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et qui, à ce titre, sait choisir un très beau répertoire. » Sous la direction d’Antoine Reboulot, « un très grand musicien dans tout le sens du mot », il obtient un doctorat en interprétation (clavecin) de la faculté des études supérieures de l’Université de Montréal où il a joué Les Variations Goldberg de J. S. Bach. Nouveau défi : en janvier 1987, on lui offre le poste de directeur de la section musique du réseau FM de Radio-Canada. « J’ai travaillé avec des gens extraordinaires, j’ai fait ce que j’ai voulu ». En 1992, il est nommé directeur des productions musicales pour la radio de Radio-Canada, poste qu’il quittera en 1997 pour des raisons de santé. Juge à trois reprises pour les concours Prix d’Europe, juge pour les examens d’orgue des conservatoires de musique de la province et de la Faculté de musique de l’Université McGill, il fut aussi, de 1989 à 1992, président de la commission musique de la Communauté des radios publiques de langue française. De 1992 à 2000, on le retrouve comme membre du Conseil des Arts de la communauté urbaine de Montréal.

que Denis a réalisé mon premier CD Orgue en Mauricie gravé à l’orgue Casavant de la Basilique Notre-Dame-duCap à Trois-Rivières. Chez ALPEC, en 1979, pour la série Les orgues anciens du Québec, volume V, il a gravé Tallis, Byrd, Stanley et Muffat sur l’orgue Samuel Warren (1854) de l’église anglicane St. Stephen’s à Chambly. Sur le Casavant de l’église Saint-Jean-Baptiste à Montréal, il a enregistré, en 1987, pour REM, la Symphonie no 4 de Louis Vierne. Du même auteur, il a interprété 24 pièces en style libre (avec Jacques Boucher) pour REM sur l’orgue Cavaillé-Coll de l’abbatiale Saint-Sever (Landes).

En tant que claveciniste et organiste, à l’instar de plusieurs collègues, Regnaud a joué pour les différentes sociétés de concerts de la province de Québec, notamment à Montréal, Québec (intégrale Vierne), Rimouski, Repentigny (Festival de Lanaudière), Saint-Hyacinthe, Trois-Rivières, Iberville, mais aussi au Nouveau-Brunswick à Moncton, Edmundston, Fredericton, Lamèque et en Nouvelle-Ecosse à Wolfville. En Europe, en 1971, il joua en Autriche dans la série de récitals de Saint-Florian (orgue de Bruckner, 113 jeux), en Suisse à Bienne il participa au Festival international des jeunes organistes et donna quatre récitals d’orgue pour les écoles du Jura. En Italie, en décembre 1972, il joua à Florence sur l’orgue du XVIIe siècle de l’église San Jacopo. « Denis Regnaud est un musicien de haut niveau » écrivait PierreMichel Bédard, critique au journal Le Nouvelliste, après l’audition d’un concert orgue et clavecin donné par Denis le 27 novembre 1977 au Séminaire de Trois-Rivières pour Pro Organo (Mauricie). Ce musicien a joué fréquemment pour la radio notamment en 1980 sur le premier orgue italien à mécanique suspendue construit par Massimo Rossi. Il y interprétait Frescobaldi, Scarlatti, et J. S. Bach en utilisant les quatre jeux de cet instrument.

Et une carrière? « Je n’ai pas fait carrière. J’ai joué en y mettant tout ce que j’étais et tout ce que j’avais, du clavecin et de l’orgue et assez souvent en public. La raison est très simple : je ne disposais pas des moyens nécessaires pour répondre aux exigences de ce qu’on appelle une carrière. Une véritable carrière suppose, à tout le moins, une planification, une confiance absolue en ses moyens et une volonté de conquête. Il ne faudrait pas croire que j’éprouve des regrets pour autant. Mes incertitudes ont, au contraire, nourri une immense curiosité qu’ont toujours éveillée en moi la musique et la façon de la faire, la musique étant, pour moi, une nourriture. J’ai toujours été convaincu que la musique « sérieuse » — celle que l’on étudie dans les écoles — pour avoir un sens, doit correspondre à une nécessité vitale tant pour la personne qui l’écoute que pour celle qui la fait. Avec les années, cette exigence m’a amené à me poser sérieusement la question du rapport de la technique instrumentale et de l’expression musicale comme tel. Depuis 2002, je travaille le piano sous la direction de Jean-Pascal Hamelin. J’accède enfin à des réponses aux multiples questions que je me pose depuis si longtemps. Je me contenterai de dire que l’expression « jouer un instrument » prend maintenant son sens, c’est-à–dire, se donner les moyens nécessaires afin que la notion de « Jeu » soit intimement intégrée à l’expression musicale. Ceci élimine l’idée fort répandue au moment de l’apprentissage, chez plusieurs musiciens et musiciennes de ma génération, du presque combat qu’il faut mener contre son instrument étant donné les difficultés qu’il nous impose. Les musiciens qui nous font accéder à cette « nécessité vitale » de la musique dont je parlais plus haut, sont tous libérés des contingences techniques. Même si ma curiosité et l’amour de la musique ne m’avaient amené qu’à expérimenter, ne fût-ce que sous sa forme la plus rudimentaire cette libération, je n’aurais aucune raison d’éprouver le moindre regret, bien au contraire! Dans cette perspective, vous comprendrez que le mot carrière, comme on l’entend généralement, a bien peu de sens pour moi. »

Il a aussi inauguré mon orgue Tamburini (6 jeux, 2 claviers, pédalier) installé dans mon appartement. Denis m’avait conseillé pour l’achat de cet instrument qui fait ma fierté et me sert, depuis plus de 25 ans, d’instrument de pratique. Mentionnons aussi

En mars 2004, il a enregistré sur le piano Fazioli de la chapelle historique du Bon-Pasteur, à Montréal, des œuvres de J. S. Bach, Brahms, Haydn, et Schubert. « Depuis 30 ans, je rêvais de revenir un jour au piano afin de découvrir le plaisir de jouer cet instrument. »

Interprète

Mixtures, numéro 26, avril 2007

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Mixtures #26, avril 2007  

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