Page 1

Numéro 26

Avril 2007

Mixtures Bulletin de liaison de la Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

www.fqao.org


Mixtures Coordonnateur Robert Poliquin

Sommaire 4

Comité de rédaction Claude Beaudry, Antoine Bouchard, Irène Brisson, Noëlla Genest, Michelle Quintal, Robert Poliquin

Les organistes 5

Collaborateurs à ce numéro Gaston Arel, Irène Brisson, Louis Brouillette, André Côté, Claude Girard, Gérard Mercure, Robert Poliquin, Michelle Quintal, Massimo Rossi, Martin Yelle

Éditorial Nos lecteurs réagissent...

Denis Regnaud, organiste, claveciniste, professeur, réalisateur et pianiste (1ère partie) Les congrès/conférences/concours

9 10

Révision linguistique

Congrès RCCO/CRCO 2006 Le Manuscrit de la cathédrale anglicane de Québec Les instruments

Jean-Paul Saint-Germain Impression

13 17

Le patrimoine

Les Impressions MOF Paraît deux fois par année : avril et novembre Prix : 5$ par numéro

20

Administration et trésorerie Réal Gauthier 1749, rue Boisvert Laval, QC H7M 2L1 Courriel : realgau@yahoo.com Mixtures Robert Poliquin 1203, avenue d’Argenteuil Québec, QC G1W 3S1 Courriel : poliquin.robert@videotron.ca

Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Novembre 2006 ISSN 1201-5741

Mixtures, numéro 26, avril 2007

Suivi du volet patrimonial Les chroniques

22 Fédération Québécoise des Amis de l’Orgue

Église Saints-Anges de Lachine Église Saint-Denis de la Bouteillerie

23 24 25 26 28 29

Anniversaires en musique Nouvelles de régions - Montréal - Mauricie - Québec - Rimouski Publications L’orgue sur le web Revue des revues

En couverture : Orgue Casavant, Opus 519, 1913 52 jeux, 60 rangs Traction électropneumatique Église Notre-Dame-de-Jacques-Cartier Québec, QC

Page 3


Éditorial

Nos lecteurs réagissent...

Le passage de Mixtures à la couleur et à un nouveau format a été très bien accueilli par ses lecteurs. L’équipe de rédaction en a eu des échos d’aussi loin que de la Suisse et de l’Italie. On ne peut échapper au souci de l’image et de la « visibilité » si l’on veut garder sa place au soleil. Mixtures logera dans les présentoirs à la même enseigne que d’autres revues d’information spécialisée telles que Paroles & musique des auteurs compositeurs et éditeurs, Livres d’ici des libraires québécois, ou encore Continuité traitant du patrimoine québécois. Nous espérons qu’ainsi, Mixtures aura un attrait de plus pour intéresser un plus grand nombre de lecteurs au monde de l’orgue et des organistes. Bien qu’elle manifeste de l’ambition, Mixtures demeurera le bulletin de liaison des organistes et des amis de l’orgue qu’elle a toujours été, à la fois pour l’échange d’idées entre professionnels et amis et comme vitrine exposant les trésors de la facture québécoise par le texte et l’image.

La nouvelle présentation de la revue

Les administrateurs de la FQAO ont accordé, au cours des derniers mois, une attention particulière à l’évolution de leur revue. Ils doivent maintenant se tourner vers les grands dossiers de l’heure dont celui de la sauvegarde des orgues. Vouée d’abord à la promotion de l’orgue, la FQAO doit veiller à la sauvegarde des instruments qui ont une valeur patrimoniale. Qui dit fermeture d’églises dit relocalisation, vente ou entreposage d’instruments. Dans cette perspective il nous faut, comme organisme national, encourager la mise en place d’un inventaire des orgues du Québec dans les meilleurs délais. Faut-il attendre pour agir l’intervention du gouvernement et l’application des recommandations de la Commission de la culture sur l’avenir du patrimoine religieux du Québec? Attendre, c’est risquer de devoir un jour précipiter les choses pour avoir trop tardé et de se retrouver en situation de vente de feu. On peut, à tout le moins, établir déjà les critères d’évaluation et identifier les ressources pour mener à bien l’opération. La FQAO salue l'initiative des Amis de l'Orgue de Drummond de mettre sur pied un sérieux projet d'inventaire dont le fruit sera la publication d'un répertoire pour les cinq MRC de la région Centre-du-Québec (17). Il est à noter que la FQAO est représentée dans ce groupe de travail de sorte que les méthodes de travail de l'AOD puissent servir de référence à d'autres régions et, qui sait, de guide pour mener à bien l'inventaire complet des orgues du Québec. Gérard Mercure président Page 4

[…] Je vous adresse mes félicitations les plus chaleureuses et les plus enthousiastes pour la récente parution du bulletin Mixtures. C'est une véritable splendeur, qui se compare avec fierté à ce qui se fait de mieux dans le domaine des publications périodiques de sociétés et d'associations. La présentation en est des plus élégantes et parfaitement proportionnée. Le mélange des couleurs et des éléments en noir rend la mise en page vivante sans tomber dans le tape-à-l'oeil. Bravo! […] Paul Cadrin Québec […] Au nom du c.a. des Amis de l’orgue de Montréal, et en mon nom personnel, je veux féliciter la FQAO pour le spectaculaire virage qu’a pris la présentation de la revue. Je crois que vous venez d’atteindre là des standards très élevés, qui ne pourront qu’être bénéfiques à la diffusion nationale et internationale de la vie de l’orgue du Québec. […] Yves G. Préfondaine Président Amis de l’orgue de Montréal […] Les membres de Amis de l’orgue de Québec ont reçu un beau cadeau : la revue Mixtures de la FQAO, dans un nouveau format et dans une présentation très attrayante, sur papier glacé et avec illustrations en couleurs. C’est un petit bijou […] Irène Brisson Coordonnatrice Bulletin des Amis de l’orgue de Québec […] Je félicite les rédacteurs de la «nouvelle revue» Mixtures! Sa présentation de qualité, invite à la lecture. Je dirais même que sa nouvelle présentation invite aussi à sa conservation pour consultation puisque son contenu semble davantage riche d'histoire et d'information. […] Michel Villemure Vice-président Pro Organo Mauricie […] Permettez-moi de vous féliciter pour les améliorations importantes apportées à la revue Mixtures. Cela ajoute grandement à l'intérêt de cette publication. […] Simon Couture Casavant Frères Les commentaires et remarques sont les bienvenus. Les adresser au coordonnateur de la revue.

Mixtures, numéro 26, avril 2007


Denis Regnaud,

organiste, claveciniste, professeur, réalisateur et pianiste (1ère partie)

par Michelle Quintal

« C’est à tort, quelquefois, que l’on s’imagine que la mort est prématurée. Certains êtres sont marqués par le destin de telle manière que la vie, pour brève qu’elle soit, est pourtant complètement achevée. » (Rainer Maria Rilke) Il était une fois un demivoyant…

Son père joue du violon à l’oreille, toute la famille Regnaud fait de la musique. Né le 6 janvier 1945, à Saint-Hyacinthe, Denis Regnaud devient, à six ans, interne à l’Institut Nazareth à Montréal. À sept ans, il étudie le piano avec Berthe Rhéaume et le violon avec Jules Paiement. Après trois années de piano, il peut enfin commencer l’orgue avec Marcelle Désilets, s.g.m. sur un piano-pédalier et ensuite il a l’honneur de s’exercer sur le Casavant, 20 jeux, 3 claviers et pédalier de la chapelle, instrument dont les sons sont entendus dans toute l’institution. « C’était le cœur du lieu » me confiait Nicole Trudeau. À onze ans, il travaille aussi le contrepoint et l’harmonie avec la compositrice Jeannine Vanier dont on chantait le « Regina Cæli » pour trois voix égales et orgue lors des cérémonies liturgiques. De 12 ans à 18 ans, à l’Institut Louis-Braille, il continue l’écriture avec Henri Rhéaume, le piano avec Georges Lindsay, ancien élève de Louis Vierne et « qui avait une excellente technique » se souvient Denis. À l’émission Album-Souvenir que Denis réalisera pour la Société Radio-Canada à Montréal, on a pu entendre un enregistrement de Georges Lindsay jouant, entre autres, « Feux follets » de Louis Vierne. De 1963 à 1965, à la faculté de musique de l’Université de Montréal, études d’orgue, de fugue, d’improvisation avec Françoise Aubut-Pratte, organiste qui jouait Messiaen de mémoire. Cette ancienne élève de Marcel Dupré transposait à vue les Sonates en trio de J. S. Bach et demandait à ses élèves d’en faire autant! De 1965 à 1967, avec l’organiste Bernard Lagacé, il découvre que « l’orgue est un instrument musical organique, en ce sens que, comme tous les Mixtures, numéro 26, avril 2007

autres instruments, il a son mode d’expression » commente-t-il. Avec ce professeur, il travaille non seulement J. S. Bach mais aussi Buxtehude, Clérambault, Franck, Hindemith et Messiaen. Il bénéficie aussi des cours de Jean Papineau-Couture, de Josette Renshaw, de Maryvonne Kendergi, de Jean Vallerand et de Massimo Rossi. Il se souvient avec bonheur des cours de dictée musicale de Gabriel Cusson. Souvent, ce professeur lui demandait de ne pas répondre quand il posait une question afin de donner aux autres élèves la chance de chercher. Denis reconnaissait plus rapidement que les autres la hauteur et la durée des sons. « Si vous comprenez l’harmonie, cela ne peut-être que ça » disait Cusson, en riant très fort. Il ne faut donc pas s’étonner de la facilité avec laquelle Denis analysait à l’oreille les harmonies des lieder de Schumann dont je jouais les accompagnements tout en chantant les mélodies, analyse qui m’aidait à préparer les cours d’écriture que je dispensais au Conservatoire de Trois-Rivières. Suite à la recommandation de Clément Morin p.s.s., doyen de la Faculté de musique de l’Université de Montréal, ce jeune bachelier de 21 ans obtient une bourse de la Société autrichienne de Montréal qui lui permet, en 1967, d’aller étudier à l’Académie de musique de Vienne avec Anton Heiller. Concrétisation d’un rêve? « Après avoir entendu Anton Heiller, lors d’un concert qu’il avait donné à l’Oratoire Saint-Joseph dans les années soixante, je flottais et je n’avais qu’un désir : aller étudier avec lui ». Ce musicien, qui lui était inconnu jusqu’alors, « m’a permis de réaliser que l’orgue est non seulement un instrument musical organique comme les autres instruments mais qu’un gigantesque musicien nous en fait même oublier les caractéristiques trop spécifiques (église, acoustique), il nous fait pénétrer dans la musique pure indépendamment de tout. Ce n’est plus l’orgue que j’entendais, c’était une fabuleuse musique qui aurait pu naître d’un violon ou d’un quatuor à cordes, le musicien transcendait son instrument ». Et Denis d’ajouter « il y a danger à étudier avec un musicien gigantesque, l’emprise musicale qu’il exerce sur l’étudiant est telle qu’il l’amène à un haut niveau d’exécution sans pourtant expliquer tous les moyens dont on doit se servir pour y arriver et donc que l’étudiant n’a pas digéré. Cependant quelles découvertes…et quel plaisir ! »

Page 5


Denis a aussi étudié le clavecin avec Ysolde Ahlgrimm. Pourquoi le clavecin? « Je découvrais les musiques des XVIIe et XVIIIIe siècles. Peut-être à tort croyais-je que le clavecin était complémentaire à l’orgue sur le plan technique et esthétique. Déjà, dans les années soixante, l’école clavecinistique d’Ahlgrimm était dépassée, mais quelle poétesse de la musique était cette dame! » Denis Regnaud a profité de son séjour européen pour aller, une fois par mois, à Amsterdam, chez Gustav Leonhardt où, à raison de 4 heures de leçon soit 2 heures le vendredi soir et 2 heures le samedi matin, il a travaillé Bach, Byrd, Couperin, Frescobaldi, Froberger. Et Leonhardt? « Un grand aristocrate de la musique! Il m’a semblé que l’engagement émotionnel absolu d’Heiller est peut-être remplacé, chez Leonhardt, par un esthétisme qui paraîtra hautain pour certains mais d’une justesse et d’une efficacité sans pareilles ». Au terme de ses études, qu’il avait pu prolonger jusqu’en 1972 grâce à des bourses du Ministère de l’Éducation du Québec et du Conseil des Arts du Canada, Denis revient au pays avec un Diplompruhfung en clavecin (1971) et un Diplompruhfung avec mention excellence en orgue (1972). Professeur De 1972 à 1980, à titre de chargé de cours à la Faculté de musique de l’Université de Montréal, il enseigne l’orgue, le clavecin et est responsable de l’atelier de musique baroque. Il a un fort sentiment d’appartenance à cette institution dont il avait connu les débuts alors qu’il n’y avait qu’une vingtaine d’étudiants; en 1972, on en dénombre une centaine. La faculté dispose maintenant d’un orgue Tamburini, à traction mécanique de 8 jeux disposés sur 2 claviers et pédalier, et d’un orgue Guilbault-Thérien aussi à traction mécanique de 5 jeux sur 2 claviers et pédalier. Avec ses collègues, il participe à l’élaboration de programmes spécialisés pour l’enseignement instrumental. - Un de ses élèves, Jean Ladouceur, a gravé Franck et Vierne pour Atma classique à l’église Saint-Pierre-Apôtre (ACD 22183) - Pendant un an, Denis enseigne le clavecin à l’Université d’Ottawa et au Cegep Saint-Laurent. En 1972, il est aussi organiste liturgique à l’Assomption de Notre-Dame, à SaintHyacinthe et, de 1976 à 1979, à la cathédrale catholique irlandaise Saint-Patrick, à Montréal. Radiodiffuseur Réalisateur pour les émissions musicales de la Société Radio-Canada à Moncton (Nouveau-Brunswick) de 1980 à 1984 « la radio faisait partie de mes intérêts, ayant fait de la radio communautaire à Montréal. L’enthousiasme de Jacques Boucher, par rapport à son métier de réalisateur, m’a sensibilisé à des aspects de la radio qui nous échappent en tant qu’auditeur, les prenant pour acquis. J’ai adoré les gens des provinces maritimes, plus spécialement les Acadiens, étant donné que je travaillais à la Page 6

radio française. J’ai réalisé des émissions de musique classique, de folklore, de jazz, de variétés et ce, dans les quatre provinces de l’Atlantique : Terre-Neuve, Îledu-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick, NouvelleÉcosse ainsi qu’aux Îles-de-la-Madeleine (Québec) ». Il enseigne aussi l’orgue pendant un an à l’Université de Moncton. De retour à Montréal comme réalisateur pour la Société Radio-Canada, il met sur pied Tribune de l’orgue et se promène dans la belle province, de 1984 à 1987, pour enregistrer des orgues dans des églises. Il réalise aussi une quinzaine d’événements pour Les Grands Concerts dont, en 1985, une série consacrée à J. S. Bach : orgue, cordes, cantates. « Je garde un souvenir mémorable de l’interprétation de l’Art de la Fugue par Bernard Lagacé à l’orgue Beckerath de l’Immaculée-Conception, de la performance remarquable de Denis Bédard sur ces mêmes orgues, jouant les transcriptions des concerti de Vivaldi faites par J.S.Bach, en alternance avec les originaux joués par les cordes, d’une « Soirée avec la famille Bach » à l’église SaintSacrement dont Jean-Pierre Pinson était l’animateur et le scénariste, d’une soirée au Redpath Hall consacrée à certaines cantates de Bach interprétées par l’alto Madeleine Jalbert et Geneviève Soly à l’orgue ainsi que de l’interprétation de la claveciniste Geneviève Soly jouant certains Préludes et Fugues du Clavier bien tempéré alternant avec les transcriptions pour quatuor à cordes réalisées par Mozart. J’ai aussi coordonné la Journée Bach réalisée par la radio le 21 mars 1985 alors que, pendant 18 heures, nous avons diffusé des œuvres de Bach jouées en direct par des musiciens d’ici, concerts produits par Radio-Canada dans diverses salles et églises de la région de Montréal. » En 1986, il a commandé à Massimo Rossi un concerto de 20 minutes pour positif et orchestre à cordes. Dédiée à Denis Regnaud, cette œuvre a été interprétée par Geneviève Soly sur le positif de 8 jeux construit par Rossi et entendue à l’émission Les Grands Concerts le 27 mars 1987. « Le métier de réalisateur fut pour moi une expérience fabuleuse. Avec des écouteurs sur les oreilles, on entend tout, on accède à une manière d’écouter différente de celle des auditeurs, on entretient un climat d’intimité avec l’interprète et la musique. Je jouais même un rôle actif me permettant même quelquefois de suggérer des couleurs, des orientations… » Denis Regnaud tient cependant à exercer le métier de musicien afin d’être en contact avec la musique vivante. De 1986 à 1992, il touche les orgues de la paroisse Notre-Dame–de-Lourdes à Verdun (Casavant 1935, 3 claviers, 35 jeux, restauration GuilbaultThérien, 1978) où il a le plaisir de travailler avec la violoniste Suzanne Brochu « très bon chef de chœur

Mixtures, numéro 26, avril 2007


et qui, à ce titre, sait choisir un très beau répertoire. » Sous la direction d’Antoine Reboulot, « un très grand musicien dans tout le sens du mot », il obtient un doctorat en interprétation (clavecin) de la faculté des études supérieures de l’Université de Montréal où il a joué Les Variations Goldberg de J. S. Bach. Nouveau défi : en janvier 1987, on lui offre le poste de directeur de la section musique du réseau FM de Radio-Canada. « J’ai travaillé avec des gens extraordinaires, j’ai fait ce que j’ai voulu ». En 1992, il est nommé directeur des productions musicales pour la radio de Radio-Canada, poste qu’il quittera en 1997 pour des raisons de santé. Juge à trois reprises pour les concours Prix d’Europe, juge pour les examens d’orgue des conservatoires de musique de la province et de la Faculté de musique de l’Université McGill, il fut aussi, de 1989 à 1992, président de la commission musique de la Communauté des radios publiques de langue française. De 1992 à 2000, on le retrouve comme membre du Conseil des Arts de la communauté urbaine de Montréal.

que Denis a réalisé mon premier CD Orgue en Mauricie gravé à l’orgue Casavant de la Basilique Notre-Dame-duCap à Trois-Rivières. Chez ALPEC, en 1979, pour la série Les orgues anciens du Québec, volume V, il a gravé Tallis, Byrd, Stanley et Muffat sur l’orgue Samuel Warren (1854) de l’église anglicane St. Stephen’s à Chambly. Sur le Casavant de l’église Saint-Jean-Baptiste à Montréal, il a enregistré, en 1987, pour REM, la Symphonie no 4 de Louis Vierne. Du même auteur, il a interprété 24 pièces en style libre (avec Jacques Boucher) pour REM sur l’orgue Cavaillé-Coll de l’abbatiale Saint-Sever (Landes).

En tant que claveciniste et organiste, à l’instar de plusieurs collègues, Regnaud a joué pour les différentes sociétés de concerts de la province de Québec, notamment à Montréal, Québec (intégrale Vierne), Rimouski, Repentigny (Festival de Lanaudière), Saint-Hyacinthe, Trois-Rivières, Iberville, mais aussi au Nouveau-Brunswick à Moncton, Edmundston, Fredericton, Lamèque et en Nouvelle-Ecosse à Wolfville. En Europe, en 1971, il joua en Autriche dans la série de récitals de Saint-Florian (orgue de Bruckner, 113 jeux), en Suisse à Bienne il participa au Festival international des jeunes organistes et donna quatre récitals d’orgue pour les écoles du Jura. En Italie, en décembre 1972, il joua à Florence sur l’orgue du XVIIe siècle de l’église San Jacopo. « Denis Regnaud est un musicien de haut niveau » écrivait PierreMichel Bédard, critique au journal Le Nouvelliste, après l’audition d’un concert orgue et clavecin donné par Denis le 27 novembre 1977 au Séminaire de Trois-Rivières pour Pro Organo (Mauricie). Ce musicien a joué fréquemment pour la radio notamment en 1980 sur le premier orgue italien à mécanique suspendue construit par Massimo Rossi. Il y interprétait Frescobaldi, Scarlatti, et J. S. Bach en utilisant les quatre jeux de cet instrument.

Et une carrière? « Je n’ai pas fait carrière. J’ai joué en y mettant tout ce que j’étais et tout ce que j’avais, du clavecin et de l’orgue et assez souvent en public. La raison est très simple : je ne disposais pas des moyens nécessaires pour répondre aux exigences de ce qu’on appelle une carrière. Une véritable carrière suppose, à tout le moins, une planification, une confiance absolue en ses moyens et une volonté de conquête. Il ne faudrait pas croire que j’éprouve des regrets pour autant. Mes incertitudes ont, au contraire, nourri une immense curiosité qu’ont toujours éveillée en moi la musique et la façon de la faire, la musique étant, pour moi, une nourriture. J’ai toujours été convaincu que la musique « sérieuse » — celle que l’on étudie dans les écoles — pour avoir un sens, doit correspondre à une nécessité vitale tant pour la personne qui l’écoute que pour celle qui la fait. Avec les années, cette exigence m’a amené à me poser sérieusement la question du rapport de la technique instrumentale et de l’expression musicale comme tel. Depuis 2002, je travaille le piano sous la direction de Jean-Pascal Hamelin. J’accède enfin à des réponses aux multiples questions que je me pose depuis si longtemps. Je me contenterai de dire que l’expression « jouer un instrument » prend maintenant son sens, c’est-à–dire, se donner les moyens nécessaires afin que la notion de « Jeu » soit intimement intégrée à l’expression musicale. Ceci élimine l’idée fort répandue au moment de l’apprentissage, chez plusieurs musiciens et musiciennes de ma génération, du presque combat qu’il faut mener contre son instrument étant donné les difficultés qu’il nous impose. Les musiciens qui nous font accéder à cette « nécessité vitale » de la musique dont je parlais plus haut, sont tous libérés des contingences techniques. Même si ma curiosité et l’amour de la musique ne m’avaient amené qu’à expérimenter, ne fût-ce que sous sa forme la plus rudimentaire cette libération, je n’aurais aucune raison d’éprouver le moindre regret, bien au contraire! Dans cette perspective, vous comprendrez que le mot carrière, comme on l’entend généralement, a bien peu de sens pour moi. »

Il a aussi inauguré mon orgue Tamburini (6 jeux, 2 claviers, pédalier) installé dans mon appartement. Denis m’avait conseillé pour l’achat de cet instrument qui fait ma fierté et me sert, depuis plus de 25 ans, d’instrument de pratique. Mentionnons aussi

En mars 2004, il a enregistré sur le piano Fazioli de la chapelle historique du Bon-Pasteur, à Montréal, des œuvres de J. S. Bach, Brahms, Haydn, et Schubert. « Depuis 30 ans, je rêvais de revenir un jour au piano afin de découvrir le plaisir de jouer cet instrument. »

Interprète

Mixtures, numéro 26, avril 2007

Page 7


Bénévole

Conclusion

Saviez-vous que Denis Regnaud avait été, de 1999 à 2002, directeur de l’Union francophone des aveugles (UFA) et qu’à ce titre, en juin 2001, il a organisé à Casablanca (Maroc) la première assemblée générale où étaient présents des représentants de 21 pays francophones dont 15 pays africains?

Denis Regnaud a légué son piano Steinway à la Faculté de musique de l’Université de Montréal. Le 6 décembre 2006, au cours d’une soirée-hommage tenue à la salle Claude-Champagne de cette faculté (en collaboration avec Espace musique, la radio musicale de Radio-Canada), il y a eu concert de piano avec Jean-Pascal Hamelin, Marc Durand, Jimmy Brière, Paul Stewart, Paul Saulnier, Maneli Pirzadeh. Afin de perpétuer sa mémoire auprès des générations futures d’étudiants en clavier (piano, clavecin, orgue), on a profité de cette occasion pour créer le Fonds de bourses Denis-Regnaud. Ce concert, enregistré par Radio-Canada, a été diffusé le 8 janvier 2007 à Espace Musique. Jacques Boucher, doyen de la Faculté de musique, et Georges Nicholson, animateur, ont été les artisans de cet événement.

Saviez-vous, qu’en collaboration avec l’ACDI, il a aussi organisé à Dakar (Sénégal), en novembre 2001, un séminaire sur l’alphabétisation des aveugles en Afrique ainsi qu’une première rencontre de l’UFA à Montréal en octobre 2002? Denis a collaboré avec enthousiasme à « Petite histoire sonore des Instituts Nazareth et Louis-Braille », document audio publié en 2001 à l’occasion du 140e anniversaire de l’institution. Il a nettoyé les bandes originales, a sélectionné les extraits musicaux, a supervisé les techniques de repiquage afin que ce document, réalisé avec trois autres personnes, illustre les réalisations des 60 dernières années et constitue un hommage aux individus qui ont contribué à la mise en place de services aux personnes ayant une déficience visuelle. Avec fierté, Denis m’informe que Nazareth a été considéré, au XIXe siècle, comme le premier conservatoire de Montréal. De 2001 à 2005, Regnaud a été président du conseil d’administration de la Magnétothèque, organisme à but non lucratif qui enregistre des livres en format audio pour des personnes qui ne peuvent lire. À ce titre, il a participé aux négociations pour le transfert des archives à la Bibliothèque et aux Archives Nationales du Québec. Avec Fernand Lindsay, c.s.v., fondateur du Camp musical de Lanaudière, Denis a négocié une entente afin que de jeunes aveugles puissent participer à ce camp, entente concrétisée en 2005 et renouvelée en 2006 : 5 jeunes non-voyants, accompagnés par Michel Regnaud, frère de Denis, ont été plongés dans une atmosphère de musique et de plaisir avec d’autres jeunes voyants et ont appris le code de la musique en braille. Il faut dire qu’aujourd’hui, les jeunes déficients visuels qui veulent étudier la musique ne bénéficient pas de l’encadrement adapté et rigoureux qui a permis aux musiciens des générations précédentes tels Jeannine Vanier, Nicole Trudeau, Carol Bergeron et Denis Regnaud pour ne nommer que ceux-là, d’acquérir des connaissances solides et la maîtrise d’un instrument. En tant que participant aux travaux de la Fondation CypihotOuellette (2001-2005), Denis a obtenu que cette dernière finance le séjour de ces jeunes dans le milieu d’apprentissage musical et culturel qu’est le camp musical du Lac Priscault.

Page 8

Denis nous a quittés à l’âge de 61 ans. En tant qu’interprète, professeur, radiodiffuseur et bénévole, il a servi la société des non-voyants et des voyants. Cet article a été rédigé à la suite d’une entrevue que cet être hors de l’ordinaire m’a généreusement accordée en décembre 2005. Ses œuvres parlent d’ellesmêmes. Merci à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à cette recherche : Louise Bail, Francine Baril, Philippe Bélanger, Carol Bergeron, Jacques Boucher, Paul-Henri Buteau, Alain Cartayrade, Simon Couture, Annick De la Perrière, Emmanuel Dor, Mathieu Duguay, Elisabeth Gallat-Morin, Mylène Laurendeau, Sonia Paquet, Michel Regnaud, Gaby St-Onge, Marjolaine Théodore, Nicole Trudeau et Monique Voyer. Discographie Les orgues anciens du Québec, vol. 5, orgue Samuel Warren (1854) de l’église anglicane St-Stephen’s de Chambly (Tallis, Byrd, Stanley, Muffat) Alpec A-81033 et 7-RC538 (1979) Louis Vierne : Symphonie no 4, orgue Casavant de l’église St-Jean-Baptiste, Montréal REM 11047 (1987) Louis Vierne : 24 pièces en style libre (avec Jacques Boucher), orgue Cavaillé-Coll de l’abbatiale de SaintSever (Landes) REM 311244/2 (1995) Haydn, Brahms, Bach, Schubert, piano Fazioli de la chapelle historique du Bon-Pasteur, Montréal DR-001 (2004) À suivre, dans le prochain numéro, Témoignages

Mixtures, numéro 26, avril 2007


Le congrès RCCO/CRCO 2006 par Robert Poliquin Le congrès national du Collège Royal Canadien des Organistes pour l’année 2006 s’est tenu du 23 au 27 juillet dans la ville de Halifax, en Nouvelle-Écosse. Comme tout congrès, les activités se divisaient en trois groupes : les concerts, les ateliers et les célébrations liturgiques. Quoique la majorité des activités se soient déroulées à Halifax, nous avons eu droit à une excursion qui nous a menés à Mahone Bay et Lunenburg. Il était inconcevable de visiter Halifax sans goûter aux fruits de mer et c’est pour cette raison qu’un grand souper au homard était inscrit au programme.

All Saints Anglican Cathedral (1910, IV, 75/80), St. David’s Presbyterian Church (1925, IV, 56/60), St. Matthew’s United Church ( 1921, IV, 57/59), St. Paul’s Anglican Church (1904, IV, 48/54), St. Mary’s Basilica (1960, III, 38/44), First Baptist Church (1950, III, 35/39), St. Patrick’s Church (1898, III, 35/39); et un tout dernier : St. John Anglican Church in Lunenburg (2005, II, 25/31). Il nous a été aussi permis d’entendre deux instruments à traction mécanique produits par la maison Létourneau : St. James Anglican Church (1988, II, 19/25) et St. George’s Round Church (2002, II, 25/30).

Qui dit concerts, dit artistes et instruments. Les organistes entendus provenaient de différentes régions du Canada ainsi que d’Angleterre et des États-Unis. On y retrouvait de jeunes et talentueux organistes de la relève : James Calkin, d’Ottawa, et Ryan Jackson, de Toronto. Des artistes de la région atlantique ont fourni des prestations dignes de mention : le duo Gayle Hollister Martin et Ian McKinnon qui ont présenté un récital inusité regroupant orgue et cornemuse, le trio Sanctuary formé de Jeff Reilly à la clarinette basse, Peter Togni à l’orgue et Christoph Both au violoncelle dans des improvisations basées sur des thèmes grégoriens où la musique ancienne côtoie le jazz et la musique contemporaine. Aussi de la musique canadienne (Gerald Bales, Healey Willan, Rachel Laurin, Martha Graham et Michael Capon) présentée par Valerie Hall, une interprète de premier rang. Les deux grands invités : Robert Quinney, organiste assistant à l’abbaye de Westminster (Angleterre), qui a présenté un Mozart époustouflant (Adagio et Fugue, K 546) dans un arrangement de Jean Guillou ainsi qu’un Brahms flamboyant (Academic Festival Ouverture) dans une transcription d’Edwin Lamarre; et Diane Meredith Belcher, professeure d’orgue adjointe au Collège Westminster de Princeton, NJ., qui a émerveillé l’audience lors d’une brillante prestation alliant technique impeccable et jeu raffiné.

Depuis toujours, la tradition musicale protestante est reconnue pour la beauté de ses chœurs. Trois occasions nous ont permis de les admirer. D’abord, un service du soir en l’église anglicane St. Paul où le chœur a interprété de très belles pièces liturgiques; par la suite, sans être un concert à proprement dit, la soirée des hymnes où tous les participants sont invités à chanter différentes hymnes liturgiques. Je me suis surpris à rester muet pour seulement entendre et goûter le chant et l’harmonie provenant d’un groupe d’environ 400 choristes chanter tantôt à l’unisson, tantôt à quatre voix mixtes. Un réel enchantement qui fait vibrer tout votre être. Enfin, le concert de clôture qui célébrait Mozart tantôt pour ses œuvres pour orgue, ses sonates d’église et enfin les Vêpres solennelles pour un Confesseur avec solistes, chœur, orgue et orchestre.

Quant aux instruments, nous avons entendu plusieurs Casavant. Ils proviennent de différentes décennies mais la plupart ont en commun l’esthétique angloaméricaine. Ils ont tous été restaurés et modifiés au cours des ans. Parmi ceux-ci, de grands instruments :

Le congrès de 2007 aura lieu du 29 juillet au 3 août à Edmonton, en Alberta, où notre confrère Denis Bédard fera partie du concert d’ouverture à l’orgue Létourneau (IV,96/122) du Centre Francis Winspear.

Mixtures, numéro 26, avril 2007

Différents ateliers ont aussi eu lieu. Les sujets traités allaient de l’improvisation à l’orgue, des relations entre le clergé et les organistes, de la culture musicale à l’abbaye de Westminster, à la découverte de nouvelles œuvres liturgiques pour chœur. Lors de ce dernier atelier, il est remarquable de constater avec quelle facilité les participants peuvent, à vue, interpréter ces œuvres à quatre voix mixtes.

Page 9


Le Manuscrit de la Cathédrale anglicane de Québec par Louis Brouillette

Au début des années 1980, la musicologue Louise Courville découvrait dans les archives de la Cthédrale anglicane de Québec un document exceptionnel : un manuscrit contenant des voluntaries pour orgue des XVIIe et XVIIIe siècles. Désigné sous l’appellation Manuscrit d’orgue de la Cathédrale anglicane de Québec (MOCAQ), ce document contient non seulement des pièces pour orgue, mais aussi des œuvres vocales et de la musique pour clavecin. Après une brève description du MOCAQ, le genre musical nommé voluntary, qui constitue une des spécificités de ce livre d’orgue, sera décrit et analysé en lien avec le répertoire copié dans le manuscrit. Le MOCAQ contient 198 pages de musique et d’annotations, dont 185 pages de musique vocale et de pièces pour clavier. Sept sections différentes forment ce manuscrit. La première contient un traité didactique sur le continuo, l’écriture modulante et la transposition. La deuxième section comprend trois œuvres du répertoire vocal de scène. Le troisième section est composée de cinq anthems. La quatrième est formée de dix-neuf voluntaries. La cinquième contient quatre psaumes. Enfin, les deux dernières sections comprennent des œuvres pour clavier. Seule la cinquième section comporte des pièces dont les noms des compositeurs sont indiqués. Les musiciens cités ont été actifs en Grande-Bretagne vers 1750 : William Boyce (1711-1779), Matthew Dubourg (1703-1767), William Felton (1715-1769), Maurice Greene (1696-1755), Niccolo Pasquali (1717/8-1757), John Randall (1717-1799), Franz Richter (1709-1789) et John Stanley (1712-1786). Jusqu’à présent, 33 pièces du MOCAQ ont pu être attribuées à des compositeurs, majoritairement des Britanniques et des Italiens du XVIIIe siècle. Parmi les vingt pièces pour orgue copiées dans le MOCAQ, aucune ne comportait le nom de son compositeur. Mon travail musicologique a permis d’attribuer plus de la moitié de ces œuvres à John Blow (16491708), Arcangelo Corelli (1653-1713), John James (?v.1745), Maurice Greene (1696-1755) et Domenico Zipoli (1688-1726). Dix-neuf de ces œuvres pour orgue forment la quatrième section du manuscrit et la vingtième se trouve dans la septième section. Seize des vingt pièces possèdent le titre Organ, une autre, Full Organ et deux autres, Fuge. Ces vingt œuvres peuvent être appelées voluntaries, car ce terme est utilisé pour désigner presque toutes les compositions Page 10

paraliturgiques anglaises pour orgue datant des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles et qui ne sont pas écrites à partir d’un cantus firmus ou d’une mélodie préexistante. Ces pièces, de nature souvent contrapuntique, se jouent soit avant la célébration anglicane, soit entre le psaume et la première lecture, ou à la sortie des fidèles. Les deux premières compositions titrées Voluntary se trouvent dans le Mulliner Book (1550-1570). Une de ces deux pièces est composée par Richard Allwood et l’autre par Richard Farrant. Ces deux courtes compositions sont construites à partir de procédés d’imitation. Dans le même livre de musique pour clavier, une pièce d’un dénommé Newman intitulée Fansye est écrite dans un style similaire à celui des compositions d’Allwood et de Farrant, ce qui démontre l’ambiguïté et le caractère interchangeable des termes fancy et voluntary à la fin du XVIe siècle. Avec le retour de la monarchie en 1660, la musique pour orgue connaît un nouvel essor et la nouvelle facture des orgues anglais influence rapidement la composition des œuvres pour cet instrument. Ainsi, plusieurs compositeurs écrivent des double voluntaries, œuvres jouées sur deux claviers, en spécifiant l’utilisation du cornet ou de la trompette - deux nouveaux jeux à l’époque - pour jouer la voix solo. Le premier musicien à écrire de telles indications est Christopher Gibbons (1615-1676) pour son Double Voluntary in A. À la fin du XVIIe siècle, John Blow (1649-1708) et Henry Purcell (1659-1695) deviennent les principaux compositeurs de voluntaries. L’importance de John Blow demeure dans l’écriture des premiers voluntaries à deux mouvements et des premiers voluntaries pour le cornet. Son élève, Henry Purcell, a composé seulement cinq pièces pour orgue. Comme les œuvres de son maître, celles de Purcell sont teintées d’une forte influence italienne avec des dissonances soutenues, du chromatisme, des traits de gamme en triples croches et l’utilisation fréquente du rythme lombard. Le Voluntary on the Old Hundredth semble le seul voluntary des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles à échapper à la nature fondamentale du voluntary, car il est basé sur une mélodie préexistante. Aucune œuvre de Purcell ne se trouve dans le MOCAQ, tandis que deux des 33 voluntaries de Blow s’y retrouvent. Il s’agit de deux œuvres de style fugué en un seul mouvement. (suite à la page 12)

Mixtures, numéro 26, avril 2007


Église Saint-Isidore-de-Dorchester Napoléon Déry, 1889 Restaurations: Guilbault-Thérien, 1979 Ateliers Guilbault, Bellavance, Carignan, 2006

2 claviers de 56 notes pédalier de 27 notes 14 jeux / 16 rangs Traction mécanique


Le Manuscrit (suite de la page 10)

Le mouvement lent de la paire de type prélude et fugue est habituellement écrit à trois voix et comporte des entrées en imitation. L’utilisation des diapasons dans un prélude indique généralement une écriture plus contrapuntique et davantage dans le registre grave qu’un prélude joué sur le full organ. La fugue qui suit est presque toujours dans la même tonalité.

Même si la majorité des pièces du MOCAQ sont des compositions anglaises, quelques-unes sont écrites par des Italiens. L’intégration du répertoire italien démontre l’importante influence des compositeurs du Sud de l’Europe sur les œuvres anglaises pour clavier, spécialement celles de la première demie du XVIIIe siècle. En fait, la quatrième section contient une pièce de Domenico Zipoli : All’Offertorio. Cette composition est publiée à Rome en 1716, dans le recueil Sonata d’involatura per organo e cimbalo. Six ans plus tard, John Walsh publie le recueil de Zipoli à Londres en changeant le titre original par A Third Collections of Toccatas, Vollentarys and Fugues. Même si All’Offertorio n’est pas composée par un Anglais, l’éditeur londonien qualifie la pièce de voluntary, car il s’agit d’une œuvre contrapuntique destinée à l’orgue. Pour cette même raison, les adaptations pour orgue des deuxièmes mouvements des sonates pour violon et basse n° 2, 4 et 6, opus 5 d’Arcangello Corelli, copiées dans la quatrième section, sont également considérées comme des voluntaries.

Le mouvement avec le jeu solo est souvent écrit en forme rondo en raison de la présence d’une ritournelle. Cette technique, tirée du concerto, rappelle l’influence de Vivaldi; ses concertos ayant été publiés en Angleterre dès 1712. D’autres techniques d’écriture rappellent le concerto : les effets d’écho par le changement de clavier, les thèmes basés sur des traits de gammes, les figurations dérivées des compositions de violon et les séquences bâties sur le cycle des quintes. Notons également que le solo est joué presque toujours par la main droite, et non plus par la main gauche comme dans plusieurs voluntaries de la fin du XVIIe siècle.

Toutes les pièces d’orgue du MOCAQ conviennent au premier orgue de la Cathédrale anglicane de Québec. Cet instrument, un Thomas Elliot installé en 1804, possède 15 jeux répartis sur trois claviers et, comme les orgues anglais de l’époque, il ne comporte pas de pédalier. Des registrations sont indiquées dans la majorité des pièces de cette section. Les jeux utilisés sont la trumpett, le cornett, les diapasons, le flauto, le principall ainsi que le full organ (plein jeu), tous des jeux de l’ancien Elliot de la cathédrale. Les changements de clavier sont également notés. Les mots chaire (positif), eccho et greate organ reviennent quelquefois.

Les trois voluntaries en deux mouvements de Maurice Greene qui sont transcrits dans le MOCAQ présentent les deux possibilités d’organisation formelle. Le voluntary en ré mineur est constitué d’un premier mouvement lent et bref, suivi d’une fugue. Le copiste a d’ailleurs retranscrit la registration full organ au début de la partition. Les deux autres voluntaries de Greene sont des exemples de l’autre type; le premier mouvement étant entièrement joué sur les jeux de diapasons et la mélodie solo du second est interprétée sur la trompette ou le cornet.

Bien qu’aucun nom de propriétaire ne figure dans le MOCAQ, plusieurs indices portent à croire que John Bentley (v.1756-1813) - musicien, fonctionnaire et homme de théâtre - aurait utilisé le document. Organiste de l’Église d’Angleterre à Québec depuis 1801, Bentley jouera de l’orgue à la Cathédrale anglicane de Québec jusqu’à son décès en 1813. Or, un filigrane du MOCAQ atteste que le papier est fabriqué en 1804. Comme les papiers sont généralement utilisés à l’intérieur des six années suivant leur confection, le MOCAQ serait rédigé durant la période d’embauche de Bentley à la Cathédrale Holy Trinity. De plus, la calligraphie du premier des cinq scribes du MOCAQ, qui a écrit le traité didactique, s’apparente à celle de John Bentley. Malgré plusieurs spéculations et évidences, aucune preuve ne permet de confirmer hors de tout doute que John Bentley aurait joué les voluntaries du manuscrit à la Cathédrale anglicane de Québec. Il n’en demeure pas moins que le MOCAQ est un des seuls manuscrits canadiens comportant des voluntaries et qu’il nous apporte de précieuses informations sur l’art de la pratique « organistique » au début du XIXe siècle.

À partir du deuxième quart du XVIIIe siècle, le voluntary adopte la forme standard en deux mouvements. La première des deux paires de mouvements les plus communes est formée par une introduction jouée avec les diapasons du clavier choir suivi d’un mouvement qui fait entendre un jeu soliste. La deuxième paire possible est constituée d’un prélude joué avec les diapasons ou un full organ, suivi par une fugue, également sur le full organ.

Dans les années 1740, parallèlement à la vogue du voluntary bipartite, des voluntaries à trois ou quatre mouvements sont composés. Le format en trois parties comprend une introduction lente, un mouvement pour un jeu solo et une fugue. La pièce anonyme pour orgue des pages 82-84 du MOCAQ suit d’ailleurs cette organisation formelle. Les voluntaries en quatre mouvements reproduisent généralement les relations de tempo de la sonata da chiesa de Corelli : lent-viflent-vif. Aucune œuvre de ce format n’est incluse dans le MOCAQ, à moins qu’un mouvement isolé de cette forme n’y soit reproduit. Page 12

Mixtures, numéro 26, avril 2007


L’orgue de l’église Saints-Anges à Lachine par Massimo Rossi

La paroisse des Saints-Anges de Lachine a été fondée en 1676. On y érigea d'abord une chapelle de bois puis, en 1703, une église en pierre et, en 1865, une église de style gothique dessinée par Victor Bourgeau. Louis Mitchell y installa un orgue à traction mécanique d'une vingtaine de jeux. En 1910, la paroisse confie à Casavant Frères l'agrandissement de l'instrument. Le facteur réutilisera largement les matériaux de l'orgue Mitchell et portera la tuyauterie à 34 jeux installés sur sommiers « pitman », avec transmission électro-pneumatique. Cet orgue n'a connu malheureusement qu'une très courte vie car, en 1915, un incendie détruisit cette troisième église. Seuls le presbytère, la chapelle et la sacristie sont épargnés. En 1919, l'église actuelle, de style néoroman, sera érigée sur les mêmes fondations, selon les plans des architectes J. Dalbé-Viau et Alphonse Venne. Casavant Frères y installe un grand orgue à quatre claviers pour Noël 1920, date de l'inauguration de la nouvelle église. Ce nouvel orgue Casavant Frères, beaucoup plus important que les deux précédents, porte le numéro 869. Le contrat a été signé le 14 avril 1920. L'instrument comprenait 3658 tuyaux répartis sur quatre claviers et un pédalier de 30 notes. Installé de part et d'autre des deux jubés, on y retrouvait à la gauche, en partant du bas vers le haut, les trois divisions expressives, soit le Récit, le Solo et le Positif. À la droite se trouvaient le Grand-Orgue, sur deux niveaux superposés et derrière celui-ci, la tuyauterie de Pédale. Les sommiers de type « pitman » sont reliés à la console détachée par une traction électrique. Au plan sonore, cet orgue était représentatif des grands instruments construits par Casavant Frères à une époque tributaire de l'esthétique symphonique française et également marquée par l'esthétique anglo-américaine alors en vogue. La définition horizontale du timbre en est privilégiée notamment dans le goût anglo-américain, d'où l'absence quasi-totale des harmoniques aigus dans les ensembles à caractère orchestral (Solo, Récit, Positif). L'instrument parlait directement dans l'axe principal de l'église. Sa sonorité était enrichie par les qualités acoustiques exceptionnelles du vaisseau, dont la réverbération va de quatre à cinq secondes, l'église vide, réduite à environ deux secondes, l'église pleine, en plus d'une diffusion homogène des timbres et intensités.

Mixtures, numéro 26, avril 2007

Après plus de 80 ans de service, l'orgue Casavant montrait désormais des signes évidents de manque d'entretien. De plus, au début des années 1960, la console d'origine a été remplacée par une autre de qualité médiocre, qui n'assurait aucune garantie de fiabilité. Dans les deux dernières décennies, l'instrument était devenu presque totalement inutilisable. En 1999, la fabrique de la paroisse décida d'entreprendre les démarches nécessaires pour restaurer son orgue. En 2001, un contrat de restauration et de restructuration de l'orgue est signé avec les représentants de la maison Casavant Frères. Le plan de travail a été élaboré par Jacquelin Rochette, directeur artistique de la maison Casavant, en consultation avec Massimo Rossi, membre expert du comité des orgues de la Fondation du patrimoine religieux du Québec. Tout en reconnaissant l'intérêt historique de l'orgue et l'acoustique remarquable de l'église des Saints-Anges, les responsables du projet ont souhaité que les travaux de restauration et de restructuration confirment l'esthétique française de l'orgue et que les techniques d'harmonisation employées suivent les principes des premiers instruments du célèbre facteur français Aristide Cavaillé-Coll. L'instrument des Saints-Anges était devenu opaque, lourd et déséquilibré. La réfection de plusieurs éléments de l'orgue s'avérait nécessaire. Voici les interventions majeures qu'on a effectuées :



relocalisation de la tuyauterie du Positif, à l'origine située dans la tour gauche, endroit ne permettant pas une claire diffusion du son. La nouvelle section, développée dans son contenu sonore pyramidal, a été installée de part et d'autre du vitrail de la tribune supérieure. Disposée ainsi, sa tuyauterie contribue efficacement à la définition sonore de tout l'orgue;



surélévation du Solo de plusieurs mètres, permettant ainsi une projection sonore beaucoup plus efficace;



installation d'un nouveau mécanisme de volets expressifs « en tête » de la boîte expressive et ajout d'un conduit dirigeant le son vers le jubé supérieur, pour assurer une meilleure audition du Récit depuis la console;

Page 13




construction d'une nouvelle console dotée de systèmes électroniques efficaces et facilement maniables;



installation d'une nouvelle soufflerie silencieuse, en remplacement de l'ancienne, bruyante et non fiable; Page 14



examen minutieux de l'état de toute la tuyauterie ancienne en vue de sa réutilisation possible en fonction de l'esthétique choisie.

Mixtures, numéro 26, avril 2007


Il a été convenu que le caractère symphonique français de cet orgue soit maintenu. Il était donc primordial que tout enrichissement sonore doive refléter et confirmer l'esthétique symphonique. On a donc cru bon de doter la composition sonore d'éléments qui amélioreraient la clarté et la brillance des ensembles. Certains jeux ont été retouchés, d'autres reconstruits, quelques uns éliminés, car trop abîmés ou peu utiles. Une nouvelle section de trompettes horizontales (chamades) a trouvé place au centre du parapet du jubé, adossée à l'organiste. Dans la vaste nef à l'acoustique remarquable, cette section ajoute un excellent complément à l'ensemble sonore de cet orgue magnifique. L'instrument comprend maintenant 4 444 tuyaux répartis sur 65 jeux. Les travaux de restauration et de restructuration ont été complétés pour Pâques 2006.

L'harmonisation de l'orgue a été effectuée très soigneusement. La courbe sonore de chaque jeu a été définie en fonction de son rôle dans les ensembles et de son équilibre en rapport avec sa propre étendue et les caractéristiques acoustiques particulières des autres jeux. Les multiples synthèses sonores, tant horizontales que verticales, sont équilibrées, riches et lumineuses. L'orgue des Saints-Anges de Lachine chante harmonieusement, avec personnalité et distinction. Il sonne plein, sans être forcé, et ses timbres sont de bon goût. Cet orgue se classe bien parmi les grands instruments symphoniques de la région montréalaise et il est considéré comme l'un des plus beaux et des plus raffinés. Le directeur artistique, monsieur Jacquelin Rochette, les deux harmonistes, messieurs Yves Champagne et JeanSébastien Dufour, ainsi que l'équipe des artisans techniciens qui ont construit cet orgue méritent de chaleureux éloges pour le magnifique résultat de leurs travaux.

Devis complet, au verso

Mixtures, numéro 26, avril 2007

Page 15


II. Grand-Orgue Montre Montre Principal étroit Bourdon Gemshorn Prestant Flûte harmonique Quinte Doublette Mixture Cymbale Trompette Clairon

III. Récit expressif

16’ 8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 2 2/3’ 2’ III IV 8’ 4’

Bourdon Principal Flûte harmonique Bourdon Viole de gambe Voix céleste Principal Flûte octaviante Octavin Sesquialtera Plein-Jeu Hautbois Voix humaine Trompette Trompette Clairon Tremolo

Principal Flûte harmonique Bourdon Voce Umana Prestant Flûte douce Nazard Quarte de nazard Tierce Plein-Jeu Clarinette Tremolo

IV. Solo expressif 8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 2 2/3’ 2’ 1 3/5’ V 8’

Violoncelle Flûte ouverte Viole d’orchestre Viole céleste Flûte traversière Flautino Grand Cornet Cor anglais Tuba mirabilis Tuba mirabilis Trompette (chamade) Trompette (chamade) Trompette (chamade) Tremolo

8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 2’ V 8’ 8’ 4’ 16’ 8’ 4’

Autres caractéristiques:

Pédale Flûte Bourdon Flûte ouverte Violon Bourdon Flûte Bourdon Violon Flûte Contre-bombarde Bombarde Trompette

16’ 8’ 8’ 8’ 8’ 8’ 4’ 4’ 2’ II IV-V 8’ 8’ 16’ 8’ 4’

I. Positif

32’ 32’ 16’ 16’ 16’ 8’ 8’ 8’ 4’ 32’ 16’ 8’

Opus 869, 1920/1999-2006 65 jeux, 71 rangs, 4 444 tuyaux Étendue des claviers : 61 notes (C-c4) Étendue de la pédale : 32 notes (C-g1) Accouplements usuels Combinaisons ajustables : Généraux : 8 Partiels : 6 (GO, REC, POS, SOLO); 5 (PED) Boutons renverseurs : Tutti, Plein Jeu, Anches Combinateur électronique à 64 niveaux de mémoire Crescendo programmable : 4 niveaux Banc ajustable

Depuis déjà quelques saisons, j'ai le bonheur d'animer l'émission musicale « Présence de l'orgue » sur les ondes de Radio Ville-Marie. J'aimerais bien pouvoir faire entendre les instruments et interprètes du Québec. Si vous êtes interprète ou facteur d'orgue et que vous avez des enregistrements à me soumettre pour qu'ils puissent être diffusés sur les ondes n'hésitez pas à me les faire parvenir. L'émission est diffusée le dimanche après-midi de 13h30 à 14h30 au 91,3 FM (Montréal), 100,3 FM (Sherbrooke), 89,9 FM (Trois-Rivières) et 89,3 FM (Victoriaville). Vous pouvez également écouter cette émission en direct via internet au site www.radiovm.com. Commentaires sur l'émission: Téléphone: (514) 382-3913 Sans frais: 1-877-668-6601 Télécopieur: (514) 858-0965 Courriel: auditoire@radiovm.com

Page 16

Pour faire parvenir vos enregistrements (CD) pour diffusion: Présence de l'orgue a/s Martin Yelle 245, rue Notre-Dame Est Victoriaville, Québec G6P 4A2

Mixtures, numéro 26, avril 2007


L’orgue de Saint-Denis-de-la-Bouteillerie par Claude Girard Historique Située à 140 kilomètres à l’est de Québec, sur la route 132 en bordure du fleuve St-Laurent, la paroisse SaintDenis-de-la-Bouteillerie a été fondée en 1831 mais les débuts officiels datent de 1841 avec son érection civile. La première église, bâtie dans ces années, est endommagée dans un incendie en 1886 mais on la reconstruit immédiatement et deviendra l’église actuelle qui est officiellement bénie en 1899. Sur le plan historique, le comte de Frontenac avait concédé, en 1672, le fief de St-Denis à Nicolas Juchereau en l’honneur de St-Denis d’Alexandrie. Cependant le nom de St-Denis-de-la-Bouteillerie a été retenu parce que la majorité de sa population provenait de la paroisse voisine, Rivière-Ouelle, appelée Seigneurie de la Bouteillerie, en l’honneur de son seigneur JeanBaptiste de la Bouteillerie. L’église L’intérieur de l’église est de style gothique et le chœur est resté dans son état original même après Vatican II. Ce magnifique temple peut contenir environ 600 personnes assises dans la nef et dans la tribune arrière. La population s’élève à quelques cinq cents personnes et vit exclusivement de l’agriculture et ce, depuis sa fondation. L’orgue Dans les archives de Casavant, il est question d’une lettre envoyée en 1911 par Charles Chapais à l’organiste Ernest Gagnon, de Québec, pour lui demander de choisir un harmonium pour son église paroissiale. L’histoire ne dit pas si ce fut le cas mais il y eut effectivement un harmonium dans l’église pour accompagner la chorale lors des offices religieux jusqu’à l’acquisition de l’orgue en 1940. Ingénieur civil, M. Chapais (1879-1944) se joint à la firme Casavant en 1914 et devient l'adjoint des frères Claver et Samuel. En tant que chargé de projets, il fut directement impliqué, en 1927, dans celui du grandorgue de la Basilique Notre-Dame de Québec. Quelques années plus tard, en 1930, une lettre de son ami Elzéar Parent, curé de St-Denis, mentionne que la Compagnie des Orgues Canadiennes, de St-Hyacinthe, lui a écrit pour lui vendre un orgue à tuyaux. Heureusement, cette approche restera vaine puisque cette entreprise fermera ses portes pendant la période de la crise économique. Son travail l’amena occasionnellement à contacter des organistes de renommée comme Marcel Dupré ou Joseph Bonnet pour obtenir leur avis sur un projet d’orgue en particulier.

Mixtures, numéro 26, avril 2007

En septembre 1939, à la demande du curé Georges Gervais, Casavant déposa par le biais de M. Chapais, un véritable projet d’orgues à 2 volets : un orgue de 21 jeux (17 jeux réels et 4 extensions) avec buffet. Et un orgue unifié de 13 jeux réels avec un total de 33 jeux parlants sans buffet. Il mentionna : « Nous pourrions faire à St-Denis ce qui se fait depuis vingt ans en Europe et aux États-Unis lorsque les ressources sont (plutôt ou très) limitées. Et aussi, quand le vrai bon goût peut prévaloir, l’on se donne un orgue sans buffet d’où le côté visuel a son importance »! Pour justifier ses affirmations, il inclut à son dossier une revue d’un Bénédictin de Louvain « L’Artisan liturgique », une étude exhaustive qui portait sur l’apparence des orgues sans buffet. « J’espère que nos moyens nous permettront de doter notre église d’un instrument qui soit à la hauteur des traditions musicales de notre paroisse où, durant de longues années, la plus belle musique, de Québec à Rimouski, faisait les délices, non seulement des paroissiens, mais des nombreux étrangers qui affluaient aux jours de grandes fêtes. Ce passé peut se répéter et redevenir un glorieux présent » écrit Charles Chapais. Finalement, pour des raisons budgétaires, le Conseil de Fabrique opta pour l’orgue unifié mais avec certaines modifications. Le nombre de jeux réels sera désormais de onze, et un Quintaton 8’ prendra la place du Bourdon 8’ et cela à regret, puisque le Récit deviendra encore plus discret par rapport au Grand-Orgue. Le contrat de vente sera signé le 16 juillet 1940 au coût de 4 420 $ au lieu de 5 085 $ en 1939 et l'orgue sera Page 17


livré à la mi-décembre de la même année. Plutôt que de le placer à la tribune comme était la tradition, on a décidé de ne pas enlever de banc et de poster toute la tuyauterie à une douzaine de pieds sur un sommier principal, ce qui favorisera encore plus l’émission du son dans le vaisseau. Le sommier principal contient toute la tuyauterie du Grand-Orgue et une partie de la Pédale. Le reste de celle-ci est disposée de chaque côté du buffet. Le Récit expressif, quant à lui, se trouve derrière les anches du Grand-Orgue. La disposition des tuyaux de ces trois divisions se fait « par ton » (côté do/côté do dièse). Fait à noter : 36 tuyaux des anches 16’, 8’, 4’ de cette division ont l’extrémité des pavillons « coudées » ce qui donne un effet semblable à des trompettes en chamade! De plus, comme il s’agit d’un orgue unifié, il n’y a pas d’accouplement aigu et grave. Contrairement au plan original et aux principes de disposition établies depuis longtemps, la console de l'orgue fut placée de côté et tout le filage part de celle-ci pour se rendre à une boîte de relais derrière le buffet. Jusqu’à maintenant, ce système de transmission, fort complexe, a défié l’usure du temps grâce à une fiabilité à toute épreuve! Cependant, bien que la disposition de cet instrument soit originale, cela représente un sport extrême « dans les hauteurs » lorsque vient le temps de faire l’accord, n’ayant que peu d’appuis pour garder l’équilibre. Même si Casavant possédait déjà un catalogue d’orgues unifiés de 3 à 7 jeux, l’orgue unifié de St-Denis a été construit « sur mesure » d’après les plans et devis de Charles Chapais. Cela constitua son héritage musical puisqu’il décéda quelques années plus tard, en 1944, à l’âge de 65 ans. Son fils Thomas (1929-2002) a continué de porter le flambeau à sa manière en apportant sa précieuse collaboration au sein des Amis de l’orgue de Québec pendant de nombreuses années.

Devis Casavant, Opus 1663, 1940 Grand-Orgue

Récit expressif

Pédale

Bourdon 16’ Contre-Viole 16’ *Montre 8’ *Quintaton 8’ *Bourdon 8’ *Viole de gambe 8’ *Dulciane 8’ *Voix céleste 8’ Prestant 4’ Flûte couverte 4’ Flûte d’amour 4’ Viola 4’ Dulcet 4’ Célestina 4’ *Quinte 2 2/3’ Flautino 2’ Piccolo 2’ *Hautbois 8’ Mixture III Soprano 4’ *Trompette 8’ Trémolo Clairon 4’

*Flûte 16’ Principal 16’ Bourdon 16’ Gedeckt 16’ *Bourdon 8’ Violoncelle 8’ Bombarde 16’ Trompette 8’

Grand-Orgue à la Pédale / Récit à la Pédale Récit au Grand-Orgue *Jeux réels: 11 Jeux parlants: 30 Nombre de tuyaux: 786 Transmission: électro-pneumatique

L’orgue Casavant de St-Denis a subi deux restaurations depuis les années 1970 : un relevage complet en 1973 par Les Orgues Providence et un relevage des jeux d’anches (4) en 2004 par Les ateliers Guilbault, Bellavance, Carignan, de St-Hyacinthe. Il tient lieu ici de rendre hommage à M. le curé Jean-Baptiste Ouellet, en poste depuis 1978, qui veille à entretenir régulièrement ce bien patrimonial.

Source : archives de Casavant. Remerciements à Simon Couture pour ses précieuses informations. N.D.L.R.: Article paru originellement dans le numéro 108 (février 2007) du Bulletin des Amis de l’orgue de Québec

Page 18

Mixtures, numéro 26, avril 2007


Invitation aux compositeurs et compositrices du Québec à s’inscrire au concours de composition pour orgue 1re place: 1000$ de la SOCAN, plus 200$ de la SSJB de Sherbrooke; 2e place: 500$ du Centre de Musique Canadienne au Québec. Règlements et inscription:

http://www.uquebec.ca/musique/orgues/composition.html

Information:

Récitals d’orgue à la basilique Été 2007 1er juillet Louis Brouillette (Montréal)

8 juillet

François Grenier (Québec)

15 juillet

François Pothier-Bouchard (Trois-Rivières)

22 juillet

Marie-Hélène Greffard (Québec)

29 juillet

Claude Girard (Rivière-du-Loup)

5 août

Denis Gagné (Montréal)

12 août

Relâche (Neuvaine de l’Assomption)

19 août

Martin Brossard (Trois-Rivières)

26 août

Philippe Bournival (Trois-Rivières)

Léonie Deschêsnes (Saint-Wenceslas)

Marc O’Reilly : oreillymarc@hotmail.com

Date limite:

1er septembre 2007

Les dimanches à 14 heures 626 Notre-Dame est Trois-Rivières, QC G8T 4G9

Informations: (819) 374-2441 recteur@ndc-cap.com

Mixtures, numéro 26, avril 2007

Page 19


Suivi du volet patrimonial par Martin Yelle En mai 2006, nous avons vécu un très beau congrès pour donner suite à toute la réflexion amenée par la Commission de la culture de l'Assemblée Nationale du Québec sur le patrimoine religieux. Après de si riches échanges il importe maintenant de passer à l'action et de faire un pas de plus pour réaliser les propositions que nous faisions dans notre mémoire déposé à la Commission de la culture. Colloque Les 23 et 24 novembre derniers, j'ai représenté la FQAO lors du Colloque Le patrimoine religieux du Québec, éducation et transmission du sens. Ce colloque qui se tenait dans les salles du Gesù nous invitait à prendre conscience de l'importance de faire les bons pas et au bon moment pour permettre au patrimoine religieux du Québec de sortir de l'ombre et d'être transmis aux générations actuelle et future. Des intervenants de tous les milieux, théologiens, spécialistes de muséologie, éducateurs et artistes, ont permis de dresser un vaste tableau des questions touchant la transmission du sens du patrimoine religieux au Québec. J'ai particulièrement apprécié l'intervention de Sylvain Caron sur la pratique du concert spirituel comme outil de diffusion de la culture religieuse. Quelles seront les suites à ce colloque? Les actes seront publiés dans quelques mois pour servir d'ouvrage de référence sur la question du patrimoine religieux du Québec. Les enseignants du nouveau cursus (2008) d'éthique culture des religions du primaire et du secondaire pourront sans doute utiliser cet ouvrage pour approfondir leur connaissance de ce vaste sujet.

Projet d’inventaire De notre côté, où en est le projet d'inventaire des orgues du Québec? Disons que cette préoccupation semble, pour le ministère de la Culture, être noyée dans tout ce vaste chantier de mise en application progressive de recommandations du rapport de la Commission de la culture. Par contre, de notre côté, nous bougeons vers du concret. Un groupe de travail des Amis de l'orgue de Drummond pilote le projet d'effectuer l'inventaire de la soixantaine d'orgues de la région 17 (Centre-du-Québec) composée des MRC d'Arthabaska, de l'Érable, de Bécancour, de NicoletYamaska, de Drummond. Je participe aux efforts de ce groupe pour que nous puissions établir un protocole qui pourra par la suite être diffusé dans d'autres régions du Québec. Lorsque l'outil de travail sera prêt, il sera présenté au Comité des orgues de la Fondation du patrimoine religieux, à la FQAO, à différents experts pour qu'il puisse être une référence importante pour l'ensemble des régions. Le groupe de travail désire que ce qui sera fait puisse bien s'arrimer à un inventaire plus large qui pourra être progressivement réalisé. Ce projet pourrait être considéré comme un projet pilote qui mènera à un inventaire complet des orgues de la région 17. Cette région compte des instruments construits de 1888 à 1963, touchant donc à l'ensemble des grands moments de la facture d'orgue au Québec. Nous croyons que les outils qui seront produits par ce groupe de travail seront très utiles pour l'inventaire complet des orgues du Québec qui, nous l'espérons, pourra être réalisé dans les plus brefs délais.

Les églises du Québec : un patrimoine à réinventer Luc Noppen et Lucie K. Morisset Sainte-Foy, Les Presses de l’Université du Québec, 2005 434 pages, ISBN 2-7605-1355-6 Sur le thème du « patrimoine », quoique ne traitant pas directement des orgues, ce livre, sur l’avenir des églises au Québec, semble approprié à la réflexion actuelle que mène la FQAO sur l’avenir des orgues. En 2004, il y avait près 3000 lieux de culte au Québec et la moitié des églises, dans cette première décennie du XXIe siècle, sont désaffectées. Les paroisses sont remodelées, élargies, renommées; les églises, vendues, converties ou démolies. Abondamment illustré, cet ouvrage propose une réflexion sur le patrimoine religieux au Québec. Page 20

Mixtures, numéro 26, avril 2007


Anniversaires en musique par Irène Brisson 2007 est une année de rêve pour les organistes : plusieurs anniversaires d'envergure pourront alimenter les concerts et le répertoire dominical. À tout seigneur, tout honneur, commençons par le tricentenaire de la mort de Dietrich (Diderik) Buxtehude (16371707), qui sera souligné avec éclat dans sa ville d'adoption, Lübeck, par un festival de musique (en mai), une exposition et un concours international (en septembre) : http://www.buxtehude2007.de/ D'abord organiste à Helsingør (Elseneur) au Danemark, il succède en 1668 à son beau-père Franz Tunder à la Marienkirche de la ville hanséatique de Lübeck. Buxtehude fit de cette église un foyer musical très actif, non seulement grâce à son talent d'organiste et de compositeur, mais également en développant les concerts dominicaux de musique sacrée et de musique de chambre créés par Tunder (AbendMusiken) et dont la tradition se poursuivit jusqu'au début du XIXe siècle. On sait que Haendel, Mattheson, Bach lui rendirent visite entre 1703 et 1705 pour l'entendre jouer et improviser et rêvèrent de lui succéder, mais furent sans doute découragés par la condition fixée par Buxtehude : l'obligation d'épouser sa fille Anna Margareta, plus âgée que ses prétendants de quelque dix ans! Buxtehude entre dans l'histoire avec près d'une centaine de pièces d'orgue comprenant des chorals traités avec une grande imagination et des préludes et fugues exploitant le stylus phantasticus cher à l'Allemagne du Nord. Il laisse également une centaine de compositions vocales sacrées (motets, cantates) et de belles sonates pour cordes montrant son intérêt pour la musique italienne de son contemporain Corelli. La même année que meurt Buxtehude, disparut également Nicolas Gigault (né vers 1627 - mort le 20 août 1707). Organiste à Saint-Martin-des-Champs et à Saint-Nicolas-des-Champs, il fut un des premiers, avec ses contemporains Louis Couperin, Nicolas Lebègue et Guillaume-Gabriel Nivers à délaisser l'écriture linéaire de Titelouze, dont il aurait été l'élève, pour un style moderne, combinant des éléments de danse et de déclamation théâtrale, des rythmes pointés – notés comme tels, ad nauseam – tout en respectant les tons d'église. Son livre d'orgue de 1685 comprend 184 pièces destinées aux offices dominicaux, qui n'ont pas la noblesse de celles d'un Lebègue, mais qui méritent un détour : Gigault cherche à se démarquer de ses contemporains par des figures de style virtuoses et imaginatives, sans toutefois atteindre à la profondeur de ses successeurs Couperin, de Grigny ou Marchand. Page 22

Habile contrapuntiste ne dédaignant pas l'écriture à cinq voix, il respecte les ordonnances du Cérémonial des évêques et sait mettre en valeur le plain-chant exigé, dans un langage rhabillé d'ornements, de ports de voix, de « durezze » à l'italienne et de « flatemens » à la mode. De courts préludes, des fugues et des « recherches » (ou ricercari), des duos, des trios colorés sur les différents versets de la messe ou des hymnes (Veni Creator, Pange lingua) et des pièces libres dans les tons d'église constituent ce répertoire, un peu tape-à-l'oeil, très inégal et pas toujours inspiré, mais bien commode! Enfin, le plus aimable des organistes français du XVIIIe siècle voit le jour cette même année : Michel Corrette (1707-1795). Fils de Gaspard, il fut le témoin de la métamorphose du répertoire d'orgue français, de l'époque glorieuse de Clérambault, de Couperin et de Marchand, contemporains de son père, aux pièces plus décoratives de Balbastre, et au désastre de la Révolution. Organiste au Temple, chez les Jésuites et à Sainte-Madeleinede-la-Cité, il est passé à la postérité avec ses Concertos comiques (Margoton, J'ai du bon tabac) et sa quinzaine de méthodes « pour apprendre facilement » tous les instruments de son temps, jusqu'à la mandoline, la vielle à roue et la contrebasse. Pour l'orgue, il compose six concertos dans l'esprit de Haendel et cinq volumes de pièces, publiés entre 1737 et 1787 ont été conservés. Sachant combiner l'esprit du Grand Siècle et l'engouement de ses contemporains pour Vivaldi, il signe des oeuvres tantôt respectueuses de la tradition française, tantôt pittoresques et désirant plaire facilement, répondant au changement de goût de l'auditoire de son temps : d'où les effets pittoresques des orages et autres tonnerres, qu'il utilise dans son dernier recueil. Dans le prochain numéro de Mixtures, nous rendrons hommage à Jean Langlais (1907-1991), et rappellerons le décès, il y a 40 ans, d'Henri Mulet et, il y a trente ans, de Conrad Letendre.

Mixtures, numéro 26, avril 2007


Nouvelles des régions Montréal

Mauricie Par Michelle Quintal

Le 8 août 2006, la direction de l'Université de Montréal annonçait la nomination de Jacques Boucher en tant que doyen de la Faculté de musique à compter du 1er octobre 2006. Il est considéré comme un des principaux animateurs de la vie de l’orgue au Canada. Musicien radiodiffuseur, il a produit plus de 1500 récitals consacrés à l’instrument à tuyaux, à l’école et à la facture québécoises, mettant à contribution une centaine d’organistes du Québec. Il a assumé la direction artistique de plus de deux cents disques. Sa propre discographie compte une vingtaine de titres privilégiant la littérature d’orgue symphonique et témoigne de la vitalité de sa carrière d’interprète. Il a donné des concerts au Canada, aux États-Unis, aux Bermudes, en Équateur, au Mexique et en Europe. Il est connu comme un infatigable réalisateur (1972 à 1997) et directeur des émissions musicales (1984 à 1987) à la Société Radio-Canada. Il occupa également, de 1991 à 1995, les fonctions de président de la commission musique de la Communauté des radios Publiques de Langue Française, qui regroupe la Belgique, le Canada, la France et la Suisse. De 1998 à 2002, Jacques Boucher a occupé les fonctions de directeur général et artistique des Jeunesses Musicales du Canada (JMC).

Membre du conseil d'administration des Amis de l'orgue de Rimouski (1989 1991), président de ce conseil (1990 - 1991), secrétaire du conseil d'administration et membre du bureau de direction des Amis de l'orgue de Québec (1992 1995), secrétaire du conseil d'administration du Concours d'orgue de Québec (1995 1998), secrétaire du comité organisateur des concours 1995 et 1998, secrétaire du comité de fondation de la Fédération québécoise des amis de l'orgue (1993 1994), secrétaire du conseil d'administration (1994 1999), membre du comité organisateur des congrès annuels de 1995 à 1998, Denis Morneau est, depuis septembre 2006, le nouveau conseiller artistique de Pro Organo (Mauricie). Il remplace à ce titre Michelle Quintal qui assuma cette fonction de 1993 à 2006. Ces associations ne sauraient vivre sans l'apport de personnes généreuses et efficaces telles Denis Morneau. Au service de l'orgue depuis 1989 en tant que bénévole à Rimouski, Québec et pour l'ensemble de la province, ce mélomane saura faire profiter les trifluviens de sa riche expérience dans le domaine artistique. Natif de Témiscouata, il est déménagé à Trois-Rivières depuis 2005 et travaille à l'Orchestre symphonique de cette ville (OSTR) en tant que responsable des opérations et de l'action éducative. Où sont les candidats?

Jacques Boucher a reçu sa formation d’organiste dans la classe d’Antoine Bouchard, à la Faculté de musique de l’Université Laval. Il a, par la suite, travaillé avec le musicien français Antoine Reboulot. Il a été boursier du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Tant pour le Concours d’orgue Lynnwood-Farnam (anciennement John-Robb), organisé par la section de Montréal du RCCO/CRCO, à l’automne 2006, que pour le Concours d’orgue de Québec, organisé par la Fondation Claude Lavoie, d’abord prévu pour juin 2007 et reporté à juin 2008, le manque de candidatures a forcé les organisateurs à réviser leurs plans.

Il y a exactement 20 ans, Jacques Boucher était nommé titulaire du grand orgue Casavant, opus 615, de l’église Saint-Jean-Baptiste de Montréal où il a préparé le projet de restauration du grand orgue qui est maintenant reconnu comme un des plus beaux instruments de l’Est du continent.

Pourtant les concours sont un outil important dans le développement des jeunes organistes pour atteindre un haut degré d’excellence et sont, en même temps, une excellente opportunité pour le public de leur démontrer leur appréciation et leur soutien.

Mixtures, numéro 26, avril 2007

Page 23


Deux autres concerts termineront la saison : celui de Gilles Rioux et du clarinettiste Michel Pilote (14 avril, 20 heures, Saints-Martyrs-Canadiens) et celui de Danny Belisle, en remplacement de Jean-Guy Proulx (12 mai, 20 heures, Saint-Roch).

Québec Par Irène Brisson



Conseil d’administration

Lors de l'assemblée générale des Amis de l'orgue de Québec, tenue le 24 novembre dernier, les membres ont procédé à l'élection du nouveau conseil d'administration et souligner le fait que Gilles Simard ait accepté la succession de Noëlla Genest à la direction artistique. Il est détenteur d'un doctorat en éducation musicale de l'université de l'Illinois. Il a également étudié le clavecin et l'orgue à Québec avec Jean-Marie Bussières, Kenneth Gilbert, Scott Ross et Antoine Bouchard. Il a enseigné la formation auditive pendant 29 ans à la Faculté de musique de l'Université Laval.



Saison 2006-2007

Les Amis de l'orgue de Québec célèbrent cette année leur 40e anniversaire, qui a été inauguré dans une église pleine à craquer (les Saints-Martyrs-Canadiens) le 14 octobre par un brillant concert d’Olivier Latry et par le lancement du livre d'Odile Thibault et de Jacques Boucher, Récit au grand orgue. La saison de festivités s'est poursuivie par un concert très apprécié de John Grew (19 novembre, Saints Martyrs-Canadiens) et par un chaleureux concert-conférence de Louis Brouillette, présenté le 18 février à la cathédrale anglicane de Québec. Le sujet en était le Manuscrit de la cathédrale anglicane, copié au début du XIXe siècle, un document précieux qu'il a été exceptionnellement possible d'admirer de près, tandis que le récital était consacré au Voluntary particulièrement prisé des Anglais au XVIIIe siècle. Le 18 mars, à Saint-Sacrement, François Grenier, jeune diplômé du Conservatoire de musique de Québec, a présenté un récital de très grande classe.



Activités

En marge des Amis de l'orgue, de nombreuses activités témoignent de la vitalité de notre instrument préféré dans la région de Québec : les concerts Notre-Dame, présentés à la Basilique de Québec et à l'église NotreDame de Lévis, diversifient cette année leur programmation et augmentent le nombre de leurs invités, tandis que les saisons printanières de Saint-Roch (le mercredi à midi) et de Saint-Sacrement (le dimanche à 15 heures) reviennent embellir nos mois de mai. Le Festival de Sainte-Marie battra son plein les 3, 10 et 17 juin à 15 heures. Durant tout l'été, reviendront les messes en musique à Saint-Dominique, à Saint-Jean-Baptiste, et à Saint-Félix de Cap-Rouge tandis que le dimanche soir à 18 heures, les concerts se succéderont à ChalmersWesley. À Cap-Santé, l'organiste titulaire Serge Laliberté offrira deux concerts : le 1er avril et le 17 juin à 15 heures.



À surveiller

Parmi les événements à surveiller à Québec, l'inauguration très attendue du Palais Montcalm rénové et de ses deux nouveaux claviers : un orgue continuo signé Hellmuth Wolff, qui a été inauguré le 23 mars, et un clavecin Yves Beaupré. On pourra entendre ces deux instruments en solo, dans de la musique de chambre et dans des concertos le 25 mai, sous les doigts de Richard Paré. Pour cet excellent musicien, une belle façon de conclure une saison artistique très fructueuse, qui lui a permis, en décembre dernier, de se faire remarquer à New York en soliste avec les Violons du Roy dirigés par Bernard Labadie!

Oeuvres pour orgue et pour choeur de

Denis Bédard Rachel Alflatt, gérante

8465 Quayside Court, Vancouver, BC, V5P 4W1 Tel./Fax: (604) 322-5995 cheldar@cheldar.com www.cheldar.com Page 24

Mixtures, numéro 26, avril 2007


Rimouski Par Gérard Mercure

Grand concert sacré à la cathédrale Un grand concert sacré au profit de la rénovation de la console de l'orgue de la Cathédrale avait lieu le samedi 10 mars 2007 à la cathédrale Saint-Germain de Rimouski. Le concert regroupait plus de 150 musiciens, solistes et choristes. Le Chœur de Québec, le Chœur de Rimouski et les solistes Nancy Coulombe (soprano), ClaudeRobin Pelletier (ténor), Matthew Cassils (baryton) offraient au public deux œuvres majeures du répertoire romantique, la Messe solennelle en sol majeur, dite Messe solennelle de Sainte-Cécile de Charles Gounod, et les Sept Paroles du Christ de Théodore Dubois. L'organiste, Dominique Gagnon était aux grandes orgues. Les solistes, les chœurs et les sections des vents et des cuivres de l'Orchestre symphonique de l'Estuaire étaient sous la direction musicale de Guy Bélanger. Malheureusement, en raison des frais occasionnés par cette activité musicale d'envergure, les organisateurs n'ont pu dégager de profits destinés à cette bonne cause. Le public rimouskois aura cependant été une fois de plus sensibilisé à l'urgence d'une rénovation de la console de l'orgue et il aura eu l'occasion d'entendre en concert deux œuvres à grand déploiement de chant choral. L'orgue de la Cathédrale, un Casavant de 61 jeux date de 1921 et a fait l'objet d'une première rénovation par la maison Guilbault-Thérien en 1979. Cette firme a ré-harmonisé les jeux et rendu la console mobile mais elle a opté pour le maintien de la console sans pouvoir toutefois en garantir le fonctionnement à long terme. Or les composantes, pour la plupart d'origine, datent maintenant de plus de 85 ans. Les dispositifs de tirage de jeux et les combinateurs ne sont plus fiables. Les pannes et les cornements risquent de se produire en plein concert. Une première campagne de financement au cours des années 1990 a permis de constituer un fonds de 110 000 $. Le projet est toujours sur la table d'entreprendre une autre levée de fonds pour doter l'orgue de la Cathédrale d'une console fiable permettant la mise en valeur d’un des plus beaux instruments de l'Est du Québec. Mixtures, numéro 26, avril 2007

Page 25


Publications Par Robert Poliquin L’orgue Casavant de l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus à Montréal est l’instrument choisi par deux artistes montréalais pour nous présenter des programmes de musique symphonique et contemporaine : Petr Eben : Le Labyrinthe du monde et le paradis du cœur Sylvie Poirier, orgue / Gilbert Lévesque, narrateur Comme le souligne le compositeur, l’atmosphère du texte n’est pas une ballade idyllique de par le monde, mais une vue amère, satirique, bizarre et parfois apocalyptique. Sylvie Poirier a su utiliser toutes les ressources sonores de l’instrument et son jeu est convainquant. Le livret permet aussi d’apprécier les 12 tableaux que l’œuvre a inspirés à l’interprète qui est aussi une artiste-peintre accomplie. AZIMUTH, JSP-003 Widor : Symphonies 5 et 9 John Grew Le titulaire de la chaire d’orgue et de musique sacrée à l’École de musique Schulich de l’Université McGill est mieux connu pour ses interprétations de la musique ancienne et baroque. Il nous surprend avec une interprétation de deux symphonies de Widor qu’il dédie à son premier professeur d’orgue, Maitland Farmer (1904-1995), à la Cathédrale anglicane All Saints de Halifax. La lecture et l’interprétation qu’il fait de ces œuvres symphoniques sont tout à fait remarquables. Un disque indispensable qu’il faut écouter encore et encore pour l’apprécier à sa juste mesure. ATMA, ACD 2 2370

Bach : Sacré et profane Louise Pellerin, hautbois et hautbois d’amour Dom André Laberge, orgue Dans ce deuxième album, les artistes nous présentent un programme tout Bach : des extraits de cantates, de chorals mais aussi des transcriptions et des reconstitutions. D’agréables moments en compagnie d’artistes exceptionnels dans de très beaux arrangements où l’amalgame du sacré et du profane atteint une quasi perfection. Indispensable à toute collection. Tout l’art de Bach ne réside-t-il pas dans l’habileté maîtrisée à harmoniser des choses différentes et singulières? ATMA, ACD 2-2511

Page 26

Mixtures, numéro 26, avril 2007


L’orgue du diable Anne Chasseur L’orgue de l’église du Chant d’Oiseau, Notre-Dame-des-Grâces, à Bruxelles, surnommé « l’orgue du diable » du fait de sa puissance, est un instrument contemporain. Il a été construit en 1981 par le facteur allemand Detlef Kleuker (4 claviers, 46 jeux, 76 rangs). Son buffet, haut de plus de 14 mètres, est traversé de 4 rangs de chamades et l’arrièrefond est teinté en dominante « rouge-sang », conférant à l’ensemble un étrange allure faunesque. Dans un programme varié allant de J.S. Bach à Marcel Dupré, l’artiste, par son jeu intéressant, nous démontre la palette complète de couleurs de cet instrument. Enregistrement recommandé. www.annechasseur.ch Symphonic Organ Music from Brussels and Paris Els Biesemans Sur l’orgue (3 claviers, 36 jeux, 42 rangs) d’esthétique symphonique à la Cavaillé-Coll, construit en 1910 ,par Salomon Van Bever pour l’église des Dominicains, à Bruxelles, l’artiste nous présente, en première mondiale, des œuvres méconnues qui ont vu le jour dans l’école d’orgue de Bruxelles aux alentours de la première guerre mondiale (Paul Gilson, Raymond Moulaert, Joseph Jongen, Valéry Aubertin). Elles sont accompagnées de deux figures de proue de l’école d’orgue de Paris: César Franck (Pièce héroïque) et Louis Vierne (Symphonie no 4). La brillante technique et le jeu précis de l’artiste nous donne, dans un programme original, un enregistrement remarquable. ETCETERA, KTC 1299

Récit au Grand Orgue Jacques Boucher et Odile Thibault Éditions de la Taille, 2006, 374 pages Itinéraire d’un homme passionné qui ouvre avec générosité les portes de son univers artistique, développé durant toute une vie à travers la démarche si particulière d’un musicien aveugle. Tout au long d’un entretien avec Jacques Boucher, Antoine Reboulot livre un témoignage d’une vie personnelle et artistique intense. Compositeur intègre, interprète de talent tant à l’orgue qu’au piano, pédagogue recherché, personnalité douée d’une langue colorée, vraie et précise, Antoine Reboulot raconte son enfance, sa cécité, ses premières émotions musicales, son éducation au sein du prestigieux Institut National des Jeunes Aveugles, à Paris. L’un des derniers représentants d’une lignée qui a commencé avec Franck, témoin privilégié et acteur à part entière de la vitalité de l’école d’orgue française au XXe siècle, Antoine Reboulot dévoile aussi ses regards sur les grands artistes qu’il a connus, comme Widor, Vierne, ses maîtres, comme Marchal, Dupré et Caussade, ou ses grandes amitiés, comme celle qui l’a lié toute sa vie à Gaston Litaize. (Texte de présentation) Mixtures, numéro 26, avril 2007

Page 27


L’orgue sur le web Par André Côté Le premier regard du non-initié sur l’orgue est porté, le plus souvent, sur le buffet. Celui-ci constitue en effet la partie la plus visible et la plus spectaculaire de l’instrument. En tant qu’organiste, cependant, notre intérêt se porte plus naturellement vers la console, élément dont la composition et la disposition influencent directement le jeu. Je vous propose donc un spécial « consoles ». Il faut d’emblée mentionner que les photos de consoles de qualité intéressante de consoles ne sont pas légion étant donné les difficultés de cadrage dues à la présence d’un positif de dos ou la proximité du bord de la tribune. Pour une introduction aux consoles, on pourra consulter la section pertinente du site de James H. Cook, « Organ History » : http://panther.bsc.edu/~jhcook/OrgHist/works/ works08.htm De façon plus succincte, mais en français, l’encyclopédie en ligne « Wikipédia » présente la console : http://fr.wikipedia.org/wiki/Console_(orgue) Elle nous dévoile plus globalement l’instrument sous toutes ses coutures dans son « Portail de l’orgue » : http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Orgue Afin d’illustrer les types de consoles moins familières au Québec, (où l’on retrouve dans une forte proportion des orgues à traction électro-pneumatique avec console détachée), on peut consulter certains sites qui propo-

sent des photos de consoles en fenêtre comme celle de l’orgue de la cathédrale Notre-Dame de Nancy : http://orgue.volutes-abstruses.com/orgues/ orgue_nancy.htm Le site officiel de ce dernier propose un diagramme intéressant et très détaillé en format PDF : http://www.stsulpice.com/Docs/console.html ou de consoles de type Cavaillé-Coll avec ses tirages étagés selon les claviers comme le célèbre instrument de Saint- Sulpice : http://www.ca-schleppy-chaux-de-fonds.ch/ mediac/400_0/media/saintsulpiceconsole140305.jpg Le site officiel de ce dernier propose un diagramme intéressant et très détaillé en format PDF : http://www.stsulpice.com/Docs/console.html Les amateurs de curiosités, apprécieront sûrement jeter un coup d’œil à des instruments expérimentaux aux consoles étonnantes : http://www.xs4all.nl/~huygensf/english/instrum.html Côté modernité, on ne pourra passer sous silence l’orgue surnommé « The invisible one » : http://www.jeanjacqueskasel.lu/organprojects.htm Le tout peut être couronné par un tour d’horizon des différents équipements à la fine pointe de la technologie qui peuvent affubler nos orgues : http://www.organworks.com/web/products/ control_systems.asp Bach aurait-il apprécié …?

Le texte intégral (avec liens hypertextes) de cette chronique peut être consulté à l'adresse suivante : http://saglac.qc.ca/~acote/

Vous désirez connaître où et quand ont lieu des concerts d’orgue au Québec? Visitez notre site internet où les informations sont affichées sous format calendrier. www.fqao.org/concerts.html

Page 28

Mixtures, numéro 35, Novembre 2006


Revue des revues Par Gaston Arel FRANCE L’orgue francophone en bref / SUPPLÉMENT DU BULLETIN L’ORGUE FRANCOPHONE FFAO, 21, rue de la Liberté, 21170 Saint Jean-de-Losne, France No 48 – octobre 2006 : Le mot du nouveau président — Concerts — Route des orgues — Propos du Père Sage — Stages, académies, concours d’orgue — Brèves de Tribunes — Nouveautés CD — Livres et partitions — Revue de revues — Vidéos, CD-Rom — Échos — Expositions — Carnet — Avis de recherches — Petites annonces — Appel d’offre — 23e Congrès 2007 de la FFAO. Bulletin d'information de l'Association des amis de l'orgue de Versailles et de sa région / 20 rue Montbauron, 78000 Versailles, France. No 59 (juin 2006) : Assemblée générale — Hommage à Marie-Claire Alain — Visite de l’orgue de NotreDame du Grandchamp — Mozart et l’orgue — La Madeleine : son grand orgue Cavaillé-Coll et ses organistes — Écouté pour vous — Les disques d’orgue — L’orgue dans les Festivals cet été — Quelques concerts récents : les tintinabuli de Arvo Pärt — In Memoriam Rolande Falcinelli — Annonce de la vente d’un orgue. SUISSE La Tribune de l'orgue / R E V U E S U I S S E R O M A N D E , Guy Bovet, CH-1323 Romainmotier, Suisse 58e année, No 3, 2006 : Éditorial — Un itinéraire espagnol — L’orgue de chœur italien de l’église de Gossau — Le quart d’heure d’improvisation — Quinzième année de la TDLO — Les voyages de M. Philéas Fogg — Actualité : disques, partitions, livres, divers, courrier des lecteurs, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts, communications de l’AOR. e

o

58 année, N 4, 2006 : Éditorial — Une certaine lecture de « Paraphrase-carillon » de Tournemire — Un petit « Cavaillé-Coll » flambant neuf à Seeberg BE — Le quart d’heure d’improvisation — Marie-Claire Alain et ses 4 x 20 ans — Seizième année de la TDLO — Le grand orgue de la Cité de la Musique et de la Danse de Strasbourg — Le grand orgue de Caudebec-enCaux — Les voyages de M. Philéas Fogg — L’arrivée du nouveau curé — Une carte postale — Actualité :

Mixtures, numéro 26, avril 2007

disques, partitions, livres, divers, courrier des lecteurs, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts, communications de l’AOR. L'Orgue / REVUE INDÉPENDANTE : F. Widmer, 4, chemin de la Criblette, CH-1091 Grandvaux, Suisse No 1 / mars 2006 : Éditorial – L’orgue : un bien culturel — Cornol JU relève ses orgues — J. J. Mendel (18091881) : organiste titulaire du Münster de Berne — Le Tour d’orgue 2006 de la FFAO — Des nouvelles de la manufacture d’orgues Ayer Särl — Grand Prix Bach de Lausanne — Le nouvel instrument Füglister du SacréCœur d’Ouchy — Rencontres internationales Harmoniques 2006 — La chronique discographique. No 2 / juin 2006 : Le billet d’Anne-Marie Heiniger — Interview « Écho Magazines » ! — Les orgues de la cathédrale de Crémone — L’orgue de Münster (Vallée de Conches / Valais) — La chronique discographique — Ferdinand Othon Wolf, musicien et naturaliste. No 3 / septembre 2006 : Un éditorial prosaïque — In memoriam Hans Gugger (1921-2006) — Quelques tuyaux sur l’orgue — Bernard Reichel : un musicien humaniste — L’orgue d’Yverdon-les-Bains (1766-2007) — Quelques partitions Bärenreiter. No 4 / décembre 2006 : Le Billet — Courrier des lecteurs — Charles Haenni : foi et humilité — Anniversaires en musique — André Luy (1927-2005), organiste — La chronique discographique — Les orgues de la cathédrale de Crémone (suite & fin).

BELGIQUE Le Magazine de l’Orgue / Rue du Trône, 200, B-1050 Bruxelles, Belgique. No 89-80 (4e trimestre 2006) : Prélude — 32 CD’s classés par compositeurs — XIV questions à David Yearsley — 26 CD’s récitals classés par interprètes — La boutique du M’O — Cornements et Voix célestes — 5 CD’s en bref — Dictionnaire des idées reçues — 12 livres sur l’orgue — 26 partitions d’orgue — Modalités d’abonnement au M’O.

Page 29


ITALIE

CANADA

Arte organaria e organistica / Casa Musicale Edizioni Carrara, Via Calepio, 4 – 24125 Bergamo, Italia

Organ Canada / Orgue Canada / Journal trimestriel du Collège royal canadien des organistes (RCCO / CRCO)

Anno XII, No 59 (Aprile-Giugno 2006) : La pietra si fa suono : Il nuovo organo Mascioni della Cattedrale di Cosenza — Il collaudo del tempo : L’avventurosa storia degli organi del Duomo di Bressanone — Note intinte di storia : L’organo della Chiesa di San Sepolcro a Parma e l’eccellenza delle sue voci — Volo di canna — Il nuono organo Riccardo Lorenzini delle Chiesa parrocchiale di San Paolo a Bolzano / Aslago — L’organo francese nell’annon 2000 di Maurice Duruflé — Licinio Refice (1883-1954), l’enarmonista di Dio — Meyerbeer, dal grand-opéra al grand-orgue — Caratteri e fortuna della musica dell’operista ottocentesto.

September 2006 (Vol 19 no 3) : How the Parish of Holy Rosary, Burlington acquired a fine new pipe organ — President’s Message — Sixteenth Notes — Positions Available — Edmonton Organ Festival — A More Profound Hallelujah — Mozart Gala Celebration — A Prize to Honour the Memory of Muriel Stafford — Hindsinght — An Address to Convocation — Reviews.

Anno XII, No 60 (Luglio-Settembre 2006) : I colossi della Regina — Gli organi Willis della « Royal Albert Hal » di Londra e della « Anglican Cathedral Church of Christ » di Liverpool — Un caso fuori del comune — Raccatagliata e Ciurlo : due dinastie di organari a Santa Margherita Ligure — Classico ma creativo — Il nuono organa Ferrari-Marchi della Chiesa di S. Michele Arcangelo a Salsa (Vittorio Veneto, Treviso) — Cæciliani si nasce — G. Rotelli e l’organo della Chiesa dei Barnabiti a Cremona — Le ragioni di un centenario — Ricardo di Fernando Germani a cento anni dalla nascia — Padre Giovanni Battista Martini (1706-84) ovvero « il Dio della Musica de’ nostri tempi » — Vincenzo Petrali : un organista al bivio, o

Anno XIII, N 61 (Ottobre-Dicembre 2006) : La proporzione dell’aria — L’organo Arp Schnitger 1687 della Chiesa evangelica dei SS. Martino e Nicola in Steinkirchen (D.) Combinazioni per ogni di stromenti — Intervista a Maurizio Mancino, direttore artistico della Rassegna Organistica di Melza (Mi). Fughe al convento — Il nuovo organo Pradella 2004 dell’Abbazia di Viboldone (Mi). Al servizio della bellezza — Johannes Conradus Verlé e gli organi delle Collegiate di S. Maria Assunta di Otricoli (Tr) e di Lugnano in Teverina (Tr). Utopia a realtà? — Il pianoforte di Ferruccio Busoni. Frammenti d’infinito — La musica per organo di Bruno Bettinelli. La leggenda del pretino prodigio — Il cinquantenario dimenticato di Lorenzo Perosi (18721956).

December 2006 (Vol 19 no 4) : A New Chamber Organ for Massey College, University of Toronto — New RCCO Archivist Appointed — President’s Message — Sixteenth Notes — Church Positions Available — Hindsight — An Organ Miniature — The Organs of Centenary Methodist Church, (Part III) — Sixteeth Notes — Reviews. QUÉBEC Bulletin des Amis de l’orgue de Québec Octobre 2006 (No 107) : Mot de la coordonnatrice — Lancement de la saison du 40e anniversaire des Amis de l’orgue de Québec — Quelques concerts à venir — De Cap-Santé à Trois-Rivières : cinq organistes remarquables — Nouvelles brèves — Nécrologie: Denis Regnaud — Nouvel orgue à Calgary. Février 2007 (No 108) : Mot de la coordonnatrice — Nouvelles du conseil d’administration — Concerts — L’orgue de Saint-Denis-de-la-Bouteillerie — Écouté pour vous — Lu pour vous — Échos — Trois concerts intéressants. Notes d’agrément / B U L L E T I N D E L I A I S O N D E S A M I S RIMOUSKI.

DE L’ORGUE DE

Octobre 2006 (Vol 12 No 1) : Une saison diversifiée — Jean-Willy Kunz vous attend à la Cathédrale — Un millénaire de bons offices — Les concerts de la saison 20062007. Novembre 2006 (Vol 12 No 2) : Un jumelage original au prochain concert : orgue & harpe — La harpe et ses amis — Nos concerts à venir.

Numéros antérieurs de Mixtures Il vous manque des numéros pour compléter votre collection, sachez qu’ils sont encore disponibles au coût de 2$ (numéros 1-24) et 5$ (numéros 25 et +), frais de poste inclus. S’adresser à la Revue.

Page 30

Mixtures, numéro 26, avril 2007


Mixtures #26, avril 2007  
Mixtures #26, avril 2007  
Advertisement