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Carlota Otegi Zoé est une trentenaire parisienne qui dirige un site web dédié à la mode. Alors qu’elle s’apprête à signer un contrat international avec un séduisant banquier, un coup de fil anonyme lui apprend que Noémie, sa grand-mère basque, vient de faire une grave chute dans sa maison d’Espelette. Affolée, Zoé débarque dans la capitale du piment rouge, le village où enfant, elle passait toutes ses vacances. Bien qu’hospitalisée, Noémie n’a rien perdu de sa joie de vivre et de son humour. Néanmoins, elle devra rester plâtrée plusieurs semaines. Zoé décide donc de s’installer dans la demeure familiale délabrée qui renferme quantité de secrets insolites. Des mystères que Benjamin, l’étrange voisin à l’air familier, lui distille avec malice. Zoé découvre ainsi que sa grand-mère vit en élaborant des élixirs aphrodisiaques. Intriguée, notre fashonista prolonge son séjour afin d’explorer le laboratoire d’herboriste et les serres de son aïeule où poussent des plantes aux pouvoirs extraordinaires. Zoé ignore encore que ce séjour accidentel va pimenter son destin, et qu’elle devra bientôt lutter à la fois pour sauver son entreprise de la faillite et pour échapper aux effets d’un philtre d’amour irrésistible...

15 € ISBN : 978-2-9532331-7-9

www.aitamatxi.com


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Zoé fit glisser ses ongles soignés sur la surface lisse de son nouveau bureau en se remémorant la longue odyssée chaotique dans laquelle elle avait dû se lancer pour en arriver là. Elle poussa un long soupir satisfait en s’asseyant enfin dans son fauteuil de PDG. Le chemin avait été vraiment très long… Son Master d’informatique en poche, elle avait fait ses classes au sein de start-up lancées par de jeunes loups suffisants qui auraient tous pu éviter des faillites flamboyantes en écoutant ses conseils. Zoé, ne supportant plus de devoir se trouver un nouvel employeur tous les six mois parce que le précédent avait conduit sa grosse tête dans un mur, avait décidé de voler de ses propres ailes. Elle avait couché sur le papier son projet de commerce en ligne très haut de gamme, puis s’était armée de courage pour affronter le scepticisme des banquiers devant son business plan. Pourtant, à force d’arguments, elle était parvenue à en convaincre au moins un, qui avait financé le lancement de Luxuria, sa propre entreprise : un site de vente de robes de défilé. Les débuts avaient été si difficiles que durant des mois, elle s’était moins payée que ses stagiaires. Cependant, elle avait tenu bon ; se répétant ces paroles 9


Carlota Otegi

de Guillaume d’Orange comme un mantra : « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ! ». La chance avait fini par pointer le bout de son nez après deux ans, à la faveur d’un article paru dans Technikart, un magazine branché. Le journaliste y soulignait l’originalité de son concept. Les ventes avaient alors explosé, et les propositions des jeunes stylistes en vogue avaient afflué des quatre coins du monde. Se sentant visiblement bien auprès de Zoé, la réussite s’était installée dans son entreprise, et les premiers locaux de Luxuria étaient devenus exigus. Aussi, voilà six mois, elle avait racheté cet hôtel particulier du VIIe arrondissement pour en faire le siège de sa société. Ses stocks, quant à eux, bénéficiaient de nouveaux bâtiments à La Plaine Saint-Denis en face de son principal concurrent, vente-privée.com, l’ogre qui la convoitait. Les honoraires de son architecte et les audacieux travaux d’aménagement amputeraient une partie de ses bénéfices, mais c’était un sage investissement : Luxuria avait désormais un siège digne de celui d’une maison de haute couture, la rentabilité en plus. En effet, voyant que les ventes de vêtements explosaient sur Internet, Zoé avait été la première à se diversifier sur le créneau du très haut de gamme pour éviter la bataille de chiffonniers dans le prêt-à-porter. Cette décision stratégique avait rendu son succès aussi résistant qu’une cotte de mailles. Dans le roman Au bonheur des Dames, Zola remarquait déjà que si les pauvres aimaient les petits prix, les riches en raffolaient. Toutefois, nul n’aurait pu prévoir qu’au XXIe siècle les couches populaires verraient dans les marques de luxe des talismans contre le déclassement. Zoé se leva en souriant, puis se déchaussa pour marcher pieds nus sur la moquette épaisse. Les enceintes sonores 10


Rencontre Pimentée à Espelette

cachées dans les moulures du haut plafond diffusaient une musique très zen. La décoration et le mobilier aux différents tons de gris mêlaient le classicisme et le contemporain dans les proportions qu’elle adorait : deux tiers, un tiers… C’était aussi selon cette élégante martingale qu’elle s’habillait : deux touches de classe, une de fantaisie. À travers la baie vitrée de son petit salon privé, elle jeta un regard satisfait à ses nouveaux ateliers. C’est ainsi qu’elle avait baptisé les vastes plateaux colorés qui regroupaient les bureaux des différents services  : marketing, publicité, achats, comptabilité, logistique, web design, et surtout les relations clients. La centaine d’abeilles œuvrant au sien de Luxuria semblaient enchantées de découvrir leur nouvelle ruche en même temps qu’elle. Zoé était certaine qu’elles apprécieraient encore davantage la délicieuse cantine bio gourmande et la salle de sports avec spa. Quelqu’un frappa à la porte. — Entrez ! fit-elle avec douceur. Un jeune black très mince portant un magnifique costume violet pénétra dans la pièce. La démarche ondulante de l’assistant de Zoé révélait une féminité que renforçaient ses cheveux d’un blond éclatant, élégamment coiffés dans un style british. Il incarnait un parfait mélange d’excentricité et d’efficacité, la marque de fabrique de la maison. — Nous sommes prêts, fit-il d’une voix grave qui contrastait avec son aspect. —  Ce sera notre premier conseil de direction dans nos nouveaux locaux ! s’enthousiasma Zoé. —  Oui, et nous sommes impatients de découvrir vos nouveaux projets. — Vous ne serez pas déçus, Zamy !

Rencontre pimentée à Espelette  

Une adorable comédie romantique pleine de rebondissements qui se déroule au Pays basque dans la capitale du piment. Humour, amour, et plante...

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