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Numéro 36

Mai 2012

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org


Oeuvres pour orgue et pour choeur de

Denis Bédard

Éditions Cheldar

Rachel Alflatt, gérante

8465 Quayside Court Vancouver, BC, V5P 4W1

Tel./Fax: (604) 322-5995 cheldar@cheldar.com

Présence de l’orgue le dimanche, 15 heures

Montréal 91,3 Rimouski 104,1 Sherbrooke 100,3 Trois-Rivières 89,9 Victoriaville 89,3 Gatineau 1350 AM

Répertoire — Facture — Interprètes Pour formuler des suggestions ou enregistrements à présenter :

Jacques Boucher info@jacquesboucher.org


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

Sommaire 4

Comité de rédaction Claude Beaudry, Irène Brisson, Noëlla Genest, Robert Poliquin, Michelle Quintal Collaborateurs à ce numéro Gaston Arel, Pierre Bouchard, Chantal Boulanger, Irène Brisson, Esther Clément, André Côté, Louise Fortin-Bouchard, Jean Ladouceur, Lionel Nicaud, Robert Poliquin, Michelle Quintal, Jean-Claude Rivard Révision

Congrès FQAO 2012 Les organistes

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Aubert Lavoie, organiste et… médecin Christian Lane, 1er Prix du CIOC 2011 Christopher Houlian, Vierne 2012 Les instruments

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Répertoire des orgues au Bas-Saint-Laurent Nouvelles acquisitions Les congrès/conférences/colloques

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Congrès RCCO/CRCO 2011

Claude Beaudry et Gérard Mercure

Les anniversaires Impression Les Copies de la Capitale Paraît deux fois par année : mai et novembre Prix : Canada : 5 $ par numéro États-Unis : 7 $ par numéro Europe : 11 $ par numéro

Date de tombée : 1er du mois précédent

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1 Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, rue du Sieur-d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Mai 2012 ISSN 1201-5741

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Pro Organo (Mauricie) a 40 ans Les chroniques

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Anniversaires en musique Ici et là, au Québec... - Montréal - Québec Parutions L’orgue sur le web Revue des revues

En couverture : Casavant Frères, Opus 1732, 1942/1995 4 claviers manuels et pédalier 85 jeux, 114 rangs, 6 186 tuyaux Traction électropneumatique Église Saint-Roch Québec, QC (Photo: Paul Saccà)

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Congrès FQAO 2012 Saint-Benoit-du-lac et Sherbrooke 6 août 2012 Assemblée générale Dîner au monastère  Démonstration de l’orgue par Dom Richard Gagné  

Déplacement vers Sherbrooke  Concert  Souper  Lancement du livre de Laurent Duval 

Sujet à modifications Informations disponibles sur www.fqao.org

Laurent Duval L’orgue ce méconnu Montréal, FQAO, 2012, 305p. 11 planches couleur 20 $ (+ 4 $ frais d’expédition par la poste) Cet essai, écrit en 2001, est un essentiel à quiconque désire connaître le développement de l’orgue au Québec. Après un bref rappel de l’histoire du développement de l’orgue au cours des siècles, l’auteur nous amène au début du XIXe siècle en nous dépeignant le rôle qu’a joué Albert Schweitzer dans la sauvegarde de l’orgue classique. À ce rappel historique s’enchaîne l’histoire de la facture d’orgue au Québec ainsi que de sa « renaissance » à la fin des années 1950 et au début des années 1960. La deuxième partie de l’ouvrage nous amène au cœur du répertoire de la musique d’orgue et s’attarde principalement sur l’œuvre pour orgue de J. S. Bach avec un bref commentaire sur ses principales œuvres. Ce livre sera lancé lors du Congrès 2012 de la FQAO qui se tiendra à Sherbrooke le 6 août 2012. On peut se le procurer auprès de chaque association locale des Amis de l’orgue ou, par la poste (avec chèque libellé au nom de la FQAO), au siège administratif (1749, rue Boisvert, Laval, QC H7M 2L1) Page 4

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Aubert Lavoie

ORGANISTE ET… MÉDECIN

par Jean-Claude Rivard

« Le plus beau cadeau que des parents puissent faire à leurs enfants est de leur donner la chance de s'initier à la musique. » Ainsi parle, à l'aube de la cinquantaine, Aubert Lavoie, à la fois organiste et médecin, l'un des concertistes invités des Amis de l'Orgue de Québec, pour la saison 2010-2011. Ne vous surprenez donc pas de le croiser, en sarrau blanc et stéthoscope au cou, dans un corridor d’hôpital, aussi bien qu'en grande tenue, un soir de concert. Le docteur Lavoie est l'un des spécialistes en immunologie au Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL), à Québec. À son bureau du premier étage, comme à l’urgence, il occupe la majeure partie de ses semaines à traiter principalement des enfants confiés aux soins du Centre Mère-Enfant. La rencontre d'un organiste-concertiste en tenue de médecin dans un hôpital n'a pas à surprendre. Pas plus qu'il ne faudrait se surprendre d'en croiser un autre, dans le rôle d’avocat, arborant la toge et le rabat, au Palais de Justice. Les temps changent et les diplômés en musique d'orgue des Conservatoires et des Facultés de musique vouent de moins en moins leur talent exclusivement à l'orgue et à l'enseignement de la musique. La fermeture progressive des paroisses et des églises, ainsi que la montée continuelle d'une relève talentueuse, n'est pas étrangère au phénomène. La région de Montréal ne possède-t-elle pas d'ailleurs son psychiatre-organiste et son banquierorganiste. Dans la région de Québec, on retrouve des organistes qui occupent aussi tout une panoplie de professions : avocat, géographe, arpenteur-géomètre, bibliothécaire, etc. Ne compte-ton pas parmi eux des gestionnaires chez nos facteurs d’orgues, des réalisateurs d'émissions radiophoniques, des producteurs de disques et des organiers. Ces derniers, quoique plus effacés, assurent l'entretien et le bon fonctionnement de nos orgues à tuyaux. Enfin, d’autres agissent comme conseillers auprès des facteurs d'orgue.

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Photo : Jean-Claude Rivard

Aubert Lavoie est donc médecin et quand il devient organiste, c'est surtout pour le plaisir. C'est pour lui un moyen de détente face au stress qui envahit régulièrement le cours de journées de travail souvent longues et accaparantes, en milieu hospitalier. Mais il estime qu’il n’existe pas de contradiction, entre son rôle de chercheur-spécialiste et son loisir de musicien-virtuose : dans un cas comme dans l’autre, il faut de la concentration, de la justesse et de la précision.

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Originaire du Lac-au-Saumon, une petite municipalité de la vallée de la Matapédia, située à une centaine de kilomètres à l'est de Rimouski, en territoire gaspésien, il appartient à une famille de six enfants dont cinq ont étudié la musique à l'école paroissiale dirigée par la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire. Il se rappelle même, avec précision du nom des Sœurs Madeleine Mimeault, Noëlla Potvin et Juliette Légaré qui lui ont enseigné le piano à l’école de village et dont il vante le dévouement et la compétence. La présence dans la famille de tantes musiciennes qui ont fortement encouragé les jeunes Lavoie à apprendre le piano, n’est pas non plus étrangère au développement de leur goût pour la musique. Sa mère, Simone Barr, jouait du piano mais son père, Henri, qui n'était pas musicien, fut d'un support précieux pour encourager ses enfants surtout pour assurer leur transport, à Rimouski, durant leurs études collégiales conjuguées à un séjour au Conservatoire. Son frère Alain, aujourd'hui médecin généraliste à la Clinique médicale Mont-Sainte-Anne, à Beaupré, et lui-même ont fréquenté la classe d'orgue de Sœur Pauline Charron, au milieu des années soixante : au début, Aubert n’avait que quinze ans. Avec son frère, il fut invité à participer à plusieurs concours et compétitions de musique d'orgue, à travers la province, où tous deux furent remarqués, toujours avec l'appui et l'encouragement constants de leurs parents.

ment invité dans le cadre des concerts d'été de l’église Chalmers-Wesley, lors des Concerts de Notre-Dame-du-Cap ainsi que lors du Festival du Printemps de Saint-Roch. Au cours de la saison 2010-2011 des Amis de l’orgue de Québec, le 27 février 2011, à l'église Saints-Martyrs-Canadiens, il fut chaudement ovationné lors d’une prestation qui comprenait des œuvres de Bach, Buxtehude, Byrd, Dupré, Escaich, Reger et Vierne. Parvenu à l'aube de la cinquantaine, le Dr Aubert Lavoie consacre donc, quatre ou cinq jours par semaine, à sa carrière d'immuno-allergologue, dans le brouhaha quotidien de bureaucratie et encombré du réseau hospitalier, tout en démontrant un profond souci pour le bien-être de ses malades. En ces moments, il est loin des claviers et du pédalier ainsi que des partitions musicales de Franck, de Mendelssohn et de Mozart. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil à ses rayons de bibliothèque, au CHUL, lourdement chargés d'ouvrages savants sur les maladies infectieuses, la pédiatrie, l'asthme, les allergies, l'ophtalmologie, la chirurgie, etc.

Au milieu des années 1975, les frères Lavoie s’inscrivent en médecine à l’Université Laval, l'un s’oriente en médecine générale alors que l'autre se dirige vers une carrière de médecin spécialiste. Tout en poursuivant ses études en médecine, en 1976, Aubert continue ses études en piano auprès de Robert Weisz. Toutefois, pendant ses études de perfectionnement en immuno-allergologie, au CHUL, il reprend ses études en orgue, à la faculté de musique de l’Université Laval, sous la direction de Richard Paré, auprès duquel il complète une maîtrise en interprétation. Ses études terminées, il participe à des classes de maître auprès d'organistes de réputation internationale dont le Québécois Antoine Bouchard et le Lyonnais Dominique Joubert. Il fut notamPage 6

Photo : Jean-Claude Rivard

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Tenter de le rejoindre à son lieu de travail pour obtenir un rendez-vous, c’est tout une aventure. Là comme ailleurs, dans tous les autres hôpitaux du Québec, les appels sont filtrés et des listes d'attente sont confectionnées. Prisonnier de ce système, le Dr Lavoie évite donc d'oublier son profil parallèle de musicien, ne serait-ce que par souci d'équilibre mental et personnel. Il réussit à prévoir des périodes de pratique et de répétitions, ici et là, dans des églises et il accepte, à l’occasion, d'agir comme organiste-suppléant notamment à Cap-Rouge ou à Saint-Roch. C'est dans ce contexte que ce médecinspécialiste aime répéter qu'en lui faisant jadis apprendre le piano à l'école des Sœurs, à Lacau-Saumon, quand qu'il était enfant, ses parents lui ont fait le plus beau cadeau de sa vie. « C'est un cadeau dont je tirerai profit jusqu'à la fin de mes jours » affirme-t-il, en parlant de la musique. Homme au physique sportif, le Dr Lavoie accepte, volontiers, à l'occasion, les invitations d'excursion de pêche au saumon ou à la truite. Entouré d'amis et d'admirateurs, il aime se le rappeler. Il n'a pas oublié les paysages envoûteurs de sa vallée de la Matapédia natale avec ses collines et ses ruisseaux, ni le miroir du lac poissonneux de son enfance, ni le Bas-Saint-Laurent de sa jeunesse. Homme sympathique et accueillant, d'un abord effacé sinon un peu timide, il parle peu de sa vie privée mais accepte de lever le voile sur un autre passe-temps méconnu qu'il associe à son esprit d'aventure et de découverte ainsi que son goût profond pour les voyages à l'étranger : l'étude des langues. En effet. En plus de bien parler le français et l'anglais — il va de soi — sinon en plus d'avoir aussi acquis une certaine compréhension du langage musical italien ainsi que les rudiments de la langue de Johann Sebastian Bach, le Dr Lavoie s'est aussi intéressé à l'étude de l'espagnol. Ce n'est rien : le voici maintenant de retour d'un récent voyage au Portugal où il voulait parfaire ... sa maîtrise du portugais!

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Christian Lane

1ER PRIX AU CONCOURS INTERNATIONA D’ORGUE DU CANADA 2011 Le défi de la programmation « La qualité exceptionnelle de l’organisation du CIOC m’a convaincu de déposer à nouveau mon dossier de participation. » de dire Christian Lane, lauréat du premier prix du CIOC 2011. Rejoint à l’Université Harvard où il occupe le poste d’organiste adjoint, il a expliqué avoir changé sa décision de ne plus faire de concours en voyant passer la publicité de recrutement de l’édition 2011. « En quittant Montréal après avoir participé au Concours en 2008, je ne croyais pas que je plongerais à nouveau dans cet univers compétitif. J’avais mis ça derrière moi. » Et pourtant… non seulement est-il revenu à Montréal pour la 2e édition du CIOC, mais il a remporté le premier prix. Le calibre relevé de la sélection de 16 concurrents représentant 11 pays, dont plusieurs bardés de prix prestigieux, a généré un concours stimulant et exigeant. Christian Lane n’était pas en reste avec un parcours riche de nominations prestigieuses. Bien des musiciens confirmeront qu’une fois les épreuves en marche, les hommages du passé comptent peu. « À mon avis, c’est une erreur de planifier son programme en pensant aux goûts des membres du jury. Comme concurrent, on n’a aucune emprise sur les décisions. » Alors, comment choisir son programme? « En fonction de nos goûts, des indications dans les règlements, de son état d’esprit au moment de le préparer, et selon les pièces musicales qui nous parlent et avec lesquelles on pourra démontrer à la fois la qualité, la musicalité et la polyvalence de notre potentiel artistique. La programmation des concerts me semble la pierre angulaire du succès d’un organiste. » John Grew, directeur artistique du CIOC, détermine les orientations remises aux concurrents pour la sélection du répertoire. Il structure les trois épreuves selon un plan bien précis : « Je tiens à lancer le concours avec une épreuve sur Bach et son époque. Un organiste aspirant à une carrière internationale doit pouvoir présenter cette musique si importante dans l’histoire de l’orgue et si chère au public. Les deux autres Page 8

Photo : Bonnie Nichol Christian Lane en enregistrement à Lachine en janvier 2011. Son CD sortira en mai prochain sous étiquette ATMA.

épreuves amènent les concurrents à s’exprimer dans des répertoires très variés, démontrant leurs aptitudes comme organiste et comme programmateur. La qualité et l’équilibre des programmes fait partie intégrante des critères d’analyse du jury. » PROJETS CIOC Les 2-3-4 novembre 2012, le CIOC présentera un premier événement où le public pourra découvrir différents visages de l’orgue. Le 2 novembre, ce sera la 2e édition du Rendez-vous des GRANDS où Christian Lane sera de retour à Montréal avec David Baskeyfield, lauréat de Dublin et de St. Albans, en Angleterre, en 2011, et Michael Schöch, lauréat du Concours de Munich. Le 3 novembre, ce sera place à Mozart à la salle Bourgie pour un programme orgue / trio de cordes mettant en vedette Jean-Willy Kunz, 3e prix et prix du public au CIOC 2011. Enfin, le 4 novembre, à l’église St Andrew and St Paul, ce sera le Requiem de Duruflé avec le Chœur de l’église accompagné à l’orgue par Jonathan Oldengarm. Bref, un rendez-vous annuel que le CIOC concocte avec beaucoup d’attention. Informations : www.ciocm.org Mixtures, numéro 36, mai 2012


Intégrale des symphonies pour orgue de Louis Vierne CHRISTOPHER HOULIAN, MONTRÉAL, 4-5 AOÛT 2012 ID: Christopher, parlez-nous un peu de vous. CH: J'ai grandi dans une petite ville du nord du Connecticut, aux États-Unis, dans une famille très peu intéressée à la musique. Même si j'ai commencé à apprendre le piano à un tout jeune âge, mon amour de la musique ne s'est développé qu'avec ma découverte de l'orgue à l'âge de dix ans. Je crois que la variété des timbres, ainsi que les multiples sonorités de l'instrument, m'ont tout d'abord attiré. J'ai reçu mes premières leçons d'orgue avec John Rose, avec lequel j'ai continué à étudier jusqu'à la fin de mon baccalauréat au Trinity College de Hartford. Pendant ma troisième année d'études là-bas, j'ai pu passer une année à Paris; j'étais organiste à la Cathédrale Américaine tout en étudiant l'orgue avec Jean-Baptiste Robin au Conservatoire de Versailles. Par la suite, en 2011, j'ai complété ma maîtrise à Juilliard sous la direction de Paul Jacobs. ID: Vous semblez manifester beaucoup d'intérêt pour les œuvres de Louis Vierne. Parlez-nous de cette découverte? CH: J'ai entendu les œuvres de Vierne à l’occasion d’un des premiers concerts d'orgue auxquels j’ai assisté. Peut-être parce qu'elles étaient si différentes de ce que j'entendais habituellement dans ma petite paroisse de campagne, ce fut un véritable coup-de-cœur! Je pense que ses œuvres, et plus particulièrement ses Symphonies, nous convainquent que la musique d'orgue peut être bien vivante et enthousiasmante. Malheureusement la plupart des gens, même ceux qui assistent à des concerts de musique classique, croient que la musique d'orgue est ennuyeuse; évidemment, ils n'ont pas dû en entendre beaucoup! J'aime aussi découvrir la personnalité de Vierne à travers ses œuvres; il a beaucoup souffert durant sa vie, tant personnellement que professionnellement — par exemple, je viens d'apprendre que le mouvement initial de la Troisième Symphonie, si agressif et tourmenté, a été composé alors que Vierne n'a pas obtenu le poste de professeur d'orgue au Conservatoire de Paris. Cela dit, il y a Page 10

par Isabelle Demers quand même plusieurs moments humoristiques (le scherzo de la 2e), joyeux (le finale de la 6e), ou même sensuel (la romance de la 4e) dans les symphonies. ID: Cet été vous jouerez les six symphonies dans six métropoles nord-américaines. Comment ce projet est-il né? CH: J'ai ce projet en tête depuis 2006, lorsque j'ai appris et joué pour la première fois la Deuxième Symphonie. J'ai été surpris, et impressionné, par la réaction positive de l'auditoire, et j’ai pensé : « Pourquoi n'entend-on pas des symphonies complètes plus souvent? » On ne peut imaginer un pianiste ne jouant que la moitié d'une sonate de Beethoven, ou un orchestre jouer le dernier mouvement d'une symphonie de Brahms; un auditeur se sentirait trahi, et penserait avoir manqué la moitié de l'histoire! Bien sûr, Vierne lui-même jouait souvent des extraits de ses symphonies, et certains mouvements sont en effet très efficaces comme pièces solos. Ceci dit, si l'on considère que toutes les symphonies, sauf la Première et la Troisième, sont cycliques, il n'est pas surprenant de constater que les mouvements individuels soient beaucoup plus impressionnants et satisfaisants lorsqu'entendus dans le contexte d'une symphonie complète - et peut-être plus particulièrement dans le cas de la Cinquième Symphonie. ID: Où allez-vous jouer les symphonies? CH: Ce projet, intitulé Vierne 2012, débute à New York le 2 juin, à l'église de l'Ascension. Cette date célèbre le 75e anniversaire du décès de Vierne à la console de Notre-Dame de Paris (d'ailleurs, on m'a dit qu'une reconstruction de cette partie de l'histoire n'était pas nécessaire!) Je continuerai par la suite à Denver, Chicago, Los Angeles, Dallas et, bien sûr, à Montréal, à l'église du Gesù. Plus de détails sont disponibles sur le site : www.vierne2012.com

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Vierne 2012 Intégrale des symphonies pour orgue de Louis Vierne

Christopher Houlihan (USA) Première partie vendredi 3 août 2012 Seconde partie samedi 4 août 2012 Église du Gesù 1202 Bleury, Montréal 20:00 Admission générale: $25 ($40 pour les deux concerts) Membres Amis de l’orgue et FQAO: $20 ($30 pour les deux concerts)

BULLETIN DE LIAISON DE LA FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DES AMIS DE L’ORGUE Juin 2012, 12e édition

Tous les concerts sont présentés en direct sur ÉCRAN GÉANT

Les dimanches à 15 heures en l’église de Sainte-Marie (62, rue Notre-Dame, Sainte-Marie-de-Beauce)

3 juin Pour information: (418) 386-2969

Chœur l’Écho du Lac Esther Clément et Dominique Gagnon, organistes

Offrande volontaire 10 juin Jean-Willy Kunz

17 juin Nathalie Gagnon


L’inventaire des orgues du Bas-Saint-Laurent UN VOYAGE PEU COMMUN

L’initiative de mettre sur pied un inventaire des orgues dans la région du Bas-Saint-Laurent nous vient des Amis de l’orgue de Drummond (AOD) qui ont réalisé un tel travail pour la région Centredu-Québec entre 2007 et 2010. Leur projet avait vu le jour sous l’impulsion de Martin Yelle, l’actuel président de la FQAO, qui constatait qu’un tel outil était indispensable pour assurer la protection de ce patrimoine. En janvier 2011, un projet similaire a été soumis aux membres du conseil d’administration des Amis de l’orgue de Rimouski (AOR), visant à répertorier les orgues de la région dans une base de données qui rassemblerait, si cela est possible, tous les instruments québécois. Ce projet a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme. Un comité fut mis sur pied et je fus désigné comme responsable.

par Lionel Nicaud des données recueillies et leur incorporation à la base de données commune. L’inspection physique des orgues s’est déroulée au cours de l’automne 2011, et ce, après un travail préparatoire pour localiser les instruments et pour assurer la collaboration de différentes fabriques. Sur ce dernier point, un appui inconditionnel a été obtenu de la part des autorités de l’archidiocèse de Rimouski et de celles du diocèse de La Pocatière. Les visites s’effectuaient sur trois jours consécutifs à raison de 6 à 7 instruments par jour. Une importante logistique était de mise, car rares sont les églises qui sont ouvertes en

Le lancement du projet consista, une fois le plan d’action établi, à obtenir des financements. Il était permis de croire que la sollicitation de financements pour un sujet concernant le patrimoine serait ardue. La réalité nous a prouvé tout le contraire. La moitié de la somme requise a été obtenue auprès de la Conférence Régionale des ÉluEs du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) l’autre provenant de dons émanant d’industriels et de commerçants locaux, de congrégations religieuses, des membres des AOR et ce, grâce au travail d’Alain Rioux et d’Euclide Ouellet, forts de leurs expériences en campagnes de financement, principalement celles concernant l’Académie d’orgue et de clavecin de Rimouski. La préparation de l’inventaire a été grandement simplifiée grâce au savoir-faire et à l’aide généreuse de la part des Amis de l’orgue de Drummond, principalement de Martin Yelle, de Marie-France Lessard et de Jocelyn Lafond. Comme les données seraient intégrées à une base de données commune, il était impératif de suivre les mêmes processus. Ainsi, une formation avec un facteur d’orgues allait assurer une compréhension technique sur le fonctionnement des orgues qui feraient partie de l’inventaire, et une autre formation offerte par la firme Zen Média, qui a réalisé le logiciel d’application, concernait la saisie Page 12

Détails de la tuyauterie de façade. Église Saint-Alexandre-deKamouraska, Casavant, II/P, 18 jeux, Opus 1535, 1936.

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dehors des offices. À chaque endroit, il y eut toujours un comité d’accueil; ce fut l’occasion d’intéressantes rencontres avec des organistes, des curés, des présidents de fabrique, des bedeaux, des bénévoles, etc. La visite de l’instrument durait environ une heure : prise de photos, notation du devis, évaluation sommaire de l’état de l’instrument et enfin, pour mon plus grand plaisir, venait le temps d’essayer l’orgue. Les recherches historiques relatives aux églises et aux instruments furent réalisées au début de 2012 à partir de monographies paroissiales disponibles à la bibliothèque de l’Université du Québec à Rimouski et des informations que les fabriques étaient en mesure de fournir. Quant aux instruments, le facteur d’orgues Jacques L’Italien et l’organiste Claude Girard, qui agit aussi comme technicien de la firme Les Ateliers Guilbault, Bellavance, Carignan, furent d’excellentes sources d’informations. Parallèlement aux recherches historiques, les fiches des instruments étaient insérées dans la base de données : tâche moins passionnante que la visite des orgues… mais incontournable. Une décision fut prise de publier le résultat de cet inventaire sous forme de livre visant ainsi un certain rayonnement de ce patrimoine culturel. Un exemplaire a été offert à chaque fabrique et institution possédant un instrument inventorié. L’inventaire nous fait réaliser que la région possède des instruments plus ou moins intéressants. Toutefois, quelques-uns se démarquent et démontrent la richesse de ce patrimoine dans la région tels le Brodeur de Cacouna, le Mitchell de Saint-André-de-Kamouraska et les Casavant de Saint-Pascal-de-Kamouraska, de la cathédrale Saint-Germain et de l’église Saint-Pie-X de Rimouski. La région compte aussi parmi ses instruments l’opus 1 de la maison Orgues Providence dans le village de Mont-Carmel (MRC de Kamouraska), ou encore l’orgue Casavant 1905 de l’église de Trois-Pistoles (MRC des Basques). L’inventaire est disponible sur le site internet : répertoiredesorgues.qc.ca Quant à l’état général des orgues de la région, il faut souligner qu’il est plutôt rare qu’un instrument bénéficie d’un programme régulier d’entretien. La majeure partie des instruments sont Mixtures, numéro 36, mai 2012

dans un état acceptable, mais pour combien de temps? L’accompagnement de la liturgie peut se faire sans problème dans presque toutes les églises. Certaines fabriques parviennent encore à investir dans des réparations importantes, mais elles sont peu nombreuses. L’inquiétude concerne plutôt le futur des orgues, de valeur ou non, que l’on retrouve dans des églises menacées de fermeture. Il y en a plusieurs dans la région et les fabriques se questionnent sur leur avenir. On observe déjà que les orgues des églises fermées sont remis à l’expertise des grands facteurs québécois dans le but de trouver une nouvelle demeure. Il serait préférable que, tout comme vient de le faire le centre culturel de Rivière-du-Loup, les fabriques fassent un appel régional aux organismes qui souhaiteraient récupérer l’instrument, et que l’effort soit porté sur la conservation du patrimoine comme bien local. Mais peut-on vraiment leur en vouloir alors qu’elles font presque toutes face à des difficultés économiques importantes? Une autre crainte concerne celle de l’extinction du bien immatériel qu’est l’organiste. Au Bas-SaintLaurent, il y a plus de 70 instruments alors que les élèves dans les classes d’orgue ne se comptent que sur les doigts d’une main. Quant aux organistes de formation… sur les doigts de 4 mains, pas plus! La conservation de ces instruments devient utopique si personne n’est en mesure d’en jouer et si personne n’entend de la musique de qualité. Le combat pour la préservation des instruments se présente donc sous deux aspects. _ Lionel Nicaud est ingénieur issu d’une école française. Il s’établit à Rimouski en janvier 2010 pour y poursuivre ses études universitaires à l’UQAR. À la suite d’une visite de l’orgue de la cathédrale de Rimouski en juin 2010, il se découvre une passion pour la facture de cet instrument ainsi que pour la musique d’orgue

Concerts d’orgue Quand? Où? Qui? Consultez la rubrique Concerts à

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Nouvelles acquisitions Une belle acquisition en Estrie : un nouveau positif Depuis l’automne 2011, la région de l’Estrie possède un nouvel orgue positif. En effet, monsieur Guy Laperrière, professeur d’histoire retraité de l’Université de Sherbrooke, a fait un don important pour l’acquisition d’un positif. Cet instrument a été fabriqué par le facteur d’orgues JugetSinclair selon des spécifications bien précises. Il possède deux claviers et quatre jeux : Bourdon 8’, Flûte à cheminée 4’, Principal 2’ et Quinte 1 1/3’. De plus, il comporte un pédalier car l’instrument sert d’instrument de travail pour des étudiants en orgue. L’acquisition a été faite conjointement par l’Université de Sherbrooke et le Cégep de Sherbrooke. Le donateur souhaite que les organismes musicaux de la région puissent bénéficier de cet instrument pour leurs concerts. Déjà, le Chœur symphonique de Sherbrooke l’a utilisé pour son concert du mois de décembre 2011. Il sera inauguré officiellement le 6 mai 2012 et ce sera une belle occasion de faire connaître l’instrument et de remercier le généreux donateur. Chantal Boulanger Professeure au Cégep de Sherbrooke

L’orgue des Religieuses Jésus-Marie à Lauzon La région de Québec s’est enrichie d’un nouvel instrument : il s’agit d’un orgue à traction mécanique construit par le facteur d’orgues Karl Wilhelm, de Saint-Hyacinthe, en 1966. L’instrument de quatre jeux, d’esthétique baroque, comprend un clavier de 56 notes et un pédalier de 32 notes. Le devis est composé d’un Bourdon 8’ en bois, d’une Flûte à cheminée 4’, d’un Prestant 2’ et d’un Larigot 1 1/3’. Le buffet est en chêne et des portes permettent de régler manuellement le niveau sonore. Installé d’abord en la chapelle du Couvent Jésus-Marie de Trois-Pistoles, l’instrument a été déménagé, en juin 2011, chez les Religieuses Jésus-Marie de Lauzon par le facteur d’orgues Jacques L’Italien. Il est maintenant à l’usage de l’École de Musique Jésus-Marie de Lauzon. Il a été inauguré dans son nouveau lieu : la salle de concerts Rose-Eynac du Couvent Jésus-Marie de Lauzon, par Louise Fortin-Bouchard et Pierre Bouchard, en novembre 2011. Louise Fortin-Bouchard Professeure à l’École de Musique Jésus-Marie de Lauzon

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Congrès RCCO/CRCO

HAMILTON, ON., 17 AU 21 JUILLET 2011 Le congrès annuel 2011 du Collège royal canadien des organistes (RCCO/CRCO) s’est tenu du 20 au 24 juillet à Hamilton, en Ontario. Ce congrès s’est déroulé alors que déferlait une véritable canicule, pour ne pas dire une chaleur d’enfer, tant sur la ville que sur toute la région. On pourrait même qualifier ce congrès de celui des bouteilles d’eau et des ventilateurs. Même les autobus scolaires, qui nous transportaient entre les lieux de concert, étaient de vrais fours ambulants. Heureusement, plusieurs lieux étaient situés à distance de marche, de sorte qu’après les concerts, il faisait bon de retourner à l’hôtel à pied question de profiter ainsi d’une certaine fraîcheur.

par Robert Poliquin fois, il s’agit d’un instrument Casavant. Opus 395, il date de 1909 (IV/P, 44 jeux) et demeura inchangé jusqu’en 1959 alors que des modifications à la structure sonore sont apportées. Actuellement, l’instrument, à traction électropneumatique, comprend 52 jeux et 52 rangs pour un total d’environ 3 000 tuyaux. Les concerts Le congrès présentait un total de six récitals.

Pour la journée d’ouverture, deux options nous étaient offertes : une visite d’orgues dans l’aprèsmidi et le concert du Havestehude Chamber Choir le soir ou les demi-finales du concours national d’orgue qui se déroulaient tant l’après-midi qu’en soirée. Mon choix : visite d’orgues l’après-midi et la seconde moitié (deux concurrents) de la demifinale du concours en soirée. Visite d’orgues Cette visite nous a permis de visiter et d’entendre trois instruments totalement différents. Le premier, celui de l’église catholique St. Patrick. L’instrument actuel (Casavant, Opus 511, 1913 / Opus 2066, 1951 / 1993, 2004; II/P, traction électropneumatique, 24 jeux, 31 rangs) était à l’origine, en 1883, probablement un Louis Mitchell dont il conserve le buffet ainsi que deux jeux de 16’. Le deuxième, celui de l’église catholique St. Lawrence the Martyr, est un instrument historique reconnu par le RCCO en 2006. Il s’agit d’un Casavant, Opus 326, 1907, II/P, traction pneumatique tubulaire, 15 jeux. Il a été très bien entretenu et possède une sonorité typique des instruments du début du XXe siècle. Dans ces deux premiers cas, l’instrument est installé en tribune arrière. Le troisième, celui de l’église presbytérienne St. Paul, est placé principalement en avant de l’édifice avec une division Antiphonal ajoutée en 1964, agrandie en 2009 et logée à la tribune arrière. Encore une Mixtures, numéro 36, mai 2012

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Le premier fut donné par Maxine Thévenot à l’orgue de l’église presbytérienne Central (Casavant, Opus 321, 1908, traction électropneumatique, IV/P, 65 jeux, 80 rangs, 4 420 tuyaux). L’instrument, placé à l’avant de l’église, possède une division Écho logée en tribune arrière. Le récital était composé entièrement d’œuvres du XXe siècle : Dupré, Burge, Ager, Landry et Vierne. Je fus agréablement surpris et fier d’entendre l’œuvre Hesychia de la compositrice québécoise Jeanne Landry décédée en août 2011. Quoique le récital était techniquement impeccable et le jeu intéressant, il manquait ce je-ne-sais-quoi pour qu’il devienne quelque chose d’exaltant et de remarquable. Le deuxième fut celui présenté par l’organiste Karen Holmes et le corniste Damian RiversMoore en la chapelle John Bell du Collège Appleby d’Oakville. L’orgue de cette chapelle est un Casavant, Opus 3824, 2003, traction électropneumatique, III/P, 38 jeux, 29 rangs et 1 764 tuyaux. L’instrument est principalement placé à l’avant de la chapelle dans deux buffets de chaque côté de l’autel tandis que la division de Choir est logée dans un des murs latéraux. Ce récital fut une découverte, tant par le jeu tantôt accompagnateur tantôt soliste de l’organiste, que par celui du corniste, dont la complicité a donné lieu à une prestation des plus intéressantes. Le programme comprenait des pièces rarement entendues lors de concerts puisqu’elles nécessitent la présence d’un cor. Le point culminant de ce récital fut la première mondiale de la Sonate pour cor et orgue, opus 60, de Rachel Laurin qui d’ailleurs était présente à l’événement. Cette pièce, en trois mouvements, est réellement un bijou et mérite d’être plus connue. D’ailleurs elle fut reçue très chaleureusement par l’auditoire. Puis ce fut le récital de Matthew Coons à l’orgue de l’église St. John the Baptist, de Burlington. L’instrument (Létourneau, Opus 110, 2007, II/P, traction électropneumatique, 22 jeux, 23 rangs, 1 287 tuyaux) est installé en tribune arrière. Son programme, comprenant des œuvres de Byrd, Buxtehude, Bach, Mendelssohn et Bédard nous a démontré la belle technique de cet organiste qui complète actuellement son baccalauréat en musique à l’Université de Toronto. La sonorité de cet orgue était excellente dans une enceinte qui, pour l’occasion, était entièrement remplie. Page 16

Un concert attendu était celui de l’organiste d’origine russe Konstantin Volostnov à la cathédrale anglicane Christ’s Church. Son programme nous a fait voyager de la France (du Mage, Couperin, Saint-Saëns et Duruflé) en passant par l’Allemagne (Bach) pour arriver en Russie (Lyapunov et Glazounov). Il a interprété ces œuvres avec une technique sans faille et en utilisant des registrations tout à fait remarquables. C’était tout simplement sublime et avec une finesse que l’on pourrait comparer à une fine dentelle. L’instrument, placé en avant de la cathédrale, est un Casavant, Opus 1048, 1924 avec révisions en 1962 et 1998. À traction électropneumatique, il possède 59 jeux, 64 rangs et 3 779 tuyaux sur trois claviers manuels et pédalier. Le cinquième récital fut celui de Felix Hell en l’église anglicane St. James, de Dundas. Il remplaçait Philippe Bélanger qui avait dû se décommander. L’instrument, réparti entre l’avant et l’arrière de l’église, est l’Opus 6 du facteur Leslie Smith. Construit en 2008, à traction électropneumatique, il comprend quatre divisions manuelles sur III/P, 42 jeux, 39 rangs et 2 323 tuyaux. Cet instrument contient des éléments provenant de l’orgue Karn-Morris de 1916 anciennement en l’église anglicane St. James the Apostle. C’est dans une atmosphère où le degré de chaleur atteignait presque le degré de satisfaction envers l’artiste qui nous a littéralement conquis par sa technique, son jeu et ses interprétations. Son programme comprenait des œuvres de Bach, Mendelssohn, Gigout, Brahms et Willan. En effet c’est par la magnifique Introduction, Passacaglia et Fugue de Willan qu’il a choisi de terminer son récital, sous un tonnerre d’applaudissements. Le concert final s’est déroulé dans un climat de chaleur qualifiable d’extrême. C’est dans une église remplie à capacité (nef centrale et tribunes latérales et arrière) que l’organiste Ken Cowan, accompagné du National Academy Orchestra dirigé par Boris Brott, clôturait ce congrès. L’orgue de l’église unie Centenary est un Casavant, Opus 200, 1904 reconstruit en 1924 puis modifié en 1993. Une nouvelle console, dotée de toutes les caractéristiques modernes, a été ajoutée en 2004. L’instrument, à traction électropneumatique, comprend cinq claviers manuels, 89 jeux, 75 rangs et 4 490 tuyaux. Les principales œuvres au programme étaient la Symphonie no 3 de Mixtures, numéro 36, mai 2012


Saint-Saëns et la Symphonie concertante de Jongen. Une œuvre de Dupré et une autre de Bales mettaient en vedette les cuivres et l’orgue. Prestations tout à fait magistrales de la part de tous les musiciens malgré cette chaleur accablante. L’organiste Ken Cowan était tout à fait à l’aise et sa maîtrise de l’instrument et du répertoire a grandement contribué au succès retentissant de la soirée. Une finale de congrès mémorable. Autres activités La finale du concours national d’interprétation à l’orgue s’est tenue à l’église presbytérienne McNab et a couronné Aaron James comme grand gagnant. L’orgue de cette église est un Casavant, Opus 1495, 1934, révisé en 1947 et en 2007, à traction électropneumatique, III/P, 36 jeux, 38 rangs, 2 371 tuyaux. Chaque finaliste devait interpréter comme pièces imposées le Prélude et fugue en si mineur (BWV 544) de J. S. Bach et le Scherzo de la Sonate no 5 pour orgue de Raymond Daveluy. Le congrès avait organisé un concours où les compositeurs et artistes de la vidéo étaient invités à mettre en musique une hymne dont le texte avait été spécialement composé par Paul Chappel ou une vidéo. Après une première sélection, les œuvres retenues étaient présentées. Les vidéos, d’une durée de trois à cinq minutes, devaient être muettes, car leur visionnement était accompagné par des improvisations à l’orgue. Quant aux hymnes retenues, elles ont été chantées par l’ensemble des congressistes. À la fin, les congressistes votaient secrètement pour la vidéo et l’hymne de leur choix. Les gagnants reçurent un cadeau en argent et l’hymne gagnante serait chantée lors du service annuel qui se tiendrait dans quelques jours. Une activité de démonstration d’orgue a eu lieu en l’église catholique Holy Rosary, de Burlington, par l’organiste Vicky Chen. Cette église, à air climatisé, contient un orgue Casavant, Opus 3851, 2005, à traction mécanique, II/P, 14 jeux, 15 rangs, 816 tuyaux. Très bel instrument possédant une sonorité très bien adaptée à cette église qui n’est pas très vaste et qui possède un intérieur très moderne et de très belles sculptures sur bois.

Deux québécois furent honorés lors de ce congrès. Il s’agit de membres de la section de Montréal du RCCO/CRCO. Ainsi, John Grew s’est vu remettre le titre de « fellow » honoris causa tandis que Scott Bradford a été honoré pour ses distingués services rendus à la section de Montréal. Le congrès présentait aussi plusieurs conférences. Pour ma part, j’ai assisté à Musique pour instruments à deux claviers avec David Palmer, à Ministère de la musique avec Valerie Hall and la Rev. Jody Medicoff, à Improvisions basées sur des hymnes en tant que courts interludes durant un service avec Simon Irving et à Organistes en direct : ressources internet pour les musiciens avec Nicholas Fairbank. Les sujets étaient intéressants et les conférenciers maîtrisaient bien leurs sujets. On en retire toujours un petit quelque chose. Le prochain congrès aura lieu du 15 au 17 juillet 2012 à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

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au flair des différents conseillers artistiques de Pro Organo, les auditeurs ont pu apprécier les orgues anciens de Saint-Maurice, Saint-Stanislas, MontCarmel, Sainte-Monique-de-Nicolet, Sainte-Eulalie. Cette année, Jocelyn Lafond leur fera entendre le Casavant 1896 (restauration Juget-Sinclair 2010) de Saint-Léon-le-Grand. Il y a eu beaucoup de concerts solos mais il y a eu aussi des jumelages heureux tels orgue et harpe celtique avec Gisèle Guibord et Robin Grenon, clavecin et orgue avec Luc Beauséjour, orgue et ondes Martenot avec Monique Gendron et Jean Laurendeau, chant grégorien et orgue avec Louise Fortin-Bouchard et un chœur composé des religieuses Ursulines et des Filles de Jésus, etc. Que souhaiter à cette société qui fête son 40e anniversaire? Un grand concert avec orchestre! Serait-il opportun de commander un concerto pour orgue et grand orchestre, orgue et orchestre à cordes, orgue à plusieurs mains et plusieurs pieds et ce, à un ou à plusieurs organistes compositeurs de la Mauricie? 1 2

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Programme « Orgue au Qw4rtz », 06 novembre 2011 Organistes créateurs aux Trois-Rivières, 05 juin 2009 Page 17


Pro Organo (Mauricie) a 40 ans par Michelle Quintal « Pro Organo sait concilier la richesse de l’expérience et la fougue de la jeunesse » Stella Montreuil Présidente de la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières1 En 1971, Noëlla Genest, alors titulaire des orgues de la Basilique du Cap à Cap-de-la-Madeleine a eu l’heureuse idée de fonder une société de concerts d’orgue. De son association avec l’avocat Jean Girouard est né Pro Organo (Mauricie). Faire connaître les orgues à tuyaux de la région, promouvoir la musique des maîtres d’hier et d’aujourd’hui, soutenir les organistes interprètes et compositeurs, tel est le but de cette société qui existe depuis 40 ans.

d’instruments d’orchestre. Ces concerts ont eu lieu non seulement à Trois-Rivières et Cap-de-laMadeleine mais aussi à La Tuque, Grand’Mère, Shawinigan, Champlain, Victoriaville, Nicolet, Sainte-Angèle-de-Laval, etc. L’union fait la force Suivent ici certaines réalisations qui illustrent le bien-fondé de cette expression.

« Que de chemin parcouru depuis les débuts! Car, si à l’origine, l’enthousiasme était à son comble (il y avait 700 personnes à la basilique du Cap lors du concert de Noëlla Genest et des Petits Chanteurs de Trois-Rivières le 19 mars 1972), il a fallu continuer de motiver les mélomanes à appuyer cette œuvre. Je dis donc bravo à tous ceux qui, au cours de toutes ces années ont réussi à tenir bien haut le flambeau, ce qui n’a pas été sans influencer des vocations chez les jeunes organistes qui, actuellement nous font honneur et présentent les plus belles promesses d’avenir » écrivait Claude Thompson. En effet, pendant toutes ces années, le comité de Pro Organo a dû déployer beaucoup d’ingéniosité afin de promouvoir l’intérêt pour l’orgue. Que de patience, que de dévouement, il a fallu aux nombreux bénévoles de cette société pour, entre autres, poser des affiches, coller des timbres, plier des programmes et les distribuer, vendre des billets, quêter des commandites, présenter et véhiculer des musiciens, chercher de l’information, rédiger des textes, placer une kyrielle d’appels téléphoniques, attendre des retours d’appels, envoyer des courriels, etc. Au bilan, plus de 150 concerts au cours desquels se sont produits de jeunes organistes en début de carrière ainsi que des artistes chevronnés d’ici et d’ailleurs dans des productions où l’orgue est non seulement instrument soliste, mais joue aussi le rôle d’accompagnement d’ensembles vocaux et Page 18

Reproduction d’une peinture réalisée en 1995 par Michel Rioux (décédé il y quelques années et frère de l’organiste Gilles Rioux). Intitulée ORGELSTUCK, elle appartient à Michelle Quintal.

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À l’occasion du 25e anniversaire de Pro Organo, le 25 mai 1997, à la cathédrale de Trois-Rivières, cinq organistes dialoguent avec un ensemble de cuivres et percussions dirigé par le chef Gilles Bellemare. Cette belle production a vu le jour grâce à la collaboration de l’OSTR et de la Société RadioCanada qui a enregistré et diffusé ce concert. Y participaient Claude Beaudoin, Suzanne Bellemare, Raymond Perrin, Gilles Rioux et moi-même. Gilles Rioux, alors président de Pro Organo, y a créé son Poème symphonique pour orgue, cuivres et percussion. Quatre ans plus tard, à l’occasion du 250e anniversaire de J. S. Bach, sept organistes se succèdent aux claviers de l’orgue de Sainte-Catherinede-Sienne pour célébrer le grand maître. En effet, aux musiciens cités précédemment, se sont ajoutés Philippe Bournival et Martin Brossard. Irène Brisson, musicologue, anime brillamment cette conférence-concert au cours de laquelle Claude Beaudoin a improvisé sur un thème de J. S. Bach. Fait à mentionner : nous avons tous joué gratuitement !!! L’église était remplie d’auditeurs venus apprécier sept sensibilités et tempéraments différents, 14 mains, 14 pieds, 70 doigts … Le 21 avril 2002, le concert à l’occasion du 30e anniversaire de cette société s’intitule Musique de la Mauricie. Un autre bel exemple de collégialité avec Suzanne Bellemare, Philippe Bournival, Martin Brossard et Gilles Rioux, quatre organistes auxquels se joignent quintette de cuivres et quatuor vocal. Nous découvrons ainsi une œuvre de Brossard, assistons à la création d’une œuvre de Bournival commandée par Pro Organo et avons la fierté d’entendre les musiques des compositeurs de la Mauricie tels J.-A. Thompson, Claude Thompson, Bernard Piché, Gilles Rioux et Claude Sheridan. 28 novembre 2004, le 40e anniversaire du Conservatoire de Trois-Rivières offre une autre occasion de réunir Noëlla Genest, Claude Beaudoin, Philippe Bournival, Raymond Perrin et moimême à Sainte-Catherine où on peut voir jouer les organistes, l’orgue étant situé dans le chœur de l’église. Au programme : œuvre pour pédalier solo de Claude Beaudoin, orgue 4 mains, création d’une œuvre de Bournival qui a aussi interprété le Concerto op. VII, no 15 de G. F. Haendel pour orgue et cordes, diverses prestations ponctuées de Mixtures, numéro 36, mai 2012

textes humoristiques de présentation des musiciens rédigés et lus par Magali Lemieux. Cette formule inusitée fut fort appréciée des mélomanes rencontrés quelques jours après cet événement. À la basilique Notre-Dame-du-Cap, le 25 juin 2009, le 375e anniversaire de fondation de la ville de Trois-Rivières a donné lieu à la création de deux œuvres : Vitraux en l’honneur de Marie pour orgue et petit ensemble vocal de Claude Thompson joué par Raymond Perrin et Six esquisses sur Trois-Rivières de Philippe Bournival joué par luimême. Intitulée Organistes créateurs aux TroisRivières, cette fête de l’orgue, qui a nécessité deux ans de préparation, a permis d’entendre d’autres œuvres trifluviennes telles Fantaisie de Raymond Perrin joué par François PothierBouchard et Grande suite symphonique (deux mouvements) de Martin Brossard joué par luimême. Avec la collaboration des Petits Chanteurs de Trois-Rivières et Les Petits Chanteurs de la Maîtrise du Cap, Gilles Rioux a interprété son œuvre Ode-Rigaudon à Jean-Baptiste écrite à la mémoire de Bernard Piché. J’ai moi-même accompagné la Messe en si mineur de Bernard Piché. Ce concert intergénérationnel illustrait la création musicale couvrant un demi-siècle, soit entre 1961 et 2009. Afin que les 240 auditeurs présents dans cette basilique puissent voir les six instrumentistes jouant au jubé, un écran en vidéo-projection avait été installé dans le chœur. Denis Morneau, animateur de cette soirée, a fait remarquer la filiation maître-élève des musiciens. Ainsi, Raymond Perrin, élève de Bernard Piché, a enseigné à Bournival et à Pothier-Bouchard. Ces derniers ont été membres de la Maîtrise des Petits Chanteurs de Trois-Rivières qui a été dirigée par Claude Thompson pendant de nombreuses années. « Pro Organo a écrit une nouvelle page de l’histoire musicale de notre ville » commentait Michel Villemure, 11e président de cette société2. Au fil des années, certains concerts ont eu lieu dans la chapelle des Ursulines, dans celle des Filles de Jésus (Kermaria), dans celle du Séminaire Saint-Joseph et à l’église Saint-James dans le vieux Trois-Rivières. À la salle de concert des Ursulines, Philippe Bournival a même fait sonner l’orgue Casavant 1901 lors d’une conférence de Simon Couture sur les orgues de la région. Grâce Suite à la page 17 Page 19


Anniversaires en musique par Irène Brisson Deux intéressantes filières issues de l’école contrapuntique de la Renaissance s’offrent à nous en cette année 2012 : la vénitienne, avec Adrian Willaert (mort il y a 450 ans) et Giovanni Gabrieli (mort il y a 400 ans), et celle de l’école du nord, avec John Bull et Jan Pieterszoon Sweelinck (nés tous deux il y a 450 ans). Né sans doute à Bruges vers 1490 et formé à Paris, Adrian Willaert (v. 14901562) appartient à la grande lignée des polyphonistes franco-flamands qui rayonnèrent partout en Europe à la Renaissance. Il fit une grande partie de sa carrière en Italie et la termina à partir de 1527 comme maître de chapelle de la basilique Saint-Marc de Venise. Considéré comme le père ou même le chef de file de l’école vénitienne, il forma de nombreux élèves dont le madrigaliste Cyprien de Rore, le théoricien Gioseffo Zarlino, et Andrea Gabrieli. Bien que son nom fût surtout associé à la musique vocale (plus de 300 œuvres dont des motets et des madrigaux), il composa treize Ricercari dont quatre furent publiés en 1540 dans un recueil collectif pour clavier intitulé Musica nova et neuf autres, appropriati per cantare et sonare d’ogni sorte di stromenti, en 1559. Ces pages, influencées par l’écriture du motet, préparent le terrain à la fugue baroque. Alors que Adrian Willaert s’éteignait à Venise, naissait dans la même ville Giovanni Gabrieli (v. 1557-1612). Neveu de l’éminent compositeur vénitien Andrea Gabrieli (v. 1533-1586), il fut son élève et son successeur au premier orgue de la basilique Saint-Marc. À l’instar de ses prédécesseurs, il sut tirer parti de l’acoustique exceptionnelle de cette Page 20

immense église, il composa pour elle de nombreuses œuvres polychorales combinant les voix et les instruments d’une manière peu exploitée avant lui. Sur le plan instrumental, on lui doit de brèves Intonazzioni pour orgue dans les 12 tons zarliniens alors en vigueur à Venise, des Ricercari, des fantaisies, des fugues même, et des Toccate destinées à « toucher » (toccare) ou à essayer l’instrument. Toutes ces œuvres contrapuntiques, éditées chez Bärenreiter en 1958 par Gerald Stares Bedbrook, sont richement embellies de passages figuratifs. John Bull (vers 1562-1628) est l’un des plus brillants représentants de l’école de clavier anglaise. Diplômé de l’Université d’Oxford en 1586, il entra cinq ans plus tard au service d’Élisabeth Ière comme organiste de la chapelle royale. En 1596, il est nommé titulaire de la chaire de musique du collège Gresham. Un premier voyage, en 1601, lui avait permis de se familiariser avec la musique qui se jouait à Paris, en Allemagne et aux Pays-Bas. La réputation de Bull fut malheureusement entachée de quelques scandales de mœurs et, en 1613, l’archevêque de Cantorbéry l’accusa d’être « aussi célèbre pour déflorer les vierges qu'il l'est pour son doigté sur l’orgue et le virginal ». Cela incita Bull à quitter précipitamment Londres pour Bruxelles et, en 1614, il fut nommé organiste de la cathédrale d’Anvers. « Jan Bol », comme il se faisait parfois appeler, semble y avoir mené une existence plus rangée, se partageant entre son poste et la facture d’orgue, et tenta de justifier son exil par la persécution religieuse dont étaient victimes les catholiques en Angleterre. Aux PaysBas, il se lia d’amitié avec son compatriote Peter Philips et avec Jan Pieterszoon Sweelinck, dont la mort, en 1621, lui inspira une Fantaisie pour clavier.

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Bull est l’auteur de près de 150 œuvres pour clavier (fantaisies, variations, danses, transcriptions de chansons et de motets), dont sept publiées peu de temps avant son départ d’Angleterre (vers 1612-1613) dans le célèbre recueil Parthenia or the Maydenhead of the First Musicke That Ever Was Printed for the Virginalls. Par son éblouissante virtuosité, son utilisation du chromatisme et sa grande maîtrise du contrepoint, il supplante ses contemporains William Byrd, Orlando Gibbons, Peter Philips et Giles Farnaby. Près de 400 ans après leur composition, ses variations Walshingham suscitent toujours autant d’admiration et, en les lisant ou en les écoutant, on ne peut que comparer leur auteur à une sorte de Franz Liszt de son temps. Fils de l’organiste de la Oude Kerke (la vieille église) d’Amsterdam, Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621) lui succéda en 1577 et conserva son poste jusqu’à sa mort. En contact avec les musiciens anglais qui séjournaient à l’étranger, dont Peter Philips, John Bull et John Dowland, il utilisa les mêmes procédés de composition et brilla comme eux dans l’art de la variation sur des chansons internationales et de la fantaisie contrapuntique. Certaines de ses pièces apparaissent d’ailleurs dans l’importante compilation du début du XVIIe siècle qu’est le Fitzwilliam Virginal Book. Il aurait également rencontré Girolamo Frescobaldi lors du voyage de ce dernier dans les Pays-Bas espagnols (1607). La réputation d’organiste et d’improvisateur de l’« Orphée d’Amsterdam » déborde rapidement les frontières de son pays et Sweelinck devient dans les années 1610 une source d’inspiration pour les organistes protestants qui viendront étudier avec lui : Samuel Scheidt (Halle), Heinrich Scheidemann (Hambourg), Peter Hasse (Lübeck), Melchior Schildt (Hanovre et Copenhague), Andreas Düben (Stockholm), qui seront les grands prédécesseurs de la flamboyante école d’orgue nordallemande. Le volume 3 des Musikalische Denkmäler de 1957 contient 46 chorals mis en musique par le maître et ses élèves. Les 17 variations Mixtures, numéro 36, mai 2012

sur le choral Allein Gott qu’il a réalisées avec quelques-uns d’entre eux (Düben, Scheidt et Hasse) illustrent la transmission de son savoir à ses jeunes disciples. Auteur de plus de 250 œuvres vocales, dont des psaumes calvinistes et des chansons polyphoniques en français et en néerlandais, Sweelinck laisse libre cours à son imagination dans près de 70 pièces pour clavier. Il se plaît à jouer avec les échos et les incessants changements de claviers dans de savantes fantaisies, il utilise le pédalier dans des préludes, exploite avec rigueur le chromatisme (Fantasia chromatica) ou va au bout de ses idées rythmiques et figuratives de simples thèmes énoncés dans les modes ecclésiastiques. Ses variations sur des chorals luthériens, qui font successivement entendre le cantus firmus à toutes les voix, seront le point de départ d’une riche tradition qui trouvera un point culminant chez Buxtehude, chez Walther et chez Bach. Près de cent ans plus tard brille en Espagne Juan Cabanilles (1644-1712), parfois surnommé le Buxtehude espagnol. Ce prêtre, qui fut organiste à la cathédrale de Valence durant 45 ans, semble avoir brisé l’isolement géographique de son pays et a suivi le courant musical français et italien de son temps. Son œuvre comprend pas moins de 800 versets sur des thèmes de plain-chant, 35 séries de variations, des passacailles et 180 préludes ou tientos, tour à tour austères, riches en chromatisme ou en dissonances (Tientos de falsa rappelant les durezze italiennes) ou d’une virtuosité comparable à celle d’un Frescobaldi. Plusieurs pièces utilisent les fameuses anches espagnoles en chamade et les claviers coupés et ont des titres aussi colorés que Discurso de Corneta y Ecos. Profitant des riches couleurs des orgues espagnoles, Cabanilles a excellé dans la « bataille », genre instrumental très à la mode en Europe depuis la célèbre chanson polyphonique de Clément Janequin décrivant la bataille de Marignan (1515).

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L’une d’elles, la Batalla imperial lui est attribuée, ainsi qu’au compositeur de la cour de Vienne, Johann Kaspar Kerll (1627-1693), ce qui tend à montrer tant la popularité internationale de certaines œuvres de Cabanilles que sa curiosité à l’égard de la musique internationale. La même année que Cabanilles meurt en Allemagne Friedrich Wilhelm Zachow (1663-1712). Fils d’un musicien, il sera, dès 1684, cantor et organiste à la Marktkirche (ou Marienkirche) de Halle et formera plusieurs élèves : Johann Philipp Krieger et surtout Georg Friedrich Haendel dont il sera le premier maître et qu’il initiera à la musique italienne et aux maîtres allemands de l’époque. Sa pédagogie semble avoir porté fruit puisque son jeune élève sera organiste, jouera du clavecin, du hautbois et composera dès 11 ou 12 ans des sonates dans le style de Corelli et des airs. Auteur de cantates d’église qui se situent esthétiquement entre les œuvres d’Heinrich Schütz et celles de Buxtehude, Zachow a également composé de jolies pièces pour clavier, notamment une cinquantaine de versets et de variations sur des chorals luthériens et de brefs, mais lumineux préludes et fugues. Sa musique, d’un contrepoint rigoureux rappelant parfois les fantaisies de Johann Jakob Froberger, demeure toujours élégante et très coulante. Notre prochaine rubrique sera consacrée principalement à Johann Ernest Eberlin, à John Stanley, à Léon Böellmann et à John Ireland.

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Ici et là au Québec... Montréal par Jean Ladouceur

AOM Les Retrouvailles des Rois se tinrent pour une troisième année consécutive, à l’église SaintPierre-Apôtre, le vendredi 6 janvier. Jean-Claude Sauvé animait un jeu mettant à l’épreuve nos connaissances de l’orgue. Deux équipes s’affrontaient et chacune d’elles portait le nom d’un facteur d’orgues, soit Juget-Sinclair et Wolff. Pendant la soirée, des prestations furent données par Nina de Sole, Chantal Roussety et Denis-Alain Dion. Le 6 novembre, à l’église Saint-Pierre-Apôtre, Marie-Hélène Greffard, gagnante du 1er Prix au Concours d’orgue de Québec 2011, fut accueillie. Elle interpréta des œuvres de Brahms, Alain, Franck, Daveluy, Guilmant, Karg-Elert, Liszt, Mendelssohn et Vierne. Le 12 février, Réjean Poirier, professeur d’orgue à l’Université de Montréal, présenta un programme entièrement consacré aux œuvres de Johann Sebastian Bach à l’orgue Wolff de l’église St. John the Evangelist. Festivals et Concours e

La 17 saison du Festival des Couleurs de l’orgue français a eu lieu au cours du mois d’octobre 2011. Le directeur artistique du festival, Yves G. Préfontaine, donna le concert d’ouverture. Puis vinrent les récitals de Jon Laukvik, concurrent au Concours international d’orgue du Canada 2011, Régis Rousseau, directeur du conservatoire de Chicoutimi, Nicolas-Alexandre Marcotte et enfin Jens Korndoerfer, lauréat du 2e Prix et du Prix Liszt du CIOC 2011. La 2e édition du Concours international d’orgue du Canada, qui s’est tenu du 5 au 16 octobre 2011 dans différentes églises de Montréal, attribua son 1er Prix à l’organiste américain Christian Lane.

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Concerts Dans la série les Dominicales à la chapelle SaintLouis de l’église Saint-Jean-Baptiste, on présentait le 30 octobre, Jean-Willy Kunz, lauréat du 3e Prix et Prix du public au CIOC 2011. Le 13 novembre, ce fut le tour de l’ensemble vocal Modulation et de l’organiste Jacques Boucher de se faire entendre, et le 4 décembre, la flûtiste Sylvie Ouellette et le claveciniste et organiste Yves G. Préfontaine furent les invités. Le dimanche de Pâques, le 8 avril, les invités étaient Vitaly Reutsky à la flûte de Pan et Jacques Boucher. Toujours à l’église Saint-Jean-Baptiste, le cycle annuel Spirituart débuta le 4 mars avec l’ensemble vocal Modulation dans des œuvres de La Tombelle avec Jacquelin Rochette au grand orgue. Le 11 mars, Vincent Boucher consacra son concert à Charles Tournemire dont les commentaires furent assurés par le musicologue Gilles Cantagrel. Le 18 mars, les invités étaient les Disciples de Massenet avec le titulaire, Jacques Boucher, au grand orgue. La série se termina le 25 mars à la chapelle Saint-Louis avec les Sept paroles du Christ de Josef Haydn par le quatuor à cordes Despax alors que la narration des évangélistes fut rendue par madame Françoise Faucher. Dans la série de Concerts de Saints-Anges de Lachine, on a pu entendre, le 29 janvier, Gabrielle Tessier dans le Concerto pour orgue et orchestre de Francis Poulenc avec l’orchestre symphonique du Conservatoire de musique de Montréal sous la direction de Raffi Armenian. Par la suite, le 26 février, Alejendro Duràn présenta un récital tout Bach; le 25 mars, les invités furent l’organiste Catherine Todorovski et les hautboïstes Rémi Collard et Catharina Calderone, et enfin, 29 avril, Philip Crozier, organiste de l’église St. James United, présenta des œuvres d’Eben et de Mendelssohn. En l’église Saint-Sixte de Saint-Laurent, l’organiste titulaire Yvon Bélanger organisa, le 11 mars, un concert mettant en vedette Julie Pinsonneault et Han Mi Kang. Page 23


La série des Récitals-Midi, présentée en la salle Redpath de l’Université McGill, invita sept organistes au cours des mois de février et mars : Jonathan Oldengarm, Kevin Komisaruk, JeanWilly Kunz, Matthew Provost, William Porter, John Grew et Hans-Ola Ericsson. À l’église Saint-Pierre-Apôtre, le 15 avril eut lieu l’événement « Pâques à New York ». Richard Foisy fit la lecture de Pâques à New York de Blaise Cendrars, Réjeanne Lizotte, peintre de Québec, exposa une série de sept tableaux ayant pour thème une procession du Vendredi Saint à New York et Jean Ladouceur interpréta des œuvres de Bach et Messiaen. Pendant ce temps, à la co-cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue de Longueuil, l’organiste principale, Gabrielle Tessier, donne un récital tous les deuxièmes dimanches du mois. Les sommes recueillies serviront à la restauration de la co-cathédrale. Le premier de cette série eut lieu le 9 octobre. Le 15 avril, Suzanne Ozorak était l’artiste invitée. Autres activités La Conférence régionale du patrimoine religieux québécois sur le thème « Orgues et grandes orgues de la métropole » a eu lieu le 12 octobre à l’église St. James United. Cet événement était organisé par le Conseil du patrimoine religieux du Québec. À l’occasion de Noël, le 16 décembre, à l’église Saint-Pierre-Apôtre, Jean Ladouceur donna un concert d’œuvres de Noël au cours duquel furent lus des poèmes de Jean-Marc Fréchette alors que le 18 décembre, François Zeitouni interpréta les Noëls de Daquin en l’église du Gesù. Une nouvelle émission consacrée à l’orgue a vu le jour à l’antenne de Radio Ville-Marie : Récit au Grand-Orgue dont l’animateur est Jacques Boucher. La première émission eut lieu le dimanche 8 janvier à 15 heures laquelle nous a permis d’entendre les organistes Robert-Patrick Girard et Antoine Bouchard. Le 23 octobre dernier, Dominique Lupien, nouvel organiste titulaire de l’église Saint-Viateur d’Outremont, donna un concert consacré à des œuvres de Liszt.

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Québec par Esther Clément

La 45e saison des Amis de l’orgue de Québec tire déjà à sa fin. Cette riche saison se terminera encore cette année par la présentation, le 27 mai, d’un événement exceptionnel : Organiste d’un jour. Fort de son succès de l’an dernier, cet événement donnera la chance à plusieurs jeunes pianistes de la région de toucher les grandes orgues de l’église Saints-Martyrs-Canadiens dans un concert supervisé par des organistes professionnels. La saison 2011-2012 a débuté avec l’organiste réputée Mireille Lagacé qui nous a fait l’honneur de présenter le traditionnel concert Portes ouvertes en septembre dernier. Le 8 octobre, l’organiste français Henri-Franck Beaupérin a remporté un vif succès en interprétant de mémoire tout son programme qui comprenait la redoutable Suite opus 5 de Maurice Duruflé. C’est avec un programme sortant des sentiers battus, notamment des œuvres de Joseph-Antonio Thompson et de son fils Claude ainsi que de plusieurs autres compositeurs rarement entendus en concert, que Raymond Perrin a séduit son auditoire en novembre. Le concert très attendu d’Édith Beaulieu aux grandes orgues de Saint-Roch a permis d’entendre sa Symphonie opus 3 ainsi que d’apprécier toute sa passion et son talent. Quelques brillantes et colorées pièces du temps de la Nativité en première partie nous ont mis dans l’atmosphère de Noël. En février dernier, les Amis de l’orgue recevaient au Musée de l’Amérique française l’organiste et claveciniste montréalais Denis Bonenfant. Dans ce récital fort bien commenté, notre invité a brossé un intéressant tableau musical de la famille Couperin, de Louis à Gervais-François. Enfin, le concert de Marie-Hélène Greffard a connu un succès de foule! La jeune et brillante organiste de Montmagny, gagnante du premier prix d’orgue du Concours de Québec, édition 2011, a démontré tout son talent avec un répertoire diversifié. Au moment de lire ces lignes, l’organiste de Rivièredu-Loup, Claude Girard aura donné un grand concert en avril présentant plusieurs œuvres de Bach : des extraits de l’Art de la fugue, de l’Offrande musicale, des airs de cantate ainsi que des extraits du Petit Livre d’Anna Magdalena Bach adapMixtures, numéro 36, mai 2012


tés seulement pour le pédalier. Dupré, Pierné et Fleury figurent aussi au programme. À la basilique de Québec, Pierre Bouchard a ouvert avec brio la seconde série des Concerts de la Cathédrale en septembre. Les autres invités furent Régis Rousseau et Hélène Dugal. Un concert a aussi eu lieu en octobre avec la venue à Québec de Sergio Militello, organiste à la très prestigieuse cathédrale de Florence, en Italie. De nombreux concerts se préparent également dans la grande région de Québec pour célébrer la belle saison qui est à nos portes. Le traditionnel Festival du printemps à Saint-Roch présentera cette année au mois de mai les organistes Irène Brisson, Mélanie Barney, Benjamin Waterhouse ainsi que la titulaire Édith Beaulieu. De son côté, le Festival d’orgue de Sainte-Marie de Beauce recevra le Chœur l’Écho du Lac, qui sera accompagné par les organistes Esther Clément et Dominique Gagnon (3 juin). Jean-Willy Kunz, de Montréal (10 juin) ainsi que Nathalie Gagnon, de Québec (17 juin) seront les autres invités du Festival. Enfin, du 22 juillet au 26 août, l’église unie Chalmers-Wesley offrira de nouveau chaque dimanche un concert d’orgue. Nomination Depuis septembre 2011, Dominique Gagnon, organiste-titulaire à Sainte-Marie de Beauce, a succédé à Pierre Bouchard au poste de professeur d’orgue du Cégep de Sainte-Foy, à Québec.

CLAVECIN À VENDRE Clavecin WILLARD MARTIN (copie Blanchet) 1 clavier, 2 jeux de 8 pieds, jeu de luth, transpositeur. Instrument presque à l’état neuf, en très bon état, a rarement été déplacé. Contacter Noëlla Genest Tél. : 418-683-9734 Courriel : gambe.gen@videotron.ca

Les 45 ans des Amis de l’orgue de Québec La société des Amis de l’orgue de Québec complète cette année sa 45e saison artistique. À la suite d’un concert donné par Lionel Rogg, le 23 mai 1966, en l’église Saints-Martyrs-Canadiens, le projet d’une société de concerts d’orgue, comme cela existait déjà en France, prend forme à Québec. Cette même année, quelques personnes, dont la conviction et le dynamisme demeureront mémorables, ont donné le coup d’envoi à cette réalisation dont nous bénéficions encore aujourd’hui. À l’occasion de cet anniversaire, il est opportun de se rappeler les diverses étapes franchies par un organisme comme le nôtre, destiné à faire connaître l’orgue — cet instrument de musique enfermé dans sa tribune. L’importance qu’on accorde à sa longévité provient du fait qu’il s’agit ici d’une véritable mission dont le succès se mesure tant par sa durée que par une constante évolution. La vue du panorama d’événements et de réussites constitue sans doute un moment de fierté bien légitime pour tous ceux et celles qui, tout au long de ces années, se sont dévoués à la cause, dans différentes fonctions et en différentes époques, en y consacrant un nombre incalculable d’heures. Ainsi, au fil de ces 45 années, il y a eu : 285 concerts, un bulletin qui en est à sa 125e publication, une activité « Jeux d’orgue » présentée depuis 1978 devant plus de 20 000 jeunes, une excursion culturelle annuelle organisée depuis 1980, une conférence en moyenne à tous les ans depuis 1995, une présence aux Journées de la Culture, et plus récemment, Organiste d’un jour qui offre la possibilité à de jeunes claviéristes de faire la découverte du « roi des instruments ». Toutes ces réalisations sont l’aboutissement d’un travail imposant, souvent dans l’ombre, accompli à ce jour par de nombreux acteurs. Il est aussi important de rendre un hommage bien mérité à toutes nos membres, ces femmes et ces hommes dont l’appui est indéfectible et leur présence aux activités en assure le succès. Pierre Bouchard

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Parutions par Robert Poliquin L’orgue 1753—Victoire sur… le temps Robert Patrick Girard et l’Ensemble Nouvelle-France Orgue Juget-Sinclair, Opus 35, 2009 (I/P, 10 jeux/14 rangs) Chapelle du Musée de l’Amérique française, Québec Collection : Musique historique du Québec, Anthologie, volume 7 En plus de musiques traditionnelles québécoises exécutées par l’ensemble des artistes, ce disque nous permet d’entendre, en solo, des Noëls et des extraits de Suites pour orgue des XVIIe et XVIIIe siècles (Marchand, Balbastre, Dandrieu, Clérambault, Couperin) ainsi qu’un Magnificat provenant du Livre d’orgue de Montréal. La sonorité typique de cet instrument nous fait entendre ces musiques telles qu’elles ont pu être entendues lorsque l’instrument original résonnait dans la cathédrale Notre-Dame de Québec. Le jeu de Robert Patrick Girard est tout à fait remarquable. Un disque qui doit faire partie de toute collection… québécoise. N 291011, 2012 Musique romantique et religieuse pour grand orgue Gilles Fortin Orgue Casavant, Opus 1448, 1931/1970/2000 (IV/P, 69 jeux/62 rangs) Église Saint-Frédéric, Drummondville L’artiste, qui est associé à cet instrument depuis quelque 60 ans, nous présente quelques-unes de ses œuvres pour voix et orgue ainsi que pour orgue solo (Thème et variations sur Ode à joie de Beethoven). Le disque comprend principalement des œuvres connues du répertoire romantique pour orgue (Lemmens, Dubois, Biggs, Widor, Mailly) ainsi qu’un arrangement, de l’artiste, de la pièce O carillon de Sabatier. La sonorité de cet instrument, le plus grand que l’on retrouve sur la rive sud du Saint-Laurent, est d’esthétique symphonique française avec une teinte anglo-américaine ce qui le rend quelque peu unique au Québec. On sent, tout au long de ce disque, une technique sûre, une connaissance approfondie de l’instrument et des régistrations très colorées qui mettent en valeur cette sonorité caractéristique. Triptych Philippe Bélanger et l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Orgue Becherath, 1959 (V/P, 78 jeux/117 rangs) Basilique de l’Oratoire Saint-Joseph, Montréal Ce Triptyque pour orgue et grand orchestre du compositeur américain Julian Wachner et d’une durée d’environ 40 minutes, est une commande de l’Oratoire Saint-Joseph pour les célébrations de son centenaire. Complété en 2004, le premier mouvement « Logos » fut créé à l’Oratoire par le titulaire, Philippe Bélanger alors que l’œuvre complète le fut à Chicago en 2006. Plusieurs méthodologies compositionnelles anciennes se retrouvent dans cette œuvre et se frottent à un monde sonore bien campé dans les XXe et XXIe siècles. Le disque se complète par un Concerto pour clarinette et orchestre du même compositeur. D’écoute agréable, cet enregistrement vous plaira assurément. ATMA, ACD 2 2319, 2012 Page 26

Mixtures, numéro 35 novembre 2011


Claude Lagacé Musique et musiciens Québec, Éditions Hibiscus, 2012, 162 pages Préface de Jacques Boucher 15 $ (+4 $ frais d’expédition) Organiste à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec et professeur à l'Université Laval pendant plus de trente ans après plusieurs années de vie professionnelle aux États-Unis, Claude Lagacé a troqué le banc d'orgue pour la table d'écriture. Il nous dresse ici le portrait de quelques figures musicales du Québec et d'ailleurs : Lucien Brochu, Jean-Marie-Bussières, Marius Cayouette, Yves Devernay, Henri Gagnon, Angela Hewitt, Jean-Paul Jeannotte, Rachel Laurin, Gilles Lefebvre, George Little, Louis Lortie et Christophe Mantoux. Suivent quelques réflexions et propos généraux sur la musique.

Disponibles chez l’auteur par chèque libellé au nom de Claude Lagacé à l’adresse suivante : 1054, avenue Chaumont Québec (Québec) G1S 1B2 Courriel : claudeplagace@bellnet.ca Téléphone : 1(418)933-7730

« Je dédie ce livre à mon maître Henri Gagnon… Ne m'imposant pas une trop grande rigueur, il n'est question dans cet ouvrage que de musiciens que j'ai bien connus. En outre, ma longue vie m'a appris que l'on ne parle sagement que des personnes qu'on aime… De grands critiques et de nombreux historiens se sont exprimés sur la musique, et pourtant, tout n'a pas été dit : « La musique suffit à une existence, mais une existence ne suffit pas à la musique » (Rachmaninov). Mon petit commentaire fera sans doute sourire son visage d'aïeule très ancienne; peut-être pourra-t-il effacer quelques rides ici ou là, lui redonnant cette éternelle jeunesse dont tous les musiciens veulent la gratifier. » Claude Lagacé Claude Lagacé J’écoute parler nos gens Québec, Éditions Hibiscus, 2012, 135 pages Préface de Claude Pelletier 15 $ (+4 $ frais d’expédition) Amoureux de la langue française qui ne se prétend nullement linguiste malgré sa longue expérience de révision de traductions et son excellente connaissance de l'anglais, Claude Lagacé s'interroge ici sur la menace de disparition de la langue française au Québec, que ce soit de l'intérieur ou de l'extérieur. Il nous livre également le fruit de ses observations sur les divers niveaux de langue et sur la langue parlée au Québec, pour ensuite passer à quelques considérations sur la grammaire, l'usage et les difficultés de notre langue, ainsi que sur l'enseignement de la langue parlée dans notre système d'éducation, entre autres. Il conclut ces huit chapitres par quelques surprises qu'il nous réserve en annexe.

Coffret disponible sur demande : De Bach à Bangkok, Musique et musiciens, J'écoute parler nos gens Mixtures, numéro 36, mai 2012

L’auteur termine par le souhait suivant : « Que la langue que nous parlons soit le plus beau témoignage de notre accession à la maturité. Il faut donc qu'elle soit correcte, bien articulée, expressive et comprise par tous les francophones de l'univers. »

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L’orgue sur le web par André Côté Le métier d’organiste implique souvent de faire la promotion de son instrument auprès de nouveaux publics. Le site DanMagic nous propose un outil exceptionnel sous la forme d’une vidéo en animation 3D qui s’adresse spécialement aux jeunes. Ce document de très bonne qualité, tant sur le plan vidéo qu’audio, amène le jeune à la découverte de l’orgue par un traitement très accrocheur alliant magie, humour et thèmes musicaux connus. http://www.danmagic.org/

Le domaine de l’automobile n’est pas le seul à bénéficier d’entreprises spécialisées dans le matériel d’occasion. La maison Ladach, instruments de musique se présente comme le leader international dans le domaine de l'achat et de la vente d’orgues à tuyaux d'occasion. Une vingtaine d’instruments de différents facteurs, allant du plus petit portatif au grand orgue de trois claviers, sont présentement disponibles. Une sélection de critères permet d’affiner la recherche de l’instrument idéal. http://www.pipeorgans.eu/fr/

Le nom de Lawrence Phelps a été longtemps associé, au Québec, à la maison Casavant Frères dont il a été le directeur artistique pendant plusieurs années. Il a marqué de son empreinte la facture d’orgues des années 1960. Le site internet érigé à sa mémoire propose, et c’est là selon moi, le point le plus intéressant, une foule d’allocutions, de réflexions et d’articles qu’il a publiés et qui expriment sa vision de l’orgue et de sa facture. http://www.lawrencephelps.com/ D’autres réflexions intéressantes nous sont livrées par l’éclectique Hector C. Parr (il s’intéresse à la physique, la cosmologie, la musique et la philosophie!). On peut particulièrement apprécier ses textes : Practising the Organ, Hymn Accompaniment et Organs and the Music Lover. http://www.hectorparr.freeuk.com/hcp/essays.htm La maison JAV Recordings se spécialise, depuis 1997, dans l’enregistrement de musique d’orgue autant en Amérique du Nord qu’en Europe.

Bien que n’ayant pas fait l’objet de mises à jour depuis longtemps, la page Organ bibliography du site de la Faculté des Arts de l’Université de l’Alberta comporte un intéressant catalogue annoté des œuvres pour orgue de compositeurs canadiens de 1981 à 1996. Le tout est complété par une liste de ressources pertinentes : bibliographie, discographie, éditeurs, associations, etc. http://www.arts.ualberta.ca/MUSORG/ bibliography.htm Pour ceux qui combineraient deux passions sans aucun lien apparent, à savoir l’orgue et la philatélie, le néerlandais Hans Timmerman nous présente sa collection de timbres comportant des représentations d’orgues. Il est étonnant de constater le grand nombre d’items disponibles, le tout, soigneusement classé par pays. http://www.hanstimmerman.nl/index.php

http://pipeorgancds.com/ On peut apprécier sur la chaîne YouTube de l’entreprise plusieurs extraits représentatifs:

Le texte intégral (avec liens hypertextes) de cette chronique peut être consulté à l'adresse suivante : http://pages.videotron.com/acote/

http://www.youtube.com/user/JV68

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Revue des revues Par Gaston Arel et Robert Poliquin FRANCE Orgues nouvelles / Coet Sal — Mériadec, 56400 Plumergat, France. (Supplément de musique et CD avec chaque numéro) No 14 ― Automne 2011 : Éditorial ― Bienvenue en Bretagne ― L’orgue en Bretagne…jusqu’en 1950 ― Des orgues… pour quelle musique? Quelques chantiers et un bel endormi ― Louis Debierre, Georges Gloton, Joseph Beuchet ― Les Polyphones Debierre ― Compositeurs de Bretagne ― Les manuscrits de Vitré ― Formation : un regard « indépendant » ― Panorama des formations ― L’École d’orgue du Morbihan ― Duos Bombarde et Orgue ― Innsbruck ― Auguste Fauchard ― Hazebrouck : 2008, l’incendie ; 2011, la renaissance ― Orgues nouveaux ― Un organiste pas comme les autres : Andy Emler ― Valéry Aubertin : Sonatine pour les étoiles (1994) ― Évreux : Le Prix Guillaume Costeley ― Organo Pleno, Livres, Boîte expressive. No 15 ― Hiver 2012 : Éditorial ― Cavaillé-Coll : Un facteur de génie ― Pau. Un conservatoire ouvert ― L’orgue du marquis de Lambertye, entre rêve et réalité ― Charles Spackman Barker et les débuts de CavailléColl ― Trocadéro, nouvelle écoute, nouveau répertoires. Alexandre Guilmant ― Quelques mythes Guilmant ― Orgel / Orgue / Organo / Organ… : Un bien culturel essentiel ― André Marchal : Les concerts de Chaillot ― L’orgue du palais de Chaillot ― Organiste et musicien ― Un parrain inoubliable ― Concours de Biarritz ― Dix bougies ― Académie A. Marchal ― Témoignages : juré et lauréats ― Talents nouveaux : Thomas Lacôte ― L’école Jehan Alain ― Boîte expressive. SUISSE La tribune de l’orgue / REVUE DE SUISSE ROMANDE, Guy Bovet, CH-2000 Neuchâtel, Suisse. 63e année, No3, 2011 : Éditorial ― L’orgue de Martigny retrouvé… à Buenos Aires ― Une vie d’organiste au Brésil ― Faire un orgue ― Le quart d’heure d’improvisation ― Une histoire suisse en relation avec l’orgue : Le pèlerinage fribourgeois de Franz Liszt ― Ce qu’il reste à chercher derrière les notes, encore et toujours… ― L’orgue Grotian (1694) de Pilsum et le restaurant « Altebrauberei » ― Les voyages de M. Philéas Fogg ― François Comment… ― Benjamin Righetti… ― Actualité : disques, partitions, livres, divers, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts.

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63e année, No4, 2011 : Éditorial ― Mozart et l’orgue ― L’orgelpark à Amsterdam ― Faire un orgue ― L’orgue, un bien culturel pour notre société ― Le quart d’œuvre de B. Righetti ― Le quart d’heure d’improvisation ― La partition du trimestre : Panis angelicus de César Franck ― L’orgue Mourez de l’église de Pesmes et le restaurant « Hôtel de France » ― Les voyages de M. Philéas Fogg ― Samuel Ducommun… ― Actualités : disques etc. L’orgue / REVUE INDÉPENDANTE, François Widmer, 4, ch. De la Criblette, CH-1091 Grandvaux, Suisse. No1, Mars 2011 : Éditorial : Le crépuscule des Dieux? ― Festival d’improvisation de Lausanne (2010) ― Création de la Maîtrise de la cathédrale de Sion (Valais) ― Master class à l’église Saint-Thomas de Leipzig (2010) ― Évocation du facteur d’orgues Rudolf von Beckerath (II) ― Biographies, disques et partitions. No2, Juin 2011 : Billet : In Laetitia — Informations de la part de l’ODZ de Lucerne — À chacun sa Maigrauge… — Congrès mondial de facteurs d’orgues à Montréal — Chronique discographique, … et un partition Bärenreiter — Interview du nouveau président du Conseil FEPS — « Apprendre à toucher le clavecin » — 200e anniversaire d’Aristide Cavaillé-Coll (2011) — Jean Calvin et la musique. No3, Septembre 2011 : Éditorial — Amour et délices des orgues (Treytorrens VD) — Jean Calvin et la musique — La famille Alain et son rôle dans la musique française du 20e siècle — La chronique discographique,… et un parution de Cantate Domino — Symposium : L’orgue, un bien culturel essentiel — Anniversaires en musique — Le respect de la langue française. No4, Décembre 2011 : Billet : Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie — Le courrier des lecteurs — La musique dans l’Église — Chronique discographique — Festival de musique improvisée de Lausanne — Le grand orgue de la basilique Saint-Nicolas-de-Port — Symposium : L’orgue, un bien culturel essentiel — Lauréats de concours qui marquèrent le 200e anniversaire d’Aristide Cavaillé-Coll — Quelques partitions — L’orgue Mingot de Notre-Dame de Cully —Anniversaires en musique — Le respect de la langue française.

CANADA Organ Canada / Orgue Canada / JOURNAL BIMENSUEL DU COLLÈGE ROYAL CANADIEN DES ORGANISTES (RCCO/CRCO), 202-204 St. George Street, Toronto V 25, No 1, January 2012 : Choir Trip to England — Review: Rachel Laurin: Oeuvres pour orgue, Isabelle Demers — Learning from the Elite — 2010 Barrie Cabena Scholarship Award — UK Report: A Vacation is No Vacation — News from Overseas — President’s Message — Report of the Membership & Brand Committee —Advice on Practising Transposition — Center News —Hindsight — Sixteenth Notes / Positions Available. V 25, No 2, March 2012 : Morelia International Organ Festival — Schoenberg the Artist — UK Report: Notes and Rhythm — A Positive Experience for Church Musicians — McGill Summer Academy 2011 — President’s Message — Center News — Hindsight — RCCO Nominations — Sixteenth Notes/Positions Available. ÉTATS-UNIS The American Organist / JOURNAL OF THE AMERICAN GUILD OF ORGANISTS (AGO), 475 Riverside Drive, Suite 1260, New York, NY 10115 Vol 45 No 12 — December 2011 : Give Thanks Always and for Everything — Choral Old and New — Musicians in Part-Time Employment — Windy City Welcomes Organ Aficionados — In the Organ Lofts of Paris — Organ Feature: St. Mary Catholic Church, Evansville, IN; Schlueter, II/P, 55/38. Vol 46 No 1 — January 2012 : Improvisation and Scoring of the Silen Film — AGO Certification Requirements — American Organbuilding Crosses the Pond — AGO Pedagoty Column : Eben’s Fantasia II — A Yankee in the College Town of Henry VI — Duke University Chapel Aeolian — Organ Feature: Cathedral of St. John Berchmans, Shreveport, LA; Parkey, III/P, 57/55. Vol 46 No 2 — February 2012 : The Rich Heritage of the Pipe Organ — Chapter Takes on the SPC Exam — Orchestral Reduction Accompaniment at the Organ — Organ Feature: Hayes Barton United Methodist Church, Raleigh, NC; Buzard, III/P 43/52. Vol 46 No 3 — March 2012 : AGO Distinguished Composer: Craig Phillips — Discover Improvisation — Gregorian Chant Roots in the Organ Works of J.S. Bach — APOBA: The Stoplist — Organ Feature: Independent Presbyterian Church, Birmingham, AL; Dobson, III/P 43/52.

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Mixtures #36, mai 2012  
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