harmonic Flute 4’ Fifteenth 2’ 2 Mixtures II 2 Cymbals III 3 Trumpet 8’

Swell expressif

Pedal

Horn Diapason 8’ Double Open Diapason 16’ 1 Clarabella 8’ Cello 8’ 4 Viol di Gamba 8’ 5 Unisson Bass 8’ Violina 4’ 1 Waldfloete 4’ Oboe-Bassoon 8’ Tremolo

Étendue des claviers : 56 notes (C-g3) Étendue du pédalier : 30 notes (C-d1) Accouplements : SW/GT 16,8; GT/PED, SW/PED Combinaisons fixes (Grand-Orgue) : I : Stopt’ Diapason 8’, Dulciana 8’ II : Fonds de 8’ et 4’ III : Tutti (Grand-Orgue) Légende: 1 2 3 4 5

en bois sans tierce partiellement neuve gambe cloche en bois, 1-12 pour Clarabella et Viola di Gamba

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Curiosité par Robert Poliquin Selon le facteur d’orgue néerlandais, Albert Van Os, l'invention du pédalier daterait aux alentours de l'année 1120, car l'orgue de l'église SaintNicolas (Nikolaikirche), d'Utrecht, fabriqué à cette époque, utilisait un sommier pour un pédalier; ce sommier fut déménagé par Van Os au cours du XVIIIe siècle. Par contre, Praetorius, en 1618, estime que le premier orgue avec pédalier fit son apparition vers 1220. La plus ancienne partition pour orgue faisant mention d'un pédalier serait la Tablature d'Ileborgh de 1448 suivie de très près par le Buxheimer, livre d'orgue datant de 1455. Chaque grande école de facture d'orgue conçut et utilisa le pédalier de façon différente. Avec des formes et des étendues variant considérablement (droit, plat, concave et en éventail), une normalisation se produisit vers la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Durant cette période, plusieurs expériences furent tentées telle celle de produire des instruments avec double pédalier. On peut en voir un ici, produit par la firme Walcker et installé à l'église collégiale (Stiftskirche) de Stuttgart (Allemagne). Aujourd'hui, une norme internationale existe. Communément appelée « AGO standard », elle a été développée par l'American Guild of Organists et adoptée en 1933. Cette norme spécifie toutes les mesures à être utilisées pour la construction d'une console d'orgue (claviers, pédaliers, accessoires, et accouplements).

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Anniversaires en musique par Irène Brisson 2012 nous offre un beau florilège d’anniversaires touchant le monde de l’orgue. Après les maîtres anciens évoqués dans le numéro de mai dernier, voici Johann Ernst Eberlin, John Stanley, Léon Boëllmann et John Ireland. Originaire de Bavière, Johann Ernst Eberlin (1702-1762) est, avec Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704), un des plus importants représentants de la vie musicale salzbourgeoise avant la famille Mozart. Il reçoit sa formation musicale à Augsbourg, ville natale de Léopold Mozart. Comme beaucoup de musiciens de l’époque, il entreprend des études de droit qu’il s’empresse d’abandonner en 1723. C’est à Salzbourg qu’il fera carrière dès 1726, comme organiste puis comme maître de chapelle à la cathédrale et à la cour du princearchevêque, entretenant des liens d’amitié avec Léopold Mozart, qui le tiendra en haute estime. Eberlin a composé quelque 300 œuvres : des opéras, de la musique instrumentale, mais il est surtout connu pour sa musique sacrée et ses pièces pour clavier fortement influencées par l’école italienne baroque et par celle de Johann Pachelbel. Seules ses 9 Toccate e fughe per l’organo de 1747 ont été publiées de son vivant. À la charnière de l’époque baroque et de l’ère galante, ces pages lumineuses sont toutefois encombrées par d’interminables séquences répétitives. Au sujet des nombreuses fugues qu’il composa pour faire alterner le chant et l’orgue durant les offices religieux, Wolfgang Amadeus Mozart, qui s’y était intéressé, les jugea « trop médiocres et vraiment pas à leur place entre Handel et Bach » (Lettre à sa sœur Nannerl, 20 avril 1782). Il s’agit en effet de courts et limpides versets encadrés par un Prélude et un Finale comme il s’en composait beaucoup dans les églises catholiques d’Allemagne et d’Autriche. Né à Londres il y a 300 ans, John Stanley (17121786) est devenu presque aveugle vers l’âge de

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deux ans après une chute malencontreuse. Initié à la musique dès l’âge de sept ans, il apprend le violon et les claviers. On le cite comme un des plus talentueux élèves de l’organiste de la cathédrale Saint-Paul, Maurice Greene. Son premier poste d’organiste titulaire lui est octroyé à l’âge de onze ans par un jury de 66 personnes impressionnées par son talent. Il fait sensation six ans plus tard en devenant le plus jeune diplômé de l’université d’Oxford. Nommé un des organistes de Temple Church, il y donne de nombreux concerts, auxquels assistera notamment Handel. Doté d’une mémoire phénoménale, il accompagne au clavier et dirige de nombreux grands oratorios, notamment ceux de Handel, qu’il apprend très rapidement à l’oreille. Il termine sa carrière en succédant en 1779 à William Boyce comme maître de la musique royale. Bien qu’il ait composé des opéras, des oratorios et de la musique de circonstance pour la cour, Stanley est entré dans l’histoire grâce à sa musique de chambre, à ses six concertos pour orgue et cordes op. X (1775) qui ajoutent une touche de galanterie au genre cultivé par Handel, et à ses 30 Voluntaries pour orgue ou clavecin publiés en trois recueils (op. V à VII) entre 1748 et 1754. Qu’ils soient en deux mouvements (courte introduction et fugue) ou en quatre, à la manière d’une sonate d’église, ces élégants Voluntaries pour claviers seuls savent faire chanter l’orgue britannique, exploitant notamment les jeux de cornet et de trompette, et jouant sur les échos et les contrastes. Léon Boëllmann (1862-1897) est une des figures les plus attachantes de la musique française, et particulièrement du monde de l’orgue, en raison de sa brève, mais fructueuse carrière. Né en Alsace, la même année que Claude Debussy, il fait, dès l’âge de treize ans, de solides études musicales à Paris, à l’École Nider-

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meyer, où avaient étudié avant lui Camille SaintSaëns et Gabriel Fauré. Fondée en 1853, cette institution réputée se consacrait à la formation de musiciens d’église. Parmi ses maîtres figurent le directeur de l’École, Gustave Lefèvre (beau-frère de Niedermeyer) et Eugène Gigout, un ancien élève de l’institution. Boëllmann en sort brillamment diplômé en 1881 et est immédiatement nommé organiste de chœur de l’église SaintVincent-de-Paul et, six ans plus tard, titulaire du grand orgue Cavaillé-Coll. Son mariage en 1885 avec Louise Lefèvre en fait le neveu par alliance d’Eugène Gigout qui le considèrera comme son fils adoptif. Professeur d’improvisation et de plainchant à l’École d’orgue de son oncle, il donne des concerts et se consacre à la composition. Boëllmann est aussi un critique musical aux opinions incisives. Il meurt à l’âge de 35 ans, des suites d’une maladie pulmonaire mal soignée plusieurs années auparavant. Sa veuve l’ayant suivi dans la tombe un an plus tard, ses trois enfants seront élevés par le dévoué Eugène Gigout. Entre 1881 et 1897, Boëllmann a composé près de 160 œuvres comprenant de la musique vocale, profane comme religieuse, des pièces pour piano, de la musique de chambre, d’intéressantes Variations symphoniques pour violoncelle et orchestre, et, bien sûr, de la musique d’orgue. En 2002, les éditions Bärenreiter et l’organiste et musicologue Helga Schauerte-Maubouet ont entrepris la publication de toutes les œuvres pour orgue de Boëllmann en commençant par les Douze pièces pour orgue ou piano-pédalier op. 16 de 1891 (vol. 1), puis en abordant les courtes pages pour orgue ou harmonium, dont Les heures mystiques, composées en 1895-1896, comprenant une centaine de courtes pièces convenant parfaitement aux offices religieux. Si l’œuvre la plus célèbre de Boëllmann, la Suite gothique op. 25 figure au répertoire de tous les concertistes, il n’en est pas de même pour ses autres grandes pages, qui témoignent d’une solide formation, malgré quelques concessions à la facilité mélodique d’un Lefébure-Wely. Rompu au contrepoint de Bach (Fugue op. 16 n° 2), il se situe par son langage harmonique à la croisée des chemins entre le chromatisme de César Franck et le retour à la modalité grégorienne propre à la fin du XIXe

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siècle. Sa Deuxième suite, op. 27, composée en 1892, est tour à tour pastorale, fluide et mystique, avant de s’achever dans un Final-Marche qui est une apothéose symphonique à la Widor. Son pittoresque Carillon, op. 16 n° 5 annonce celui de Vierne et se termine dans un étrange et inattendu dédale chromatique. À découvrir également, la délicate Élégie op. 16 n° 7 et le Choral op. 16 n° 6, dédié à Alexandre Guilmant, un singulier mélange d’influences de Bach et de style symphonique. En parcourant toutes ces œuvres, on ne peut que déplorer cette mort prématurée. L’auteure de ces lignes a eu l’occasion d’aller quelquefois pratiquer l’orgue chez la fille de Boëllmann, Marie-Louise (1891-1977), à la fin des années 1960. La timide débutante et musicologue en herbe d’alors ne réalisa que beaucoup plus tard l’immense privilège qu’elle avait eu durant ces quelques mois… Il y a 50 ans mourait John Ireland (1879-1962), un des compositeurs britanniques de la génération de Delius, d’Elgar, et de Vaughan Williams. Disciple de Charles Villiers Stanford, il étudia le piano, l’orgue et la composition au Royal College of Music de Londres. Il y enseigna cette dernière discipline et compta parmi ses élèves Benjamin Britten. Appartenant au courant impressionniste anglais, il se fit apprécier dès le début du XXe siècle pour sa musique de chambre, ses mélodies et ses œuvres pour piano. Organiste et maître de chapelle à Chelsea (Londres), il composa de la musique sacrée pour le rite anglican (dont le très expressif cantique My song is love unknown) et une dizaine de pièces pour orgue tour à tour solennelles (Alla Marcia) ou méditatives et raffinées, avec une touche modale (Sursum corda, Holy Boy). Ces œuvres, écrites pour la plupart entre 1902 et 1958, ont été publiées en 1989 chez Novello par Robert Gower.

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Ici et là au Québec... Fédération par Robert Poliquin

À la suite de l’Assemblée générale tenue le 6 août 2012 dans le cadre de son congrès, le conseil d’administration de la fédération sera composé des membres suivants : Président : Martin Yelle Vice-Président : Denis Bonenfant Secrétaire : Jean-François Downing Trésorier : Réal Gauthier Administrateurs : Jean Ladouceur, Jocelyn Lafond, Robert Poliquin, Harold Thibault, et Martin Leslie Young. Mercis à madame Louise Fortin-Bouchard qui, après presque 20 ans, a décidé de ne pas renouveler son mandat.

Montréal par Philip Crozier, Jean Ladouceur et Jean-Claude Sauvé

Les Amis de l’orgue de Montréal  Excursion culturelle L’excursion annuelle des Amis de l’orgue de Montréal a eu lieu le 21 mai dans la région de Lanaudière. La journée commença à l’Abbaye Val NotreDame de Saint-Jean-de-Matha. Son titulaire, Gaston Arel, nous fit entendre sur l’orgue Kney (1994) de 13 jeux des œuvres de Muffat, Walther et J. S. Bach. L’étape suivante nous amena à la cathédrale SaintCharles-Borromée de Joliette. Jacques Giroux, le titulaire du grand orgue Casavant interpréta des œuvres de Haendel, de Grigny, J. S. Bach et termina sa prestation par une improvisation. En début d’après-midi, François Zeitouni toucha l’orgue Guilbault-Thérien de 15 jeux de l’Abbaye Notre-Dame-de-la-Paix de Joliette. Son programme comportait des œuvres de Bach, Guilain et Daveluy. Puis le groupe se dirigea vers Saint-Alexis-deMontcalm où se trouve un Casavant de 1899 de 12 jeux. Marc-André Harnois joua des œuvres de J. S. Bach, Mendelssohn et Bruhns.

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La tournée des orgues s’acheva à Saint-Jacquesde-Montcalm. Mélanie Barney avait choisi un programme d’œuvres de Richard Wagner, Herbert Murrill et la Deuxième sonate de Raymond Daveluy. L’orgue de cette église est un Casavant (1916) de 28 jeux. Tout au long de la journée, l’historien Paul Racine nous entretint de l’histoire et de l’architecture des lieux visités.  Intégrale des symphonies de Louis Vierne L’église du Gesù fut le lieu choisi pour présenter l’intégrale des symphonies pour orgue de Louis Vierne à l’occasion du 75e anniversaire de son décès. Le brillant et jeune organiste américain Christopher Houlihan releva le défi d’interpréter les six symphonies sur deux soirées.  Conférence Louis Vierne Le 7 septembre, l’organiste français Franck Besingrand était invité à prononcer une conférence sur Louis Vierne à l’église St Andrew & St Paul. Le conférencier est l’auteur d’un livre sur Louis Vierne, publié aux Éditions Bleu Nuit (Paris).  Lancement de disque Dans le cadre de la série de concerts Les Arcsboutants, le 16 septembre, à l’église Saint-PierreApôtre, on procédait, en collaboration avec la maison de disques Fidelio, au lancement du nouveau CD de Mélanie Barney qu’elle a réalisé à l’église Saints-Anges de Lachine. Concerts à Montréal Tout au long de l'année, les concerts d’orgue se succèdent, nombreux, démontrant ainsi la vitalité du milieu de l’orgue montréalais.  L’Orgue en Mai Une nouvelle série de concerts, qui se tiendra tous les vendredis midi du mois de mai, a vu le jour au Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs à l’instigation de son organiste titulaire, Yves G. Préfontaine.  Midi ès Musica À l’église du Gesù, l’organiste titulaire, François Zeitouni a interprété, le 24 avril, des œuvres de

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J. S. Bach et Camille Saint-Saëns et le 24 juillet des œuvres de Louis-Nicolas Clérambault et Louis Vierne.  Colloque-hommage à Kenneth Gilbert Du 15 au 17 juin, l’École de musique Schulich de l’Université McGill a organisé un colloque-hommage à Kenneth Gilbert : Autour du clavier d’autrefois : The Legacy of Kenneth Gilbert.  Basilique Notre-Dame de Montréal La basilique Notre-Dame offre, tous les dimanches de juillet et d’août, une série de concerts d’orgue. Celle-ci commença avec son titulaire, Pierre Grandmaison, qui fut suivi, dans l’ordre, par Vincent Boucher, Matthieu Latreille, Jens Korndörfer, Jean-Willy Kunz, Jean-Michel Grondin et Federico Andreoni.  Summer Recitals Philip Crozier, organiste titulaire de l'église unie St James, présentait sur l'instrument nouvellement restauré par les Orgues Létourneau, l'édition estivale de ses concerts d’orgue. Il inaugura la série puis vinrent Julie Pinsonneault, Pierre Grandmaison, Geoffrey Ward, Patrick Wedd, Julia Dokter, Kurt-Ludwig Forg, Jonathan Oldengarm, Denis Gagné, Christian Bacheley, Virgile Monin, Gabrielle Tessier, et William Maddox.

 Les Arcs-boutants : l’orgue dans tous ses états La troisième édition des Arcs-boutants a eu lieu au cours des dimanches de septembre en l’église Saint-Pierre-Apôtre. Furent entendus, Yves G. Préfontaine, Franck Besingrand, Mélanie Barney, Pierre Grandmaison et Jean Ladouceur.  Dominicales de l’église Saint-Jean-Baptiste La violoniste Anne Robert et l’organiste Vincent Boucher célébrèrent le 30 septembre la naissance de trois géants de la musique : Scarlatti, Bach et Haendel.  14e Festival d’automne Orgue et couleurs La programmation accueillait, à l’église unie St James, le 22 septembre, l’organiste français Johann Vexo et, le lendemain, la soprano Julie Bouliane, le trompettiste Paul Merkelo et l’organiste Luc Beauséjour. Les deux Midi à la carte ont accueilli Jocelyn Lafond et Julian Bewig. Puis ce fut, le 28, le tour de Philip Crozier et enfin, le 30, un quintette à cordes et l'organiste Raymond Perrin. Nominations  Denis-Alain Dion, au poste d’organiste titulaire à l’église Sainte-Famille de Boucherville.  Mélanie Barney, au poste d’organiste titulaire de la cathédrale de Saint-Jérôme.

 Organ Intermezzi Tous les jeudis de juillet et d’août, Jonathan Oldengarm avait invité des organistes à donner un concert à l’église St. Andrew & St. Paul. La série débuta avec John Grew. Il fut suivi de Dominique Gagnon et Esther Clément, Raymond Perrin, Kurt-Ludwig Forg, Christian Bacheley, Benjamin Waterhouse, Jacques Boucher. Jonathan Oldengarm clôtura la saison le 30 août.

Tournée de concerts Au cours de l’été 2012, Philip Crozier a donné 12 concerts dans diverses villes d’Europe : en Allemagne (Stiftskirche, Cappenberg), en Hollande (SintJanskerk, Gouda; Bovenkerk, Kampen; Grote Kerk, Goes; Brigidakerk, Geldrop and St. Servaasbasiliek, Maastricht), au Danemark (Odense Domkirke); en Suisse (Cathédrale Saint-Pierre, Genève) et en Suède (l’orgue Buxtehude de Torrlösa Kyrka; Lund Domkyrka; Bosebo Kyrka, Lund and S:ta Maria Kyrka, Helsingborg).

 Les Saints-Anges en Musique L'église Saints-Anges de Lachine présente des concerts d’orgue les derniers dimanches du mois. Le 29 avril avait lieu le concert de Philip Crozier suivi le 27 mai par Richard Paré. Suivirent deux concerts de la relève : Jocelyn Lafond et Julie Pinsonneault le 29 juillet, et Emmanuel Filet et Marc-André Harnois le 26 août. Enfin, le 30 septembre, le concert fut donné par MarieHélène Greffard.

Premières Le 28 septembre dernier, dans le cadre du festival Orgue et couleurs, Philip Crozier donna, en première mondiale, Offertorium, Chorale Partita on Picardy, de Paul Halley. Cette œuvre a été écrite sur commande de Philip Crozier afin de célébrer son 25e anniversaire de nomination en tant que directeur musical à l’église unie St. James et la fin des travaux de restauration de l’orgue Casavant. Deux œuvres pour chœur de Paul Halley, We are

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not alone et The Grandeur of God, aussi commandées pour ces occasions, seront données, en première, le 11 novembre à 19 h 30. Inauguration à l’Oratoire Saint-Joseph Dans le cadre des fêtes soulignant la fin des travaux de restauration des grandes orgues Beckerath de la basilique de l’Oratoire Saint-Joseph par la firme Juget-Sinclair, un concert a été donné, le 7 octobre, par Frédéric Champion devant un auditoire d’environ 2 000 personnes. La Messe solennelle pour deux chœurs et deux orgues de Louis Vierne a été interprétée le 14 octobre avec le concours des organistes Jacques et Vincent Boucher.

Québec par Esther Clément

Les Amis de l’orgue de Québec La saison 2011-2012 s’est terminée le 27 mai. Pour une deuxième année consécutive, la saison se terminait avec succès avec l’activité Organiste d’un jour. Cet événement visait à faire découvrir l’orgue à de jeunes musiciens et à encourager la relève. Ainsi, quatorze jeunes ont vécu l’expérience de jouer sur les grandes orgues de l’église Saints-Martyrs-Canadiens. Peu après, le 8 juin, les Amis de l’orgue ont souligné leur 45e anniversaire d’existence lors d’un 5 à 7 réunissant plusieurs membres souscripteurs de longue date en la chapelle du Musée de l’Amérique-Française. Ce fut l’occasion de rendre hommage aux fondateurs et aux anciens présidents. Un bref survol a permis de se rappeler les différents artistes et grands événements survenus tout au long de cette période. La rencontre s’est terminée avec un charmant bref récital donné par l’organiste Robert Patrick Girard. e

La 46 saison a débuté en grande pompe avec le traditionnel concert Portes Ouvertes mettant en vedette l’organiste français Johann Vexo, organiste de l’orgue de chœur de Notre-Dame de Paris et organiste-titulaire de la cathédrale Notre-Dame de Nancy. La qualité de son interprétation ainsi que ses registrations brillantes et inventives en ont séduit plus d’un! Par la suite, dans le cadre des Journées de la Culture, le traditionnel Jeux d’orgue s’est tenu le 30 septembre à la Chapelle Mixtures, numéro 37, novembre 2012

des Jésuites avec la collaboration de Louise FortinBouchard ainsi que de l’organiste Emmanuel Bernier. L’excursion culturelle annuelle, tenue le 8 octobre, s’est encore révélée une réussite cette année avec la découverte de plusieurs orgues de la région de Côte-du-Sud. Les participants ont pu entendre Louise Fortin-Bouchard à l’orgue Wilhelm de l’École de musique Jésus-Marie de Lauzon, Marie-Hélène Greffard à l’orgue Casavant de l’église de Cap-Saint-Ignace, Pierre Bouchard à l’orgue Déry de l’église de Saint-Roch-desAulnaies, Claude Lemieux à l’orgue GuilbaultThérien de la cathédrale Sainte-Anne de La Pocatière, et Michel Boucher à l’orgue Casavant de l’église Saint-Pascal-de-Kamouraska. On profitait de l’occasion pour souligner les 40 années de Michel Boucher en tant qu’organiste titulaire à Saint-Pascal. Au moment d’écrire ces lignes, nous aurons reçu, le 13 octobre, Jean-Willy Kunz, Troisième prix ex æquo du Concours international d’orgue de Montréal, et le quatuor à cordes ClaudelCanimex, à l’église Saint-Félix (Cap-Rouge). La saison promet encore de belles découvertes et la venue d’artistes de haut niveau. En février 2013, Christian Lane et, en novembre 2012, Jens Korndörfer, respectivement Premier et Deuxième prix au dernier Concours international d’orgue de Montréal, feront résonner l’orgue de l’église Saints-Martyrs-Canadiens. Pour leur part, Denis Gagné et Sébastien Ouellet présenteront un récital en janvier mettant à l’avant-plan la richesse du patrimoine vocal sacré québécois en la Chapelle des Jésuites. Enfin, pour terminer la saison, l’organiste français de renom, Maurice Clerc, fera vibrer les 5 168 tuyaux des grandes orgues de l’église Saints-Martyrs-Canadiens le 27 avril. Autres concerts Le printemps et l’été se sont révélés riches en activités telles la présentation du traditionnel Festival du printemps de St-Roch ainsi qu’une saison estivale bien garnie du côté de l’église unie Chalmers-Wesley. Du côté de la Beauce, les amateurs d’orgue ont été comblés lors du Festival d’orgue de SainteMarie présenté en juin dernier par le concert Page 27


d’ouverture mettant en vedette le chœur l’Écho du Lac de Lac Etchemin, sous la direction de Dominique Gagnon et accompagné par l’organiste-titulaire de Saint-Joseph de Beauce, Esther Clément. Ensemble, ils ont aussi interprété des œuvres pour orgue 4 mains. Les deux autres concerts de la série présentaient Jean-Willy Kunz et Nathalie Gagnon dont les prestations ont aussi été chaudement applaudies. Nominations 

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Marc D’Anjou, organiste-titulaire à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, qui retrouve ainsi l’instrument qu’il avait laissé avant son séjour dans l’Ouest canadien. Claude Lemieux, organiste-titulaire à la cathédrale Sainte-Anne de La Pocatière.

Un orgue au Palais Montcalm! Ce n’est plus une simple rumeur, un orgue à traction mécanique sera bel et bien installé dans la superbe salle de concert Raoul-Jobin du Palais Montcalm en 2013. L’instrument comportera deux consoles, l’une attachée au buffet et l’autre, mobile, placée sur la scène. C’est la maison Casavant qui construira cet instrument tant attendu par les mélomanes et les organistes de Québec. Lancement de livre Le livre L’orgue 1753 renaît de ses cendres de l’auteure Élisabeth Gallat-Morin a été officiellement lancé lors d’une rencontre qui a eu lieu le 14 octobre en la chapelle du Musée de l’Amérique française. Cette rencontre s’est déroulée en présence de Michel Côté, directeur général du Musée de la civilisation, d’Hubert Laforge, grand responsable du projet, et du facteur Denis Juget. Un bref récital comprenant des extraits du Livre d’orgue de Montréal ont été interprétés par Benjamin Waterhouse. La rencontre s’est terminée une séance de signature.

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Parutions par Robert Poliquin The Power of the Organ, volume 2 Mélanie Barney Orgue Casavant, Opus 869, 1920/2002 (IV/P 65 jeux/71 rangs) Église Saints-Anges, Lachine Le choix délibéré de l’artiste quant au répertoire contenu dans cet enregistrement peut, à première vue, paraître rébarbatif à certains amateurs de musique d’orgue. En effet, en plus du grand répertoire symphonique de l’orgue, le programme comprend des transcriptions spectaculaires d’œuvres symphoniques célèbres. On y retrouve des transcriptions grandioses d’œuvres de Wagner, d’Elgar et de Saint-Saëns. Des œuvres traditionnelles de Vierne et Widor complètent le programme. L’habileté sans conteste de l’interprète alliée à un grand orgue moderne aux immenses ressources sonores font de cet enregistrement un joyau qu’on se plaît à entendre et à réentendre. Tout simplement formidable!

Fidelio, FACD 037, 2012 Le chemin de la croix Judith Pelletier, narration et Dominique Joubert, orgue Orgue Casavant, Opus 615, 1915/1996 (IV/P, 65 jeux/92 rangs) Église Saint-Jean-Baptiste, Montréal Tout comme Marcel Dupré l’a fait en 1931, l’artiste nous offre ses improvisations pour entourer la récitation du Chemin de la croix, écrit par Paul Claudel en 1911. Puisant dans de vastes ressources sonores du grand-orgue mais aussi dans celles de l’orgue de chœur, l’artiste brise l’alternance habituelle entre préludes et interludes de durées variables pour créer des dynamiques en regroupant quelques-uns des tableaux et ce, sans réduire l’espace de jeu de la récitante. Tout au long de l’enregistrement, on ressent les différents états d’âme de l’interprète transpirer dans son jeu, son choix de forme et de registration. Tout simplement admirable! Une alternative très valable à la version Dupré.

XXI, CD 2 1764, 2011 Maxine Thévenot Orgue Wolff, Opus 47, 2005 (IV/P, 61 jeux/86 rangs) Cathédrale anglicane Christ Church, Victoria, BC Sur un instrument construit et harmonisé dans l’esthétique sud-allemande, l’artiste Canadienne, maintenant résidente aux États-Unis, a choisi de nous présenter, comme programme, une évolution de l’école d’orgue du Nord de l’Allemagne depuis sa création avec des compositions de Sweelinck jusqu’à son apothéose dans l’œuvre de J. S. Bach, tout en passant par Bruhns et Buxtehude. Une œuvre de Krell illustre l’apport des influences italiennes sur la musique du Sud de l’Allemagne. Les chaleureux jeux gambés et les anches à la française fournissent à l’instrument les ressources nécessaires pour l’exécution d’œuvres de compositeurs modernes ici représentés par les canadiens WatsonHenderson et Ager. Enregistrement intéressant avec une jeune artiste très prometteuse sur un orgue à sonorité majestueuse et quasi unique.

Raven, OAR 929, 2011

Mixtures, numéro 37, novembre 2012

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Hommage à Joseph Bonnet (1884-1944) Dom André Laberge et Dom Richard Gagné Orgue Gonzalez, 1931 (III/P, 34 jeux/31 rangs) SMD, SBL 214-1, 2011 Improvisations en l’honneur de Notre-Dame Dom Richard Gagné Orgue Casavant, Opus 2391, 1957 (II/P, 24 jeux) Église Sainte-Amélie, Baie-Comeau, QC SMD, SBL 213-1, 2011 Deux belles rééditions que nous propose la maison Société métropolitaine du disque et ce, dans le cadre du centenaire de l’Abbaye Saint-Benoît-du-Lac. Dans le premier cas, il d’agit d’œuvres de Joseph Bonnet interprétées sur l’orgue construit en 1931 pour son usage personnel par les facteurs Fernand et Victor Gonzalez, de Paris. Les Bénédictins ont acquis cet instrument en 1948, qu’ils ont fait inaugurer par André Marchal, le 9 octobre 1949. L’enregistrement original date de 1985. Le deuxième disque met en valeur les dons tout à fait particuliers de Dom Richard Gagné pour l’improvisation. Il utilise ici, comme canevas, les différents hymnes et motets grégoriens à la Vierge tels Regina coeli, Ave maris stella, Stabat Mater, Sub tuum praesidum, Tota pulchra es. L’enregistrement original date de 1987. Des pièces d’archives à se procurer absolument. Ils sont en vente, entre autres, au magasin de l’Abbaye et via leur site internet.

La maison Société métropolitaine du disque, de Montréal, nous propose de la musique vocale sacrée, avec accompagnement d’orgue et violon, dans deux enregistrements réalisés par des artistes québécois. Canticum novum Benoît LeBlanc, baryton; Sonia Coppey, violon; Jacques Boucher, orgue Orgue Casavant, Opus 8, 1885 / Opus 482, 1912/2006 (IV/P, 52 jeux/50 rangs) Cathédrale Saint-Hyacinthe-le-Confesseur, Saint-Hyacinthe, QC Dans cet enregistrement, on nous présente plusieurs œuvres sacrées de compositeurs francophones de différentes époques dont plusieurs québécois : Antoine Bouchard, Gérard Caron, Léon Destroismaisons, Claude Lagacé. SMD 201-1, 2012 Les voix du sacré Samantha Louis-Jean, soprano; Anne Robert, violon; Jacques Boucher, orgue Orgue Casavant, Opus 46, 1894 / Opus 608, 1915 / Caron 1983 (III/P, 40 jeux/46 rangs) Sanctuaire Saint-Sacrement, Montréal, QC Cet enregistrement nous présente plusieurs Ave Maria (Ermend-Bonnal, Franck, Adam, Déthier, Tournemire, Fauré, Weckerlin et Vavilov/Caccini) ainsi que des œuvres de Montagné, de Bréville, et d’Imbert. SMD 206-1, 2012 Découvertes heureuses, échos des sanctuaires, nostalgie des liturgies d’autrefois, voilà l’apport de ces deux disques.

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Pater Seraphicus : intégrale des œuvres d’orgue de César Franck David Enlow Orgue Aeolian-Skinner, Opus 891, 1932/1942; Mann & Trupiano 1988-2002 (IV/P, 91 jeux/93 rangs) Église St Mary the Virgin, New York, NY Cet artiste Canadien devenu résident Américain est organiste à l’église de la Résurrection à New York tout en étant professeur d’orgue à la Julliard School. Cet instrument, à saveur symphonique, s’avère idéal pour rendre la musique de César Franck. L’importante palette sonore de cet orgue fournit d’innombrables ressources à l’artiste pour la composition de ses registrations. Le livret que comprend le coffret est superbement informatif concernant chacune des pièces exécutées. Sans contredit, l’artiste possède une technique irréprochable. Sa lecture des différentes œuvres est remarquable et se reflète dans son jeu. ProOrgano, CD 7247, 2011, 3 CD Frederick Teardo Orgue Silbermann, 1741 / Kern 1979 (III/P, 38 jeux / 54 rangs) Église protestante Saint-Thomas, Strasbourg (France) Dans un programme où figurent des œuvres de Nicolas de Grigny, Jacques Boivin et Johann Sebastian Bach, l’artiste nous fait entendre les sonorités du plus important instrument encore existant de Johann Andreas Silbermann. Wolfgang Amadeus Mozart joua cet instrument en 1778 et en fit l’éloge dans une lettre à son père. Les tentatives de modernisation survenues au cours du XIXe siècle par Martin Wenzel n’ont laissé que seulement 17 jeux d’origine. Découvert par Albert Schweitzer en 1908 et avec l’aide de la firme DalsteinHaerpfer, l’instrument fut restauré afin de préserver son mécanisme. Le 28 juillet 1909, jour anniversaire du décès de Bach, Schweitzer mit sur pied une série de concerts qui se perpétuent encore aujourd’hui. Artiste très talentueux! Sonorité excellente! Un vrai petit bijou ! JAV, 191, 2012 L’orgue de 1753 renaît de ses cendres Élisabeth Gallat-Morin Québec, Musée de la civilisation, 2012, 87 pages, ISBN 978-2-551-25342-5 En 1753, le Chapître de la cathédrale de Québec commande un orgue français pour accompagner les offices religieux. L’orgue périt dans l’incendie de la cathédrale pendant les bombardements du siège de Québec en 1759. Après de longues et minutieuses recherches, l’auteure découvre l’existence du contrat de vente de cet orgue au minutier central des notaires de Paris. Grâce aux fruits de ces recherches et à la complicité du réputé organiste et claveciniste Kenneth Gilbert et de plusieurs autres organistes, le projet de faire reconstruire cet orgue français voit le jour et va mettre près de dix ans à se concrétiser. En 2009, l’orgue Juget-Sinclair, Opus 35, est offert au Musée de la civilisation. Après un historique des orgues et de la vie musicale de la paroisse de Québec, le récit nous amène à la commande, la fabrication et l’installation de l’orgue de Robert Richard dans la cathédrale de Québec. Puis, après la mise sur pied d’un comité pour la reconstruction de cet orgue et le récit des diverses étapes qui ont mené à la réalisation du projet, le facteur Denis Juget nous détaille, devis, plans et photos à l’appui, les défis et les péripéties de la reconstruction tandis qu’Hélène Dionne nous relate l’installation de l’instrument cette fois, dans la chapelle du Musée de l’Amérique française (ancienne chapelle extérieure du Séminaire de Québec). Ce livre se lit comme un roman et nous fait prendre conscience de l’importance de notre patrimoine musical. Page 31


L’orgue sur le web par André Côté Le site « Répertoire des orgues du Québec », instauré par les Amis de l'Orgue de Drummond et les Amis de l'Orgue de Rimouski, présente les instruments des régions du Centre-du-Québec et du Bas-Saint-Laurent. L’information abondante et détaillée autant au sujet de l’orgue que de l’église qui l’accueille, est illustrée de nombreuses photos. http://repertoiredesorgues.qc.ca/

Le 6 mai 2013 a été déclaré Jour mondial de l’orgue. Cette date coïncidera avec le début des célébrations des 850 ans de la cathédrale Notre-Dame de Paris. À cette occasion, on prévoit la présentation de plus de 850 concerts qui feront résonner les œuvres du répertoire de Notre-Dame de Paris dans les lieux de culte et salles de concerts des cinq continents. L’invitation est lancée d’y inscrire des activités. Quelques évènements québécois y sont déjà répertoriés. http://www.notredamedeparis2013.com/850ans/ jourmondialdelorgue2013/ Il existe des abécédaires pour une foule de sujets. L’orgue a aussi le sien. En parcourant l’alphabet, c’est tout un voyage autour du monde qui nous est proposé. De belles découvertes en vue! L’auteur ne semble pas avoir trouvé une entrée pour la lettre « Z ». Quelqu’un a-t-il une idée à ce sujet? http://organ-au-logis.pagesperso-orange.fr/ Pages/Abecedaire.htm La télévision de Radio-Canada, en tant que diffuseur public, devient, en utilisant de plus en plus les possibilités d’archivage que procure internet, une part importante de notre mémoire collective. Une recherche sur la page d’accueil permet de retrouver parmi les archives de Radio-Canada l’intégrale d’un intéressant reportage diffusé en 1961 et animé par Pierre Nadeau : « L’orgue de l’Oratoire, une œuvre majestueuse ». Page 32

Pendant près de 18 minutes, on peut y voir le jeune Raymond Daveluy présenter l’instrument. http://archives.radio-canada.ca/societe/ religion_spiritualite/clips/9233/ Ces archives comportent des vidéos mais également des reportages écrits ou audio comme par exemple cette entrevue intitulée « Le nouvel orgue du Palais Montcalm fait réagir ». http://www.radio-canada.ca/emissions/ premiere_Heure/2011-2012/chronique.asp? idChronique=234946 Permettez-moi de terminer cette chronique sur une note plus légère. Comme son nom le sousentend, le site OddMusic présente des instruments de musique pouvant être qualifiés tout au moins d’inusités ou farfelus. On y retrouve deux types d’orgue : le « Bubble Organ » d’un intérêt incertain et le « Sea Organ » qui mérite plus d’attention. Ce dernier est constitué d’une structure en paliers qui borde la rive de la mer Adriatique en la ville de Zadar (Croatie). Les mouvements de l’eau dus au courant et à la marée compressent de façon aléatoire la colonne d’air contenu dans 35 tuyaux accordés pour produire des harmonies. Un exemple audio permet d’apprécier ces sonorités étonnantes. http://www.oddmusic.com/ Le texte intégral (avec liens hypertextes) de cette chronique peut être consulté à l'adresse suivante : http://pages.videotron.com/acote/

Concerts d’orgue Quand? Où? Qui? Consultez la rubrique Concerts à

www.fqao.org

Mixtures, numéro 37, novembre 2012


Revue des revues par Gaston Arel et Robert Poliquin FRANCE L’orgue francophone / BULLETIN DE L’ORGUE FRANCOFFAO, 13 rue de Balzac, 93600 Aulnay-sousBois, France.

PHONE,

No 45 — 2012 : Route des orgues : Nice et Côte d’Azur — Les orgues du comté de Nice — Les trois orgues Grinda du comté de Nice — Les orgues entendus en concert et les visites — Carnet de voyage : Route des orgues dans le Loiret en juillet 2011 — Assemblée générale FFAO 2011. Orgues nouvelles / Coet Sal — Mériadec, 56400 Plumergat, France. (Supplément de musique et CD avec chaque numéro) o

N 16 — Printemps 2012 : Éditorial — Renouveau : Saint-Séverin : du néo-classique au néo-baroque; une restauration harmonieuse; révolution mécanique… et sonore; rencontre avec Philippe Hartmann; témoignages — Le Kern de Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux — L’orgue classique français : Saint-Maximin, Auch… — Xavier Darasse : entretien avec François Espinasse; l’Arlequin de Toulouse; Organum II — Clairvaux, le plus petit des grands orgues, le plus grand des petits — Auvergne : Clermont-Ferrand, la classe!; Le Puy, les tribulation d’un orgue — Talents méconnus : Édouard Batiste — Talents d’aujourd’hui : Didier Matry, Gabriel Marghieri — Boîte expressive, Carnet et informations, Infos en montre. No 17 — Été 2012 : Éditorial — Luxembourg : les grands orgues du Grand-Duché; patrimoine et enseignement; quatre orgues historiques baroques… et un « synthétique »; trois ou quatre orgues exceptionnels; les doigts magiques des organistes; centenaire : l’orgue de Dudelange; orgues sans frontières — Monaco : un nouvel orgue pour la cathédrale; premier Festival avec le nouvel orgue; influences italiennes : Sainte-Dévote et palais princier; la maîtrise de la cathédrale; Émile Bourdon, Nadia Boulanger, Henri Carol — Janacek : Messe glagolitique — Un Clicquot en plein Paris — Talents d’aujourd’hui : Alexander Müllenbach — Infos en montre, Carnet et informations, Boîte expressive. Musica et Memoria / ASSOCIATION ÉLISABETH HARMONTAGNE, 31 rue du Chagnaud, 17450 Rioux, France.

VARD DE LA

32e année, No 121-124 — 2011 : Federico Garcia Lorca et la musique — Organistes et maîtres de chapelle en Principauté de Monaco — Marcel Bitsch, habile musicien Mixtures, numéro 37, novembre 2012

et parfait humaniste — Symbolique des systèmes musicaux — Un compositeur avignonnais oublié : Jules Goudreau — Les facteurs-fabricants de pianos à Nancy entre 1800 et 1936 — Il y a 31 ans…, Élisabeth Harvard de la Montagne — Nicolas Bochsa et Anna Rivière Bishop, apôtres de la musique — Notes sur quelques lauréats du Prix de Rome : Charles Lenepveu (200) et Jules Mouquet (204) — Jacqueline Vallière, soprano belge — Victor Rifaut, musicien méconnu — Obituaire des musiciens : année 2011 — Revue des revues. SUISSE La Tribune de l'orgue / R E V U E S U I S S E R O M A N D E , Guy Bovet, CH-2000 Neuchatel, Suisse 64e année, No 2, 2012 : Éditorial — Faire un orgue moderne — Le quart d’œuvre de B. Righetti — La partition du trimestre : Marche d’ouverture de G. F. Händel — L’orgue de la cathédrale de Sion et la brasserie du Grand-Pont — Les voyages de M. Philéas Fogg — Couverture 2012 de la TDLO : Orgue domestique de Mättenbach — Actualité : disques, partitions, livres, correspondance, personnalité, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts. 64e année, No 3, 2012 : Éditorial — Antoine Herbuté — La fondation «De boni arte» à Moscou et la seconde vie de l’orgue Kühn de la cathédrale de Bâle — Le quart d’heure d’improvisation — La partition du semestre : le Cantique de Jean Racine — Les voyages de M. Philéas Fogg — Orgue et facture d’orgue à l’église St. Stefan de Wien (III) — L’orgue de Vladimir — Actualité : disques, partitions, livres, correspondance, personnalité, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts. CANADA Organ Canada / Orgue Canada / JOURNAL BIMENSUEL DU COLLÈGE ROYAL CANADIEN DES ORGANISTES (RCCO/ CRCO), 202-204 St. George Street, Toronto V 25, No 3, May 2012 : The symphony (Layton family organ) — Victoria International Organ Festival 2012 — David Craighead (1924-2012) — Music that makes community in Southern Ontario — Waterloo Pipe Organ Week — UK Report — Organ selection: J.S. Bach’s Pastorale by Widor — Reviews — President’s message — Report of the Membership & Brand Committee — RCCO Centre news — Hindsight — Sixteenth notes / Positions available. Page 33


V 25, No 4, July 2012 : An authentic restoration: Tignish, PEI — Barrie Cabena Scholarship — UK Report — Organ selection: Gloria by Clarence Lucas — Travelling clinicians — Sir Ernest MacMillan Foundation Award — Godfrey Hewitt Scholarship — President’s message — RCCO Centre news — Hindsight — Positions available / Sixteenth notes. V 25, No5, September 2012 : The Canadian International Organ Competition gets a boost! — Convention pictorial — Reviews — UK Report — Organ selection: Tuba Tune by Mark Himmelman — Victoria International Organ Festival — Ottawa Choral Society appoints new conductors — Queen Elizabeth II Diamond Jubilee Medals — President’s message — RCCO Centre news — Hindsight — Positions available / Sixteenth notes. ÉTATS-UNIS The American Organist / JOURNAL OF THE AMERICAN GUILD OF ORGANISTS (AGO), 475 Riverside Drive, Suite 1260, New York, NY 10115 V 46, No 5 — May 2012 : Nashville’s Crown Jewel Restored: Schoenstein organ in Schermerhorn Symphony Center — Marie-Antoinette’s orgue du dauphin: Charles-Marie Widor — Organ Feature: Christ United Methodist Church, Plano TX; Reuter, IV/P, 112/90; Freemont Presbyterian Church, Sacramento, CA; Reuter, IV/P, 96/67. V 46, No 6 — June 2012 : Schnitger’s dream: organ in Der Aa-kerk, Groningen (Netherlands) — Secular or sacred: selected popular elements in organ music (Part I) — Notes on design of the Schermerhorn Symphony Center organ — Organ Feature: Kauffman Center for the Performing Arts, Kansas City, MO; Casavant Frères, IV/P, 82/102. V 46, No 7 — July 2012 : The healing power of music from a music therapist’s perspective — Secular or sacred: selected popular elements in organ music (Part II) — Presenting an education program about the organ for very young students — Feature: A legacy of love: four generations of organ philanthropy. The Diapason / 3030 W. Salt Creek Lane, Suite 201, Arlington Heights, IL 60005 V 103, No 4 — April 2012 : Restoration of the 1770 Tannenberg Organ, Zion Moselem Lutheran Church, Moselem Spring, PA. — Dudley Buck’s Grand Sonata in E-flat: The architecture of an American masterpiece — Organists of Yesterday in the world’s largest village (Oak Park, IL.) — Organ Feature: Duke University Chapel, Durham, NC; Aeolian 1932 / Foley-Baker, IV/P, 110/109.

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V 103, No 5 — May 2012 : 29th Conference of Roman Catholic Cathedral Musicians, Columbus, OH — Conversation with Wilma Jensen — A Kimball Turns 100: Leigh Street Baptist Church, Richmond, VA — A four-manual pipe organ in seven weeks: Möller Opus 6373 at Chicago’s Carl Schurz High School — Organ Feature: Immaculate Heart of Mary R.C. Church, Atlanta, GA; Schlueter, III/P, 60/44. V 103, No 6 — June 2012 ; François Couperin’s organ masses at the University of Michigan — The great organ of the Cathedral of Monaco — Encounters with Italian historical organs: their surroundings and their music — Organ Feature: Sacred Heart R.C. Co-cathedral, Houston, TX; Pasi, IV/P, 76/104 V 103, No 7 — July 2012 : In Memoriam: Jacqueline Englert-Marchal (1922-2012) — A Skinner Centennial: Opus 190 at Grand Avenue Temple United Methodist Church, Kansas City, MI — Jehan Alain: his life and works — Organ Feature: Cathedral of Christ the Light, Oakland, CA; Létourneau, IV/P (7 divisions), 94/90. V 103, No 8 — August 2012 : Pavana Lachrimae: A California tribute to Gustav Leonhardt — Christopher Houlihan Vierne marathon: a review of the New York recital — Dedication of Casavant Opus 3875 Kauffman Center, Kansas City, MI — Skinner Opus 774 is saved — Vilnius: a tale of two maestros, two organs and a work in progress — Organ Feature: Cook Grand Hall, Indiana Landmarks Center, Indianapolis, IN; Sandborn 1892 / Goulding & Wood 2012, II/P, 32/33. The Tracker / JOURNAL OF THE ORGAN HISTORICAL SOCIETY (OHS), P.O. Box 26811, Richmond, VA 23261 V 56, No 1 — Winter 2012 : A century-old organ in the Andres — Hilborne Roosevelt and the two May Music Festivals — OHS 2012 Convention: Chicago, the city of big sounds — Historic organ citation 407: Hook & Hastings, Opus 1320, 1886, II/P, 13/11 in Trinity United Presbyterian Church, Kenton, OH; citation 408: Holtkamp, Opus 1743, 1961, III/P, 26/29 in St. Charles Seminary, Carthagena, OH. V 56, No 2 — Spring 2012 : Restoration of the Cleveland Beckerath — Luxury, litigation, and a second builder — Hook’s Opus 553: an emissary for American music in Berlin — Historic organ citation 405: Wurlitzer, Opus 1587, 1927, V/P in Providence Performing Arts Center, Providence, RI. V 56, No 3-4 — Summer-Fall 2012 : Kotzcshmar Memorial organ in Municipal Auditorium, Portland, ME — A gem along the Mohawk: The 1901 Morey organ in Stone Arabia, NY — The 9th International Organ and Early Music Festival in Oaxaca, Mexico — RIP, Skinner Opus 565 in Chinqua-Penn Plantation, in Reidsville, NC. Mixtures, numéro 37, novembre 2012


Mixtures #37, novembre 2012  
Mixtures #37, novembre 2012  
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