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Numéro 30

Mai 2009

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

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Mixtures

Sommaire

Coordonnateur Robert Poliquin

Les anniversaires

Comité de rédaction Claude Beaudry, Irène Brisson, Noëlla Genest, Robert Poliquin, Michelle Quintal

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Les congrès/conférences/colloques

Collaborateurs à ce numéro Josée April, Gaston Arel, Irène Brisson, André Côté, Robert Ducharme, Gérard Mercure, Robert Poliquin, Michelle Quintal, Jean-Claude Rivard, Hellmuth Wolff

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Le Concours international d’orgue du Canada Le Congrès RCCO/CRCO 2008 Les instruments

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Révision

Le 375e anniversaire de Trois-Rivières Les 100 ans de Rudolf von Beckerath

L’orgue de l’église Saint-Pierre-Claver de Montréal L’orgue du Conservatoire de musique de Rimouski

Claude Beaudry et Gérard Mercure

Les chroniques Impression Les Copies de la Capitale Paraît deux fois par année : mai et novembre Prix : 5 $ par numéro

Date de tombée : 1er du mois précédent

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1

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Anniversaires en musique

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Ici et là, au Québec... - Montréal - Mauricie - Québec

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Parutions L’orgue sur le web Revue des revues

Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, avenue d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Mai 2009 ISSN 1201-5741

Mixtures, numéro 30, mai 2009

En couverture : Orgue Casavant, Opus 879, 1921 / Guilbault-Thérien 1979 IV/P, 59 jeux, 75 rangs Traction électro-pneumatique Cathédrale Saint-Germain Rimouski, QC

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2009 : 375e anniversaire de la fondation de la ville de Trois-Rivières Par Michelle Quintal Pro Organo (Mauricie) organise à la basilique du Cap un concert qui aura lieu le 5 juin prochain, concert réunissant six organistes interprètes jouant six organistes compositeurs. Les Petits Chanteurs de Trois-Rivières et la Maîtrise du Cap se joindront à cet événement qui célèbre le 375e anniversaire de la ville qui se veut la capitale culturelle du Canada.

Symphonique : « Complainte, Lamentation et Toccata ». Sous la direction de Claire Bisaillon, les Petits Chanteurs de Trois-Rivières et les Petits Chanteurs de la Maîtrise du Cap interpréteront Ode-Rigaudon à JeanBaptiste de Gilles Rioux. Dans cette œuvre, écrite en 1998, les lettres du nom de B.E.R.N.A.R.D.P.I.C.H.É. servent à édifier une chaconne. Gilles Rioux sera à l’orgue.

À cette occasion, Raymond Perrin créera Vitraux en l’honneur de Marie, œuvre pour grand orgue et petit ensemble vocal, commandée par Pro Organo à Claude Thompson. Terminée le 2 février dernier et inspirée par les vitraux de Guido Nincheri de la cathédrale de la ville (vitraux illustrant 38 invocations des 49 Litanies de Lorette en l’honneur de la Vierge Marie) cette fresque musicale divisée en quatre parties fait le lien avec huit vitraux de Nincheri : mystère de l’Avent et de Noël, mystère de la Passion, mystère de Pâques et de l’Assomption. Cette œuvre de plus de 15 minutes conclut avec une fantaisie sur Regina coeli et une fugue. Philippe Bournival a profité de cette célébration pour écrire Six esquisses sur TroisRivières, qui décrivent non seulement la cathédrale où il utilise un Agnus Dei composé par Claude Thompson, la basilique NotreDame-du-Cap dont Philippe est le directeur musical, le fleuve SaintLaurent, la rivière Saint-Maurice mais aussi un parc d’amusement et un endroit pittoresque « le Pit de sable » où Bournival a joué au cowboy lorsqu’il était enfant. Le Photo: Yvon Leclerc compositeur créera son œuvre. En pari de croire à la sus de ces deux créations, François PothierBouchard jouera une Fantaisie de son professeur gue en Mauricie. Raymond Perrin et Martin Brossard jouera les deux derniers mouvements de sa Grande Suite Page 4

Sous la présidence d’honneur de Claude Thompson, ce concert débutera par l’audition de la Messe en si mineur que Bernard Piché a écrite en 1961 alors qu’il était à Lewiston. Elle sera chantée par les deux maîtrises sous la direction de Luc Darveau. Michelle Quintal sera à l’orgue. Projetée sur écran, cette grande fête à laquelle se joignent une centaine de choristes illustrera la création musicale pour orgue couvrant un demi-siècle, soit entre 1961 et 2009. Elle permettra aussi de découvrir la diversité de styles de cette équipe intergénérationnelle d’organistes compositeurs et interprètes. Projet initié il y a deux ans par Denis Morneau, Gilles Rioux et Michelle Quintal et entériné ensuite par le comité de Pro Organo, « Organistes créateurs aux Trois-Rivières » verra le jour grâce au travail des généreux bénévoles de cette société qui ont fait le vitalité de la musique pour or-

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Rudolf von Beckerath Une célébration de son centenaire à Brême par Hellmuth Wolff Les lecteurs de Mixtures ont déjà pu lire des articles sur la vie et l'œuvre du grand facteur d'orgues hambourgeois, une biographie de Christoph Linde (Mixtures 13 et 14), et un article de votre humble serviteur sur l'amitié entre M. von Beckerath et l'éminent organiste Charles Letestu, (Mixtures 20). Je m'imagine bien qu'un petit compte rendu des festivités autour du centenaire de Rudolf von Beckerath et des autres événements encadrant ladite fête pourrait intéresser nos lecteurs. Ces événements se sont déroulés au mois d'octobre 2007, à l’occasion d'une semaine de musique sacrée à Brême et à Hambourg, ainsi qu'à Golzwarden, où nous célébrions l'ouverture de la Maison Schnitger. Cette petite maison ancienne, située tout près du hameau de Schmalenfleth, lieu de naissance du fameux maître facteur d'orgues, est destinée à devenir un lieu de pèlerinage pour tout organologue en herbe, qu'il soit avide d'étudier l'œuvre de Schnitger, ou qu'il désire y contribuer par ses propres recherches. Enfin, commençons par le début : bien que je n'aie jamais travaillé pour la firme hambourgeoise, l'idée d'organiser une rencontre entre les nombreux anciens apprentis et employés de Rudolf von Beckerath m'a trotté dans la tête depuis quelques années, mais il a fallu attendre l'année du centenaire et une occasion propice pour pouvoir la réaliser. C'est donc grâce à Harald Vogel et Hans Davidson du Kircheninstitut Bremen et à Irmgard Wolters, la directrice du Schnitgerhaus, que nous avons enfin pu réaliser notre rêve.

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Le fait de réunir les anciens disciples dispersés à travers le monde aura été un exploit en soi, mais nous voulions également susciter et entendre des témoignages sur la vie et les enseignements de Beckerath, surtout dans le domaine de l'harmonisation et de sa conception sonore de l'orgue. Rappelons-nous que Beckerath a vécu une période charnière de l'histoire de l'orgue, celle du « retour aux sources » réclamée par Albert Schweitzer1 et d'autres au début de siècle dernier. Par ses instruments et ses recherches, Beckerath a contribué de façon significative au renouveau de l'orgue. De plus, aucun autre maître du 20e siècle n'aurait pu se vanter d'avoir formé autant d'harmonistes/facteurs d'orgues. Plusieurs d'entre eux, tels que Gerhard Grenzing en Espagne, John Mander en Angleterre, Beat Grenacher et Hans Füglister en Suisse, Claus Sebastian en Allemagne, Marc Garnier et André Schaerer en France, Gerhard Hradetzky en Autriche, Joachim Wesslowski au Mexique, ou plus près de nous, les Américains John Brombaugh, Fritz Noack et George Taylor, tous se sont fait connaître par leurs instruments dans le monde entier. Justement, ce dernier était le premier conférencier invité de la journée Beckerath. George Taylor a cité et commenté les lettres de son maître, toutes écrites pendant ses années de formation en France. Ces lettres2 révèlent le caractère et l’assurance remarquables du jeune Beckerath! Le fait d’avoir travaillé quelques années dans l'atelier de Hambourg et sous la tutelle du maître permettait à George Taylor de nous esquisser les traits d'une personnalité exceptionnelle. Issu d'un milieu d'artistes et d'intellectuels notoires, Beckerath avait une vision plus large de la profession que s'il était entré dans la facture d'orgue dès le jeune âge, comme la plupart d'entre nous3. Cette notoriété lui permettait de fréquenter des artistes tels que Hans Henni Jahnn et Louis Vierne. Par ailleurs, lorsqu'il s'avérait difficile pour lui de trouver un poste dans un atelier allemand pour faire son apprentissage, c’était Vierne qui lui recommandait la maison Victor Gonzales en France. Page 5


Le jeune Beckerath ne se contentait évidemment pas seulement d'admirer ces intellectuels, il les mettait au défi. Il se querellait constamment avec Jahnn au sujet des règles de base de la facture d’orgue qu'ils essayaient conjointement d'établir. Cette conférence était aussi excellente que celle que George Taylor a donnée lors du symposium Buxtehude/Beckerath de la dernière Académie estivale de l'Université McGill4 et intitulée Beckerath, a Prince among Organbuilders. Le conférencier suivant, Harald Vogel, a parlé du rôle important de Beckerath dans le renouveau de la facture d’orgue, d'abord en Allemagne et, plus tard, en Amérique. Comme nous le savons tous, ses trois instruments, installés à Montréal, sont à l’origine d’un vent de changement sur la scène de la facture québécoise, ainsi que sur tout le continent nord-américain. M. Vogel a aussi mentionné les enseignements de son ami Charles Letestu, pour qui la technique française de l'orgue était fortement influencée par le toucher du piano et même du clavicorde, instrument encore assez mal connu à l'époque. Selon M. Vogel, la mécanique des pianos français de l'après-guerre (Erard, Pleyel) était supérieure à celle des autres marques, incluant Steinway, quant au raffinement du toucher.

Deux films, tournés vers 1959 par la télévision allemande, nous ont été présentés, montrant les activités dans l'atelier de Hambourg. On y a vu Rudolph von Beckerath, ainsi que l’Américain Arthur Carkeek qui poursuit ses études chez Letestu, tout en gagnant quelques sous en travaillant dans la facture d'orgues. Ensuite, en table ronde, nous avons discuté des méthodes d'harmonisation du maître et de sa vision de l'instrument. À cette occasion, les « anciens » ont bien sûr évoqué bon nombre d'anecdotes pour illustrer le personnage. Il était par ailleurs touchant de voir, parmi les invités, les veuves de Rudolf von Beckerath et de Art Carkeek, ainsi que le fils de ce dernier, Andreas, qui ressemble beaucoup à son père. L'après-midi était consacré à la visite de quelques instruments des environs de Brême, tous fabriqués par Rudolph von Beckerath et conservés heureusement dans leur état original par ses fidèles disciples, ce qui est loin d'être la règle en Allemagne5. Cette journée mémorable s’est terminée par un copieux repas, réunissant encore plus d'amis et d’ex-employés de Rudolf von Beckerath, ainsi que quelques membres actuels de la firme de Hambourg.

De gauche à droite: Hans Füglister, Fritz Noack, Hermann Tronsdorf, Hans Wübbers, Hellmuth Wolff, Beat Grenacher. Page 6

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Notes: 1

Étudiant de Widor, organiste et biographe de J.S. Bach, il a été un des premiers à se révolter contre la facture d'orgue industrielle de son temps, bien avant ses études en médecine et son départ pour l'Afrique, où il devait construire "son" hôpital à Lambaréné, en Ouganda.

2

Une sélection de ces lettres a déjà été publiée par Art Carkeek dans le magazine The American Organist, aux mois de septembre et décembre 1995, puis en mars et en août 1996.

3

On pourrait dire la même chose de Charles Fisk, qui a travaillé en recherche nucléaire (notamment pour le "Projet Manhattan"), avant de faire son apprentissage comme facteur d'orgues. Ainsi, grâce à cette expérience, Fisk a été en mesure de s’entourer d’une équipe formidable qui s'est imposée comme chef de file en Amérique du Nord, aussi bien de son vivant qu’après son décès et ce, jusqu'à nos jours.

4

Les textes des deux conférences de M. Taylor (celle donnée à McGill est en anglais et l'autre, présentée à Brême, est en allemand) sont disponibles chez l'auteur à l'adresse suivante : info@orgelwolff.com

5

Par exemple, le cas d'un ajout disgracieux d'une trompette en chamade. Voir : http://www.friedenskirche-duesseldorf.demus_orgeln.html

Beckerath, 1962 Christuskirche, Bremen-Vahr Mixtures, numéro 30, mai 2009

Ahrent & Brunzema, 1961/2 St. Martini Kirche, Bremen

Beckerath, 1965 St. Stephanikirche, Bremen Page 7


LÉVESQUE-ROUSSIN ENR. Facteurs d’orgues

Église Saint-Albert-le-Grand Québec Orgue Providence 1964, Guilbault-Thérien 1993, Lévesque-Roussin 2008 2 claviers + pédalier 21 jeux, 21 rangs Grand-Orgue

Récit

Pédale

Montre 8

Principal 8

Bourdon 16

Grand-Orgue / Pédale

Bourdon 8

Bourdon 8

Principal 8

Récit / Pédale

Prestant 4

Gemshorn 4

Bourdon 8

Récit 16,8,4 / Grand-Orgue

Doublette 2

Nasard 2 2/3

Octave 4

Grand Orgue 4

Fourniture IV

Flûte 2

Flûte 4

Trompette 8

Tierce 1 3/5

Bombarde 16

Plein III

Trompette 8

Hautbois 8

414 Saint-Alphonse Nord Thetford-Mines (Québec) G6G 3W8

Téléphone (sans frais) 1-888-338-6645 levesqueroussin@hotmail.com


Le Concours international d’orgue du Canada 2008 par Robert Ducharme Par le nombre, la qualité et surtout la grande diversité de ses instruments, sans parler de l’excellence de ses organistes, Montréal est « la ville » de l’orgue, et le professeur John Grew, déjà responsable depuis 1997 de l’Académie estivale d’orgue de McGill, a voulu doter notre ville d’un événement à sa mesure. C’est donc grâce à sa ténacité qu’a pu se tenir ce premier Concours international d’orgue du Canada du 8 au 19 octobre 2008. Qu’on juge de l’ampleur de l’événement : vingt candidats, trois épreuves dans trois églises différentes et un jury international de neuf spécialistes réunis sous la présidence de John Grew : de France, Marie-Claire Alain et Gilles Cantagrel; des États-Unis, James David Christie et James Higdon; de Suède, Hans-Ola Ericson; de Corée du Sud, Tong-Soon Kwak; d’Allemagne, Ludger Lohmann; du Canada, Mireille Bégin Lagacé et du Royaume-Uni, Dame Gillian Weir. La première épreuve avait lieu en l’église de l’Immaculée-Conception les 8, 9 et 10 octobre. En entrant, nous étions impressionnés par les douze grands drapeaux nationaux des juges et des candidats, la longue rangée de tables où étaient installés les neuf juges et leur président et, dans le chœur, l’écran le plus « géant » que j’aie jamais vu dans un récital d’orgue; les différentes caméras donnaient tantôt une vue d’ensemble, tantôt des gros plans des claviers et du pédalier, ce qui permettait de voir la technique et le style des uns comme la nervosité et les « tics » des autres. Entre les prestations des candidats, l’écran diffusait de l’information sur le concours. Sur les vingt candidats retenus à l’origine, quinze se sont finalement présentés. Ils devaient exécuter un Mixtures, numéro 30, mai 2009

programme de 45 minutes d’œuvres de Bach et de ses prédécesseurs. Les trois pièces imposées étaient le Prélude et Fugue en sol BWV 550 ou la Toccate en mi BWV 556, un choral orné choisi parmi BWV 653, 654 et 662, et un des deux trios sur «Allein Gott» BWV 664 et 676. La deuxième épreuve, après deux jours de relâche, se tenait en l’église Saint-Jean-Baptiste les 13 et 14 octobre, et consistait en un programme de 55 minutes de musique des 19e et 20e siècles. Étaient imposées deux pages d’Olivier Messiaen : « Le mystère de la Sainte Trinité » (Les Corps glorieux) et « Offrande et Alléluia final » (Livre du Saint-Sacrement). Des dix candidats sélectionnés à la première épreuve, neuf se sont présentés à la deuxième. Ce fut toute une expérience d’entendre neuf fois les deux longues pièces de Messiaen; il était intéressant de voir comment les tempi et même les registrations pouvaient varier d’un candidat à l’autre dans cette musique qui nous semble pourtant laisser peu de place à l’interprétation.

Les finalistes : dans l’ordre, Dhongo Lee, Jens Korndörfer, Andrew Dewar, Frédéric Champion, et Els Biesemans.

L’épreuve finale eut lieu en la basilique NotreDame le 17 octobre. Dans ce cadre enchanteur, sur cet instrument légendaire, les cinq finalistes devaient exécuter, en 60 minutes, un programme de leur choix. La Belge Els Biesemans a présenté un programme qui avait l’eau pour Page 9


Thème, l’Allemand Jens Korndörfer avait un penchant pour la musique française, le Britannique Andrew Dewar a séduit par la finesse de son jeu et de sa registration, la Sud-Coréenne Dongho Lee a dignement représenté cette lointaine école d’orgue d’Extrême-Orient et le Français Frédéric Champion fit grande impression avec un programme tout français exécuté de mémoire. Les deux séances commencèrent par Ouverture pour un concours d’orgue pour orgue et ensemble de cuivres de Pierre Grandmaison, avec le compositeur aux claviers dont il est le titulaire. Après à peine 40 minutes de délibérations et une nouvelle audition de l’Ouverture de Pierre Grandmaison, les membres du jury revinrent dans le chœur et les noms des lauréats furent dévoilés. Le Concert gala de clôture eut lieu en l’église Saint-Jean-Baptiste le 19 octobre. Il était animé par Françoise Davoine de Radio-Canada et Kelly Rice de CBC Radio 2. Il est à noter que le principe du bilinguisme a été impeccablement respecté tout au long du concours. Sur le parvis, les auditeurs étaient accueillis par un Highlander et sa cornemuse; sans doute pour rendre hommage aux Écossais McGill, McTavish et autres McCord qui ont tant contribué au développement de Montréal, le joueur de cornemuse ouvrait aussi le cortège des lauréats dans l’allée centrale vers le chœur. Le premier prix (30 000 $) a été attribué au Français Frédéric Champion; il fut interviewé par Françoise Davoine en plus de recevoir d’autres récompenses telles que l’enregistrement d’un CD chez ATMA Classique et le prix Richard Bradshaw (5 000 $) attribué à la suite d’un vote du public; ainsi, contrairement à ce qui se produit souvent dans les concours, cette fois-ci, les juges et le public étaient sur la même longueur d’ondes. Pour clore la partie musicale du gala, il rejoua l’Allegro de la Sixième Symphonie de Widor ainsi que la Sicilienne et la Toccata de la Suite op. 5 de Duruflé. Longuement ovationné, Frédéric Champion, au nom prédestiné, fut le roi de la soirée. Le deuxième prix (15 000 $) fut accordé au Britannique Andrew Dewar qui s’était gagné beaucoup d’appuis par la grande subtilité de son jeu et de sa registration. Il s’est mérité également le prix Messiaen (5 000 $) pour la meilleure interPage 10

prétation des œuvres de ce compositeur lors de la deuxième épreuve. Le troisième prix (10 000 $) est allé à l’Allemand Jens Korndörfer. Le prix Bach (5 000 $) pour la meilleure interprétation des pièces imposées lors de la première épreuve fut attribué à Els Biesemans. Quant à Jonathan Oldengarm, il reçut le prix du Collège royal canadien des organistes remis au meilleur espoir canadien.

Lors de la soirée gala, les lauréats et récipiendaires de prix. Dans l’ordre, Frédéric Champion, Andrew Dewar, Jens Korndörfer, Els Biesmans et Jonathan Oldengarm.

Ce concours fut une merveille d’organisation et une inoubliable réussite pour les très nombreux amateurs d’orgue qui l’ont fréquenté tous les jours. Nos remerciements et nos félicitations au mécène E. Noël Spinelli, président du conseil d’administration, aux nombreux employés et bénévoles, et surtout au directeur artistique, l’infatigable John Grew, l’âme dirigeante de cet événement. La deuxième édition de ce concours aura lieu en 2011.

Concerts d’orgue Quand? Où? Qui? Consultez la rubrique Concerts à

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Le Congrès RCCO/CRCO 2008 par Robert Poliquin Le congrès annuel 2008 du RCCO/CRCO (Royal Canadian College of Organists / Collège royal canadien des organistes) s’est tenu du 13 au 16 juillet 2008 dans la ville de Kitchener, en Ontario. Sous le slogan « Festival on the Grand : A Celebration of Imagination », ce congrès se déroulait aussi dans les villes de Waterloo et de Guelph. Il était placé sous le signe de l’improvisation avec le Concours international de cette discipline et se voulait aussi une occasion pour célébrer le 75e anniversaire de naissance du compositeur Barrie Cabena. Quelle est la référence du mot « Grand » dans le slogan ? C’est le nom de la rivière qui baigne les trois villes hôtes du congrès. En guise d’entrée, la première journée est dédiée, pour certains congressistes, aux demi-finales du concours d’improvisation où chacun des six candidats doit improviser durant un maximum de dix minutes, utilisant trois thèmes soumis 60 minutes avant la compétition par Barrie Cabena. L’improvisation doit être conçue dans une forme définie (prélude et fugue, thème et variations, sonate, passacaille, etc.). Pendant ce temps, d’autres congressistes visitent trois orgues de la région. D’abord, celui de l’église unie de Glen Morris (S. R. Warren 1868, I/P, traction mécanique, 8 jeux, acquis et installé en 2006), puis celui de l’église luthérienne St. Peter’s de Cambridge (Wolff & Associés 1973, Opus 8, II/P traction mécanique, 20 jeux) et enfin, celui de l’église catholique Blessed Sacrament de Kitchener (Brunzema 1983/1991, II/P, traction mécanique, 13 jeux). Ce dernier instrument sonne merveilleusement bien dans une superbe acoustique et il se prête parfaitement à l’interprétation de la musique baroque allemande. La soirée débute par des vêpres jazzées à l’église presbytérienne St. Andrew’s puis se poursuit avec le visionnement d’un film muet « The Parson’s Widow », datant de 1920, sur une trame sonore interprétée par Kirkland Adsett à l’orgue de l’église luthérienne St. Matthew’s (Woodstock 1915/Casavant 1944, IV/P, électro-pneumatique, 50 jeux). Le programme des jours suivants se déroule à Kitchener. Tout d’abord, un service religieux à Mixtures, numéro 30, mai 2009

l’église anglicane St. John the Evangelist où les participants forment le deuxième chœur du Kyrie et du Gloria de la Messe solennelle, en do dièse mineur, pour double chœur et deux orgues de Charles-Marie Widor, sous la direction de Peter Nikiforuk avec Martin Nagtegall et David Hall aux orgues. Deux instruments sonnent magnifiquement dans cette église : un orgue de chœur (Casavant, 1947/1962, III/P, électro-pneumatique, 25 jeux) et un orgue de transept (Kney 1977, II/P, traction mécanique, 17 jeux) acquis de l’église unie Park Street, de Chatham, et installé en 2007. En fin d’après-midi, Jonathan Oldengarm est l’artiste invité à l’église presbytérienne St. Andrew’s (Casavant, 1947/1963/2003, IV/P, électro-pneumatique, 54 jeux). Il interprète des œuvres de Ritter, Cabena, Karg-Elert et Guillou, programme qui respecte bien l’esthétique romantique et symphonique de l’instrument. Ce fut une belle et solide prestation très impressionnante. En soirée, à l’église catholique St. Mary’s, on nous offre des concertos pour deux, trois, quatre Page 11


claviers et orchestre de J. S. Bach, le Concerto # 14 de Handel et la Sonata academica pour orgue et cordes de Barrie Cabena. Excellente performance de la part des solistes et de la Nota Bene Period Orchestra sous la direction de Peter Nikiforuk. Le jour suivant, l’organiste invité est le Montréalais Ryan Enright, lauréat des Concours d’orgue de Québec, édition 2004, et du RCCO/CRCO à Edmonton, édition 2007. Il présente un récital à l’église unie Trinity (Kam 1888/Woodstock 1928/ Dodington 2000, III/P, électro-pneumatique, 47 jeux dont 8 sont électroniques) Son programme est entièrement consacré à des compositeurs canadiens. Sont à l’honneur Jacobus Kloppers, Barrie Cabena, Édith Beaulieu, Robert Jones et Rachel Laurin. Il termine par une brillante improvisation sur des thèmes soumis par les congressistes deux heures avant sa prestation. Voilà un artiste de la relève qui promet! Le deuxième volet de ce congrès se déplace alors vers Guelph où le tout débute par la visite de deux instruments. D’abord, l’orgue historique de l’église catholique Our Lady Immaculate, peutêtre devrais-je dire « cathédrale » si l’on se fie aux dimensions et à l’architecture de l’édifice. Cet instrument, dans un état quasi original, est l’opus 796 de Casavant (1919, III/P, traction électro-pneumatique, 44 jeux). En second, l’instrument de l’église anglicane St. James the Apostle construit sous la direction de Lawrence Phelps, alors directeur artistique chez Casavant. L’activité suivante se veut un hommage spécial à Barrie Cabena et se déroule à l’église unie Dublin Street. Le récital met en vedette l’ensemble DaCapo, sous la direction de Leonard Enns, l’alto Daniel Cabena (fils de Barrie) et l’organiste Tim Pyper. En plus d’œuvres de Barrie Cabena, le récital inclut celles d’un de ses professeurs, Herbert Howells, et de deux de ses anciens élèves, Jeff Enns et Leonard Enns, ainsi que de Knut Nystedt, Will Todd, Zachary Wadsworth et Eric Whitacre. Très belle prestation, excellents solistes et heureuses découvertes! La journée se termine à l’église anglicane St. George’s d’abord par un récital de carillon avec Richard M. Watson puis par un récital d’orgue (Casavant, 1926/1970/1992, IV/P, électro-pneuPage 12

matique, 50 jeux) par l’organiste britannique David Briggs dont le programme est principalement consacré à des œuvres de J. S. Bach et à des improvisations. Que dire de celles-ci? Monsieur Briggs, organiste de la cathédrale de Gloucester, en Angleterre, s’est révélé très grand improvisateur. Les styles de Mendelsshon, Mozart et Stravinsky étaient parfaitement caractérisés. La dernière journée du congrès débute par la finale du Concours international d’improvisation qui se déroule à l’église presbytérienne St. Andrew’s. Les quatre finalistes reçoivent trois thèmes préparés par Barrie Cabena et leur prestation doit durer entre sept et quinze minutes. Le jury formé de Barrie Cabena, Davis Briggs, Jan Overduin et John Tuttle décerne le Premier prix de 5 000 $ à Luke Manyernik, organiste à la cathédrale SaintJoseph, de Wheeling (Virginie de l’Ouest), le Deuxième prix de 3 000 $ à Andrew E. Galuska, directeur musical et organiste à l’église unie méthodiste Metropolitan de Détroit (Michigan) et enfin, le Troisième prix à Brennan Szafron, chef de chœur et organiste à l’église épiscopale Advent de Spartanburg (Caroline du Sud). La suite se déroule à Waterloo où a lieu l’assemblée générale annuelle du Collège à l’église mennonite unie Waterloo-Kitchener. On y retrouve un instrument (Kney 1973, traction mécanique, II/P, 12 jeux) que l’on n’a malheureusement pas entendu. À l’église unie First, se déroule le cérémonial du Collège, distribution des diplômes et bourses, intronisation des nouveaux officiers et finalement, récital par Willem Moolenbeek au saxophone et Jan Overduin à l’orgue dans un programme composé exclusivement d’œuvres canadiennes (Denis Bédard, Barrie Cabena, Leonard Enns) et une brillante improvisation. L’imposant instrument des lieux (Kney 1971, III/P, traction mécanique, 40 jeux) occupe tout l’arrière de l’église et est installé sur une tribune spécialement aménagée pour le mettre en évidence. D’abord installé à la salle Aeolian Hall à London, Ontario, lors de sa construction, l’instrument a été acquis par l’église en 2003 puis, à la suite d’importantes modifications tant structurelles que sonores, il a été inauguré à l’automne 2004. Superbe acoustique, sonorité merveilleuse, interprètes de haut calibre dans un programme très intéressant! (suite, page 21)

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ORGUE À VENDRE

Casavant Frères, Opus 2151, 1952

Oeuvres pour orgue et pour choeur de

Denis Bédard

Éditions Cheldar

Concerts

Rachel Alflatt, gérante

8465 Quayside Court Vancouver, BC, V5P 4W1

Tel./Fax: (604) 322-5995 cheldar@cheldar.com

Salon musical Monique Gendron

Monique Gendron 271, avenue McDougall (arrondissement Outremont) Montréal, QC H2V 3P3

Téléphone: 514.270.8038

Originellement installé à l'église Saint-Christophe de Laval, relocalisé et restauré en 2003 pour l'église Saints-MartyrsCanadiens de Victoriaville par les Ateliers Guilbault-Bellavance-Carignan. État de l'instrument: Parfaite condition, recuiré en 2003, nouveau moteur de soufflerie (220V 1 phase), buffet de chêne massif restauré, console restaurée, hautbois nettoyé et réharmonisé, jeux égalisés, Montre 8 réharmonisée. L'instrument: électro-pneumatique, esthétique romantique, 16 jeux, sonorité généreuse, présentement dans une église de 800 places. Cause de la vente: fermeture de l'église. Prix: 40 000 $. Instrument disponible pour démontage à partir de juillet 2010 ou avant si nécessaire. Contact: Martin Yelle (martin_yelle@hotmail.com)


Les grandes orgues de l’église Saint-Pierre-Claver à Montréal Par Josée April Lorsque la jeunesse inspire… Lorsque la jeunesse inspire vérité, travail, dépassement de soi, passion pour le beau et excellence, on ressent un bien-être rassurant de nos actes passés et les portes de l’émerveillement s’ouvrent à tout ce qui touche la vie.

Ayant été titulaire des orgues de l’église SaintPierre-Claver (Casavant, Opus 1558, 1937, III/P, 46 jeux, traction électro-pneumatique) à Montréal de 1990 à 1999, j’y ai travaillé avec l’esprit de donner pour que le cycle de la vie et du beau ne s’interrompe pas. Le résultat de mes efforts ne s’est pas nécessairement manifesté durant mon séjour là-bas. Quelques événements ont été fort beaux, uniques et quelques-uns très impressionnants. Ils déclenchaient une fierté en nous, un sentiment d’appartenance à une communauté généreuse, à l’écoute les uns des autres, un sentiment de partage, de force et de beauté, de vie et d’éternité. Peut-être y avait-il des forces qui s’opposaient au dépassement et à l’excellence, en particulier dans le domaine musical en ces temps. Quoi qu’il en soit, tout s’est effondré assez rapidement et moi, je n’y ai plus vu la lumière… Je suis donc partie… Jusqu’au jour où je découvris un jeune organiste du nom de Christophe Gauthier et ses amis qui me firent revisiter

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« mon orgue » de Saint-Pierre-Claver, nettoyé et rajeuni. Rajeuni n’est pas le mot; si on pouvait arriver à un tel résultat avec l’esthétique aujourd’hui, tout être ne serait que force, lumière et jeunesse. En fait, je dois dire merci à Christophe Gauthier, instigateur du projet, à Jean-Sébastien Leclerc, conseiller technique ayant fait stage chez plus d'un facteur d'orgues, à Jan Walgraeve, stimulateur porteur d'un esprit enthousiaste qui sème un vent de bonne camaraderie et d'appel à l'excellence, à Gabrielle Tessier, à Francine Nguyen-Savaria et à Matthieu Latreille, tous de vaillants participants passionnés et assidus.

Jean-Sébastien Leclerc, Jan Walgraeve et Christophe Gauthier

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Séance de nettoyage

Les travaux ont consisté en un nettoyage complet et en profondeur de la section Positif/Solo de l'orgue et de la pédale et à un recuirage des composantes de la console et de certaines boursettes à l'intérieur. Le résultat sonore est magique et émouvant. L'harmonisation originale des tuyaux projette un son rempli de poésie, tantôt empreint d'une douceur mystique, tantôt d'une force intrinsèque vibrante, tantôt d'une lumière rassurante (lumière que l’on ressent au fond de nous bien sûr). Ces jeunes ont le rêve de faire vivre la musique d'orgue grâce à une série de concerts mettant en valeur cet instrument unique de notre patrimoine culturel québécois; je souhaite que les forces inhérentes aux murs de cette magnifique église se manifestent pour les soutenir, les appuyer et les encourager à réaliser leur projet

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Assemblée générale annuelle Lundi, le 25 mai 2009 15 heures Salle Monseigneur-Prince 975, avenue de l’Hôtel-Dieu Saint-Hyacinthe Suivie d’une démonstration au grand orgue de la cathédrale et d’un souper amical. Page 16

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L’orgue du Conservatoire de musique de Rimouski : Un entretien avec Jacques Montgrain

Propos recueillis par Gérard Mercure Répondant à mon invitation, le professeur Jacques Montgrain, maintenant à la retraite, m’attendait au café La Brûlerie d’ici pour me parler de l’orgue restauré du Conservatoire de musique de Rimouski, instrument sur lequel il a enseigné pendant plus de 30 ans. Comme on le sait, cet orgue a été lourdement endommagé par l’eau lors de l’incendie qui s’est déclaré lors des travaux de rénovation du Conservatoire en septembre 2005. Avez-vous été le premier titulaire de la classe d’orgue au Conservatoire de musique Rimouski? Oui, et le seul titulaire jusqu’à 2007, année de ma retraite. La classe d’orgue a-t-elle été fondée dès l’ouverture du Conservatoire en 1973? Probablement en 1974. Les cours avaient lieu à l’église Saint-Pie-X avec les contraintes d’horaire que cela comportait puisqu’il fallait composer avec les activités de la paroisse. Heureusement, avec l’installation de l’orgue Guilbault-Thérien dans la grande salle du Conservatoire, les cours d’orgue ont pu être dispensés sur place.

L’orgue du Conservatoire est l’œuvre du facteur Guilbault-Thérien, de Providence, situé en banlieue de Saint-Hyacinthe. Guy Thérien, qui en fut le concepteur et l’harmoniste a d’abord fait son apprentissage chez Casavant. À l’époque, il a subi l’influence de M. Larry Phelps, facteur américain et directeur artistique de cette maison. L’orgue comprend deux claviers, Grand-Orgue et Positif, et un Pédalier de 32 notes. C’est un orgue de 14 jeux à traction mécanique, dont les vergettes sont en laiton, au lieu d’être en bois comme c’est l’usage chez les facteurs. Le buffet est en orme, teint en vert, pour faire un peu différent des orgues habituels dans les églises.

Qui a rédigé le devis de ce nouvel instrument? Le premier directeur du Conservatoire, Gilles Gauthier, m’a confié la tâche de rédiger un devis pour un orgue d’étude qui serait logé dans la salle de concert du Conservatoire. On s’est dit qu’en étant les seuls responsables du dossier, on saurait qui féliciter ou blâmer.

On se souvient de l’installation de l’orgue au troisième étage. Y avez-vous participé? Faute d’ascenseur, le personnel du Conservatoire et tous les élèves ont formé une chaîne humaine pour monter les pièces détachées de l’orgue, du camion à la grande salle du troisième étage. Les caisses contenant les tuyaux étaient particulièrement lourdes. Oui, on s’en souvient…

Pouvez-vous le décrire? Cet orgue s’inscrit dans le renouveau de la facture d’orgue des années 1960 chez Casavant, que l’on retrouve dans les orgues de Saint-Pie X, de SaintPascal de Kamouraska, d’Edmunston, etc.) Voilà donc qu’on revient à la traction mécanique et qu’on donne beaucoup de brillance à l’orgue par rapport à presque tout ce qui s’était fait chez Casavant depuis le début du siècle, soit des orgues symphoniques romantiques à traction électro-pneumatique.

C’est vous qui l’avez inauguré, le 24 avril 1975. Dans quelles circonstances? La grande salle était pleine à craquer : 300 personnes, selon la chronique du temps. Même mon professeur, Claude Lavoie, du Conservatoire de Québec, était présent. Dans l’après-midi précédant le récital d’inauguration, Radio-Canada avait fait un enregistrement qui fut diffusé sur son réseau, d’Halifax à Vancouver, dans le cadre de l’émission « Musique d’orgue ». Pour la petite histoire, en compagnie de Guy Thérien, j’ai baptisé l’orgue au champagne que nous avons versé dans un tuyau, bouche soudée pour la circonstance.

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Le Conservatoire possède un deuxième instrument de pratique, un Casavant de 10 jeux à traction électropneumatique. Les deux instruments, le Casavant et le Guilbault-Thérien ont-ils été installés en même temps? Le Guilbault-Thérien fut installé dès 1975, tandis que le Casavant viendra plus tard, au début des années 1980 pour offrir aux élèves un second instrument de pratique. Qu’est-ce qui justifiait l’acquisition d’un second instrument? L’orgue était en fonction souvent 12 heures par jour, six jours par semaine, à cause de la classe d’orgue qui comptait de 6 ou 7 élèves à l’époque. On peut dire que cet instrument a énormément servi, entre autres pour la formation d’une cinquantaine d’élèves dont cinq Premiers prix d’orgue (Marc D’Anjou, Dominique Coulombe, Étienne Gagnon, Annie Beaulieu et Nathalie Gagnon).

Lors du feu de septembre 2005, quels ont été les dommages? Le Guilbault-Thérien, remisé au sous-sol pendant les travaux de rénovation aux étages supérieurs, a subi de sérieux dommages par l’eau : pièces de bois gauchies, pieds de tuyaux trempés et décollés, mécanique abîmée et sommier principal irrécupérable. Le Casavant a eu plus de chance. Il était déjà en révision aux Ateliers Guilbault, Carignan, Bellavance à Saint-Hyacinthe quand le feu a éclaté. À qui a été confiée la restauration? La restauration a été confiée aux Ateliers Guilbault, Carignan, Bellavance de même que la réinstallation à la fin de 2007 pour la rentrée dans les nouveaux locaux. A-t-on apporté des modifications à l’instrument? A-t-il été réharmonisé? Non! On a remplacé des pièces du sommier et du buffet et on a nettoyé les tuyaux et repoli la montre en façade. En 2008, le facteur Jacques L’Italien a procédé à une réharmonisation partielle pour adapter l’orgue à l’acoustique plus sonore de la salle de concert une fois rénovée, mais tout en préservant le caractère initial de l’instrument. Les élèves du Conservatoire peuvent s’estimer chanceux d’avoir pu travailler sur un aussi beau petit orgue et doublement chanceux de le retrouver remis à neuf après avoir échappé à un incendie. Marie-Claire Alain, Gaston Litaize et Monserrat Torrent ont donné des « master classes » sur cet orgue et l’ont beaucoup apprécié. Guilbault-Thérien, Opus 12, 1975 Traction mécanique des claviers et des jeux 14 jeux, 17 rangs Grand-Orgue

Positif

Pédale

Flûte 8’ Prestant 4’ Principal 2’ Mixture 1’ VI rangs Cromorne 8’

Bourdon 8’ Flûte 4’ Gemshorn 2’ Nazard 2 /3’ Tierce 1 3/5’ Quinte 11/3’

Soubasse 16 Flûte 8’ Flûte 4’

Étendue des claviers : 58 notes (C-a3) Étendue du pédalier : 32 notes (C-g1) Accouplements : POS/GO, GO/PED, POS/PED

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Anniversaires en musique Par Irène Brisson L’année 2009 a de quoi inspirer les amateurs d’anniversaires musicaux : qu’il s’agisse de Henry Purcell (1659-1695), de Georg Friedrich Haendel (1685-1759), de Joseph Haydn (1732-1809) ou de Felix Mendelssohn (1809-1847), les organistes n’ont que l’embarras du choix. Ils puiseront dans les quelques beaux voluntaries du premier, dans les six belles fugues pour clavier (publiées en 1735) et les deux recueils de concertos pour orgue et orchestre du second, dans la trentaine de petites pièces pour horloge musicale (Flötenuhr) de Haydn; ou bien ils choisiront son juvénile Concerto en do majeur pour orgue et orchestre (Hob. : XVIII, 1) avant d’attaquer les trois préludes et fugues op. 37 et les six sonates op. 65 de Mendelssohn. Noyé parmi ces grands musiciens, l’organiste Johann Georg Albrechtsberger, mort il y a deux cents ans, risque de passer inaperçu, éclipsé par son quasi contemporain Haydn. Autrichien comme lui, né le 3 février 1736 à Klosterneuburg, à quelques kilomètres de Vienne, enfant de chœur dès l’âge de sept ans, il se fait remarquer pour sa belle voix de soprano et sa passion pour l’apprentissage de la musique. Il poursuit ses études à Melk (à environ 80 km à l’ouest de Vienne) et compte parmi ses maîtres l’organiste de la cour, Mathias Georg Monn (1717-1750). Tout comme sa ville natale, Melk est le siège d’une imposante abbaye dont la bibliothèque musicale comprend les partitions et les ouvrages théoriques de grands contrapuntistes des générations précédentes, tels Antonio Caldara (1670-1736) et Johann Joseph Fux (1660-1741). Comme organiste, Albrechtsberger œuvre d’abord en Hongrie puis à Melk et poursuit son ascension à Vienne, où il est entré en 1772 à la chapelle impériale, qui compta au XVIIe siècle des musiciens aussi prestigieux que Johann Jakob Froberger et Johann Kaspar Kerll. Vingt ans plus tard, il est nommé maître de chapelle de la cathédrale SaintÉtienne, un poste qu’il occupera jusqu’à sa mort, suivant ainsi les traces de son illustre modèle Fux.

Johann Georg Albrechtsberger Portrait par Leopold Kupelwieser

Pédagogue renommé, le brillant organiste contribue à former de nombreux compositeurs et interprètes dont Joseph Eybler, Ignaz Moscheles, Johann Nepomuk Hummel, Ignaz von Seyfried, Josef Weigl, Franz Xaver Mozart (fils de Mozart) et enseigne durant un an le contrepoint et la fugue au rebelle Ludwig van Beethoven qui, fidèle à ses habitudes, déclarera n’avoir rien appris de ses maîtres, qu’ils s’appellent Haydn, Salieri ou Albrechtsberger! Ami de Mozart et de Haydn qui le tenaient en haute estime, Albrechtsberger était considéré comme un éminent contrapuntiste, puisant sa science dans l'étude de Bach et du Gradus ad Parnassum de Fux. Sa renommée dépasse les frontières de son pays et lui vaut d’être nommé, en 1798, membre honoraire de l’Académie de musique de Stockholm. On lui doit plusieurs traités d’écriture et de composition qui ont eu leur heure de gloire durant une partie du XIXe siècle, notamment grâce à leur publication par Ignaz von Seyfried. (suite, page 21)

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LES CONCERTS LACHINE présentent

Les Saints-Anges en musique ÉGLISE SAINTS-ANGES 1 400, boulevard St-Joseph Lachine (Québec) CANADA ENTRÉE LIBRE

DIMANCHE 26 AVRIL À 15 H Ensemble vocal vox luminosa, sous la direction de Claudel Callender, Jacques Giroux à l’orgue DIMANCHE 31 MAI À 15 H Donald Hunt,

Premier prix au Concours d’orgue de Québec 2008

RÉCITALS MIDI D’ÉTÉ Les mercredis de 12h15 à 12h45 du 3 juin au 26 août DIMANCHE 28 JUIN À 15 H Johann Vexo, Organiste de chœur à Notre-Dame de Paris

HORS SÉRIE / CONCERT GALA SAMEDI 26 SEPTEMBRE À 19H30 Thomas Heywood, organiste australien DIMANCHE 27 SEPTEMBRE DE 13H À 16H Journée de la Culture / Visite de la tribune de l’orgue DIMANCHE 25 OCTOBRE À 15 H Frédéric Champion,

Premier prix au Concours international d’orgue du Canada

DIMANCHE 29 NOVEMBRE À 15 H Denis Bédard, Compositeur québécois et organiste à la Cathédrale Holy Rosary, Vancouver, BC


Anniversaires en musique (suite de la page 19) Compositeur prolifique, Albrechtsberger laisse plus d’une centaine d’œuvres vocales sacrées (35 messes avec orchestre ou avec orgue, trois Requiem, deux Te Deum, plus d’une centaine de motets et de graduels), de nombreuses œuvres de musique de chambre, quatre symphonies et sept concertos, dont un pour orgue et deux pour guimbarde et mandore, le plus célèbre étant peutêtre celui pour trombone. Albrechtsberger est également l’auteur de près de 300 pièces pour orgue généralement sans pédale ou pour clavecin, comprenant essentiellement des fugues, des préludes ou des diptyques (préludes et fugues), des versets et même quelques chorals, ainsi que quelques pièces pour quatre mains. Cependant, autant ses autres œuvres instrumentales, composées autour des années 1770, respirent la galanterie de l’époque et se comparent au langage musical de Haydn et du jeune Mozart, autant ses œuvres pour clavier seul sont tournées vers le passé. Destinées essentiellement à l’église, elles exploitent parfois les huit tons anciens, portent l’empreinte du ricercar teinté de chromatisme, issu de Frescobaldi et de Froberger, des fluides contours des fugues de Pachelbel, des préludes et des toccatas inspirés de Georg et de Gottlieb Muffat. Seules leurs modulations et quelques figures ornementales nous rappellent qu’elles sont plus tardives. La plupart des œuvres d’Albrechtsberger sont conservées à la Gesellschaft der Musikfreunde (Société des amis de la musique) de Vienne. Plusieurs recueils pour clavier, dont une série de douze

Congrès RCCO/CRCO 2008 (suite de la page 12)

Quant aux divers ateliers offerts durant le congrès, j’ai opté pour ceux ayant trait à l’improvisation : improvisation traditionnelle avec William Wright et improvisation moderne avec Jonathan Oldengarm. J’en ai profité pour me familiariser avec certains concepts. Mixtures, numéro 30, mai 2009

fugues (opus I), ont été publiés de son vivant, à partir de 1783 et ont fait l’objet de rééditions modernes, notamment chez Doblinger, grâce au musicologue Otto Biba. Depuis que Beethoven l’a traité de « pédant musical » et d’expert dans l’art d’écrire des « squelettes musicaux », il est de bon ton de mépriser Albrechtsberger, dont la musique pour clavier est encore la cible de commentaires dévastateurs. Pourtant, ce même Beethoven a envoyé à son ancien maître son meilleur élève, Ferdinand Ries, de même que le jeune Ignaz Moscheles et, autour de 1817, n’a-t-il pas déclaré à un visiteur en quête d’un professeur viennois : « J’ai perdu mon Albrechtsberger, et je n’ai confiance en personne d’autre. » De proportions modestes et souvent faciles sur le plan technique, les œuvres d’orgue d’Albrechtsberger sombrent parfois dans d’interminables marches mélodiques (fugue sur Christus ist erstanden, op. I). Elles méritent cependant une lecture et trouvent aisément leur place dans les offices religieux. Souhaitons que cette année du bicentenaire de sa mort nous aide à mettre de côté nos préjugés et à donner un sens à cette musique oubliée. Pour la petite histoire, Albrechtsberger s’est marié en 1768 avec la fille du sculpteur Bernhard Weiss, et a eu quinze enfants dont trois ont survécu… Un de ses petits-fils, Carl Friedrich Hirsch, fut l’élève de Beethoven. Dans le prochain numéro, nous évoquerons l'organiste montréalais William Reed (1859-1945).

Le congrès de 2009 se tiendra à Toronto du 28 juin au 4 juillet. Il soulignera le centenaire de fondation du RCCO/CRCO et le 175e anniversaire de fondation de la ville de Toronto. Une programmation flamboyante nous est promise. P.S. Une description des lieux et des instruments visités est disponible à l’adresse internet suivante : http://www.uquebec.ca/musique/orgues/orguecan.html

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Ici et là au Québec... Montréal par Robert Ducharme

À Montréal, c’est l’automne Messiaen... mais surtout l’automne de l’orgue. Cet automne, je doute fort qu’une même personne, aussi passionnée de l’orgue soit-elle, ait pu assister à tous les événements autour de l’orgue à Montréal. Les organophiles de cette « ville de l’orgue » et de la région ont été vraiment gâtés. Une fois terminé le Festival Orgue et couleurs dont il fut question dans notre dernier numéro, commença le Festival des couleurs de l’orgue français, qui en était à sa quatorzième saison, les dimanches d’octobre, dans la chapelle du Grand Séminaire. Le troisième récital, le 19 octobre, fut donné par la vénérable Marie-Claire Alain, venue à Montréal comme membre du jury au Concours international d’orgue du Canada. Elle joua des pages de Nivers, Grigny, Balbastre et Muffat. D’ailleurs, tous les artistes invités jouèrent une des douze toccates de l’Apparatus musico-organisticus de Georg Muffat. Du 8 au 19 octobre eut lieu le dit Concours international d’orgue du Canada dont il est question ailleurs dans ce numéro et où, lors des différentes épreuves, les fidèles purent entendre 29 « prestations » en six jours, suivies d’un concert de clôture. Pendant ce temps se poursuivait à Lachine, le dernier dimanche de chaque mois, la série des Saints-Anges en musique où des chœurs ou d’autres instruments se marient quelquefois à l’orgue; et à la salle Redpath de l’Université McGill du 31 octobre au 28 novembre, c’était la série des récitals-midi du vendredi. Le centenaire d’Olivier Messiaen fut l’occasion de nombreux concerts consacrés en tout ou en partie à ses œuvres. Le point culminant de cet automne Messiaen dans la métropole fut sans doute la présentation en version concert de son opéra Saint François d’Assise dirigée par Kent Nagano les 5 et 9 décembre. L’importante œuvre d’orgue du compositeur célébré ne fut pas négligée puisqu’on put Page 22

en entendre trois fois l’intégrale. Dans le cadre du Festival jusqu’aux oreilles en août 2008, Patrick Wedd donna, une première fois, son intégrale Messiaen à la cathédrale Christ Church; puis la reprit, par tranches d’une heure, tout au long de l’automne les samedis à 17 heures. Et le 10 décembre, soit le jour même où le compositeur aurait célébré son centième anniversaire, l’intégrale fut donnée par neuf organistes qui se relayèrent à la tribune de la basilique Notre-Dame. Commencée à 9 heures, l’audition se termina à 17 heures 30, sans autres pauses que de brèves présentations entre chaque œuvre. J’ai rencontré quelques « mordus de l’orgue » qui ont été présents du début à la fin, parmi lesquels l’irréductible Jean-Claude Bournival, membre des Amis de l’Orgue et auditeur assidu des concerts d’orgue; il n’avait d’ailleurs pas manqué un seul récital de l’intégrale de Patrick Wedd. Toujours dans le cadre de l’automne Messiaen, les Amis de l’Orgue de Montréal étaient invités, le 30 novembre à l’église Notre-Dame-de-la-Consolata, à une conférence de Nicolas-Alexandre Marcotte sur Messiaen et son Livre du SaintSacrement. Au lieu d’aborder directement cette œuvre tardive et abrupte, le conférencier, qui fait son doctorat avec Réjean Poirier, a plutôt choisi de décrire l’évolution du langage musical du compositeur à partir de ses œuvres de jeunesse et d’illustrer les différents éléments (harmonie, rythmes, chants d’oiseaux) qui s’y sont greffés à différentes époques de sa longue vie de créateur. Des enregistrements et des exemples joués à l’orgue aidaient l’auditeur à s’y retrouver. Deux semaines avant Saint François d’Assise et l’intégrale d’orgue, cette conférence fut enrichissante et éclairante; elle se termina par l’audition de la première pièce du Livre du Saint Sacrement. Et maintenant l’année 2009… Suivant une tradition établie depuis quelques années, les Amis de l’Orgue de Montréal se sont rencontrés, le vendredi 9 janvier ,pour un 5 à 7 à l’église Sainte-Brigide. On se souhaite la bonne année, on s’échange les nouvelles, on déguste, avec un verre de vin, les petits plats préparés par Mixtures, numéro 30, mai 2009


les bénévoles, on partage la galette des Rois et la tribune de l’orgue est ouverte à ceux qui ont envie de jouer. Malheureusement, cette activité a eu lieu pour la dernière fois à Sainte-Brigide, car l’église sera bientôt fermée au culte; on a déjà commencé à démonter le décor intérieur… Régulièrement, chaque année, revient la série d’hiver des récitals d’orgue du midi à McGill. Du 30 janvier au 27 mars, étudiants avancés, anciens étudiants et professeurs se sont fait entendre à la salle Redpath. Le traditionnel récital des lauréats du Concours Lynnwood-Farnam (anciennement le Concours John-Robb) a eu lieu le 8 février à la Mountainside United Church. Le Premier prix avait été attribué à Nikolas Fehr et le deuxième, à Leora Nauta. Avec le mois de mars, commencent les activités musicales reliées au Carême. À l’église SaintJean-Baptiste, Jacques Boucher maintient la série traditionnelle des concerts Spirituart les dimanches à 16 heures. Les 1er, 8 et 15 mars à l’église St. Andrew and St. Paul, dans le cadre de la série Sinfonica Organo, Jonathan Oldengarm a donné trois récitals consacrés au répertoire symphonique français, allemand et surtout britannique. Ce fut l’occasion d’intéressantes découvertes : entre autres, les deux monumentales symphonies de Edwin H. Lemare (1865-1934).

Mauricie

teurs jouant Fugue sur BACH de Robert Schumann, transcriptions de cantates de Bach mais aussi, et de mémoire, le mouvement lent Adagio cantabile de la Sonate op. 13 de Beethoven pour piano. Cette aventure a débuté par un message électronique reçu d’Yves-G. Préfontaine, président des Amis de l’orgue de Montréal et coordonnateur de ce marathon qu’il a aidé à préparer. « Aurais-tu le temps et le goût d’accompagner les 22 et 23 mai, un groupe de mélomanes américains dans leur visite de la région de TroisRivières et même de faire quelques démonstrations d’instruments (20 minutes chacune)? » J’ai accepté cette proposition à la condition que Joseph Guilmette puisse se joindre à moi, ce musicien maîtrisant mieux que moi la langue de Shakespeare. Circuler d’une église à l’autre, prendre rendez-vous aux heures qui conviennent aux bénévoles des lieux, répéter dans des temples mal éclairés et mal chauffés sur des instruments pas toujours en bon état, chercher le répertoire qui convient à ces acoustiques différentes et pouvant se jouer sur des claviers aux résistances diverses (tubulaire, mécanique) avec pédalier droit ou concave n’est pas de tout repos. Même si, à prime abord, j’ai eu grand enthousiasme à préparer ce périple, il faut reconnaître que l’aventure a été plus réjouissante en compagnie d’un assistant qui prend plaisir à entrer dans de nouveaux lieux et à entendre de nouveaux instruments.

par Michelle Quintal

Pipedreams en Mauricie Vingt-sept Américains sont venus nous rendre visite. Des mélomanes éclairés, des amateurs d’orgue qui depuis plusieurs années partent à la découverte d’instruments à tuyaux tant en Amérique qu’en Europe, guidés par Michael Barone, animateur de l’émission Pipedreams de la radio américaine. Du 17 au 30 mai, ils ont parcouru la Belle Province, découvrant quelque 55 instruments joués par plus de 30 musiciens. Ils se sont arrêtés à Trois-Rivières, Sainte-Monique de Nicolet, Sainte-Gertrude de Bécancour, Sainte-Sophie de Lévrard, écoutant 8 instruments en 2 jours. Des amateurs qui, après avoir écouté attentivement nos prestations, prenaient place à la console de l’orgue avec une satisfaction évidente, des amaMixtures, numéro 30, mai 2009

Suzanne Bellemare leur a fait découvrir, à TroisRivières, l’orgue Casavant/Létourneau de la chapelle du Séminaire ainsi que celui de la chapelle des Ursulines en jouant Pachelbel, Vierne, Buxtehude, Dupré, Stanley, J. S. Bach et Couperin. Henriette Pagé, vice-présidente de Pro Organo (Mauricie) était aussi venue les accueillir au Séminaire. À la Basilique Notre-Dame-du-Cap, Martin Brossard, a joué Walther, Couperin et Brossard. À la cathédrale de Trois-Rivières, après la prestation de François Pothier-Bouchard interprétant Bach et Duruflé, le curé Louis Trahan est venu parler à ces touristes de la situation des églises qui cherchent un moyen de survivre. Il leur a annoncé la vente des orgues des églises SaintPhilippe et Sainte-Cécile. À chacun de ces endroits, nos visiteurs américains ont apprécié le son des instruments et le talent des organistes. Page 23


Je les ai accueillis à l’église anglicane St. James où se trouve un Casavant tubulaire (opus 391, 1910, 7 jeux, 2 claviers) installé dans une église bâtie par les Récollets sous le régime français. Après avoir joué Sweelinck, Beethoven, Scarlatti, Mendelssohn et Glackmeyer, j’ai cédé la place à l’organiste du lieu qui, avec beaucoup d’émotion, a accompagné des chorals protestants chantés par ces Américains. Il est assez inusité que plus de 20 personnes participent aux offices religieux de cette communauté anglophone. Michel Villemure, président de Pro Organo (Mauricie) est venu les saluer. À Sainte-Monique-de-Nicolet, Fernand Létourneau avait heureusement accordé le Brodeur 1893 à traction mécanique qu’il a restauré en 2002. Ce fût une aventure nouvelle pour moi de jouer Sweelinck, Greene, Balbastre et Bédard sur les deux claviers, 22 jeux pendant que la soufflerie était actionnée manuellement par six volontaires qui ont accepté de grimper les 44 marches des escaliers pour accéder au deuxième jubé où est logé l’orgue. Nous avons présenté à l’assemblée Jonathan Lemire, ancien curé et initiateur de cette restauration, ainsi que madame MarieJeanne Lauzière qui a fourni un montant substantiel pour la réalisation de ce travail. À Sainte-Gertrude de Bécancour, avec le curé Pierre Proulx qui nous a très bien accueillis, Joseph Guilmette a rendu la voix au jeu de trompette et de hautbois, a colmaté les fuites de la soufflerie du Casavant tubulaire opus 473, 1911, 2 claviers, 14 jeux. Nos visiteurs ont

apprécié l’acoustique du lieu ainsi que cet instrument sur lequel j’ai joué Bédard, Mozart, Guilmant et Gagnon. Nous avions disposé les chaises dans le sanctuaire de telle sorte que les auditeurs puissent faire face au jubé. À notre invitation, des paroissiens se sont joints aux Américains dont l’organiste du lieu. Cette visite s’est terminée à Sainte-Sophie-deLévrard avec le Casavant opus 1378, 1930 mais peut-être est-ce le Casavant opus 220, 1904. Quoi qu’il en soit, j’ai joué Fortin, Bédard, Brahms et Gustave Gagnon dans cette très belle église construite par Louis Caron qui a aussi été le maître d’œuvre de Sainte-Monique-de-Nicolet qui représentait, à ce moment, sa première réalisation. L’organiste du lieu ainsi que des paroissiens sont venus assister à cette démonstration. J’ai eu de l’enthousiasme à contacter les gens du milieu qui souvent étaient étonnés que des étrangers s’intéressent à leur patrimoine architectural et organistique. Ayant en mains une documentation extraite du Organ Handbook 1999 publié par Organ Historical Society et surtout sur l’excellent site internet de Robert Poliquin, nos visiteurs étaient bien préparés à ce périple. « J’ai été enchanté de la collaboration des intervenants ainsi que de la qualité des musiciens » a confié Michael Barone à Yves-G. Préfontaine. Ces visiteurs sont repartis satisfaits de ce panorama organistique québécois. Merci à tous ceux qui, de près ou de loin, m’ont aidée dans cette recherche, particulièrement Simon Couture et Jean-Luc Hébert.

Les visiteurs de Pipedreams installés dans le chœur de l’église Sainte-Gertrude de Bécancour.

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Québec Par Jean-Claude Rivard

Des succès d’assistance Ces derniers mois, les activités des Amis de l’Orgue de Québec se sont déroulées le dimanche aprèsmidi et on constate, avec fierté, que l’assistance des mélomanes s’y montre de plus en plus nombreuse. Ce fut le cas, le 1er mars, lors du concert de Claude Lemieux en l’église Saint-Thomasd’Aquin où il y avait près de 150 personnes et lors du concert de Donald Hunt, Premier prix du Concours d’orgue de Québec 2008, à SaintsMartyrs-Canadiens le 29 mars dernier, il y avait une centaine d’auditeurs. La salle Henri-Gagnon de l’Université Laval a accueilli une bonne assistance, le 8 février, lorsque le doyen Paul Cadrin y a présenté un exposé sur l’avenir de la musique d’orgue : « L’orgue a-t-il seulement un passé? ». La présente saison se terminera le 25 avril avec un concert de Réal Gauthier, à l’église SaintsMartyrs-Canadiens. Il est le titulaire, depuis 1985, du Rudolf von Beckerath de l’église ImmaculéeConception, à Montréal. La relève en concert Dans le cadre des activités pédagogiques des étudiants du Conservatoire, Laurence Jobidon, Benoît Tremblay-Antoine, Guillaume St-Cyr et Emmanuel Bernier, de la classe de Danny Belisle, ont présenté, le 23 février, aux Saints-Martyrs-Canadiens, les huit pièces que comprend La Nativité du Seigneur de Olivier Messiaen. Ils donneront un autre concert public, au studio 29 du Conservatoire, le 26 avril où des œuvres de Bach et Mendelssohn seront notamment au programme. À la Faculté de musique de l’Université Laval, Marie-Hélène Greffard, François Grenier et Aubert Lavoie, élèves de Richard Paré au niveau de la maîtrise, ont été ovationnés lors du Festival Handel. Cet événement s’est déroulé en novembre et en décembre 2008, à l’église Sainte-Geneviève et à la salle Henri-Gagnon. Les organistes Pierre Bouchard, Vincent Brauer, Mathieu Blain et Robert Gosselin, les flûtistes Louise Lecompte-Poirier et André Papillon de même que la claveciniste AnneMixtures, numéro 30, mai 2009

Marie Bernard y ont aussi participé. On pourra réentendre Marie-Hélène Greffard, le 28 mai prochain, lors de son concert d’examen de maîtrise, à Saint-Martyrs-Canadiens. 25 ans de titulariat pour Édith Beaulieu Un concert d’orgue d’Édith Beaulieu soulignera, le 7 juin, son 25e anniversaire de titulariat à l’église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, à Québec. L’artiste a l’intention de reprendre le programme de son premier concert qu'elle avait présenté dans cette église le 1er juin 1984 alors qu'elle venait tout juste de terminer ses études avec Noëlla Genest au Conservatoire de Québec. Composée à l'occasion du 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec, sa messe a été interprétée à cinq reprises depuis un an, dans des églises de Québec et de la Beauce avec la participation de l'ensemble vocal Mozaic dirigé par Luc Létourneau. Le 29 mars, lors d'un concert-vêpres organisé par Mario Jacques, responsable de la musique liturgique à la cathédrale de Saint-Hyacinthe, elle a interprété des extraits de sa première symphonie pour orgue. L’orgue Richard est arrivé Tel un phœnix qui renaît de ses cendres, l'orgue Richard, installé en 1753 en la cathédrale de Québec et détruit lors du bombardement de Québec de 1759, a été recréé par les ateliers JugetSinclair. L'instrument a chanté pour la première fois, en concert d’atelier, le 14 mars, sous les doigts de Robin Coté et de Benjamin Watherhouse, en présence d’une soixantaine de personnes. L’instrument est en voie d’installation dans la Chapelle du Musée de l’Amérique française. Déjà, des événements commencent à s’organiser autour de cet instrument. Ainsi, le 4 octobre, le Musée de la Civilisation y offrira un concert de l’organiste français Michel Bouvard et, le 11 octobre, les Amis de l’orgue de Québec y présenteront une conférence de Kenneth Gilbert, illustrée par les organistes Benjamin Watherhouse et Richard Paré. Page 25


Parutions Par Robert Poliquin Le Livre d'orgue de Montréal, le plus volumineux manuscrit de musique d'orgue française de l'époque de Louis XIV à nous être parvenu, découvert par Elizabeth Gallat-Morin, est maintenant disponible en ligne, gratuitement, sur le portail de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) : http://bibnum2.banq.qc.ca/bna/livreorgue

On peut aussi y écouter presque toutes les pièces interprétées par Kenneth Gilbert! Jehan Titelouze : Les Hymnes Yves-G. Préfontaine, orgue et Les Chantres du Roy Julien Tribuot 1699, IV/P, 25 jeux, 33 rangs Église Saint-Martin, Seurre (Côte d’or) France En première, 12 hymnes grégoriens dont les strophes sont intercalées à des variations polyphoniques élaborées pour orgue par Jehann Titelouze au début du XVIIe siècle et ce, dans une interprétation qui se veut aussi authentique que possible. Le choix judicieux de l’acoustique particulière de l’église SaintMartin et dont jouit son orgue Tribuot combiné au jeu raffiné de Yves-G. Préfontaine fait de cet enregistrement un incontournable en son genre. ATMA, ACD 2-2558, 2009 (2 CD) Opus d’amour Centre Francis Winspear, Edmonton, AB Létourneau, Opus 50, 2002 5 claviers manuels, 96 jeux, 122 rangs, 6 551 tuyaux Ce documentaire présente trois éléments : la conception, la construction et l’installation d’un orgue de concert; la création d’un concerto spécifiquement pour cet instrument par le compositeur québécois Jacques Hétu et interprété, lors de la première du 14 septembre 2002, par Rachel Laurin; et le reflet de l’amour d’un homme, le docteur Stewart Davis pour son épouse, Winona, décédée après 54 ans de mariage. Pour honorer sa mémoire, il devient mécène rendant possible la réalisation d’un rêve communautaire, celui de voir l’installation de l’un des plus grands orgues à tuyaux du monde dans une salle de concert nouvellement construite. Tel que présenté lors du Congrès FQAO 2008, ce DVD est disponible au coût de 14 $ (incluant taxes et frais de livraison) à l’adresse suivante: Orgues Létourneau Limitée 16 355, avenue Savoie Saint-Hyacinthe, QC J2T 3N1 Page 26

Mixtures, numéro 29 novembre 2008


Ken Cowan à l’orgue Quimby de Jackson Skinner, Opus 535, 1939 / Möller 1972 / Casavant, Opus 1312, 1929 / Quimby, Opus 60, 2006 First Baptist Church, Jackson, MS Dans un répertoire romantique et symphonique (Wagner, StSaëns, Karg-Elert, Rubinstein, Moszkowski, Poulenc, Bovet et Dupré), cet organiste canadien, qui est maintenant professeur d’orgue au Westminster Choir College de Princeton (NJ), nous présente un instrument qui a la particularité de posséder 69 des 108 rangs originaux de l’orgue construit, par Casavant Frères, en 1929, pour l’hôtel York de Toronto. Interprète hors pair sur un orgue impressionnant (5 claviers manuels, 11 divisions, 173 jeux, 155 rangs, ~ 9 000 tuyaux) JAV Records, JAV 169, 2007 Jeanne Demessieux : Complete Organ Works Stephen Tharp Stahlhuth 1912, Église Saint-Martin, Dudelange (Luxembourg) Cavaillé-Coll 1890, Basilique Saint-Ouen, Rouen (France) Cette première intégrale est tout simplement fantastique. Les deux orgues sonnent magnifiquement. Interprétation époustouflante principalement dans les six Études. En prime, un enregistrement historique (1952) de Jeanne Demessieux interprétant son « Poème » pour orgue et orchestre à la salle Pleyel de Paris. Très impressionnant et un pur délice! Aeolus, AE-10561, 2008 (3 CD)

Maurice Duruflé : Complete Organ Works Els Biesemans Stahlhuth 1912 / Jann 2002, IV/P, 78 jeux Église Saint-Martin, Dudelange (Luxembourg) Sur un instrument restauré en 2002 dont le devis combine des timbres romantiques allemands et symphoniques français, Els Biesemans nous présente une intégrale des œuvres pour orgue de Maurice Duruflé. Interprétation soignée et digne de figurer parmi toutes les intégrales parues au cours des dernières années. Prise de son intéressante qui nous fait apprécier toutes les nuances de cet instrument. AMP, 10804 (2008) Mixtures, numéro 30, mai 2009

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L’orgue sur le web Par André Côté Comme il est facile d’errer, voire de se perdre dans ce vaste monde virtuel qu’est l’Internet! Il arrive souvent que de lien en lien, on se retrouve bien loin de l’information pourtant précise qu’on cherchait. Cela mène heureusement à d’agréables découvertes. •

http://www.augure-autourdejeanguillou.org/ index.html

C’est ainsi qu’en cherchant une information, j’atterris sur le site général de Notre-Dame de Paris. J’y ai bien sûr apprécié les informations trouvées sur les grandes orgues mais mon attention a été particulièrement attirée par l’élément « Cathédrale d’art et d’histoire » qui permet à l’aide d’un plan interactif de découvrir, grâce à la technologie « QuickTime VR » (Virtual Reality), des images panoramiques grand format permettant de pivoter et de se déplacer tout comme si on y était. À voir!

Créée en juin 2007, cette association a pour but de recueillir, restaurer et sauvegarder les enregistrements témoignant de l’art de Jean Guillou, compositeur, improvisateur et interprète. Cet esprit innovateur, à titre de concepteur d’orgues, a mis de l’avant l’étonnant concept d’orgue mobile à structure variable : pagesperso-orange.fr/ osvguillou/index.htm Cet instrument qui se veut l’orgue du XXIe siècle, utilise à profit les moyens techniques modernes afin de contrer, selon les dires de son promoteur, une certaine stagnation de la facture d’orgues. Selon Guillou : « C’est un instrument qui va vers le public pour stimuler la connaissance de l’art musical et des artistes... et l’intérêt des compositeurs contemporains ».

www.notredamedeparis.fr/ •

Pour mieux connaître la vie et l’œuvre de l’organiste et compositeur Jean Langlais, voici un incontournable : pagesperso-orange.fr/langlais/ Outre une courte biographie et les adresses des éditeurs, on y retrouve le catalogue détaillé des œuvres du maître (classées par type: œuvres pour orgue, œuvres vocales, œuvres orchestrales, etc.) ainsi que sous le menu "Documentation" une liste de livres , de vidéos et de DVD permettant d'approfondir le sujet..

Le texte intégral (avec liens hypertextes) de cette chronique peut être consulté à l'adresse suivante : http://pages.videotron.com/acote/

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Le site de l’association « Augure » permet de découvrir cet autre monument du monde de l’orgue qu’est Jean Guillou.

Quiconque apprécie les efforts déployés par certaines personnes influentes désirant faire évoluer notre instrument découvrira avec plaisir le texte « L’Orgue à la conquête de son futur » publié par la musicologue Sylviane Falcinelli (fille de Rolande Falcinelli) sur le « Forum dell’organo moderno » www.forumorganomoderno.splinder.com/ archive/2007-01 qui présente quelques innovations pressenties, conçues ou réalisées par les figures marquantes qu’ont été Dupré et Guillou.

Mixtures, numéro 30, mai 2009


Revue des revues Par Gaston Arel et Robert Poliquin FRANCE L’orgue francophone / BULLETIN DE L’ORGUE FRANCOFFAO, 21, rue de la Liberté, 21170 Saint Jeande-Losne, France.

PHONE

No 38 — 2008 : Orgues en Belgique, Pays-Bas et Allemagne, 24e congrès de la FFAO du 7 au 11 juillet 2008 : Ouverture – Introduction – Orgues historiques en Eurégio Meuse-Rhin – Les concerts. L’orgue francophone en bref / SUPPLÉMENT DU BULLEL’ORGUE FRANCOPHONE FFAO, 21, rue de la Liberté, 21170 Saint Jean-de-Losne, France.

TIN

No 52/53/54 — 2007/2008 : Concerts – Route des orgues – Stages, académies – Concours d’orgues – Festivals – Brèves de Tribunes – Nouveautés CD – Livres et partitions – Revue de revues – Vidéos, CD-Rom – Expositions – Internet – Avis de recherches – Petites annonces. Bulletin d'information de l'Association des amis de l'orgue de Versailles et de sa région / 20 rue Montbauron, 78000 Versailles, France. No 63 (Juillet 2008) : Vive les centenaires – Assemblée générale ordinaire 2008 – Alexandre Boëly, musicien versaillais – Olivier Messiaen à l’église de la SainteTrinité – Quand la musique était reine au Château de Versailles – L’orgue Kern de l’église Saint-Thibaut de Marly-le-Roi – Le Pecq – Un orgue cinq siècles d’histoire (1501-2001) Lorris-en-Gâtinais – L’orgue de l’église Notre-Dame de l’Assomption de la Ciotat – Propos sur l’œuvre d’orgue de Mendelssohn – Propos sur la registration à l’orgue Clicquot de la Cathédrale de Poitiers – Lu et écouté pour vous – Questions sur deux organiste oubliés – Disques de musique d’orgue parus ou réédités entre janvier et juin 2008 – Quelques informations. No 64 (Janvier 2009) : Les vœux du Président – Le billet du rédacteur en chef – Anniversaire 2009 – Une journée bien remplie : le voyage annuel de l’association le 15/11/2008 – Georg Friedrich Händel, organiste – René Guillou (1903-1958), organiste à NotreDame de Versailles – Lu et écouté pour vous – Arp Schnitger, facteur d’orgues de génie de la fin du XVIIe siècle à Hambourg, Lübeck et Stade – Disques de musique d’orgue parus ou réédités entre juillet et novembre 2008 – Quelques informations.

Mixtures, numéro 30, mai 2009

Numéro-Hommage Boëly : Les concerts du Mois Molière 2008 – Concert des élèves du Conservatoire à Rayonnement Régional de Versailles – Les journées Boëly en dehors de Versailles – Biographie des interprètes – Notes – Bibliographie. Orgues Nouvelles / 34 rue Paul-Bert – 69005 Lyon, France No 1 – Éditorial – D’Orange à Lorgues – Saint-Maximin-la Sainte-Baume – Discographie – Festival d’Aix-enProvence (1948-2008) – Académies, Concours, Inaugurations, Festivals – Le Comité ECHO de l’European Cities of Historical Organs – Infos : Musique en boîte expressive – Laszlo Fassang, organiste à Budapest – Cet été… et cet automne : Du côté de chez Bach – Michel Bouvard : Un anxieux positif – Anniversaires et Nécrologie – Yves Legrand et Jean Bonfils – Voix humaine : Éveilletoi, orgue – Guyane : Le Centre de musique Zipoli – Cayenne : Un nouvel orgue de cathédrale – Valéry Aubertin : Travail de la solitude - Les deux livres d’orgue de Valéry Aubertin – Enquête :…utiles et encourageants – Orgue mystère. No 3 (hiver 2008-2009) – Éditorial – Alsace à la croisée des chemins : un eldorado pour l’orgue ? - Aline Zylberajch Les doigts pluriels – Conservatoire de Strasbourg – Colmar, une maîtrise humaniste – Musicien des cultes « Un statut «concordataire » – Création d’un orgue contemporain Vers l’idéal sonore de Bach – Initiation et perfectionnement La formation des organistes liturgiques – Facteurs d’orgues : Le centre de formation d’Eschau – Concours internationaux, académies, stages, colloques, congrès, inaugurations – Nouvelles orgues Notre-Dame-de-Boulogne – Le souffle de Boëly: L’orgue de Saint-Germain-l’Auxerrois – European Cities of Historical Organs Bruxelles ville d’Écho – Orgues ressuscitées Andahuaylullas…à couper le souffle ! (Pérou) – Leur musique vibre encore : Michel Pinte, Claude Terrasse, Michel Jollivet, François Soubeyran, Mauricio Kagel, Pierre Sancan, Jean Fournet, Serge Nigg, Renée-Yolande Brandani-Hauser – Ils auraient cent ans: Daniel-Lesur, Bernard Gavoty. – Boîte expressive: disques, récitals d’orgue, clavecin et piano, DVD, partitions, livres – Jean-Pierre Leguay …à Notre-Dame de Paris; Son œuvre; La Sonate III pour orgue; Azur, une grande œuvre pour piano; Ce que nous devons à Jean-Pierre Leguay. – Le salon de musique: Boëly encore… Nicolas de Grigny – Voix humaine: L’œuvre d’orgue de Valery Aubertin. – Photo mystère. Un supplément de musique et un CD mixte accompagne ce nouveau magazine. Page 29


SUISSE La Tribune de l'orgue / R E V U E S U I S S E R O M A N D E , Guy Bovet, CH-1323 Romainmotier, Suisse 60e année, No1 2008 : Éditorial – Le Fernwerk : l’orgue à la conquête de la spatialité (2) – La « Passacaille » de Frank Martin de l’orgue à l’orchestre – L’orgue du Britannic de Seewen (1) – Le tempérament musical, inspirateur de philosophes et écrivains (IV) – Le quart d’heure d’improvisation – Orgues neuves, restaurées – Esther Sialm – Les voyages de M. Philéas Fogg – Actualités. 60e année, No2 2008 : Éditorial – L’orgue du Britannic de Seewen : les rouleaux (II) – Le tempérament musical, inspirateur de philosophes et écrivains (V) – Un appareil breveté : l’acribès… – Le quart d’heure d’improvisation – Les voyages de M. Philéas Fogg – Actualités. 60e année, No3 2008 : Éditorial – L’orgue romain d’Avenches/Aventicum – M. Ré-Dièze et Mlle MiBémol par Jules Verne – Problèmes de notation et de transcription dans la Facultad Organica de Francisco Correa de Arauxo (1626) – Les peccadillos de Francisco – Le quart d’heure d’improvisation – L’ancien orgue Goll de Horgen – Les voyages de M. Philéas Fogg – Actualités. 60e année, No4 2008 : Éditorial – M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol par Jules Verne – Un tour en Allemagne – Correctif orgue Sicile – L’orgue Goll de Barberêche – Le quart d’heure d’improvisation – Orgues nouvelles, restaurées – Les voyages de M. Philéas Fogg – Actualités. L’orgue / REVUE INDÉPENDANTE, François Widmer, 4 chemin de la Criblette, CH 1091 Grandvaux, Suisse. No 1/2008 — Mars 2008 : Éditorial : Pour une conscience historique de l’orgue (Georges Cattin) — L’orgue de l’église catholique d’Echallens VD — Les Rencontres Internationales Harmoniques — Le Festival Bach de Lausanne 2007 — La chronique discographique — L’orgue Saby-Grenzing de l’église Saint-Joseph à Lausanne — La nouvelle grammaire musicale : prémices et premiers essais — Trésors organologiques de Suisse orientale —Les premières Expositions universelles et l’orgue. No 2/2008 — Juin 2008 : Histoires d’O...ptimiste (AnneMarie Heiniger) — De l’horizontalité nécessaire du contrepoint — La chronique discographique — Origine et développement du pianoforte — Ludwig van Beethoven et ses pianoforte — Anniversaires en musique — Histoire de la maison Hug Musique (1807-2007) — Neuf questions à Pascale Van Coppenholle. Page 30

No 3/2008 — Septembre 2008 : Éditorial (Georges Cattin) — Le sens et la place de l’orgue dans un lieu de culte chrétien — Sérialité intégrale — Daniel Bouldjoua, compositeur et organiste — Vincenzo Bellini et les campanelli alla tastiera — Ludwig van Beethoven et ses pianoforte (suite et fin) — Temple de Cully VD : un instrument hors du commun — La chronique discographique — La langue française serait-elle complexe? No 4/2008 — Décembre 2008 : Billet d’Anne-Marie Heiniger : « Seul le maximum est suffisant » (Gustav Leonhardt) — Anniversaires en musique — Festival de musique improvisée de Lausanne — Petite sortie à Lausanne — Nouvelle organiste à l’église française de Bienne — Les Expositions universelles et l’orgue — L’orgue Speisegger/Mooser de Vuisternens-en-Ogoz FR — La Fondation SUISA pour la musique — La chronique discographique — La documentation organologique lucernoise — Problèmes de vocabulaire… CANADA Organ Canada / Orgue Canada / JOURNAL TRIMESTRIEL DU COLLÈGE ROYAL CANADIEN DES ORGANISTES (RCCO/ CRCO), 202-204 St. George St., Toronto Volume 21 No 1 (March 2008) : Surround Sound : A New Organ for St James’ Anglican Church, Dundas – Festival of New Organ Music draws two Canadian Organists to London (Rachel Laurin & Gilles Leclerc) – Pipes & Vodka : Performing in Russia (William O’Meara) – The Canadian College of Organist (RCCO Centenary) – An Organ Miniature: Meditation by Roland Packer – Bach, Buxtehude (and Marzipan?) An Organ Pilgrimage to Lübeck – The Organ & Choir Concerts at Stratford Summer Music 2008 – The Future is Now! Volume 21 No 2 (June 2008) : Three Young Organists to Watch: Ryan Jackson, Ryan Enright, and Christine Hutten – David Palmer’s Inaugural Recital March 29th 2008 – The Canadian International Organ Competition – The Toronto Young Organist’s Competition – An Organ Miniature – ‘Truly Canadian Summer’ AGO versus CGO. Volume 21 No 4 (December 2008) : Frédéric Champion wins inaugural Canadian International Organ Competition – Une entrevue avec Frédéric Champion – Toronto International Organ Festival 2009 – Montreal’s Tenth « Festival Orgue et Couleurs » – David Palmer : Celebrating Forty Years in Windsor – An Organ Miniature – Alain in the Alps – Howard Dyck’s Choral Concert : The End of an Era – Sacred Music : A New Opportunity for Continuing Education – Many successes at the Canadian International Organ Competition – Calling all Canadian Composers ! Allen Wayte, 1952-2008. Mixtures, numéro 30, mai 2009


Chalmers-Wesley United Church Vieux-QuĂŠbec Warren 1890 Casavant, Opus 506, 1912 3 claviers manuels / pĂŠdalier 31 jeux / 37 rangs

Relevage partiel


Mixtures #30, mai 2009  
Mixtures #30, mai 2009  
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