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Numéro 27

Novembre 2007

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org


Congrès FQAO Québec et Côte-de-Beaupré 11-12 août 2008 Conférences — Récitals — Visites

À inscrire à votre agenda immédiatement (détails à venir )


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

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Comité de rédaction Claude Beaudry, Irène Brisson, Noëlla Genest, Michelle Quintal, Robert Poliquin Collaborateurs à ce numéro Josée April, Gaston Arel, Irène Brisson, Paul Cadrin, André Côté, Marc-André Doran, Robert Ducharme, René Fréchette, Francis Gagnon, Réal Gauthier, Claude Girard, Robert Poliquin, Michelle Quintal, Hellmuth Wolff, Martin Yelle

Présentation Les organistes

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Denis Regnaud, organiste, claveciniste, professeur, réalisateur et pianiste (2e partie et fin) Rolande Falcinelli (1920-2006) Les congrès/conférences/concours

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Concours international d’orgue du Canada 2008 Académie estivale d’orgue McGill 2007 Concours d’orgue de Québec 2008 Les instruments

Révision Jean-Paul Saint-Germain, Gérard Mercure

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Les récitals

Impression Les Impressions MOF Paraît deux fois par année : mai et novembre Prix : 5 $ par numéro

Le positif du Palais Montcalm à Québec

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Fin d’une intégrale Bach Concert-bénéfice à Notre-Dame-du-Cap Les chroniques

Date de tombée : 1er du mois précédent

22 Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1 Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, avenue d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Novembre 2007 ISSN 1201-5741 Mixtures, numéro 27, novembre 2007

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Anniversaires en musique Ici et là, au Québec... - Montréal - Mauricie - Sherbrooke - Drummondville - Saint-Hyacinthe Publications L’orgue sur le web Revue des revues

En couverture : Orgue Wolff, opus 24, 1981 37 jeux, 51 rangs Traction mécanique Salle Redpath, Université McGill Montréal, QC

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Présentation Pour certaines sociétés de concerts membres de notre Fédération, l’automne marque la fin de leurs activités saisonnières mais pour d’autres, la même période signale le début d’une autre saison d’activités ainsi que la mise en marche des préparatifs en vue de manifestations, concerts et célébrations qui entoureront la fête de Noël. Déjà le calendrier se remplit nous offrant un choix d’intéressantes occasions pour apprécier tant le talent de nos artistes que le répertoire et ce, dans toutes les régions du Québec. La saison estivale nous a permis d’assister, à Montréal, sous la direction de John Grew, à une autre édition de l’Académie estivale d’orgue McGill dont les invités tous aussi prestigieux les uns que les autres nous ont honorés de leur enseignement ainsi que par leurs prestations magistrales sur les différents instruments de la métropole. Cette même saison a aussi vu la fin d’une intégrale Bach, réalisée par Marc-André Doran et Réal Gauthier, sur les orgues de l’église de l’Immaculée-Conception et celle de la Visitation. La région de la Mauricie n’est pas en reste puisqu’elle a pu assister à la création d’une œuvre de Philippe Bournival, écrite pour orgue, trompette, cor anglais et cordes, donnée dans le cadre des Concerts bénéfice à la basilique Notre-Dame-du-Cap pendant qu’à Drummondville, le Mondial des Cultures a fait découvrir et apprécier l’orgue. L’année 2007 ne peut se terminer sans souligner les événements organisés pour marquer les différents anniversaires de naissance ou de décès. Comment ne pas mentionner l’intégrale Buxtehude réalisée par Parick Wedd à l’orgue Wilhelm de la cathédrale Christ Church, de Montréal, et que dire aussi des nombreux enregistrements d’organistes québécois réalisés ou publiés au cours de l’été. On pourra s’en rendre compte en consultant la rubrique « Publications » de ce numéro : une preuve supplémentiare de la qualité de nos organistes, de nos instruments et somme toute, de la vitalité du monde de l’orgue au Québec. L’année 2008, qui vient à grands pas, nous apportera son lot de manifestations à grand déploiement, que ce soit, en juin, la cinquième édition du Concours d’orgue de Québec, en juillet, le Concours international d’improvisation qui se tiendra à Kitchener (Ontario), et en octobre, la première édition du Concours international d’orgue du Canada qui aura lieu à Montréal. Quant à la FQAO, elle tiendra son congrès national les 11 et 12 août dans la région de QuébecCôte-de-Beaupré et ce, dans le but de souligner le 400e anniversaire de la ville de Québec et le 350e anniversaire du sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré. La présente édition rend un deuxième hommage à Denis Regnaud par la publication de témoignages rendus par différents musiciens qui l’ont côtoyé. Dans un autre texte, hommage est rendu à une grande artiste, compositrice et pédagogue française, peut-être méconnue au Québec, qu’était Rolande Falcinelli, décédée en 2006. Ce numéro de Mixtures marque le début d’une deuxième année pour la nouvelle équipe. Après avoir introduit un nouveau format et une nouvelle présentation, elle annonce qu’à la suite de la réception de commentaires, il a été décidé de reporter la publication du numéro printanier d’avril à mai afin de permettre aux sociétés de concerts de finaliser les derniers détails de leurs séries estivales et de pouvoir les annoncer. L’équipe se réjouit de la venue d’un nouveau collaborateur en la personne de Robert Ducharme qui sera responsable de nous informer de ce qui se passe dans la région de Montréal. On rappelle à nos membres que l’information apparaissant dans la rubrique « Revue des revues » permet à tous d’être informés sur ce qui se publie dans d’autres bulletins et magazines consacrés à l’orgue. Si un article mentionné vous intéresse, n’hésitez pas à communiquer avec la rédaction de la revue qui se fera un plaisir de vous fournir des précisions supplémentaires. Quant à la rubrique « Publications », elle est ouverte à tous les organistes qui désirent y annoncer la sortie d’un disque ou d’un livre. Robert Poliquin coordonnateur

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Denis Regnaud

organiste, claveciniste, professeur, réalisateur et pianiste (2e partie)

par Michelle Quintal

« C’est à tort, quelquefois, que l’on s’imagine que la mort est prématurée. Certains êtres sont marqués par le destin de telle manière que la vie, pour brève qu’elle soit, est pourtant complètement achevée. » (Rainer Maria Rilke)

Témoignages J’ai eu le plaisir de faire sa connaissance à Vienne, vers 1970, durant ses études avec Anton Heiller. Personnage très attachant, durement touché par différentes épreuves, il trouvait sa force dans la musique et dans la fidélité à ses amis. À l’occasion du tricentenaire de la naissance de Bach, il m’avait invitée à collaborer, comme rédactrice et coanimatrice, à une série hebdomadaire de trente émissions consacrées à l’orgue du grand maître : des moments de pur bonheur pour moi que de le voir, d’un calme toujours olympien, travailler à la « mise en boîte » de ces petits bijoux enregistrés par différents organistes québécois. Irène Brisson, organiste à l’église anglicane St-Michael (Sillery), professeure retraitée du Conservatoire de Québec

Il était une fois… Une Académie, Haarlem, où le trio Alain-Heiller-Tagliavini dispensait un enseignement révolutionnaire. La musique s’y abordait sous d’autres angles et l’on se penchait sur la musique selon des critères. Les textes anciens, la musicologie, la théologie bénéficiaient d’une attention plus que respectueuse. Il y avait connexion avec la Belle Province. Les Lagacé expédiaient leurs élèves dans le vieux continent. Ainsi Denis Regnaud. Retour aux sources avec destinations Vienne ou Paris. L’enthousiasme de la découverte et de la rencontre forge de solides amitiés.

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Nous nous trouvons dans l’après-mai 68. Tout était permis, les interdits mis en veilleuse, les espoirs illimités. L’apport canadien illustrait particulièrement ces licences et Denis Regnaud, qui voyait si mal mais qui souriait si généreusement, illustre admirablement les découvertes qui jalonnèrent ces années, où le Festival International des Jeunes Organistes que j’avais institué en Suisse (Bienne) me permit d’accueillir les brillants disciples du trio Alain-Heiller-Tagliavini, dont Denis Regnaud, puis dans le cadre du Concours Suisse de l’orgue, organisé annuellement avec Guy Bovet, depuis 1985, de bénéficier encore de l’apport canadien à plusieurs reprises (Ce concours n’existe plus depuis 2002. S’y étaient présentés, entre autres, Réal Gauthier, Sylvain Barrette qui y a obtenu le 2e prix). Denis ne se plaignait pas de son handicap. Il regorgeait d’histoires savoureuses et, assis à la console de l’orgue, arrivait à faire oublier le mal qu’il avait eu à mémoriser les pages ardues qu’il restituait avec une musicalité à la hauteur de sa richesse humaine. Nous nous sommes un peu perdus de vue. On remet à plus tard. C’est une erreur que je regrette particulièrement dans le cas de Denis : nul ne sait, ni le jour, ni l’heure, ainsi pour Denis. Bernard Heiniger, organiste à Bienne

Au sein des comités de la faculté, Denis Regnaud était respecté et écouté, ses remarques étant pertinentes. Musicien très raffiné, perfectionniste, excellent pédagogue, il fut fortement influencé par l’enseignement d’Anton Heiller. Tous lui reconnaissaient un très bon sens de l’humour; il était aussi discret et réservé. Tout en ayant une grande connaissance du répertoire de l’orgue, Denis accordait une place privilégiée à la musique italienne. C’est lui qui a louangé mon premier orgue et l’a fait connaître à Antoine Reboulot. Massimo Rossi, professeur titulaire de la Faculté de musique de l’Université de Montréal de 1964 à 1998, spécialiste en écriture musicale et organographie

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À Vienne, il y a 40 ans, j’ai eu le bonheur de connaître Denis Regnaud : lui, arrivant du Québec pour commencer ses études de perfectionnement en orgue chez Anton Heiller, moi tout juste à la fin de mes études et au début de mon enseignement à l’Académie de musique à Vienne où j’étais aussi l’assistant du prestigieux Anton Heiller. Je me souviens avec grand plaisir de notre travail sur l’interprétation des Variations sur un récitatif op. 40 de Schoenberg, de l’assiduité avec laquelle il consultait toujours sa partition en braille, de la rapidité avec laquelle il réagissait à mes suggestions à la suite de mes associations avec Pierrot lunaire, avec L’échelle de Jacob ou les Variations pour orchestre du même compositeur. Impressionnant! (Denis Regnaud a joué cette œuvre pour Ars Organi à l’Oratoire St-Joseph en 1970). Autre souvenir : en travaillant le premier mouvement de la 4e Sonate en trio de J. S. Bach, Denis avait soudainement inversé les deux mains. Sans se rendre compte de son erreur, apparemment il suivait mentalement le discours de chaque voix et non pas mécaniquement les « doigtés » appris. « Zut alors » s’exclama-t-il en riant lorsque je l’ai interrompu après plusieurs mesures. J’étais stupéfait. En avril 2005, on s’était retrouvé dans un restaurant viennois avec sa charmante compagne Annick, on avait parlé de musique et aussi de sa maladie. En me quittant, il m’avait fait cadeau de son CD de piano, bijou dont il était content et heureux. Quel bonheur d’avoir été l’ami non seulement d’un excellent musicien mais aussi d’un homme vrai, touchant, drôle et profond. Michael Radulescu, professeur à l’Académie de musique de Vienne, concertiste, compositeur et musicologue

Denis Regnaud a été pour moi camarade de classe, professeur, collaborateur et ami. Retournant aux études dans la trentaine à la Faculté de musique de l'Université de Montréal, je me suis trouvée dans la classe de piano de Gilles Manny avec des camarades plus jeunes que moi, parmi lesquels Denis Regnaud; nous le taquinions sous le prétexte que l'organiste qu'il était ne pouvait sûrement pas rendre les subtilités sonores d'un Debussy! Poursuivant des études à demi-temps, j'étais toujours à la Faculté lors du retour de Denis de Vienne; entretemps, j'avais rencontré le clavecin et Denis devint mon professeur. Avec sa parfaite honnêteté intellectuelle, il était en constante recherche et, pendant les cours, nous cherchions ensemble le bon toucher, le bon doigté, la bonne articulation pour l'interprétation de ce répertoire que l'on redécouvrait alors. Lorsqu'il fut réalisateur à Radio-Canada, nous fîmes une série d'émissions sur l'orgue en Nouvelle-France; quelle émotion de réentendre sa voix dernièrement sur les enregistrements que nous en avions

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faits. Après des années au cours desquelles nous nous sommes perdus de vue, le destin m'a donné la joie de passer une heure inoubliable avec l'ami retrouvé, une semaine avant qu'il ne quitte cette terre. Annik me donna alors le disque de piano qu'elle avait encouragé Denis à enregistrer, le fruit d'une ultime recherche. Le lendemain au téléphone, il avait l'air tout content d'entendre son ancienne étudiante lui dire tout le bien qu'elle en pensait : toutes les nuances de la palette sonore du piano y étaient. Dans mon esprit, avant d'être organiste, claveciniste ou pianiste, Denis Regnaud reste un musicien. Élisabeth Gallat-Morin, musicologue et claveciniste

La lucidité visionnaire de Denis Regnaud Le départ de Denis Regnaud en juin 2006 a laissé pour nous tous un vide considérable. La sérénité et la rigueur intellectuelle de cet homme hors du commun nous ont tous un peu marqués dans nos carrières respectives. Pour ma part, j'ai pu profiter de ses conseils de maître, autant à l'Université de Montréal que comme réalisateur de Radio-Canada à Moncton et plus tard chef des émissions de musique classique à la Chaîne Culturelle. Quel homme d'envergure! Ma première rencontre avec Denis Regnaud remonte à la fin des années soixante à l'église conventuelle Saint-Albert-le-Grand où j'entendis cette façon unique qu'avait Denis Regnaud de toucher l'orgue. Je me suis discrètement approché de l'orgue et nous nous sommes parlé, sans plus. Je l’ai retrouvé à l’Université de Montréal où dès les premières leçons il me rassurait tout en m'incitant au dépassement. Quelle motivation! Cette rencontre avec Denis Regnaud m'a inspiré dans toute ma carrière, y compris dans ma folle aventure du Festival international de musique baroque de Lamèque, fondé à mon retour en Acadie en 1976. Denis Regnaud savait donner confiance à tous. Bâtisseur, il a cru aux projets et aux talents. J'ai retrouvé Denis à Moncton lors de sa nomination comme producteur réalisateur à Radio-Canada. En tant qu'interprète, il a rehaussé les humbles prestations offertes au public de l'époque. Par la suite, il nous a lancés dans une immense aventure en nous proposant des co-productions avec le claveciniste Scott Ross de regrettée mémoire, Colin Tilney, Nigel Rogers ainsi qu'un ensemble français gracieusement nommé La Forlane. Son départ de Moncton nous a désolés mais lorsqu'il fut directeur des émissions musicales à Radio-Canada, cela a changé la donne du rayonnement de notre festival, d'où l'implication de Denis Regnaud au sein de la communauté des radios publiques de langue française. Il a eu la finesse et la

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générosité de présenter quelques-uns des merveilleux concerts du festival de Lamèque sur tous les réseaux européens. Il a aussi offert ces productions au réseau de Radio-Canada. Il a aidé à ce que Lamèque devienne un pôle important de la musique ancienne en Acadie et au Canada. Mathieu Duguay, fondateur du Festival de musique baroque de Lamèque

Notre première rencontre remonte à 1985, à RadioCanada. Avec Jacques Boucher, en charge d’une chaîne culturelle alors en plein essor, nous mettions au point un programme radiophonique commun entre le Canada et la France. Très rapidement, des liens se sont tissés entre nous, qui ne se sont jamais démentis au fil de nos réunions de travail et de nos rencontres amicales. Denis frappait de prime abord par son élégance, celle d’un dandy. Mais ne nous y trompons pas : cette élégance n’était rien d’autre que le reflet d’une autre élégance, intérieure, celle-ci, celle de la pensée et du cœur. Cette extrême finesse, ce comportement réfléchi si remarquable à quiconque l’approchait (j’en puis témoigner), et même son apparente lenteur, étaient le signe d’une pensée exigeante. Toujours à l’écoute attentive des autres, de la vie. Mais opérant la synthèse du vécu et ne se décidant que pour l’essentiel, dans la résolution mûrement méditée et affirmée. En cela, il savait concilier l’autorité de l’intelligence et les doutes de l’âme sensible, et sans doute, sa cécité, assumée, au point de ne rien laisser paraître, dans la plus grande dignité, a-t-elle contribué à l’intériorisation de son expérience. Artiste subtil et inspiré, homme d’une vaste culture et d’une admirable probité intellectuelle, il était de la petite famille des êtres qui comptent dans la vie de ceux qui ont eu le privilège de le côtoyer. Et peut-être même, j’ose l’espérer, de mériter un peu de son amitié. Gilles Cantagrel, organiste, écrivain, réalisateur

Entendre prononcer le nom de Denis Regnaud fait surgir en moi, et en tous ceux qui l’ont connu à la Radio Suisse Romande, une quantité d’images et de souvenirs où la musique n’était jamais absente, même dans des tâches que nous jugions parfois un peu trop administratives… Je garderai de Denis l’image d’un homme d’une grande finesse, d’une force de la nature à sa manière, envers et contre tout, et d’un vrai humaniste, plein d’attention et de bonté, qui n’a eu de cesse de tout mettre en œuvre pour faire partager ses passions parmi lesquelles la musique tenait la première place

Denis Regnaud, lumière et distinction La carrière de Denis Regnaud lui a permis de rayonner comme interprète, professeur et radiodiffuseur. Le professeur a principalement œuvré au sein de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, à laquelle il est demeuré attaché jusqu’à son décès en 2006. Il fut fidèle à ses collègues et à ses étudiants, qui furent au cœur de sa mission pédagogique, tout autant qu’à l’esprit facultaire. Cet héritage intellectuel et artistique reçu et nourri à la Faculté a aussi été source d’angoisses pour le radiodiffuseur, qui devait adapter ses réflexions et sa pensée artistique au rythme quotidien et intangible de la radiophonie. L’interprète qui s’est principalement exprimé à l’orgue – sa discographie en témoigne – jouait avec un égal raffinement le clavecin et le piano. Je soupçonne qu’il avait, au-delà de tout, souhaité être pianiste. Nos échanges nombreux me suggèrent cette affirmation. Ce souhait fut en partie réalisé dans la dernière étape de sa vie, trop brève, lorsqu’il se remit à l’étude du piano et par l’enregistrement d’un disque tout aussi révélateur qu’éloquent de son toucher pianistique. Sa diction aux claviers de l’un ou l’autre des instruments dont il fut entouré favorisait la transparence, et une suprême distinction. Elle révélait, en fait, l’humain à la recherche d’un absolu artistique mais souvent torturé par les itinéraires empruntés. Denis Regnaud, radiodiffuseur, a voulu d’une antenne qui témoigne avec fidélité de la vie musicale des régions du pays. Son séjour comme réalisateur en Acadie a été source d’émotions riches, de rencontres marquées par cet accent qui chante et qui sait émouvoir. Il est devenu un fils de l’Acadie et resta attaché et fidèle aux gens qui l’ont accueilli avec affection. À Montréal, ses travaux de réalisateur et de directeur des émissions musicales au sein de la Chaîne culturelle de la radio française de RadioCanada auront, comme producteur, porté sur la diffusion de l’orgue, ses interprètes et son répertoire. Puis à la direction de l’antenne, dans l’esprit de la programmation déjà en place, Denis a travaillé sur l’intensification des liens déjà établis avec le milieu musical de chez-nous. Il a aussi souhaité intensifier la diffusion de concerts en direct dans des lieux excentrés de Montréal et des villes canadiennes où la radio assure une présence constante. En juin 2006, nous avons dit adieu à un être d’exception. Jacques Boucher Doyen de la Faculté de musique de l’Université de Montréal Titulaire du grand orgue de Saint-Jean-Baptiste de Montréal

François Page, Radio Suisse Romande Mixtures, numéro 27, novembre 2007

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Vous désirez connaître où et quand ont lieu des concerts d’orgue au Québec? Visitez notre site internet où les informations sont affichées sous format calendrier www.fqao.org/concerts.html


Rolande Falcinelli (1920-2006) par Claude Girard Rolande Ginabat dit Falcinelli, organiste française de réputation internationale, s’est éteinte à Pau le 11 juin 2006 à l’âge de 86 ans. Elle naît à Paris le 18 février 1920 d’une famille profondément marquée par les arts. Par ses peintures, son grand-père Louis-Napoléon Falcinelli a connu ses heures de gloire au début du XXe siècle. Elle entre au Conservatoire de Paris en 1932 et se perfectionne auprès des plus grands maîtres du temps : Isidor Philipp et Yves Nat (piano), Abel Estyle (accompagnement), Marcel-Samuel Rousseau (harmonie), Simone Plé-Caussade (fugue) et Henri Büsser (composition). Au fil des années, elle remporte de nombreux premiers prix, mais le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale vient changer son orientation musicale. En effet, plusieurs professeurs quittent Paris à cause des hostilités et, comme la classe de piano est dissoute temporairement, elle passe du piano à l’orgue, ce qui constitue à la fois pour son entourage, un choc et une révélation. Elle travaille d’abord avec Gaston Litaize puis s’inscrit dans la classe d’orgue et d’improvisation de Marcel Dupré où elle décroche quelques années plus tard un premier prix (1942) puis un second grand prix de Rome de composition. La même année, elle est la première femme à décrocher le prix Rossini avec son oratorio La Messiade. Comme on le sait, Marcel Dupré est une figure dominante dans le monde de l’orgue au XXe siècle. Son plus bel héritage, il le lègue à ses élèves. En effet, durant toute sa carrière, il forme une pléiade de brillants organistes et leur transmet le meilleur de ses connaissances. En 1945, une fois la guerre terminée, les jeunes organistes du Conservatoire sont fébriles et prêts à relever n’importe quel défi. Même si Dupré est souvent parti en tournée de concerts à l’extérieur, sa classe d’orgue continue de fonctionner « à plein régime ». Il est extraordinaire de constater le niveau élevé de la classe d’orgue : Jeanne Demessieux (1920-1968) avec ses Six Études pour orgue et Rolande Falcinelli avec ses Quatre Poèmes-Études op. 26 perfectionnent pendant plusieurs années une technique à toute épreuve et ces œuvres demeurent encore aujourd’hui un sommet insurpassé de la virtuosité organistique! En concert, Demessieux et Falcinelli se relancent en s’échangeant leurs œuvres puis ajoutent à leurs programmes des œuvres redoutables de leur maître Dupré comme la 2e Symphonie en sol mineur op. 26 (1929), la Suite en fa mineur op. 39 (1944) ou les Deux Esquisses op. 41 (1945). À ces organistes talentueuses, s’ajoutent les noms de Pierre Labric (1922-), Pierre Cochereau (1920-1984), Françoise Renet (1924-1995), Suzanne Chaisemartin (1921-), Marie-Claire Alain (1926-) et un peu plus tard, le surdoué Jean Guillou (1930-). Pierre Labric, cette « machine humaine bien rodée » a enregistré de nombreux disques, en particulier des œuvres de Mixtures, numéro 27, novembre 2007

Jeanne Demissieux au grand-orgue Cavaillé-Coll de Saint-Sernin de Toulouse (Musical Historical Society, 1972). Ses Six Études pour orgue sont interprétées avec une virtuosité impeccable et demeurent un point de référence par son exécution quasi parfaite. En 1946, Rolande Falcinelli est nommée organistetitulaire à la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, poste qu’elle occupe jusqu’en 1975. Elle est aussi professeure d’orgue au Conservatoire américain de Fontainebleau de 1948 à 1955 et à l’École normale de musique de Paris de 1951 à 1955. À cette époque, elle donne en concert à la Salle Pleyel l’intégrale de l’œuvre pour orgue de Marcel Dupré en 6 concerts. Voici ce que dit Marcel Dupré de son élève à la suite de ces concerts: « Après avoir entendu mes œuvres exécutées par Rolande Falcinelli, je puis déclarer qu’elle est la parfaite interprète. Indépendamment de son éblouissante et impeccable technique, ses mouvements, ses tempi, sa registration, toute son exécution est, en un mot, l’expression exacte de ma pensée. » Cependant, un événement particulier vient changer le cours de sa carrière musicale. En 1954, à la suite du décès subit de Claude Delvincourt, Marcel Dupré lui succède comme directeur du Conservatoire de Paris. Page 9


Rolande Falcinelli hérite alors du poste de professeure de la classe d’orgue et d’improvisation au Conservatoire national de Paris, poste qu’elle occupe jusqu’en 1986. Dupré fait d’elle sa candidate de choix à cause de sa prodigieuse technique et sa solide formation musicale. Elle représente selon lui la continuité de la grande tradition française de l’orgue dont elle est l’héritière privilégiée. Son attachement indéfectible aux concepts techniques et organologiques de son maître ne se fit pas sans encombre ni critique. Mais convaincue du bien-fondé de ses choix, elle poursuit dans cette ligne de pensée et forme pendant ses trente-deux années d’enseignement au Conservatoire une élite d’organistes de fort calibre (soixante-six premiers prix!) entre autres : Jean Guilllou, Yves Castagnet, Philippe Lefebvre, Naji Hakim, JeanPierre Leguay, Odile Pierre, Pierre Pincemaille, Daniel Roth, Thierry Escaich, Louis Robilliard, Sophie-Véronique Choplin. Sa conception moderne de l’orgue fut axée non seulement sur la parfaite maîtrise des mains et des pieds, mais aussi sur la recherche d’une émotion musicale juste et sobre. Comme concertiste, Rolande Falcinelli effectue de nombreuses tournées en Europe (France, Angleterre, Écosse, Suède, Belgique, Allemagne, Italie), aux États-Unis et au Canada. Partout, elle séduit son auditoire par ses interprétations mûries et inspirées, en plus de ses improvisations dans la plus grande tradition française. Elle est l’une des rares organistes à donner un récital entièrement consacré à l’improvisation sur des thèmes donnés (octobre 1983 à l’église Saint-Louis- des-Invalides à Paris). Organiste, improvisatrice et pianiste, Rolande Falcinelli est aussi compositrice. Elle veut faire vivre l’orgue du XXe siècle dans la ligne des conceptions révolutionnaires amorcées par son maître Marcel Dupré, et poursuivies plus tard par son élève, Jean Guillou. Ses œuvres pour orgue témoignent d’une constante novation du langage et de la technique de l’instrument. Son catalogue d’œuvres musicales est considérable, il comprend 80 numéros d’opus composés entre 1938 et 1971. On y trouve non seulement 23 œuvres pour orgue seul mais aussi une multitude de pièces pour piano, clavecin (Memorial Mozart op. 35), orchestre, musique de chambre, instruments divers (flûte, violoncelle…), chœurs (Messe de Saint-Dominique pour chœurs mixtes a cappella op. 25) et même un ballet (Cecca, la Bohémienne ensorcelée op. 22)! On retrouve dans sa musique des éléments de musique orientale, attribuables à sa mère qui a séjourné quelques temps en ExtrêmeOrient, ce qui marque la culture familiale de manière indélébile.

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Quant à la discographie, Rolande Falcinelli commence en 1968 l’enregistrement de l’intégrale de l’œuvre pour orgue de Marcel Dupré à son auditorium de Meudon, sur étiquette Edici (ED 001 101, 3 microsillons). Malheureusement, son projet reste inachevé et les disques (vinyle) ne sont plus disponibles. Les autres disques compacts de Dupré sur le marché sont : Œuvres pour piano et orgue (REM 1977), Le Chemin de la croix op. 29 (1981) (Solstice 2001/SOCD 193/4, 3 CD) The Art of Rolande Falcinelli (Festivo 2962.062, 1 CD), Rolande Falcinelli, interprète du XXe siècle (Hortus 2006). Dans son catalogue, Organ Historical Society (OHS) mentionne deux disques compacts : Women Organists of Paris (IFO CD-7006), French Symphonic Organ Tradition, Marcus Torén, organiste (IFO-129). Selon son élève Philippe Brandeis : « …pas moins de cinq disques compacts parus ces dernières années permettent d’entendre ou de réentendre des enregistrements de concerts alors que la réédition de ses pièces d’orgue ou de musique de chambre est largement entamée ». La somme de ses compositions est considérable mais, par contre, on devra laisser passer du temps, beaucoup de temps avant de comprendre et d’assimiler son langage musical. Peutêtre qu’un jour on verra apparaître une intégrale pour orgue (et d’autres intruments) sur CD avec partitions disponibles. En terminant, dommage que son décès soit passé inaperçu au Québec, un peu comme celui de Marcel Dupré en 1971… Quelques œuvres pour orgue : - Tryptique op. 11 (1941) - 5 Chorals sur l’Antienne du Magnificat du SaintSacrement op. 28 (1950-1951) - Missa brevissima op. 69 (1956-1985) - Messe pour la Fête du Christ-Roi op. 38 (1959-1960) - La Cathédrale de l’Âme op. 39 (1962-1972) - Mathnavi d’après le poème mystique d’Ubrahim Arâqui op. 50 (1973) - Miniatures persanes op. 52 (1974) - Méandres op. 67 No 2 (1983) - Sonatina per Scherzare op. 73 (1983)

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Le Concours d’orgue international du Canada 2008 par René Fréchette Les amateurs de musique d’orgue ont de quoi célébrer car du 8 au 17 octobre 2008, un nouvel événement verra le jour dans la métropole. Le Concours international d’orgue du Canada (CIOC) regroupera une sélection d’organistes venus des grandes écoles de formation à travers le monde. Voilà un rendez-vous qui offrira une compétition relevée, des concerts de haut calibre et des activités mettant l’orgue en vedette. L’origine du projet John Grew, organiste et professeur à l’Université McGill, en rêvait depuis des années. Fort de son expérience à l’Académie estivale d’orgue et de sa participation comme juge à plusieurs concours, il a décidé de lancer l’idée de mettre en place une compétition internationale à Montréal. Sa rencontre avec E. Noël Spinelli, grand amateur de musique et homme d’affaires reconnu pour la qualité de son engagement, aura fait le reste. Il ne faut pas oublier le succès du projet de restauration de l’orgue des Saints-Anges de Lachine qui a aussi inspiré les fondateurs de l’événement. Depuis 2005, une solide équipe d’administrateurs et de mélomanes s’est jointe à eux pour développer le projet qui s’ajoutera au calendrier annuel des grands rendez-vous musicaux de Montréal. L’équipe E. Noël Spinelli C.M. préside le conseil d’administration formé de Gérard Coulombe C. R., Maurice Forget C.M., Joan Ivory, Père Fernand Lindsay c.s.v., Bertin Nadeau, Sabine Pletat et Yvonne Zacios. La direction générale est assumée par René Fréchette, longtemps associé au Mondial des Cultures de Drummondville. Cette équipe solide et crédible s’implique activement dans l’ensemble des démarches visant à concrétiser le projet. Jury et prix Le jury international qui attribuera les prix regroupe neuf personnalités prestigieuses, toutes des figures de proue dans le monde musical. John Grew présidera les délibérations de cette impressionnante équipe formée de Marie-Claire Alain et Gilles Cantagrel de France, James David Christie et James Higdon des États-Unis, Hans-Ola Ericsson de Suède, Tong-Soon Kwak de Corée, Mireille Lagacé de Montréal, Ludger Lohmann d’Allemagne et Gillian Weir du Royaume-Uni. Ils attribueront des prix totalisant 65 000 $ en argent, une Mixtures, numéro 27, novembre 2007

entente de gestion de carrière de 2 ans avec l’agence américaine Karen McFarlane et l’enregistrement d’un CD. La programmation Les organistes ont jusqu’au 1er février 2008 pour soumettre leur candidature. La limite d’âge des concurrents a été fixée à 35 ans. Un premier jury fera l’analyse des dossiers à partir d’enregistrements pour sélectionner un maximum de 16 concurrents qui se présenteront à Montréal en octobre 2008. La première épreuve aura lieu à Immaculée-Conception (Beckerath 1961) la deuxième à Saint-Jean-Baptiste (Casavant 1914) et enfin la finale sera présentée à la Basilique Notre-Dame (Casavant 1891). Quant au répertoire, la première épreuve portera sur les 17e et 18e siècles avec un accent sur la musique de Johann Sebastian Bach et la deuxième sur le répertoire des 19e et 20e siècles. Olivier Messiaen sera alors à l’honneur puisque 2008 sera l’année commémorant le centenaire de sa naissance. En finale, cinq organistes présenteront un récital de 60 minutes composé de pièces de leur choix. Pour connaître les pièces imposées, visitez la section Concours du site Internet du CIOC, volet règlements officiels. Des membres du jury offriront des récitals sur d’autres orgues pendant leur séjour à Montréal, la direction du CIOC en fera l’annonce ultérieurement. D’autres activités s’ajouteront à la programmation du volet Concours, permettant de mettre en valeur l’orgue et son répertoire. La grande majorité des activités seront offertes gratuitement. Les détails suivront au cours des prochains mois. Pour appuyer le CIOC Pour faciliter la tenue du Concours, l’organisation recrute des bénévoles. Si vous avez envie de participer au développement du projet ou encore si vous avez du temps à offrir pendant le Concours, vous pouvez obtenir des informations sur le site Internet. Et comme un événement ne peut se tenir sans l’apport de généreux donateurs, si vous souhaitez appuyer financièrement le Concours international d’orgue du Canada, veuillez communiquer avec René Fréchette, le directeur général du Concours. Page 11


L’Académie estivale d’orgue McGill 2007 Un moment de Grâce! L’Académie estivale d’orgue 2007 de McGill s’est tenue du 9 au 19 juillet dernier, à Montréal. Ce fut un véritable moment de Grâce! Moment de retrouvailles avec de vieux ami(e)s, écoute de concerts magnifiques, cours avec d’éminents professeurs et convivialité autour d’un bon vin et fromages après les concerts! Le tout dans une ambiance amicale et chaleureuse. J’y ai été si charmée que n’étant inscrite que pour le Symposium-Buxtehude qui se tenait le samedi 14 juillet, j’ai décidé de prolonger mon séjour à Montréal et de m’inscrire pour la deuxième semaine de cours. Quel charme! Honnêtement, j’aurais voulu me séparer en sept pour assister aux cours données par tous les professeurs de l’Académie, mais j’ai dû faire un choix. Les professeurs invités étaient la célèbre organiste française Marie-Claire Alain (St. Matthias’ Church), James David Christie (Église de l’ImmaculéeConception), William Porter (Church of St. John the Evangelist), Ben Van Oosten (Église Très-Saint-Nomde-Jésus), John Grew (McGill University Redpath Hall), Olivier Latry (Église St-Jean-Baptiste) et Carole Terry (Church of St. Andrew and St. Paul). Marie-Claire Alain, cette grande dame de l’orgue, sœur de Jehan Alain, porte en elle tant d’expérience et de connaissances que c’est un grand privilège pour nous de la côtoyer. Car il faut bien le dire, la lumière qui

par Josée April

émane de ses yeux et l’énergie qui l’anime sont les témoins de cette jeunesse de l’esprit qu’elle porte en elle. On sent chez elle une grande générosité et un accueil chaleureux pour tous ceux qui désirent avancer un peu plus loin vers la compréhension de la beauté. Elle a proposé l’étude des œuvres de Jean-Sébastien Bach. Quant à James David Christie, il a abordé les œuvres du XVIIe siècle en Allemagne du Nord. Il est un organiste bien connu de ma génération puisqu’il se fit spécialement remarquer à Brugges en 1979, triomphant à tous égards : Premier Prix d’interprétation et Prix du public. Je fus fortement impressionnée par sa grande force de communication, l’intelligence de ses propos, sa perspicacité pédagogique et l’intérêt de ses conclusions. Durant sa conférence lors du Symposium, il nous parla de Buxtehude d’une façon si vivante et éclairée que l’enthousiasme que je ressentis pour ce compositeur transforma mon esprit et bien que j’aie travaillé cette musique pendant plusieurs années, de nouvelles idées d’interprétation envahirent mon imagination. Bref, il a ouvert mon esprit à une compréhension stylistique qui prit vie en moi. C’était un moment de Grâce! Comme pistes à suivre : réinterpréter les barres de mesure, vérifier l’étendue de l’orgue de Buxtehude et réécrire notre propre édition de Buxtehude à la main; ce qui est, selon J.D. Christie : a wonderful experience! (suite page 20)

De gauche à droite: William Porter, Kenneth Gilbert, Marie-Claire Alain, John Grew, Kerala Snyder, George Taylor, Hellmuth Wolff et James David Christie

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Le Concours d’orgue de Québec 2008 par Paul Cadrin La prochaine édition du Concours d’orgue de Québec se tiendra au printemps 2008, coïncidant ainsi avec les fêtes du 400e anniversaire de la ville de Québec. Jusqu’à maintenant réservé aux candidats québécois, il est désormais ouvert à tous les jeunes organistes du Canada, citoyens ou résidents permanents. Ce Concours est l’œuvre principale de la Fondation Claude-Lavoie, créée en 1989 à l'instigation du célèbre organiste et pédagogue, qui l’a dotée d'un capital initial de 125 000 $. La Fondation vise à contribuer à la formation de professeurs et d'interprètes de musique d'orgue de très haut calibre professionnel. Elle a reçu de son fondateur le mandat de tenir un concours pour les jeunes organistes, concours qui a eu lieu à tous les trois ans de 1992 à 2004. Lors de sa dernière édition, les lauréats en ont été Ryan Enright (premier prix) et Sunyi Shin (deuxième prix). La préparation du Concours est confiée au Comité du concours, sous l'autorité du Conseil d'administration. Ce comité a comme mandat de proposer les programmes de l'épreuve éliminatoire et de l’épreuve finale, et de voir à l'organisation matérielle de celles-ci. Les deux étapes du Concours sont jugées par le même jury composé de trois éminents organistes professionnels : un de la ville de Québec, un du Québec à l’extérieur de la ville de Québec, et un troisième de l’exté-

rieur de la province de Québec. Ainsi, le Concours 2008 sera jugé par les organistes Benjamin Waterhouse (Québec), Patrick Wedd (Montréal) et Kevin Komisaruk (Toronto). Les candidats qui se présentent au Concours doivent d'abord se soumettre à une épreuve éliminatoire qui consiste à fournir l'enregistrement d'un programme d'œuvres répondant à des critères spécifiques de style et de période. Cet enregistrement est évalué sous le couvert de l’anonymat. À ce stade, le jury retient un maximum de cinq finalistes. L'épreuve finale, qui est publique, se tient à l’orgue de l’église des Saints-Martyrs-Canadiens, à Québec, orgue dont Claude Lavoie a été le titulaire de 1959 à 1983. Il s’agit de l’opus 2557 (1959) de Casavant, un instrument à traction électropneumatique de 69 jeux sur quatre claviers et pédalier. Les lauréats peuvent mériter l’un des deux prix suivants : un premier prix de 15 000 $ (prix Claude-Lavoie) et un deuxième prix de 7 500 $. Pour information, on peut s’adresser, par courriel, à Paul Cadrin, secrétaire de la Fondation et président du comité du Concours, (paulcadrin@sympatico.ca.) Les renseignements et les formulaires sont disponibles en ligne (en français et en anglais) à l’adresse suivante : http://infopuq.uquebec.ca/~uss1010/orgues/concours.html

Concours international d’improvisation Organistes canadiens de moins de 35 ans 13-17 juillet 2008 Congrès national CRCO, Kitchener ON 6 finalistes / 3 Prix : 5 000$, 3 000$, 1 000$ Date limite d’inscription: 1er mai 2008 Règles et inscriptions: http://www.festivalotg.ca/improv.htm

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Le positif du Palais Montcalm à Québec par Hellmuth Wolff La commande du positif de la salle Raoul-Jobin au facteur Hellmuth Wolff a été précédée de celle d’un premier orgue continuo, construit en l’an 2000 pour Early Music Vancouver. Comme ce groupe avait auparavant loué divers positifs pendant plusieurs années, cela lui a permis de nous donner une longue liste de qualités désirées, ainsi que de défauts à éviter. Par exemple, les gambistes du groupe, (jouant la basse continue à l’unisson avec les notes de la main gauche du clavier), n’aimaient pas l’effet des tuyaux de bois parlant vers l’extérieur, car ces tuyaux ne sonnaient pas toujours avec la même promptitude que leurs instruments à cordes. Évidemment, nos tuyaux sonnent toujours avec la plus grande promptitude, mais le fait que les basses du bourdon parlent vers l’intérieur du buffet leur procure plus de résonance et un meilleur équilibre. Les plus gros tuyaux sont faits d’un seul bloc, en forme de flûte de pan et ils se basculent comme un panneau pour donner accès aux pilotes foulants, lorsqu’on doit régler la mécanique. On recommandait également de pouvoir jouer l’orgue avec portes et panneaux complètement fermés. Comme les portes sont encombrantes, nous avons préféré des panneaux ajourés qu’on peut fermer ou ouvrir au moyen d’un levier. Celui-ci est relié par des bielles aux panneaux rotatifs intérieurs, qui pivotent autour de leur axe. S’il est vrai qu’un orgue continuo joue la plupart du temps un rôle modeste d’accompagnement, se contentant d’un bourdon 8’ et d’une flûte 4’, il est également vrai qu’ajouter un peu de variété ne coûte pas très cher, puisque l’infrastructure (le buffet, le sommier, la soufflerie et la mécanique) est déjà en place. Un nazard ou une tierce, en plus d’une doublette, peut donc rendre cet orgue apte à exécuter des concertos de Haendel comme soliste, ou à jouer un rôle plus présent dans des cantates. Historiquement, des orgues aussi petits n’existaient qu’en Angleterre, tandis qu’on utilisait les orgues d’église pour les cantates de Bach. Il se peut donc qu’une sesquialtera dialogue avec la voix du soliste, comme dans l’aria Komm du süße Todesstunde de la cantate du même nom, d’ailleurs magnifiquement enregistrée par Daniel Taylor (ATMA ACD 2 2279).

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La variété des jeux ainsi que le clavier divisé permettent également l’utilisation d’une registration différente pour accompagner la main droite. Ainsi, avec les registres tirés à mi-cran, il est possible de jouer la flûte 4’ seule à la main gauche, contre le bourdon et le nazard par exemple, à la main droite (Un article sur l’invention des jeux à demi-cran devrait paraître dans un prochain Bulletin des Amis de l’Orgue de Québec.) Les cinq leviers offrent donc de nombreuses possibilités de registration. Les premiers concerts dans la magnifique nouvelle salle Raoul-Jobin ont fait sonner le petit positif à maintes reprises, d’abord comme orgue continuo dans l’oratorio Israël en Égypte de Georg Friedrich Händel, donné par Les Violons du Roy et La Chapelle de Québec. Un peu plus tard, l’Ensemble Arion jouait La passion selon Saint-Jean de J. S. Bach. Un concert présenté avec beaucoup d’imagination par Richard Paré et Les Violons du Roy a permis d’entendre l’orgue Wolff et le clavecin d’Yves Beaupré en soliste. L’orgue peut être accordé selon tout diapason se situant entre 380 à 450 hertz et à n’importe quel tempérament. Le buffet est en cerisier, fini à la cire d’abeille. Le motif des panneaux ajourés est repris dans la marqueterie du lutrin. Les panneaux du dessus se laissent également ouvrir. Monté sur des roulettes, l’instrument se transporte facilement. De plus, la partie supérieure se détache de la base et le clavier est escamotable pour passer les portes. La soufflerie, le soufflet et le silencieux, (aussi appelé « chicane ») sont intégrés dans la base.

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Composition des jeux et description technique Jeu

Tessiture

Position

Bourdon

8’

basse

tiré

levier 1

Bourdon

8’

dessus

tiré

levier 2

Bourdon et Nazard

2 2/3’

dessus

demi-cran

levier 2

Flûte à cheminée

4’

complet

tiré

levier 3

Flûte à cheminée

4’

basse

demi-cran

levier 3

Doublette

2’

complet

tiré

levier 4

Doublette

2’

dessus

demi-cran

levier 4

Larigot

1 1/3’

complet

tiré

levier 5

Tierce

1 3/5’

dessus

demi-cran

levier 5

Anniversaires en musique (suite de la page 22) durant une vingtaine d’années. Ayant connu de sérieux revers de fortune, il finit ses jours dans un couvent. Il laisse quelques pages pour orchestre, de la musique religieuse et plusieurs pièces d’orgue, dont un Carillon-Sortie (1912) et surtout, les dix Esquisses byzantines de 1919, inspirées par la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Charles Tournemire nous en laisse, en 1939, un portrait qui cadre bien avec sa musique : « étrange et grand artiste, épris d’idéal mystique, improvisateur calme et religieux. (…) Penseur mystérieux. » Édouard Commette (1883-1967) occupa durant plus de 60 ans, le poste d’organiste de la primatiale SaintJean de Lyon. Professeur au Conservatoire de Lyon, il forma plusieurs élèves, dont son successeur, Joseph Reveyron, et Jean Costa. Les Lyonnais ont donné son nom à une place située non loin de son église. Il fut en France le pionnier de l’enregistrement de disques 78 tours consacrés à l’orgue. Petit souvenir cher à mon cœur : mon enfance a été marquée par un microsillon de format 25 cm, sur lequel se trouvait la Passacaille et le célèbre choral Wachet auf de Bach interprétés avec noblesse et ferveur par Commette. Ce fut durant des années le seul disque d’orgue que possédaient mes parents et, croyez-moi, je l’ai usé jusqu’à la corde! J’associe d’ailleurs ma passion pour l’orgue à la dévotion que je portais à cet enregistrement… Comme compositeur, Édouard Commette a retenu l’attention de Marc D’Anjou, organiste titulaire de la Basilique Notre-Dame de Québec qui, en 1995, a joué ses Mixtures, numéro 27, novembre 2007

œuvres en concert et les a enregistrées en vue d’un disque qui n’attend qu’un généreux mécène pour voir le jour! Nous aurons une petite pensée pour Henri Nibelle (1863-1967), issu d’une famille de musiciens, élève de l’école Niedermeyer puis du Conservatoire où il étudia avec Eugène Gigout et Gabriel Fauré. Organiste à Notre-Dame de Versailles puis à Saint-Vincent-dePaul, à Saint-François-de-Sales, puis maître de chapelle dans cette même église. Aux côtés d’un Carillon orléanais (1941) et d’une Toccata dédiée à André Fleury (1947), Nibelle nous lègue 50 pièces pour orgue ou harmonium reposant sur des thèmes grégoriens, dont Félix Raugel vante les mérites en ces termes : « En rédigeant ces pièces avec une élégante diversité, l’auteur a su trouver une manière ample et bien chantante sans laisser se dessécher sa musique par la recherche de l’écriture ». Enfin, on ne saurait passer sous silence la disparition, il y a trente ans, de l’organiste Conrad Letendre (1904-1977). Théoricien, interprète et compositeur, formé à l’Institut Nazareth de Montréal, il a pour maîtres Arthur Letondal, Romain Pelletier et Achille Fortier. Partageant ses activités entre Montréal et SaintHyacinthe, il forme plusieurs organistes de renom, dont Raymond Daveluy, Gaston et Lucienne Arel, Bernard et Mireille Lagacé. Ses œuvres pour orgue ont été publiées par Lucien Poirier aux Éditions Jacques Ostiguy. Pour en connaître davantage : http://www.conradletendre.com/ Page 17


Fin d’une intégrale Bach par Marc-André Doran et Réal Gauthier elle-même, puis une composition équilibrée et harmonieuse pour chaque programme.

« Ce sont parfois les projets les plus fous qui marchent le mieux ». Après à peine quelques secondes de réflexion, ces mots furent prononcés sur un ton ferme et encourageant. L’agente culturelle de Ahuntsic-Cartierville tenait en main un plan de répartition de l’œuvre pour orgue de Bach en 16 récitals. Notre projet était lancé. Ce qui était un peu fou dans cette aventure, c’est qu’au lieu de nous soumettre aux lois en vogue en matière de marketing culturel — normes qui permettent d’occuper l’espace médiatique, de convaincre les bailleurs de fonds, d’atteindre les « cotes d’écoute » si prisées — nous avons misé sur une démarche minimaliste. L’œuvre pour orgue de JSB était notre seule préoccupation. La passion qui nous a poussés dans cette aventure était de découvrir, d’approfondir et de faire connaître tous les trésors d’écriture musicale que le génie de Bach a confiés à l’instrument que vénèrent les lecteurs de ces lignes. Donc, un contenu sans compromis, et sans concession en faveur de la popularité. Quel que soit l’auditoire, nous avons cru à la présence dans l’espace culturel d’un espace-musique où l’on peut fréquenter une pareille œuvre. La première tâche fut d’établir une liste des œuvres à retenir, car se présentaient plusieurs cas de textes d’authenticité douteuse et des questions relatives aux transcriptions. Pour ce faire, nous avons convenu de certaines lignes de conduite : d’abord l’intérêt de la musique

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Plutôt que d’avoir une suite encyclopédique ou chronologique, les diverses périodes de compositions sont entremêlées; les grandes collections de chorals sont réparties en sous-groupes cohérents et plus digestibles; et aucun de nous ne souhaitait parcourir quatre sonates en trio de suite. Pour unir le tout et apporter un volet éducatif à l’entreprise, nous avons eu recours à quelques outils qui ont permis aux auditeurs de se préparer, d’avoir de l’information, d’être guidés dans un monde qui pour plusieurs semble ésotérique. D’abord sur le site www.bachintegral.org — toujours en ligne — on retrouve des photos et des renseignements sur les orgues utilisés, les programmes détaillés, des notes sur les œuvres et nos réflexions personnelles sur nos motivations en tant que musiciens, ici et aujourd’hui. À chaque récital, pour compléter les notes de programme, celui qui ne prenait pas les claviers prenait le micro. Très simplement, quelques mots ont suffi à mettre l’auditeur dans le coup. On y a traité des facteurs d’orgue, de contexte historique, de numérologie, de symbolisme et de nos orgues bienaimés. Environ 200 personnes en moyenne nous ont suivis de l’église de la Visitation à celle de l’Immaculée-Conception, d’un bout à l’autre de la rue Papineau, au cours de ces deux années et de ces 16 récitals. La chaîne Espace Musique de Radio-Canada a diffusé deux récitals.

Photo: Bernard Hétu

Les artistes après le dernier récital. À gauche, Réal Gauthier et à droite, Marc-André Doran.

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Concert-bénéfice à Notre-Dame-du-Cap par Michelle Quintal

intitulée Triptyque pour orgue, trompette et orchestre de chambre. Le trompettiste André Godbout à qui revenait la partie solo était à la tribune de l’orgue avec Philippe Bournival alors que les autres musiciens (cordes et cor anglais) étaient dans le chœur de la basilique. Tout un défi pour le chef comme pour les divers instrumentistes, quand on connaît les dimensions de l’édifice et ses propriétés acoustiques particulières (sept à dix secondes de réverbération). Or, tout le monde a livré la marchandise avec bonheur, faisant en sorte que les décalages soient pratiquement inexistants, ce qui fut le cas tout au long du concert d’ailleurs.

Le 12 octobre dernier, Philippe Bournival a créé son œuvre Triptyque pour orgue, trompette, cor anglais et orchestre à cordes d’une durée de huit minutes. Divisée en trois parties : Ouverture, Nocturne, Toccate, cette œuvre a été dirigée par Jacques Lacombe. Au cours de ce concert on a pu aussi entendre Haendel, Copland, César Franck (joué par l’organiste Jacques Lacombe), Vaughan-Williams, Barber, J. S. Bach ( joué par Philippe Bournival) et Arvo Pärt. Raymond Perrin, organiste compositeur présent à cet événement, nous livre ici son témoignage qu’il a intitulé : «Une création mémorable». « Le directeur musical du Sanctuaire Notre-Dame-duCap a eu bien de l’audace en ce mois d’octobre 2007. En effet, pour renouveler la formule des concerts bénéfices du Sanctuaire, qui en étaient à leur cinquième édition, il a eu recours à l’orchestre de chambre de l’OSTR (Orchestre symphonique de TroisRivières), et à son nouveau chef Jacques Lacombe qui a déjà fait partie de l’équipe d’organistes de NotreDame-du-Cap. L’un des moments les plus réussis de cette soirée aura sans doute été la toute première audition d’une œuvre

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Empreinte de lyrisme, l’œuvre est fort réussie. Point essentiel pour ce genre de concert, qui ne s’adresse pas qu’aux seuls connaisseurs, mais à un auditoire très large et diversifié, le langage en est relativement facile d’audition. On peut aisément la comparer à certaines musiques de films de bonne qualité avec des influences très marquées de Nino Rota ou Ennio Morricone. Le rôle que tiennent la trompette et l’orgue en perpétuel dialogue avec l’orchestre à cordes et le cor anglais, joué par Josée Marchand, peut se rapprocher du rôle de la formation soliste des concerti grossi de Haendel qui ouvraient et fermaient le programme. André Godbout à la trompette, tout comme Philippe Bournival qui tenait la partie d’orgue, ont su donner à la pièce l’émotion et le caractère chatoyant qu’elle recèle et livrer une performance convaincante et sentie qui a soulevé l’enthousiasme des nombreux auditeurs présents. Bien structurée, l’œuvre déploie tout au long de ses trois parties une maîtrise évidente de l’écriture pour chacun des instruments. Les cordes, le cor anglais, tout autant que la trompette ou l’orgue étaient exploités avec habileté et variété, chacun tenant un rôle bien adapté à son caractère, le tout servi avec une fort habile conscience des difficultés qu’auraient pu représenter la distance entre les deux composantes sonores (orgue et trompette / cordes et cor anglais). Livré avec conviction par un chef bien en possession de l’œuvre et des solistes auxquels rien n’a semblé représenter le moindre effort, ce Triptyque, nous l’espérons, trouvera sa place dans les programmes d’autres sociétés de concerts du Québec et de l’étranger. Souhaitons que le jeune compositeur qu’est Philippe Bournival, formé à l’écriture et à l’orchestration par Gilles Bellemare au Conservatoire de Trois-Rivières, puisse rapidement convaincre un éditeur de donner à son œuvre la possibilité d’être connue et réentendue. » Page 19


L’Académie estivale d’orgue McGill 2007 — Un moment de Grâce (suite de la page 13) William Porter est un improvisateur qui, par son analyse stylistique éclairée et son grand sens musical, parvient à nous transporter auditivement plusieurs siècles derrière. Il propose des éléments de langage propres aux périodes ciblées et suggère avant tout la spontanéité. Parmi les éléments de langage mentionnés, il porte une attention particulière à l’étude des cadences, des séquences (marches) et des spécificités stylistiques pour parvenir à « parler musicalement » le langage de Buxtehude, Scheidemann ou Sweelinck. Il a aussi suggéré la lecture des Traités de Santa Maria, Zarlino et Werckmeister (ami de Buxtehude). Les propos de sa conférence, sa personnalité rayonnante et son sens de l’écoute laissent deviner une grande générosité du partage des connaissances et un sens pédagogique évident. Sa conclusion : Vocabulaire musical — Poèmes sonores (song poetry) — Composition en concert (composition in performance). John Grew, un grand poète des sons, est mon maître et j’en suis fière. Je le remercie spécialement pour l’esthétique musicale qu’il m’a inculquée, pour l’ouverture d’esprit qu’il m’a transmise, pour la passion de la recherche et de l’authenticité sonore qu’il a influées sur moi et pour le développement de mon esprit musical et d’analyse auquel il a largement contribué. Ses cours avaient pour thème : « L’orgue classique français ». Pour tous ceux qui sentent le besoin de développer ces qualités, rendez-vous à la prochaine Académie estivale d’orgue de McGill et bon séjour dans les cours de John! Je n’ai pas eu l’occasion de travailler avec Ben van Oosten qui enseigna à l’église Très-Saint-Nom-de-Jésus, ni avec Carole Terry qui était à l’église St. Andrew and St. Paul. Le sujet de leurs cours, néanmoins, n’était pas

dépourvu d’intérêt : « L’orgue symphonique et l’orgue romantique allemand ». Et finalement, mon coup de cœur (à part John, bien sûr, qui est à l’origine de cette semaine de rêve) : Olivier Latry! Quel musicien extraordinaire! Plusieurs mots me viennent à l’esprit : dynamisme, accueil, lucidité, compétence, transcendance, générosité!!! Il fit travailler des œuvres de Vierne, Duruflé, Escaich et Florentz. C’était un autre moment de grâce qui dura du dimanche au jeudi. C’est ce moment de grâce qui me ramena sur les bancs d’école alors que je me croyais en vacances nécessaires et bien méritées! S’il existe une vérité de l’interprétation musicale, je crois bien qu’elle passe sous ses doigts. En tout cas, il a fait vibrer la vérité que je porte en moi. Comme pédagogue, il semble être un de ces musiciens qui donnent tout ce qu’ils savent pour faire grandir les autres, avec le ton juste et l’espérance d’être compris. Et fait merveilleux, son esprit semble aussitôt à l’écoute de tout ce qu’il pourrait apprendre de nouveau. C’est une énergie créative qu’il partage, la recherche de la beauté et de la vérité. Merci!!! Un merci spécial à mon amie Catherine Todorovski qui a partagé cette semaine musicale avec moi. Aux amis et amies que j’ai revus et avec qui j’ai partagé de bons moments, de bons repas ou de bons concerts : Monique Gendron, Régis Rousseau, Jacques Giroux, Alison Clark et Réjean Mongeau. C’est ça aussi une Académie Estivale!!! Et surtout : Bravo à John Grew! Accueil, respect, abondance, générosité, festivités et développement de la connaissance, voilà les mots qui me viennent pour décrire cette Académie. Merci!

Oeuvres pour orgue et pour choeur de

Denis Bédard Rachel Alflatt, gérante

8465 Quayside Court, Vancouver, BC, V5P 4W1

Tel./Fax: (604) 322-5995 cheldar@cheldar.com www.cheldar.com

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Anniversaires en musique par Irène Brisson

Pendant que l’Allemagne rend hommage à Buxtehude à l’occasion du tricentenaire de sa mort, la France souligne le centième anniversaire de la naissance de Jean Langlais (1907-1991), une des figures dominantes de l’orgue du XXe siècle. Aveugle dès la tendre enfance, il étudie la musique à l’Institut des jeunes aveugles de Paris avec André Marchal et entre au Conservatoire de Paris dans la classe de Marcel Dupré en 1927, la même année qu’Olivier Messiaen et Gaston Litaize. Il complète sa formation en composition avec Paul Dukas, qui déclare : « Vous êtes un compositeur-né », et en improvisation avec Charles Tournemire, qui exercera sur lui une très grande influence. Muni de ce riche bagage, il remporte en 1931 le Grand Prix des Amis de l’orgue. Il est nommé trois ans plus tard organiste à Saint-Pierrede-Montrouge, dans le XIVe arrondissement, avant d’accéder en 1945 à la prestigieuse tribune de SainteClotilde, occupée avant lui par César Franck, Charles Tournemire et Joseph Ermend-Bonnal. Au sujet de sa nomination, on lira dans l’ouvrage de Marie-Louise Jacquet-Langlais (p. 118-138) les péripéties qui ont entouré la nomination de Langlais à ce poste, et la version croustillante qu’en donne Antoine Reboulot dans son Récit au Grand Orgue (p. 109-111). Langlais se partagera désormais entre l’enseignement (trente-huit ans à l’Institut des jeunes aveugles et quatorze à la Schola Cantorum) et le clavier, donnant de nombreux concerts en Europe et aux États-Unis, enregistrant ses propres compositions, ses improvisations, ainsi que l’œuvre d’orgue de Franck. En 1984, une attaque cérébrale accompagnée d’une aphasie le laisse paralysé du côté droit et incapable de parler. Avec un courage surhumain, il entreprend sa rééducation, retrouve en trois mois son poste d’organiste, et moins d’un an plus tard, renoue avec la composition! Avec plus de 70 titres pour orgue (totalisant près de 300 pièces), s’étalant de 1927 à 1990, Langlais est, avec ses contemporains et amis Olivier Messiaen, Jehan Alain (disparu trop tôt) et Maurice Duruflé, un des plus importants organistes français de son temps. Profondément croyant, il écrit volontiers pour l’église et s’appuie fréquemment sur des thèmes de plain-chant qu’il paraphrase en les intégrant à des cadres hérités du classicisme, suivant en cela son maître Tournemire. Il sait aussi rendre hommage aux grands organistes baroques, qu’il s’agisse de Frescobaldi, de Bach, dont les chorals luthériens et la science contrapuntique sont pour lui une source d’inspiration, ou des « classiques » français. Marqué par le folklore de sa Bretagne natale (Rhapsodie sur deux Noëls, Pour une sainte légende), Page 22

par la richesse du style symphonique de Franck, de Widor et de Vierne, il développe au fil des ans un langage musical personnel, oscillant entre la modalité et la polytonalité, un langage « direct et franc », comme l’a écrit en 1974 le critique Joseph Mona. On lira avec intérêt l’ouvrage de sa seconde épouse et élève, Marie-Louise Jaquet-Langlais, tiré de sa thèse de doctorat sur Jean Langlais, et intitulé Ombre et lumière (Paris, Éditions Combre, 1995. 437 pages), ainsi que Jean Langlais, The man and his music, de son élève américaine Ann Labounsky (Portland, Amadeus Press, 2000. 392 pages). Et, pour tout savoir d’un simple clic : http://perso.orange.fr/langlais/ Il y a 40 ans, trois organistes français nous quittaient : Henri Mulet, Henri Nibelle et Édouard Commette. Curieux parcours que celui d’Henri Mulet (18781967) : fils d’un maître de chapelle, premier Prix de violoncelle à quinze ans, il se tourne vers l’orgue, étudie au Conservatoire de Paris l’improvisation avec Alexandre Guilmant et la composition avec CharlesMarie Widor. Organiste à Saint-Pierre-de-Montrouge, puis à Saint-Eustache et à Saint-Philippe-du-Roule, il enseigne à la Schola Cantorum et à l’école Niedermeyer (qui avait compté au XIXe siècle parmi ses professeurs Saint-Saëns et parmi ses élèves, Fauré). Symphoniste postromantique issu de la tradition de Franck et de Widor, il condamne la facture d’orgue de son temps, qu’il juge trop symphonique, plaide pour un retour aux mutations et aux pleins-jeux authentiques qui sont « le soleil de l’orgue », publiant en 1922 un document intitulé Les tendances néfastes de l’orgue moderne. À propos de ce qu’il appelle « ce grand orgue de Barbarie » ou « l’orgue de l’Antéchrist », il écrit : « (…) on cherche avec une frénésie nouvelle l’imitation de l’orchestre. Les voix célestes prennent une offensive furieuse, les gambes sont jetées à profusion, la pression est poussée jusqu’aux dernières limites; on recherche une sonorité formidable des jeux de fonds, leur faisant perdre par là leur beau caractère de plénitude douce et moelleuse. » (p. 5). Pour en savoir davantage, on consultera la revue L’Orgue n° 256 (2001). En 1937, il quitte Paris pour le sud de la France, après avoir, semble-t-il, brûlé ses manuscrits. Il poursuit sa carrière comme organiste à Draguignan, dans le Var, (suite à la page 17)

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Ici et là au Québec... Montréal par Robert Ducharme

25 ans de récitals du midi à McGill

La salle Redpath célébrait l’hiver dernier le vingtcinquième anniversaire des récitals d’orgue du midi à l’université McGill, sous la direction artistique de l’infatigable John Grew. Ainsi, les vendredis de novembre, décembre, février et mars, à 12h30, McGill est le lieu de rendez-vous des amateurs d’orgue de Montréal; on peut y entendre les professeurs de la maison, d’anciens élèves ou des élèves très avancés, des invités; cette année, on entendit, entre autres, les professeurs John Grew, William Porter et Jonathan Oldengarm. À l’intention de nos lecteurs plus jeunes, il serait bon de rappeler qu’en 1981 la construction par le facteur Hellmuth Wolff d’un instrument d’esthétique classique française dans cette salle de concert avait causé un grand émoi; l’inauguration de cet orgue avait donné lieu à un véritable festival où, entre autres, Kenneth Gilbert avait fait entendre pour la première fois en public des pages du Livre d’orgue de Montréal récemment découvert par la musicienne Élisabeth Gallat-Morin.

Excursion annuelle des AOM

Après avoir exploré la Montérégie, les Amis de l’Orgue de Montréal se sont dirigés vers les Laurentides pour leur excursion annuelle de la Journée des Patriotes le 21 mai 2007. À Sainte-Agathe, Saint-Jérôme, SaintAntoine et Sainte-Thérèse on a pu visiter cinq églises, avec les commentaires de l’historien Paul Racine, et leurs orgues qui étaient tous en bon état. Pour le plus grand plaisir des membres, les instruments ont été illustrés par Jonathan Oldengarm, Mathieu Latreille, David Szanto, Régis Rousseau et Dany Wiseman.

Festival des grandes orgues à Notre-Dame

La série estivale des récitals d’orgue à la Basilique Notre-Dame avait cette année une dimension inhabituelle puisqu’elle s’intégrait aux célébrations du 350e anniversaire de l’arrivée des Sulpiciens à Montréal. C’est en effet en 1657 que les Messieurs de SaintSulpice débarquèrent à Ville-Marie et prirent en main les affaires spirituelles de la ville naissante; ils contribuèrent aussi grandement à son développement, car c’étaient également des architectes et des bâtisseurs, avant de devenir les seigneurs de l’île de Montréal. Pour souligner cet anniversaire, on a pu entendre le directeur artistique de la série et titulaire de la basiliMixtures, numéro 27, novembre 2007

que, qui appartient toujours aux Sulpiciens, Pierre Grandmaison et, entre autres, deux organistes qui ont aussi des liens avec les Sulpiciens, Yves-G. Préfontaine, du Grand Séminaire, et Daniel Roth, de Saint-Sulpice à Paris. La collaboration avec l’Académie estivale d’orgue de McGill nous a permis d’entendre également Olivier Latry et Marie-Claire Alain dans cette série.

La relève en concert

Afin de permettre à nos jeunes organistes encore aux études de se faire connaître du grand public, les Amis de l’Orgue de Montréal ont demandé aux professeurs des principales écoles de musique de la ville de présenter un de leurs étudiants les plus prometteurs dans un concert de « la relève ». Ainsi, le dimanche 29 avril 2007, à l’église Saint-Marc de Rosemont, on a pu entendre Donald Hunt, élève de John Grew, MarcAndré Harnois, élève de Réjean Poirier, et JeanMichel Grondin, élève de Jean LeBuis. L’église SaintMarc a été choisie pour cet événement car elle doit bientôt fermer. L’avenir de cet orgue est très incertain; construit en 1961, l’instrument est un des tout premiers de la maison Casavant dans le style néoclassique.

Messe du 400e anniversaire de Québec par Jean-Claude Rivard et Francis Gagnon

À la duite d’un concours lancé par FideArt pour la composition d'une messe pour célébrer le 400e anniversaire de la ville de Québec, les lauréats ont été annoncés, le 22 août dernier, en la Chapelle historique Bon-Pasteur à Québec, par la présidente du jury, madame Irène Brisson. Neuf musiciens provenant de diverses régions du Québec ont participé à ce concours. Le jury, formé Danny Belisle, Sylvain Caron et Pierre Genest, a évalué anonymement les œuvres soumises. Les lauréats sont l'organiste-compositrice Édith Beaulieu, titulaire des orgues de Notre-Dame-deJacques-Cartier et de Notre-Dame-la-Garde, à Québec, et Jocelyn Lafond, pianiste-organiste de SaintEugène-de-Grantham, près de Drummondville, qui étudie présentement au Conservatoire de musique de Trois-Rivières dans la classe de Raymond Perrin. Une bourse de 2 500$ a été remise à chacun.

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Mauricie

Sherbrooke

par Michelle Quintal

par Martin Yelle

J. Antonio THOMPSON

Claude Thompson a réalisé un de ses rêves : graver sur CD des œuvres de son père J. Antonio Thompson. En la chapelle du Séminaire Saint-Joseph, les Petits Chanteurs de Trois-Rivières, dirigés par Claude Thompson et accompagnés par l’organiste Gilles Rioux, ont enregistré Les Sept Paroles du Christ, Messe de la Nativité et trois motets pour voix égales. Dans Les Sept Paroles du Christ, composées en 1933, l’orgue joue prélude, interludes et postlude et alterne avec le chœur qui chante a cappella. Quant à la Messe de la Nativité, inspirée de l’office grégorien de Noël, écrite en 1935 pour voix égales et transcrite pour voix mixtes en 1959 par Claude Thompson, elle a souvent été entendue à la Messe de minuit à la cathédrale de Trois-Rivières et à l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses. L’abbé se souvient l’y avoir l’accompagnée alors qu’il n’avait que 15 ans. Intitulé J.A. Thompson – Œuvres sacrées, ce CD, produit, à compte d’auteur, illustre une époque de la musique entendue aux Trois-Rivières et aussi au Québec. Ces œuvres font partie de notre héritage musical.

Claude Thompson

Les Éditions Musicales LUCAREL annoncent la parution de « Suite sur le nom de C.A.S.A.V.A.N.T. » de Claude Thompson. Cette œuvre pour orgue solo, écrite à l’occasion du 125e anniversaire de la maison Casavant Frères, a été créée par Gaston Arel lors du Congrès FQAO tenu à Lévis le 24 juin 2004. Chez le même éditeur, on retrouve aussi le Scherzo en mode éolien pour orgue solo de Claude Thompson.

Récitals d’été du Cap

Le 19 août dernier, Martin Brossard, titulaire des orgues de la basilique du Cap, a créé sa Grande suite symphonique (Septième livre d’orgue) d’une durée de 45 minutes. Composée entre 1997 et 2005, cette œuvre se divise en cinq mouvements : Ouverture, Élégie mélancolique, Fugue, Complainte et lamentation, Toccata. Cette œuvre est écrite dans le style des grandes symphonies pour orgue des XIXe et XXe siècles. Le 26 août dernier, Philippe Bournival, directeur musical du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap a créé avec la trompettiste Léonie Deschêsnes son Nocturne pour trompette et orgue.

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Le 28 mai dernier, l'Assemblée générale 2007 de la FQAO a pris la forme d’une sorte de mini congrès grâce à la collaboration de Chantal Boulanger et de Marc O’Reiley. La rencontre a débuté dans une salle du sous-sol de la basilique-cathédrale Saint-Michel où nous avons procédé à la réunion statutaire. Par la suite, nous nous sommes rendus à pied à l'église unie Plymouth Trinity, la plus vieille église de Sherbrooke (1855) où l'organiste titulaire, Leslie Young, nous a fait la démonstration du Casavant 1907 (3 claviers, 25 jeux) restauré en 1987 par Guilbault-Thérien. Belle découverte que cet instrument qui, en plus de posséder une belle sonorité, est agrémenté d'un fort joli buffet installé dans une alcôve située à l'avant de l'église. Après ce récital, nous nous sommes dirigés vers un très sympathique restaurant marocain pour casser la croûte. En soirée, un concert à la basilique-cathédrale SaintMichel nous a fait entendre les deux instruments qui sonnent en ce lieu. En première partie, à l'orgue de chœur tenu par Chantal Boulanger, les solistes Yann Normandeau et Louise Deslongchamps interprètent le Stabat Mater de Pergolèse. La deuxième partie se déroula au grand-orgue où l'on présentait Opus Dei de Marc O'Reiley, une œuvre originale écrite pour chœur, soliste, orgue, percussions, et guitare électrique. L'exécution était assurée par l'ensemble Tiens! Tiens! Tiens!, sous la direction du compositeur et accompagné à l'orgue par Chantal Boulanger. Les textes latins y furent traités avec des sonorités et des structures inventives qui surent plaire à tous. Un goûter amical a terminé la soirée, en compagnie des musiciens et des personnes présentes au concert. Félicitations à Chantal Boulanger qui rassemble de nombreux jeunes adultes autour des projets qu'elle initie et pour son dynamisme dans la vie musicale en Estrie.

Québec par Irène Brisson

Les Amis de l’orgue de Québec

La quarantième saison des Amis de l’orgue de Québec s’est terminée comme elle avait commencé, brillamment et avec intensité, avec Danny Belisle qui, aux grandes orgues de Saint-Roch, a su allier l’ampleur symphonique de Widor (6e symphonie), de Guilmant et de Lefébure-

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Wély à l’intimité et au raffinement d’œuvres baroques toujours registrées avec beaucoup de soin. Pour sa rentrée automnale, le traditionnel concert « Portes ouvertes » fut l’occasion de retrouver avec plaisir, aux Saints-Martyrs-Canadiens, Denis Bédard, dans un programme diversifié, dont la deuxième partie était consacrée à deux de ses œuvres. Pour la présente saison, les Amis de l’orgue de Québec se déplacent, accédant notamment aux orgues de l’église Christ-Roi de Lévis (Patrick Wedd, 14 octobre), du Très-Saint-Sacrement (Serge Laliberté, 24 février), basilique-cathédrale Notre-Dame (26 avril, Pierre Bouchard). Deux autres concerts auront lieu aux Saints-MartyrsCanadiens (Régis Rousseau, 18 novembre; Isabelle Demers, 30 mars). De plus, une conférence sera donnée le 3 février par Irène Brisson (Salle Henri-Gagnon). Pour en savoir davantage sur les horaires et les programmes, consultez : http:/www.amisorguequebec.org

Concerts Notre-Dame

Aux concerts Notre-Dame, la saison a été inaugurée le 9 septembre avec le Requiem de Duruflé. Le 28 octobre, le prestigieux organiste britannique Christopher Herrick est l’invité dans le cadre d’un concert-bénéfice pour la restauration des orgues de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. Sept autres concerts auront lieu, le dimanche à 15 heures, à l’exception du dernier, annoncé pour 20 heures (11 novembre, 2 décembre, 10 février, 9 mars, 13 avril, 18 mai et 21 juin).

Drummondville par Francis Gagnon

Activités, été 2007

Pendant le Mondial des Cultures de Drummondville, du 9 au 13 juillet, une série de concerts a été présentée à l’église Saint-Frédéric. Le concert de clôture présentait, en création, la Messe en mi bémol majeur, pour chœur, solistes et orgue, de Jocelyn Lafond. Les Dimanches en Musique et Chant sacré, du 5 août au 2 septembre, ont permis à des musiciens de la région de participer aux célébrations. Cette année, plusieurs jeunes étudiants en musique, notamment du Cégep de Drummondville et de l’école secondaire Jeanne-Mance, se sont impliqués dans cette activité. Mixtures, numéro 27, novembre 2007

Amis de l’orgue Drummond : saison 2007-2008

En collaboration avec Canimex, une série de concerts d’orgue de très grande qualité et très variée sera présentée. La nouvelle saison a débuté avec l’organiste parisien Gabriel de Marghieri. Ce grand musicien et « coloriste » nous a fait découvrir des sonorités jusquelà inconnues du grand orgue de tribune. Le 28 octobre, l’église de Saint-Guillaume d’Yamaska, qui renferme l’opus 509 (1913) de Casavant Frères, reçoit les musiciens de la famille Fréchette avec l’organiste Francis Gagnon. Pour l’occasion, les Amis de l’orgue Drummond ont offert, en cadeau à la paroisse, de défrayer le coût des réparations jugées nécessaires sur cet instrument. À venir : Chœur de la Faculté de musique de l’Université de Montréal (25 novembre), Régis Rousseau (9 mars 2008), et Rachel Laurin (20 avril 2008).

Saint-Hyacinthe Monsieur Fernand Létourneau, facteur d’orgues, président et directeur général des Orgues Létourneau Ltée, est heureux d’annoncer la nomination de monsieur Andrew Forrest au poste de directeur artistique au sein de la compagnie. Assistant-directeur artistique depuis son entrée en 1999, monsieur Forrest a su relever de nombreux défis. Possédant une riche expérience sur tous les aspects de la construction de grandes orgues, il a aussi eu l’occasion de parfaire ses études artistiques en étudiant de grands instruments tels le « Wanamaker » de Philadelphie, ce qui lui a permis de travailler à l’élaboration de la division des jeux gambés du grand orgue de 5 claviers / 144 rangs pour l’église St. John the Divine à Houston, au Texas, et celui de l’église Christ Episcopal à Bradenton, en Floride, de 5 claviers / 75 rangs. Son mandat est de travailler en étroite collaboration avec les clients et de superviser les projets de conception des buffets et des consoles. M. Forrest porte un intérêt marqué pour l’histoire et l’art de l’échelle des tuyaux, en particulier des pratiques de l’harmonie des facteurs d’orgues de l’Amérique du Nord du 20e siècle. Natif de Toronto, M. Forrest demeure à Otterburn Park au Québec avec son épouse et leurs deux enfants. Il est également organiste suppléant dans plusieurs églises de la grande région métropolitaine.

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Publications Par Robert Poliquin Charles Tournemire : L’œuvre pour orgue, volume 1 Vincent Boucher Orgue Casavant, Opus 869, 1920/2002 Église Saints-Anges-Gardiens, Lachine Afin de nous faire apprécier l’œuvre de ce compositeur mystique, l’artiste a choisi une approche par thème au détriment de l’ordre chronologique ou d’opus. Puisant à travers l’œuvre immense qui comprend 253 pièces, ce premier volume a pour thème la Résurrection et regroupe les pièces composées pour la fête de Pâques. Dans cet enregistrement, l’artiste, à partir d’une lecture sensible de l’œuvre et d’une technique de haut calibre, réussit, par une registration sur un instrument dont les sonorités sont tout à fait éblouissantes, à nous présenter un tout qui est éblouissant. ATMA, SACD 2 2470 César Franck : Douze grandes pièces pour orgue, volume 1 Pierre Grandmaison Orgue Casavant, Opus 26, 1891 / Opus 1034, 1924/1991 Basilique Notre-Dame, Montréal Quelque peu absent de la scène discographique depuis quelques années, il fait bon de réentendre Pierre Grandmaison aux claviers du majestueux grand orgue de Notre-Dame de Montréal. Il nous présente la première partie (2 CD) de ce qui sera l’intégrale des œuvres pour orgue de César Franck. Organiste hors pair à la technique admirable, il utilise les couleurs quasi uniques de ce vénérable instrument pour nous livrer une interprétation magistrale des chefs d’œuvres de Franck. ATMA, ACD 2 2573

Musique romantique pour orgue Jean Thibault Orgue Casavant, Opus 234, 1905 Église Saint-Charles, Caplan L’artiste nous fait entendre, sur un orgue centenaire, des œuvres de Franck (Prélude, fugue et variation ainsi que le Troisième choral), Brahms (3 Préludes de choral) et Mendelssohn (2 Sonates). Malgré les dimensions modestes de l’instrument (11 jeux/14 rangs sur 2 claviers et pédalier), Jean Thibault nous fait apprécier la pureté des timbres, la richesse du plenum et la qualité de l’environnement acoustique où résonne l’instrument. « Un bijou à découvrir ». Disponible chez l’artiste: 650, rue des Tournepierres, Maria, QC G0C 1Y0 Page 26

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Mozart … Permettez-nous / If You Please Robert Patrick et Claude Girard Orgue Providence, 1973 Église Sainte-Geneviève, Québec Sur la toute dernière acquisition organistique de la ville de Québec, les artistes nous présentent, sur un instrument de la taille qu’a pu connaître Mozart, un intéressant programme interprété à deux et quatre mains. On y retrouve des pièces spécifiquement écrites pour l’orgue ainsi que des transcriptions dont certaines ont été faites par Robert Patrick Girard. Petit instrument (12 jeux/15 rangs) à traction mécanique, il a été conçu par Guy Thérien alors à l’emploi de la maison Orgues Providence qui deviendra, au cours des mois suivants, Guilbault-Thérien. Conçu pour l’église Sainte-Croix de Shawinigan, il a été aménagé en l’église Sainte-Geneviève de Québec en 2005. « Original, agréable et rafraichissant ».

Patrimoine musical canadien / Canadian Musical Heritage Karen Holmes Orgue Casavant, Opus 701, 1914/1988 Église Sainte-Anne, Ottawa, ON Voici un enregistrement entièrement consacré à la musique d’orgue composée, entre 1897 et 1947, par des compositeurs canadiens (Campbell, Durell-Clark, Easun, Egerton, Fricker, Harriss, Lucas, MacMillan, Reed, Tremblay, Willan). L’artiste, dont les interprétations sont soignées et registrées avec goût, nous présente un premier enregistrement de cet instrument qui se prête bien au style des compositeurs. « Remarquable ». Disponible chez l’artiste: 546 Dovercourt Avenue, Ottawa, ON K2A 0V1

Second Wind John Brock Juget-Sinclair, Opus 26, 2007 Second Presbyterian Church, Nashville, TN Pas une installation québécoise ou canadienne, ni un artiste québécois ou canadien mais un orgue de facture québécoise : le premier enregistrement d’un orgue produit par la maison Juget-Sinclair, de Montréal dans un programme non exceptionnel mais tout de même intéressant qui inclut des œuvres de Krebs, Kellner, Kittel, de C. P. E. Bach, Mozart, Balbastre, J. S. Bach, Lemmens et de deux Américains, Rayner Brown et Gerald Near. L’intérêt se porte principalement sur la sonorité de l’instrument. À ce chapitre, les facteurs doivent être immensément satisfaits car le tout est agréable : de beaux jeux de fonds et des anches claires. RAVEN, OAR-970 Mixtures, numéro 27, novembre 2007

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L’orgue sur le web par André Côté Au moment de la rédaction de cette chronique, l’Action de grâce est à nos portes et ma participation toute récente à l’activité « Orgues ouvertes » présentée sous les auspices du Festival «Orgue et couleurs» (http:// www.orguecouleurs.com/) m’a incité à rechercher le site web idéal permettant à une personne totalement étrangère au monde de l’orgue de s’y initier tout en douceur. Une solution des plus appropriées : la page intitulée « Le coin du Candide », une section du site « Orgues d’Alsace ». L’auteur y présente, avec candeur et humour, les dessous de notre instrument chéri. La section « Mais qui a donc la clé? » vaut à elle seule la visite de ce site et donne le ton général de l’exposé. http://perso.orange.fr/eisenberg/ generiques/candide.htm Le site « Organs: Oddities and World Records », nous introduit, comme son nom l’indique, aux curiosités du monde de l’orgue. Il y est donc question des orgues les plus anciens, d’orgues installés en plein air (voire mobiles dans un camion), d’orgues sur coussin d’air faciles à déplacer dans une salle de concert, de consoles monstrueuses, de matériaux inhabituels… http://www.die-orgelseite.de/kurioses_e.htm

Ceux qui apprécient tout autant les arts visuels que la musique prendront plaisir à visiter le site du peintre Michel Grau qui nous propose, entre autres, les versions numériques de ses peintures inspirées de l’orgue, plus particulièrement de la disposition des tuyaux en façade : http://grau.club.fr/orgues-pre.html#orgu Ceux que la facture d’orgue intéresse ne manqueront pas de visiter ce site dont l’intérêt particulier relève de l’utilisation d’éléments graphiques au format « Gif animé » qui permettent de démystifier le fonctionnement plutôt complexe d’un sommier électropneumatique de type pitman : http://panther.bsc.edu/~jhcook/ OrgHist/works/works15.htm En dernier lieu, je vous propose un plaisir pour les yeux avec le site « Museum of Organs ». À l’aide de magnifiques photos d’instruments de France, d’Espagne d’Allemagne et du nord de l’Europe, l’auteur démontre comment le design de l’orgue varie selon la région où il se trouve, mais cela, toujours en accord avec son environnement architectural. http://www.orgel.com/vlm/mus-e.html

Le texte intégral (avec liens hypertextes) de cette chronique peut être consulté à l'adresse suivante : http://saglac.qc.ca/~acote/

Pour célébrer le centenaire de la naissance de Jean Langlais, l’éditeur Delatour nous offre deux enregistrements. Le premier nous propose des œuvres qui explorent la personnalité intime du compositeur et des œuvres consacrées à la voix (Margit Lykke Christensen), à la flûte (Eva Ostergaard Andersen) et à l’orgue (Marie-Louise Langlais et Sylvie Mallet). L’instrument choisi est un petit Cavaillé-Coll pratiquement intact de la Jesuskirken de Copenhague, Danemark (2 claviers, 20 jeux, 23 rangs). Dans le deuxième, Jean Langlais lègue, au soir de sa vie, ses souvenirs entrecoupés d’improvisations exécutées au cours des ans. Excellent pour qui désire approfondir ses connaissances sur ce compositeur aveugle, breton et catholique. Page 28

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Revue des revues par Gaston Arel FRANCE

Avril 2007 : Numéro spécial autour de la facture d’orgue

L’orgue francophone / BULLETIN L’ORGUE FRANCOPHONE FFAO, 21, rue de la Liberté, 21170 Saint Jean-deLosne, France

No 61 (juillet 2007) : Assemblée générale 2007 — Journée découverte « L’Art du facteur d’orgues » — Anniversaires 2007 — Fétis par lui-même — L’orgue de la chapelle royale à travers les concerts de 1873 à 1925 — Hommage au Sieur Bèche défenseur des orgues de Versailles — L’orgue de Radio-France à Versailles — Musique et Livre Guinness des records — Disques de musique d’orgue parus de janvier à mai 2007 — Écouté pour vous — 2000 ans d’orgue, présentation de l’ouvrage de J. M. Martinet — Jean-Baptiste Robin, professeur d’orgue au CNR de Versailles — Deux récitals d’orgue à Paris, juin 2007 — 33e Festival international d’orgue, cathédrale de Chartres.

No 35 — 2007 : Le hasard fait bien les choses — L’orgue dans l’orchestre — Quelques mots sur l’enseignement de l’orgue — L’École d’orgue en Morbihan — Les orgues historiques au Grand-Duché du Luxembourg — L’orgue Robert Richard de la cathédrale de Québec — La vie de l’orgue en Belgique francophone — Le musée suisse de l’orgue — L’orgue de Dombresson — Orgues sans frontières — Route des orgues 2006 — Rolande Falcinelli — In memoriam — Joseph ne nous a pas quitté ! — Hommage à Pierre Sibieude. L’orgue francophone en bref / SUPPLÉMENT DU BULLETIN L’ORGUE FRANCOPHONE FFAO, 21, rue de la Liberté, 21170 Saint Jean-de-Losne, France o

N 50 — Mars 2007 : Concerts — Route des orgues — Propos du Père Sage — Stages, académies — Festivals — Brèves de Tribunes — Facteurs d’orgues — Nouveautés CD — Livres et partitions — Revue de revues — Vidéos, CD-Rom — Échos — Expositions, @, — Carnet — Juridique — Avis de recherches — Petites annonces — La parole à nos adhérents. No 51 — Juin 2007 : Concerts — Route des orgues — Propos du Père Sage — Stages, académies — Concours d’orgues — Festivals – Brèves de Tribunes — Facteurs d’orgues — Nouveautés CD — Livres et partitions — Revue de revues — Vidéos, CD-Rom — Échos — Expositions, @, — Carnet — Avis de recherches — Petites annonces. Bulletin d'information de l'Association des amis de l'orgue de Versailles et de sa région / 20 rue Montbauron, 78000 Versailles, France. No 60 (janvier 2007) : Lettre rédigée — Le mot du rédacteur en chef — Les anges musicaux de Gonesse — À propos de l’orgue de la cathédrale de Schwerin — Le nouvel orgue de Sainte-Madeleine de Bagnoles de l’Orne — Magnificat de 1er ton attribué à Jean-Nicolas Geoffroy — Ils furent aussi organistes — Concerts d’orgue du Mois Molière — Disques de musique d’orgue — Écouté pour vous — Quelques informations — Concerts spirituels 2007, église Saint-Sulpice de Paris — 23e Congrès de la FFAO.

Mixtures, numéro 27, novembre 2007

Le Tuyau / BULLETIN DE LIAISON DE L'ASSOCIATION «CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L'ORGUE», 3 rue Rémy Belleau, Montpellier, France No 39-40 (1er semestre 2006) : Édito : Brigitte Alzieu — Rendez-vous à Notre-Dame — Rubrique discographique — Jean-Baptiste Micot, père et fils — Conte de Noël — Nouveaux orgues — Livres, Parutions — Un texte de 1864 — Nouvelles cartes postales — Revue des revues. Point d'orgue / BULLETIN DE LIAISON DE L'ASSOCIATION DES AMIS DE L'ORGUE DE LA VENDÉE, 3 rue Victor-Hugo, 85580 Saint-Michel-en L’Herm, France No 109 (41e année / janvier 2007) : Commequiers (85) Inauguration de l’orgue — Retour sur l’événement — Saint-Laurent-sur-Sèvre, juillet 2006 : stage des jeunes organistes — Fontenay-le-Comte, 26 juillet 2006 : concert de la famille Clément — Leçon, été 2006 : auditions d’orgue — La Chaume : un orgue pour SaintNicolas — Francis Chapelet : Chroniques en chamade. No 110 (41e année / juillet 2007) : La Roche-sur-Yon (85) Assemblée générale — Chavagnes-en-Paillers,15 avril 2007 : Académie d’orgue — La Chaume : un nouvel orgue à l’église Saint-Nicolas — Que sait-on… … des facteurs d’orgues — Cathédrale de Luçon, été 2007 : auditions d’orgue. Musica et Memoria / ASSOCIATION ELISABETH HAVARD DE LA MONTAGNE, Le Moulin Blanc, 87300 Bellac, France No 101-104 (27e année / 2006) : Lucienne Radisse, violoncelliste virtuose — Dom Jean Claire, grégorianiste et liturgiste — Autour de Jehan Alain et des Litanies — André Caplet, le musicien des sphères — Obituaire des musiciens : année 2006 — Pierre Kunc, organiste, proPage 29


fesseur, critique et compositeur — Un musicien de notre temps : Claude Pascal — André Gedalge, le grand humaniste de la musique — Un Maître du violon français : Marcel Chailley — Revue des revues. SUISSE La Tribune de l'orgue / R E V U E S U I S S E R O M A N D E , Guy Bovet, CH-1323 Romainmotier, Suisse 59e année, No1 2007 : Éditorial — Une certaine lecture de « Paraphrase-carillon » de Tournemire (2) — L’orgue de l’Auditoire de Tenerife — Claude Maréchaux, preneur de son — Dix-septième année de la TDLO — Orgues nouvelles, restaurées — Les voyages de M. Philéas Fogg — Actualité : disques, partitions, livres, des sites internet utiles, divers, courrier des lecteurs, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts, communications de l’AOR.

di Vibaldone — Al servizio della bellezza l Johannes Conradus Verlé e gli organi della Collegiate di S. Maria Assunta di Otricoie e di Lugnano in Teverino — Utopia a realta? l Il pianoforte di Ferruccio Busoni — Frammenti d’infinito La musica per organo di Bruno Bettinelli – La leggenda del pretino prodigio l Il cinquantenario dimenticato di Lozenzo Perosi. Anno XIV, No 62 (Gennaio-Marzo 2007) : La lingua sonora del vento del Nord l L’organo Akermann & Lund (1995) nella Chiesa Kallio di Helsinki (Finlandia) — Una fonica di qualità l L’organo Serassi-Franceschini-Inzoli della Chiesa di San Benedetto in Crema — Quel po’ di registri in più l L’organo Giovanni Tonoli 1855 della Cattedrale di Brescia — La liturgia è mobile l Il nuovo organo Pinchi del Duomo di Arezzo l Come nasce une sculture sonora — Adriano Banchieri l Sulla bontà del terzo dito — Musica per case Savoia l Le composizioni di Marco Bossi per la famiglia reale — Vita d’artista l Arrigo Boito : tra Mefistofele, Verdi e Bach.

59 année, N 2 2007 : Éditorial — L’orgue de SainteMarie à Saint-Gall — Les orgues historiques au Luxembourg — Le quart d’heure d’improvisation — Encore les cantiques nouveaux — Le tempérament musical, inspirateur de philosophes et écrivains — Marie Dufour 1912-2007 — Orgues nouvelles, restaurées — Les voyages de M. Philéas Fogg — Actualité : disques, partitions, livres, divers, courrier des lecteurs, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts, communications de l’AOR.

Anno XIV, No 63 (Aprile-Giugno 2007) : Une macchina da musica l Il nuovo organo Ruffatti per la Chiesa del Santo Volto a Torino — Quel soffio prodigioso l Ricordo di Rolande Falcinelli, organiste e compositrice — Antico incanto l L’organo Antegnati 1565 della Basilica Palatina di S. Barbaae a Mantova — Sonarità velate l L’organo Andrea Serassi 1770 della Chiesa di Santa Nuovo in Lodi — Alcune riflessioni sulla divisione delle tastiere e dei registri. Quando cominciarono ? — Le virtù del Maestro l Luzzasco Luzzaschi e la lunga tradizione didatticocompositiva del Ricercare — Il signore della melodia l I colori dell’organo nel teatro musicale di Jules Massenet.

BELGIQUE

CANADA

e

o

Le Magazine de l’Orgue 1050 Bruxelles, Belgique.

/ Rue du Trône, 200, B-

Organ Canada / Orgue Canada / Journal trimestriel du Collège royal canadien des organistes (RCCO / CRCO)

No 91 (2e trimestre 2007) : Prélude — 2007: année Buxtehude — 8 CD’s classés par compositeurs — La boutique du M’O — 11 CD’s récitals classés par interprètes — 5 CD’s en bref — 8 livres sur l’orgue — 9 partitions d’orgue — Avis de recherche — Modalités d’abonnement au M’O.

March 2007 – Vol 20 no.1: A New Gober Organ in Toronto — President’s Message — Sixteenth Notes — From the Ranks — Church Positions Available — Hindsight — An Organ Miniature — From the Builders — Historical Features : Dr Albert Ham — Organ, Choral and Church Music Summer Academies — A New Phoenix Digital Organ in Whitby, Ontario — From the Archivist’s Quarry.

ITALIE Arte organaria e organistica / Casa Musicale Edizioni Carrara, Via Calepio, 4 – 24125 Bergamo, Italia Anno XIII, No 61 (Ottobre-Dicembre 2006) : La proporzione dell’aria l L’organo Arp Schnitger 1687 in Steinkirchen — Combinazioni per ogni sorta di stromenti l Intervista a Maurizio Mancino — Fughe al convento l il nuovo organo Pradella 2004 dell’ Abbazia Page 30

June 2007 – Vol 20 no.2: Now That’s a Library? — President’s Message — From the Archivist’s Quarry — Church Positions Available — Hindsight — An Organ Miniature — Sixteenth Notes : Honorary President Markwell Perry celebrated — Anniversaries and retirements celebrated — Feature Review — A Buxtehude Celebration in Brantford — Deer Park Concert Series Concludes — Sixteenth Notes.

Mixtures, numéro 27, novembre 2007


Église Saint-Hilaire Mont-Saint-Hilaire, QC Joseph Casavant, 1856 Casavant Frères Opus 3, 1882 / Opus 1258, 1928,1954 Relevage complet : Ateliers Guilbault, Bellavance, Carignan, 2003 2 claviers de 61 notes pédalier de 32 notes 22 jeux / 24 rangs Traction électro-pneumatique


Mixtures #27, novembre 2007  
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