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Denis a aussi étudié le clavecin avec Ysolde Ahlgrimm. Pourquoi le clavecin? « Je découvrais les musiques des XVIIe et XVIIIIe siècles. Peut-être à tort croyais-je que le clavecin était complémentaire à l’orgue sur le plan technique et esthétique. Déjà, dans les années soixante, l’école clavecinistique d’Ahlgrimm était dépassée, mais quelle poétesse de la musique était cette dame! » Denis Regnaud a profité de son séjour européen pour aller, une fois par mois, à Amsterdam, chez Gustav Leonhardt où, à raison de 4 heures de leçon soit 2 heures le vendredi soir et 2 heures le samedi matin, il a travaillé Bach, Byrd, Couperin, Frescobaldi, Froberger. Et Leonhardt? « Un grand aristocrate de la musique! Il m’a semblé que l’engagement émotionnel absolu d’Heiller est peut-être remplacé, chez Leonhardt, par un esthétisme qui paraîtra hautain pour certains mais d’une justesse et d’une efficacité sans pareilles ». Au terme de ses études, qu’il avait pu prolonger jusqu’en 1972 grâce à des bourses du Ministère de l’Éducation du Québec et du Conseil des Arts du Canada, Denis revient au pays avec un Diplompruhfung en clavecin (1971) et un Diplompruhfung avec mention excellence en orgue (1972). Professeur De 1972 à 1980, à titre de chargé de cours à la Faculté de musique de l’Université de Montréal, il enseigne l’orgue, le clavecin et est responsable de l’atelier de musique baroque. Il a un fort sentiment d’appartenance à cette institution dont il avait connu les débuts alors qu’il n’y avait qu’une vingtaine d’étudiants; en 1972, on en dénombre une centaine. La faculté dispose maintenant d’un orgue Tamburini, à traction mécanique de 8 jeux disposés sur 2 claviers et pédalier, et d’un orgue Guilbault-Thérien aussi à traction mécanique de 5 jeux sur 2 claviers et pédalier. Avec ses collègues, il participe à l’élaboration de programmes spécialisés pour l’enseignement instrumental. - Un de ses élèves, Jean Ladouceur, a gravé Franck et Vierne pour Atma classique à l’église Saint-Pierre-Apôtre (ACD 22183) - Pendant un an, Denis enseigne le clavecin à l’Université d’Ottawa et au Cegep Saint-Laurent. En 1972, il est aussi organiste liturgique à l’Assomption de Notre-Dame, à SaintHyacinthe et, de 1976 à 1979, à la cathédrale catholique irlandaise Saint-Patrick, à Montréal. Radiodiffuseur Réalisateur pour les émissions musicales de la Société Radio-Canada à Moncton (Nouveau-Brunswick) de 1980 à 1984 « la radio faisait partie de mes intérêts, ayant fait de la radio communautaire à Montréal. L’enthousiasme de Jacques Boucher, par rapport à son métier de réalisateur, m’a sensibilisé à des aspects de la radio qui nous échappent en tant qu’auditeur, les prenant pour acquis. J’ai adoré les gens des provinces maritimes, plus spécialement les Acadiens, étant donné que je travaillais à la Page 6

radio française. J’ai réalisé des émissions de musique classique, de folklore, de jazz, de variétés et ce, dans les quatre provinces de l’Atlantique : Terre-Neuve, Îledu-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, NouvelleÉcosse ainsi qu’aux Îles-de-la-Madeleine (Québec) ». Il enseigne aussi l’orgue pendant un an à l’Université de Moncton. De retour à Montréal comme réalisateur pour la Société Radio-Canada, il met sur pied Tribune de l’orgue et se promène dans la belle province, de 1984 à 1987, pour enregistrer des orgues dans des églises. Il réalise aussi une quinzaine d’événements pour Les Grands Concerts dont, en 1985, une série consacrée à J. S. Bach : orgue, cordes, cantates. « Je garde un souvenir mémorable de l’interprétation de l’Art de la Fugue par Bernard Lagacé à l’orgue Beckerath de l’Immaculée-Conception, de la performance remarquable de Denis Bédard sur ces mêmes orgues, jouant les transcriptions des concerti de Vivaldi faites par J.S.Bach, en alternance avec les originaux joués par les cordes, d’une « Soirée avec la famille Bach » à l’église SaintSacrement dont Jean-Pierre Pinson était l’animateur et le scénariste, d’une soirée au Redpath Hall consacrée à certaines cantates de Bach interprétées par l’alto Madeleine Jalbert et Geneviève Soly à l’orgue ainsi que de l’interprétation de la claveciniste Geneviève Soly jouant certains Préludes et Fugues du Clavier bien tempéré alternant avec les transcriptions pour quatuor à cordes réalisées par Mozart. J’ai aussi coordonné la Journée Bach réalisée par la radio le 21 mars 1985 alors que, pendant 18 heures, nous avons diffusé des œuvres de Bach jouées en direct par des musiciens d’ici, concerts produits par Radio-Canada dans diverses salles et églises de la région de Montréal. » En 1986, il a commandé à Massimo Rossi un concerto de 20 minutes pour positif et orchestre à cordes. Dédiée à Denis Regnaud, cette œuvre a été interprétée par Geneviève Soly sur le positif de 8 jeux construit par Rossi et entendue à l’émission Les Grands Concerts le 27 mars 1987. « Le métier de réalisateur fut pour moi une expérience fabuleuse. Avec des écouteurs sur les oreilles, on entend tout, on accède à une manière d’écouter différente de celle des auditeurs, on entretient un climat d’intimité avec l’interprète et la musique. Je jouais même un rôle actif me permettant même quelquefois de suggérer des couleurs, des orientations… » Denis Regnaud tient cependant à exercer le métier de musicien afin d’être en contact avec la musique vivante. De 1986 à 1992, il touche les orgues de la paroisse Notre-Dame–de-Lourdes à Verdun (Casavant 1935, 3 claviers, 35 jeux, restauration GuilbaultThérien, 1978) où il a le plaisir de travailler avec la violoniste Suzanne Brochu « très bon chef de chœur

Mixtures, numéro 26, avril 2007

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Mixtures #26, avril 2007  

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