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Numéro 35

Novembre 2011

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

Sommaire 4

Comité de rédaction Claude Beaudry, Irène Brisson, Noëlla Genest, Robert Poliquin, Michelle Quintal

Les organistes 5

Collaborateurs à ce numéro Gaston Arel, Chantal Boulanger, Irène Brisson, Esther Clément, André Côté, Philip Crozier, Jean-François Downing, Jean-Luc Hébert, Jean Ladouceur, Rémi Martin, Robert Poliquin, Paul Saccà

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Les Copies de la Capitale Paraît deux fois par année : mai et novembre Prix : 5 $ par numéro

Date de tombée : 1er du mois précédent

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1

Les orgues Casavant arrivent en Chine 1re partie : Ordos (Mongolie intérieure) Les congrès/conférences/colloques Les concours d’orgue 2011 Les chroniques

Claude Beaudry et Gérard Mercure Impression

Sœur Pauline Charron Les instruments

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Révision

Présentation Mercis à Gérard Mercure

17 19 22 22 23 24 25 25 26 28 29

Nécrologie Anniversaires en musique Ici et là, au Québec... - Montréal - Québec - Estrie - Rimouski Hommage à Claude Beaudry Parutions L’orgue sur le web Revue des revues

Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, avenue Sieur-d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Novembre 2011 ISSN 1201-5741

Mixtures, numéro 35, novembre 2011

En couverture : Wolff & Associés, Opus 27, 1984 2 claviers manuels et pédalier 27 jeux, 37 rangs Traction mécanique des claviers et des jeux Église anglicane orthodoxe St. John the Evangelist Montréal, QC (Photo: Andrew Mazurella)

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Présentation 

Merci Gérard !

Anniversaires

La saison 2011-2012 marque le 45e anniversaire de fondation des Amis de l’orgue de Québec ainsi que le 40e anniversaire pour le Amis de l’orgue de Rimouski et Pro Organo (Mauricie). Nous devons être reconnaissants envers les fondateurs et toutes les personnes qui ont, bénévolement, assuré le maintien et le développement des différentes associations. Bon anniversaire et longue vie! 

Changement de la garde

La décision de Gérard Mercure de ne pas briguer un nouveau mandat comme représentant des Amis de l’orgue de Rimouski auprès de la FQAO a par le fait même créé un vide au poste de président. Comme le prévoient nos statuts et règlements, ce sont les membres élus du conseil d’administration qui doivent élire, parmi eux, les officiers de la Fédération. Les élections ont eu lieu lors de l’assemblée générale annuelle tenue le 25 août dernier. Ainsi, Martin Yelle, représentant des Amis de l’orgue des Bois-Francs, accède à la présidence et Denis Bonenfant, des Amis de l’orgue de Montréal, devient vice-président. Jean-François Downing est reconduit à son poste de secrétaire et Réal Gauthier au poste de trésorier. Le conseil accueille comme nouveaux membres, Jocelyn Lafond, de Pro Organo (Mauricie), et Harold Thibeault, des Amis de l’orgue de Rimouski. Quant aux administrateurs Louise FortinBouchard et Robert Poliquin, ils poursuivent leurs mandats, lesquels ne venant pas encore à échéance. Un poste est resté vacant. Martin Brossard et Yves Garand ont choisi de ne pas solliciter un nouveau mandat comme administrateurs. Nous tenons à les remercier pour leur disponibilité et leur implication au sein du conseil d’administration.

Le 25 août, lors de la dernière assemblée générale annuelle de la FQAO, notre président Gérard Mercure tirait sa révérence après huit années de services dévoués où il aura su assurer notre mission en nous donnant une direction à la mesure de son expérience et de sa sagesse. Qu’il en soit remercié ici publiquement. Actif au sein de la FQAO depuis ses débuts en 1994 et acteur important de la vie musicale du Bas-Saint-Laurent, Gérard Mercure, Rimouskois d’adoption, fut président des Amis de l’orgue de Rimouski. Il a également été actif dans l’organisation de l’Académie internationale d’orgue et de clavecin de Rimouski, ainsi qu’auprès d’autres institutions régionales. Toujours très actif, Gérard, un homme curieux qui multiplie les projets, s’intéresse à une foule de domaines dont la prise de son professionnelle, l’informatique, la facture d’orgue (possédant un orgue à tuyaux Kilgen à sa résidence), le chant, la littérature, l’histoire et plusieurs autres centres d’intérêt! Nous sommes persuadés qu’il nous cache encore des projets non réalisés! Nous lui souhaitons une excellente santé, afin de mener à bien tous les projets qu’il désirera entreprendre, tout au long de sa vie de retraité! Au nom du conseil d’administration, Jean-François Downing

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Sœur Pauline Charron UNE ENTREVUE AVEC RÉMI MARTIN

Les Amis de l’orgue de Rimouski fêtent cette année leur 40e anniversaire. Parmi les fondateurs de cet organisme, une figure marquante de la musique à Rimouski : Sœur Pauline Charron. Le président des Amis de l’orgue de Rimouski, Rémi Martin, l’a rencontrée. Sœur Pauline Charron, pouvez-vous nous parler des débuts de votre carrière, qui remontent, je crois, à votre enfance? En effet, mon expérience musicale remonte à ma petite enfance. Je suis née à Saint-Clément (Rivière-du-Loup), dans une paroisse où la musique a toujours occupé une place d’honneur. J’ai eu le privilège de naître la dernière d’une famille de quinze enfants où j’ai été entourée de beaucoup d’affection. Comme les membres de ma famille avaient de belles voix et pouvaient s’accompagner au piano, mon oreille a vite enregistré toute cette musique, et, vers l’âge de six ans, je jouais du piano et pouvais accompagner mes frères et sœurs dans les chants profanes et religieux. C’est lorsque j’ai eu 10 ans que mes frères m’ont invitée à jouer de la musique à l’église; presque toute la famille faisait partie de la chorale. Depuis, je n’ai jamais cessé de jouer l’orgue aux offices religieux, avec un plaisir renouvelé. Vous avez, dans la communauté des Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire, la chance de posséder un très bel orgue, dont vous êtes la titulaire depuis son installation. Quel en est l’historique et quelles en sont les caractéristiques? Avant de vous parler de l’orgue, j’aimerais bien dire comment je me suis retrouvée, un jour, chez les Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire. Voilà : je souhaitais devenir religieuse depuis mon enfance; ma vocation s’est précisée pendant mes études à l’École normale de Dégelis, dirigée par les Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire. En compagnie de ces femmes dévouées, si joyeuses et cultivées, j’avais trouvé ma voie. Diplômée à 16 ans, j’ai enseigné à l’école primaire tout en donnant des cours de piano. Après cinq merveilleuses années, mon idéal d’éducatricereligieuse se concrétisa. Mixtures, numéro 35, novembre 2011

Photo: Conservatoire de musique de Rimouski

Pendant mes premières années de vie religieuse, Sœur Victoire Perreault, professeure et directrice des études musicales, me donnait des cours de piano et d’orgue, jusqu’à l’obtention des brevets d’enseignement en piano et en orgue, décernés par l’Académie de musique de Québec. Le 3 février 1954, je devenais organiste titulaire de la Maison-mère, fonction que je remplis toujours avec le même bonheur. À cette époque, nous possédions un orgue Casavant de 8 jeux qui sonnait très bien. La nouvelle chapelle, qui pouvait accueillir 1 000 personnes, nécessitait un instrument plus important. Les autorités de l’époque, après de nombreuses consultations, ont demandé à monsieur Jean-Marie Bussières de préparer un devis d’orgue pour la future chapelle. Comme cet organiste reconnu de Québec Page 5


avait eu l’occasion d’inaugurer plusieurs orgues Pels, de Hollande, et que le prix était plus qu’abordable, il fit construire un orgue de 25 jeux répartis sur trois claviers et pédalier, exigeant que le volume sonore remplisse bien la grande chapelle. C’est ainsi que le nouvel orgue fut inauguré solennellement en 1959. L’orgue Pels avait alors impressionné monsieur Bussières par la luminosité de ses timbres. Nous n’avons pas été déçues! En 1980, nous avons fait appel aux services des facteurs Guilbault-Thérien, de Saint-Hyacinthe, qui ont procédé à une réfection et une réharmonisation complète de l’instrument. Les nombreux étudiants que nous avons formés, environ 140, ont eu l’avantage de travailler sur un orgue qui rendait justice au répertoire de toutes les époques. Plusieurs élèves ont participé avec succès aux concerts donnés à la chapelle ainsi qu’aux Festivals des Jeunesses musicales et au Concours de musique du Canada : ces activités ont suscité plusieurs carrières d’organistes et nous en sommes très fières! La communauté se réjouit encore et toujours de l’acquisition de cet instrument et de la qualité de l’entretien des facteurs Guilbault-Thérien. Vous avez eu un jour besoin d’un second orgue pour répondre à la demande de répétitions de vos étudiants. De quel instrument s’agit-il? La classe d’orgue était très nombreuse; une année, entre autres, où j’avais 25 élèves organistes, l’usage de l’orgue de la chapelle devenait abusif. En 1969, le Conseil général de la communauté a autorisé l’achat d’un orgue à tuyaux provenant du Séminaire d’Amos. C’est un orgue de 7 jeux, sur 2 claviers et pédalier. Il a été installé près des studios de piano; l’accès était donc plus facile pour les élèves et pour nous. C’était aussi un orgue Pels, en assez bon état. Sœur Pauline, comment voyez-vous votre rôle de pédagogue? Pendant mon séjour à l’École normale, j’ai reçu une solide formation pédagogique. J’ai eu le bonheur par la suite de poursuivre mes études Page 6

musicales en piano et en orgue à l’Université Laval, tout en enseignant à Rimouski. C’est ce qui m’a permis de garder mes élèves pendant plusieurs années. J’ai voyagé à Québec pendant douze ans, aux quinze jours, pour parfaire ma formation instrumentale; les cours théoriques du Baccalauréat étaient offerts pendant l’été. J’ai eu, à l’Université Laval, les meilleurs professeurs qui m’ont préparée avec beaucoup d’exigence à la carrière qui m’attendait : Constantin Klimoff, Jean-Marie Bussières, l’abbé Antoine Bouchard, Jeanne Landry, Jacques Hétu, pour ne nommer que ceux-là. Pour terminer la licence-concert, en orgue, j’ai pu demeurer à Québec quelque temps. Ce qui m’a le plus favorisée à conduire mes élèves vers des études supérieures, ce sont les cours de pédagogie du piano, offerts au Centre d’Arts Orford, pendant l’été, et dispensés avec ardeur par Marc Durand; aussi, les classes de maître organisées par le fondateur des Concours de musique du Québec et du Canada, Claude Deschamps, au Victoria Hall, à Montréal, chaque été, pendant quatorze ans. Ces cours étaient donnés par des musiciens de renommée internationale et je les ai suivis assidûment avec un immense intérêt. J’ajouterais que chaque épreuve des Concours de musique auxquels je présentais mes élèves, à cette époque, était un vrai cours de pédagogie : les membres du jury étaient d’une telle qualité; ils étaient là pour soutenir la passion des jeunes musiciens et leurs commentaires nous amenaient à nous dépasser. Au Conservatoire de musique de Rimouski, où j’enseigne le piano depuis 1986, j’ai eu des élèves de tous les niveaux, tous très doués, mais à des degrés différents. Quelques-uns ont choisi la carrière avec le succès que l’on connaît. Mes élèves, leurs parents et moi-même, nous sommes très proches; nous nous motivons réciproquement et nous travaillons dans l’intérêt de l’enfant. C’est une histoire d’amour et de confiance. J’essaie de développer au maximum le potentiel de chaque élève. Mes étudiants m’apportent beaucoup. Comme j’ai reçu beaucoup d’amour dans ma vie, j’en ai beaucoup à donner! Eux m’apportent leur talent, leurs différences. Il faut de la psychologie et beaucoup d’amour pour donner à chacun, chacune, la formation et les conseils qui les aident à préparer leur avenir avec courage et détermination.

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Le grand orgue de la chapelle des Sœurs de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire à Rimouski

Pels, 1958 25 jeux, 28 rangs Traction électro-pneumatique Grand-Orgue Montre 8‘ Flûte à cheminée 8’ Prestant 4’ Doublette 2’ Mixture III Trompette 8’ Positif Bourdon 8’ Principal 8’ Principal 4’ Flûte 4’ Flûte 2’ Cornet II

Récit (expressif) Bourdon 8’ Viole de gambe 8’ Voix céleste 8’ Flûte douce 4’ Nazard 2 2/3’ Octavin 2’ Hautbois 8’ Pédale Soubasse 16’ Contrebasse 16’ Bourdon 8’ Octave 8’ Octave 4’ Trompette 16’

Accouplements En 16-8-4 aux claviers En 8-4 au pédalier

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Mon implication dans le milieu m’a amenée à collaborer avec le Conservatoire pour l’élaboration des programmes externes ainsi qu’avec l’Université Laval (École de musique) et les Concours de musique du Canada pour les programmes d’orgue et de piano. Ceci m’amène à rencontrer les professeurs de notre grande région, qui s’étend de la Côte-Nord à la Gaspésie, et jusqu’au Témiscouata et au Nouveau-Brunswick. Nous travaillons en atelier, en classe de maître ou en cours privés. C’est passionnant! Votre engagement dans le développement culturel de la région vous a valu des récompenses enviables. Parlez-moi de ces prix, attribués par l’Université du Québec à Rimouski et par la Ville de Rimouski. J’ai effectivement été très touchée de recevoir un Doctorat honorifique de l’Université du Québec à Rimouski en l’an 2000. Je l’ai d’ailleurs dédié à ma communauté, à ma famille et à tous mes élèves qui m’ont aidée à devenir la femme que je suis. Le premier PRIX HOMMAGE décerné par la Ville de Rimouski lors du Gala des prix culturels, en 2008, a été aussi un moment fort et une reconnaissance très touchante dans ma carrière de professeur. Combien d’élèves sont passés dans vos classes et quels programmes étaient appliqués? Je répondrai d’abord à la deuxième partie de la question parce qu’elle est plus facile! Pour l’enseignement du piano et de l’orgue, la communauté a suivi le programme de l’Académie de musique de Québec jusqu’en 1960. Par la suite, nous avons adopté celui de l’École de musique de l’Université Laval; depuis 1997, nous avons un second choix, avec la présentation des programmes externes du Conservatoire. Je regrette de ne pouvoir répondre formellement au premier volet de la question; j’ai consigné dans un livre les noms de mes élèves alors que j’étais institutrice, ainsi que ceux de mes élèves pianistes et organistes, mais j’ai eu de nombreux autres élèves dans ma carrière. Résumons cette question en une phrase : j’ai eu une très grande famille de jeunes et d’adultes. Ils ont tous et toutes une place de choix dans mes souvenirs et dans mon cœur.

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Vous avez été, grâce à la production d’événements musicaux de qualité, une des initiatrices de la venue à Rimouski d’un conservatoire de musique. Parlez-nous des origines de cette réalisation d’importance pour la région. La région a été depuis de nombreuses années favorisée au plan artistique. Les principaux artisans en ont été les prêtres du Séminaire de Rimouski, en collaboration avec des mélomanes passionnés de la Culture. On peut lire dans l’Histoire de Rimouski que, dès les années 1920, on recevait ici des artistes internationaux grâce à la Société des concerts, aux Jeunesses musicales du Canada, à l’Orchestre symphonique de Québec, aux grandes troupes de théâtre et de danse. La musique habitait la région et la salle de concert du Séminaire était le plus souvent remplie à pleine capacité. Quelques années plus tard, une journaliste très engagée et musicienne, madame Andrée Gauthier, souhaitait la venue d’un conservatoire de musique à Rimouski, pour y enseigner tous les instruments. Les communautés religieuses enseignaient surtout le piano. Plusieurs démarches entreprises auprès du gouvernement étaient demeurées vaines. En 1970, à l’issue d’un concert donné par 13 de mes élèves organistes sur le nouvel orgue à traction mécanique de l’église Saint-Pie-X, madame Gauthier m’a déclaré avec enthousiasme que ce concert serait l’événement qui assurerait la venue d’un conservatoire de musique à Rimouski. L’avenir lui a donné raison. En 1973, le Conservatoire ouvrait ses portes; tous les instruments y étaient enseignés. La classe d’orgue fut confiée à Jacques Montgrain, qui y a formé de très bons musiciens, jusqu’à sa retraite, tout récemment. Les Amis de l’orgue de Rimouski fêtent cette année leur 40e anniversaire. Vous êtes, avec d’autres passionnés, à l’origine de la fondation de cet organisme. Que représentent pour vous les Amis de l’orgue? En 1971, un certain nombre de passionnés de musique d’orgue se réunissaient pour fonder les Amis de l’orgue de Rimouski. Monsieur Pierre Boutet, président des Amis de l’orgue de Québec était présent et nous a aidés dans la mise sur Mixtures, numéro 35, novembre 2011


pied de cet organisme. Et voilà que la société des Amis de l’orgue de Rimouski existe depuis 40 ans! Elle a enrichi la région par la venue de grands maîtres canadiens et étrangers qui nous ont donné des concerts inoubliables sur les instruments de grande qualité que nous possédons à Rimouski. On a surnommé Rimouki « La ville de l’orgue! » Les Amis de l’orgue ont motivé les étudiants en orgue et les organistes de la région en les invitant à participer aux concerts. Plusieurs enregistrements de l’émission Récital d’orgue, devenue Tribune de l’orgue, et présentée chaque semaine à la radio de Radio-Canada ont fait connaître nos organistes et nos instruments. Les Amis de l’orgue, à l’instigation de Jean-Guy Proulx, ont mis sur pied et parrainé L’Académie internationale d’orgue et de clavecin, qui accueillait pendant l’été les plus talentueux élèves d’ici et d’ailleurs. Nous rappelons avec émotion le souvenir du maître Antoine Reboulot. Le pédagogue, claveciniste et organiste Kenneth Gilbert nous honorait de sa présence à chaque Académie. C’est un grand anniversaire que ce 40e pour les Amis de l’orgue. J’ai été témoin des quarante années de travail ardu des fondateurs et des différents comités qui se sont succédé. Félicitations et mercis aux passionnés de ce majestueux instrument et aux personnes qui continuent d’offrir leur appui à la vie de ce mouvement éducatif et enrichissant. Sœur Pauline, vous qui avez toujours occupé la fonction d’organiste liturgique, comment voyez-vous ce rôle? L’organiste liturgique a comme premier rôle de faire « prier sur de la beauté » (Pape Pie X). La musique liturgique a connu ses heures de gloire; depuis le Concile Vatican II, la situation est plus difficile parce que les directives n’ont pas été comprises adéquatement par tous. Chaque organiste doit prendre son rôle à cœur, poursuivre ses recherches, participer aux réunions des comités de liturgie, collaborer avec les chefs de chœur pour trouver un répertoire qui réconforte et rapproche de Dieu les personnes qui fréquentent l’église. Que ces personnes puissent retourner dans leur milieu avec un cœur nouveau, éclairées et fortifiées par la Parole de Dieu, soutenue par Mixtures, numéro 35, novembre 2011

une musique de qualité, fortifiées par l’Eucharistie qui leur permettra d’accueillir la vie avec foi, optimisme et amour. L’orgue a été reconnu depuis toujours comme étant l’instrument liturgique par excellence; il épouse et correspond à tous les sentiments et expressions de l’âme. Les classes d’orgue n’attirent plus autant d’élèves qu’auparavant et les concerts éprouvent des difficultés à rejoindre un public. Comment entrevoyez-vous l’avenir de l’orgue, particulièrement, ici, au Québec? Dans l’Histoire, il y a toujours eu « des hauts et des bas ». En ce qui concerne l’attirance des jeunes pour l’étude de l’orgue, actuellement, nous vivons « le bas ». La diminution de la pratique religieuse dans les familles n’est pas étrangère à ce phénomène : on ne peut aimer ce qu’on ne connaît pas… et nos chers jeunes sont sollicités par tellement d’activités! Pour ma part, les nombreux et formidables élèves en orgue avec qui j’ai eu le bonheur de partager mes connaissances et ma passion étaient aussi étudiants en piano. Actuellement, mes pianistes trouvent à peine le temps de travailler leur instrument. Comment penser leur faire étudier l’orgue? Cependant, il ne faut pas baisser les bras; nous devons garder notre optimisme. L’orgue sera toujours l’instrument majestueux par excellence. Il est impossible qu’un si bel instrument perde ses lettres de noblesse. Les Amis de l’orgue font un travail très apprécié : il faut les encourager et garder l’espoir de jours meilleurs! D’ailleurs, tout ce qui concerne la musique dite « classique » connaît des problèmes de diffusion depuis quelques années, non seulement pour l’orgue; la plupart des instruments solistes attirent moins de public qu’autrefois, mais l’avenir peut nous causer d’agréables surprises! Sœur Pauline Charron, merci infiniment. Merci, Rémi, de ton implication dans le milieu culturel rimouskois. Bon 40e anniversaire aux Amis de l’orgue de Rimouski.

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Les orgues Casavant arrivent en Chine 1re partie : Ordos (Mongolie intérieure)

Ordos est l'une des villes principales de la région autonome de Mongolie Intérieure, région plutôt désertique du centre-nord de la Chine. On raconte que la région d'Ordos, oasis au milieu du désert, fut découverte par Genshis Khan au début du XIIIe siècle à la suite d’une chute accidentelle de son cheval qui le fit tomber par terre et découvrir la richesse du sol en y touchant. La région se développa par le biais des cultures, des mines et de l'élevage du bétail fournissant la laine de cachemire. C'est à Ordos que s'érige aujourd'hui le cénotaphe de Genshis Khan. La région d'Ordos contient 20% de la réserve de charbon de la Chine et est maintenant l'une des plus riches du pays, devançant même la capitale Pékin. Pour favoriser les nouveaux investissements et l'arrivée de main d'œuvre afin d'exploiter ces ressources, le gouvernement chinois a décidé en 2003 de créer un nouveau district d’un million d'habitants à 25 km de la ville traditionnelle d'Ordos. Ce district appelé Kangbashi, contiendrait alors toutes les infrastructures et tous les bâtiments d'une ville complète, à l'architecture très moderne, incluant une bibliothèque, un musée, des hôtels... et une salle de concert. C'est dans cette salle de 860 sièges qu'a été installé l'Opus 3885 de Casavant en 2010. L'architecture de ce complexe, qui inclut également un grand théâtre, symbolise les chapeaux traditionnels de l'homme et de la femme mongols. Cet instrument est le premier orgue à tuyaux installé dans une région minoritaire de la Chine. La symbolique des nombres revêtant une grande importance en Chine, l'orgue contient 56 jeux, qui représentent le nombre de nations composant le peuple chinois. L'action mécanique de cet orgue de trois claviers est doublée d'une action électrique permettant l'utilisation d'une seconde console sur la scène, utilisant un système électro-pneumatique breveté par Casavant qui présente une qualité de réponse davantage adaptée à côtoyer l'action mécanique. La construction du district de Kangbashi devait répondre à des calendriers très serrés, ainsi en Page 10

par Jean-Luc Hébert1

était-il de la salle de concert et de l'orgue. La présentation du Asian Arts Festival dans la salle en août 2009 a fait en sorte que nous n'avons installé d'abord que la façade de l'orgue, puis sommes retournés installer l'orgue entier le printemps suivant. Tout au long de la construction de la façade de l'orgue, les Mongols étaient ébahis par le monument qu'ils voyaient se dresser devant eux. Ces gens n'avaient jamais vu ou entendu d'orgue de leur vie. Plusieurs semblaient se demander ce que nous allions bien entrer dans ces ouvertures entre les colonnes de bois. Pour les curieux qui montaient nous voir, nous avions collé un dessin en couleur de la façade sur un mur. Comme nous installions l'orgue en deux étapes, ces gens ont d'abord vécu l'étonnement du coup d'œil, puis le ravissement auditif lorsqu'ils ont entendu ce roi des instruments pour la première fois au concert inaugural. Doté d'une assise solide, l’orgue contient des pleins jeux complets et des batteries d'anches sur toutes les divisions. L'acoustique de la salle favorise une sonorité claire et nette, mettant en valeur toutes les couleurs de l'instrument dans l’ensemble du répertoire. Le concert inaugural a eu lieu le 2 juillet 2010, devant une salle comble. Le gouvernement municipal ayant distribué des laissez-passer, les familles entières s'étaient déplacées pour entendre un orgue pour la première fois. L'organiste Daniel Tappe a présenté, entre autres, une Méditation sur un thème chinois (Red Dragonfly) de Guy Bovet, de même qu'une improvisation sur un thème mongol, qui ont su ravir l'auditoire. Des pièces de Bach jouées sur la console mécanique, ainsi que le Final de la première symphonie de Louis Vierne joué sur la console électrique mobile, ont démontré la flexibilité et la richesse de l'instrument, même aux oreilles plus novices.

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Jean-Luc Hébert est directeur des marchés internationaux chez Casavant Frères. Mixtures, numéro 35, novembre 2011


Le Théâtre national d’Ordos. Son architecture symbolise le chapeau traditionel mongol de la femme (partie avant, salle abritant l'orgue) et celui de l'homme (partie arrière, abritant le grand théâtre)

La Place Genshis Khan à Ordos

À gauche la Bibliothèque dont l’architecture représente des livres sur un rayon de bibliothèque. À droite, le Musée, en construction. Mixtures, numéro 35, novembre 2011

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Durant l’installation.

Détails de la façade.

Durant le concert inaugural. Daniel Tappe à la console mécanique.

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Mixtures, numéro 35, novembre 2011


Théâtre national, Ordos (Mongolie intérieure, Chine)

Opus 3885, 2009-2010 III/P, 56 jeux, 74 rangs Étendue des claviers: 61 notes Étendue du pédalier: 32 notes Console mécanique attachée. Console électrique mobile. Action mécanique avec doubleaction électro-pneumatique

Great

Positiv

Violinbass 16’ Bourdon doux 16’ Principal 8’ Salicional 8’ Gamba 8’ Unda Maris 8’ Harmonic Flute 8’ Chimney Flute 8’ Bourdon 8’ Octave 4’ Octave 4’ Spindle Flute 4’ Open Flute 4’ Nazard 2 2/3’ Quint 2 2/3’ Flute 2’ Super Octave 2’ Tierce 1 3/5’ Mixture Grave 2 2/3’ II Larigot 1 1/3’ Mixture 1 1/3’ IV-V Mixture 1’ V Cymbel 1/2’ III Dulzian 16’ Double Trumpet 16’ Cremona 8’ Trumpet 8’ English Horn 4’ Clarion 4’ Tremulant

Mixtures, numéro 35, novembre 2011

Swell

Pedal

Diapason 8’ Bourdon 8’ Viola da Gamba 8’ Vox celestis (GG) 8’ Principal 4’ Harmonic Flute 4’ Harmonic Nazard 2 2/3’ Harmonic Piccolo 2’ Harmonic Tierce 1 3/5’ Harmonic Plein-Jeu 2’ III-V Bassoon 16’ Trumpet 8’ Oboe 8’ Vox Humana 8’ Clarion 4’ Tremulant

Resultant 32’ Principalbass 16’ Contrabass 16’ Violinbass 16’ (GT) Subbass 16’ Bourdon doux 16’ (POS) Quint 10 2/3’ Violoncello 8’ Stopped Flute 8’ Octave 4’ Flute 4’ Mixture 2 2/3’ IV Contra Trombone 32’ (ext) Trombone 16’ Double Trumpet 16’ (GT) Trumpet 8’ Clarion 4’

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All Saints’ Anglican Church Whitby, ON

Oeuvres pour orgue et pour choeur de

Éditions Cheldar

Denis Bédard Rachel Alflatt, gérante

8465 Quayside Court Vancouver, BC, V5P 4W1

Tel./Fax: (604) 322-5995 cheldar@cheldar.com

Présence de l’orgue le dimanche, 10 heures 30

Montréal 91,3 Rimouski 104,1 Sherbrooke 100,3 Trois-Rivières 89,9 Victoriaville 89,3 Gatineau 1350 AM

3 claviers, 44 jeux Restauration complète Nouveau buffet

Pour formuler des suggestions ou enregistrements à présenter :

Martin Yelle RVM Victoriaville 71, rue Saint-Louis Victoriaville, QC G6P 3P6

C.P. 251, St-Hyacinthe, Québec, J2S 7B6 Tél (sans frais) 1 887 773 8889 Site Web : Lesateliersgbc.ca Courriel : orgueetclavecin@lesateliersgbc.ca


Concours d’orgue 2011 par Robert Poliquin 

Concours international d’orgue du Canada

Le deuxième Concours international d’orgue du Canada s’est déroulé du 5 au 16 octobre 2011 à Montréal. La première épreuve a eu lieu en l’église de l’Immaculée-Conception, la seconde à l’église Saint-Jean-Baptiste et la finale, en la basilique Notre-Dame. Les 16 concurrents, dont l’âge moyen était de 28 ans, provenaient de 11 pays.

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Concours d’orgue de Québec

La finale du 7e Concours d’orgue de Québec organisé par la Fondation Claude Lavoie, s’est tenue le 16 juin dernier à l’église Saints-Martyrs-Canadiens. Ce concours d’adresse aux organistes canadiens de moins de 26 ans. Marie-Hélène Greffard, de Québec, détentrice d’une maîtrise en interprétation de l’Université Laval dans la classe de Richard Paré, a remporté le grand Prix Claude Lavoie, assorti d’une bourse de 15 000 $. Le Deuxième prix, accompagné d’une bourse de 7 500 $, a été décerné à Mark Edwards, de Toronto, qui a aussi obtenu le prix de la meilleure interprétation de l’œuvre canadienne imposée (500 $) : Épilogue sur « Nun danket » et « Ballerma », du compositeur Raymond Daveluy. Mark Edwards poursuit actuellement une maîtrise à l’Université McGill, de Montréal, en orgue et en improvisation avec William Porter, et en clavecin avec Hank Knox. À l’épreuve finale, les cinq jeunes organistes de talent ont fait résonner brillamment le Casavant de l’église. Le jury était composé de cinq organistes canadiens de grande réputation. 

Le jury était composé de neuf organistes renommés et provenant de sept pays. La somme des bourses et des nombreux prix spéciaux décernés lors de cette compétition s’élevait à 72 000 $.

Lynwood Farnam Organ Competition

Parrainé par le centre de Montréal du CRCO, ce concours est le plus ancien du genre au Canada. D'abord appelé Concours d'orgue du centre de Montréal du RCCO (CRCO), il fut nommé en 1968 d'après John Robb. En 2004, il a été rebaptisé le Concours d'orgue Lynnwood-Farnam.

La prochaine compétition aura lieu en 2014. Mixtures, numéro 35, novembre 2011

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Le Premier prix, accompagné d'une bouse de 1 000 $, a été attribué à Julie Pinsonneault. Quant au Deuxième prix, il a été accordé, avec une bourse de 500 $, à Martin Jongsma. 

Concours de musique du Canada

Du 20 juin au 4 juillet se tenait dans les locaux du Conservatoire de musique de Montréal, la finale nationale du Concours de musique du Canada. Dans la section « orgue », les candidats étaient répartis en groupes d'âge et chaque candidat devait interpréter deux œuvres d'époques et de styles différents, et ce, sans limite de temps. Les lauréats, dans le groupe des 19 ans, sont Ïoan Bastarache, de Trois-Rivières (Premier prix) et Julie Pinsonneault, de Montréal (Deuxième prix); dans celui des 23 ans, Emmanuel Bernier, de Québec (Premier prix) et Jocelyn Lafond, de Trois-Rivières (Deuxième prix) et enfin dans celui des 25 ans, Marie-Claude Duchesne, de Saguenay (Premier prix). 

Concours national d’orgue du CRCO

Le concours national d’orgue du Collège royal canadien des organistes (CRCO) a eu lieu lors du congrès tenu à Hamilton en juillet 2011. Les lauréats furent: Premier prix: Le prix, en mémoire de Godfrey Hewitt: Aaron James. Ce dernier vient de compléter une maîtrise en musique de la Eastman School of Music à Rochester, New York, sous la direction de Hans Davidson. Deuxième prix: Le prix Casavant Frères: Sarah Svendsen. Cette dernière vient de terminer sa troisième année de baccalauréat en interprétation d’orgue sous la direction de Patricia Wright à la Faculté de musique de l’Université de Toronto. Troisième prix: Le Prix Muriel Gidley Stafford: Stephen Boda. Ce dernier vient de compléter un baccalauréat en musique à la Faculté de musique de l’Université de Toronto sous la direction de John Tuttle.

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Nécrologie par Robert Poliquin … pour un talent d’exception

Jeanne Landry (1922-2011)

Le 2 août 2011, nous quittait, à l’âge de 89 ans, madame Jeanne Landry, pianiste, compositrice, auteure et professeure émérite. Une carrière d’exception… Jeanne Landry a poursuivi une carrière exceptionnelle jusqu’au début du nouveau millénaire. Sa longue vie professionnelle est notamment marquée d’interprétations de pièces contemporaines et classiques, de nombreuses tournées nationales et internationales ainsi que de compositions musicales et de créations littéraires. Aussi, pendant plus de 38 ans, Jeanne Landry mène brillamment une carrière de professeure à la Faculté de musique de l'Université Laval. Plusieurs musiciens professionnels ont bénéficié de son enseignement et de sa passion à transmettre généreusement son art. Elle contribue à la création des Jeunesses musicales du Canada et à la fondation de la société Musique de notre temps, témoignant ainsi de son engagement au rayonnement de la musique et des musiciens d’ici. Mixtures, numéro 35, novembre 2011

Née à Ottawa le 3 mai 1922, Jeanne Landry fait preuve d’un remarquable talent musical dès son plus jeune âge, interprétant à l’oreille des mélodies complexes sur le piano familial. Elle commence à l'âge de neuf ans ses études de piano au couvent des Soeurs Grises de la Croix, puis travaille (1934-1942) avec Irene Miller, élève de Josef Hofmann. À Montréal, elle étudie avec Arthur Letondal (1942-1944) et s'inscrit ensuite à l'École supérieure de musique d'Outremont (École Vincent-d'Indy) où ses maîtres furent Jean Dansereau (piano) et Claude Champagne (matières théoriques). En 1945, elle obtient le Prix Archambault et, en 1946, on lui décerne le prestigieux Prix d'Europe avec une note presque parfaite — du jamais vu —, ce qui témoigne une fois de plus de son extraordinaire talent. Elle poursuivit sa formation à Paris, avec Yves Nat (piano) ainsi qu’avec Nadia Boulanger et Noël Gallon (écriture). De retour au pays en 1948, elle collabore activement au volet musical de la radio et de la télévision de Radio-Canada, alors en pleine expansion. À l'époque, toutes les émissions musicales étaient réalisées en direct. Sa mémoire fabuleuse et sa facilité à apprendre la rendront vite indispensable et elle se bâtira en même temps une solide réputation d'interprète, notamment des œuvres de Pierre Mercure et Serge Garant. De nombreux concerts diffusés en ondes pendant plus de 25 ans, contribuent à forger sa réputation d’interprète de grand talent. Parallèlement à ses nombreuses tournées au Québec et au Canada, elle devient la collaboratrice du ténor Jean-Paul Jeannotte, avec qui elle se produit en concert ainsi qu'à la radio et la télévision pendant 25 ans, accomplissant avec lui des tournées au Canada, aux États-Unis et (1961) en France, en Autriche et en Union soviétique. Elle fut accompagnatrice à l'Opéra Minute de 1949 à 1952. Elle donna des récitals à deux pianos avec JeanMarie Beaudet (première à Montréal de la Sonate avec percussion de Bela Bartók, 1950), Josephte Dufresne (création et enregistrement du Concerto avec percussion de Roger Matton, 1955) et Serge Page 17


Garant (première canadienne de Structures, livre I, de Pierre Boulez, 1958). Avec Serge Garant, Otto Joachim et François Morel, elle fonde, en 1956, la société Musique de notre temps. Elle fait une tournée des Jeunesses musicales du Canada (1957-1958) avec le clarinettiste Rafael Masella et accompagne de nombreux chanteurs et instrumentistes. Ella joue fréquemment en duo avec le pianiste Robert Weisz, notamment avec l'Orchestre symphonique de Québec dans le Concerto de Bohuslav Martinu. Lorsqu'elle entre à l'Université Laval, en 1951, elle est d'abord chargée d'enseignement. À partir de 1957, tout en étant professeure d'écriture musicale, d'harmonie, de contrepoint et de fugue, elle est responsable des classes d'écriture, d'accompagnement et de musique de chambre avec piano. Elle a également participé à l'élaboration de nombreux comités de programme, de musique et de concerts. Elle a aussi assumé diverses responsabilités dans l'encadrement des étudiants et l'organisation d'activités visant à mettre en valeur de jeunes artistes. Jeanne Landry a ainsi largement favorisé l'essor de la musique classique au Québec. Retraitée en 1989, elle se consacre à la composition et à l'écriture : plus de 70 œuvres musicales variées, dont plusieurs publiées aux Éditions Doberman-Yppan, ainsi que plus de 300 poèmes de forme libre, jaillissent de sa plume. Cette musicienne exceptionnelle nous laisse, entre autres, quatre pièces pour orgue d'un puissant lyrisme qu'il faut connaître : Orah publiée en 1990 chez Ostiguy et enregistrée par Jean-Guy Proulx aux grandes orgues de la cathédrale SaintGermain de Rimouski (REM 31078), Et le Verbe s'est fait chair, Hesychia et Divertissement. Il faut aussi mentionner « Hymne à la Trinité » pour chœur et orgue où celui-ci occupe un rôle très important. Lors de ses funérailles à l'église SaintDominique de Québec, le 5 août dernier, tous ses anciens élèves ainsi que ceux et celles qui l'ont connue étaient unanimes à dire que « c'était une grande dame de la musique qui venait de partir ». Avec la collaboration de Jean-Charles Castilloux. Sources : Avis de décès, août et octobre 2011. Encyclopédie de la musique du Canada; Fides, 1993. Cyr, Louis; Aline Letendre; Mixtures, no 24, Avril 2006

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Aline Chénier-Letendre (1922-2011) À Montréal, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, à quelques jours de son 89e anniversaire, s’est éteinte Aline Chénier-Letendre, organiste titulaire à l’église du Gesù, à Montréal, de 1957 à 2005. Elle a aussi enseigné la formation auditive au Conservatoire de musique du Québec, tout d'abord à Montréal comme assistante de son maître Gabriel Cusson (1955-1968), puis à Chicoutimi (1968-1971) et enfin à Montréal de 1971 à 1994. Elle avait épousé l’organiste, théoricien et pédagogue Conrad Letendre (19041977) en 1942. Pédagogue reconnue, elle fit paraître, en 1982, De la forme en musique, en 2004, Le contrepoint par des exemples et, en 1997, aux Éditions Consonance, Dictège et solfège, cosigné Conrad et Aline Letendre. Elle fut partie prenante dans le projet de restauration de l'instrument du Gesù en 1986 par le facteur Guilbault-Thérien. Elle a encouragé plusieurs jeunes musiciens, grâce à la bourse Conrad-Letendre qu'elle a offerte entre autres à Rachel Laurin et à François Zeitouni auquel elle a confié sa tribune du Gesù lors de son départ en 2005. Avec la collaboration de François Zeitouni.

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Anniversaires en musique par Irène Brisson L’année 2011, qui est celle du bicentenaire d’Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899), est décidément riche en anniversaires de compositeurs et d’organistes célèbres, puisque Franz Liszt, Enrico Bossi, Alexandre Guilmant et Jehan Alain sont à l’honneur. Franz Liszt (18111886) est né le 22 octobre 1811 à Doborján (aujourd’hui Raiding, en Autriche), une petite ville alors située en Hongrie, laquelle était sous juridiction autrichienne. Sa brillante carrière de pianiste à travers l’Europe est trop connue pour être présentée dans ces pages. Celui qui, durant les années 1830, fut l’idole des salons parisiens et suscita l’indignation de la haute société en raison de sa liaison avec la comtesse Marie d’Agoult, a connu, en 1848, un sérieux tournant dans sa vie privée et dans sa carrière : il s’est en effet installé à Weimar en compagnie de sa nouvelle flamme, la princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein et, durant dix ans, exerça les fonctions de compositeur et de chef d’orchestre de la cour, se dévouant pour la musique de ses contemporains, Berlioz, Schumann et Wagner. Bien que n’étant pas organiste, c’est durant la période de Weimar que Liszt s’intéresse particulièrement au « père sacré de tous les instruments » parce que, depuis Johann Sebastian Bach, Weimar s’enorgueillit d’une solide tradition d’orgue. Il transcrit pour piano six grands préludes et fugues de son illustre prédécesseur, fréquente des organistes, au nombre desquels figure son jeune élève de piano Alexandre Winterberger (1834-1914), futur créateur des deux grandes fresques que sont la Fantaisie et fugue sur Ad nos, ad salutarem undam (1852) du Prophète de Meyerbeer, et le Prélude et fugue sur B.A.C.H. (1855). Mixtures, numéro 35, novembre 2011

Rompant avec le conservatisme dans lequel se cantonnent la plupart des organistes allemands de l’époque, il se plaît à expérimenter des registrations originales et, grâce à « Sacha » et à son incroyable virtuosité sur le pédalier, il apprend à tirer profit des possibilités de l’instrument. Si l’on excepte ses Variations sur « Weinen, Klagen, Sorgen, Sagen » (1862), son installation à Rome (1861), suivie de son entrée dans les ordres mineurs, le détourne peu à peu de la haute voltige qui faisait courir les foules. La trentaine de pièces pour orgue, harmonium ou piano à pédalier qui s’ajoute à son catalogue comprend de nombreuses transcriptions d’œuvres vocales et des pages contemplatives souvent inspirées de la polyphonie de la Renaissance (Ave Maria d’Arcadelt). Il fut, comme l’a écrit Jehan Alain, « le seul dont le génie put transformer l’orgue à sa mesure ». Né à Salò (Italie du Nord) il y a 150 ans, le 25 avril 1861, Marco Enrico Bossi (1861-1925) peut être considéré comme un des piliers de l’école d’orgue italienne postromantique. Formé à Bologne et au Conservatoire de Milan, il enseigne l’orgue et l’harmonie au Conservatoire de Naples et sera par la suite directeur de plusieurs conservatoires, dont ceux de Venise et de Rome. Brillant organiste, il effectue des tournées de concerts internationales et c’est durant le retour par bateau d’un séjour aux États-Unis qu’il mourra subitement en 1925. Le catalogue de Bossi comprend près de 150 œuvres dont plusieurs sont encore fréquemment jouées en concert. Parmi elles, le Scherzo en sol mineur, op. 49 n° 2, l’Étude symphonique op. 78, dédiée à Alexandre Guilmant, qui montre clairement sa grande virtuosité au pédalier, et le très schumannien Thème et Variations op. 115. Ses pages plus contemplatives, tel son Chant du soir op. 92 n° 1 se ressentent du chromatisme expressif de César Franck et de Richard Wagner. Page 19


Plusieurs de ses œuvres éditées chez Peters sont maintenant disponibles sur le Web à l’adresse suivante : http://216.129.110.22/files/imglnks/usimg/2/25/ IMSLP38731-PMLP85336-Bossi__Marco_Enrico__Organ_Works._Vol._1.pdf Alexandre Guilmant (1837-1911) fait le lien entre Saint-Saëns, Franck, Widor et le renouveau symphonique du début du XXe siècle. Formé à l’école du Belge Jacques-Nicolas Lemmens, il commence sa carrière comme organiste dans sa ville natale de Boulogne-sur-Mer, avant de s’installer à Paris où, en 1871, il est nommé organiste de l’église de la Trinité, un poste qu’il occupera durant 30 ans et qui aura plus tard comme titulaire Olivier Messiaen. Il sera par la suite « second organiste » à NotreDame de Paris. Sa carrière se partagera entre les concerts, l’édition musicale et l’enseignement. Parmi ses récitals figurent des inaugurations de plusieurs orgues de Cavaillé-Coll, dont celui de Notre-Dame de Paris, de fréquentes apparitions en Angleterre, en Allemagne, trois importantes tournées nord-américaines (1893 à 1904) et une série parisienne de concerts qu’il instaure en 1878 au Palais du Trocadéro. Passionné par la musique ancienne encore méconnue, Guilmant a mis sur pied, en compagnie du musicologue André Pirro, l’importante anthologie des Archives des Maîtres de l’Orgue qui sortit de l’ombre la plupart des organistes français du Grand Siècle de Louis XIV. Il exhuma également bon nombre de compositeurs allemands, italiens et espagnols des XVIIe et XVIIIe siècles. Sur le plan pédagogique, il fonda en 1894 avec Vincent d’Indy et Charles Bordes – un autre féru de musique ancienne – l’école de musique de la Schola Cantorum et succéda en 1896 à Charles-Marie Widor comme professeur d’orgue au Conservatoire de Paris. Parmi ses élèves les plus notoires figurent Albert Alain, Joseph Bonnet, Alexandre Cellier, Marcel Dupré, et Joseph-Arthur Bernier (1877-1944),

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un des plus remarquables organistes de la ville de Québec. L’œuvre de Guilmant consiste en 94 numéros d’opus essentiellement consacrés à l’orgue, seul, avec chœurs ou avec orchestre, comme c’est le cas pour deux de ses sonates (op. 42 n° 1 et op. 91) qui existent également sous forme de symphonies avec orgue. Outre ses huit sonates composées entre 1874 et 1906, il laisse plusieurs importantes collections dont une, en 18 volumes, de Pièces dans différents styles et une autre, en 10 volumes, dont le titre dit tout : L’Organiste liturgique. Nourrie de Bach et de Handel, sa musique a souvent un langage néoclassique et conservateur, riche en imposants Préludes ou Grands Chœurs richement fugués, en variations (O filii et filiae) et en pièces dans le style de ses modèles (Marche sur un thème de Handel, op. 15 n° 2). En digne représentant de la fin du XIXe siècle, il peut s’effacer devant un thème grégorien (Ave Maria), le parsemer de chromatisme et de modulations inattendues, faire chanter la Viole de gambe et la Voix céleste le temps d’une Communion. « Registrateur de premier ordre », comme le décrit Louis Vierne, il tire judicieusement profit des couleurs symphoniques des instruments de CavailléColl et de la grande virtuosité héritée de Mendelssohn, de Boëly et de Liszt. S’il n’a pas composé que des chefs-d’œuvre, sa musique mérite cependant un sérieux détour et, comme l’a justement souligné Wolf Kalipp dans l’édition Urtext des Sonates, « le monde français de l’orgue serait impensable sans l’influence de Guilmant ». « Quand je serai mort, est-ce que quelqu’un se souviendra de moi, aurai-je su faire un peu de bien autour de moi? » À cette interrogation de Jehan Alain, datant de 1933, répond incontestablement l’admiration dont son œuvre et sa personnalité fascinante sont toujours l’objet. Né le 3 février 1911 à SaintGermain-en-Laye, l’aîné des quatre enfants de la famille Alain (les autres étant Olivier, Marie-Odile et Marie-Claire), il est

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initié à la musique par son père Albert, organiste. À seize ans, il entre au Conservatoire de Paris où il étudie l’écriture, la composition et l’orgue. Ses maîtres sont alors Georges Caussade, André Bloch, Paul Dukas puis Roger-Ducasse et, de 1935 à 1939, Marcel Dupré. Ses études sont freinées en 1933-34 par le service militaire et par une pneumonie récalcitrante. Même s’il déclare alors n’être « ni pianiste, ni organiste, un peu acrobate seulement et à peine improvisateur, une espèce de charlatan sincère », son frère Olivier souligne qu’il avait « le tempérament d’un grand pianiste. » Quant à son répertoire comme organiste, il témoigne d’un très solide bagage et d’une belle diversité. En 1937, deux ans après son mariage avec Madeleine Payan, Jehan Alain a la douleur de perdre sa sœur Marie-Odile, des suites d’un accident de montagne. Mobilisé en 1939, à peine quelques mois après l’obtention de son 1er Prix d’orgue, il accomplit durant la guerre des missions souvent périlleuses de messager en motocyclette au sein de l’armée, forme une chorale de soldats, arrangeant, transcrivant pour eux de la musique, et trouve forcément moins de temps pour composer. Le 20 juin 1940, deux jours avant l’armistice demandé par le maréchal Pétain, il meurt à Saumur sous les balles des Allemands. Il n’a que 29 ans… Doué pour le dessin, la mécanique et la musique, Jehan Alain laisse une abondante correspondance, publiée par sa nièce, Aurélie Decourt (Jehan Alain, Éditions Comp’Act, 2005, 343 pages). À travers les croquis et les caricatures qui illustrent ses lettres, se révèlent sa grande sensibilité, sa poésie, sa philosophie, son amour de la motocyclette, son imprévisible sens de l’humour et ses goûts musicaux : il aime le chant grégorien, la musique modale, Bach, les « classiques » français de l’orgue qu’il joue fréquemment, Mozart, Franck, Dupré, le jazz. Ses 120 œuvres ont été composées entre 1928 et 1939 et sont en grande partie destinées au clavier. Sa musique pour orgue est d’une diversité et d’une maturité étonnantes, surtout si l’on tient compte de la jeunesse de son auteur qui en a écrit plusieurs durant ses années de Conservatoire. Ses œuvres pour piano, moins connues, sont fortement influencées par Debussy et par Ravel.

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Cadet de la lignée Langlais, Duruflé, Messiaen et Litaize, Alain a expérimenté tout ce qui allait révolutionner le monde de l’orgue français : les échelles grecques antiques, les modes orientaux, révélés aux étudiants d’histoire de la musique par Maurice Emmanuel et par l’exposition coloniale de 1932, la mélopée grégorienne et la limpidité du contrepoint de la Renaissance (Variations sur un thème de Clément Janequin). Évitant les traditionnelles sonates et symphonies postromantiques, il façonne chaque œuvre selon son imagination. En un certain sens, son départ prématuré a laissé le champ libre à ses aînés et l’on n’ose se demander quel aurait été le cours de l’histoire de l’orgue français si l’auteur des Litanies avait vécu plus longtemps. Enfin, on ne saurait passer sous silence le décès, survenu le 17 mai 1961, de l’organiste de la basiliquecathédrale Notre-Dame de Québec, Henri Gagnon (1887-1961). Neveu d’Ernest Gagnon et fils de Gustave, qui l’ont précédé à son poste, il assura, de 1915 à sa mort, la continuité de cette tradition familiale remontant à 1864. Ayant parfait sa formation à Paris, auprès d’Eugène Gigout et de Charles-Marie Widor, il a contribué à les faire connaître à Québec, aux côtés de Johann Sebastian Bach et de César Franck : « au concert ou aux offices, ce jeune organiste a initié à la grande musique d’orgue plus d’un auditeur », raconte son élève Léo-Pol Morin dans ses Papiers de musique de 1930. « Il joue de l’orgue avec une virtuosité, un style et un goût des plus sûrs », ajoute-t-il. Dès 1923, il dispensa son enseignement à l’Université Laval et, de 1946 à sa mort, au Conservatoire de musique de Québec dont il fut le premier professeur d’orgue et le directeur. Cet interprète et improvisateur laisse quelques œuvres d’orgue, dont une délicate Élégie qui a été publiée dans le volume 4 de la Société pour le Patrimoine musical canadien.

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Ici et là au Québec... Montréal par Jean Ladouceur

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AOM

La randonnée annuelle du lundi 23 mai nous a fait découvrir quatre instruments de la région des Cantons de l’Est. Tout au long de la journée, l’historien Paul Racine nous a entretenus de l’architecture des églises visitées. Ses commentaires des plus judicieux et intéressants étaient non dénués d’une certaine pointe d’humour. Le premier arrêt fut pour l’église Saint-Romuald de Farnham, œuvre de l’architecte Joseph-Ovide Turgeon, construite en 1903-1904. Nina de Sole y interpréta des œuvres d’Édith Beaulieu, de Dupré, de Liszt et de Saint-Saëns sur le Casavant 1912, opus 499, de trois claviers et 34 jeux. Deux instruments étaient au programme à Granby. Le premier, lors de l’aller, se trouve en l’église anglicane St. George’s, un temple construit en 1907-1908 par l‘architecte Amos Cox. L’instrument est un Casavant de 1918, l’opus 789 d’une quinzaine de jeux et installé dans le chœur de l’église. Jonathan Oldengarm avait choisi un programme de compositeurs canadiens et québécois : Healey Willan, Joseph-Arthur Bernier, William France, Alphonse Lavallée-Smith et Sir Ernest MacMillan. Le second sera visité lors du retour. L’excursion se poursuivit à l’Abbaye Saint-Benoîtdu-Lac pour entendre l’instrument de Karl Wilhelm, 42 jeux et trois claviers, datant de 1999. Le facteur lui-même nous fit la présentation de son instrument. Par la suite, Dom Richard Gagné improvisa sur quatre thèmes grégoriens, Ave maris stella, Victimae Paschali laudes, O filii et filiæ et Veni Creator. Notons que l’église abbatiale est l’œuvre de l’architecte Dan Hanganu. De retour à Granby, le groupe visita l’église NotreDame. Datant de 1903-1906, elle est l’œuvre de l’architecte Casimir Saint-Jean. L’instrument, de 39 jeux et trois claviers, est un Casavant, opus 702, construit en 1917. Il a été restauré par la maison Guilbault-Thérien. Jens Korndoerfer y interpréta des œuvres de Franck et de Widor.

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La dernière activité de la saison artistique des Amis de l’orgue de Montréal s’est tenue à l’église St. Andrew & St. Paul le dimanche 5 juin. Isabelle Demers nous présenta des œuvres de Bach, de Brahms, de Reger et de Wagner. 

Séries de concerts

Depuis de nombreuses années, la série Summer Recitals se déroule en l’église St. James United et est dirigée par l’organiste titulaire Philip Crozier qui, cette année, en assura le concert inaugural. Le récital de clôture de la première saison de Piacevole fut donné par Julie Pinsonneault en l’église Saint-Édouard, de la rue Saint-Denis. François Zeitouni, organiste titulaire du Gesù, présenta, en cette église, le dernier concert estival de Midi ès Musica. Chaque été, l’église St. Andrew & St. Paul présente la série Organ Intermezzi sous la direction artistique de Jonathan Oldengarm. Pour une huitième saison, la basilique NotreDame a présenté son Festival international des grandes orgues sous la direction artistique de son organiste titulaire, Pierre Grandmaison. Sept autres organistes se sont succédé à la tribune. Ce sont Jacquelin Rochette, Olivier Latry, JeanWilly Kunz, Philippe Bélanger, Mathieu Latreille et Jean-Michel Allepaerts. Mentionnons que tous les vendredis après-midi du 8 juillet au 7 octobre, Pierre Grandmaison a accueilli les visiteurs à la tribune de l’orgue. Tout au long de l’année, l’église des Saints-Anges de Lachine invite des organistes à se faire entendre. Au cours de l’été, la série Les Étoiles montantes présenta les organistes Jean-Michel Grondin, Mathieu Latreille, Christophe Gauthier, DenisAlain Dion, Francine Nguyen-Savaria, Jocelyn Lafond, Marc-André Harnois, Denis Gagné. Dans le cadre des Saints-Anges en musique, un concert fut présenté par Isabelle Demers, à l’occasion de l’obtention de son doctorat en musique de la Juilliard School, de New York. Son récital Mixtures, numéro 35, novembre 2011


présentait des œuvres de Rachel Laurin. Toujours dans la même série, l’organiste Saki Aoki, Grand Prix de Chartres, s’est fait entendre en septembre. Le Festival d’orgue 2011 de l’Académie estivale d’orgue de McGill présenta John Grew au Redpath Hall, James David Christie et William Porter à l’Immaculée-Conception, Olivier Latry à Notre-Dame, Sietze de Vries à St. John the Evangelist et enfin Michel Bouvard à l’église Saint-Jean-Baptiste. En septembre eut lieu la deuxième saison de la série les Arcs-Boutants à l’église Saint-PierreApôtre laquelle commença avec Gabrielle Tessier suivie de Denis Bonenfant, Suzanne Ozarak, Henri-Franck Beaupérin et Jean Ladouceur. Du 23 septembre au 2 octobre avait lieu le 13e Festival Orgue et Couleurs. Lors des Midis à la carte, cinq organistes se sont produits dans cinq églises : Aldéo Jean à Très-Saint-Rédempteur, Jean-Michel Grondin à Saint-Jean-Berchmans, Jonathan Oldengarm à l’Immaculée-Conception, Julie Pinsonneault à St. Andrew & St. Paul et Marc-André Harnois à Saint-Esprit de Rosemont. Quant aux Concerts apéro, ils présentèrent divers musiciens ainsi que des organistes. Enfin, le 1er octobre avait lieu à la basilique Notre-Dame un grand concert ayant comme invitée Susan Landale, organiste aux Invalides, de Paris. Les Dominicales de l’église Saint-Jean-Baptiste ont repris le 1er septembre en la chapelle SaintLouis. Le concert était intitulé Les Voix du Sacré et mettait en vedette Samantha Louis Jean, soprano, Anne Robert, violoniste et le titulaire Jacques Boucher. Au cours de l'été, Philip Crozier a donné treize récitals en Allemagne, en Suisse, en Hollande et au Danemark. L'intégrale des œuvres de Jehan Alain a été présentée au cours de ces récitals qui incluaient une soirée sur l'orgue de la famille Alain à Romainmôtier, en Suisse. Les programmes présentés soulignaient aussi les anniversaires de Georg Böhm et d’Alexandre Guilmant et mettaient en vedette des œuvres de compositeurs canadiens tels Denis Bédard, William Reed, Omer Létourneau, Alfred Tardif et Henri Gagnon.

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Le 25 septembre, on a souligné le 25e anniversaire de nomination de Philip Crozier en tant que directeur musical à l’église unie St. James. 

Nominations

Suzanne Ozarak a été nommée organiste de l’église Sainte-Catherine-Labouré dans l’arrondissement Lasalle. Denis Bonenfant quitte son poste à l’église Saint-Antoine-Marie-Claret pour accéder à celui d’organiste à l’église de la Nativité-de-la-ViergeMarie, de Laprairie. Dominique Lupien est devenu, en septembre, le nouvel organiste titulaire à l’église Saint-Viateur, dans l’arrondissement Outremont.

Québec par Esther Clément avec la collaboration de Robert Poliquin et Paul Saccà

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Saison AOQ

La saison des Amis de l’orgue de Québec 20102011 s’est terminée avec une activité fort originale et qui a remporté un vif succès : Organiste d’un jour. Dans un concept tout à fait nouveau pour les habitués des concerts d’orgue, cette activité rappelle Star Académie, une émission très populaire au petit écran ainsi qu’auprès des jeunes. Dépassant toutes les attentes des organisateurs, c’est plus d’une vingtaine de jeunes de moins de 16 ans qui se sont présentés à la tribune des grandes orgues de l’église SaintsMartyrs-Canadiens pour exécuter leurs courtes pièces, pour la plupart écrites pour piano. Sous les judicieux conseils de deux organistes chevronnés, soit Marie-Hélène Greffard et Sylvain Barette, les jeunes ont joué leurs œuvres avec des jeux variés, exploitant les différentes couleurs de l’orgue et découvrant ainsi les multiples possibilités de cet instrument majestueux. Les enfants étaient mignons à entendre et à voir, car leurs prestations étaient présentées sur écran géant! Un DVD a été remis à tous les participants; gageons que ce moment mémorable incitera quelques jeunes à se tourner vers l’orgue dans l’avenir! Page 23


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Autres concerts

Le printemps et l’été ont aussi été riches en activités. L’église Chalmers-Wesley nous a présenté une série estivale bien garnie. Soulignons que l’organiste bien connu à Québec Dany Wiseman a remplacé Dominique Joubert pour le premier concert de cette série. L’église du Très-Saint-Sacrement a aussi présenté son traditionnel Printemps de Saint-Sacrement. Lors de cette édition, les organistes GillesMaurice Leclerc, Jocelyn Lafond, Emmanuel Bernier et Irène Brisson se sont succédé à la tribune de ce grand instrument. En Beauce, les amateurs d’orgue ont été comblés lors du Festival d’orgue de Sainte-Marie par la venue de Jonathan Oldengarm de Montréal, qui a interprété un programme composé uniquement de transcriptions pour orgue. Aussi, l’excellent chœur La Schola Cantorum de Québec, sous la direction de Claude Lemieux et accompagné par l’organiste-titulaire Dominique Gagnon, a séduit le public. Le dernier concert a mis en vedette François Grenier et Marie-Hélène Greffard, qui venait tout juste de remporter le Premier prix du Concours d’orgue de Québec. Il faut être jeune et en forme pour présenter deux programmes différents à quatre jours d’intervalle! Au cours de l’été, à la basilique-cathédrale NotreDame, les amateurs de chant choral ont découvert de grandes œuvres vocales dans le cadre de la série Missae Choralis. Pierre Bouchard était l’organiste invité lors du lancement de la saison des Concerts de la cathédrale le 4 septembre dernier. Il y a toujours beaucoup d’action à la cathédrale, surtout lorsque Claude Lemieux est aux commandes! La tradition du Festival d’orgue du printemps à l’église Saint-Roch s’est poursuivie lors des quatre mercredis du mois de mai dernier. Ainsi, le 4 mai, c’est l’organiste-titulaire de l’église Très-SaintSacrement, de Québec, Jean Côté, qui a inauguré la série dans un programme axé principalement sur le répertoire romantique. La semaine suivante, la série recevait Robert Gosselin, titulaire aux églises Saint-Yves et Saint-Louis-de-France, de Québec, suivi, le 18 mai, par l’organiste montréalaise Nina De Sole. La série a pris fin par le Page 24

récital d’Édith Beaulieu, la nouvelle titulaire de l’orgue Saint-Roch, dans un programme qui a séduit le public et qui lui a valu une longue ovation. Près de 300 auditeurs ont assisté aux différents concerts. Fort de son succès, l’événement aura encore lieu en mai prochain. À quatre reprises, les 25-26-27-28 juillet, dans le cadre du 1er Festival d'opéra de Québec, les organistes Robert Patrick et Claude Girard ont présenté, sur l'orgue Casavant 1930, Opus 1361, (III/P, 34 jeux) de la chapelle du Musée de l'Amérique française, un récital composé d'airs d’opéra sous forme de fantaisies arrangées pour orgue à quatre mains et célesta par Robert Patrick Girard. Les airs provenaient des opéras La Flûte enchantée et Les Noces de Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart ainsi que de Carmen de Georges Bizet. L'élaboration de ces œuvres a nécessité de longues heures de travail ainsi que de nombreuses réécritures afin de tenir compte de l'instrument par rapport à la version vocale avec orchestre. Le résultat, d'un bel équilibre, a grandement plu aux quelque 150 à 200 personnes présentes lors de chaque représentation. D'une durée d'environ 50 minutes, ces récitals ont permis au public de passer un moment fort agréable tout en dégustant un apéro. 

Nomination

Pierre Bouchard a été nommé organiste titulaire à la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré. Il exerce aussi la fonction d’organiste titulaire à l’Oratoire Saint-Joseph, de Québec, qu’il partage avec Serge Laliberté.

Estrie par Chantal Boulanger

L’envol de la saison des Amis de l’orgue de l’Estrie a eu lieu le 25 septembre par un concert avec Caroline Demers, soprano et Louis Brouillette, organiste dans des œuvres de Joseph Bonnet et de Haendel à l’église Plymouth-Trinity. La saison se poursuivra avec un concert de Denis Gagné qui jouera des extraits de son plus récent disque Laudate Dominum (2010) à l’église Immaculée-Conception, le 20 novembre. Ce concert est commandité par la firme Lévesque-Roussin.

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Par la suite, Esther Clément et Dominique Gagnon nous feront découvrir les sonorités éclatantes des grandes orgues de la basilique-cathédrale SaintMichel dans un répertoire pour orgue à deux et quatre mains, le 19 février. Et pour terminer la saison, Chantal Boulanger et Leslie Young interprèteront, le 15 avril, des œuvres de diverses époques sur les orgues virtuelles d’Yves Petit-Clerc, de Sherbrooke.

Rimouski par Rémi Martin

Les AOR ont 40 ans! Les Amis de l’orgue de Rimouski fêtent cette saison leur 40e anniversaire de fondation. Initié par le milieu de l’orgue rimouskois, dont l’organiste et pédagogue Sr Pauline Charron et l’organiste-titulaire de la cathédrale Saint-Germain, Jean-Guy Proulx, le projet d’implantation d’une société des Amis de l’orgue recevait l’appui des Amis de l’orgue de Québec, particulièrement du ténor Pierre Boutet et de l’organiste et professeur Antoine Bouchard. De grands noms de l’orgue se sont produits aux Amis de l’orgue de Rimouski; citons entre autres, à Marie-Claire Alain, Antoine Bouchard, Raymond Daveluy, Kenneth Gilbert, Dom André Laberge, Bernard et Mireille Lagacé, Gaston Litaize, Michael Radulescu,et Antoine Reboulot. Cette liste peut aussi se garnir de nombreux autres musiciens de très grand talent, d’ici et de l’étranger. Au fil des ans, les Amis de l’orgue de Rimouski ont présenté en moyenne 5 concerts par saison, en plus d’inviter des musiciens et des ensembles à l’occasion de leur académie estivale. Au total, près de 250 concerts ont ravi les mélomanes de la région.

Concerts d’orgue Quand? Où? Qui? Consultez la rubrique Concerts à

Les Amis de l’orgue de Québec veulent souligner le dévouement et l’implication de Claude Beaudry qui, cette année, a décidé de mettre fin à toute fonction officielle au sein des AOQ. Si les AOQ peuvent célébrer cette année leur 45 ans d’existence, c’est grâce à la persévérance de personnes comme Claude Beaudry qui n’ont jamais été avares de leur temps pour la cause de l’orgue. Organiste à l’église Saint-Charles de Limoilou puis au monastère des Augustines de l’HôtelDieu de Québec et bibliothécaire à l’Université Laval, Claude Beaudry s’est impliqué très tôt dans le monde de l’orgue. Dès 1971, après ses études, on le nomme coordonnateur de la Section des jeunes des AOQ. En 1974, il fait son entrée au Conseil d’administration. Au cours des saisons, il a occupé différents postes. Ainsi,  de 1974 à 1976 : secrétaire-trésorier;  de 1976 à 1979 : secrétaire;  de 1979 à 1986 : membre du conseil d’administration. En étroite collaboration avec le secrétaire-trésorier, Thomas Chapais, il cumule plusieurs tâches; entre autres, l’engagement et l’accueil des artistes, le secrétariat, la rédaction des bulletins, la mise en page des programmes de concert. Si notre société a survécu, c’est en partie grâce à la persévérance de ces deux personnes profondément attachées à leur mission.  de 1986 à 1988 : président;  de 1988 à 2001 : membre du C.A. C’est comme président, depuis 2001, que Claude Beaudry termine, en 2010, ce long mandat au Conseil d’administration des AOQ. Très apprécié des membres de son comité, il a supervisé de près l’organisation de tous les concerts et activités de la société tout en poursuivant soigneusement ses travaux de mise en page de notre bulletin, des programmes de concert et aussi des livrets d’excursions culturelles. Merci pour ce tout ce dévouement et cette précieuse collaboration tout au long de ces 36 années.

www.fqao.org

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Parutions par Robert Poliquin Rachel Laurin : Œuvres pour orgue Isabelle Demers Orgue Casavant, Opus 869, 1920/2006 (IV/P, 65 jeux/69 rangs) Église Saints-Anges, Montréal (arrondissement Lachine) À l’occasion de son deuxième enregistrement, l’artiste nous propose des œuvres de Rachel Laurin. Autour de trois œuvres majeures : Introduction et Passacaille sur un thème de Raymond Daveluy op. 44, Symphonie no 1 op. 36, et Étude héroïque, op. 38, Isabelle Demers fait preuve d’une excellente technique tant aux claviers qu’au pédalier. Les Douze courtes pièces de l’opus 43, de formes différentes révèlent les couleurs très variées de la vaste palette sonore de l’instrument. Un enregistrement à se procurer absolument. Un chef-d'œuvre! ACIS, APL 61256, 2011

Louis-Nicolas Clérambault : Livre d’orgue Kenneth Gilbert Beckerath, 1960 (V/P, 77 jeux/117 rangs) Basilique de l’Oratoire Saint-Joseph. Montréal La maison XXI nous offre une réédition de l’enregistrement des Suites no 1 et no 2 de Clérambault réalisé à l’automne 1965 par Kenneth Gilbert. Nous devons une fière chandelle à ce grand artiste qui, dans les années 1960, a été impliqué dans le Renouveau de l’orgue au Québec. Par son jeu très raffiné, il nous transporte au XVIIe siècle et nous permet de savourer toute la richesse de cette musique française. Très belle initiative, car l’enregistrement original était devenu quasi introuvable. Merci de nous faire apprécier une si belle prestation. XXI, CD 2 1694, 2011

Couleurs de l’orgue néo-baroque Jacques Kauffmann Schwenkedel, 1967/1977/2009/2010 (IV/P, 39 jeux/57 rangs) Abbaye Saint-Pierre de Solesmes (France) Jacques Kauffmann a choisi d’interpréter des œuvres baroques de Georg Böhm, Jean-Adam Guilain, Johann Sebastian Bach et Georg Friedrich Haendel. Il conclut cependant avec des œuvres de Robert Schumann et Félix Mendelssohn. Quel bel instrument et quelle prise de son! Ces deux éléments combinés au jeu intelligent de l’artiste qui utilise avec grand soin les ressources sonores de l’instrument font de ce disque un bijou à écouter et à réécouter. Abbaye de Solesmes, SAO 02, 2011 Page 26

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Musique française des XVIIe et XVIIIe siècles Benjamin Alard, orgue et Thomas Van Essen, ténor Facteur anonyme du XVIe / Mutin 1913 / Haerpfer-Ermann 1954 / Michel Giroud 2000 (II/P, 18 jeux/26 rangs) Église Saint-Ouen, Port-Audemer (France) Belle réussite que cet enregistrement sur un orgue qui a retrouvé son état antérieur à la Révolution! Dans des œuvres de Jehan Titelouze et de Jacques Boyvin ainsi que des transcriptions d’œuvres de François Couperin et Jean-Marie Leclair où interviennent la viole de gambe et le violon, Benjamin Alard nous fait apprécier les couleurs extraordinaires de cet instrument dont une partie de la tuyauterie date du XVIe siècle. Il complète son programme en faisant appel à un ténor dans des œuvres de Marc-Antoine Charpentier et Jean-François Lallouette. HORTUS, 076, 2010 Hakim Plays Hakim Naji Hakim Van den Heuvel, 2009 (IV/P, 91 jeux/120 rangs) Salle de concert de la radio danoise, Copenhague (Danemark) Au tour des amateurs de musique contemporaine d’être bien servis. Sur le plus gros instrument du Danemark installé dans la nouvelle salle de concert de la radio danoise, Naji Hakim nous emporte dans un univers sonore poétique que lui seul sait créer. Chaque œuvre est basée sur des hymnes ou thèmes danois ou libanais. Les vastes ressources sonores de cet instrument lui permettent de nous faire vibrer tant aux douces couleurs qu’à la fureur de son plein jeu. C’est un enregistrement à découvrir! SIGNUM, SIGCD 222, 2010

Une vie sous le signe de la musique — Autobiographie Augustine Plamondon-Smith Saint-Raymond de Portneuf, Éditions Borgia, 2008, 2e édition, 206 pp. Qui est Augustine Plamondon-Smith? Elle fut organiste à l’église de Saint-Raymond de 1925 à 2000 (oui… 75 ans — un record homologué par Guinness) et une figure importante dans le monde musical de sa région. Elle est décédée en 2010 à l’âge de 102 ans. Très jeune, elle se découvre une passion pour la musique et décide de développer ce talent. Lorsqu’à 17 ans, elle est nommée organiste, elle entreprend des études avec Joseph-Arthur Bernier et l’année suivante, elle s’inscrit à l’École de musique de l’Université Laval où elle devient l’élève d’Henri Gagnon. Elle effectuera des stages d’études en France, en 1949 et en 1950 auprès de Marcel Dupré, Rolande Falcinelli et Jean Battala. De retour, elle s’implique dans la vie musicale de son coin de pays où elle continue d’enseigner la musique et monte de nombreuses opérettes, et ce, tout en poursuivant son rôle d’organiste liturgique. Cette autobiographie se lit comme un vrai roman avec la musique est omniprésente comme toile de fond. Mixtures, numéro 35, novembre 2011

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L’orgue sur le web par André Côté Un peu de tourisme pour commencer cette chronique : je vous amène visiter le Musée suisse de l’orgue. Située dans un bâtiment classé monument historique de la ville de Roche, cette institution présente 23 siècles de musique, d'histoire et de technique. Plusieurs instruments allant d’un prototype grandeur nature de l’orgue hydraulique de Ctésibios d'Alexandrie (246 avant J.-C.) jusqu’au grand orgue de Radio-Lausanne y sont exposés.

Un autre personnage de qui on dira qu’il aura probablement marqué le monde de l’orgue : Jean Guillou. Le projet « Jean Guillou : Présence(s) » consiste en l’édition de quatre DVD comportant des enregistrements de concerts, d'improvisations et d'entretiens. http://www.jeanguillou-dvd.org/index_fr.php

http://www.orgue.ch/ Le festival international Toulouse les Orgues, un événement annuel, en est à sa 16e édition. La mouture 2011 a voulu souligner le bicentenaire de la naissance d’Aristide Cavaillé-Coll dont l’orgue, l’un des rares pratiquement dans son état d’origine, résonne encore en la basilique Saint-Sernin. Le second point fort de cette édition fut la commémoration du centenaire de la naissance de Jehan Alain. L’occasion a été donnée d’entendre des œuvres de ce compositeur mort prématurément en 1940 au champ de bataille. http://www.toulouse-les-orgues.org/

Le premier DVD au titre surprenant de « La révolte des orgues », qui retrace l’activité artistique récente de Jean Guillou, s’articule autour de l’enregistrement de l’étonnant opus 69 du maître, écrit pour grand-orgue, huit orgues positifs (!) et chef d’orchestre. Le deuxième DVD de la série, intitulé « L’ébauche d’un souffle », sera suivi des deux derniers encore en cours de production. Plusieurs extraits permettent d’apprécier le produit. Le site « Instruments pour jouer la musique du Moyen-âge » présente les différents ancêtres de l’orgue moderne. On y retrouve les descriptions de l’orgue portatif, de l’orgue positif (de table ou de chœur) et l’orgue de tribune. Le tout est accompagné d’une iconographie. http://www.instrumentsmedievaux.org/pages/ ORGUE.html

Pour en apprendre plus sur l’instrument qui a influencé, voire inspiré l’œuvre de ce regretté musicien, un détour s’impose vers le site de l’Association Jehan Alain. http://www.jehanalain.ch/ Différentes manifestations (concerts, cours, séminaires) sont organisées afin de faire vivre l’orgue de salon de la famille Alain, construit de 1910 à 1971 par Albert Alain. Cet instrument, à l’intérêt historique certain, a subi des péripéties dignes de mention incluant des démontages et des entreposages pour finalement atterrir en la ville suisse de Romainmôtier où il est de nouveau accessible.

Un point particulièrement intéressant de cette page est l’extrait vidéo où l’on peut voir et entendre Christophe Deslignes interpréter à l’orgue portatif deux pièces médiévales : « Non el so amante » et « Istampita Isabella ». C’est là l’occasion de découvrir des sonorités nouvelles généralement inconnues à nos oreilles modernes et de se transporter, l’instant de ces deux pièces, quelques siècles en arrière.

Le texte intégral (avec liens hypertextes) de cette chronique peut être consulté à l'adresse suivante : http://pages.videotron.com/acote/

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Revue des revues par Gaston Arel et Robert Poliquin FRANCE L’orgue francophone / BULLETIN DE L’ORGUE FRANCOPHONE FFAO, 13 rue de Balzac, 93600 Aulnay-sous-Bois, France. No 43 — 2011 : Éditorial — La famille Alain et son rôle dans la musique française du XXe siècle — Biographie pour un Centenaire, Jehan Alain (1911-1940) — L’orgue espagnol Joaquin Lois du Temple de Serrières (Neuchâtel) — Jean-Sébastien Bach, musicien, architecte et dramaturge — Présentation radiodiffusée d’œuvres de Jean-Sébastien Bach — Commentaire sur l’orgue phonochromique — Les facteurs d’orgues nancéiens entre 1800 et 1874 — Route des Orgues en Allier et à l’entour — Le grand orgue de la cathédrale de Clermont-Ferrand — In memoriam : Jeanne Joulain, Alain de Chambure et Pierre Vidal — Assemblée générale de la FFAO du 9 juillet 2010 à Vichy — Route des Orgues 2011 dans le Loiret. o

N 44 — 2011 : Route des orgues dans le Loiret — Hommage à Pierre Bernier — Un millénaire d’histoire de l’orgue en Orléanais — Hommage à Jean-Marc Cochereau — Pierre Bernier, l’ami de Fleury — Les orgues entendus en concert : Orléans, Lorris, Amilly, Beaune-la-Rolande-Pithiviers, Châteauneuf-sur-Loire, Saint-Benoît-sur-Loire, Sully-sur-Loire, Gien, Briare, Saint-Péravy-le-Colombe, Meung-sur-Loire, Beaugency. Orgues nouvelles / Coet Sal — Mériadec, 56400 Plumergat, France. (Supplément de musique et CD avec chaque numéro) No 12 – Printemps 2011 : Éditorial — Jehan Alain aurait eu 100 ans — Trois Danses — L’enseignement de Pierre Segond — Le Conservatoire de Genève : Cent septante cinq ans — Pédagogie : De Pierre Segond à François Delor — Jean-Jacques Grunenwald (1911-1982) : Un dimanche matin à Saint-Sulpice, Le compositeur, ses fils et ses élèves témoignent — Infos en montre — ECHO/Trondheim (Norvège) : mille ans d’accueil et de foi — Toulon : un parcours à long terme — Nice/SaintPaul-de-Pessicart : Une église et trois orgues — Les Princes et leurs organistes — Ludwig Boslet, musicien inspiré et méconnu — Histoire de la musique en Belgique au XIXe siècle — Petites factures : Little is beautiful – Subtilité des Corps glorieux d’Olivier Messiaen – Éternités — Organo Pleno — Boîte expressive. o

N 13 – Été 2011 : Éditorial – Organo Latino : L’orgue en Amérique latine — Les Chemins du Baroque dans le Nouveau Monde — Mission sauvetage et régénération — Mixtures, numéro 35, novembre 2011

L’orgue baroque au Nouveau Monde — Orgues du Nouveau Monde — Organistes du Nouveau Monde… Quel répertoire ? — Domenico Zipoli (1688-1726) : Énigmes et controverses — K 617…Révélation d’un continent musical disparu — Bogota… Le facteur Oskar Binder et la filière colombienne du Conservatoire — 10 ans de voyages… et 5 siècles d’orgue — Infos en montre – Saint-Quentin… Classe d’orgue « ouverte » — Orgues Latins : un orgue italien dans les Ardennes, un orgue ibérique en Champagne, des orgues espagnols en France — Marco Enrico Bossi (1861-1925) — Fanfare II de Philippe Boesmans — Histoire de la musique d’orgue en « Belgiques » au XXe siècle — Organo Pleno — Éternités — Boîte expressive — Nouvelle associa-

tion : Orgue en France. Musica et Memoria / ASSOCIATION ELISABETH HARVARD DE LA MONTAGNE, 31 rue du Chagnaud, 17450 Rioux, France. 31e année, No 117-120 — 2010 : Chanoine Joseph Joubert, auteur des Maîtres contemporains de l’orgue — La pédagogie musicale selon Carl Orff — Jean Marcor, ténor belge à la voix lumineuse — Hommage à trois organistes du XXe siècle : Jeanne Joulain, Pierre Vidal et Xavier Guerner — Philosophie de la musique contemporaine : dialectique du son — Obituaire des musiciens, année 2010 — Charles-Martin Loeffler, un musicien cosmopolite — Notes sur quelques lauréats du Prix de Rome de composition musicale — Dame Joan Sutherland (1926-2010) — François Étienne, clarinettiste et musicien éminent — Revue des revues. Le tuyau / BULLETIN DE LIAISON DE L’ASSOCIATION « CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’ORGUE », 31ter avenue Saint-Lazare, CS 82137, 34060 Montpellier, France. No 46-47 — 2010 : Éditorial — Un nouvel orgue ibérique pour l’église des Saints François de Montpellier— Revue des revues — CDs, DVD, Livres—L’Association Jean Ribot des Amis de l’orgue — Colloque « Les Micot, facteurs d’orgues des Lumières ». SUISSE La tribune de l’orgue / REVUE DE SUISSE ROMANDE, Guy Bovet, CH-2000 Neuchâtel, Suisse. 63e année, No1 2011 : Éditorial — Le séjour italien d’Antonio et Juan Cabezon (II) — Le Mexique revisité — Facture d’orgue et « Orgelbewwegung en RDA » (1949-1989) — Le quart d’heure d’improvisation — Page 29


La partition du trimestre : Aria de la Suite en ré de J.S. Bach — L’orgue de chœur du temple de Cossonay et le restaurant du Cerf — Les voyages de M. Philéas Fogg — Renaissance de l’orgue de Carouge — Saint-Martin (NE) métamorphose d’un orgue — Orgues neuves, restaurées — Actualité : disques, partitions, livres, divers, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts. 63e année, No2 2011 : Éditorial — L’orgue miraculé d’El Vendrell — Orgues, organistes et facture d’orgues au Tessin — Quelques orgues aux Philippines — Le quart d’heure d’improvisation — La partition du trimestre : l’Ave Maria de Schubert — Les célébrations du centenaire de la naissance de Jehan Alain — L’orgue de la cathédrale de Mariana et le restaurant « Bistrô » — Orgues neuves, restaurées…— Actualité…

New York City — The American Synagogue Organ: A Brief Account — A Hook Holiday — Roosevelt’s Opus 421 Damaged in Fire — Historic Organ Citation — Archives Corner — Books and CD Reviews. Vol 55 No 3 — Summer 2011 : Message from the Executive Director — The 2006 Restoration of the 1883 Thomas Prentiss Sanborn Organ — The Organs of Bethany College — An American Bach Edition at Last — Historic Organ Citation — Archives Corner — Books and CD Reviews. Vol 55 No 4 — Fall 2011 : Message from the President — The Liszt Organ of Merseburg Cathedral — Conrad Weiser and his Hausorgel — Stambauch Auditorium’s Skinner Opus 582 Restored — Obituaries — Historic Organ Citation — Archives Corner — Books and CD Reviews.

CANADA Organ Canada / Orgue Canada / JOURNAL BIMENSUEL DU COLLÈGE ROYAL CANADIEN DES ORGANISTES (RCCO/ CRCO), 202-204 St. George Street, Toronto May 2011 : Douglas Haas — Hamilton Organ Festival 2011 — The Great West Window all Aflame Doth Shine — Canadian Choral Composition Competition for Young Composers — UK Report — Organ Selection : Elegie by Herbert A. Fricker — Derek Holman at 80 — President’s Message — Hindsight — Sixteenth Notes — Positions Available. July 2011 : The Quebec Organ Competition — Montreal’s Canadian International Organ Competition — St. Luke’s 2010 Hymn Tune Competition Results — Godfrey Hewitt Scholasship Competition 2011 — UK Report — From the Ranks — President’s Message — Centre News — Alan Reesor Honoured on Prince Edward Island — Positions Available — John Grew. September 2011 : Hamilton Organ Festival : It’s Hotter Than Hell in Here! — Organ Selection : Prelude, Op. 49/1 by Alexander Glazunov — Historic Organ: St. Paul’s Presbyterian, Port Hope, ON — Calgary Organ Festival, October 16th-23rd — UK Report — SOCAN, Music Licensing and the RCCO — John Gross Memorial Scholarship — Examinations: the Perennial and the Particular —President’s Message — Hindsight — Centre News — Sixteenth Notes and Positions Available. ÉTATS-UNIS The Tracker / JOURNAL OF THE ORGAN HISTORICAL SOCIETY (OHS), P.O. Box 26811, Richmond, VA 23261 Vol 55 No 2 — Spring 2011 : Message from the President — The Organ in the First Church of Christ, Scientist, Page 30

The American Organist / JOURNAL OF THE AMERICAN GUILD OF ORGANISTS (AGO), 475 Riverside Drive, Suite 1260, New York, NY 10115 Vol 45 No 9 — September 2011 : Musicians in Part-Time Employment — Improvisation Initiatives — On the Organ’s Alleged Playing of Parallel Fifths and Octaves — Defending the Organ in Higher Education — Green and Pleasant American, Part III: The Longwood Gardens Aeolian Organ — Organ Feature: Westminster Presbyterian Church, Rockford, IL (Holtkamp, II/P, 53/38). Vol 45 No 10 — October 2011 : AGO Colleague Exam 2012—Musicians in Part-Time Employment—Lillian Tillinghast Frohock: Pioneering Concert Organist— Improvisation Initiatives—The Haunted Organist of Hurly Burly—2012 Anniversaries — Organ Feature: St. George’s Episcopal Church, Fredericksburg, VA (Parsons, III/P, 36/44). The Diapason / 3030 W. Salt Creek Lane, Suite 201, Arlington Heights, IL 60005 Vol 102 No 8 — August 2011 : Emulation and Inspiration: J.S. Bach’s Transcriptions of Vivaldi’s L’estro armonico — Birds, Bells, Drums, and More in Historical Italian Organs (Part 2) — Organ Feature: St. Philip Presbyterian Church, Houston, TX (Fritts & Co., III/P, 48/70). Vol 102 No 9 — September 2011 : On the unknown Prelude and fugue by Gottfried Kirchhoff: Recovering some lost pages of his output — Dear Harpsichordists: Why Don’t We Play from Memory? - The Story of a Home Practice Organ — Organ Feature: Golden Hall of the Music Society, Vienna, Austria (Rieger Orgelbau, IV/P, 86/115).

Mixtures, numéro 35, novembre 2011


Mixtures #35, novembre 2011  
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