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Numéro 28

Mai 2008

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

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Un rendez-vous avec l’histoire


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

Sommaire 4

Comité de rédaction Claude Beaudry, Irène Brisson, Noëlla Genest, Michelle Quintal, Robert Poliquin

Les organistes 5

Hommage à Claude Lagacé Les congrès/conférences/concours

Collaborateurs à ce numéro Gaston Arel, Claude Beaudry, Irène Brisson, Paul Cadrin, André Côté, Robert Ducharme, Louise Fortin-Bouchard, René Fréchette, Denis Morneau, Michelle Quintal, Jean-Claude Rivard

Présentation

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Festival international de musique baroque de Lamèque 2007 Congrès RCCO/CRCO, Edmonton 2007 Le concours d’orgue de Québec 2008 Le concours international d’orgue du Canada 2008 Les instruments

Révision Gérard Mercure, Jean-Paul Saint-Germain

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Impression

L’orgue de l’église Christ-Roi de Lévis L’orgue de l’église Saint-Benoît-Abbé de Québec Les chroniques

Les Impressions MOF

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Anniversaires en musique

Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

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Ici et là, au Québec... - Montréal - En région - Mauricie - Québec

Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1

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Publications L’orgue sur le web Revue des revues

Paraît deux fois par année : mai et novembre Prix : 5 $ par numéro

Date de tombée : 1er du mois précédent

Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, avenue d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Novembre 2007 ISSN 1201-5741

Mixtures, numéro 28, mai 2008

En couverture : Orgue Wilhelm, 1999 42 jeux, 57 rangs, 2 692 tuyaux Traction mécanique des claviers Traction électrique des jeux Église abbatiale Saint-Benoît-du-Lac, QC

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Présentation Un rendez-vous avec l’histoire Congrès FQAO 2008 Côte-de-Beaupré et Québec 11 et 12 août 2008

L’année 2008 est, pour la ville et la région de Québec, une année de réjouissances en commémoration du 400e anniversaire de fondation de la ville de Québec et du 350e anniversaire de fondation de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré. Voilà deux raisons qui ont motivé le conseil d’administration de la FQAO à y tenir son congrès les 11 et 12 août prochain. Au cours de ce congrès, nous aurons l’occasion d’entendre plusieurs instruments : d’abord les deux orgues de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré (l’orgue de la basilique : Casavant / Bertrand, III/44 et l’orgue de la crypte : Casavant / Guilbault-Thérien, II/22), celui de l’église Notre-Dame-du-Rosaire de Beaupré (Wilhelm, 1968, II/15), celui de l’église Saint-Joachim de Montmorency (Déry, 1885, I/6), et enfin ceux du Palais Montcalm à Québec (positif Wolff, 2007) et, ce qui est considéré comme étant le plus ancien orgue de l’Amérique du Nord, l’orgue de chœur de la cathédrale anglicane Holy Trinity à Québec (England & Son, 1790, I/7). Ces concerts seront, comme il se doit, accompagnés d’agapes fraternelles. D’abord un souper-banquet où nous rendrons hommage à l’un des fondateurs des Amis de l’orgue de Québec, Claude Lagacé. Il fut, pendant 32 années, organiste titulaire des grandes orgues de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec, succédant au regretté Henri Gagnon, et ensuite, un dîner champêtre accompagné d’une dégustation de vins à la ferme vinicole Royarnois de Saint-Joachim. Nous vous invitons nombreuses et nombreux à ce congrès qui se veut un rendez-vous avec l’histoire de la capitale et de sa région. Le dépliant inclus avec cette livraison contient tous les détails de cette rencontre ainsi que le formulaire à utiliser pour vous y inscrire. L’année 2008 sera aussi l’année des concours d’orgue au Québec : d’abord le Concours d’orgue de Québec, parrainé par le Fondation Claude Lavoie, dont la finale aura lieu le 5 juin et celui du premier Concours international d’orgue du Canada qui se tiendra à Montréal du 8 au 17 octobre. Ces deux événements majeurs sont incontournables pour tous les amateurs et amis de l’orgue, et ce, sans oublier tous les concerts organisés lors de la saison estivale dans les différentes régions du Québec. Bon été à toutes et à tous. Robert Poliquin Coordonnateur

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Claude Lagacé

Organiste à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec de 1961 à 1993 par Claude Beaudry (avec la collaboration de Louise Fortin-Bouchard) Claude Lagacé prend ses premières leçons de piano à l’âge de 7 ans chez les Sœurs de la Charité à Odanak, village abénaquis près de Pierreville dans le comté de Nicolet-Yamaska. C’est, au premier chef, de sa famille qu’il tient son talent et son goût pour la musique. En effet, sa mère chantait très bien, et ses sœurs étaient aussi musiciennes. De plus, sa tante Amélie, pianiste accomplie, avait épousé un musicien bien connu à l’époque : Albert Chamberland (1886-1975), qui a fait une brillante carrière comme violoniste, réalisateur, professeur et compositeur. Pendant la période où la famille Lagacé demeurait à Pierreville, cet artiste venait y passer ses vacances d’été et, comme les Lagacé demeuraient à proximité, de l’extérieur, ils pouvaient l’entendre jouer de son instrument et s’initier ainsi, entre autres, aux grandes œuvres pour violon de Bach.

Installé confortablement dans une superbe résidence de Sillery, en banlieue ouest de Québec, avec sa charmante compagne Anne Rogier, l’organiste et universitaire retraité Claude Lagacé est une personnalité vraiment remarquable. En effet, il projette l’image d’un homme toujours solide sur ses deux jambes, malgré ses quatre-vingt-dix ans bien comptés, en bonne santé, l’esprit alerte, plein d’humour, maîtrisant particulièrement bien l’art de la conversation, et toujours à l’aise tant au piano qu’à l’orgue1. Grand intellectuel, excellent écrivain et mélomane averti, il possède une bibliothèque imposante et une discothèque fort bien garnie. Il est né à Sorel, le 30 avril 1917, dans une famille de mélomanes et de musiciens, où son père exerçait la profession de directeur de banque, ce qui l’obligeait à changer de milieu assez souvent. C’est pourquoi le jeune Claude ne vécut que deux ou trois ans à Sorel. La famille déménagea ensuite successivement à Pierreville, Trois-Pistoles, Thetford Mines et enfin à Québec. 1

En arrivant chez lui pour l’interviewer, en préparation de cet article, nous trouvons monsieur Lagacé, âgé de 90 ans, installé à son Steinway et jouant tout naturellement le premier mouvement de la sixième symphonie pour orgue de Widor dans un mouvement très alerte et… de mémoire!

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Lorsque la famille déménage à nouveau, d’abord à Trois-Pistoles, dans le Bas-Saint-Laurent, le jeune Claude entre au Collège de La Pocatière où il séjourne deux ans et y poursuit l’étude du piano. Une nouvelle mutation paternelle, cette fois à Thetford Mines, au début des années 1930, en pleine crise économique, le mène, à 14 ans, au pensionnat du Petit Séminaire de Québec afin de continuer ses études classiques déjà commencées à La Pocatière. C’est à ce moment qu’il étudie le piano et l’orgue pendant quelques années auprès d’Henri Gagnon qu’il admire beaucoup, et qui l’invite régulièrement à tourner ses pages à la tribune de l’orgue de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Cela lui vaut la découverte de la richesse de cet instrument et de son répertoire, incluant, entre autres, les symphonies de Widor, que monsieur Gagnon jouait admirablement. Au cours de cette période, Claude a aussi étudié l’harmonie avec l’abbé Alphonse Tardif, professeur de musique au Collège de Lévis, cette activité lui offrant l’occasion d’une belle balade hebdomadaire sur le Saint-Laurent à bord du traversier Québec-Lévis. Cet excellent pédagogue a aussi été le maître de Claude Lavoie, un autre organiste réputé de la région de Québec, dont Claude Lagacé fait la connaissance à ce moment-là. Il obtient un baccalauréat ès arts en 1938, en philosophie en 1939 et, plus tard, en musique en 1954. Au début des années 1940, il prend également des leçons de piano à Montréal auprès de Germaine Malépart dont il admire la grande virtuosité.

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Ses études classiques et philosophiques terminées, Claude Lagacé est prêt pour des études plus poussées, en lettres ou en philosophie. Néanmoins, comme il le dit lui-même, « la musique occupait tout mon esprit et m’habitait tellement tout entier que, ne pouvant résister à son appel, ma vie s’est orientée vers l’étude de l’orgue en vue de l’église et du concert ». Malheureusement, à ce moment-là, aucun poste d’organiste n’est disponible dans la région de Québec ni de Conservatoire où il aurait pu poursuivre des études plus avancées, si ce n’est au moyen de cours privés. C’est pourquoi en 1941, maîtrisant déjà bien l’anglais, grâce à son travail d’étudiant en été au Manoir Richelieu, dans Charlevoix, il accepte le poste d’organiste et de maître de chapelle de la cathédrale Saint-Jean, N.B. alors vacant. Il s’installe donc pour œuvrer trois ans dans un milieu anglophone où il s’est bien intégré. Il pouvait y vivre de son salaire car la tâche proposée était vraiment ardue : chanter trois grands-messes à deux chantres tous les matins, avec accompagnement d’orgue, jouer et chanter à toutes les messes de mariage et de funérailles, en plus des messes du dimanche dont une grand-messe solennelle ! Un poste vraiment tridimensionnel d’organiste, de chantre et de maître de chapelle, et rémunéré en conséquence ! En 1944, de passage dans la ville de Québec, Claude Lagacé a l’occasion d’entendre, à la basilique de Québec, le célèbre organiste américain Clarence Watters, réputé à l’époque comme le spécialiste de la musique française qu’il avait étudiée avec les grands maîtres en France pendant quelques années. Impressionné par la prestation de ce musicien, il décide de se rapprocher de lui et accepte, en 1946, un poste d’organiste à Holyoke, Mass., petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Hartford, CT, là où résidait et enseignait le maître (Hartford School of Music). Claude parcourt donc cette distance en train chaque semaine et prend des leçons d’orgue pendant trois ans. Tout en ne considérant pas Clarence Watters comme un grand pédagogue, il admirait sa virtuosité2 et la qualité extraordinaire de ses exemples musicaux qu’il dispensait libéralement. Après un séjour sans histoire d’une durée de quatre ans à Woonsocket, RI, en 1954, Claude Lagacé s’installe à Toledo, OH, où il accepte le prestigieux poste d’organiste et maître de chapelle de la cathédrale. Il a sous sa responsabilité un chœur d’hommes de 29 voix et aussi un chœur d’enfants de 60 voix qu’il fait travailler tous les jours, le système des écoles catholiques le permettant pendant les heures de cours. Ce travail est parachevé par deux ou trois répétitions spéciales avant les grandes fêtes de l’année liturgique, entre autres, Noël et Pâques. 2

Clarence Watters pouvait jouer une sonate en trio tout en tenant une conversation avec quelqu’un !

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Il dirige les chœurs, accompagnés à l’orgue par son assistant, et se réserve la tâche de jouer l’entrée et la sortie de chaque office religieux. Il a beaucoup de plaisir à travailler à cet endroit, où l’excellence des chœurs lui permet d’aborder le grand répertoire polyphonique, entre autres de Palestrina, Ingegneri et Victoria. Il se souvient d’une œuvre a cappella très difficile, O magnum mysterium, que le chœur mixte arrivait à chanter du début à la fin sans détonner ! Il témoigne de l’excellente collaboration des religieuses de l’école qui surveillaient les enfants pendant les répétitions. Claude profitera de ses deux semaines de vacances estivales pour rendre visite à sa famille à Québec. Cependant, malgré le fait qu’il occupait à Toledo un poste très important qui lui permettait de faire de la très bonne musique, lui et sa famille vivaient dans un milieu totalement anglophone. Comme il avait conservé ses racines francophones, il regrettait qu’à la maison, ses enfants parlent surtout anglais, au point où son fils aîné, âgé de 10 ou 11 ans, l’entendant parler français, un jour lui dit : « Why don’t you speak like everybody else ? » C’est à ce moment qu’il s’est rendu compte que ses enfants étaient éduqués uniquement en anglais, et qu’ils allaient passer complètement à côté de la culture française provenant de leurs racines québécoises. C’est alors qu’en 1961, il apprend la triste nouvelle du décès de son maître de Québec, le réputé Henri Gagnon. Il se dit que c’est sans doute, pour sa famille, l’occasion de rentrer au pays, dans le but de lui assurer une éducation et une culture francophones. Appuyé par l’École de musique de l’Université Laval, il décide alors de poser sa candidature à ce prestigieux poste qu’il a le bonheur de décrocher, lui permettant ainsi de s’installer à Québec avec sa famille de cinq enfants, tous nés aux États-Unis. Bien reçu dans ce nouveau milieu, il prend charge du poste d’organiste de la basilique3 et commence à enseigner à temps partiel à l’École de musique de l’Université Laval, à l’invitation de la direction de cette institution. Il y retrouve son ami Marius Cayouette, grand musicien mais personnage modeste alors secrétaire de l’École, qu’il avait connu au Petit Séminaire de Québec, pendant ses études classiques. En plus de son travail à la cathédrale, incluant la grand-messe du dimanche, les vêpres, les mariages et les funérailles, et à l’École de musique, Claude Lagacé accepte une tâche d’enseignement de l’anglais dans une école secondaire ainsi qu’un cours de chant grégorien au Grand Séminaire de Québec. Tout cela afin de pouvoir subvenir convenablement aux besoins de sa famille.

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Il affirme avoir « succédé » à Henri Gagnon et non pas l’avoir « remplacé » !

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En 1966, il participe, à titre de membre fondateur, à la création de la société de concerts Les Amis de l’orgue de Québec. L’orgue de la basilique-cathédrale de Québec était un grand Casavant de 69 jeux sur quatre claviers, construit en 1928 dans le goût de l’époque, c’est-à-dire avec des fonds à forte pression, des anches «rondes», sans mordant, et des mixtures faiblardes. L’instrument manquait de clarté et avait un urgent besoin de restauration. Monsieur Lagacé parvint alors à convaincre les autorités du lieu d’entreprendre des travaux de restauration. Un premier travail fut exécuté, dans les années 1970, par Bernard Cavelier de Cavelier Organ Builders de Buffalo, N.Y. Des travaux de nettoyage, de recuirage, de ré-équilibrage et de réharmonisation4, ainsi que l’ajout de mixtures permettaient déjà de faire sonner beaucoup mieux à la fois Bach, Couperin, Franck, Vierne et Widor. Cependant, comme la mécanique générale avait été plutôt laissée pour compte lors de ce premier relevage, l’entreprise Guilbault-Thérien Inc. entreprit de terminer cette restauration à partir de 1983, travaux qui se terminèrent à temps pour la visite du Pape Jean-Paul II en 1984. Il en est résulté un magnifique instrument de 70 jeux parfaitement en mesure de rehausser tant les offices courants que les cérémonies officielles telles que les funérailles d’État des premiers ministres Jean Lesage5, René Lévesque, Robert Bourassa, ainsi que la visite du Pape. Homme de foi, Claude Lagacé prenait très au sérieux son rôle d’organiste liturgique. Il préparait ses offices avec grand soin et choisissait méticuleusement son répertoire. Lors de la visite du Pape, il eut le bonheur de créer le Tu es Petrus de Roger Matton, dont il a participé à la composition. Il déplore cependant la dégradation de la qualité de la musique liturgique d’après-Vatican II : le rejet quasi total du chant grégorien et son remplacement par des musiques faciles, au goût du jour et souvent issues de l’amateurisme, sans véritable valeur artistique. Il constate que les offices religieux sont simplifiés, ont moins de cachet, et perdent indubitablement de leur solennité.

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Pour plus d’information sur ces travaux de restauration, voir le Bulletin des Amis de l’orgue de Québec no 25 (1974).

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Anecdote : lors des funérailles de Jean Lesage, Claude Lagacé, à l’orgue, a fait ce qu’il appelle « une gaffe de génie », celle d’avoir joué trop longtemps pendant l’entrée pour prolonger un instant d’une grande solennité, et d’avoir ainsi fait piaffer d’impatience… le cardinal célébrant!

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Comme interprète, Claude Lagacé s’est fait entendre à plusieurs reprises, et sur divers instruments dont celui de la basilique de Québec, sur les ondes de la Société RadioCanada, de 1975 à 1989, dans le cadre de l’émission Tribune de l’orgue, réalisée par Jacques Boucher. Il a fait un bref stage de perfectionnement en France, en 1968, auprès de Gaston Litaize. Il a également donné quelques concerts, dont sa participation, en 1974, avec quelques collègues, à un hommage à Henri Gagnon, sur le grand orgue de la basilique Notre-Dame, dans le cadre des fêtes du Tricentenaire du diocèse de Québec, concert qui a été édité par la maison ALPEC sur un disque 33 rpm. À cette occasion, il a interprété l’Hymne pascal de Marius Cayouette. Il a également été, en 1987, l’initiateur du projet Le Tombeau d’Henri Gagnon, grande manifestation organistique pour souligner le centenaire de la naissance de l’illustre titulaire (1915 à 1961), toujours sur l’orgue de la basilique. Ce concert a été diffusé à l’émission Tribune de l’orgue, sur les ondes de Radio-Canada. Il a également joué pour les Amis de l’orgue de Québec. En 1993, Monsieur Lagacé a aussi gravé un très beau disque compact, sur le grand Casavant de la basilique de Québec, incluant un choix de ses œuvres préférées, empruntées à plusieurs périodes, faciles à écouter pour tout le monde, et comprenant, entre autres, trois courtes pièces d’Henri Gagnon. Si Claude Lagacé conserve un très beau souvenir de sa carrière d’organiste, il en est de même de la période où il était professeur à l’École de musique (maintenant Faculté) de l’Université Laval, où il enseignait l’orgue, le chant grégorien et aussi l’harmonie au clavier, formation fort utile aux organistes qui sont souvent appelés à harmoniser des cantiques à première vue et souvent aussi improviser. Il a également occupé des fonctions administratives en cette institution, dont huit ans comme directeur adjoint et deux ans comme membre du Conseil de l’Université Laval. Il a de plus participé au développement du programme d’éducation musicale de l’institution.

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À titre de directeur du volet musique du CEGEP de Sainte-Foy, il a participé au développement et à la gestion du programme de musique de ce collège. Claude Lagacé est à même de témoigner des belles années passées à l’Université Laval : le contact avec les collègues musiciens et la très belle atmosphère qui y régnait sont pour lui un objet de grande satisfaction. En 1989, arrive le moment de la retraite de l’Université Laval, puis, en 1993, de la basilique de Québec à titre de titulaire du grand orgue. Vivant alors à la campagne, à l’Île d’Orléans, il se consacre à ses autres passions : l’écriture, la linguistique et les voyages. Maîtrisant parfaitement l’anglais et le français, il a eu de fréquents contacts avec le réputé professeur, linguiste et traducteur Jean Darbelnet, de l’Université Laval. Il entreprend alors des travaux de traduction d’ouvrages musicaux, ainsi que la rédaction, dans un style remarquable, de plusieurs textes racontant ses voyages, entre autres au pays de JeanSébastien Bach, ainsi qu’en Europe de l’Ouest, en Asie et en Afrique. Il a aussi couché sur le papier le fruit de ses réflexions sur le parler québécois, relevant les fautes de langage et proposant les bonnes expressions. Il prépare actuellement un recueil d’écrits sur les musiciens et la musique, rédigés tout au long de sa belle et longue carrière. Après avoir vécu intensément de la musique pendant toute sa vie, puisse-t-il continuer de couler encore de nombreux jours heureux et paisibles avec son épouse Anne, ses amis, son piano, ses disques, ses livres et… sa plume ! Après les honneurs qui lui seront rendus en août prochain par la Fédération québécoise des amis de l’orgue, en cette année du 400e anniversaire de la ville de Québec, compte tenu de sa vivacité et de sa bonne santé, nous aurons certainement l’occasion et le plaisir de fêter son centième anniversaire de naissance dans une dizaine d’années !

Bibliographie Grout, Donald J. and Claude V. Palisca. A History of Western Music. New York : Norton. Traduction française de Anne Rogier et Claude Lagacé. En préparation. Lagacé, Claude. De Bach à Bangkok : chronique de voyage. Québec : C. Lagacé, 2002. 306 p. Lagacé, Claude. J’écoute parler nos gens. En préparation. Lagacé, Claude. Musique et musiciens. En préparation. Lagacé, Claude. « Sur les pas de Jean-Sébastien Bach : un voyage en Allemagne ». Bulletin des Amis de l’orgue de Québec No 77 (nov. 2000). Leonhard, Charles & Robert House. Fondements et principes d’éducation musicale. Québec : Presses de l'Université Laval, 1988. 489 p. Traduction française de Foundations and Principles of Music Education (McGraw-Hill, 1959) par Anne Rogier; révision technique par Claude Lagacé et Raymond Ringuette.

Discographie Claude Lagacé aux grandes orgues de la basilique de Québec. Œuvres de Walond, Corrette, Bach, Franck, Saint-Saëns, Dubois, Langlais, Letondal, Gagnon et Matton. S-131102, ©1993. 1 disque compact. Durée : 71 min 38 s. Hommage à Henri Gagnon. Œuvres d’Antoine Bouchard, Marius Cayouette, Louis Couperin, L. Claude Daquin, Henri Gagnon, Antoine Reboulot et Louis Vierne. Antoine Bouchard, Sylvain Doyon, Claude Lagacé et Antoine Reboulot, organistes. ALPEC A-75008, 1974. 1 disque 33 rpm.

Oeuvres pour orgue et pour choeur de

Denis Bédard Rachel Alflatt, gérante

Éditions Cheldar Page 8

8465 Quayside Court, Vancouver, BC, V5P 4W1

Tel./Fax: (604) 322-5995 cheldar@cheldar.com www.cheldar.com Mixtures, numéro 28, mai 2008


L'île baroque où chante le vent

Festival international de musique baroque de Lamèque 2007 par Michelle Quintal En 1986, à l'église Notre-Dame-des-Flots de Lamèque, la maîtrise des Petits Chanteurs de Trois-Rivières et la Maîtrise du Cap, sous la direction de Claude Thompson et de Jacques Lacombe, ont interprété des œuvres de l'école vénitienne (Gabrieli, Schütz, Monteverdi) écrites pour deux, trois et même quatre chœurs. L'organiste Claude Beaudoin, titulaire des orgues de la cathédrale de Trois-Rivières pendant plus de 20 ans, a accompagné l'entrée solennelle des 125 chanteurs entonnant le Dir, Dir Jehovah de J. S. Bach. « Éblouissant, inoubliable » commente Mathieu Duguay qui avait suggéré ce répertoire entendu en concert en 1974 à la Philharmonique de Berkeley, en Californie. Le positif « Le Capitaine » ici utilisé par Luc Beauséjour au cours d’une prestation.

Du 25 au 29 juillet 2007, lors de la 32e saison du Festival international de musique baroque de Lamèque, « Le Capitaine », orgue positif de Karl Wilhem (3 jeux : 8', 4', 2') acquis en 2004 et payé par les pêcheurs de la péninsule acadienne, a été inauguré. À l'église SainteCécile de Petite-Rivière-de-l'Île, Luc Beauséjour l'a utilisé comme instrument d'accompagnement et aussi comme instrument soliste à l'occasion du concert La musique liturgique chez les Bach. À l'église SaintJérôme de Shippagan, Vincent Boucher et NicolasAlexandre Marcotte ont fait sonner les 3 jeux du positif en l'opposant au Guilbault-Thérien 1982 de cette église. Ces œuvres en duo ont permis d'apprécier l'individualité de chacun des instruments. Eric Milnes, originaire des États-Unis, a de nouveau utilisé « Le Capitaine » comme soliste dans un concerto de Händel et comme instrument d'accompagnement dans des œuvres de Buxtehude, Telemann, Johann Christoph Bach et Johann Sebastian Bach. Au cours des dernières années, on a pu entendre les organistes Louise Fortin-Bouchard et Pierre Bouchard (1978), Antoine Reboulot (1980 et 1981), Denis Regnaud (1982), Aline Daveluy (1982 et 1983), Hélène Panneton (1984), Claude Beaudoin (1986), David MacDonald (1993), Réjean Poirier (1997), Hervé Niquet (1998) et Nathalie Gagnon (2000). Ils jouaient sur un positif loué soit chez Karl Wilhem soit chez Réjean Poirier ou touchaient les orgues des églises de Saint-Paul de Bas-Caraquet (Casavant 1962. II/23), de SaintJérôme de Shippagan (Guilbault-Thérien 1982 II/11) ou des églises de Lamèque.

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Qui est Mathieu Duguay? Claveciniste, organiste, chef de chœur, pédagogue, il est originaire de Lamèque où il est revenu s'installer à la suite d'une lettre du conseil de ville lui offrant un studio pour l'enseignement du piano. Après avoir obtenu un baccalauréat de l'École supérieure de musique Vincent-d'Indy et une maîtrise de l'Université de Montréal, il a exercé une carrière professionnelle comme organiste, claveciniste et chambriste à Montréal et à Toronto où il a été organiste notamment à la paroisse Sacred Heart. Effectuant un retour en 2006, Mathieu Duguay a donné des concerts sur trois orgues à traction mécanique dont ceux de Shippagan, Bas-Caraquet et Edmundston. Co-fondateur du Conservatoire de musique de l'Acadie, prix d'excellence du Conseil des arts du Nouveau-Brunswick pour le développement culturel communautaire (1992), docteur honorifique de l'Université de Moncton (1993), membre de l'Ordre du Canada (1994), récipiendaire de l'Ordre du NouveauBrunswick (2003), Mathieu Duguay était, en 2007, directeur artistique intérimaire du Festival qu'il a fondé en 1976 et dont il a assumé la direction artistique jusqu'en 2000. Il a contribué par ce projet ambitieux à faire connaître Lamèque et le Nouveau-Brunswick dans le monde musical. En 2007, des amateurs originaires de l'Île-duPrince-Édouard, de la Page 9


Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Ontario, du Québec, des États-Unis, et de l'Australie étaient présents à ce festival. Certains y reviennent assidûment, attirés non seulement par l'excellence des musiciens et des productions mais aussi par l'acoustique exceptionnelle de l'église Sainte-Cécile de Petite-Rivière-de-l'Île. Mentionnons que Lamèque, ville acadienne du nord-est du Nouveau-Brunswick, est située à 890 kilomètres de Montréal et à 650 kilomètres de Québec. Si, au cours des 32 années d'existence, les œuvres de Johann Sebastian Bach ont été à l'honneur (Messe en si mineur, Magnificat en mi bémol, plusieurs cantates dont la BWV 29 avec orgue obligé), les œuvres de Buxtehude, Couperin, Telemann, Purcell, Rameau, et Händel ont souvent été entendues. Vous avez dit international? Chefs, ensembles, solistes de différents pays s'y sont produits tels Andrew Parrot du Royaume-Uni, Christoph Spering de l'Allemagne, Hervé Niquet de la France, Rinaldo Alessandrini d'Italie, Denis Menier de Belgique, Musica Antica Köln, le Toronto Consort, Agnès Mellon, Emma Kirkby, Laura Pudwell, Manfredo Kremer, Nigel Rogers, Scott Ross, Colin Tilney, Martha Brickmann, Barbara Schlick, etc. Vous avez dit baroque? Philippe Beaussant, conseiller artistique du Centre de musique baroque de Versailles, producteur à Radio-France, écrivain et parrain d'honneur de cette 32e saison écrivait : « J'ai été subjugué par la virtuosité et la justesse de style et de ton avec lesquels ont été interprétés Bach, Buxtehude, Telemann et Händel ». Et ce musicologue d'ajouter : « j'ai été frappé par l'excellence des musiciens canadiens dans le domaine de la musique baroque ». Lamèque, ville de 1 600 habitants dont l'économie repose sur la pêche et la tourbe, accueille depuis 32 ans musiciens et mélomanes. Des bénévoles de cette communauté acadienne véhiculent, nourrissent et logent ces invités d'ici et d'ailleurs. L'Île baroque, documentaire écrit et réalisé par Aurore Thériault et projeté à la salle Mathieu Duguay le 29 juillet, est un témoignage de cette folle aventure, de cet événement musical qui projette l'amour du baroque bien au-delà de ses frontières géographiques.

Concerts d’orgue Quand? Où? Qui? Consultez la rubrique Concerts à

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Le Congrès RCCO/CRCO, Edmonton 2007 par Robert Poliquin Windspiration! Tel était le thème du congrès 2007 du Collège canadien des organistes qui s’est tenu du 30 juillet au 2 août 2007 dans la ville d’Edmonton, en Alberta. Ce thème fait référence à deux concepts : d’une part le Centre Francis Winspear où trône le superbe orgue à traction électro-pneumatique Létourneau (2002, V/96) et où trois grands concerts ont eu lieu; d’autre part, ce thème fait aussi référence à la traduction française de Windspear « inspiration par le vent » qui sera utilisée dans plusieurs œuvres pour orgue écrites par des compositeurs albertains. Une bonne partie du congrès était consacrée à la musique contemporaine voire même actuelle. Comme je ne suis pas connaisseur ni amateur de ce genre de musique, vous comprendrez que mon appréciation a été assez faible. Le concert d’ouverture s’est déroulé au Centre Francis Winspear. La première partie était confiée à notre collègue Denis Bédard. Virtuose reconnu, Monsieur Bédard a fait une brillante prestation et nous a présenté une de ses œuvres récentes, Huit pièces pour orgue sur le Pater Noster, d’une durée de vingt-six minutes. En deuxième partie, on nous offrait le Concerto pour orgue et percussion de Dan Locklair, écrit en 1980 et interprété par le percussionniste Brian Jones et l’organiste Marnie Giesbrecht. Les deux autres grands concerts présentés au Centre Francis Winspear mettaient d’abord en vedette l’organiste canadien Ken Cowan, autre grand virtuose dont le programme varié comportait des œuvres de J. S. Bach, Karg-Elert, Reubke, Mendelssohn, Bovet, Wagner et Liszt. Un pur délice! Ensuite vint celui d’Olivier Latry dont la réputation n’est plus à faire. Il nous a offert de grandes œuvres de compositeurs français tels Marchand, Lefébure-Wely, Berlioz, Alkan, Franck, Guilmant, Dupré et Vierne. Il a terminé le tout par une improvisation époustouflante. Les superbes et puissantes anches de l’instrument l’ont sûrement inspiré, car il s’en est servi à profusion et à merveille. Le congrès comportait aussi trois concerts-midi. Le premier, à la Robertson-Wesley United Church (orgue Kney, 1979, III/35, traction mécanique) mettait en vedette l’orgue et les cordes de l’Edmonton Chamber Players sous la direction de Jacek Rogala dans des œuvres spécifiquement écrites pour orgue et cordes par des contemporains albertains. De ces cinq œuvres, interprétées par cinq jeunes organistes, j’ai particulièMixtures, numéro 28, mai 2008

rement apprécié la Fantasia de George Andrix. Le second concert-midi présentait l’organiste Marta Szoka dans un programme de musique polonaise pour orgue sur l’instrument installé dans la salle de convocation de l’Université d’Alberta (orgue Casavant, 1978, III/36, traction mécanique). La première partie du concert comprenait des œuvres des XVIe et XVIIe siècles tandis que la seconde proposait des œuvres écrites entre 1968 et 1993. Autant la première section était très intéressante, autant j’ai trouvé la deuxième décevante avec ses pièces atonales et souvent, cacophoniques et utilisant des techniques quelque peu discutables. Le troisième concert était présenté à la salle Knoppers du King’s University College par l’organiste Neil Cockburn dans un programme entièrement baroque (J. S. Bach, Böhm, Buxtehude, et Sweelinck) sur un petit instrument (Létourneau, 1995, II/12, traction mécanique) installé dans une salle relativement petite et à l’acoustique superbe. Excellent organiste sur un instrument à sonorité chaleureuse dans un choix très pertinent d’œuvres. Page 11


Vint ensuite, un concert, quelque peu inusité pour un congrès d’orgue mais très intéressant sur le plan des sonorités musicales, présenté par le pianiste de jazz Joe Utterback en la McDougall United Church. Un congrès CRCO ne serait jamais complet sans le festival des hymnes où les congressistes et le public sont invités à se joindre à un ou des chœurs pour chanter les hymnes les plus connues. Cette année, le thème était centré autour du vent de l’Esprit. Cet événement se déroulait à la West End Christian Reformed Church (orgue Létourneau, 1991, II/35, traction mécanique pour les claviers et électrique pour les jeux). Quelle émotion que d’entendre chanter avec cœur une foule d’environ 800 personnes! Chaque matin, un office religieux était célébré dans une église de confession différente. Ainsi, avons-nous pu entendre plusieurs instruments tous à traction électropneumatique : First Presbyterian (Casavant, 1909/1951 /2007, III/41), Christ Church Anglican (Casavant, 1974, II/14), St. Joseph Cathedral (Casavant, 1962, III/40), Holy Trinity Anglican (Casavant, 1923, II/21) et First Baptist (Casavant, 1955, III/36). Quelques œuvres de notre collègue Denis Bédard ont été interprétées en guise de prélude ou de sortie. Une expérience unique pour moi fut d’assister à un office religieux selon le rite oriental à l’église catholique ukrainienne St. George. Ce temple est reconnu pour son iconographie incomparable réalisée par Heiko Schlieper sur une période de plus de sept ans et qui couvre la surface totale de l’église. L’animation musicale était assurée par un quatuor vocal féminin. Des ateliers étaient offerts tout au long du congrès. Deux d’entre eux m’ont plus spécifiquement attiré. Buxtehude, so what? avec William Wright qui présentait un aperçu de l’œuvre d’orgue de Buxtehude au plan émotionnel. Un autre atelier portait sur L’œuvre d’orgue de Jeanne Demessieux avec Lynn Cavanagh. Elle nous a fait découvrir les idiomes et techniques qui caractérisent certaines œuvres de cette organiste réputée. Le congrès offrait cette année le Concours national d’orgue 2007 ouvert aux Canadiens, et aux non Canadiens qui étudient en vue d’obtenir un diplôme au Canada, et qui sont âgés de moins de 30 ans. Cinq concurrents, dont nos collègues québécois Ryan Enright et François Grenier, ont participé aux demi-finales qui se sont déroulées le dimanche 29 juillet sur l’orgue de la salle de convocation de l’Université d’Alberta. La finale, tenue le jeudi 31 juillet, se déroulait à la cathédrale anglicane All Saints (Casavant, 1959, III/41, traction électro-pneumatique). Le gagnant fut Ryan Enright. Prochain rendez-vous : 13 au 17 juillet 2008 à KitchenerWaterloo-Guelph, en Ontario. Page 12

Le concours d’orgue international du Canada 2008 (suite de la page 13)

Le jury international regroupe neuf personnalités prestigieuses. John Grew présidera les délibérations de cette impressionnante équipe formée de Marie-Claire Alain et Gilles Cantagrel de France, James David Christie et James Higdon des États-Unis, Hans-Ola Ericsson de Suède, Tong-Soon Kwak de Corée, Mireille Lagacé de Montréal, Ludger Lohmann d’Allemagne et Gillian Weir du Royaume-Uni. La première épreuve aura lieu les 8, 9 et 10 octobre à l’église Immaculée-Conception (Beckerath 1961). Chaque concurrent présentera un récital de 45 minutes composé d’œuvres des 17e et 18e siècles avec un accent sur la musique de Johann Sebastian Bach. Le 10 octobre, après avoir délibéré, le jury attribuera le prix Bach de 5 000 $ et dévoilera les 10 concurrents qui accèderont à la prochaine épreuve. La deuxième épreuve se tiendra les 13 et 14 octobre à l’église Saint-Jean-Baptiste (Casavant 1914), où les concurrents présenteront un récital de 55 minutes d’œuvres des 19e et 20e siècles avec une place de choix au répertoire d’Olivier Messiaen dont 2008 marque le centenaire de sa naissance. À la fin de cette épreuve, le jury attribuera le prix Messiaen de 5 000 $ et annoncera les noms des 5 finalistes qui se produiront lors de la finale. La finale sera présentée le 17 octobre à la Basilique Notre-Dame (Casavant 1891). Dans le cadre de cette épreuve, cinq finalistes présenteront un récital de 60 minutes composé de pièces de leur choix. À la fin, le jury attribuera le 1er prix de 25 000 $, 2e prix de 15 000 $ et 3e prix de 10 000 $. Quant au prix du public attribué parmi les cinq finalistes, il sera remis à la cérémonie qui aura lieu lors du concert gala du 19 octobre à l’église Saint-Jean-Baptiste. De nombreuses activités s’ajouteront à la programmation du volet Concours. La programmation complète, l’horaire détaillé et les informations sur la billetterie seront disponibles sur le site Internet du CIOC à compter du 1er juillet 2008. L’organisation recrute des bénévoles. Si vous avez envie de participer au développement du projet ou encore si vous avez du temps à offrir pendant le Concours, vous pouvez obtenir des informations sur le site Internet ou communiquer avec René Fréchette par téléphone ou par courriel : rene.frechette@ciocm.org (514-510-5678).

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Le Concours d’orgue de Québec 2008 Pas moins de 13 candidatures ont été retenues pour l’épreuve éliminatoire de l’édition 2008 du Concours d’orgue de Québec. Cette épreuve se tenait au moyen d’un enregistrement. Onze de ces candidatures provenaient du Québec et deux, de l’Ontario. De ces 13, le jury en a retenu cinq pour l’épreuve finale. Le jeudi 5 juin prochain, à l'église des Saints-Martyrs-Canadiens, nous entendrons donc :

Concours d’orgue de Québec

• • • • •

Federico Andreoni (Montréal) Vincent Boucher (Montréal) Donald Hunt (Montréal) Ryan Jackson (Braceridge ON, présentement aux études à New Haven CT) Jonathan Oldengarm (Montréal)

Le jury pour les deux épreuves est constitué des organistes Benjamin Waterhouse (Québec), Patrick Wedd (Montréal) et Kevin Komisaruk (Toronto).

Le Concours international d’orgue du Canada 2008 Cet automne, les amateurs d’orgue convergeront à Montréal pour assister au seul concours international d’orgue en Amérique du Nord en 2008. En effet, la première édition du Concours international d’orgue du Canada (CIOC) aura lieu du 8 au 19 octobre et regroupera 16 figures montantes du monde de l’orgue. La programmation complète et l’horaire détaillé seront disponibles sur le site Internet du CIOC à partir du 1er juillet 2008. À noter que l’entrée à toutes les épreuves du volet compétitif est libre, alors ne manquez pas cet événement !

www.ciocm.org 514 510-5678

Au terme de la période d’inscription, le CIOC a reçu 60 candidatures provenant de 17 pays. En mars dernier, le jury préliminaire de cinq spécialistes réputés, a auditionné les organistes de façon anonyme à partir d’un CD. Le jury regroupait : Barrie Cabena, organiste, compositeur et ancien président national du CRCO, Jesse Eschbach, professeur et chef du département d’orgue à l’Université de North Texas, Marnie Giesbrecht, professeure, chef du département d’orgue à l’Université d’Alberta et ancienne présidente nationale du CRCO, Christopher Jackson, ex-doyen de la faculté des Beaux-Arts de l'Université Concordia et directeur artistique de SMAM à Montréal, et Réjean Poirier, professeur titulaire à la Faculté de musique de l'Université de Montréal. Chaque concurrent choisissait à partir d’une liste imposée, une œuvre de Bach, de Messiaen et de Franck. John Grew, directeur artistique du CIOC, présidait les délibérations sans toutefois avoir droit de vote. Le jury a sélectionné dix hommes et six femmes provenant de 11 pays et dont la moyenne d’âge est de 28 ans. Federico Andreoni (Italie)

Andrew Dewar (Royaume-Uni)

Jens Korndoerfer (Allemagne)

Jonathan Oldengarm (Canada)

Els Biesemans (Belgique)

Gottfried Drywa (Allemagne)

Christian Lane (États-Unis)

Sunny Son (États-Unis)

Frédéric Champion (France)

Ourania Gassiou (Grèce)

Dongho Lee (Corée du Sud)

Arnfinn Tobiassen (Norvège)

Mi-Kyoung Chung (Corée du Sud)

Ryan Jackson (Canada)

Ka Young Lee (Corée du Sud)

Thomas Zala (Autriche)

Pour obtenir de plus amples renseignements sur ces 16 jeunes virtuoses, dont 13 sont des lauréats de concours, visitez le site Internet du CIOC. (suite, page 12) Mixtures, numéro 28, mai 2008

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L’orgue de l’église Christ-Roi de Lévis par Robert Poliquin L’église

L’instrument actuel

D’abord érigée en tant que desserte Villemay en 1913, la paroisse Christ-Roi est officiellement érigée par le cardinal Raymond-Marie Rouleau, archevêque de Québec, le 9 mars 1928. Le premier étage de l’école de la rue Saint-Édouard est converti en chapelle. Pendant ce temps, l’architecte E.G. Rousseau dresse les plans de la future église. Jugeant que la construction d’une église représentait une dépense trop lourde en cette période de crise économique, l’évêque autorise seulement la construction de la crypte qui sera terminée pour la fête de Noël 1928. Cette crypte sera utilisée pour les offices religieux pendant 25 ans.

À la suite du drame, la maison Orgues Létourneau Limitée fut contactée par la fabrique pour trouver un instrument usagé de remplacement. L’instrument proposé est l’opus 10649 fabriqué par la firme américaine Moller en 1970 : c’est un instrument de style néoclassique « American Classic » utilisant des basses pressions. Il était jusqu’à tout récemment installé dans la First Presbyterian Church de Greensboro (Caroline du Nord) dont les autorités ont mandaté la maison Létourneau pour la construction d’un instrument neuf de 112 jeux (incluant 2 consoles) pour le remplacer car ce Moller ne répondait plus à leurs besoins étant jugé trop faible pour remplir adéquatement l’édifice.

En 1953, l’église actuelle est construite selon de nouveaux plans préparés par l’architecte René Blanchet et réalisés par la maison Deslauriers et Fils, de Québec. Les travaux sont terminés pour la fête de Pâques 1954 au coût de 300,000 $. Mgr Charles-Omer Garant, évêque auxiliaire de Québec, procède à la bénédiction de l’église le 26 septembre 1954. L’instrument disparu En 2004, l’église Saint-Antoine de Bienville ferme ses portes car le coût des rénovations majeures à effectuer à l’édifice est trop onéreux. Le conseil de fabrique de la paroisse Christ-Roi décide de se porter acquéreur de l’orgue afin d’éviter que ce patrimoine ne quitte la région et aussi pour souligner le 50e anniversaire de la construction de l’église Christ-Roi. Il s’agit de l’opus 710 construit par la maison Casavant Frères en 1917 : un instrument de 31 jeux et d’environ 2 000 tuyaux répartis sur trois claviers manuels et pédalier. L’instrument, originellement acheté au coût de 6 200 $, a été inauguré en juin 1917 par Arthur Bernier, organiste de l’église Saint-Jean-Baptiste de Québec, ainsi que par son fils, Conrad, alors âgé de 13 ans. Malgré que l’instrument ait une valeur à neuf évaluée à environ 750 000$, la fabrique ne débourse que 12 500 $ pour l’acquérir. Les travaux de déménagement, de réinstallation et de réharmonisation ont été exécutés par le facteur Jean-François Mailhot au coût de 50 000 $. L’instrument a été inauguré le 26 septembre 2004, le jour même du 50e anniversaire de l’église, par l’organiste Dany Wiseman et le titulaire Jean-Michel Grondin. Le drame survient 6 janvier 2006 alors qu’un incendie endommage l’église pour une valeur de 3 millions$ incluant la perte totale de l’orgue. Mixtures, numéro 28, mai 2008

Avant d’être réinstallé en l’église Christ-Roi, l’instrument a fait l’objet d’une restauration complète. Sa structure sonore a été modifiée en fonction de sa nouvelle demeure. Une nouvelle façade, de style Dom Bellot, conçue par Claude Demers, a dû être construite car l’instrument, placé derrière une grille, n’en comportait pas. Les travaux de restauration ont impliqué la rénovation des sommiers et des modifications à la soufflerie afin d’obtenir une meilleure stabilité du vent. Plusieurs jeux de pédale ont été remplacés par des jeux neufs. Au Récit, la tuyauterie formant le Cornet décomposé a été totalement remplacée afin de lui procurer une couleur plus française. Quoique l’église de Greensboro soit deux fois plus grande que celle du Christ-Roi et que l’instrument était, à l’origine, harmonisé de façon retenue, les facteurs ont dû, dans le but de produire un instrument adéquat, modifier les échelles pour en renforcer la sonorité et, dans certains cas, porter l’harmonisation à son maximum car la voûte de l’église ChristRoi est recouverte de tuiles acoustiques. D’autres modifications auraient été souhaitables mais compte tenu du budget disponible, des choix ont dû être faits. La console provient d’un autre instrument repris par le facteur soit celle de l’orgue de l’église St. Agnes, de Washington, DC. Seule l’enveloppe a été conservée, car les claviers, le pédalier et tout le mécanisme électronique intérieur ont été refaits à neuf. Les travaux de restauration, d’installation et d’hamonisation sur place ont été complétés en novembre 2006. L’instrument a été reçu par Richard Paré, organiste titulaire à Saints-Martyrs-Canadiens de Québec et par la titulaire, Charlotte Boucher.

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Édition 2008 1er juin Ensemble Polyphonia de Québec et Dominique Gagnon

8 juin Vincent Boucher

17 juin Julie Bellavance, saxophone et Sylvain Doyon, orgue Écran géant 15 heures 62 Notre-Dame sud Sainte-Marie de Beauce (30 minutes de Québec)

Festival d’orgue de Sainte-Marie


Sur le plan physique, la tuyauterie de la division du Grand-Orgue est répartie sur deux niveaux et occupe la partie centrale de l’instrument. En arrière du Grand-Orgue, au premier niveau, on retrouve le Récit et, au deuxième niveau, le Positif. La division de Pédale est répartie de chaque côté du buffet. Les Amis de l’orgue de Québec ont eu le plaisir d’entendre l’instrument lors d’un récital donné, le 14 octobre 2007, par Patrick Wedd. Le facteur entrevoit la possibilité de tenir, sous peu, une activité « portes ouvertes » afin de présenter l’instrument aux organistes de la grande région de Québec et les inviter à venir le visiter et l’entendre. Grand-Orgue

Récit expressif

Cor de chamois 16’ (ext) Montre 8’ Flûte à cheminée 8’ Cor de chamois 8’ Prestant 4’ Flûte ouverte 4’ Quinte 2 2/3’ Doublette 2’ Fourniture 1 1/3’ IV Trompette 8’

Bourdon 16’ (ext) Viole de de gambe 8’ Voix céleste 8’ Bourdon 8’ Principal 4’ Flûte conique 4’ Nazard 2 2/3’ Quarte de nazard 2’ Tierce 1 3/5’ Plein jeu 2’ IV Basson-Hautbois 16’ (ext) Trompette 8’ Hautbois 8’ Tremblant

Positif

Pédale

Flûte douce 16’ (ext) Bourdon 8’ Flûte douce 8’ Flûte céleste 8’ Prestant 4’ Flûte à cheminée 4’ Flûte à bec 2’ Cymbale 1/2’ III Cromorne 8’ Tremblant

Montre 16’ Soubasse 16’ Bourdon 16’ (Récit) Octave 8’ (ext) Flûte 8’ (ext) Basse de chorale 4’ (ext) Mixture 2 2/3’ III Bombarde 16’ Basson 16’ (Récit) Trompette 8’ (ext) Clairon 4’ (ext)

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NDLR: Mercis au curé, l’abbé Roger Lacasse et à monsieur Raymond Carrier de la paroisse Christ-Roi, ainsi qu’à messieurs Fernand Létourneau et Andrew Forrest de la maison Orgues Létourneau Limitée pour leur assistance.

Moller, Opus 10 649, 1970 / Létourneau, 2006 Devis de l’orgue 43 jeux, 42 rangs, 2 477 tuyaux

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Anniversaires en musique

Ici et là au Québec...

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et par ses jeunes collègues « dans le vent », rivalisant en orages, en offertoires pompiers et en improvisations dans le style de l’opéra. Sa Fantaisie op. 38 n°4 sur le « Judex crederis » ne manque cependant ni d’audace ni de panache et montre qu’il savait lui aussi créer des sensations fortes à ses paroissiens lorsqu’il s’agissait de dépeindre le redoutable jugement dernier.

Sa musique d’orgue, allant de courts versets liturgiques à de vastes fresques passionnées, comme son fougueux Allegro en fa mineur op. 18 n°7, en passant par de tendres harmonisations de Noël inspirées des chorals de Bach, est en cours d’édition chez Publimuses : quatre des huit volumes prévus sont disponibles et comprennent neuf Offertoires (volume 1), les Noëls (volume II), les douze pièces novatrices, avec pédale obligée, de l’opus 18 (volume III) et les pièces pour « orgue expressif » ou harmonium (volume IV). On ne peut que saluer pareille initiative et souhaiter entendre davantage de Boëly. Personnage influent dans le milieu musical français de l’après-guerre en raison de ses nombreuses fonctions à la Radio Télévision française, et à l’Inspection générale de la musique, Jean-Yves Daniel Lesur, mieux connu sous le nom de Daniel-Lesur (1908-2002) a fait ses études musicales en écriture au Conservatoire de Paris (1919-1929) et compte parmi les disciples de Charles Tournemire, dont il sera, à partir de 1927, un des suppléants à Sainte-Clotilde, de même que le créateur de plusieurs œuvres de l’Orgue mystique. Nommé en 1935 professeur de contrepoint puis directeur à la Schola Cantorum, il fonde l’année suivante aux côtés de son camarade de conservatoire Olivier Messiaen, d’Yves Beaudrier et d’André Jolivet le mouvement Jeune-France, destiné à « susciter et propager une musique vivante dans un même élan de sincérité, de générosité, de conscience artistique. » Daniel-Lesur est l’auteur d’opéras, de musique symphonique et de mélodies, ainsi que de cinq titres pour orgue, composés durant les années 1930 et fortement imprégnés du langage de Tournemire. Les deux cahiers d’Hymnes (1935 à 1939) comprennent des pages souvent courtes, mais d’une riche intériorité (Audi benigne). Ces œuvres ont été enregistrées chez Fonovox par Sylvain Caron, tandis que Benjamin Waterhouse les interprétera en concert le 10 août prochain en l’église ChalmersWesley (Vieux-Québec). Dans le prochain numéro de Mixtures, nous rendrons hommage à Julius Reubke, à Ralph Vaughan Williams et à Olivier Messiaen.

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Jean-Charles Castilloux : 20 ans de titularisation Jean-Charles Castilloux, organiste titulaire à l’église SaintCharles-Garnier de Sillery, a célébré, le 10 novembre dernier, son vingtième anniversaire de métier…. en jouant de l’orgue!

L’occasion a été soulignée lors d’un concert présenté sous la présidence d’honneur du curé Michel Fortin. Il était accompagné des organistes remplaçants Andréanne Bolduc et Jean-Pierre Tailleur, de la chorale paroissiale dirigée par Anne-Marie Lapalme, des barytons André Bérubé et Guy Lepage ainsi que des sopranos Linda Boutet et Assunta Bouchard. Gaspésien d’origine, Jean-Charles Castilloux a étudié l’orgue à la Faculté de musique de l’Université Laval sous la direction de l’abbé Antoine Bouchard. Organiste suppléant, à la cathédrale anglicane Holy Trinity, on peut souvent l’entendre dans diverses églises de la ville de Québec.

Les Concerts Notre-Dame

Sous la direction musicale de Claude Lemieux, les Concerts Notre-Dame présentent une programmation très intéressante les samedis soir ou les dimanches après-midi à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Le premier concert, présenté le 9 février, était donné par l’organiste titulaire Marc D’Anjou, sous le thème France -Québec : 400 ans de musique d’orgue. Le second, le 8 mars, mettant en vedette Nicole Lemieux avait pour thème Le philosophe et le musicien, en hommage à la musique de Félix Mendelssohn-Bartholdy. Le 13 avril, Claude Lemieux était l’artiste d’une aventure dans la musique espagnole intitulée Pour battre la chamade. L’organiste Philippe Bournival sera l’invité du programme présenté le 18 mai, sous le thème Beethoven aux claviers. L’organiste Nathalie Gagnon, membre fondateur des Concerts de Notre-Dame clôturera la série, sous le thème Musiques royales, le 31 mai.

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L’orgue de l’église Saint-Benoît-Abbé de Québec par Jean-Claude Rivard Les paroissiens de Saint-Benoît-Abbé, Québec (secteur Sainte-Foy), sont en liesse. Non seulement ont-ils pu réaliser leur rêve de remplacer, à bon compte, l’orgue électronique Allen de leur église par un orgue à tuyaux mais ils sont surtout convaincus d’avoir aidé à sauver un Casavant des années 1880 qui, comme beaucoup d’autres, aurait éventuellement pu filer outre-frontières et quitter définitivement le patrimoine religieux du Québec. Ingénieur civil à la retraite, grand mélomane, président du Chœur de Québec, le marguillier Maurice Nadeau, vice-président du conseil de fabrique et responsable du dossier orgue, partage notamment ce sentiment de même que le curé, l’abbé Jean-Marc Demers. Le nouvel orgue a été officiellement inauguré le 20 octobre 2007 par un concert conjoint de l’organiste Dominique Gagnon, titulaire à Sainte-Marie-de-Beauce, et la titulaire de l’orgue paroissial, Lyne FortinNoël, avec le concours de la chorale de l’endroit, du Chœur de Québec, dirigé par Guy Bélanger, ainsi que de la soprano Catherine-Élisabeth Loiselle et du ténor Guy Bélanger. Devant ce succès, un second concert-bénéfice est organisé en décembre 2007 mettant en vedette l’organiste Esther Clément, titulaire à Saint-Roch, avec cinq trompettistes de la Musique régimentaire du Royal 22e Régiment qui ont notamment interprété l’Alleluia du Messie de Haendel. La soprano Catherine-Élisabeth Loiselle et le ténor Guy Bélanger y ont aussi concouru avec la présentation d’œuvres de musique sacrée. Un troisième concert-bénéfice a eu lieu le 21 mars 2008, à l’occasion du Vendredi-Saint, avec l’organiste Dominique Gagnon et un groupe de chanteurs et de musiciens venus présenter Les Sept Paroles du Christ de Théodore Dubois et le Requiem de Gabriel Fauré. La prestation de la célèbre Toccata et fugue en ré mineur de Bach y a été chaudement applaudie. Les recettes de ces trois concerts-bénéfices jumelées au produit de la vente de l’ancien orgue électronique (42 jeux) à une paroisse de la région d’Halifax ont suffi à couvrir le coût d’achat, de réfection et d’installation du nouvel orgue ainsi que des travaux afférents d’ébénisterie d’art (le tout pour un total d’environ 45 000 $). Les paroissiens sont convaincus d’avoir réalisé une aubaine, car un orgue neuf de cette taille vaut, par les temps qui courent, au moins 300 000 $.

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Cet instrument a toute une histoire. De toute évidence, il est né chez Casavant, à la fin des années 1800 ou au début des années 1900. L’année la plus probable de sa naissance se situe vers 1880. Ses vieux tuyaux de bois et de métal sont là pour l’attester. N’en cherchez pas le numéro d’opus : il n’en a plus. L’orgue a été tellement déménagé de fois, il a tellement été modifié et rénové qu’on l’a fait disparaître. Tout ce que l’on sait, à son sujet, appartient à la tradition orale. À l’origine, cet instrument, à traction tubulaire, a été créé pour une église de Westmount. De plus, il possédait un superbe buffet qui remplissait le devant de l’église. Plus tard, on l’a retrouvé dans une église catholique de Montréal située au pied du pont Jacques-Cartier, probablement celle de Sainte-Hélène, ultérieurement vendue à une communauté évangélique. En 1980, les Orgues Létourneau, de Saint-Hyacinthe, le vendent et l’installent en l’église Saint-Paul-Apôtre, dans la quartier Limoilou de la ville de Québec, pour la somme de 50 000 $. À cette occasion, l’instrument est restauré en majeure partie et un buffet neuf, en chêne massif, est construit, car l’orgue n’en possède pas, l’ancien buffet étant resté sur place, à Montréal. Le mur arrière de la tribune de l’église sert de quatrième côté. Quand cette église ferme, en 2006, pour être transformée en résidences pour personnes âgées autonomes, l’instrument est transporté bénévolement par des membres de la paroisse-sanctuaire de Sainte-Thérèse-deLisieux, dans le secteur Beauport, à qui il semble destiné. La tuyauterie est déposée sur la tribune arrière tandis que les tuyaux de façade sont placés, de façon sécuritaire, sur le plancher à l’arrière de l’église. Les diverses Page 19


composantes de l’orgue sont aussi temporairement disposées sur la tribune arrière, en prévision du remontage qui devait avoir lieu quelques semaines plus tard. La paroisse n’ayant pas eu l’autorisation de l’acquérir, il est demeuré sur place pendant un certain temps. L’entreposage aurait été adéquat si personne ne se permettait d’y toucher, chose qui ne fut pas respectée.

« C’est un orgue qui se prête particulièrement bien à l’interprétation de la musique romantique » commente monsieur Nadeau qui aime bien, à l’occasion, caresser les touches de cet instrument qu’il considère un peu comme son orgue.

C’est à ce moment que les paroissiens de Saint-BenoîtAbbé songent à remplacer leur orgue électronique par un orgue à tuyaux. Après avoir étudié la possibilité d’acquérir l’orgue de style néo-classique de la chapelle de la Maison généralice des Augustines, à Sillery, et celui des Augustines de l’Hôtel-Dieu de Lévis, ils découvrent l’amas de tuyaux épars sur la tribune arrière de l’église-sanctuaire de Sainte-Thérèse-de-Lisieux. Ils entrent alors en communication avec Jean-Guy Gauvin, de la Commission diocésaine de la Musique et des Arts sacrés, qui leur suggère de demander l’avis et l’expertise du facteur Jean-François Mailhot bien connu dans la région de Québec, ayant, entre autres, procédé à l’installation de l’orgue de la paroisse voisine, soit celle de Sainte-Geneviève. Après avoir examiné tous les tuyaux et jugeant que la majorité d’entre eux sont encore en bon état, cet expert est d’avis cet orgue historique vaut la peine d’être sauvé.

Casavant, XIXe siècle / Létourneau, 1980 Devis de l’orgue 16 jeux, 17 rangs, 980 tuyaux Grand-Orgue

Récit expressif Pédale

Montre 8’ Bourdon 8’ Prestant 4’ Mixture 1 1/3’ III Trompette 8’

Bourdon 8’ Gambe 8’ Flûte 4’ Doublette 2’ Cornet II Hautbois 8’ Tremblant

Bourdon 16’ Bourdon 8’ (ext) Flûte 8’ Principal 4’ Hautbois 8’ (Récit)

Ainsi, après avoir acquis le Chemin de la Croix de l’église Saint-Paul-Apôtre, les paroissiens de Saint-BenoîtAbbé en acquièrent l’orgue. Dès la construction de leur église, à la fin des années 1960, un espace était prévu à cet effet, dans le chœur, à droite de l’autel. C’est alors que la paroisse fait appel aux services de bénévoles pour ériger la charpente de la chambre qui accueillera la soufflerie et la tuyauterie. L’ingénieur-marguillier Maurice Nadeau dessine luimême les plans et devis. Ensuite, monsieur Royer, un ébéniste d’art de la rive sud de Québec, se voit confier le soin d’apporter la touche finale consistant à dégager la console du buffet et d’aménager ce dernier de façon esthétique. Dans sa composition sonore, la Mixture et la Trompette du Grand-Orgue ainsi que la Doublette et le Cornet du Récit ne sont pas d’origine. Le Hautbois a été ajouté sur un sommier indépendant afin de l'utiliser à la pédale et au Récit. Le Bourdon 16’ et 8’ de la pédale sont d'origine mais la Flûte 8 ainsi que le Principal 4’ ne le sont pas Page 20

NDRL: Nos remerciements à messieurs Maurice Nadeau et JeanFrançois Mailhot pour leur contribution à la rédaction de cet article.

Mixtures, numéro 28, mai 2008


Anniversaires en musique par Irène Brisson 2008 est une année inspirante pour les organistes : le centenaire de la naissance d’Olivier Messiaen (sur lequel nous reviendrons dans le prochain numéro de Mixtures) risque cependant d’occulter quelques commémorations. Que l’on songe par exemple à la mort de John Blow, en 1708, à celle de François D’Agincourt et de John Travers cinquante ans plus tard, à celle de Alexandre-Pierre-François Boëly et de Julius Reubke en 1858, de Ralph Vaughan-Williams, en 1958, et à la naissance en 1908 d’Hugo Distler, de Bernard Piché et de Daniel-Lesur. Du baroque à la musique contemporaine, les organistes en auront donc plein les doigts! John Blow (1649-1708) fut dès 1668 organiste à l’abbaye de Westminster et sa carrière coïncida avec la période de la Restauration de la monarchie en Angleterre. Musicien très respecté à la Chapelle royale, il compta parmi ses élèves Henry Purcell, qui lui succéda à l’orgue de Westminster en 1679. À la mort de l’auteur de Dido and Æneas (1695), il reprit ses fonctions et termina sa carrière comme maître de chapelle à Saint-Paul et compositeur de la Chapelle royale. Ses trente pièces pour orgue constituent alors, sauf erreur, la plus importante collection écrite pour cet instrument en Angleterre. Elles comprennent des préludes, des Voluntaries, des versets (Verses) pour un (Single organ) ou deux claviers (Double organ). Cette musique souvent contrapuntique regorge d’ornements et de fausses relations harmoniques qui lui donnent une couleur typiquement britannique. Aux versions avec pédalier de certains éditeurs – une hérésie pour l’Angleterre baroque – on préférera l’édition de Watkins Shaw (Schott, 1972) ou celle de Barry Cooper (Musica britannica, 1996). Pendant ce temps, naissait à Leipzig Johann Adolf Scheibe (1708-1776), fils d’un facteur d’orgue respecté de Bach. Claveciniste et organiste, il ne parvint pas à décrocher de poste d’organiste dans sa ville natale et, après quelques échecs successifs, il s’installa en 1736 à Hambourg, où il se lia d’amitié avec Telemann. Trois ans plus tard, il entrait au service du margrave de Brandebourg-Kulmbach, qui était le beau-frère du roi Christian VI du Danemark, ce qui lui valut d’être invité à Copenhague en 1740. Il passa le reste de son existence au Danemark, composant et s’adonnant également à la littérature et à la traduction, en plus d’être un solide théoricien de la musique. Beaucoup de ses œuvres ont malheureusement disparu dans l’incendie du château de Christiansborg où elles étaient conservées (1794) et, jusqu’à tout récemment, on s’est peu intéressé à ce qui restait de ses concertos et de sa musique sacrée. Quant à sa production pour orgue, elle est assez modeste, puisqu’elle consiste en trois sonates écrites

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sans doute au milieu du XVIIIe siècle. Comme critique musical, Scheibe déclencha toute une polémique lorsqu’en 1737 il osa écrire au sujet de Bach : « Ce grand homme serait l’admiration de nations entières s’il avait plus d’agrément, s’il ne retirait pas à ses œuvres le naturel par leur emphase et leur confusion, s’il n’assombrissait pas leur beauté par un art trop grand » (Der Critische Musicus, 14 mai 1737). Élève de Maurice Greene, John Travers (v. 17031758) fut organiste à la Chapelle royale à partir de 1737. Son implication dans l’Academy of Ancient Music de Londres lui a permis de se familiariser avec le style des maîtres de la Renaissance. Il laisse de la musique sacrée (Anthems, Services) ainsi que douze Voluntaries pour orgue publiés en 1769. Comme les Voluntaries de son maître, ces pages combinent d’amples sections lentes, riches en imitations, et de fluides duos (cornet ou trompette) ou des fugues teintées d’italianisme. On peut consulter et acheter ces partitions sur Internet sur le site des Éditions Fagus : http://www.fagus-music.com/ La même année mourait le Rouennais François D’Agincourt (ou Dagincourt 1684-1758). Élève de Jacques Boyvin dans sa ville natale, puis de Lebègue à Paris, il succéda en 1706 à Boyvin à la cathédrale de Rouen et occupera ce poste ainsi que plusieurs autres jusqu’à sa mort, soit durant 52 ans! Pendant quelques années, il sera également un des quatre organistes de la chapelle royale de Versailles, prenant le relais de Louis Marchand. Outre des pièces de clavecin fortement influencées par celles de Couperin, D’Agincourt a composé une quarantaine de courtes pages pour orgue, caractéristiques de la musique du Grand Siècle, et groupées en six suites de tons différents. Singulière figure de la musique française qu’AlexandrePierre-François Boëly (1785-1858). Héritier de la tradition française de l’Ancien Régime, pianiste, organiste et pédagogue en pleine période romantique, ce musicien, sorti des oubliettes par la musicologue Brigitte François-Sappey, est un des maillons de la chaîne qui permet de suivre la métamorphose de l’orgue français depuis les messes et les versets de la génération de Couperin et de Marchand au répertoire de son jeune rival Lefébure-Wély et de la génération de SaintSaëns et de Franck. Organiste à Saint-Germain-l’Auxerrois (la paroisse royale) de 1840 à 1851, éclipsé par François Benoist, alors professeur au Conservatoire, Boëly fut un des premiers admirateurs français de Bach, jouant les œuvres de ce protestant dans une église catholique, ce qui ne se faisait pas à l’époque – et fut congédié, sa musique étant jugée trop austère, (suite page 18)

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Ici et là au Québec... Montréal par Robert Ducharme

Festival Buxtehude à McGill

L’Université McGill a souligné le tricentenaire de la mort de Buxtehude par une série de concerts d’œuvres vocales et de musique de chambre de l’organiste de Lübeck. John Grew y a participé en consacrant entièrement à Buxtehude sa série d’automne des récitals d’orgue du midi à la salle Redpath. Un des récitals fut cependant donné au clavecin par Hank Knox. Allant au-devant des critiques qui auraient pu sourciller en entendant Buxtehude joué à l’orgue classique français de McGill, John Grew s’est adressé aux auditeurs en disant qu’il trouvait intéressant de « faire parler ce compositeur allemand avec un accent français », ce qu’il a bien illustré par des registrations « à la française » quand l’écriture des œuvres le permettait.

François Zeitouni joue les Noëls de Daquin

Pendant de nombreuses années, les dimanches du temps des Fêtes, Raymond Daveluy a joué l’intégrale des 12 Noëls de Daquin sur le Beckerath dont il était titulaire à l’Oratoire Saint-Joseph. Il en avait fait une tradition; les mélomanes qui ont eu le privilège de l’entendre et même d’être accueillis à la tribune en gardent un souvenir ému. François Zeitouni maintient la tradition de son maître en jouant les Noëls le troisième dimanche de l’Avent à l’orgue du Gesù dont il est le titulaire. Avant chaque pièce, le baryton Bernard Levasseur chante refrains et couplets dont le texte est remis aux auditeurs; les paroles, tantôt naïves, tantôt irrévérencieuses, nous font voir sous un jour nouveau ces chants populaires qui nous sont d’abord connus comme des thèmes à variations. Ceux qui ne peuvent se rendre au Gesù pour entendre François pourront le faire à la maison puisqu’il a enregistré les Noëls à l’orgue GuilbaultThérien (1990) du Grand Séminaire de Montréal; le CD sera chez les disquaires à l’automne 2008.

Les Sulpiciens à Montréal depuis 350 ans

Les célébrations du 350e anniversaire de l’arrivée des Messieurs de Saint-Sulpice à Ville-Marie se sont poursuivies cet automne. En octobre, dans la série Les Couleurs de l’orgue français à la Chapelle du Grand Séminaire, les organistes invités ont tous joué des œuvres de Nivers ou de Clérambault, organistes de Saint-Sulpice à Paris, ainsi que des pages du Livre d’Orgue de Page 22

Montréal, apporté en Nouvelle-France par le sulpicien Jean Girard, qui fut le premier organiste de NotreDame dont les restes reposent d’ailleurs dans la crypte de la chapelle, juste sous l’orgue. Le 22 novembre 2007, toujours au Grand Séminaire, Élisabeth Gallat-Morin a donné une conférence intitulée 350 ans de musique chez les Sulpiciens de Montréal. Ses recherches dans les archives des Sulpiciens et à la Bibliothèque nationale ont permis à la musicologue d’esquisser un portrait des Sulpiciens qui ont depuis toujours œuvré dans le domaine de la musique, et des musiciens montréalais qui ont œuvré pour les Sulpiciens. Sujet vaste en effet. La présentation n’a pas souffert de « longueurs » car elle était illustrée par la projection d’un grand nombre de photos des musiciens, des lieux où ils travaillaient, des partitions qu’ils utilisaient ou composaient…etc. Cette conférence était organisée par la Société québécoise de recherche en musique en collaboration avec les Amis de l’Orgue de Montréal.

Le retour de Jonathan

Un malencontreux accident de vélo survenu au cours de l’été dernier a fait craindre le pire pour la carrière de Jonathan Oldengarm, détenteur d’un doctorat en interprétation à l’orgue et actuellement directeur adjoint de la musique à l’église St. Andrew et St. Paul. Heureusement, par la physiothérapie et un retour progressif à la pratique de l’instrument, le brillant jeune organiste s’en est sorti sans la moindre séquelle, et sa technique est intacte. Jonathan l’a prouvé en donnant, sous le titre de Sinfonica Organo, une série de quatre récitals les dimanches de février 2008. Dans ces quatre programmes, pas de place pour des petites pièces de remplissage, que des œuvres de haut niveau, très exigeantes sur les plans de la technique et de l’interprétation. Commencée avec la Toccata de Jean Guillou, la série a culminé avec la Fantaisie sur Ad nos, ad salutarem undam de Liszt. Ceux qui connaissent les grandes qualités d’interprète de Jonathan ne peuvent que se réjouir de ce « miraculeux » retour. Mixtures, numéro 28, mai 2008


Hommage à Raymond Daveluy

Le 25 novembre dernier, dans la série Les Saints-Anges en musique, Rachel Laurin a donné un récital qui était en fait un hommage à Raymond Daveluy. Six ans après leur inexplicable départ de l’Oratoire Saint-Joseph, il faisait bon revoir les noms de ces deux grands artistes réunis pour un concert sur l’île de Montréal. On reconnaissait dans l’église les fidèles auditeurs de la nef ou de la tribune de l’Oratoire; il y avait de la nostalgie dans l’air; cela rappelait l’âge d’or des Concerts Spirituels. Rachel Laurin a d’abord joué son Introduction et Passacaille sur un thème de Raymond Daveluy op. 44 où l’auditeur pouvait reconnaître le thème de la Quatrième Sonate. Vint ensuite la version révisée de la Sixième Sonate du Maître. Les très nombreux auditeurs ont longuement ovationné le compositeur et son interprète.

Saint-Thomas de Montmagny : un concert pour dire merci

Un concert d’orgue a été donné, le 28 octobre, à l’église Saint-Thomas de Montmagny, par l’organiste MarieHélène Greffard afin de remercier les paroissiens pour leur implication dans la restauration de leur orgue. Leur Casavant avait dû être réparé, l’an dernier, après avoir été endommagé par un problème sérieux d’infiltration d’eau qui a affecté plusieurs de ses 38 jeux. L’orgue est néanmoins resté fonctionnel pendant les travaux de restauration. Une campagne de souscription de 75 000$ s’est faite dans la région de Montmagny, de novembre 2006 à septembre 2007 pour couvrir le coût des travaux.

Rivière-du-Loup : 80 ans de musique d’orgue chez les Girard

Depuis le 29 novembre 2007, il y a plus de 80 ans que les membres de la famille Girard sont titulaires de l’orgue à l’église Saint-Patrice de Rivière-du-Loup. En effet, Claude Girard assume la relève de son père, le regretté Adrien Girard, tout comme ce dernier avait antérieurement lui-même assumé la relève de son frère, le regretté Willie Girard. À la mi-décembre 2007, un concert conjoint des frères Claude et de Robert-Patrick Girard (organiste titulaire à Saint-Dominique de Québec) a souligné cet important anniversaire, à Rivière-du-Loup.

Dans l’ordre habituel, Raymond Daveluy, Rachel Laurin et Yves Garand, directeur artistique des Concerts Lachine et responsable de l’événement.

En région par Jean-Claude Rivard

Un orgue neuf à La Pocatière

Auparavant, en novembre, les deux frères avaient présenté un concert conjoint en l’église Sainte-Geneviève (Québec) sur l’orgue qu’ils ont utilisé pour enregistrer leur tout nouvel album Mozart…permettez-nous. Une partie de ces concerts comportait l’interprétation de pièces de musique de Noël au célesta.

La firme Ateliers Guilbault Bellavance Carignan, de Saint-Hyacinthe, a redonné un souffle neuf à l’orgue à traction mécanique Guilbault-Therrien de la cathédrale Sainte-Anne de La Pocatière. Le mécanisme des accouplements, capricieux et lourd, des claviers de cet orgue installé en 1974 a, en effet, été allégé et rendu plus polyvalent grâce à l’installation d’une technologie développée par la firme NouvelOrg de Longueuil.

« C’était un concert à la mémoire de notre père », raconte avec émotion Robert-Patrick. « Nous avons voulu concrétiser, de façon posthume, l’un de ses rêves les plus chers, nous voir jouer ensemble en public. C’est aussi un hommage aux petits-enfants Girard de la génération montante ».

Le public aura l’occasion d’apprécier les résultats de ces travaux, le 4 mai, lors d’un concert inaugural de l’organiste montréalais Vincent Boucher.

Les séries de concerts se déroulant à l’automne seront de retour tant à Cap-Santé qu’à East-Broughton. La programmation sera annoncée au cours de l’été.

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Concerts automnaux

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Mauricie par Michelle Quintal et Denis Morneau

Panthéon de la musique classique

Bernard Piché, J.-Antonio Thompson et Claude Thompson, trois organistes compositeurs professeurs qui seront intronisés au Panthéon de la musique classique de Trois-Rivières le 1er juin prochain. Cet heureux événement a été annoncé le 27 mars dernier lors d’une conférence de presse. Instauré en 2007 par Marcel Dumont, directeur général et artistique du Centre des Jeunesses Musicales du Canada à Trois-Rivières, le Panthéon veut, dans le domaine de la musique classique, rendre hommage aux interprètes, chefs de chœur, chefs d’orchestre, pédagogues, compositeurs de la Mauricie qui ont fait une brillante carrière soit au niveau provincial, national ou international, musiciens dont la carrière a eu une grande influence à l’intérieur ou à l’extérieur de la Mauricie. Ce Panthéon veut aussi rendre hommage aux musiciens, bienfaiteurs, bénévoles qui ont favorisé le goût de la musique classique par leur implication et leur travail. Un concert réunissant différents interprètes aura lieu à la salle J.-Antonio Thompson à l’occasion duquel un hommage sera rendu non seulement à ces trois organistes compositeurs professeurs, mais aussi à Anaïs Allard-Rousseau, à Gisèle Cabana, à Claire Gagnier, à Louis Philippe Filion, et aussi à Jacques Hétu. Ces intronisés ont été choisis à la suite des recommandations d’un comité autonome de six membres. Cette heureuse initiative qu'est le Panthéon de la musique classique est un apport très important à l'histoire musicale de la Mauricie.

La saison 2007-2008 de Pro Organo Mauricie

Depuis bon nombre d’années, Pro Organo Mauricie ouvre sa saison de concerts en s’inscrivant dans la programmation des Journées de la culture. Ainsi, le 30 septembre, nous avions invité François Pothier Bouchard, élève de Raymond Perrin au Conservatoire de musique de Trois-Rivières, à l’orgue Casavant / Létourneau de la cathédrale de l’Assomption. À travers l’interprétation de quelques œuvres, des commentaires sur l’instrument, des illustrations en musique, les visiteurs ont pu en apprendre davantage sur l’orgue et son univers. Le premier concert de la saison a eu lieu le 28 octobre à la chapelle du Séminaire Saint-Joseph. À cette occasion, l’organiste Gilles Rioux, le clarinettiste Michel Pilote et la narratrice Louise Blanchette ont présenté

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le Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns dans une transcription de Gilles Rioux pour orgue et clarinette. De plus, l’œuvre était ponctuée d’une narration tirée du récit de Francis Blanche, également construit sur le thème du Carnaval des animaux. Le programme était complété par des œuvres de Pierné, Fauré et Widor. Pour souligner le 300e anniversaire de la mort de Buxtehude, Pro Organo Mauricie s’est associé au chœur Vocalys de Trois-Rivières pour présenter un grand concert sacré le 22 novembre à l’église Sainte-Catherine-de-Sienne. Ce concert réunissait aussi les solistes Suzie Leblanc, soprano, Matthew White, alto, Kathrin Webster, soprano, Colin Balzer, ténor, Nathaniel Watson, basse, ainsi que le consort de violes Les Voix humaines. Tous ces artistes étaient sous la direction de Christopher Jackson qui assumait également la partie de continuo à l’orgue positif de la firme Guilbault Bellavance Carignan. L’ensemble de cantates Jesu membra nostri constituait l’œuvre principale du programme, que l’organiste Raymond Perrin a complété en interprétant quelques pièces pour orgue seul du même compositeur. Le 9 mars, Josée April était invitée à donner un concert à la basilique Notre-Dame-du-Cap. Le programme était consacré au répertoire classique français ainsi qu’à la musique espagnole. En outre, la prestation de l’artiste invitée était projetée sur un écran géant. La saison s’est achevée le 13 avril à la chapelle de la maison Kermaria des Filles de Jésus à Trois-Rivières. L’organiste Philippe Bournival et le violoniste Antoine Bareil ont offert un programme fort varié, allant de la musique médiévale à des arrangements d’œuvres contemporaines. En corollaire à la saison, le 6 avril, à la cathédrale de l’Assomption, l’Orphéon de Trois-Rivières, la plus ancienne chorale de la ville, présentait en concert la Messe solennelle en ut dièse mineur, op. 16 de Louis Vierne. Le chœur était dirigé par PaulAndré Bellefeuille. La partie d’orgue était assurée par Gilles Rioux qui interpréta quelques autres pièces comme soliste.

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Québec par Jean-Claude Rivard

La 41e saison des Amis de l’Orgue de Québec

La saison 2007-2008 a débuté, le 15 septembre, avec un concert portes ouvertes de l’organiste Denis Bédard. Autrefois titulaire à l’église Saint-Roch, il est, depuis 2001, organiste et directeur de la musique à la cathédrale Holy Rosary de Vancouver. Par la suite, l’habituel exposé et prestation d’initiation musicale « Jeux d’orgue » s’est tenu, le 30 septembre, à l’église Sainte-Geneviève avec le concours de l’animatrice Louise Fortin-Bouchard, et l’organiste MarieHélène Greffard. Le 14 octobre, les Québécois ont applaudi, à l’église Christ-Roi de Lévis, Patrick Wedd, directeur de la musique et organiste à la cathédrale anglicane Christ Church de Montréal, dans des œuvres de Buxtehude, Telemann, Mulet, Langlais, Eben et Wammes. Le 18 novembre, c’était au tour de Régis Rousseau, titulaire à l’église du Très-Saint-Nom de Jésus depuis 1994, de recevoir une ovation enthousiaste des Québécois, à l’église des Saints-Martyrs-Canadiens. Il avait inscrit à son programme des œuvres de Grigny, Bach, Wagner, Reubke et Tournemire. Le 3 février, c’est l’historienne de la musique Irène Brisson, qui a proposé, à la Salle Henri-Gagnon de l’Université Laval, un voyage imaginaire rétrospectif dans la vie musicale de Paris et de Québec vers 1850, une période marquée par la venue à Québec d’Antoine Dessane. Le 30 mars, l’auditoire a chaudement applaudi, à SaintsMartyrs-Canadiens, Isabelle Demers, étudiante au doctorat à la Juilliard School of Music de New York. Elle avait inscrit des œuvres de Bach, Reger, Duruflé et Franck à son programme. La saison se terminait, il y a quelques jours, le 26 avril, avec la présentation d’un concert de Pierre Bouchard, aux grandes orgues de la basilique-cathédrale Notre– Dame de Québec, offrant un programme d’œuvres de Muffat, Grigny, Bach, Franck, Vierne et Messiaen.

La relève au Conservatoire et à l’Université

Dans le cadre de leurs programmes d’activités pédagogiques, le Conservatoire de musique de Québec et la Faculté de musique de l’Université Laval présentent périodiquement au public leurs étudiants constituant la relève actuelle du domaine de la musique d’orgue.

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Un premier rendez-vous a eu lieu le 18 février, à Saints-Martyrs-Canadiens où Danny Belisle a présenté ses étudiants du Conservatoire : Emmanuel Bernier, Chantal Dubé, Laurianne Dubé, Denis Filion, Laurence Jobidon, Guillaume St-Cyr et Benoît Tremblay-Antoine. Un autre concert a eu lieu, au Conservatoire, le 20 avril. Du côté de la Faculté de musique, Marie-Hélène Greffard, François Grenier, Aubert Lavoie et Éric Vachon, inscrits à la classe d’orgue de Richard Paré, ont été applaudis à Saints-Martyrs-Canadiens, le 25 février. L’enseignement de la musique d’orgue est aussi dispensé au Département de musique du Cégep Sainte-Foy par Pierre Bouchard. Un concert public de ses élèves doit avoir lieu en mai.

Paul Cadrin, doyen à l’Université Laval

Depuis le premier janvier, la Faculté de musique de l’Université Laval a un nouveau doyen en la personne de Paul Cadrin, rattaché à l’Université Laval depuis plus de 30 ans en tant que spécialiste de la musicologie théorique. Il continue d’exercer, à temps partagé, sa fonction d’organiste titulaire à l’église Sainte-Hélène de Breakeyville, tout en œuvrant aussi dans le domaine de la musique d’église comme chef de chœur et compositeur. Succédant à monsieur Robert Rousseau, il est le premier organiste à porter le titre de doyen. Deux autres organistes ont assumé cette tâche avant lui, l’abbé Antoine Bouchard et le regretté Lucien Poirier, mais en tant que directeur, au temps où la faculté n’avait qu’un statut d’école universitaire spécialisée. Issu d’une famille québécoise et né à Montréal, monsieur Cadrin est docteur en musicologie théorique de l’Université de la Colombie-Britanique. Il poursuit depuis plusieurs années des recherches sur la musique polonaise, notamment sur le compositeur Karol Szymanowski. Il est offert et de de la cours

codirecteur du programme en musique liturgique conjointement par sa faculté et celle de Théologie Sciences religieuses. Il est également secrétaire Fondation Claude-Lavoie, organisatrice du Cond’orgue de Québec. (suite, page 18) Page 25


Publications Par Robert Poliquin Les orgues de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré Pierre Bouchard Basilique : Casavant 1944/Bertrand 1986 (III/P, 44 jeux, 67 rangs) Crypte : Casavant 1949/Guilbault-Thérien 1986 (II/P, 22 jeux, 25 rangs) L’organiste Pierre Bouchard nous présente, pour la première fois sur disque, les deux orgues de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré dont il est co-titulaire depuis 1988. Après deux œuvres de Buxtehude à l’orgue de la crypte, instrument de tradition baroque allemande, vous êtes invités à la tribune du grand orgue où l’interprète y exécute un répertoire s’échelonnant sur plusieurs siècles tout en mettant l’emphase sur l’école romantique française : J. S. Bach, des extraits du Livre d’orgue de Montréal, Franck, Widor, et Alain. Le lancement officiel de ce disque se fera au cours du congrès de la FQAO le 11 août prochain. Œuvres symphoniques pour orgue Pierre Gadbois Casavant, Opus 2577, 1960 (II/P, 33 jeux, 35 rangs) Basilique Sainte-Anne, Varennes, QC Premier enregistrement sur cet instrument, le titulaire nous fait pénétrer dans le monde de la dernière moitié du XIXe siècle et des premières décennies du XXe siècle avec des œuvres de Lemmens, Franck, Saint-Saëns, Widor et Vierne. Cet orgue de taille moyenne et de facture néo-classique prend, par des choix judicieux de registrations, des sonorités intéressantes qui rendent l’écoute agréable. Étiquette privée, PPG-701

L’école d’orgue napolitaine Massimo Rossi Rossi, 1987 (I/P, 8 jeux, 8 rangs) Église Madonna della Difesa, Montréal L’instrument est un orgue de chambre italien construit par l’artiste en 1987. Le programme nous présente des œuvres de compositeurs qui ont illustré l’école d’orgue napolitaine au cours des XVe et XVIe siècles : Valente, de Macque, Trabaci, Mayone, Salvatore, Strozzi, Storace ainsi que Alessandro et Domenico Scarlatti. Cet enregistrement nous permet de nous familiariser avec les œuvres de cette époque et jouées sur un instrument qui peut ressembler à ceux dont disposaient les compositeurs. UMMUS, UMM 303 Page 26

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Mario Hospach-Martini spielt Purcell, Böhm, de Grigny, Blow & Bach Mario Hospach-Martini Andreas Silbermann, 1731 (III/P, 29 jeux, 41 rangs) Restaurations: Wetzel 1857 / Roethinger, 1939 / Kern, Koenig, Dott 1999 Église Saint-Maurice, Ebersmünster (France) Avec l’orgue de Marmoutier, cet instrument est le seul qui ait été construit par Silbermann et qui nous soit parvenu presque entièrement préservé. Il est considéré comme étant l’un des chefsd’œuvre de ce facteur formé à Paris. L’artiste nous présente des œuvres de Purcell, Böhm, de Grigny, Blow et J. S. Bach qui mettent en valeur la sonorité saisissante de cet instrument. « Sonorité excellente, acoustique remarquable. Un classique ». OEHMS Classics, OC 553

Marin Marais à l’orgue Jean-Paul Lécot Josseline et Cocquerel 1542 / Lefebvre 1740 / Henry 1832 / Rochesson 1931 / Haerpfer-Erman 1973 / Formentelli 2005 Église Notre-Dame, Caudebec-en-Caux (France) Placé dans l’un des plus beaux buffets de la Renaissance française, cet instrument (IV/P, 42 jeux, 60 rangs) se prête bien au répertoire choisi. Celui-ci consiste en des adaptations d’œuvres écrites pour différents instruments et principalement pour la viole de gambe, son instrument de prédilection. Les ressemblances présentées par le caractère des pièces de viole et celui du contenu de maints livres d’orgue de cette époque ont servi d’inspiration à l’interprète. Bayard Musique, S 373741 Wielkie Organy Bazyliki w Licheniu Karol Golebiowski Zych, 2006 (11 divisions, 157 jeux, 225 rangs) Basilique Notre-Dame, Lichen (Pologne) Les amateurs d’instruments gigantesques sont bien servis par cet enregistrement. En effet, cette basilique, construite entre 1994 et 2004, comprend pas moins que cinq orgues inaugurés en 2006 : grand orgue de tribune (IV, 81), orgue de transept (II, 52), trois divisions de 8 jeux chacune installées dans le sanctuaire pour un total de 157 jeux accessibles à partir d’une console comprenant six claviers manuels et pédalier, ce qui en fait le troisième plus grand instrument d’Europe après Passau (229 jeux) et Milan (186 jeux). Le répertoire présenté est tout français : Guilmant, Franck, Mulet, Vierne et Widor. DUX, Dux 0584 Mixtures, numéro 28, mai 2008

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L’orgue sur le web par André Côté •

Année internationale de l’orgue

Bien que la chose ne soit pas aussi publicisée que pour bon nombre de causes plus populaires, 2008-2009 a été proclamée par l’AGO (American Guild of Organists) « Année internationale de l’orgue ». À cette occasion, des événements musicaux autour de l’orgue se tiendront un peu partout, de l’été 2008 à l’été 2009 avec un point culminant, le 19 octobre. http://www.agohq.org/events/index.html

Sites personnels d’organistes québécois

Les organistes québécois sont de plus en plus nombreux à avoir leur vitrine sur Internet. À preuve, aux organistes qui ont déjà été mentionnés dans un des numéros précédents, ajoutons les sites personnels de :

De superbes photos de cet instrument et de son environnement sont disponibles sur le site Musica et Memoria : http://www.musimem.com/evreux.htm

L’orgue et ses tempéraments

Tous ceux qui portent un intérêt à la facture d’orgue et plus particulièrement à son accord, apprécieront l’application « Java Tuner » de Pierre Lewis : http://pages.globetrotter.net/roule/js/acc.htm Celle-ci permet de comprendre, de comparer, mais surtout d’expérimenter les divers tempéraments. Pour la documentation, on se référera plutôt à cette page : http://pages.globetrotter.net/roule/ temper.htm

Jacques Boucher http://jacquesboucher.org/

Ce site ramène la question « Le chant grégorien doit-il être accompagné et comment ? » : http://orgue_et_gregorien.site.voila.fr/

et Robert P. Girard http://wwww.robertpgirard.com Espérons que de plus en plus de nos confrères organistes réaliseront qu’un site web demeure un outil promotionnel important.

Orgue de la cathédrale d’Évreux (France)

Établir des ponts entre le passé et le futur, voilà ce que semble avoir tenté le facteur d’orgue Pascal Quoirin en la cathédrale Notre-Dame d’Évreux. L’orgue de 53 jeux au design résolument moderne terminé en 2006 trône dans la cathédrale qui date, elle, du XIIe siècle.

Orgue et chant grégorien

Les quelques pages de ce site ne tranchent pas la question, mais apportent des pistes de réflexion intéressantes pour qui est confronté à ce dilemme. Le lecteur y trouvera une interview, divers documents ainsi que des liens pertinents. Le texte intégral (avec liens hypertextes) de cette chronique peut être consulté à l'adresse suivante : http://pages.videotron.com/acote/

Concerts

Salon musical Monique Gendron

Monique Gendron 271, avenue McDougall (arrondissement Outremont) Montréal, QC H2V 3P3 Cours d’orgue Page 28

Téléphone: 514.270.8038

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Revue des revues par Gaston Arel et Robert Poliquin

FRANCE

SUISSE

L’orgue francophone / BULLETIN DE L’ORGUE FRANCOFFAO, 21, rue de la Liberté, 21170 Saint Jeande-Losne, France.

L’orgue / REVUE INDÉPENDANTE, François Widmer, 4 chemin de la Criblette, CH-1091 Grandvaux, Suisse.

PHONE

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N 36 — 2007 : Orgues en Pays Basque, 23 congrès de la FFAO du 9 au 13 juillet 2007 : Ouverture – Bienvenue au Pays Basque – Carte géographique – L’aventure des orgues au Pays Basque – Programme du congrès – Quelques autres instruments représentatifs – Bibliographie – Discographie – Remerciements. L’orgue francophone en bref / SUPPLÉMENT DU BULLETIN L’ORGUE FRANCOPHONE FFAO, 21, rue de la Liberté, 21170 Saint Jean-de-Losne, France. No 51 — Décembre 2007 : Concerts – Route des orgues – Stages, académies – Concours d’orgues – Festivals – Brèves de Tribunes – Nouveautés CD – Livres et partitions – Revue de revues – Vidéos, CD-Rom – Expositions – Internet –Avis de recherches – Petites annonces. Bulletin d'information de l'Association des amis de l'orgue de Versailles et de sa région / 20 rue Montbauron, 78000 Versailles, France. o

N 62 (janvier 2008) : Les vœux du Président – Le XXIème congrès de la FFAO – Anniversaires 2008 – Voyage de l’association du 13 octobre 2007 : Orgue et peinture en Île de France – Les catalogues thématiques – Les œuvres pour orgue de Liszt après 1863 – Les récitals d’orgue du mois Molière – Disques de musique d’orgue parus ou réédités entre juin et décembre 2007 – Écouté pour vous – Quelques informations. Le Tuyau / BULLETIN DE LIAISON DE L'ASSOCIATION «CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L'ORGUE», 3 rue Rémy Belleau, Montpellier, France. No 41 (1er semestre 2007) : Édito : Brigitte Alzieu — Chronique discographique — Dossier : Les expositions universelles (I) — Revue des revues — Partitions — Livres — L’église Saint-Denis a 300 ans — Orgue à identifier — Petites histoires de tribune.

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No 1/2007 — Mars 2007 : Éditorial : 10 ans déjà ! (Georges Cattin) — La dixième édition du Festival Bach de Lausanne — Création du centre de documentation organologique de la Haute École de musique de Lucerne — Courrier des lecteurs — Une visite organistique en terre broyarde — Un grand nom de l’orgue au Canada : Raymond Daveluy (I) — Un orgue helvétique en Autriche : Sankt Georg / Horn) — La chronique discographique —La Messe de la Pentecôte d’Olivier Messiaen (I) — La messe en latin ou en langue locale. No 2/2007 — Juin 2007 : Le billet d’Anne-Marie Heiniger — Jacques Handschin et l’orgue Goll (1939) d’Oberdorf BL — Le Requiem de Mozart aux Breuleux JU : sacrilège ou «coup de génie» ? — La Messe de la Pentecôte d’Olivier Messiaen (suite et fin) — L’évocation biographique : une spécialité de cette revue — Chronique discographique — Entrevue avec l’organiste-compositeur Raymond Daveluy, artiste québécois — Musique : l’université par la diversité — Nouvelles du Musée Suisse de l’Orgue. No 3/2007 — Septembre 2007 : Éditorial (Georges Cattin) — Hommage à Dante Granato — Anniversaires en musique — L’orgue Roman Steiner de Lüsslingen SO — Courrier des lecteurs — Molto barocco, molto affetto… — Le Festival Bach de Lausanne 2007 — Entrevue avec l’organiste-compositeur Raymond Daveluy (suite et fin) — L’orgue de Courfaivre JU sort de l’ombre… — L’ISO vient de fêter son 50e anniversaire — Chronique discographique. No 4/2007 — Décembre 2007 : Messiaen, Langlais, Kagel et les autres — La musique, c’est bon pour le cerveau ! — In Memoriam Bertrand Kissling — Reflets du Festival de musique improvisée de Lausanne — Charles Haenni : les contours se dessinent — Projet d’orgue de chœur italien à la basilique de la Trinité à Berne — Anniversaires en musique — L’orgue — Églises, orgues et architectes — Chronique discographique.

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La Tribune de l’orgue / REVUE SUISSE ROMANDE , Guy Bovet, CH-1323 Romainmotier, Suisse. 59e année, No3 2007 : Éditorial — Un petit « Callinet » au temple de Giez — Un tour en Belgique (I) — Le quart d’heure d’improvisation — Registrations françaises du classicisme à la révolution (I) — Le tempérament musical, inspirateur de philosophes et écrivains — Orgues nouvelles, restaurées — Dix-huitième année de la TDLO — Les voyages de M. Philéas Fogg — Actualité : disques, partitions, livres, des sites internet utiles, divers, courrier des lecteurs, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concert, communications de l’AOR. 59e année, No4 2007 : Éditorial — Le Fernwerk : l’orgue à la conquête de la spatialité (1) — Un tour en Belgique (II) — Registrations françaises du classicisme à la révolution (II) — Le tempérament musical, inspirateur de philosophes et écrivains — Encore les cantiques nouveaux (II) — Marie Dufour : quelques souvenirs d’une musicienne — D’étonnantes archives — Les voyages de M. Philéas Fogg — Actualité : disques, partitions, livres, divers, courrier des lecteurs, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concert, communications de l’AOR. ITALIE Arte organaria e organistica / Casa Musicale Edizioni Carrara, Via Calepio, 4 – 24125 Bergamo, Italia. o

Anno XIV, N 64 (Luglio-Settembre 2007) : Il canto del cigno : L’organo Sharp della Concert Hall, Sydney Opera House — Il suono spezzato : Ricordo di Emilio Traverso, organista e clavicembalista — Perfeziona da manuale : L’organo costruito da Giuseppe Serassi nel 1774 per il Duomo di Guastalla — Una battaglia già vinta : L’organo Feligiotti della Badia di S. Bartolomeo Apostolo di Anghiari (Ar) — Buxtehude : Strumenti d’epoca — Gli organi di Dietrich Buxtehude — Il libero volo della fantasia — Il fecondo rapporto tra l’arte geniale di Buxtehude — Ingegnosi affreschi sonori — Le Choralfantasien per organo. Anno XIV, No 65 (Ottobre-Dicembre 2007) : Una rivoluzione in suoni : Il nuovo organo Ruffatti per la Cattedrale di Aguascalientes in Messico — Uno strumento da esposizione : L’organo Adriano Verdi 1888 della Chiesa di S. Michele Arcangelo di Argelato (Bo) — Sonarità antiche : L’organo Zanin del Duomo di Gorizia– Gli Organi dell’Esposiziona Internazionale di Musica di Bologna del 1888 – Fiat sonus ! — L’organo come creazione musicale del mondo — Genio, gusto e cultura — Alessandro Scarlatti e la formaziona tastieristica nell’ambito della «Scuola Napoletana».

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CANADA Organ Canada / Orgue Canada / Journal trimestriel du Collège royal canadien des organistes (RCCO / CRCO) September 2007 – Vol 20 No 3 : Latry at the Winspear — President’s Message — Organ Festival on the Grand — From the Archivist’s Quarry — Positions available — An Organ Tour of Germany — Hindsight — Godfrey Hewitt Scholarship — Sixteenth Notes — Organ Crawl — Inspiration at Windspiration. December 2007 – Vol 20 No 4 : « Rescued » Kney Organ at St. John the Evangelist Anglican Church, Kitchener — President’s Message — Keith Hoipkins : A Personal Remembrance — From the Builders — Hindsight — An Organ Miniature — Church Positions Available — Sixteenth Notes — Buxtehude in Montreal : the 2007 McGill Summer Organ Academy — New Grants and Awards Program. QUÉBEC Bulletin des Amis de l’orgue de Québec (disponibles à www.amisorguequebec.org) Avril 2007 – No 109 : Mot de la coordonnatrice — Échos de nos concerts — Lu pour vous — Festivals printaniers — Nécrologie — Nouvelle brève — Mot de la fin. Novembre 2007 – No 110 : Mot de la coordonnatrice — Retour sur les derniers concerts — Quelques concerts d’orgue à venir — Nouvelles brèves d’ici et d’ailleurs — Sur le web — Nécrologie — Petites annonces —Discographie — Écouté pour vous — Mot de la fin. Février 2008 – No 111 : Mot de la coordonnatrice — Échos de nos activités — Les années 1850 à Québec, malheureuses méconnues de l’histoire musicale — Quelques concerts d’orgue — Inventions, quand tu nous tiens… — Échos et nouvelles brèves — Nouveautés discographiques — Lu pour vous — Mot de la fin. Notes d’agrément / BULLETIN DE LIAISON DES AMIS DE L’ORRIMOUSKI

GUE DE

Novembre 2007 – Vol 13 No 1 : Le Conservatoire accueille le premier concert des Amis de l’orgue — Une saison diversifiée et des lieux à explorer— La croisière s’amuse— Les concerts de la saison 2007-2008. Décembre 2007 – Vol 13 No 2 : Prélude à la Nativité : thème du concert de Denis Gagné — Le CD a 25 ans ! — Un lancement de disque aux Amis de l’orgue

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Cathédrale Sainte-Anne La Pocatière, QC. Guilbault-Thérien, Opus 11, 1974 Ajout d’un système d’accouplement NouvelOrg : Ateliers Guilbault, Bellavance, Carignan, 2008 3 claviers de 58 notes pédalier de 32 notes 15 jeux / 19 rangs Traction mécanique


Mixtures #28, mai 2008  
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