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Numéro 34

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org

Mai 2011


Festival d’orgue de Sainte-Marie 2011 5 juin

Schola Cantorum de Québec sous la direction de Claude Lemieux Dominique Gagnon, organiste titulaire des grandes orgues de l’église Sainte-Marie de Beauce

12 juin

Jonathan Oldengarm (Montréal)

19 juin

Marie-Hélène Greffard et François Grenier (Québec) Orgue à 4 mains Tous les concerts sont présentés en direct sur ÉCRAN GÉANT

Les dimanches à 15 heures en l’église de Sainte-Marie (62, rue Notre-Dame, Sainte-Marie-de-Beauce) Pour information : (418) 386-2969 Offrande volontaire


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

Sommaire 4

Comité de rédaction Claude Beaudry, Irène Brisson, Noëlla Genest, Robert Poliquin, Michelle Quintal

Les organistes 5 9

Collaborateurs à ce numéro Gaston Arel, Marie Audette, Chantale Boulanger, Irène Brisson, Esther Clément, André Côté, Isabelle Demers, Denis Juget, Jean Ladouceur, Hélène Panneton, Robert Poliquin

Éditorial

Isabelle Demers (2e partie) Hommage à Gaston Arel Les congrès/conférences/colloques

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Congrès RCCO/CRCO 2010 Concours international d’orgue du Canada 2011 Concours d’orgue de Québec Les instruments

Révision Claude Beaudry et Gérard Mercure

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Les chroniques

Impression Les Copies de la Capitale Paraît deux fois par année : mai et novembre Prix : 5 $ par numéro

Date de tombée : 1er du mois précédent

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1

Restaurations des orgues Casavant, Opus 70 et 72 L’orgue de la cathédrale Christ the Light, Oakland, CA

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Anniversaires en musique

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Ici et là, au Québec... - Montréal - Québec - Estrie

34 36 37

Parutions L’orgue sur le web Revue des revues

Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, avenue d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Mai 2011 ISSN 1201-5741

Mixtures, numéro 33, novembre 2010

En couverture : Mitchell 1871 / Létourneau 1987 2 claviers manuels et pédalier 20 jeux, 22 rangs Traction mécanique des claviers et des jeux Église Saint-Michel Vaudreuil, QC (Photo: Richard Lavertue)

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Éditorial Depuis son lancement, en 1994, la revue Mixtures s’est donnée comme mission de refléter la vie de l’orgue et de ses artisans au Québec en fournissant à ces derniers un véhicule leur permettant d’informer les mélomanes et le public en général et de signaler leurs activités. L’exemplaire dont vous faites actuellement la lecture est le plus volumineux de tous les numéros publiés jusqu’à présent. En effet, il comporte 40 pages au lieu des 32 habituelles. Cela est dû au fait qu’on ne pouvait passer sous silence les très nombreuses activités concernant l’orgue, tant de la part des organistes que chez les facteurs d’orgues. Les nombreux organismes musicaux québécois, dotés de structures de gestion parfois très imposantes, disposent de larges moyens financiers et de personnels rémunérés. Aussi, ils réussissent souvent à monopoliser l’actualité culturelle dans les différents médias d’information. Malgré cela le monde de l’orgue, comptant sur des ressources beaucoup plus modestes et uniquement sur du personnel bénévole, est pourtant bien vivant et entend le demeurer! L’année 2011 ne sera pas en reste. Déjà, dès le début de l’année, une nouvelle association locale a vu le jour : les Amis de l’orgue de l’Estrie. Ce nouvel organisme a pris son envol sous la présidence de Chantal Boulanger, professeur au CEGEP de Sherbrooke et organiste titulaire de la cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke. Ensuite, cette même année 2011 vivra des événements incontournables : le Concours d’orgue de Québec en juin, l’Académie estivale d’orgue de McGill en juillet et le Concours international d’orgue du Canada en octobre. De plus, il faut mentionner les différentes séries de concerts organisées dans le cadre des saisons régulières. Ne pas oublier également celles issues de nombreuses initiatives locales et qui se déroulent souvent au cours de l’été et au début de l’automne, que ce soit à Montréal, à Québec, aux Trois-Rivières (Cap-de-la-Madeleine), à Saguenay (Chicoutimi), à Lac-Bouchette, à Sainte-Marie-deBeauce, à Baie-Saint-Paul, etc. Ces organismes locaux présentent des artistes, souvent de la relève, dans des performances de haut niveau et mettant en vedette des instruments de notre patrimoine. Il ne suffit souvent que de les encourager par notre présence. Bonne lecture et bon été. Robert Poliquin Widor en symphonie avec le Québec… Cinq orgues du Québec, de Montréal aux portes de la Gaspésie, autant d’interprètes qui présentent l’intégrale des 10 symphonies de Widor auxquelles s’ajoutent les Six nouvelles pièces et la Suite latine. Ce coffret de 6 disques illustre de manière convaincante l’art de la facture d’orgue en terre de Nouvelle-France que la fameuse maison Casavant Frères, qui a construit les cinq orgues enregistrés ici, a porté aux plus hauts sommets.

Une vibrante manifestation de la sensibilité de l’école d’orgue québécoise. Disponible auprès des interprètes et chez les disquaires. XXI-CD 2 1720


Isabelle Demers UNE AUTO-ENTREVUE

Avez-vous un ou des compositeurs préférés? (SP) Bach est probablement le compositeur que j’admire le plus, comme bien des gens d’ailleurs. Sa musique est généralement plutôt complexe et il avait une maîtrise totale de toutes les techniques imaginables; mais cette complexité n’est pas perçue en surface. Si on pense par exemple aux Variations canoniques, il s’agit d’une œuvre bâtie à l’aide de techniques extrêmement rigoureuses; pourtant, Bach est néanmoins capable de capturer toutes les émotions reliées à la naissance du Christ.

Bien que j’aie entièrement rédigé cette « autoentrevue », plusieurs organistes d’ici et d’ailleurs ont gracieusement accepté de me soumettre des questions. Je voudrais donc remercier Irène Brisson (Québec) et Suzanne Purtee (Huntsville, Alabama), ainsi que François Pinard (Montréal), Robert Poliquin (Québec) et François Zeitouni (Montréal) pour leurs questions.

2e partie

Mixtures, numéro 34, mai 2011

Quant aux autres compositeurs, il serait plus rapide de nommer ceux que je n’aime pas! J’aime beaucoup la musique allemande, quoique je préfère les compositeurs ayant utilisé le langage tonal (donc j’aime bien le Schoenberg de la Nuit transfigurée, mais moins celui des Pièces op. 11). J’aime beaucoup la musique anglaise, surtout les compositeurs de la Renaissance (Byrd et Tallis) et du XXe siècle. J’adore la musique russe, surtout Prokofiev et Chostakovitch, mais mon appréciation de la musique française se limite plus ou moins à Fauré, Ravel, Debussy et Poulenc, ainsi que Messiaen, quoiqu’à petites doses! J’ajouterais que je n’écoute pratiquement jamais de musique d’orgue puisque que je préfère de beaucoup la musique orchestrale et opératique, ainsi que la musique vocale/chorale. Comment choisissez-vous vos programmes? (SP) Mon premier critère est l’auditoire. Par exemple, à l’été 2010, j’ai joué l’opus 73 de Reger pour le congrès ISO-AIO; ce n’est certainement pas une œuvre facile à écouter, mais je pensais que c’était un bon choix pour un auditoire composé presque exclusivement de facteurs d’orgue puisque c’est une pièce qui permet de montrer toutes les ressources tonales d’un instrument. Les facteurs d’orgue étant pour la plupart musiciens, on peut aussi leur demander d’écouter une œuvre de plus de 15 minutes, ce qui n’est pas toujours possible avec un auditoire formé de nonPage 5


musiciens. Par la suite, j’essaie aussi de respecter les désirs de l’organisateur du concert, sauf si je les trouve déraisonnables. En général, pour un programme de 90 minutes, j’aime choisir six compositeurs différents, représentant différentes époques et différents styles. Je commence presque toujours par Bach, et j’essaie d’inclure au moins une œuvre contemporaine et une transcription. Que pensez-vous des nouvelles technologies ? Pensez-vous qu’elles peuvent affecter de manière positive le monde de l’orgue? (SP) Les développements technologiques effraient bien des organistes et des facteurs d’orgue, mais je pense qu’il faut plutôt les voir de manière positive! Par exemple, la plupart des nouveaux instruments sont dotés de plusieurs pistons et plusieurs niveaux de mémoire, ce qui facilite le travail des organistes, que ce soit pour des concerts ou pour des services religieux. On m’a aussi dit que SSL travaillait sur un nouveau système qui permettrait de sauvegarder ses registrations sur un iPod ou un iPad; je ne sais pas si leurs essais seront concluants, ni s’ils nous permettront de sauver temps et énergie, mais je trouve fantastique qu’ils (SSL) essaient de capitaliser sur les nouvelles découvertes technologiques. Un autre développement intéressant est celui des écrans géants, qui semblent proliférer dans les églises un peu partout. Nous vivons dans une société où le visuel a la part du lion, et permettre à l’auditoire de voir notre travail pourrait nous aider à attirer un public différent, peut-être plus jeune. Après tout, les pianistes et violonistes de ce monde ne jouent pas derrière un écran noir, et le visuel fait partie intégrante de leurs concerts. Éventuellement, j’espère qu’il en sera de même pour les organistes. Enfin, grâce à YouTube, Facebook, etc., le milieu classique jouit de possibilités de diffusion presque illimitées. Il serait dommage de ne pas en profiter, même s’il est à espérer que les éditeurs comprennent aussi le formidable pouvoir de ces médiums. (Je veux bien qu’on me demande de payer des droits d’auteur pour un enregistrement, mais pas lorsque ce n’est pas une entreprise commerciale.) Page 6

Le monde de l’orgue traverse une période un peu plus difficile. Voyez-vous le verre à moitié plein, ou à moitié vide? (SP) Il faudra certainement faire face à d’énormes défis dans les prochaines années, mais il ne faut pas nécessairement y voir une raison d’être pessimistes. En fait, il y a un groupe assez incroyable de jeunes organistes aux États-Unis, ce qui devrait rassurer les oiseaux de malheur qui proclament déjà la disparition de l’orgue à court terme! Ceci étant dit, il est fort possible que la survie de l’instrument passe par le concert plutôt que par l’église. Il nous faut donc absolument nous montrer à la hauteur du niveau établi par les violonistes, pianistes, et autres instrumentistes de ce monde, ce qui est plutôt difficile étant donné la complexité de notre instrument. C’est ce qui explique l’importance de mémoriser et de jouer sans assistant. Avez-vous des projets à court terme? À long terme? (IB) À court terme, je vais finalement obtenir mon doctorat en mai 2011, après avoir passé sept années à Juilliard. Je viens tout juste de déposer ma thèse (qui porte sur la Passion selon St-Jean), et je devrai donc la défendre en avril. J’ai également obtenu l’an dernier une bourse de Juilliard qui financera un enregistrement des sept Fantaisies de Choral de Max Reger, lequel enregistrement prendra place en janvier. Je les ai déjà toutes jouées il y a deux ans pour un festival Reger tenu à San Francisco, mais il me faudra naturellement les retravailler. J’ai aussi plusieurs concerts aux États-Unis durant les prochains mois, entre autres à Honolulu, et j’ai donc bien hâte de découvrir de nouveaux endroits et instruments. À long terme, je désire bien entendu continuer à développer ma carrière, et j’aimerais éventuellement enseigner dans un établissement universitaire, au Canada ou aux États-Unis. Je voudrais aussi faire une série de concerts commémorant le 100e anniversaire du décès de Max Reger en 2016; j’ai appris pratiquement toutes ses œuvres majeures (sauf l’op. 57), et il ne me reste plus qu’à travailler les pièces de caractère et autres (qui font tout de même près de 4 volumes !)

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L'invitation est acceptée le 1er février 1957 et la division d'art dramatique est créée en 1968. Depuis 1969, l'École occupe un nouvel édifice de 30 millions $ au centre-ville. Depuis lors, l'École a ajouté à son curriculum de nouveaux programmes notamment en jazz, a implanté de nombreux programmes éducatifs destinés au grand public et a procédé à l'agrandissement et à la rénovation des locaux, travaux qui se sont terminés à l'automne 2009.

L'École Juilliard / The Juilliard School L'École a été fondée en 1905, grâce à l'appui financier du millionnaire James Loeb, en tant que Institute of Musical Art, par Frank Damrosch, le filleul de Franz Liszt, qui était alors directeur de l'enseignement de la musique dans les écoles publiques de la ville de New York. Le 25 avril 1919, un riche marchand de textile, Augustus D. Juilliard, meurt et laisse, par voie testamentaire, l'immense somme de 12.5 millions $ à être consacrée à la création et au soutien d'une école de musique via la Juilliard Musical Foundation. Les administrateurs du fonds mettent sur pied, en octobre 1924, la Juilliard Graduate School dans le but d'aider les meilleurs. En janvier 1926, la Juilliard Graduate School et l’lnstitute of Musical Art s'unissent pour former la Juilliard School of Music qui deviendra réalité le 8 septembre 1930 sous la présidence de John Erskine. Même réunies dans un nouvel édifice, érigé au coût de 6 millions $ en mars 1932, les deux institutions sont gérées de façon distincte.

Aujourd'hui, l'École Juilliard ce sont 271 professeurs et 846 étudiants (seulement 7,4% des applications sont retenues) dont le taux de diplômation est de 81%. Sa bibliothèque contient plus de 73 000 partitions, 23 000 livres et 25 000 enregistrements. Sa collection de manuscrits est l'une des plus importantes au monde. Le département d'orgue comprend plusieurs instruments de différents styles. Le grand orgue Alice Tully, dans la salle de même nom, a été construit en 1974 par la firme Kuhn, de Männdorf (Suisse) et inauguré le 13 avril 1975 par E. Power Biggs. Il possède une traction mécanique aux claviers et électrique pour les jeux. Il comprend quatre claviers manuels et pédalier avec 61 jeux, 85 rangs et 4 192 tuyaux. En 2006, il a été démonté et entreposé alors que des rénovations étaient apportées à la salle. Nettoyé et restauré, il est réinstallé dans la salle en juin 2010. Le concert de ré-inauguration a eu lieu le 16 novembre 2010 par le directeur actuel du département d'orgue de l'École, Paul Jacobs.

Ce n'est qu'en 1945 que l'unification des deux institutions sera finalement complétée. En 1951, l'identification de Juilliard en tant que conservatoire de musique est modifiée pour y inclure une division consacrée à la danse. Lorsque le concept du Lincoln Center est élaboré en 1955 par Charles M. Spofford et John D. Rockefeller III pour en faire le centre musical et des arts de la ville de New York et ainsi y créer une vaste communauté culturelle, l'École est invitée à y aménager à condition d'ajouter à ses activités, une division consacrée à l'art dramatique. Mixtures, numéro 34, mai 2011

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Hommage à Gaston Arel par Jean Ladouceur À l’occasion de leur vingtième anniversaire de fondation, les membres des Amis de l’orgue de Montréal ont profité de la tenue d’un concert à l’église Immaculée-Conception, le 20 mars dernier, pour rendre hommage à Gaston Arel, leur présidentfondateur. Trois personnes ont tenu à présenter des témoignages avant le concert. Denis Bonenfant, président actuel de l’AOM, a souligné que Gaston Arel avait été organiste de l’Immaculée-Conception de 1954 à 1974 et que nous lui devons l’installation du magnifique Beckerath en 1961. Pédagogue émérite, il eut de nombreux élèves dont Réal Gauthier, titulaire de l’orgue de l’Immaculée depuis vingt-cinq ans, et Jean Lebuis, professeur d’orgue au Conservatoire de musique de Montréal. Ensuite, Yves-G. Préfontaine nous parla de l’intérêt que porte Gaston Arel pour la cause de l’orgue, précisant qu’il fut un des cofondateurs des Amis de l’orgue de Montréal dont il assuma la présidence de 1990 à 2003 et qu’il a participé, en 1994, à la fondation de la FQAO dont il fut le président de 1994 à 2004. S’exprimant de façon éloquente, monsieur Préfontaine souligna la générosité de Gaston Arel, son intensité dans la cause de l’orgue, son talent de défricheur et sa fibre entrepreneuriale qui nous ont valu sa présence à travers la province et son leadership tant à la FQAO qu’aux AOM... Il remémora son sens de l’accueil, sur la rue Bois-de-Boulogne, lors d’innombrables conseils d’administration, sa patience et son affabilité, sa capacité de rassembler, de rallier et de faire consensus... Il poursuivit pour souligner sa dignité, son incapacité à médire (on ne lui connaît aucun ennemi) et pour mentionner que c’est un privilège d’être de ses amis... Il tint aussi à rendre hommage à son épouse, Lucienne, pour sa présence discrète et efficace dans ce tourbillon organistique incessant… Il termina en disant que lorsqu’on pense « orgue », Gaston Arel est un incontournable. Puis, il nous a lu un extrait du très beau livre de Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres : « Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouMixtures, numéro 34, mai 2011

voir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est absolument certain qu’elle n’a cherché de récompenses nulle part et qu’au surplus elle ait laissé sur le monde des marques visibles, on est alors, sans risques d’erreurs, devant un caractère inoubliable. » Et, comme dernier témoignage, Laurent Duval nous rappela qu’un hommage avait été rendu à Gaston Arel en 2004 par la FQAO, reconnaissant sa généreuse contribution à la vie de l’orgue. Gaston Arel, un grand musicien au cœur généreux ! Par la suite, Denis Bonenfant a remis à Gaston Arel un certificat de reconnaissance pour son implication exceptionnelle dans le monde de l’orgue et, à son épouse, Lucienne L’Heureux-Arel qui, au long de toutes ces années, l’a épaulé et soutenu, il présenta un bouquet printanier. Cet hommage se termina par une très intéressante prestation de Nathalie Gagnon qui joua, en première partie de concert des œuvres de Merulo, Frescobaldi, Scheidt, Froberger, Pachelbel et Buxtehude tandis qu’en deuxième partie, elle interpréta Nicolas de Grigny et des extraits du Clavierübung III de J.S. Bach.

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Congrès RCCO/CRCO 2010 par Robert Poliquin Le congrès 2010 du Collège royal canadien des organistes s’est tenu du 18 au 22 juillet à Victoria, en Colombie-Britannique, incluant une journée à Vancouver. Les concerts Le concert d’ouverture a été présenté dimanche soir, en la cathédrale anglicane Christ Church, et mettait en vedette l’Opus Magnum du facteur québécois Hellmuth Wolff (traction mécanique, IV/P, 61 jeux, 85 rangs) complété en 2005. En première partie, dans un programme d’œuvres contemporaines, David Palmer, l’organiste invité, en compagnie du corniste Alan Matheson, nous a fait apprécier la sonorité exceptionnelle de cet instrument. En deuxième partie, David Palmer s’est joint à un orchestre sous la direction de l’organiste de la cathédrale, Michael Gormley, dans l’interprétation du concerto en sol mineur pour orgue et orchestre de Francis Poulenc. Ce fut une prestation remarquable, grâce aux performances sublimes des artistes invités. Deux concerts ont été présentés le lundi. Le premier, en début d’après-midi, a dû être modifié à la suite du retrait de l’organiste Philippe Bélanger qui a été remplacé par l’artiste américain Dan Miller. Ce concert a eu lieu en l’église presbytérienne St. Andrew’s, sur un instrument hybride tuyaux/électronique de 72 jeux et 124 rangs. Cet orgue est composé de 37 rangs de tuyaux provenant de l’ancien instrument (Warren 1880 / Eaton 1951) et de l’ancien orgue de la cathédrale anglicane Christ Church (Hill, Norman & Baird). Les autres jeux sont numériques. Le talent de l’artiste invité était remarquable, mais la sonorité de l’instrument était, à mon avis, horrible. Tout d’abord, l’orgue sonne beaucoup trop fort par rapport à la taille de l’édifice dont la réverbération est totalement inexistante; de plus, les sons graves de la pédale sonnent «métallique» et créent de la distorsion; enfin, les mélanges tuyaux/électronique dans les différentes registrations utilisées ont un goût âpre. Donc, pour ma part, voilà une expérience sonore à oublier!

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Le deuxième récital a été donné, en soirée, par Paul Jacobs, directeur du département d’orgue à l’École Juilliard de New York, sur l’orgue Casavant (1961, traction électropneumatique, IV/P, 53 jeux, 65 rangs) de l’église anglicane St. John the Divine. Cet artiste charismatique nous a proposé des œuvres de Reger, Boulanger, Franck et Liszt, magistralement exécutées, entièrement de mémoire, et dans un superbe choix de registrations qui nous a fait apprécier tant son grand talent que l’excellence de l’instrument. Après les ateliers en début de journée du mardi, nous étions conviés à célébrer le centenaire de l’orgue Casavant, Opus 400, installé alors dans l’église méthodiste puis unie Metropolitan, devenue la salle Alix Goolden du Conservatoire de musique de Victoria. Muet depuis une décennie, cet orgue a été récemment remis en fonction, grâce aux efforts des employés du facteur Grant Smalley et à la générosité d’un mécène. La console électropneumatique, datant des années 1960, a été remplacée par une nouvelle console déplaçable à commandes électroniques. Le concert, donné par Nicholas Fairbank, professeur d’orgue au Conservatoire de musique de Victoria, incluait une œuvre de William Faulkes qui faisait partie du programme original du 20 juillet 1910. Ce fut un réel plaisir d’entendre des sonorités d’il y a cent ans et toujours aussi agréables! Comme c’est le cas dans tous les congrès du CRCO, un concert de chant choral a été présenté, en début d’après-midi, en l’église unie First Metropolitan. L’ensemble Linden Singers of Victoria, sous la direction de Garry Froese, avait inclus plusieurs compositions canadiennes à son programme. Le reste de l’après-midi fut consacré à des visites d’orgues. Pour ma part, je me suis dirigé vers le village d’Oak Bay (à une vingtaine de minutes du centre-ville de Victoria) pour y découvrir l’orgue Casavant (Opus 890, 1921/1986, II/P, 20 jeux/25 rangs, traction électropneumatique) de l’église anglicane St. Mary the Virgin, ainsi que deux petits instruments mécaniques à la galerie d’art Winchester. Mixtures, numéro 34, mai 2011


Banquet/Souper Cette année, le traditionnel banquet était remplacé par une soirée dans un restaurant chinois où, en plus d’excellents mets, nous avons eu droit à plusieurs numéros de divertissement (danse et chants). Il faut souligner l’excellente performance d’un quatuor vocal dans une pièce intitulée La petite histoire de l’orgue à tuyaux, composée par Nicholas Fairbank. Hilarant! Excursion à Vancouver Comme activité optionnelle, le lendemain, jeudi, nous partions en bateau vers la terre ferme et la ville de Vancouver. Le trajet, d’une durée d’environ une heure, nous a permis de déjeuner à bord et, à travers diverses îles, nous avons pu admirer les beautés du paysage qui nous était offert.

Le même soir, on a d’abord présenté un concert sur le carillon de 10 cloches de la cathédrale anglicane Christ Church. Suivait le récital de clôture offert par l’organiste sud-coréenne Tong-Soon Kwak et ce, sur l’instrument de Hellmuth Wolff entendu lors du concert d’ouverture. Une grande partie de ce concert comportait des œuvres quasi inconnues de compositeurs sud-coréens et hongrois. Elle termina sa prestation avec des œuvres romantiques françaises (Tournemire, Widor et Franck). Malgré une technique impeccable, l’artiste n’a pas réussi à soulever son auditoire car, lors de l’ovation finale, la majorité des auditeurs sont restés assis, ne réservant que des applaudissements polis. Comme la performance était retransmise sur écran géant, tous ont pu remarquer un fait plutôt cocasse. En effet, lors de son interprétation du troisième Choral de César Franck, elle a jugé bon de ne jamais activer la boîte expressive du Récit, même si son pied droit était constamment placé sur la pédale d’expression! Bref, ce fut, à mon avis, un concert un peu décevant. Lors de la réception qui suivait, on pouvait sentir un certain malaise lorsque l’artiste est venue se joindre au public. Au fait, très peu de personnes se sont présentées pour la féliciter.

Après avoir dîné au marché public de Granville Island, nous avons fait un premier arrêt à la cathédrale catholique Holy Rosary où nous attendait notre confrère Denis Bédard qui exerce en ce lieu les fonctions de directeur musical. Dans un récital totalement consacré à ses propres œuvres, Denis Bédard nous a fait apprécier tant son talent que l’instrument dont il est le titulaire. À l’origine un KarnWarren datant de 1900, l’instrument a été complètement restauré par Casavant en 1999 (III/P, 42 jeux et 51 rangs, traction électropneumatique). Par la suite, nous nous sommes dirigés vers la cathédrale anglicane Christ Church qui, sous un extérieur traditionnel, nous réserve des surprises quant à son intérieur tout rénové en 2003-2004, et qui peut en surprendre plus d’un tenant des églises anglicanes traditionnelles. Les rénovations ont aussi impliqué la reconstruction de l’orgue Casavant qui y était présent depuis 1949. À l’origine dans le sanctuaire, l’instrument est maintenant installé à l’arrière de la cathédrale, sur une tribune construite spécialement à cet effet. Le nouvel instrument (traction mécanique, III/P, 39 jeux / 45 rangs dont environ 19 rangs proviennent de l’ancien, a été construit en 2004, par le facteur Kenneth Jones, de Bray en Irlande. Il est placé dans un tout nouveau buffet autoportant. Après un mot de bienvenue du recteur Peter Elliott, l’organiste de la cathédrale, Rupert Lang, nous a donné un bref récital. (suite, page 14)

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Concours international d’orgue du Canada 2011 Cet automne, les amateurs d’orgue convergeront à Montréal pour assister au seul concours international d’orgue aux Amériques en 2011. En effet, la deuxième édition du Concours international d’orgue du Canada (CIOC) aura lieu du 5 au 16 octobre et regroupera à Montréal 16 figures montantes du monde de l’orgue qui se produiront devant un jury de neuf personnalités prestigieuses et se disputeront les grands honneurs du concours. Voilà un rendez-vous qui offrira une compétition relevée, des concerts de haut calibre et des activités mettant l’orgue en vedette. Épreuve de présélection Au terme de la période d’inscription, le CIOC a reçu 60 candidatures provenant de 17 pays. La présence de nombreux lauréats de concours établis laissait présager un calibre très élevé. En mars dernier, le jury préliminaire, composé de cinq spécialistes réputés, a auditionné les organistes de façon anonyme à partir d’un CD. Chaque candidat choisissait à partir d’une liste imposée, deux mouvements d’une sonate en trio de Bach et un extrait d’une œuvre de Widor. John Grew, directeur artistique du CIOC, présidait les délibérations. Le jury regroupait : Diane Meredith Belcher, organiste américaine maintenant basée à Baltimore; Jacques Boucher, organiste titulaire du grand orgue Casavant à l’église SaintJean-Baptiste de Montréal et directeur artistique des disques XXI-21; Neil Cockburn, chef du département d’orgue au Conservatoire de l’Université Mount Royal à Calgary; Janette Fishell, organiste, concertiste et pédagogue qui dirige les études en orgue de la Faculté de musique de l’Université d’Indiana; et Yves-G. Préfontaine, organiste titulaire au Grand Séminaire de Montréal et co-titulaire au sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs. Programmation Le concours se déroulera en trois épreuves du 5 au 14 octobre à Montréal et se clôturera par un concert gala des lauréats le 16 octobre. De nombreuses activités s’ajouteront à la programmation. La programmation complète, l’horaire détaillé et les informations sur la billetterie seront disponibles Page 12

sur le site internet du CIOC (www.ciocm.org) à compter du 1er juillet 2011. La première épreuve aura lieu les 5, 6 et 7 octobre à l’église Immaculée-Conception (Beckerath 1961). Chaque concurrent devra présenter un récital de 40 minutes composé d’œuvres imposées de Johann Sebastian Bach et de Dietrich Buxtehude. À la fin ce cette épreuve, le jury attribuera le prix Bach de 5 000 $ et dévoilera les 10 concurrents qui accèderont à la prochaine épreuve. La deuxième épreuve se tiendra les 10 et 11 octobre à l’église Saint-Jean-Baptiste (Casavant 1914), où dix concurrents présenteront un récital de 50 minutes d’œuvres des 19e et 20e siècles avec une place de choix au répertoire de Jehan Alain, dont 2011 marque le centenaire de sa naissance. À la fin de cette épreuve, le jury attribuera le prix Alain de 2 000 $ et annoncera les noms des cinq finalistes qui se produiront lors de la finale. La finale sera présentée le 14 octobre à la Basilique Notre-Dame (Casavant 1891). Dans le cadre de cette épreuve, cinq finalistes présenteront un récital de 60 minutes. Le répertoire de cette épreuve comprend une œuvre imposée de Franz Liszt et des œuvres au choix des concurrents. À la fin, le jury annoncera les lauréats des trois grands prix ainsi que le prix Liszt de 2 000 $, l’année 2011 soulignant le bicentenaire du compositeur hongrois. À noter que l’entrée à toutes les épreuves du volet compétitif est libre, alors ne manquez pas cet événement ! Tous les prix, incluant le prix du public attribué parmi les cinq finalistes, seront remis à la cérémonie qui aura lieu lors du concert gala du 16 octobre à 19h30 à la Basilique Notre-Dame. Concurrents Le jury préliminaire a sélectionné des concurrents de haut calibre provenant de 11 pays et dont la moyenne d’âge est de 28 ans. Les douze hommes et quatre femmes sont :

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Jury international Pendant le concours, un jury de neuf éminents spécialistes de sept pays déterminera les lauréats et décernera 72 000 $ en bourses et de nombreux prix spéciaux. Ils sont : John Grew (Canada), président; Martin Haselböck (Autriche); James Higdon (États-Unis); Mireille Lagacé (Canada); Susan Landale (France); Jon Laukvik (Allemagne); Carole Terry (États-Unis); Thomas Trotter (Royaume-Uni) et Daniel Zaretsky (Russie). Pour toute information ou devenir bénévole lors de cet événement, visitez www.ciocm.org ou téléphonez au 514-510-5678. Et comme un événement ne peut se tenir sans l’apport de généreux donateurs, si vous souhaitez appuyer financièrement le CIOC, veuillez communiquer avec René Fréchette, le directeur général du Concours (rene.frechette@ciocm.org).

Récitals d’orgue à la basilique Été 2011 19 juin

Suzanne Ozarak (Saint-Lambert)

26 juin

Suzanne Bellemare (Trois-Rivières)

3 juillet

Jacques Giroux (Joliette)

10 juillet

Christian Mass (France)

17 juillet

Jocelyn Lafond (Saint-Eugène)

Congrès RCCO/CRCO 2010 (suite de la page 11)

24 juillet

Philippe Bournival (Trois-Rivières)

En soirée, dans le but de nous dérider un peu, après tous ces récitals plutôt sérieux, nous étions conviés à l’église unie St. Andrew’s-Wesley (Casavant, Opus 390, 1909, 1932 / Keefer 1966 / Heustis 1997, 2001, électropneumatique, III/P, 59 jeux / 66 rangs) où nous eûmes droit à un répertoire plus léger, présenté par trois différents organistes. Il y eut même un jeu-questionnaire dans lequel nous devions tenter d’identifier les œuvres, avec des prix pour les meilleurs d’entre nous. Ce fut aussi un plaisir d’y rencontrer notre confrère Marc D’Anjou, ancien titulaire à la basiliquecathédrale Notre-Dame de Québec qui, depuis quelques mois, est installé à Vancouver. Prochain congrès Le congrès 2011 du CRCO/RCCO aura lieu du 17 au 22 juillet à Hamilton (Ontario) où nous aurons droit, entre autres, à des concerts par Philippe Bélanger, Ken Cowan, Maxine Thévenot et Konstantin Volostnov.

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31 juillet

Jonathan Oldengarm (Montréal)

21 août

Gilles-Maurice Leclerc (Ottawa)

28 août

Jean Côté (Saint-Augustin)

4 septembre

Martin Brossard (Trois-Rivières)

Les dimanches à 14 heures 626 Notre-Dame est Trois-Rivières, QC G8T 4G9 Informations: (819) 374-2441 recteur@ndc-cap.com


Le Concours d’orgue de Québec 2011 par Marie Audette Si le nom de Claude Lavoie est associé à une riche carrière de pédagogue et d’interprète, il évoque aussi l’idéal du mécénat. Dotée d'un don substantiel effectué par M. Lavoie, la Fondation qui porte son nom organise tous les trois ans, depuis 1992, le Concours d’orgue de Québec, qui vise ainsi à contribuer à former et à faire connaître des interprètes de musique d’orgue de calibre international. Les mélomanes seront heureux d’apprendre que le prochain Concours d’orgue de Québec se tiendra le 16 juin prochain à l’église Saints-Martyrs-Canadiens de Québec. Cinq des meilleurs jeunes organistes du Canada auront l’occasion de faire résonner l’orgue Casavant de 69 jeux que Claude Lavoie fit installer en 1959 et qu’il inaugura en 1960. Encore cette année, le concours visant à décerner le grand prix Claude-Lavoie s’annonce des plus relevés. Parmi les candidats dont l’âge varie de 21 à 34 ans, nombreux sont ceux qui sont déjà lauréats de prestigieux prix et bourses. Ces candidats ont dû se soumettre à une épreuve éliminatoire maintenant complétée, qui consistait à fournir l’enregistrement d’un programme d’œuvres répondant à des critères spécifiques de style et de période. Évaluée sous le couvert de l’anonymat, l’épreuve éliminatoire a permis au jury de retenir les cinq finalistes que nous aurons le bonheur d’entendre en juin prochain. Chaque membre du jury a évalué les candidatures de manière indépendante. Le Concours d’orgue de Québec compte sur un jury de haut calibre constitué cette année de cinq organistes réputés. Sylvain Barrette (Québec), Luc Beauséjour (Montréal), Dom Richard Gagné (Saint-Benoît-du-Lac), Marnie Giesbrecht (Alberta) et Alexander Weimann (Montréal) ont accepté avec enthousiasme l’invitation que leur a faite Pierre Rousseau, le président du Conseil d’administration de la Fondation ClaudeLavoie. Le jury sera accompagné, lors de l’épreuve finale, d'un président du jury qui n’a pas droit de vote et qui n’intervient lors de la délibération finale que pour apporter des réponses d’ordre réglementaire.

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La finale de l’édition 2011 du concours comporte quelques nouveautés. Le programme imposé aux candidats a été considérablement allégé de façon à permettre aux candidats une opportunité accrue de faire valoir leur talent et leur créativité. C’est ainsi que l’équilibre du programme sera un aspect que le jury sera appelé à évaluer. Le programme comporte cette année une œuvre canadienne imposée : Épilogue sur Nun Danket et Ballerma de l’organiste et compositeur québécois réputé, Raymond Daveluy. Le Conseil d’administration veut ainsi rendre hommage à l’immense contribution de ce compositeur de chez nous au monde de l’orgue. Le conseil est aussi heureux d’annoncer que la finale du Concours d’orgue de Québec sera captée par Espace Musique qui en retransmettra les meilleurs moments dans la semaine suivant le concours. Les finalistes retenus sont : Vincent Boucher (Montréal), Mark Edwards (Montréal), MarieHélène Greffard (Québec), Jean-Willy Kunz (Montréal) et Jonathan Vromet (Montréal). À l’issue de la finale, le grand prix Claude-Lavoie d’une valeur de 15 000 $ sera remis au gagnant. Un deuxième prix de 7 500 $, commandite du Mouvement Desjardins, et un prix de 1 000 $, pour la meilleure interprétation de l’œuvre imposée, seront également décernés. Le site internet du Concours d’orgue de Québec peut être consulté à l’adresse suivante : www.coq-fondationclaudelavoie.com

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Restauration des orgues Casavant, 1896, Opus 70 et 72 par Denis Juget Les restaurations consécutives, réalisées à l'automne 2010, des orgues de Saint-Alexandre d'Iberville et de Saint-Léon-le-Grand dans la Mauricie nous ont permis de dresser un portrait précis des instruments de taille moyenne sortis des ateliers Casavant Frères à la fin du XIXe siècle. Saint-Alexandre (Iberville) Opus 70, 1896 16 jeux L'orgue était originalement installé dans le renfoncement du clocher, mais il fut avancé ultérieurement à la suite de la chute d'une cloche. Le rapport de cet incident est oral. Nous n'avons trouvé aucune trace écrite dans les archives de la paroisse, mais au moment du démontage nous avons trouvé de nombreux marquages confirmant le démontage de l'instrument, une tuyauterie hétéroclite très endommagée et des gravures du sommier du Grand-Orgue qui étaient pleines de gravas. L'état de conservation de l'instrument à l'exception de la tuyauterie de métal était excellent. Le buffet est en pin blanc et tilleul avec une finition faux-chêne. L'église de Saint-Alexandre, bâtiment en pierre de belle proportion, fut construite entre 1851 et 1853. La décoration intérieure utilise des éléments de décoration néo-gothique tout comme le buffet de l'orgue. L'acoustique est raffinée, sans grande réverbération, mais l'orgue se déploie dans l'espace avec plénitude.

Photos: Robin Côté

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Composition: Grand-Orgue Bourdon 16' Montre 8' Mélodie 8' Dulciane 8' Principal 4' Doublette 2' Mixture III Trompette 8' Récit expressif Principal 8’ Gambe 8’ Céleste 8’ Bourdon 8’ Flûte harmonique 4’ Hautbois 8’ Pédale Bourdon 16’ Flûte 8’ Souffleur II/I – II4'/I – I/P – II/P Combinaisons fixes : I: Dul8' G-O ; B16' Péd. II: Dul8', Mél8', M8' G-O ; B16', I/P Péd. III: Tout le G-O sauf D2' et Tr8' ; B16', Fl8', I/P Péd. Claviers: 58 notes Pédalier: 27 notes

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Tuyauterie du Grand-Orgue

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Saint-Léon-le-Grand (Maskinongé) Opus 72, 1896 18 jeux Cet orgue est dans une église remarquable avec une chapelle attenante; l'ensemble est imposant. L'église actuelle, construite entre les années 1819 à 1825, fut agrandie en 1913-1914 de deux travées et d'un clocher digne de ce nom! Malheureusement, cet ajout ne reposait pas sur des fondations stables. Au moment des travaux de consolidation de la structure du bâtiment réalisés de 1998 à 2000, le haut de la flèche du clocher avait un faux-aplomb de 1,3 mètre et on avait la fâcheuse impression de « descendre à l'orgue »! Le plancher des chantres et l'orgue ont été remis d'aplomb en 2002, une condition sine qua non avant tout investissement sur l'orgue. L'intérieur de l'église est en bois. L'ornementation utilise un langage classique élaboré. L'ensemble est peint en blanc, souligné par des lignes et éléments dorés à la feuille d'or. Le buffet de l'orgue reprend des éléments du style EastLake avec un beau motif polychrome au pochoir sur les tuyaux de façade rehaussé à la feuille d'or. L'église est aussi un lieu culturel important dans la région où sont présentés de nombreux concerts de tous genres.

Combinaisons fixes : I: Dul8' G-O ; B16' Péd. II: Dul8', Mél8', M8', Pr4' G-O; B16', Fl16', I/P Péd. III: Tout le G-O; Toute la pédale + I/P Claviers: 58 notes Pédalier: 27 notes

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Composition: Grand-Orgue Bourdon 16' Montre 8' Mélodie 8' Dulciane 8' Principal 4' Doublette 2' Mixture III Trompette 8'

Mécanisme du tirage de jeux et des combinaisons

Récit expressif Principal 8’ Gambe 8’ Céleste 8’ Bourdon 8’ Flûte harmonique 4’ Hautbois 8’ Clarinette 8’ Tremolo Pédale Bourdon 16’ Flûte 16’ Violoncelle 8’ Souffleur II/I – II4'/I – I/P – II/P

La Trompette : avant et après restauration

Mécanisme des claviers Mixtures, numéro 34, mai 2011

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Analyse des instruments après restauration Le portrait qui se dégage de ces deux instruments est celui d'une conception bien structurée où tout semble tomber à sa place. Beaucoup de pièces de mécanique, en particulier pour le fonctionnement des pompes sont en fonte, signe d'une méthode et d'une production bien établie au sein de l'entreprise. L'agencement intérieur est traditionnel tel qu'on le retrouve dans tous les orgues mécaniques de la période victorienne. Le soubassement est occupé par un grand réservoir et ses pompes. Au dessus, deux traverses relient l'avant du buffet au dos de l'orgue sur lesquelles sont posés les claviers et toutes les mécaniques. La tuyauterie de tous les plans sonores est au même niveau. Le Grand-Orgue et le Récit sont en enfilade derrière la façade, ceinturés de chaque côté par la Pédale. Nous avons là un exemple parfait d'une organisation horizontale, en profondeur, qui génère un son diffus, accentué par un buffet sans toit. L'orgue de Saint-Léon-le-Grand a un sommier de pédale supplémentaire pour la flûte ouverte 16' à l'arrière du buffet. Les facteurs n'ont installé que 20 notes, de C à g, les autres jeux de pédale ont 27 notes! Est-ce une question de place ou de choix musical? La console en chêne est attachée au buffet avec un couvercle qui en s'ouvrant devient le lutrin. L'ensemble est très soigné. Les claviers de Saint-Alexandre sont recouverts avec de l'ivoire et ceux de Saint-Léon sont recouverts de celluloïd, un nouveau produit utilisé dès les années 1870. Autre nouveauté, ces deux instruments sont munis d'une pédale d'expression. Une décennie auparavant, on retrouvait encore la cuillère traditionnelle. Les tirants de jeux sont en terrasses avec des boutons de registres obliques et les inscriptions gravées sur de l'ivoire. Le système de combinaison, particulièrement intéressant du point de vue musical est opéré par trois pédales d'une bonne maniabilité. Un autre signe de la modernité des facteurs peut se lire dans le contrat d'origine: « Le pédalier sera concave et sa disposition relativement aux claviers sera d'après les mesures adoptées par le

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dernier congrès du Collège des Organistes de Londres. » Le toucher de l'orgue est confortable, très égal en poids de la basse au dessus. Les facteurs ont employé un système de soupape brisée qui allège grandement l'effort sous les doigts et permet une alimentation généreuse en vent. Les équilibres sonores de ces deux instruments sont basés sur une esthétique en demi-teinte. Ce ne sont pas des instruments puissants. Les fonds et les anches sont bien représentés. Principaux, Gambes et Flûtes apportent une grande variété de timbres et d'intensités : de la toute petite Dulciane, à l'opacité de la Mélodie, ou au lyrisme romantique de la Clarinette. La relation des harmoniques supérieures est surprenante. Plus on monte dans la pyramide harmonique, plus l'intensité sonore diminue. Nous sommes très heureux d'avoir réalisé ces deux restaurations. Étant spécialisés dans l'orgue mécanique, ceci nous a permis d'avoir une meilleure compréhension du travail que faisaient nos prédécesseurs, car toute cette tradition va se perdre au début du XXe siècle en faveur de l'orgue pneumatique et électropneumatique. Malheureusement, le renouveau de l'orgue mécanique qui a eu lieu dès la fin des années cinquante au Québec avec son esthétique néo-baroque a jugé ces instruments avec un peu de dédain. Après bientôt cent vingt ans de loyaux services, reconnaissons la belle facture de ces instruments et leur musicalité.

Oeuvres pour orgue et pour choeur de

Éditions Cheldar

Denis Bédard Rachel Alflatt, gérante

8465 Quayside Court Vancouver, BC, V5P 4W1

Tel./Fax: (604) 322-5995 cheldar@cheldar.com

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L’orgue de la cathédrale Christ the Light, d’Oakland, CA par Simon Berry Traduction par Hélène Panneton Vingt ans après qu’un tremblement de terre eut démoli la cathédrale catholique St. Francis de Sales d’Oakland, la firme Orgues Létourneau a relevé un défi de taille en construisant un instrument adapté à l’acoustique très ample de la nouvelle cathédrale Christ the Light. Comme son nom l’indique, la ville d’Oakland (ou « pays du chêne ») nourrit un lien privilégié avec la nature. Ce nom origine de la présence environnante de régions boisées qui, au XIXe siècle, ont fourni la matière première utilisée dans la construction de la grande ville de San Francisco, tout juste de l’autre côté de la baie du même nom; mais, plus au sud, la ville est exposée à la faille de San Andreas, responsable de tremblements de terre périodiques. Le séisme de Loma Prieta, en 1989, a fait 63 victimes et laissé 12 000 personnes sans toit dans la région. L’étendue des dommages causés à la cathédrale St. Francis de Sales a entraîné sa démolition. En 2001, le diocèse catholique d’Oakland en propose le remplacement. C’est ainsi que la cathédrale Christ the Light, construite d’après les plans de Craig W. Hartman, de la firme d’architectes Skidmore, Owings and Merrill, basés sur les technologies de pointe en matière de résistance aux secousses sismiques, a été inaugurée le 25 septembre 2008. Dans sa conception de l’édifice, Hartman a voulu évoquer la mitre d’un évêque, façonnée dans l’acier et le verre à l’extérieur, et tapissée de lattes de bois tamisant la lumière à l’intérieur. Une gigantesque représentation du Christ dans toute sa gloire, sous forme d’image numérisée, occupe le point central du vaisseau, derrière les gradins de l’autel. La commande d’un nouvel orgue destiné à cet édifice moderne a été envoyée à des facteurs d’orgues partout dans le monde, parmi lesquels 56 se sont montrés intéressés. Seulement quatre facteurs ont été sélectionnés et invités à Oakland pour rencontrer l’architecte et l’acousticien. Finalement, le contrat a été octroyé à Orgues Létourneau. Mixtures, numéro 34, mai 2011

Les sections principales de l’orgue sont mises en valeur grâce à leur installation sur deux plateformes de bois surplombant les murs incurvés situés derrière l’autel. Le Choir* et l’Echo Choir* sont dissimulés à l’intérieur des murs de béton, derrière des grilles couleur de pierre, directement sous la plateforme gauche de l’orgue, derrière les bancs du chœur. Les façades des sections surélevées ont été dessinées par l’architecte et suggèrent une forêt, peut-être sous l’inspiration du nom de la ville. Hartman a aussi choisi un fini d’étain brossé pour les quelques tuyaux de métal de ces façades. L’ensemble n’a rien à voir avec le « cassot de frites » du Walt Disney Hall, pas plus qu’il ne reproduit la disposition fonctionnelle caractéristique de la réforme de l’orgue; il est cependant totalement intégré visuellement à l’édifice. On trouve très peu de lignes droites sur cette élégante console aux formes arrondies : même les panneaux de registres y sont incurvés. De plus, les têtes des tirants de registres sont d’une longueur hors norme pour en faciliter la manipulation. Étant donné qu’elle comporte plus de 100 tirants de registres, un grand nombre de pistons et de multiples dominos d’accouplements, cette console est très massive, tout en étant très esthétique. Cependant, elle est facile à déplacer : un long câble de catégorie 5 la relie au cœur de l’instrument (on peut disposer en réalité de deux câbles, un long et un court, selon les besoins). Tous les contrôles sont bien au point et rappellent le luxe d’une limousine, en particulier en ce qui concerne la mécanique du clavier, efficace et précise. Sur cette console à 4 claviers et pédale, il faut mentionner quelques défauts de conception qui pourraient être problématiques pour l’organiste visiteur, tels que l’absence de clavier réservé strictement aux sections secondaires (Choir et Echo); au lieu de cela, c’est la section de Bombarde qui occupe le clavier inférieur. Cela risque d’engendrer quelques frustrations car toutes les registrations pour l’accompagnement doivent être enregistrées sur des combinaisons générales. Le très pratique bouton de transfert du clavier prinPage 21


cipal au clavier de Bombarde, situé en bordure droite du clavier inférieur, transfère aussi les pistons, sauf que cette dernière section ne comporte que 6 pistons contre 8 au Great : il reste donc deux pistons qui ne peuvent être transférés. Enfin, on ne trouve sur la console ni l’heure ni l’espace suffisant pour déposer les partitions ou les hymnes, sauf le dessus du meuble ou du banc. Par contre, on y découvre des innovations intéressantes et bien conçues, comme le bouton du séquenceur sur lequel on appuie à répétition pour passer d’un piston à l’autre. La réverbération de plus de six secondes dans cette cathédrale relativement petite (on peut y asseoir un peu plus de 1 000 personnes) est impressionnante. Même quand la console est placée à l’avant de la nef, au centre, l’interprète éprouve de la difficulté à exécuter les passages rapides avec clarté. Les choses s’améliorent quand on écoute l’orgue de loin, mais il demeure difficile pour l’organiste d’avoir un jeu suffisamment articulé pour qu’il soit perçu avec clarté par l’auditeur. Si j’en juge par mon expérience, un tel degré de réverbération dans un édifice de taille moyenne s’avère problématique pour la diffusion tant de la parole que de la musique sous toutes ses formes. Par contre, elle peut sauver l’honneur d’une chorale médiocre! L’acoustique tend à amplifier les sons éclatants, mais, au moins, la hauteur des sons en écho n’est pas altérée. Je me suis rendu compte que les passages rapides sonnaient réellement mieux sur les jeux des claviers de Bombarde, de Swell et sur ceux de la pédale qui sont empruntés à la section de Bombarde, puisque ces jeux sont tous situés sur la plateforme droite. Quand on combine des registres des deux plateformes, l’acoustique très réverbérante crée de la confusion et ne rend pas justice à la finesse de l’interprétation. Il s’agit donc d’un espace sonore bien particulier avec lequel Létourneau a su composer grâce à une excellente harmonisation. À ce chapitre, le clavier le plus typique est le Swell. L’ensemble de ses principaux constitue un bon plan secondaire. Le flageolet de 2’ est flûté et se combine idéalement au cornet séparé. La première harmonique du principal de 4’, soit l’octave, est très présente et contribue à soutenir l’ensemble, mais, pour l’accompagnement, je préfère une doublette séparée au Swell en plus d’une flûte de 2’ Mixtures, numéro 34, mai 2011

pour former un vrai cornet flûté. Le hautbois a une intéressante couleur de type Cavaillé-Coll; bien que plutôt doux et contenant peu de fondamentales, il peut être accompagné par la flûte de 8’ du Great dans les solos à la manière de Franck. Le Great est également des plus agréables : tandis que l’ensemble a un son très fondamental qui permet d’accompagner idéalement les hymnes ou de former un plan principal dans les œuvres de Bach, le cornet de 3 rangs est un peu timide et n’est pas tellement plus sonore que l’admirable cornet séparé du Swell. La cymbale (Sharp Mixture III) est tout à fait brillante et, en cela, elle pourrait heurter la sensibilité de quelques fidèles; par contre, elle confère au Great un niveau d’énergie comparable à celui qu’il aurait s’il était doté d’une trompette ordinaire. En réalité, on dispose ici d’une trompette en chamade. C’est un bon jeu, mais il ne se mêle pas bien à l’ensemble de la section : c’est ma seule réserve au sujet d’un clavier autrement excellent. La trompette de 8’ du Swell ne peut servir de substitut dans ce cas puisqu’elle est placée sur la plateforme opposée (et elle souffre actuellement d’un accord instable causé par un conduit d’air chaud situé à l’intérieur de la chambre du Swell (ce qui n’est certainement pas imputable au facteur, mais qui doit lui donner bien du fil à retordre…). Par ailleurs, les fonds du Great sont réellement magnifiques. Le Solo propose une palette de couleurs très réussie grâce à une harmonisation extrêmement soignée qui rappelle les anciennes sonorités des orgues Aeolian-Skinner. La clarinette, de style anglais, est toutefois très forte; pour cette raison, elle peut aisément jouer le rôle d’un cromorne en duo avec le cornet séparé du Swell. Le tuba est alerte à la manière d’un jeu homonyme de Willis : c’est le plus beau que j’aie entendu depuis fort longtemps! La trompeta de luz s’affirme bien sans heurter l’oreille et elle offre un intéressant contraste avec le tuba. Le clavier de Pedal présente plusieurs jeux à la console, mais seulement sept jeux réels; les autres proviennent surtout de la section de Bombarde, ou résultent de l’emprunt ou du prolongement des jeux d’autres claviers. La nature même de l’édifice de verre fait en sorte que la plupart Page 23


Photos: Andrew Forrest


des 16’ sont absorbés ou sont répercutés ailleurs, affaiblissant ainsi le pédalier par rapport aux sections manuelles. Soulignons quelques remarquables réussites, telles l’excellent trombone dans le style de Schnitger et les flûtes (réelles) de 4’ et de 2’. La section de Bombarde n’est pas expressive et, étant le prolongement vers l’aigu des jeux de pédale, elle est très présente. Sa fonction consiste à renforcer les différents plans de l’orgue et à offrir un contraste marqué avec le clavier principal. Personnellement, j’aurais préféré une batterie d’anches au Great, une doublette au Swell et un cromorne quelque part, peut-être en 16’, de même qu’un principal de pédale plus présent, ce qui aurait permis de consacrer le clavier inférieur exclusivement au Choir et à l’Echo Choir.

L’instrument est investi d’une importante mission dans la vie musicale extrêmement dynamique de la cathédrale : en plus des récitals et des liturgies diocésaines, on y offre cinq messes par fin de semaine en anglais, en espagnol, en tagal et en vietnamien car, au chapitre de la diversité ethnique, Oakland figure au deuxième rang des villes américaines. Le directeur de la musique, Rudy de Vos, engagé au double titre de musicien diocésain et paroissial, s’applique à élaborer un ambitieux programme musical, à la fois conforme aux principes du Missel romain et respectueux des identités ethniques. L’orgue de la cathédrale Christ the Light, dédié à la mémoire de Conroy, a été inauguré par Olivier Latry le 11 février 2010. Notes :

Ces deux sections ont été les premières à être installées en 2008, et j’ai pu les utiliser à l’occasion d’une ordination avant que le buffet principal de l’orgue ne soit érigé; elles ont été fort efficaces dans la conduite du chant d’assemblée, assuré par 500 dominicains animés d’un grand zèle et leurs proches. Le Choir est comme un GrandOrgue de petite taille et l’Echo fait l’effet d’un petit Récit, chacun étant enfermé dans des boîtes expressives séparées. Par contre, ces deux plans secondaires ne parlent pas à la même vitesse que le plan principal puisqu’ils sont entourés de béton à l’intérieur d’un espace de forme ovoïde, de sorte qu’une partie de leur sonorité est dissipée dans les murs de verre qui les surplombent. Les sommiers à registres coulissants sont munis d’électroaimants agissant directement sur les soupapes; les sommiers postés sont pourvus d’électroaimants agissant sur les soupapes individuelles des tuyaux. La mécanique semble très bien réglée. Les principes qui ont présidé à l’harmonisation sont une habile combinaison des techniques suivantes : les pieds sont semiouverts et les lèvres inférieures sont travaillées et dotées d’un minimum de dents. Généralement, les basses des jeux de 8’ sont dépourvues de dents, et les freins harmoniques n’apparaissent que sur les gambes.

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NDLT : Les noms des claviers ont été conservés dans leur langue d’origine. Quand on décrit un orgue allemand dans un texte français, on parle des claviers de Brustwerk, de Hauptwerk. Il en va de même pour un orgue anglais. D’autant plus que le mot Choir ne désigne pas la même réalité sonore que le mot Positif.

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NDLR : Le présent article a été publié originalement dans la livraison de mai-juin 2010 de la revue Choir & Organ. © Rhinegold Publishing. Tous droits réservés. Avec la permission de l’auteur et de l’éditeur.

Concerts d’orgue Quand? Où? Qui? Consultez la rubrique Concerts à

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Anniversaires en musique par Irène Brisson Georg Böhm, Franz Liszt et son contemporain Aristide Cavaillé-Coll, Alexandre Guilmant et Jehan Alain sont à l’honneur cette année, ainsi que d’excellents organistes moins connus ou moins fréquemment joués, comme Sebastian Aguilera de Heredia, Pablo Bruna et même Louis Couperin. Il y a 450 ans, naissait à Saragosse Sebastian Aguilera de Heredia (1561-1627), un des grands organistes de la fin de la Renaissance espagnole, digne successeur d’Antonio de Cabezón. On sait peu de choses sur sa jeunesse, sinon qu’il apprit la musique et fut ordonné prêtre en 1584. Nommé l’année suivante organiste à la cathédrale de Huesca, en Aragon, il occupa son poste jusqu’en 1603, date à laquelle il retourna dans sa ville natale pour toucher l’orgue de la cathédrale. Remarquable interprète et compositeur, il était aussi reconnu pour son expertise en matière de facture et restauration d’orgue. Évoluant parallèlement aux maîtres de l’école du Nord, Bull et Sweelinck, Aguilera de Heredia excelle dans la mise en valeur contrapuntique du plainchant, dans les préludes riches en dissonances (Tientos de falsas) et dans les diminutions figuratives. On le considère souvent comme le plus grand organiste espagnol de sa génération. Les 17 pièces d’orgue qu’on lui connaît ont été publiées en 1978 et en 1980 par Dom Claude Guay aux Éditions Gras. Aveugle depuis l’âge de cinq ans à la suite d’une attaque de petite vérole, Pablo Bruna (16111679) est un des remarquables successeurs d’Aguilera de Heredia. Formé dans sa ville natale de Daroca, en Aragon, il y devint organiste dès l’âge de 16 ans, fut promu, en 1669, au rang de maître de chapelle et conserva ce poste jusqu’à sa mort. Sa réputation était telle que les rois d’Espagne Philippe IV puis Charles II ont daigné se déplacer pour l’écouter jouer.

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Par testament, Bruna a légué ses manuscrits à sa sœur et à un ami. Ces précieux documents ont malheureusement été perdus, mais ses compositions nous sont parvenues grâce à des copies réalisées par ses élèves. On possède ainsi une trentaine d’œuvres pour orgue, comprenant une vingtaine de tientos ou préludes contrapuntiques et sept versions de l’hymne Pange lingua. Une édition complète en a été réalisée en 1993 par Carlo Stella. Représentatif de son époque, Bruna sait, comme Frescobaldi, manier la dissonance expressive dans un Tiento de falsas ou combiner la psalmodie grégorienne à l’imagination, comme dans la Letanía de la Vírgen dont le refrain repose sur le traditionnel « Sancta Maria, ora pro nobis ». Virtuose accompli, il exploite fréquemment les jeux coupés mettant en valeur un solo accompagné ou un duo de cornet ou d’anches dans des œuvres figuratives, comme son Tiento de dos tiples ou son Tiento de mano derecha. Originaire de Chaumesen-Brie, Louis Couperin (vers 1626-1661), l’un des deux oncles de l’illustre François « le Grand », est arrivé à Paris vers 1650 en compagnie de ses deux frères Charles et François (« l’Ancien »), ayant attiré l’attention du claveciniste Jacques Champion de Chambonnières. Violiste à la cour, claveciniste et organiste, il fut dès 1653 titulaire des orgues de Saint-Gervais, dont la tribune demeurera le fief de la famille Couperin jusqu’en 1826. Il est permis de penser qu’il connut Johann Jakob Froberger lors du séjour parisien de ce dernier (1652), car nombreuses sont les affinités musicales entre ces deux maîtres. Louis Couperin est mort dans sa 35e année, alors que Louis XIV s’apprêtait à prendre officiellement le pouvoir et qu’allait commencer la grande période de l’orgue classique français.

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On a longtemps pensé que Louis Couperin avait peu écrit pour l’orgue, et on le connaissait par le biais du manuscrit Bauyn, comprenant des fantaisies pour viole de gambe, quelques pièces d’orgue et surtout une centaine de danses pour clavecin, groupées par tonalités, ainsi que de magnifiques préludes non mesurés hérités de ceux que jouaient les luthistes pour vérifier l’accord de leur instrument. La découverte à Londres par Guy Oldham en 1957 d’un manuscrit de 70 pièces d’orgue de Louis Couperin a donc fait l’effet d’une bombe parmi les spécialistes et les interprètes de la musique baroque française. Longtemps distillé au comptegouttes, ce précieux document a finalement été publié par Oldham en 2003 aux éditions de l’OiseauLyre. Trente et une de ces pièces l’ont été dix ans plus tôt par l’organiste Nicolas Gorenstein aux Éditions du Triton. Louis Couperin a soigneusement daté ses 70 pièces d’orgue, composées principalement entre 1650 et 1659 à Paris, à Meudon et même à Toulouse où le musicien a séjourné avec la cour. Héritier de Jehan Titelouze et très au fait de ce qu’a écrit Frescobaldi à Rome, l’organiste de SaintGervais maîtrise à la perfection le contrepoint issu de la Renaissance qu’il combine au plain-chant (Pange lingua, Regina coeli, Ave maris stella). Ses fantaisies, de proportions relativement modestes, sont en général dans l’esprit de celles de Froberger : sujet chromatique expressif, imitations, quelques brefs passages figuratifs. Certaines sont de véritables basses de trompette comme on en trouvera dans les livres d’orgue de la génération suivante, celle de Nivers, de Boyvin et de Lebègue. Dans plusieurs fantaisies, Louis Couperin indique sa registration, faisant par exemple appel au cromorne ou à la tierce du « Grand clavier », « avec le tremblant lent ». Certaines pages en trio semblent exploiter une pédale assez mouvante, qui contraste avec l’usage modéré qu’en feront la plupart de ses contemporains et successeurs français. Bref, Louis Couperin est, à travers sa musique d’orgue, le chaînon qui manquait pour comprendre comment les organistes français sont passés de la polyphonie de Titelouze au style coloré du Grand Siècle de Louis XIV.

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Quelques jours après la mort de Louis Couperin, naissait en Thuringe Georg Böhm (1661-1733). Fils d’un organiste qui lui enseigna les rudiments de la musique, il pourrait avoir été en contact avec plusieurs membres de la famille Bach, solidement établis dans la région. Ayant poursuivi ses études universitaires à Iéna, on le trouve en 1693 à Hambourg, ville réputée pour son opéra et pour ses orgues. Cinq ans plus tard, il est nommé organiste de l’église Saint-Jean (Johanniskirche) de Lunebourg (Lüneburg), poste qu’il conservera jusqu’à sa mort. Il serait impensable que Bach, qui séjourna dans cette ville entre 1700 et 1705, n’ait pas connu ce grand organiste dont les œuvres font la synthèse entre le style flamboyant de l’école nord-allemande et le goût français hérité de Lully. Avec Dietrich Buxtehude, Adam Reincken, Nikolaus Bruhns et Vincent Lübeck, Böhm est un des piliers de l’orgue d’Allemagne du Nord de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe. Comme compositeur, il est l’auteur de quelques cantates et d’une Passion selon Saint-Luc (perdue), d’une dizaine de suites de danses pour clavecin et de quelques préludes et fugues, ainsi que 8 ou 9 chorals et 10 partitas pour orgue. Si un esprit français parcourt son théâtral prélude en fa majeur, Böhm adopte, dans la plupart de ses diptyques et triptyques un style plus posé que celui de Buxtehude même s’il exploite généreusement le pédalier et le stylus phantasticus (Préludes en do majeur et en ré mineur). S’inspirant des partite pour clavecin de Frescobaldi, il façonne un genre nouveau, la partita ou série de variations sur un thème de choral, qu’adopteront le jeune Bach et son cousin Johann Gottfried Walther. Enfin, l’éloquence et le lyrisme italianisant du choral Vater unser im Himmelreich sera une belle source d’inspiration pour plus d’un choral orné de Johann Sebastian. Tandis que Handel commençait à faire son nid à Londres, naissait dans cette ville William Boyce (1711-1779). Petit chanteur à la cathédrale SaintPaul puis élève de l’organiste Maurice Greene, il semble avoir eu, dès le milieu de la vingtaine, des

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problèmes avec son ouïe, ce qui ne l’empêcha pas d’occuper des postes prestigieux à la cour, d’être organiste dans diverses églises avant de devenir en 1758 un des trois organistes de la chapelle royale. Parmi ses compositions figurent 43 odes pour le Nouvel An ou pour l’anniversaire du roi, des partitions scéniques, des Anthems, des symphonies et de la musique de chambre. Lorsque la surdité l’empêcha d’exercer son art, il se consacra à la complétion de la Cathedral Music (17601773), une importante compilation de trois volumes de musique sacrée anglicane entreprise par Maurice Greene. Pour le clavier, Boyce a composé dix Voluntaries qui ont été publiés à titre posthume vers 1785. Ces œuvres, jouables au clavecin, sont toutefois vraiment destinées à l’orgue, certaines faisant appel à un instrument à trois claviers (Great, Swell ou Echo, Choir), sans pédalier. Comme chez la plupart de ses contemporains britanniques, ces Voluntaries comprennent une introduction grave et contrapuntique suivie, dans le cas des six premiers Voluntaries, d’un coloré allegro sur les jeux de trompette, de cornet ou de voix humaine, le tout soutenu par une basse continue confiée à la main gauche. Les Voluntaries 7 à 10 remplacent le duo volubile par une robuste fugue à trois voix. Le prochain numéro de Mixtures rendra hommage à Liszt, à Enrico Bossi, à Alexandre Guilmant et à Jehan Alain.

À

INTERMÈDES L’ORGUE 2011 JONATHAN OLDENGARM, DIRECTEUR ARTISTIQUE

LES JEUDIS À 12 H 15 CONTRIBUTION VOLONTAIRE 7 JUILLET Suzanne Ozorak, Montréal 14 JUILLET Jonathan Oldengarm, Montréal 21 JUILLET Gagnant, Concours d’orgue Lynnwood-Farnam 2011 28 JUILLET Kola Owolabi, Syracuse, É-U. 4 AOÛT Virgile Monin, Paris, France 11 AOÛT Vincent Thévenaz, Genève, Suisse 18 AOÛT Kurt-Ludwig Forg Borken, Allemagne 25 AOÛT Jonathan Oldengarm, Montréal

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Angle Redparth & Sherbrooke, Montréal standrewstpaul.com 514.842.9991 music@standrewstpaul.com


Ici et là au Québec... In Memoriam C’est avec tristesse que le 27 octobre 2010 la vie nous enlevait subitement un ami, un associé, un mari, un père, un frère, un créateur, Jocelyn Carignan. Homme de passion : il en comptait plus d’une à son actif. Musique, ébénisterie, bonne bouffe, vin, famille, amis, sculpture, travail et cinéma ne sont que quelquesunes qui le révélaient bien. À travers ces passions, il dégageait une joie de vivre qu’il savait transmettre à son entourage. Homme de cœur : il se donnait corps et âme à ceux qui le réclamaient, et ce sans retenue. D’une générosité sans borne, il se rendait disponible peu importe l’heure du jour ou de la nuit s’il savait un ami ou un être cher dans le besoin d’une écoute, d’aide ou d’un conseil. Homme de travail : travailleur entier, il ne comptait ni temps ni efforts et persévérait jusqu’au but atteint. Il a su développer son art et repousser certaines limites en facture d’orgue. Sa vision du travail bien fait l’a amené à se dépasser, voire même exceller, dans certains domaines tels la conception et réalisation. Virtuose de la gouge, il aimait partager ses acquis avec ses étudiants. Donner forme au bois le comblait. Homme de vie : il aimait plus que tout la vie et ce qu’elle lui apportait en retour. Jocelyn était un être hors de l’ordinaire comme il s’en fait peu. Il était un homme bon. Merci à la vie de t’avoir mis sur notre route. Salut Jocelyn! Dominique Alain Guilbault Guilbault Bellavance Carignan Facteurs d’orgue

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Des nouvelles de Vancouver Le 28 septembre dernier, Denis Bédard a signé un contrat avec la Cathédrale de Monaco pour une prestigieuse commande de composition. Il s’agit d’une Messe pour orgue (5 pièces) d’une durée de 26 minutes, qui sera créée par le titulaire, Olivier Vernet, le 8 décembre 2011 à l’occasion des festivités entourant le centenaire de cette cathédrale. La création de cette œuvre, qui marquera la clôture des festivités, se fera en présence du Prince Albert et de tous les officiels de Monaco. Olivier Vernet a découvert la musique de Denis Bédard voilà deux ans. Lors du dimanche de Pâques 2010, il n’a joué que de ses œuvres, de même que le 19 novembre dernier, fête nationale de Monaco (messe télévisée). La composition de cette Messe va bon train: quatre des cinq pièces sont déjà écrites, il ne reste que la Sortie à composer (c’est quand même sept minutes de musique!). Le tout doit être remis en fin juin 2011. En août 2010, Denis Bédard a donné deux récitals en France, l’un à Arbois (église Saint-Just) et l’autre à Saint-Raphaël (basilique Notre-Dame-de-la-Victoire), tous deux dans le cadre de festivals internationaux d’orgue. L’invitation pour Arbois se doublait d’une commande de composition. C’est ainsi qu’il a interprété sa Suite du deuxième ton sur cet orgue baroque français (Carouge 1728). Cette œuvre est publiée aux Éditions Cheldar. L’œuvre pour orgue de Denis Bédard a fait l’objet de deux articles parus récemment : « Quelques considérations sur la musique de Denis Bédard » par Georges Cattin dans L’orgue, revue indépendante (No 4, décembre 2010) et « The Organ Music of Denis Bédard » par Paul Isom dans RSCM Quarterly (September 2010).

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Montréal par Jean Ladouceur

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AOM

Les Amis de l’orgue de Montréal furent conviés à trois activités, de janvier 2011 jusqu’au premier jour du printemps. Les retrouvailles, premier événement de la nouvelle année, se déroulèrent le 9 janvier à l’église Saint-Pierre-Apôtre. Les membres étaient invités à un vins et fromages au cours duquel deux organistes firent sonner l’orgue Casavant (1908, IV/59) restauré en 1994 par la firme GuilbaultThérien. Tout d’abord, le titulaire de l’instrument, Jean Ladouceur, fit entendre des œuvres de Peeters, Karg-Elert, Langlais et Fleury. Puis lui succéda Suzanne Ozarak, dans des œuvres d’Albert Alain et de Gilles Leclerc. La seconde rencontre eut lieu en février chez Fillion Électronique. Les membres eurent le plaisir de visionner un DVD publié en 2004 à l’occasion du vingtième anniversaire de décès de Pierre Cochereau qui fut un des grands organistes de NotreDame de Paris. Ce DVD occupa presque toute la soirée, et il était émaillé de documents d’archives sur Cochereau ainsi que de témoignages de musiciens. La soirée se termina par un extrait d’un DVD sur l’histoire de l’orgue. La dernière activité de la saison se tiendra le lundi 23 mai, fête des Patriotes : la randonnée annuelle où nous irons à la découverte d’orgues à Farnham, Granby et, comme dernier instrument, l’orgue Wilhelm de l’abbaye Saint-Benoît-du-Lac où nous entendrons Dom Richard Gagné o.s.b. 

Spirituart

Cette série de concerts, organisée par Jacques Boucher, le dynamique organiste de l’église Saint-Jean-Baptiste, présente chaque année quatre concerts en mars et avril. Le premier concert fut donné le 20 mars par un organiste roumain, Felician Rosca. Puis, le 27 mars, le titulaire de la tribune, Jacques Boucher, et la soprano Andréanne B. Paquin, présentèrent un programme intitulé La rencontre de Vierne et SaintSaëns. Le 3 avril, le thème était La tribune de Sainte-Clotilde de Paris : Franck et Dubois. Des

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œuvres de ces deux compositeurs furent interprétées par Alexandre Marcotte. Et enfin, comme dernier concert, le 10 avril, Denis Gagné joua une symphonie du compositeur et organiste Alexandre Guilmant, et le chœur Modulation, sous la direction de Lucie Roy, interpréta une messe de Léo Delibes. 

FIFA

Du 17 au 27 mars se tenait le 29e Festival international du film sur l’art. Dans le cadre des événements spéciaux, avait lieu à la Bibliothèque Nationale la projection du documentaire Martinikerk Rondeau, du cinéaste Will Fraser, film qui se veut un survol des orgues du nord de la Hollande, leur histoire, leur richesse et leur répertoire artistique. Un film passionnant, des instruments magnifiques dans des temples situés à tous les deux kilomètres… et des témoignages très instructifs par des spécialistes aimant et connaissant très bien leur sujet. Après cette projection, René Fréchette, directeur du Concours international d’orgue du Canada, anima une table ronde sur l’avenir des orgues au Québec. Étaient réunis, Antoine Leduc, Dinu Bumbaru, Jacquelin Rochette, Patrick Wedd, Yves G. Préfontaine et Isabelle Demers, qui ont été invités par René Fréchette à commenter le film. Suivit une discussion sur les orgues au Québec. La dernière partie fut réservée aux questions venant du public. Mentionnons la présence d’éminents musiciens comme Geneviève Soly, Christopher Jackson, Bernard et Mireille Lagacé ainsi que l’artiste en arts visuels Lisette Lemieux, sculptrice. 

Divers

Le 27 mars, à l’orgue de l’église des SaintsAnges-Gardiens de Lachine, Jens Kordorfer, lauréat du Concours international d’orgue du Canada 2008, joua des œuvres de Bach, Schumann, Rachmaninov et Liszt. Le 17 avril, concert pour la Semaine Sainte à l’église Saint-Pierre-Apôtre. Jean Ladouceur, interpréta des œuvres de Franck et de Langlais et, entre les pièces, fut présentée la lecture de « Six petits poèmes pour la Semaine Sainte » de l’écrivaine Anne Hébert (1916-2000). Ces poèmes sont extraits de

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son recueil Les Songes en équilibre. Cette lecture était assurée par Richard Foisy, chercheur indépendant en littérature et histoire de l’art, directeur du Centre de recherche sur l’atelier de L’Arche (1900-1925) et enfin collaborateur au catalogue Marc-Aurèle Fortin : l’expérience de la couleur, exposition présentée au Musée national des beaux-arts du Québec du 10 février jusqu’aux premiers jours de mai. Hélène Panneton, organiste titulaire de l’église Saint-Viateur d’Outremont, quittera cette tribune en septembre prochain après trente-sept ans de loyaux services. Tout au long de ces années, elle fut impliquée tant dans la liturgie que dans l’animation et la coordination de concerts, en particulier « Les Espaces spirituels à Saint-Viateur » de 2003 à 2008. Elle fut pendant toutes ces années une musicienne appréciée, engagée et dynamique. Après son départ, elle pourra consacrer tout son temps à la traduction. « Je pars heureuse, avec la satisfaction de laisser un héritage. J’ai beaucoup reçu en retour de la part de toutes les personnes avec qui j’ai collaboré au fil des ans. »

Québec par Esther Clément

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Conseil d’administration AOQ

La saison 2010-2011 des Amis de l’orgue de Québec a été bien remplie encore cette année, grâce au dévouement de ses membres et de son conseil d’administration qui travaillent sans relâche à organiser des concerts de qualité en plus de réaliser des projets innovateurs. Soulignons tout d’abord le départ de Claude Beaudry qui, depuis 1975, s’est impliqué au sein du conseil d’administration, dont il a assumé la présidence depuis 2001. Aussi, Nathalie Gagnon, Louise Provencher ainsi que Jean-Claude Rivard ont décidé de ne pas renouveler leur mandat. Un grand merci à toutes ces personnes pour leur dévouement.

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Heureusement, de nouvelles recrues font leur entrée au sein du conseil d’administration, soient Sylvain Barette, Andréanne Bolduc et François Ratté. Bienvenue dans l’organisation! 

Saison AOQ

Dans la première moitié de la saison, les organistes Alexander Weimann, Frédéric Champion ainsi que Nathalie Gagnon ont conquis le public par la qualité de leur prestation respective. Le 6 février dernier, les Amis de l’orgue ont poursuivi leur saison par la présentation d’une conférence très captivante donnée par Gérard Mercure sur l’histoire des orgues de salon et les orgues personnels. L’organiste Aubert Lavoie nous a par la suite ébloui par son talent de musicien mais aussi par son habileté à concilier sa carrière d’organiste ainsi que celle d’immuno-allergologue au CHUL de Québec! Le dernier grand concert aura lieu le 30 avril prochain avec Pierre Grandmaison que nous n’avons pas eu l’occasion d’entendre à Québec depuis 1987! Son récital sera présenté en hommage à Pierre Cochereau, organiste mythique de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et sera composé d’œuvres de Duruflé, Franck et Vierne. Outre ce dernier concert attendu par les mélomanes, les Amis de l’orgue de Québec innovent cette année par la présentation de l’activité Organiste d’un jour. Tout à fait inusité et hors du commun au Québec, cet événement aura lieu le 15 mai prochain et permettra à une dizaine de jeunes pianistes de moins de 16 ans de toucher un orgue de grande envergure, en l’occurrence celui de l’église Saints-Martyrs-Canadiens. Les candidats retenus enchaîneront de brèves prestations à travers une formule expliquant les mystères de l’instrument et l’audition de quelques grandes œuvres du répertoire par un organiste chevronné, le tout présenté sur écran géant. Le nombre de candidats ayant déjà répondu à l’appel permet d’affirmer que cette activité sera un succès et qu’elle permettra de faire vivre une expérience formidable et enrichissante à tous les participants et participantes. Qui sait, verrons-nous peut-être un jour les répercussions de cet événement dans les classes d’orgue des différents conservatoires et universités?

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Nominations

Estrie Danny Belisle, professeur au Conservatoire de musique de Québec, vient de succéder à Sylvain Doyon à la tribune de l’église Saint-Jean-Baptiste. Sylvain Doyon nous a quitté pour s’installer à Drummondville. Édith Beaulieu est la nouvelle titulaire des grandes orgues de l’église Saint-Roch. Elle prend la relève d’Esther Clément. En plus de cette fonction, elle conserve celles d’organiste à Notre-Dame-de-Jacques-Cartier et à Notre-Dame-de-la-Garde. Pour sa part, Esther Clément a été nommée titulaire des orgues de l’église Saint-Joseph de Beauce, située beaucoup plus près de son domicile (SainteMarie)!

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Autres concerts

Les Concerts de la Cathédrale ont présenté, à la Basilique Notre-Dame, une série de trois concerts à l’automne avec les organistes Claude Lemieux, titulaire des grandes orgues, Dominique Gagnon et Marie-Hélène Greffard. Le dernier concert dans cette série, soit un grand concert de Noël, a charmé l’auditoire avec la participation des trois organistes le même soir. D’autres concerts avec instruments ou chœurs sont aussi à venir. Les séries Printemps de Saint-Sacrement et Festival du printemps à Saint-Roch présenteront encore des concerts d’orgue fort intéressants. Les traditionnels concerts à Chalmers-Wesley seront de retour et agrémenteront nos dimanches d’été.

par Chantal Boulanger

Le 10 janvier dernier avait lieu la première assemblée générale des Amis de l’orgue de l’Estrie (AOE). En effet, les organistes de l’Estrie se sont regroupés pour fonder cette association afin d’offrir des séries de concerts d’orgue de qualité. Le conseil d’administration est formé de Chantal Boulanger, présidente, Leslie Young, viceprésident, Cécile L’Écuyer, secrétaire, Marc O’Reilly, trésorier et Dominic Alexandre, administrateur. La saison de concerts 2010-2011 a offert quatre concerts. Le 19 septembre, les solistes MarieAmélie Hardy, soprano et Isabelle O’Reilly, mezzo-soprano accompagnées par Chantal Boulanger ont présenté le Stabat Mater de Pergolèse et Marc O’Reilly a improvisé sur des thèmes grégoriens. Le 21 novembre, c’était Jonathan Oldengarm qui offrait un concert fort intéressant d’œuvres de Ernst, Haëndel. Liszt, Gigout et Widor. Leslie Young et Chantal Boulanger se sont partagé le concert du 20 février dans un programme d’œuvres du XXe siècle. Finalement, le 3 avril, nous avons eu le plaisir d’accueillir Dom Richard Gagné dans un programme axé principalement sur des improvisations sur l’orgue augmenté de huit jeux de l’église PlymouthTrinity. Les concerts ont été commandités par le facteur d’orgues Juget-Sinclair. Le 30 avril, le compositeur estrien Marc O’Reilly présenta Stabat Mater, une œuvre qu’il vient de terminer, à la Chapelle des Petites Sœurs de la Sainte-Famille. Cette œuvre a fait entendre plusieurs chœurs de la région : le Chœur Équi Vox, un chœur d’hommes, l’ensemble vocal Tiens! Tiens! Tiens! et la chorale classique du département de musique du Cégep de Sherbrooke. L’œuvre était accompagnée par un quintette à cordes, saxophones, trompette, trombone, guitare classique, percussions. Jonathan Oldengarm était à l’orgue. Nous avons eu le plaisir de découvrir ce petit orgue Casavant très intéressant.

Tout près de Québec, à Sainte-Marie de Beauce, le Festival d’orgue poursuit sa tradition en présentant cette année sa 11e édition en juin.

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Parutions par Robert Poliquin L’orgue de 1790 / The 1790 Chamber Organ Benjamin Waterhouse England and Son, 1790, 1 clavier manuel, 7 jeux, 9 rangs Cathédrale anglicane Holy Trinity, Québec Pour les amateurs de musique anglaise du XVIe siècle, voici un enregistrement qui saura vous plaire au plus haut point. On y retrouve des œuvres écrites pour clavecin ou orgue par Haëndel, Boyce, Walond, Keeble et Stanley. Seule exception, une sonate pour viole de gambe et clavecin de J. S. Bach avec la collaboration de l’altiste Mary-Kathryn Stephens. L’artiste, dont on connaît la passion pour cette musique, nous offre une performance de haute qualité, d’une musicalité tout à fait exceptionnelle sur un instrument authentique. Un vrai petit bijou! Disponible à la boutique de la cathédrale, 31 rue des Jardins, Québec. Laudate Dominum Denis Gagné Providence, 1961 / Lévesque et Roussin, 2009, II/P, 26 jeux, 22 rangs Chapelle mariale, Ermitage Saint-Antoine, Lac-Bouchette Sur cet orgue de taille relativement modeste qui se prête bien à l’interprétation de la musique baroque, l’artiste nous amène en Allemagne du Nord dans un choix d’œuvres (chorals, préludes, et fantaisies) de Buxtehude, Pachelbel, Kauffmann, Walter, Krebs et du grand J. S. Bach. Le récital se termine avec trois œuvres de l’époque romantique écrites par Mendelssohn, Brahms et Karg-Elert. Cet enregistrement nous dévoile une exécution soignée et intéressante de la part d’un artiste de la relève au Québec. Ça promet! Lac-Bouchette, LB 1008 (2010) Tournemire : Nativitas Vincent Boucher Casavant, Opus 615, 1915/1995, IV/P, 65 jeux, 92 rangs Église Saint-Jean-Baptiste, Montréal Après l’album Resurrectio, en 2006, l’artiste nous revient, dans ce deuxième enregistrement, avec des œuvres consacrées à la fête de Noël. Extraites de l’Orgue mystique, des Petites fleurs musicales, des Variae preces, et des Postludes libres, ces 17 pièces nous révèlent le caractère mystique du compositeur que l’artiste nous fait découvrir en utilisant les immenses ressources sonores de l’instrument de SaintJean-Baptiste. Elles accompagnent deux œuvres symphoniques monumentales : l’Improvisation sur le Te Deum (reconstituée par Duruflé) et la première Fresque symphonique sacrée. Une prestation remarquable d’œuvres rarement exécutées en récital. Avis aux amateurs! ATMA, ACD 2 2471 (2010) Page 34

Mixtures, numéro 29 novembre 2008


Widor : Intégrale des symphonies pour orgue Jacques Boucher, Jean-Guy Proulx, Gilles Rioux, Jacquelin Rochette, Benjamin Waterhouse En 1995, à l’occasion du 150e anniversaire de naissance de Charles-Marie Widor et du 115e anniversaire de fondation de Casavant Frères, l’intégrale des dix symphonies du compositeur fut donnée, par cinq organistes sur les grandes orgues de cinq villes du Québec : Saint-Hyacinthe, Montréal, TroisRivières (Cap-de-la-Madeleine), Québec et Rimouski. Les enregistrements réalisés lors de ce grand événement nous sont maintenant offerts dans ce coffret de six disques. Ils nous permettent de nous remémorer l’événement et de réentendre des performances exceptionnelles sur des instruments de notre patrimoine reconnus pour leur caractère symphonique tel que le préconisait le compositeur. Ce coffret est un incontournable pour tous les amateurs de musique d’orgue. Il nous présente des organistes de haut calibre et de grandes orgues de chez nous dans des œuvres sublimes. À se procurer absolument! XXI, CD 2 1720 (2010) 6 CD

Présence de l’orgue le dimanche, 8 heures

Montréal 91,3 Rimouski 104,1 Sherbrooke 100,3 Trois-Rivières 89,9 Victoriaville 89,3 Gatineau 1350 AM

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Pour formuler des suggestions ou enregistrements à présenter :

Martin Yelle RVM Victoriaville 71, rue Saint-Louis Victoriaville, QC G6P 3P6

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L’orgue sur le web par André Côté Plusieurs organistes se sont déjà attaqués à la tâche monumentale d’enregistrer l’intégrale des œuvres de Bach. L’organiste James Kibbie, professeur à l’Université du Michigan, nous propose en libre accès les 270 pièces pour orgue du maître. Le tout a été enregistré sur sept orgues historiques baroques allemands. Pour chaque pièce, on mentionne l’instrument ainsi que la registration utilisée. Le site, très convivial, permet l’écoute d’œuvres individuelles, le téléchargement de groupes de pièces ainsi que la recherche de titres particuliers. La qualité sonore est intéressante bien qu’elle ne puisse rivaliser avec celle qu’on retrouve sur un CD (256 kb/s 44 100 Hz). http://www.blockmrecords.org/bach/index.htm Tel qu’évoqué lors de chroniques précédentes, la mise en ligne de documents numérisés devient de plus en plus courante et permet à un plus grand nombre d’avoir accès à ces trésors. Ainsi, la bibliothèque numérique Gallica qui propose des livres, des manuscrits, des cartes, des images, des revues et des partitions rend disponibles une foule de documents ayant trait à l’orgue. Son outil de recherche permet de trouver des documents historiques très intéressants : manuscrits de partitions, photos d’époque, etc. J’ai particulièrement apprécié le Manuel complet du facteur d’orgues (1903) et les photos du début du siècle dernier représentant les Tournemire, Gigout, Dupré, etc. http://gallica.bnf.fr L’orgue étant sans contredit l’instrument de musique le plus complexe, il est fréquent de retrouver un terme, notamment du côté de la facture, qui peut paraître particulier voire inconnu. (Votre orgue a-t-il un problème de crapaudine?)

Qui n’a pas rêvé, parmi les organistes, de disposer de son propre instrument à domicile? La construction d’un orgue de salon représente souvent le projet d’une vie étalé sur une longue période surtout si l’intéressé décide, plutôt que de confier le tout à un facteur d’orgues, d’en faire un projet personnel. C’est ce qu’a réalisé, avec beaucoup de patience, de travail et avec les conseils d’amis facteurs d’orgues, le professeur de musique John Bélinguier. http://www.orgue-de-salon.com/accueil.html Bien que n’étant pas le seul passionné à publier sur internet les étapes de la construction de son orgue de salon, il partage avec nous une grande quantité de photos, d’extraits audio et vidéo permettant de suivre la progression des travaux échelonnés sur plus de 2 000 heures. Les médias d’information font, pour notre plus grand bonheur, de plus en plus d’archivage. Ainsi, des documentaires, des reportages voire des émissions en version intégrale sont maintenant disponibles sur demande. C’est ainsi que ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’apprécier le reportage Les orgues du Québec en péril, présenté en novembre dernier à l’émission Second Regard de Radio-Canada, pourront se rattraper. Cette émission traite de la sauvegarde de l’orgue de l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus de Montréal mais aborde aussi le problème de façon plus globale. Plusieurs personnes bien en vue dans le monde de l’orgue au Québec apportent dans ce reportage leur appui à ce qui demeure un cheval de bataille de notre association. http://www.radio-canada.ca/emissions/ second_regard/2010-2011/Reportage.asp? idDoc=124609

Le site Orgues en Région de Bruxelles-Capitale propose un glossaire de l’orgue inspiré d’ouvrages de référence de renom. http://www.orgues.irisnet.be/fr/Glossaire/Liste/app.rvb

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Le texte intégral (avec liens hypertextes) de cette chronique peut être consulté à l'adresse suivante : http://pages.videotron.com/acote/

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Revue des revues par Gaston Arel et Robert Poliquin FRANCE Orgues nouvelles / Coet Sal — Mériadec, 56400 Plumergat, France. (Supplément de musique et CD avec chaque numéro) No 10 — Automne 2010 : Éditorial — La Pologne des orgues : Voyage d’un Huron à travers le paysage musical polonais, Résurrections, La Tablature de Jan de Lublin, Voyage en photos; Poméranie : Kamien Pomorski, une étape hanséatique, Gdansk : Daniel Magnus Gronau — Orgalie — L’orgue de Gujan-Mestras — La situation de la restauration des orgues en France — Michèle Worms, l’indépendance faite femme — L’orgue sur les ondes : …avant la seconde guerre mondiale, …à Radio-France de 1945 à 2000 — Les orgues à RadioFrance — Églises ouvertes, églises fermées, enjeux… — Musiciens du culte catholique — Livres, CD. No 11 — Hiver 2011 : Éditorial — L’orgue belge : De l’existence de la Belgique…et l’orgue belge, Histoire de la musique d’orgue belge en Belgique, Panorama de la musique contemporaine, L’enseignement de l’orgue en Belgique, L’Institut Lemmens hier… et aujourd’hui, La facture d’orgue en Belgique, L’orgue Jacques à NotreDame-de-la-Chapelle à Bruxelles, Maredsous : Abbayes et orgues — Un orgue dans l’espace — Poitiers, un véritable rayonnement régional — Le concours d’orgue de Béthune — Guillou : Légion sont les honneurs — Choral cistercien de Jehan Alain — Champcueil : une facture sans exclusive — Livres, CD. SUISSE La tribune de l’orgue / REVUE DE SUISSE ROMANDE, Guy Bovet, CH-2000 Neuchatel, Suisse. 62e année, No3 2010 : Éditorial — L’œuvre pour et avec orgue de Klaus Huber (1942) — Une réussite suisse en Languedoc — Le quart d’heure d’improvisation — Les chambre d’hôtes de M. Cavin en Bourgogne et leurs orgues — Les voyages de M. Philéas Fogg — Le nouvel orgue de Kramerhaus dans l’Emmental — Orgues neuves, restaurées — Actualités : disques, partitions, livres, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts. 62e année, No4 2010 : Éditorial — Le séjour italien d’Antonio et Juan Cabezon — Au pays basque espagnol avec le Musée Suisse de l’orgue — Le quart d’heure d’improvisation — L’orgue du Dîme de Tallinn et le restaurant Balthasar — Les voyages de M. Philéas Fogg — Restauration de l’orgue Goll du Collège de Schwyz — Mixtures, numéro 34, mai 2011

Le nouvel orgue Goll d’Hannovre, Marktkirche Orgues neuves, restaurées… — Actualités…

L’orgue, revue indépendante / François Widmer, 4, chemin de la Criblette, CH-1091 Grandvaux, Suisse. No1, Mars 2010 : Éditorial — La « différence Fribourg » — Rudolf von Beckerath et Charles Letestu : un tandem unique dans le monde de l’orgue — Le Festival d’improvisation de Lausanne 2009 — L’orgue Kuhn (1905) de l’église du Sacré-Cœur de Montreux — L’éteignoir et l’entonnoir : Jean Calcin et la musique — L’orgue de Notre-Dame de l’Assomption à Saignelégier — La reconstitution des grandes orgues de Bellelay — Le respect de la langue française. No2, Juin 2010 : Éditorial — Rozay-en-Brie et ses grandes orgues historiques — Erschwil : feu vert pour une restauration — L’Exposition universelle de Paris en 1878 (suite) — Les orgues du Münster de Fribourg-enBrisgau — La reconstitution des grandes orgues de Bellelay. No3, Septembre 2010 : Éditorial — Les grandes orgues du Münster de Bribourg-en-Brisgau (suite et fin) — Anniversaires en musique — Le tempérament : propos d’un musicien — Communiqué de presse des Célébrations Riepp 2010 en France — Un entretien entre Yannick Merlin et Christian Lutz — L’Exposition universelle de Paris en 1878 (suite et fin). No4, Décembre 2010 : Éditorial — La création de la Maîtrise de la cathédrale de Sion (Valais) — Présentation et entretien avec le facteur d’orgues Hellmuth Wolff — Où est passée la chaire du Prieuré (l’église réformée de Pully)? — Deux instruments de tailles modestes — Évocation du facteur d’orgues Rudolf von Beckerath — Quelques considérations sur la musique de Denis Bédard — Anniversaires en musique. CANADA Organ Canada / Orgue Canada / JOURNAL BIMENSUEL COLLÈGE ROYAL CANADIEN DES ORGANISTES (RCCO/ CRCO), 202-204 St. George St., Toronto DU

November 2010 : Breckels & Matthews Pipe Organ — Hymn Competition celebrates Anniversary — Organ Miniature : Prelude on Crimond by Paul Ayres — President’s Message — Hindsight — Calgary’s organ community remembers Herta Anderson — Centre News — Sixteenth Notes — Positions Available.

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January 2011 : Remembering Lessons with André Marchal — St Thomas’s Choir in Residence at Salisbury & St Paul’s — Buxtehude in Montreal — Hindsight — Bach Through Time — An Introduction to the Canadian Music Centre — From The Builders — From the Ranks — President’s Message — Centre News — RCCO Member Survey — Listenig to Your Voice — Pastorale Ponders — Church Positions Available. March 2011 : The Bells of St James — Lynnwood Farnam Competition — UK Report — In Defense of Elitism — Organ Miniature : Flourish by James Leonard — Godfrey Hewitt Scholarship Competition 2010 — President’s Message — The Archivist’s Quarry — Hindsight — Membership & Brand Committee Survey Report — Centre News — A New Syllabus — Sixteenth Notes and Positions Available.

Vol 45 No 3 — March 2011 : Pipe Organs of the Rich and Famous: Edson J. Bradley — Improvisation Initiatives — New Book on Organ Restoration and Conservation — Organ Feature: Church of the Ascension, Denver CO (Murphy, II/P, 24/29). Vol 45 No 4 — Aprily 2011 : An Extraordinary Moment: Four New Organ Concertos — Green and Pleasant America II: The Longwood Gardens Aeolian Organ — Improvisation Initiatives — Organ Feature: Church of the Ascension, New York, NY (Quoirin, IV/P, 95/111). The Diapason / 3030 W. Salt Creek Lane, Suite 201, Arlington Heights, IL 60005

The Tracker / JOURNAL OF THE ORGAN HISTORICAL SOCIETY (OHS), P.O. Box 26811, Richmond, VA 23261

Vol 101 No 10 — October 2010 : Remembering Austin Lovelace (1919-2010) — Clavierübung III of J.S. Bach: Theology in Notes and Numbers I — Abbey of Solesmes Celebrates 100 Years — Organbuilders and Research: A clarification — Organ Feature: TMI — The Episcopal School of Texas, San Antonio TX (Schoenstein, II/P, 18/20).

Vol 55 No 1 — Winter 2011 : Message from the President — Wurlitzer Opus 587 — Artifacts in Use : Paradox of restoration and conservation of organs — OHS National Convention : Washington 2011 — Mendelssohn and the Organ — Archives Corner — Books and CDs.

Vol 101 No 11 — November 2010 : Remembering André Marchal: Thirty Years Later — Clavierübung III of J.S. Bach: Theology in Notes and Numbers II — Organ Feature: St. Jerome Catholic Parish, Oconomowoc WI (Berghaus, III/P, 65/53).

The American Organist / JOURNAL OF THE AMERICAN GUILD OF ORGANISTS (AGO), 475 Riverside Drive, Suite 1260, New York, NY 10115

Vol 101 No 12 — December 2010 : Remembering André Marchal — The Art of Teaching: Joan Lippincott at 75 — Clavierübung III of J.S. Bach: Theology in Notes and Numbers III — The Carol and Its Context in 20thCentury England — Organ Feature: Hayes Barton United Methodist Church, Raleigh NC (Buzard, III/P, 43/52).

ÉTATS-UNIS

Vol 44 No 11 — November 2010 : An Organ Renaissance at Lincoln Center — A Lesson on Alain’s Litanies — Making 40 Years in Albany, NY — 2011 Anniversaries — Organ Feature: Trinity Episcopal Church, St. Louis MO (Quimby, II/P, 45/24). Vol 44 No 12 — December 2010 : Pipe Organs of the Rich and Famous: Charles-Marie Widor — Remembering William Dowd — A Gift of Chimes — Arvo Pärt’s Organ Music — Organ Feature: Celebrating Goulding & Wood’s 30 Years. Vol 45 No 1 — January 2011 : Celebrating Alain’s Centennial: A Conversation with Helga Schauerte — Improvisation Initiatives — A New Gothic-Style Organ — Organ Feature: Chapel of the Incarnate Word, San Antonio TX (Schoenstein, III/P, 24/27).

Vol 102 No 1 — January 2011 : Albert Schweitzer Organ Festival: 13th Anniversary — Southern Harmony Revisited — AGO National Convention: Washington — Organ Feature: Zion Lutheran Church, Wausau WI (Kegg, III/P, 63/49). Vol 102 No 2 — March 2011 : Early Organ Composer’ Anniversaries in 2011 — Wayne Leupold Edition of Bach’s Clavierübung III — Hidden Patterns in Jehan Alain’s « Jannequin » Fugato — Welte’s Philharmonic Roll Recordings 1910-1928: My afternoons with Eugène Gigout — Organ Feature: First Presbyterian Church, Greenville NC (Lewtak, II/P, 30/40).

Vol 45 No 2 — February 2011 : Green and Pleasant America I: The Longwood Gardens Aeolian Organ — Bach’s Prelude and Fugue in C Major, BWV 545 — Improvisation Initiatives — New Book: Messiaen the Theologian — Organ Feature: St, Mark’s Episcopal Church, St. Louis MO (Juget-Sinclair, II/P, 20/23). Page 38

Mixtures, numéro 34, mai 2011


Mixtures #34, mai 2011  
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